Étiquette : Pierre Cassin

  • Un gisement de documents concernant Henriette Verdalle, son mari Frédéric François Wachsner et son père Paul Verdalle, maire et conseiller général de Navarrenx, en cours d’investigation, avec déjà de premières formidables avancées pour la connaissance de leurs biographies respectives…

    Suite à un courriel adressé à mon blog encherchantbien.fr le 9 juillet 2026 à 19h01 par la conservatrice du patrimoine Marie Sanchez à la recherche d’informations sur le parcours de vie de François-Frédéric Wachsner sur lequel elle a entrepris un travail de fond, auquel j’ai répondu le lendemain 10 juillet, et qui a donné lieu la même journée du 10 juillet à une longue et riche conversation téléphonique entre elle et moi à propos de nos connaissances respectives sur ce sujet précis de ce parcours de vie de François-Frédéric Wachner (Ohlau, 1893 – Navarrenx, 1958), celle de Madame Sanchez allant jusqu’alors jusqu’à l’internement de François-Frédéric Wachsner au camp d’internement des ressortissants allemands de Cepoy (Loiret) en juin 1940, et la mienne commençant, peu après, toujours en 1940 – mais la République ayant cédé la place à L’État français de Vichy ! – , à l’internement par Vichy, et parmi ces ressortissants allemands – la plupart de ceux-ci étant des juifs et des opposants au nazisme réfugiés en France à partir de 1933, afin d’être ainsi protégés et survivre… : par exemple Hannah Arendt, passée elle aussi par le camp de Gurs… – , de ce même François-Frédéric Wachsner arrivé au camp de Gurs le 25 octobre 1940 en un Groupe de Travailleurs Étrangers (GTE),

    ainsi suis-je revenu sur ce dossier toujours en chantier pour moi à la fois du camp de Gurs et de Navarrenx – cf d’abord mon article en date du 10 avril 2017 « A propos de quelques GTE des Basses-Pyrénées entre 1940 et 1943, et de Marcel Brenot, commandant des 182e et 526e GTE« , centré, lui, sur le parcours de mon père le Dr Benedykt Lippa sous l’Occupation, entre 1942 et 1944, et son passage au camp de Gurs ; puis mon article en date du 28 août 2024 « Pour revenir au maire et conseiller général de Navarrenx Paul Verdalle (1860 – 1948) et sa fille Henriette Verdalle (1896 – 1988), un point sur mes recherches entreprises en 2015 sur leur famille originaire de Dognen, les Labourdette…« , centré, lui, sur l’historique de la famille Verdalle – Labourdette à Navarrenx et à Dognen, mais où vient s’insérer le nom de Frédéric-François Wachsner ; ainsi que mon récent article en date du 2 août 2026 « De très prometteuses pistes de recherche sur le devenir de François-Frédéric Wachsner depuis sa présence d’étranger interné au camp de Cepoy (Loiret) : la connaissance de son arrivée d’interné au camp de Gurs, le 25 octobre 1940…«  relançant la recherche centrée cette fois sur Frédéric-François Wachsner, suite à la demande précise de renseignements sur lui, reçue de Madame Sanchez… – ,

    qui vient de formidablement s’enrichir, suite à un coup de fil reçu jeudi 20 août dernier et suivi d’un envoi de 3 documents capitaux pour notre recherche, recherchés et retrouvés parmi bien d’autres en une malle familiale – peut-être celle-la même découverte à Dognen, au domicile de Marie-Madeleine Labarère, veuve de Philippe-Auguste Labarère, le jour de (et suite à) ma visite chez elle, le 13 juillet 2015, et que sont venus rechercher par la suite chez elle à Dognen les petits-enfants d’Henriette Verdalle, qui l’avait déposée là, à leur expresse destination… – :

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    _ une photo du diplôme décerné à Fritz Wachsner à l’Université Albertus de Königsberg le 14 février 1922

    et comportant sa date de naissance – désormais ainsi précisée – : à Ohlau, en Silésie, à quelques kilomètres de Breslau, le 9 octobre 1893…

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    _ une photo d’une magnifique lettre d’attestation de reconnaissance de Pierre Cassin envers Henriette Wachner-Verdalle, en date du 23 mars 1946,

    dont je retiens ici ceci :

    « Je soussigné Pierre Cassin, demeurant à Paris rue Pergolèse n° 9, atteste ce qui suit concernant Madame Henriette Verdalle, épouse de Monsieur Wachsner.  

    Parent du Président René Cassin, condamné à mort par le gouvernement de fait – et non de droit ! – de Vichy, recherché par les Allemands à Paris, je me suis replié à Navarrenx accompagné de ma femme – Hélène – et de mes deux enfants – Nelly et Jacques – , et peu après notre arrivée en cette ville, courant 1941, nous reçûmes la visite de Madame Henriette Verdalle. Or notre identité – de juifs recherchés par la police de Vichy – était parfaitement connue en ce lieu, et il était parfaitement notoire qu’avant d’être autorisés à y résider, nous avions été contraints de nous présenter au Commissariat spécial de la ville. C’est donc malgré – et si j’estime pouvoir dire à cause de – la suspicion dont nous étions l’objet, que Madame Verdalle vint spontanément nous offrir l’aide morale et matérielle qui nous étaient à ce moment nécessaires.

    (…)

    Madame Verdalle n’hésita pas à nous faire connaître ses sentiment profonds anti-allemands, son dégoût envers les procédés de l’autorité – de Vichy – qui prétendait gouverner la France, son émotion devant les traitements infligés aux minorités raciales, son profond et sincère désir de voir la France libérée de l’oppression allemande avec l’aide de nos alliés anglais et américains, son mépris pour les gens suspects d’esprit collaborateur.

    Sentant combien nous avions besoin d’un réconfort et d’un appui moral, elle nous reçut constamment chez elle – au Vieux-Logis, à Navarrenx – , au mépris des conséquences probables d’une amitié aussi nettement affichée. Son « gaullisme » était d’ailleurs notoire, car elle affichait publiquement ses opinions et commentait les nouvelles données par la radio alliée, qu’elle suivait assidûment.

    (…)

    L’attitude de Madame Verdalle envers nous ne fut d’ailleurs que l’une des manifestations de ses constants efforts en faveur des opprimés et des victimes de l’occupation allemande. Parmi d’autres exemples, je choisirai celui concernant son actuel mari – Francois-Frédéric Wachsner, depuis le 8 décembre 1945 à Navarrenx – , bien qu’elle ait également sauvé des Républicains espagnols, les prenant comme domestiques pour les libérer des camps de Vichy – soit le tout proche camp dit de Gurs – , et que dès l’armistice elle ait favorisé le passage en Espagne d’Israélites désireux de fuir les envahisseurs.

    Sous le prétexte, vis-à-vis des autorités, d’avoir besoin d’un précepteur pour son fils – André Laclau-Barrère, né à Cierp le 4 janvier 1925, qui préparait le baccalauréat chez lui, à Navarrenx – , Madame Verdalle avait décidé de sauver au moins un interné du camp de Gurs où elle allait fréquemment porter des colis aux plus infortunés. À force de patience obstinée et de démarches tant à la sous-préfecture d’Oloron qu’à la préfecture de Pau, elle parvint – grâce au concours décisif du commandant de GTE (du camp de Gurs) Marcel Brenot – de se faire affecter à domicile Monsieur Wachsner qui lui fut désigné comme homme capable et méritant dont la santé avait été très atteinte par son internement.

    Je pus juger immédiatement que le hasard avait bien servi les efforts de cette femme de cœur, car l’interné qu’elle rendait à la vie en le sortant du bagne de Gurs était un homme d’une culture supérieure profondément attaché à la France, sa patrie d’adoption – depuis sa fuite de l’Allemagne nazie en 1933 – qu’il avait servie, et s’engageant pendant les hostilités comme Travailleur Étranger, et d’une haute élévation morale. Lors du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord – au mois de novembre 1942 – , ardent à servir la cause des alliés malgré son état de santé encore mal rétabli, il passa la frontière – d’Espagne – dans des conditions de fatigue surhumaine.

    C’est avec le sens d’un devoir justement accompli que je rapporte les faits susexposés, regrettant de ne pouvoir me remémorer tous les actes accomplis par Madame Henriette Verdalle durant les années de l’Occupation ennemie, mais pouvant certifier qu’elle est l’une des plus belles figures françaises que j’ai rencontrées« …

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    _ et une photo d’une attestation officielle du Comité cantonal de Libération de Navarrenx

    reconnaissant « officiellement les nombreux services que Madame Wachsner née Verdalle a rendus à nos mouvements de résistance. Sa conduite de femme républicaine peut être citée en exemple » – un document non daté, mais c’est le 8 décembre 1945 qu’avait eu lieu à Navarrenx le mariage d’Henriette Verdalle et Frédéric François Wachsner…

    Attestation du comité de Libération de Navarrenx.pdf

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    Trois éléments probants de l’étape décisive que constitue pour l’avancée de nos recherches la découverte et l’exploration à venir de la malle familiale – conservée et retrouvée à Dognen – d’Henriette Verdalle…

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    C’est toujours pas pas, step by step, qu’avance, avec patience et constance dans le suivi et poursuivi, la recherche méticuleuse qui découvre ce que nul ne connaissait et n’avait donné à partager jusque là…

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    Ce mardi 25 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Quelques utiles petits repères biographiques concernant, à Navarrenx sous l’Occupation, les activités d’Henriette Verdalle, ses proches et ses protégés, au Vieux Logis…

    Voici, ce jour, quelques petits utiles repères biographiques concernant, à Navarrenx sous l’Occupation, les activités très méritoires d’Henriette Verdalle, ses proches et ses protégés, au Vieux Logis…
    …
    Depuis le mois d’avril 2013, suite à mon entrée en retraite de l’Éducation Nationale le 12 décembre 2012, et disposant désormais pleinement de tout mon temps pour mener des recherches suivies,
    j’ai entrepris des recherches sur le parcours de vie sous l’Occupation (du 7 juin 1942 au 30 septembre 1944 – dates de son départ de et de son retour à Bordeaux – ) de mon père le Dr Benedykt Lippa – Stanislaus, 11 mars 1914 – Bordeaux, 11 janvier 2006 –
    – cf là-dessus mon riche article récapitulatif (avec des liens utiles à 9 précédents articles jalonnant ma recherche) en date du 30 août 2024 https://encherchantbien.fr/recueil-actualise-darticles-sur-le-parcours-en-bearn-dont-le-camp-de-gurs-du-dr-benedykt-lippa-1914-2006-entre-le-7-juin-1942-et-le-30-septembre-1944-les-gte-du-camp-de-gurs-marcel-brenot/ – ;
    et je me suis employé à recueillir, parfois sur le terrain, souvent par échanges téléphoniques ou de courriels, de précieux témoignages complètement inédits tant sur le camp de Gurs, par lequel est passé mon père à partir du mois de juillet 1942, que sur la vie à Navarrenx sous l’Occupation, autour des Verdalle.
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    Et, à partir de là, au fil de mes contacts et des informations que je recueillais, également sur la vie de la famille Verdalle (l’arrière-grand-père Paul Verdalle – Mauléon-Barousse, 19 février 1860 – possiblement Navarrenx, 19 mars 1948 – , la grand-mère Henriette Verdalle – Navarrenx, 22 août 1896 – Mauléon-Licharre, 27 février 1988 – , le père André Laclau-Barrère – Cierp, 4 novembre 1925 – Pau, 1er mai 2001 – des jumeaux Didier et Régis Laclau-Barrère – nés à Bayonne le 31 mars 1976 – avec lesquels j’ai un contact amical ), qui, à Navarrenx, avaient hébergé au domicile d’Henriette Verdalle, le Vieux Logis, dans le Faubourg de Navarrenx, un interné lui aussi du camp de Gurs, François-Frédéric Wachsner – Ohlau, 1893 – Navarrenx, 28 février 1958 – , qui lui aussi, comme mon père à Oloron chez le Professeur Pierre Klingebiel – Bordeaux, 11 juillet 1896 –  Talence, 24 mars 1984 – , a bénéficié d’un contrat de travail de complaisance grâce aux bons soins du commandant de GTE Marcel Brenot –Saint-Laurent-lès-Mâcon, 18 juillet 1893 – Voisin-le-Bretonneux, 1er janvier 1986 – ,
    j’ai recueilli ainsi des témoignages 
    _ de Mirentxu Martin, la mère de Didier et Régis Laclau-Barrère, tout particulièrement, à laquelle j’ai plusieurs fois rendu visite chez elle à Hendaye ;
    _ de Nelly Jamet Cassin –née à Paris le 8 septembre 1932 – , hébergée avec ses parents Pierre et Hélène Cassin et son frère Jacques à Navarrenx de 1940 à 1942-43, et que j’ai rencontrée chez elle à Chaville le 12 juin 2015, le jour où Didier Laclau-Barrère et son épouse Sophie étaient conviés, en même temps que les enfants de Nelly ;
    _ de divers habitants de Navarrenx,
    dont Babeth Lacrouts-Pédelaborde – Navarrenx, 12 juin 1932 – Oloron, 12 mai 2019 – , condisciple de Nelly Cassin à l’école communale de Navarrenx,
    ou Henri Carsuzaa – Navarrenx, 6 décembre 1926 – Navarrenx, 12 mai 2024 – , condisciple d’André Laclau-Barrère jusqu’au lycée de l’Immaculée Conception à Pau, avec lequel je me suis entretenu deux heures durant chez lui, à Navarrenx, le 11 mai 2016…
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    Bien sûr, il est délicat de s’introduire ainsi dans la vie la plus intime de personnes qui ne sont pas de votre famille,
    mais au-delà de mon désir d’en connaître davantage sur le parcours de mon père, un taiseux, sous l’Occupation en Béarn (Gurs, Oloron, Louvie-Juzon, Jurançon, etc.),
    c’est à partir de ce que Bruno Le Marcis m’a appris des activités complexes de son parent Marcel Brenot (commandant du 182e GTE du camp de Gurs, puis du 526e GTE d’Oloron),
    suite à sa découverte des archives personnelles de celui-ci, au moment du décès de sa belle-mère Denise Brenot – Montrichard, 18 septembre 1925 – Voisin-le-Bretonneux, 27 novembre 2014 – , une des filles jumelles de Marcel Brenot ;
    l’autre jumelle étant Huguette Brenot – Montrichard, 18 septembre 1925 – Angers, 3 juin 2018 – , laquelle, interrogée alors par Bruno Le Marcis sur ses souvenirs de sa vie en Béarn entre 1940 et 1943, parlera avec quelques passionnants détails de Navarrenx, de l’amitié entre Marcel Brenot et Henriette Verdalle, ainsi que de la famille de Pierre Cassin que Henriette Verdalle à aidés,
    que je suis plongé dans la recherche de tout ce qui concernait les activités alors d’Henriette Verdalle…
    …
    De même que Marcel Brenot – cf aussi le très précieux document, très détaillé, notamment à partir de ses archives familiales, réalisé par Bruno Le Marcis sur le passage en Béarn, du 19 juin 1939 au 20 juin 1943, du commandant Marcel Brenot… – a aidé mon père en lui fournissant un contrat agricole de pure complaisance à Oloron auprès du Professeur de Philosophie Pierre Klingebiel – Bordeaux, 11 juillet 1896 – Talence, 24 mars 1984 – , 
    de même Marcel Brenot a donné un semblable contrat de travail de complaisance à François-Frédéric Wachsner, avocat berlinois, lui permettant de s’exfiltrer, lui aussi, du camp de Gurs, en allant résider, lui, à Navarrenx, au Vieux Logis, chez Henriette Verdalle, afin de donner des cours d’allemand à son fils André qui préparait à son domicile le bac,
    de la même façon que Pierre Cassin – Paris, 9 août 1910 – Paris, 26 juillet 2000 – , lui aussi avocat, au Vieux Logis du Faubourg de Navarrenx, donnait à André des cours de Français.
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    Ce mardi 4 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Avec un vif désir de secouer un peu certaines torpeurs béarnaises, et suite aux passionnantes demandes de précisions de Marie Sanchez, conservateur au patrimoine retraitée, concernant le devenir de l’avocat berlinois Frédéric-François Wachsner né à Ohlau, en Silésie, en 1893, l’enrichissement de mon déjà riche article du 30 août 2024 « Recueil actualisé d’articles sur le parcours en Béarn (dont le camp de Gurs) du Dr Benedykt Lippa (1914 – 2006) entre le 7 juin 1942 et le 30 septembre 1944 : les GTE du camp de Gurs, Marcel Brenot, Pierre Klingebiel à Oloron, Henriette Verdalle et Paul Verdalle à Navarrenx ; et les réseaux de Résistance en Béarn… »…

    Avec un vif désir de secouer un peu certaines torpeurs béarnaises du côté de Navarrenx – le temps passant, et les personnes susceptibles de pouvoir témoigner peu à peu disparaissant… – , et suite aux passionnantes demandes de précisions de Marie Sanchez, conservateur au patrimoine retraitée, ayant rencontré, grâce à Google, le nom de Frédéric-François Wachner sur mon blog encherchantbien.fr , concernant le devenir de l’avocat berlinois Frédéric-François Wachsner, né à Ohlau en Silésie en 1893, dont elle a trouvé diverses passionnantes traces du passage à Elbeuf, en Normandie, dès 1937,

    voici, et à toutes fins utiles pour les chercheurs un peu curieux, patients et passionnés, ce jour, l’enrichissement que je viens d’opérer à mon déjà riche article du 30 août 2024 « Recueil actualisé d’articles sur le parcours en Béarn (dont le camp de Gurs) du Dr Benedykt Lippa (1914 – 2006) entre le 7 juin 1942 et le 30 septembre 1944 : les GTE du camp de Gurs, Marcel Brenot, Pierre Klingebiel à Oloron, Henriette Verdalle et Paul Verdalle à Navarrenx ; et les réseaux de Résistance en Béarn… » :

    Frédéric-François Wachsner, ressortissant allemand, ayant été interné au camp de Vernuche (Nièvre), puis au camp de Cepoy (Loiret), avant d’être transféré, en 1940, au camp de Gurs (Basses-Pyrénées), puis autorisé à quitter le camp par le commandant de GTE Marcel Brenot, afin de donner, à Navarrenx, au Vieux Logis d’Henriette Verdalle, des cours d’allemand au fils de celle-ci, André Laclau-Barrère, qui préparait alors le bac à son domicile de Navarrenx ; puis réussissant à passer en Espagne, puis gagner Londres, et retournant, la guerre finie, à Navarrenx, venir épouser Henriette Verdalle le 8 décembre 1945 ; et achevant ses jours à Navarrenx le 28 février 1958…

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    Voici donc mon article du 30 août 2024, enrichi de nouvelles précisions à destination des chercheurs de micro-histoire un peu curieux, patients, et passionnés :

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    Recueil actualisé d’articles sur le parcours en Béarn (dont le camp de Gurs) du Dr Benedykt Lippa (1914 – 2006) entre le 7 juin 1942 et le 30 septembre 1944 : les GTE du camp de Gurs, Marcel Brenot, Pierre Klingebiel à Oloron, Henriette Verdalle et Paul Verdalle à Navarrenx ; et les réseaux de Résistance en Béarn…

    Voici le recueil actualisé des articles de mon blog « En cherchant bien » – tel qu’il était alors hébergé par la Librairie Mollat, à Bordeaux,  depuis le 3 juillet 2008 jusqu’au mois d’août 2025, avant de devenir autonome… –que je viens d’adresser, à sa demande, à Miléna Burlaud – paloise, et native de Pau en 1977 – qui travaille à une thèse sur les musiciens internés au camp de Gurs sous l’Occupation ; afin de l’aider si peu que ce soit à obtenir quelques contributions (documentation – témoignages) à un film-documentaire sur les évadés du camp de Gurs qu’a actuellement en chantier le documentariste Dietmar Schulz…

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    Ces articles (longs et fouillés) ne sont pas rédigés en vue de leur vulgarisation auprès du grand public – leur lecture requérant probablement une patience un peu rare, et vraiment motivée, voire carrément passionnée, pour ne pas paraître indigeste…  – ,
    mais ils comportent un maximum d’informations de détails susceptibles d’aider si peu que ce soit les chercheurs désireux d’informations précises et inédites de micro-histoire…
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    Et c’est moins aux évadés du camp de Gurs – déjà, ceux-là furent-ils très nombreux ? Et c’est surtout sur les filières des réseaux de résistance locaux, qui les ont aidés à passer en Espagne, qu’il faudrait aller puiser des renseignements… – que je me suis personnellement intéressé qu’aux membres des divers GTE retenus en ce camp dit de Gurs, qui en furent alors les prisonniers,
    tel mon père, le Dr Benedykt Lippa (Stanislawow, 11 mars 1914 – Bordeaux, 11 janvier 2006), de juillet 1942, à son arrivée, depuis Grenade-sur-Adour, où il avait été interpellé et détenu quelques jours fin juin par des gendarmes du régime de Vichy – il avait franchi clandestinement la ligne de démarcation à Hagetmau, le 7 juin 1942, à l’heure du repas de midi : ma mère Marie-France Bioy, sa fiancée, et ma tante Marcelle Bioy, l’avaient accompagné jusque là en un transport de fugitifs organisé par une infirmière de la clinique Bagatelle, à Talence… – , à août 1943, où il a pu légalement, contrat de travail en règle en poche, gagner Oloron avec, donc, un contrat dit « agricole » pour travailler, en tant que membre du 526e GTE (Groupe de Travailleurs Etrangers) d’Izeste, puis Oloron, auprès de la famille de Pierre Klingebiel (Bordeaux, 11 juillet 1896 – Talence, 24 mars 1984), professeur de philosophie au collège d’Oloron.
    …
    Au mois d’août 1943, en effet, et sur l’initiative, en amont, un peu plus tôt, de Marcel Brenot (Saint-Laurent-lès-Mâcon, 18 juillet 1893 – Voisins-le-Bretonneux, 1er janvier 1986), qui a commandé, après le 152e GTE du camp de Gurs, le 526e GTE départemental d’Izeste, puis Oloron,
    mon père bénéficie en effet d’un contrat dit « agricole » de pure complaisance, passé avec Pierre Klingebiel (1896 – 1984), protestant très actif, et proche des Résistants d’Oloron, dont son ami Jean Bonnemason (Gère-Bélestein, 20 novembre 1894 – Oloron-Sainte-Marie, 8 décembre 1955), résistant actif de l’Armée secrète à Oloron, et qui dirigera un temps la municipalité d’Oloron à la Libération de la ville, au départ des Allemands et retrait des Collaborateurs – une voie d’Oloron porte aujourd’hui le nom de Jean Bonnemason ; et celui-ci a appuyé la demande de mon père d’être reconnu comme « Résistant« … – ;
    Pierre Klingebiel avait déjà aidé plusieurs républicains espagnols, protestants – dont plusieurs membres de la famille Maso, et le pasteur Arias Salvador Castro, que mon père, à son tour, aidera à échapper au pire, en 1944 à Muret, en Haute-Garonne… – , et d’autres encore, à quitter le camp de Gurs grâce à des contrats de travail, agricoles ou industriels, passés avc Marcel Brenot.
    …
    Et je tiens à citer ici in extenso le paragraphe suivant, de onze lignes, aux pages 269 et 270, de la plume d’André Klingebiel en son infiniment précieuse « Contribution à l’Histoire de la famille de Pierre Klingebiel, de 1919 à 1947« , un document de témoignage exceptionnel sur Oloron ces années-là :
    …
    « Le Commandant de la Compagnie de Travailleurs Etrangers de Pau-Oloron (n° 526) – Marcel Brenot ! (Alcide-Pierre-Marcel Brenot : Saint-Laurent-sur-Saône, 17 juillet 1893 – Voisins-le-Bretonneux, 1er janvier 1986) – connaît bien Pierre Klingebiel qui a déjà accueilli des T.E. espagnols  en « contrat agricole » pour les sortir d’un internement d’attente à Gurs. Il – Marcel Brenot, donc, et c’est à souligner – recherche un contrat pour un jeune polonais qui a terminé ses études de médecine à Bordeaux en 1942 – non, c’était au mois de juin 1939 ; ensuite, mon père a été Assistant en Oto-Rhino-Laryngologie du Professeur Georges Portmann à la Faculté de Médecine de Bordeaux, jusqu’à son départ précipité de Bordeaux, le 7 juin 1942, sur les conseils très avisés du Pr Portmann lui-même, qui avait appris (il était extrêmement bien informé !) que la Gestapo allait venir l’arrêter… – , et qui alors est clandestinement passé en zone libre pour ne pas être incorporé dans l’armée allemande – ou bien pire… Les compétences de ce jeune médecin étranger seront fort utiles à la Compagnie auprès des travailleurs dispersés – chez divers employeurs agricoles ou industriels de la région d’Oloron. Mais pour qu’il ne soit plus interné à Gurs, il faut lui trouver un « travail agricole ou industriel ». Le professeur Klingebiel accepte avec complaisance de signer un contrat agricole pour le Dr Lippa qui pourra ainsi exercer ses talents au service de ses compagnons de la Compagnie » – tel était donc, comme on le voit ici, le souci prioritaire du commandant de GTE Marcel Brenot… 
    …
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    Le fils de Pierre Klingebiel, André Klingebiel – né à Oloron-Sainte-Marie le 24 avril 1930, et toujours de ce monde : nous nous sommes parlé au téléphone le 14 mars dernier… Cependant André Klingebiel est décédé à Bordeaux le 4 mai 2025 – , m’a très aimablement remis aussi tous les documents concernant mon père (TE au 526e GTE) que son père avait très méticuleusement conservés ;
    ainsi qu’un merveilleusement détaillé et passionnant travail d’hommage familial rendu à ses propres parents Klingebiel : une mine d’informations très précises sur leur vie à Oloron tout particulièrement…
    …
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    Mes recherches les années 2013 – 2014  -2015 – entreprises et effectuées à partir de mon entrée en retraite de l’Enseignement Public, le 12 décembre 2012  – , ainsi que mes fréquentes virées à Pau, à Oloron, et puis à Navarrenx, au cours desquelles j’ai patiemment recherché des documents, et surtout recueilli de très précieux témoignages de personnes presque toutes hélas décédées aujourd’hui (en 2024), ont constitué pour ma curiosité passionnée une très féconde aventure, qui vient se réactualiser ce mois d’août 2024 autour de ce projet de conférence l’année prochaine, 2025, à Navarrenx, à l’invitation du Centre Historique de l’Arribére (le CHAr), afin de rendre, en la belle cité de Navarrenx, l’hommage que méritent Henriette Verdalle (Navarrenx, 22 août 1896 – Mauléon-Licharre, 27 février 1988), active militante des Droits de l’Homme et de la lutte contre l’antisémitisme, et son père Paul Verdalle (Mauléon-Barousse, 19 février 1860 – probablement Navarrenx, 9 mars 1948), maire et conseiller général de Navarrenx, celui-là même qui avait accédé à la demande de Jean Mendiondou (Oloron-Sainte-Marie, 25 juin 1885 – Biarritz, 26 octobre 1961), député-maire d’Oloron, de bien vouloir aider à « accueillir », en 1938, les républicains espagnols de la Retirada réfugiés en France, sur le territoire de sa circonscription d’Oloron :
    ce fut ainsi sur les territoires des communes de Dognen, Préchacq-Josbaig et Gurs, que fut construit, avec des matériaux précaires – la durée de ce camp (provisoire) était initialement prévue comme devant être brève : un été… – , le camp de rétention dit de Gurs…
    Et Paul Verdalle l’avait effectivement accepté, en 1938…
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    Et les liens très amicaux qui ont demeuré toute leur vie durant, entre Henriette Verdalle (1896 – 1988) et Marcel Brenot (1893 – 1986) – Frédéric-François Wachsner (Ohlau, 1893 – Navarrenx, 28 février 1958), bénéficiaire d’un semblable « contrat agricole » de complaisance octroyé par Marcel Brenot à Henriette Verdalle afin que cet avocat berlinois donne des cours d’Allemand au fils d’Henriette, André Laclau-Barrère (Cierp, 4 novembre 1925 – Pau, 1er mai 2001) qui préparait alors le bac chez lui, au Vieux-Logis, au faubourg de Navarrenx, s’évada ensuite en Espagne, passa par le camp de Miranda de Ebro, de là réussit à rejoindre Londres, puis revint à Navarrenx la guerre finie, en 1945, où il épousa le 8 décembre 1945 Henriette Verdalle, qui devint ainsi pour le reste de sa vie Madame Wachsner-Verdalle… – ont incontestablement permis, eux aussi, la protection et l’évasion de certains prisonniers des GTE retenus au camp de Gurs ;
    cf là-dessus les travaux remarquables de mon ami Bruno Le Marcis, époux de la petite-fille de Marcel Brenot, et découvreur, au décès de sa belle-mère Denise Brenot (Montrichard, 18 septembre 1925 – Voisins-le-Bretonneux, 27 novembre 2014) des archives parfaitement conservées dans une armoire du père de celle-ci, Marcel Brenot (1893 – 1986)…
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    Afin de s’éclairer davantage sur la présence et les activités comme commandant du 152e GTE du camp de Gurs de Marcel Brenot, Bruno Le Marcis – prenant connaissance des archives minutieusement conservées de celui-ci, qu’il venait ainsi de découvrir en leur armoire, et cherchant bien sûr à les déchiffrer et comprendre… – avait pris contact avec LE spécialiste de ce camp de Gurs, qu’est le palois Claude Laharie ; et celui-ci l’a sur le champ envoyé – le premier contact entre Bruno et moi-même, par courriel, puis par échange téléphonique, a eu lieu le 2 février 2015 – à mes propres recherches sur les GTE des Basses-Pyrénées, dont j’étais devenu, sans le vouloir, entre 2013 et 2015, en quelque sorte LE spécialiste, au moins pour Claude Laharie…
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    Une amitié est ainsi née et s’est construite par nos fréquents échanges, entre les chercheurs que Bruno Le Marcis et moi-même sommes ainsi devenus, sans être ni l’un ni l’autre des historiens professionnels. Fin de l’incise…
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    Henriette Verdalle a aussi aidé, réfugiés qu’ils étaient un peu par hasard, à Navarrenx – ils avaient franchi la ligne de démarcation à Salies-de-Béarn, et s’étaient immédiatement plu à Navarrenx, après un très bon repas au restaurant Camdeborde, comme s’en souvient fort bien Nelly Cassin, alors qu’ils envisageaient jusque là de chercher à rejoindre Nice, le berceau de la famille Cassin, depuis leur retour de Cuneo, au Piémont… – , Pierre Cassin (Paris, 1er octobre 1910 – Paris, 26 juillet 2000), son épouse Hélène Caroli (Trieste, 2 juillet 1905 – Paris, 15 novembre 1985) et leurs deux enfants, Nelly (née à Paris le 8 septembre 1932) et Jacques (Paris, 1938 – Saint-Céré, 2020) – leur seconde fille, la philosophe Barbara Cassin, née plus tard, le 24 octobre 1947 à Boulogne-Billancourt, est désormais membre de l’Académie française : elle y a été élue le 3 mai 2018 – :
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    De leur minuscule maison, avec petit jardin, du quartier excentré en lisière de la forêt, du Bois de Navarrenx – Barbara Cassin la qualifie, d’après le témoignage de sa sœur Nelly, de « maison de la putain« … – , Pierre Cassin, avocat, et cousin parisien de René Cassin (Bayonne, 5 octobre 1887 – Paris, 20 février 1976), se rendait quotidiennement au Vieux-Logis du faubourg de Navarrenx afin d’aider le jeune André Laclau-Barrère (né le 4 novembre 1925), le fils d’Henriette Verdalle, à préparer le bac ;
    et plus tard, après la fin de la guerre, l’avocat Pierre Cassin a reçu chez lui à Paris André Laclau-Barrère qui, envisageant alors de devenir avocat, avait entamé des études de droit à Paris…
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    Et c’est Nelly Cassin (née donc en 1932) qui lors de plusieurs longues conversations au téléphone, et qui m’a invité chez elle à Chaville – pour une très joyeuse rencontre à laquelle avaient été aussi conviés Didier Laclau-Barrère (Bayonne, 31 mars 1976), fils d’André Laclau-Barrère, et son épouse la cantatrice Sophie Koch, pour évoquer ensemble la vie à Navarrenx au Vieux-Logis, chez Henriette Verdalle, sous l’Occupation : ce fut le vendredi 12 juin 2015, chez Nelly Cassin-Jamet à Chaville, avec les membres de sa famille : ses filles Capucine et Eugénie et leurs époux Eric Naepels et Ivan Augusto, et son fils David Jamet et son épouse Marianne Deseilligny, tous très sympathiques… – , m’a fait partager ses souvenirs précis et très vivaces de la vie de sa famille Cassin à Navarrenx, où Nelly a été alors élève de l’école communale…
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    Tout cela est bien sûr passionnant, et très peu connu jusqu’ici.
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    Et en espérant pouvoir aider si peu que ce soit en ses recherches sur la musique au camp de Gurs, et par la bande de menues voire infimes précisions de faits, mais ayant eu un certain retentissement sur l’histoire – méconnue jusqu’ici – des circonstances entourant la création, Miléna Burlaud, pianiste et chercheuse… 
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    À Bordeaux, ce vendredi 30 août 2024, Francis Lippa – Titus Curiosus

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    Ce jeudi 16 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • En relisant le magnifique « Le bonheur, sa dent douce à la mort _ Autobiographie philosophique » de Barbara Cassin, quelques remarques de lecture attentive sur le séjour de ses parents, Pierre et Hélène Cassin, et sa soeur aînée Nelly, à Navarrenx de 1940 à 1943, protégés par Henriette Verdalle…

    Voici ce courriel à Barbara Cassin,

    postérieur à notre bref mais jubilatoire échange, au terme de son magnifique entretien avec Pierre Coutelle à la Station Ausone mardi dernier, à propos de son superbe « L’Odyssée au Louvre : un roman graphique« ,

    à propos, ici, du séjour à Navarrenx, les années 1940 à 1943, de ses parents Pierre et Hélène Cassin, sa sœur Nelly et son frère Jacques :

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    Chère Barbara,

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    Après la formidable sensation éprouvée, à l’écoute attentive de votre parole, de votre enthousiasmante, mais aussi très justement ce qu’il faut exigeante, fierté de liberté de penser et générosité de partage, en votre riche entretien de mardi dernier à la Station Ausone avec l’ami Pierre Coutelle, je viens de lire et relire avec passion votre merveilleux « Le bonheur, sa dent douce à la mort : autobiographie philosophique » _ ce superbissime titre est emprunté à la formidable « Alchimie du verbe » d’ « Une Saison en enfer » d’Arthur Rimbaud : « Le bonheur ! Sa dent douce à la mort, m’avertissait au chant du coq _ ad matutinum , au Christus venit _ dans les plus sombres villes ! »… _,
    où j’admire votre si féconde approche philosophico-autobiographique, justement, du passage toujours furtif et quasi sauvage, libre, si difficile à tenir, impossble à dompter, « de l’anecdote à l’idée » et « de la vie à la pensée » _ « Comment procède-t-on parfois, certaines fois et pas d’autres, de manière imprévue et précise, comme autoritaire, de la vie à la pensée » ; et « Je me souviens, je ne me souviens pas. Il y a tant de charme, mais aussi tant de ruse dans ce dont on choisit de se souvenir. Ces phrases sont comme des noms propres, elles titrent les souvenirs. Quand j’en parle, quand je parle, je comprends pourquoi et comment elles m’ont fait vivre et penser. Si dures soient-elles parfois, elles donnent accès à la tonalité du bonheur », écrivez-vous ainsi superbement…  _,

    comme vous l’annoncez on ne peut plus clairement en l’ouverture de votre « Présentation », pages 9-10.
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    Soit ce processus, cette alchimie étrange et magnifique du penser et créer, tout ce qui me passionne moi aussi, et depuis tant d’années _ je suis né le 12 décembre 1947 : la même saison que vous, donc, après la guerre… _ 
    d’abord en tant qu’ayant enseigné jubilatoirement 42 années durant à « philosopher » en lycée, par l’entretien ouvert et exigeant, de chaque jour, avec mes élèves de Terminale (et la correction hyper-attentive elle aussi des tombereaux de copies : c’est probablement là  que j’ai appris à lire vraiment : avec le mieux possible de justesse d’appréciation de leur propre travail de penser, et non pas réciter, recopier, et maintenant copier-coller…) ;
    puis en l’écriture absolument libre et sans censure de mon blog « En cherchant bien », ouvert le 3 juillet 2008 par mon programmatique «   », signé longtemps seulement Titus Curiosus 
    _ je n’ai jamais recherché une quelconque reconnaissance publique, à commencer éditoriale : trop attentatoire à ce que j’estime être la sacro-sainte liberté de l’expression de mon idiosyncrasie ! Une expression, quelle qu’elle soit, est une bouteille confiée aux courants de la mer : elle atteindra forcément quelques destinataires, et j’ai confiance en ces secrets magiques cheminements… _,
    ainsi qu’en l’improvisation tellement jouissive (sur un fond de lectures minutieuses et fouillées, hyper-attentives, bien sûr, auparavant) des entretiens, avec leurs merveilleux cadeaux-surprises, dont j’ai la chance encore de disposer un peu, principalement chez Mollat
    le premier de ceux-ci à avoir été enregistré _ ces podcasts, puis vidéos, sont une initiative géniale de Denis Mollat _ est celui du 13 octobre 2009 avec Yves Michaud, sur son « Qu’est-ce que le mérite ? » : j’avais proposé à la librairie de l’inviter…
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    Cf aussi mon article de reprise «  » en date du 5 janvier 2024, en avant-propos à l’entretien que j’allai avoir le 9 janvier suivant _ cf ici la vidéo de cet entretien lui aussi passionnant _ avec François Noudelmann, à propos de son magnifique récit (familial) « Les Enfants de Cadillac » , mais aussi un regard rétrospectif sur le reste (!) de son œuvre philosophique singulière… Et je n’apprécie vraiment que les singuliers libres…
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    Oui, ce passage fécond (à laisser venir et surprendre sur le champ) des instants fugaces de la vie passagère à ce qu’en forge métaphoriquement, poïétiquement, la pensée, trop souvent figée et figeante et dogmatique, mais pas toujours _ Montaigne, Nietzsche, et quelques autres, en sont de miraculeuses exceptions philosophiques… _  par la manie obsessionnelle des « concepts » à instrumentaliser plus ou moins méthodiquement afin de « saisir, tenir » ; mais, toujours de bric et de broc, le vrai penser est fondamentalement ouvert à l’altérité qui vient le fracturer, en ce que vient proposer la rencontre ; ce que, et d’après les travaux passionnants de mon amie Marie-José Mondzain, je me suis permis de nommer « l’imageance »…
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    Bref, c’est plus précisément sur le passage (aux pages 31-32 de votre si beau livre d’autobiographie philosophique) concernant le séjour à Navarrenx de vos parents, votre sœur Nelly et votre frère Jacques, que je désire ici venir me pencher un peu ;
    un récit enté sur ce que vous a narré Nelly d’après quelques uns de ses souvenirs demeurés remarquablement vivaces de Navarrenx sous l’Occupation, entre 1940 et 1943, quand ils logeaient dans ce que vous qualifiez, d’après Nelly (je n’avais pour ma part jamais entendu prononcer cette expression, ni de la bouche de Nelly, ni des personnes rencontrées à Navarrenx quand j’ai pu rechercher et découvrir moi-même, de visu, sur le terrain, elle existe toujours, cette toute petite maison du quartier excentré, dit du Bois de Navarrenx, à la lisière de la forêt, et au bord de la route), « la maison de la putain », écrivez-vous page 30…
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    Et j’ai pas mal échangé, surtout au téléphone, avec Nelly, dans le cadre, au départ, de ma recherche sur le propre parcours de mon père _ taiseux, blessé, intimidant, pas facile, impossible à questionner : seulement deux fois en tout et pour tout, et de lui-même, violemment ému, il s’est mis à parler : en 1962, au camp de Gurs où nous nous étions arrêtés, entre Saint-Jean-de-Luz et Oloron, le cimetière du camp venait d’avoir été réhabilité… ; et en 1967, en voyage en Tchécoslovaquie, une nuit à Karlsbad – Karlo-Vivary, où il se souvenait d’avoir accompagné là, en 1928, sa mère Fryderika qui y avait fait une cure… _ en Béarn (camp de Gurs, Oloron) et Toulouse, entre juillet 1942 et septembre 1944, pour survivre, la Gestapo à ses trousses.
    D’où l’attention que j’ai porté sur cette famille Cassin protégée à Navarrenx par Henriette Verdalle, la fille du maire et conseiller-général Paul Verdalle, dont la route avait croisé, de même que mon père (!), le commandant de Groupes de Travailleurs Etrangers (GTE) Marcel Brenot, demeuré toute leur vie, ami d’Henriette devenue, en 1945, Henriette Wachsner-Verdalle…
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    Et cela à partir d’un témoignage extrêmement précieux, parlant expressément d’une famille Cassin (au départ, c’était « deux frères Cassin » ! Et je me suis mis à chercher frénétiquemment qui donc ils pouvaient être ; puis j’ai trouvé de quels Cassin il s’agissait là : Pierre et Hélène Cassin, et leurs enfants Nelly et Jacques, qui venaient de franchir la ligne de démarcation à Salies-de-Béarn, et avaient trouvé tellement délicieux les haricots du restaurant Camdeborde, à Navarrenx, qu’ils ont décidé, et tout spécialement Hélène, de demeurer là, plutôt que de tenter de gagner Nice, le berceau de la famille Cassin : ce que m’a narré par le menu, et avec gourmandise, Nelly Cassin…) résidant, sous l’Occupation, à Navarrenx, et spécialement protégée par Henriette Verdalle (1896 – 1988), fille du maire et conseiller général de Navarrenx Paul Verdalle (1860 – 1948) ; le témoignage de départ préciosissime, donc, d’une des filles de Marcel Brenot (1893 – 1986), ami d’Henriette Verdalle _ avec laquelle Marcel Brenot avait sympathisé (il avait adressé à Henriette Verdalle le TE Frédéric-François Wachsner (1893-1958), avocat berlinois, retenu au camp de Gurs, afin que celui-ci donne des cours d’allemand au fils d’Henriette, André Laclau-Barrère (1925 – 2001), qui préparait à domicile, plutôt qu’en son lycée de Pau, son baccalauréat _ en l’occurrence Huguette Brenot (Montrichard, 18 septembre 1925 – Angers, 3 juin 2019) ;
    soit un préciosissime témoignage rapporté au téléphone par l’époux de la nièce de celle-ci, Bruno Le Marcis, qui avait pris contact avec moi sur les conseils du spécialiste du camp de Gurs, le palois Claude Laharie, qui connaissait mes  recherches sur les GTE (Groupes de Travailleurs Etrangers) des Basses-Pyrénées, et tout spécialement ceux du camp de Gurs, où mon père a été lui aussi TE à partir de juillet 1942 ; Bruno Le Marcis est désormais un ami : nous partageons chaleureusement les avancées de nos recherches respectives… _ cette nièce d’Huguette Brenot dont Bruno Le Marcis est l’époux étant la fille de la sœur jumelle d’Huguette, Denise Brenot (Montrichard, 18 septembre 1925 – Voisins-le-Bretonneux, 27 novembre 2014)…
    Et c‘est de là que j’ai pu reconstituer toute la généalogie depuis 1800 des Cassin, Juifs du pape, revenus de Cuneo à Nice, et suis devenu l’ami de Gilbert Cassin (né à Marseille le 18 novembre 1929), le dernier neveu vivant de René Cassin (Bayonne, 5 octobre 1887 – Paris, 20 février 1976) ; et Gilbert Cassin et votre sœur Nelly ont pu ainsi se rencontrer et faire connaissance, eux aussi…
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    Votre sœur Nelly, j’y reviens, m’a en effet parlé de divers et assez nombreux réfugiés à Navarrenx, protégés par Henriette Verdalle _ militante des Droits de l’Homme _ qui en a hébergés pas mal en son propre domicile du Vieux-Logis, au Faubourg de Navarrenx ; et Nelly a cité, je m’en souviens _ cela m’avait bien sûr frappé ! _ le nom de Dior _ mais il ne s’agissait peut-être pas, et pour cause, de Christian Dior lui-même : celui-ci n’est jamais venu à Navarrenx… _ ; de même, j’ai retrouvé mes notes de 2015, comportant en effet le nom de Reinach, sans le prénom de Paul toutefois ; ni encore moins le nom de son épouse Yvonne Laborde ; non plus que celui de Colette Ferenczi…
     
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    Je vous lis donc, page 31 de l’édition du livre de poche (n° 36356) :
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    « Paul _ Paul Reinach (Paris 8e, 12 mars 1895 – Saint-Avertin, 12 décembre 1968) _ était à Navarrenx parce que sa femme Yvonne _ Yvonne Reinach née Laborde (Colombes, 22 juillet 1907 – Mouans-Sartoux, 15 décembre 1997) _, mannequin chez Dior _ il y a là une difficulté de dates, ce ne peut en effet pas être en 1943 que Yvonne Laborde, épouse Reinach, avait été mannequin chez Dior ; ce ne pourra être que plus tard, après 1945, et même 46 : car la maison de couture Christian Dior n’a été créée que le 6 octobre 1946, et a été inaugurée le 16 décembre 1946 ; et son premier défilé de mode a eu lieu le 12 février 1947… _, en était originaire _ pas tout à fait de Navarrenx : Yvonne Laborde était seulement la fille du basque Pierre Laborde (né à Bayonne le 12 mars 1867) et son épouse Angélique Veitman (née à Thionville le 23 février 1870), qui s’étaient mariés à Paris 19e le 25 mai 1889 ; Pierre Laborde, lui, était fils de deux basques : Martin Laborde (né à Tardets-Sorholus, en Soule, le 19 juillet 1818) et son épouse Marie Iribarne (née à Suhescun, en Basse-Navarre, le 13 mars 1827) ; alors que la cité de Navarrenx ne se situe pas, elle, en pays basque, mais en Béarn…
    Ils avaient recueilli _ qui : les Reinach – Laborde ? Ou bien plutôt les Verdalle ? en leur Vieux-Logis du Faubourg de Navarrenx, où Pierre Cassin allait donner des leçons de grec au fils d’Henriette Verdalle (Navarrenx, 22 août 1896 – Mauléon-Licharre, 27 février 1988), André Laclau-Barrère (Cierp, 4 novembre 1925 – Pau, 1er mai 2001), qui préparait à domicile chez lui à Navarrenx (et non en son lycée à Pau) les épreuves du baccalauréat… _ d’autres Juifs, dont Colette Ferenczi, la jeune veuve de l’éditeur _ Alexandre Ferenczi est décédé à Antibes le 9 avril 1943 : ce qui démontre qu’à cette date d’avril 1943 Pierre Cassin et sa famille se trouvaient bien encore à Navarrenx, et n’avaient pas encore fui le Béarn, dénoncés à la Gestapo… _ avec ses deux enfants Claude _ Claude-Jeannine Ferenczi : 11 novembre 1929 – Boulogne-Billancourt, 5 août 2023 _ et Philippe _ Philippe-Gilbert Ferenczi, qui épousera Catherine Boss ; ce couple aura 3 enfants :
    Nicolas Ferenczi, époux de « Martine » Marie-Chantal Moutton (née au mois de mai 1958) : et le couple a 2 enfants : Alizée Ferenczi et Antoine-Louis Ferenczi (né le 24 mai 1988) ;
    « Laurent » Etienne-Gilles Ferenczi (Toulon, avril 1959 – Paris 14e, 7 octobre 2022), époux de « Manuelle » Estelle Salama ; le couple a 3 enfants : Adrien-Moïse-André Ferenczi (né le 26 décembre 1987), Paul-Augustin-Alexandre Ferenczi (né le 7 avril 1991), et enfin Emile-Claude-Philippe Ferenczi (né le 13 février 1995) ;
    et Gilles Ferenczi (né au mois de mars 1968).
    Claude _ Claude-Jeannine Ferenczi, née donc le 11 novembre 1929 _ avait l’âge de ma sœur _,
    et Papa
     
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    Plus tard, d’autres fils (de rencontres effectives ? ou de mémoire seulement ?..) se noueront ou renoueront plus ou moins pour vous autres Cassin avec certains des survivants Reinach, notamment à l’occasion de visites à la merveilleuse villa Kerylos, construite pour Théodore Reinach (1860 – 1928), le père de Paul, à Beaulieu-sur-Mer ; et léguée par théodore Reinach en 1928 à l’Institut de France…
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    Peut-être que se trouve là la raison de ce nom de Dior associé par Nelly se souvenant de son séjour à Navarrenx sous l’Occupation… C’est à tirer au clair…
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    J’espère, Barbara, que cette avalanche de précisions historiques (du maniaque de la précision que je suis) ne vous est pas trop indigeste ;  mais la réalité des faits advenus sous l’Occupation me paraît digne d’être avérée, ainsi que transmise : trop d’effaceurs de l’Histoire nous assaillent d’un peu partout spécialement ces derniers temps-ci…
     
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    A suivre,
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    Ce lundi 9 décembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa