Étiquette : Pierre Coutelle

  • En relisant le magnifique « Le bonheur, sa dent douce à la mort _ Autobiographie philosophique » de Barbara Cassin, quelques remarques de lecture attentive sur le séjour de ses parents, Pierre et Hélène Cassin, et sa soeur aînée Nelly, à Navarrenx de 1940 à 1943, protégés par Henriette Verdalle…

    Voici ce courriel à Barbara Cassin,

    postérieur à notre bref mais jubilatoire échange, au terme de son magnifique entretien avec Pierre Coutelle à la Station Ausone mardi dernier, à propos de son superbe « L’Odyssée au Louvre : un roman graphique« ,

    à propos, ici, du séjour à Navarrenx, les années 1940 à 1943, de ses parents Pierre et Hélène Cassin, sa sœur Nelly et son frère Jacques :

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    Chère Barbara,

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    Après la formidable sensation éprouvée, à l’écoute attentive de votre parole, de votre enthousiasmante, mais aussi très justement ce qu’il faut exigeante, fierté de liberté de penser et générosité de partage, en votre riche entretien de mardi dernier à la Station Ausone avec l’ami Pierre Coutelle, je viens de lire et relire avec passion votre merveilleux « Le bonheur, sa dent douce à la mort : autobiographie philosophique » _ ce superbissime titre est emprunté à la formidable « Alchimie du verbe » d’ « Une Saison en enfer » d’Arthur Rimbaud : « Le bonheur ! Sa dent douce à la mort, m’avertissait au chant du coq _ ad matutinum , au Christus venit _ dans les plus sombres villes ! »… _,
    où j’admire votre si féconde approche philosophico-autobiographique, justement, du passage toujours furtif et quasi sauvage, libre, si difficile à tenir, impossble à dompter, « de l’anecdote à l’idée » et « de la vie à la pensée » _ « Comment procède-t-on parfois, certaines fois et pas d’autres, de manière imprévue et précise, comme autoritaire, de la vie à la pensée » ; et « Je me souviens, je ne me souviens pas. Il y a tant de charme, mais aussi tant de ruse dans ce dont on choisit de se souvenir. Ces phrases sont comme des noms propres, elles titrent les souvenirs. Quand j’en parle, quand je parle, je comprends pourquoi et comment elles m’ont fait vivre et penser. Si dures soient-elles parfois, elles donnent accès à la tonalité du bonheur », écrivez-vous ainsi superbement…  _,

    comme vous l’annoncez on ne peut plus clairement en l’ouverture de votre « Présentation », pages 9-10.
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    Soit ce processus, cette alchimie étrange et magnifique du penser et créer, tout ce qui me passionne moi aussi, et depuis tant d’années _ je suis né le 12 décembre 1947 : la même saison que vous, donc, après la guerre… _ 
    d’abord en tant qu’ayant enseigné jubilatoirement 42 années durant à « philosopher » en lycée, par l’entretien ouvert et exigeant, de chaque jour, avec mes élèves de Terminale (et la correction hyper-attentive elle aussi des tombereaux de copies : c’est probablement là  que j’ai appris à lire vraiment : avec le mieux possible de justesse d’appréciation de leur propre travail de penser, et non pas réciter, recopier, et maintenant copier-coller…) ;
    puis en l’écriture absolument libre et sans censure de mon blog « En cherchant bien », ouvert le 3 juillet 2008 par mon programmatique «   », signé longtemps seulement Titus Curiosus 
    _ je n’ai jamais recherché une quelconque reconnaissance publique, à commencer éditoriale : trop attentatoire à ce que j’estime être la sacro-sainte liberté de l’expression de mon idiosyncrasie ! Une expression, quelle qu’elle soit, est une bouteille confiée aux courants de la mer : elle atteindra forcément quelques destinataires, et j’ai confiance en ces secrets magiques cheminements… _,
    ainsi qu’en l’improvisation tellement jouissive (sur un fond de lectures minutieuses et fouillées, hyper-attentives, bien sûr, auparavant) des entretiens, avec leurs merveilleux cadeaux-surprises, dont j’ai la chance encore de disposer un peu, principalement chez Mollat
    le premier de ceux-ci à avoir été enregistré _ ces podcasts, puis vidéos, sont une initiative géniale de Denis Mollat _ est celui du 13 octobre 2009 avec Yves Michaud, sur son « Qu’est-ce que le mérite ? » : j’avais proposé à la librairie de l’inviter…
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    Cf aussi mon article de reprise «  » en date du 5 janvier 2024, en avant-propos à l’entretien que j’allai avoir le 9 janvier suivant _ cf ici la vidéo de cet entretien lui aussi passionnant _ avec François Noudelmann, à propos de son magnifique récit (familial) « Les Enfants de Cadillac » , mais aussi un regard rétrospectif sur le reste (!) de son œuvre philosophique singulière… Et je n’apprécie vraiment que les singuliers libres…
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    Oui, ce passage fécond (à laisser venir et surprendre sur le champ) des instants fugaces de la vie passagère à ce qu’en forge métaphoriquement, poïétiquement, la pensée, trop souvent figée et figeante et dogmatique, mais pas toujours _ Montaigne, Nietzsche, et quelques autres, en sont de miraculeuses exceptions philosophiques… _  par la manie obsessionnelle des « concepts » à instrumentaliser plus ou moins méthodiquement afin de « saisir, tenir » ; mais, toujours de bric et de broc, le vrai penser est fondamentalement ouvert à l’altérité qui vient le fracturer, en ce que vient proposer la rencontre ; ce que, et d’après les travaux passionnants de mon amie Marie-José Mondzain, je me suis permis de nommer « l’imageance »…
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    Bref, c’est plus précisément sur le passage (aux pages 31-32 de votre si beau livre d’autobiographie philosophique) concernant le séjour à Navarrenx de vos parents, votre sœur Nelly et votre frère Jacques, que je désire ici venir me pencher un peu ;
    un récit enté sur ce que vous a narré Nelly d’après quelques uns de ses souvenirs demeurés remarquablement vivaces de Navarrenx sous l’Occupation, entre 1940 et 1943, quand ils logeaient dans ce que vous qualifiez, d’après Nelly (je n’avais pour ma part jamais entendu prononcer cette expression, ni de la bouche de Nelly, ni des personnes rencontrées à Navarrenx quand j’ai pu rechercher et découvrir moi-même, de visu, sur le terrain, elle existe toujours, cette toute petite maison du quartier excentré, dit du Bois de Navarrenx, à la lisière de la forêt, et au bord de la route), « la maison de la putain », écrivez-vous page 30…
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    Et j’ai pas mal échangé, surtout au téléphone, avec Nelly, dans le cadre, au départ, de ma recherche sur le propre parcours de mon père _ taiseux, blessé, intimidant, pas facile, impossible à questionner : seulement deux fois en tout et pour tout, et de lui-même, violemment ému, il s’est mis à parler : en 1962, au camp de Gurs où nous nous étions arrêtés, entre Saint-Jean-de-Luz et Oloron, le cimetière du camp venait d’avoir été réhabilité… ; et en 1967, en voyage en Tchécoslovaquie, une nuit à Karlsbad – Karlo-Vivary, où il se souvenait d’avoir accompagné là, en 1928, sa mère Fryderika qui y avait fait une cure… _ en Béarn (camp de Gurs, Oloron) et Toulouse, entre juillet 1942 et septembre 1944, pour survivre, la Gestapo à ses trousses.
    D’où l’attention que j’ai porté sur cette famille Cassin protégée à Navarrenx par Henriette Verdalle, la fille du maire et conseiller-général Paul Verdalle, dont la route avait croisé, de même que mon père (!), le commandant de Groupes de Travailleurs Etrangers (GTE) Marcel Brenot, demeuré toute leur vie, ami d’Henriette devenue, en 1945, Henriette Wachsner-Verdalle…
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    Et cela à partir d’un témoignage extrêmement précieux, parlant expressément d’une famille Cassin (au départ, c’était « deux frères Cassin » ! Et je me suis mis à chercher frénétiquemment qui donc ils pouvaient être ; puis j’ai trouvé de quels Cassin il s’agissait là : Pierre et Hélène Cassin, et leurs enfants Nelly et Jacques, qui venaient de franchir la ligne de démarcation à Salies-de-Béarn, et avaient trouvé tellement délicieux les haricots du restaurant Camdeborde, à Navarrenx, qu’ils ont décidé, et tout spécialement Hélène, de demeurer là, plutôt que de tenter de gagner Nice, le berceau de la famille Cassin : ce que m’a narré par le menu, et avec gourmandise, Nelly Cassin…) résidant, sous l’Occupation, à Navarrenx, et spécialement protégée par Henriette Verdalle (1896 – 1988), fille du maire et conseiller général de Navarrenx Paul Verdalle (1860 – 1948) ; le témoignage de départ préciosissime, donc, d’une des filles de Marcel Brenot (1893 – 1986), ami d’Henriette Verdalle _ avec laquelle Marcel Brenot avait sympathisé (il avait adressé à Henriette Verdalle le TE Frédéric-François Wachsner (1893-1958), avocat berlinois, retenu au camp de Gurs, afin que celui-ci donne des cours d’allemand au fils d’Henriette, André Laclau-Barrère (1925 – 2001), qui préparait à domicile, plutôt qu’en son lycée de Pau, son baccalauréat _ en l’occurrence Huguette Brenot (Montrichard, 18 septembre 1925 – Angers, 3 juin 2019) ;
    soit un préciosissime témoignage rapporté au téléphone par l’époux de la nièce de celle-ci, Bruno Le Marcis, qui avait pris contact avec moi sur les conseils du spécialiste du camp de Gurs, le palois Claude Laharie, qui connaissait mes  recherches sur les GTE (Groupes de Travailleurs Etrangers) des Basses-Pyrénées, et tout spécialement ceux du camp de Gurs, où mon père a été lui aussi TE à partir de juillet 1942 ; Bruno Le Marcis est désormais un ami : nous partageons chaleureusement les avancées de nos recherches respectives… _ cette nièce d’Huguette Brenot dont Bruno Le Marcis est l’époux étant la fille de la sœur jumelle d’Huguette, Denise Brenot (Montrichard, 18 septembre 1925 – Voisins-le-Bretonneux, 27 novembre 2014)…
    Et c‘est de là que j’ai pu reconstituer toute la généalogie depuis 1800 des Cassin, Juifs du pape, revenus de Cuneo à Nice, et suis devenu l’ami de Gilbert Cassin (né à Marseille le 18 novembre 1929), le dernier neveu vivant de René Cassin (Bayonne, 5 octobre 1887 – Paris, 20 février 1976) ; et Gilbert Cassin et votre sœur Nelly ont pu ainsi se rencontrer et faire connaissance, eux aussi…
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    Votre sœur Nelly, j’y reviens, m’a en effet parlé de divers et assez nombreux réfugiés à Navarrenx, protégés par Henriette Verdalle _ militante des Droits de l’Homme _ qui en a hébergés pas mal en son propre domicile du Vieux-Logis, au Faubourg de Navarrenx ; et Nelly a cité, je m’en souviens _ cela m’avait bien sûr frappé ! _ le nom de Dior _ mais il ne s’agissait peut-être pas, et pour cause, de Christian Dior lui-même : celui-ci n’est jamais venu à Navarrenx… _ ; de même, j’ai retrouvé mes notes de 2015, comportant en effet le nom de Reinach, sans le prénom de Paul toutefois ; ni encore moins le nom de son épouse Yvonne Laborde ; non plus que celui de Colette Ferenczi…
     
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    Je vous lis donc, page 31 de l’édition du livre de poche (n° 36356) :
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    « Paul _ Paul Reinach (Paris 8e, 12 mars 1895 – Saint-Avertin, 12 décembre 1968) _ était à Navarrenx parce que sa femme Yvonne _ Yvonne Reinach née Laborde (Colombes, 22 juillet 1907 – Mouans-Sartoux, 15 décembre 1997) _, mannequin chez Dior _ il y a là une difficulté de dates, ce ne peut en effet pas être en 1943 que Yvonne Laborde, épouse Reinach, avait été mannequin chez Dior ; ce ne pourra être que plus tard, après 1945, et même 46 : car la maison de couture Christian Dior n’a été créée que le 6 octobre 1946, et a été inaugurée le 16 décembre 1946 ; et son premier défilé de mode a eu lieu le 12 février 1947… _, en était originaire _ pas tout à fait de Navarrenx : Yvonne Laborde était seulement la fille du basque Pierre Laborde (né à Bayonne le 12 mars 1867) et son épouse Angélique Veitman (née à Thionville le 23 février 1870), qui s’étaient mariés à Paris 19e le 25 mai 1889 ; Pierre Laborde, lui, était fils de deux basques : Martin Laborde (né à Tardets-Sorholus, en Soule, le 19 juillet 1818) et son épouse Marie Iribarne (née à Suhescun, en Basse-Navarre, le 13 mars 1827) ; alors que la cité de Navarrenx ne se situe pas, elle, en pays basque, mais en Béarn…
    Ils avaient recueilli _ qui : les Reinach – Laborde ? Ou bien plutôt les Verdalle ? en leur Vieux-Logis du Faubourg de Navarrenx, où Pierre Cassin allait donner des leçons de grec au fils d’Henriette Verdalle (Navarrenx, 22 août 1896 – Mauléon-Licharre, 27 février 1988), André Laclau-Barrère (Cierp, 4 novembre 1925 – Pau, 1er mai 2001), qui préparait à domicile chez lui à Navarrenx (et non en son lycée à Pau) les épreuves du baccalauréat… _ d’autres Juifs, dont Colette Ferenczi, la jeune veuve de l’éditeur _ Alexandre Ferenczi est décédé à Antibes le 9 avril 1943 : ce qui démontre qu’à cette date d’avril 1943 Pierre Cassin et sa famille se trouvaient bien encore à Navarrenx, et n’avaient pas encore fui le Béarn, dénoncés à la Gestapo… _ avec ses deux enfants Claude _ Claude-Jeannine Ferenczi : 11 novembre 1929 – Boulogne-Billancourt, 5 août 2023 _ et Philippe _ Philippe-Gilbert Ferenczi, qui épousera Catherine Boss ; ce couple aura 3 enfants :
    Nicolas Ferenczi, époux de « Martine » Marie-Chantal Moutton (née au mois de mai 1958) : et le couple a 2 enfants : Alizée Ferenczi et Antoine-Louis Ferenczi (né le 24 mai 1988) ;
    « Laurent » Etienne-Gilles Ferenczi (Toulon, avril 1959 – Paris 14e, 7 octobre 2022), époux de « Manuelle » Estelle Salama ; le couple a 3 enfants : Adrien-Moïse-André Ferenczi (né le 26 décembre 1987), Paul-Augustin-Alexandre Ferenczi (né le 7 avril 1991), et enfin Emile-Claude-Philippe Ferenczi (né le 13 février 1995) ;
    et Gilles Ferenczi (né au mois de mars 1968).
    Claude _ Claude-Jeannine Ferenczi, née donc le 11 novembre 1929 _ avait l’âge de ma sœur _,
    et Papa
     
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    Plus tard, d’autres fils (de rencontres effectives ? ou de mémoire seulement ?..) se noueront ou renoueront plus ou moins pour vous autres Cassin avec certains des survivants Reinach, notamment à l’occasion de visites à la merveilleuse villa Kerylos, construite pour Théodore Reinach (1860 – 1928), le père de Paul, à Beaulieu-sur-Mer ; et léguée par théodore Reinach en 1928 à l’Institut de France…
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    Peut-être que se trouve là la raison de ce nom de Dior associé par Nelly se souvenant de son séjour à Navarrenx sous l’Occupation… C’est à tirer au clair…
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    J’espère, Barbara, que cette avalanche de précisions historiques (du maniaque de la précision que je suis) ne vous est pas trop indigeste ;  mais la réalité des faits advenus sous l’Occupation me paraît digne d’être avérée, ainsi que transmise : trop d’effaceurs de l’Histoire nous assaillent d’un peu partout spécialement ces derniers temps-ci…
     
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    A suivre,
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    Ce lundi 9 décembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Revoir en vidéo la rencontre entre Etienne Klein et Christophe Bouton sur la question du « Ralentir », à la Station Ausone le lundi 28 avril dernier…

    Présent à la rencontre _ en d’abord un exposé de 20′ séparé de chacun des deux participants, avant un échange entre eux deux d’à nouveau 20’… _ à la Station Ausone _ plus que comble, pour l’occasion, ce soir là… _, le lundi 24 avril dernier,

    entre le physicien Etienne Klein et le philosophe _ ami _ Christophe Bouton,

    avec Pierre Coutelle en modérateur, 

     

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    j’apprécie la mise en ligne de la vidéo de cette très riche rencontre, à partir de la question posée du « Ralentir ?…« ,

    qui offre la possibilité à chacun de venir ou revenir à loisir méditer un peu aux questions (et essais de réponses) abordées par ces deux très brillants intervenants lors de ces 69′ d’exposés-là…

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    Ce dimanche 30 avril 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • En avant-propos à ma lecture commentée à venir du « Journal 2008-2018 _ Car vous ne savez ni le jour ni l’heure » de Jocelyne François, un Hors-série (n°4) de la Revue de littérature « Les Moments littéraires », ce message de réception adressé au préfacier, René de Ceccatty…

    Simplement,

    ces deux courriels suivants _ le premier à 14h 33 ; et le second à 19h 43 _

    adressés ce jour à l’ami René de Ceccatty,

    préfacier du « Journal 2008-2018 _ Car vous ne savez ni le jour ni l’heure » de Jocelyne François, un Hors-Série de la Revue de Littérature « Les Moments littéraires« ,

    …

    suite à l’inattendue réception ce jour, à la Librairie Mollat, de ce volume,

    nommément destiné, par le Directeur de cette Revue, Gilbert Moreau, à Francis Lippa…

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    « Cher René,

     
    De passage, en coup de vent, ce matin, chez Mollat _ pour m’enquérir de l’arrivée, ou pas, de CDs commandés _,

    je croise Pierre Coutelle, qui me demande si je suis au courant _ non, je ne le suis pas _ de l’arrivée chez Mollat (le 9 mai) d’un envoi qui m’est destiné, de la part des Éditions _ ignorées de lui !, me dit-il… _ « Les moments littéraires » (le cachet de la poste sur l’enveloppe est daté, lui, du 5 mai).
     
    Et il me remet le paquet, sans même attendre que je découvre son contenu ; et que je lui révèle…
    …
     
    Il s’agit du « Journal 2008-2018 » de Jocelyne François,
    que j’ouvre vite, pour y découvrir, en tête, une préface signée de toi…
    …
    Et voilà que je viens de lire cette Préface de 14 pages, intitulée « Pureté et vérité« ,
    comprenant vite les raisons littéraro-existentielles qui me font, comme tu l’as senti, un lecteur tout indiqué de ce que dit « cette voix » assez rare et tout à fait singulière, en effet, de Jocelyne François :
    …
    « pureté et vérité », « termes limpides et directs », « mots simples, directs, évidents, sans lyrisme, sans sinuosités, sans afféterie », « accent de vérité, de simplicité », « fermeté et luminosité, sans une once d’ambiguïté, sans mauvaise foi, sans théâtralité », « une retenue réflexive et directe en même temps », « les prises de conscience cinglantes et concises », « concision et vivacité assorties d’une relative nonchalance », « visant le cœur de la sincérité », « elle veut, avec un mélange de détermination pensée et d’innocence spontanée, mettre noir sur blanc ce qui est pour elle devenu une évidence, ou au contraire un mystère entier que rien ne pourra résoudre », « le souci de vérité, l’absence de pose aussi, l’absence de vanité et de fard »…
    …
    Et c’est bien en effet de cette forme de justesse (et nécessité, voire urgence)-là que je suis demandeur à un livre ;
    …
    de même qu’à une personne avec laquelle je vais me trouver en situation d’interlocution attentive et suivie, un tant soit peu approfondie.
    …
    Cf aussi mon texte de 2007, retrouvé en 2016 :
    …
    …
    Je vais donc lire ce Journal de Jocelyne François avec la plus grande attention…
    …
    Merci beaucoup, cher René,
    …
    Francis« .

    …

    …

    Et puis, ce second courriel :

    …

    …

    « Ce jeu d’adresses _ René de Ceccatty m’ayant entretemps informé qu’il avait donné mon adresse personnelle à Gilbert Moreau ! _ est plutôt amusant pour moi…

    Cela me permettra d’adresser l’article que j’écrirai, à Pierre Coutelle…
    …
    Plus intéressant : l’écriture de Jocelyne Francois me plaît bien ;
    de même que son tempérament, que tu cernes excellemment dans ta préface…
    …
    Le seul élément qui me reste un peu « exotique » est son côté boutique, gens-de-lettres _ souci éditorial… Même si c’est sans la moindre vanité de sa part…
    …
    Mais il faut assurément convenir que l’encre sur le papier constitue une trace qui, de fait, demeure _ et demeurera au moins un moment, au-delà de l’existence mortelle de la personne de l’écrivain… _ ;
    et que le livre de papier nourrit très substantiellement, ensuite, du moins un certain temps, les vrais lecteurs _ de ce bien aventureux « message in the bottle« …
    …
    De même que d’autres œuvres en diverses autres matières que cette frêle encre sur ce fragile papier.
    …
    Et je leur suis personnellement très attaché…
    …
    La présence de ces œuvres ainsi transmises, nous tient ainsi fidèlement compagnie, et nous parle, entretient de vrais dialogues avec nous qui nous y intéressons un moment, un peu hors du passage du temps des horloges, à travers le passage fugace des jours, ceux des choses comme ceux des personnes.
    …
    Et les auteurs de ces œuvres peuvent ainsi continuer de très audiblement nous parler, converser avec nous, pour peu que nous écoutions et regardions vraiment ces traces de leus voix qui demeurent un peu ainsi spatio-temporellement…
    Pour peu que nous nous entretenions vraiment substantiellement avec eux. En une vraie vie : une vie vraiment vraie.
    …
    …
    À suivre !
    …
    Francis »

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    Ce mardi 17 mai 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Avec la parution de son « Nietzsche et la vie », Barbara Stiegler relit le regard de Nietzsche sur « l’âge du télégraphe »…

    Source de nombreux malentendus, l’œuvre de Nietzsche demeure _ tout à fait _ essentielle pour penser notre temps de vitesse, de contraintes, de trop d’informations _ Nietzsche parlait, lui, de « l’âge du télégraphe« …

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    Dans son nouveau livre Nietzsche et la vie, une nouvelle histoire de la philosophie,

    Barbara Stiegler propose une relecture décisive _ absolument ! _ de son œuvre en montrant comment la biologie _ ainsi pensée à nouveaux frais par Nietzsche _ permet de renouveler _ effectivement _ profondément la philosophie.

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    Nietzsche et la vie : une nouvelle histoire de la philosophie

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    Ce jeudi 14 octobre, à la Station Ausone, à 18 heures, une rencontre du cycle ECHO en partenariat avec Cap Sciences.

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    Et de fait l’entretien de Barbara Stiegler avec Pierre Coutelle,

    a été magistral,

    par le questionnement lumineux et profond que propose la lucidissime re-lecture de Nietzsche, par Barbara Stiegler, à la lumière des problèmes les plus actuels et complexes qu’affronte notre aujourd’hui…

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    Pour écoute,

    voici le podcast (de 56′ 30) de ce très riche entretien de Barbara Stiegler avec Pierre Coutelle…

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    Ce jeudi 14 octobre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa