Avant hier 14 août 2024,
Étiquette : Pierre Klingebiel
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Une rapide virée à Navarrenx avant-hier 14 août, afin de rendre hommage à Pierre Cazemajor (1907 – 1944), le commandant (et résistant) de la Brigade de Gendarmerie de Navarrenx pendant la Seconde Guerre Mondiale, sauvagement torturé, assassiné et mutilé par la Gestapo…
virée rapide à Navarrenx (départ de Bordeaux, 6h 00 – retour à Bordeaux, 16h 30) pour assister _ j’étais invité par Joseph Miqueu, rencontré longuement le 24 avril 2015 à Navarrenx, et avec lequel j’ai eu des échanges suivis, notamment de documents et témoignages glanés lors de mes diverses venues en Béarn… _ à un hommage (10h00 – 14h00) au gendarme et résistant (membre de l’Armée secrète, réseau Base Espagne : alias Caresse, en 1942..) Pierre Cazemajor (1907 – 1944), sauvagement torturé, assassiné et mutilé par les Allemands de la Gestapo il y a 80 ans………Cf parmi une collection généreuses d’images de la cérémonie parues sur le blog « Béarn Pays basque par les gaves » de Jean Sarsiat _ et que m’a très aimablement adressées, suite à un riche échange téléphonique, le navarrais Jean-Louis Anglade, qui réside désormais dans la Loire… _,mon choix de celles-ci :……Photo 1 : la plaque commémorative inaugurée,soit la toute premiére de la série des 72 du photo-reportage de Jean Sarsiat……Photo 2 : les 6 officiels face à la montée du drapeau,soit la septième de la série des 72 du photo-reportage de Jean Sarsiat……Photo 3 : Francis Lippa, entre Jean-Michel Puharré, premier adjoint à Madame la Maire de Navarrenx, et Maïté Capdouze, présidente du C.H.AR,soit la cinquantième de la série des 72 du photo-reportage de Jean Sarsiat……Et le C.H.AR, le Cercle Historique de l’Arribère de Navarrenx, en la personne de sa présidente Madame Maïté Capdouze, m’a proposé de venir parler, en 2025 à Navarrenx, de Paul Verdalle (1860 – 1950), maire et conseiller général de Navarrenx, et sa fille Henriette Verdalle (1896 – 1988), très efficace militante des Droits de l’Homme, pour un hommage à rendre à ces personnes étrangement méconnues aujourd’hui à Navarrenx même………C’est à partir des recherches menées sur le parcours de mon père, le Dr Benedykt Lippa (Stanislaus, 11 mars 1914 – Bordeaux, 11 janvier 2006), entre le 6 juin 1942 et le 30 septembre 1944 (dont son séjour au 182e GTE du camp de Gurs de fin juin 1942 à août 1943) que j’ai découvert et appris l’existence et les actes (de portée historique !) de ces personnes, Paul Verdalle et Henriette Verdalle, que mon père n’a, semble-t-il, pas croisées _ seulement mon père a-t-il pu croiser peut-être, voire probablement, Marcel Brenot, commandant de divers GTE des Basses-Pyrénées, le 182e du camp de Gurs d’abord, puis le 526e d’Izeste, transféré ensuite à Oloron, et qui toute sa vie est demeuré un très fidèle ami d’Henriette Verdalle ; cf ici ce qu’en rapporte le superbe témoignage-portrait réalisé sur lui par l’ami Bruno Le Marcis, qui cite au passage et ses liens amicaux décisifs avec Henriette Verdalle, et son action salvatrice envers le Dr Benedykt Lippa, et cela via un « contrat agricole » de pure complaisance de « travailleur étranger, T.E.« , passé le 26 août 1943 au 526e GTE d’Oloron avec Pierre Klingebiel, professeur de Philosophie au collège d’Oloron, Protestant actif et Résistant, avec lequel ledit Marcel Brenot avait déjà précédemment passé plusieurs contrats de travail similaires au profit de divers Républicains espagnols retenus jusqu’alors au camp de Gurs, que ces « contrats de travail » agricoles ou industriels avaient permis d’exfiltrer du camp de Gurs… _, et sur l’histoire de la vie (et l’importance historique) desquels, Paul Verdalle et sa fille Henriette Verdalle, nul jusqu’ici ne s’est un peu précisément penché………Cf les quelques articles préciosissimes de mon blog « En cherchant bien » là-dessus, dont, par exemple, représentatif, celui-ci :« Répondre à la question : « Qu’était le 526e GTE d’Izeste ? »« , en date du 20 août 2019,un article comportant lui-même de précieux liens à de précédents articles détaillés de ce blog, dont ceux du 22 avril 2015 « Un point sur une enquête de micro-histoire sur un commandant de GTE dans les Basses-Pyrénées de novembre 1940 à juillet 1943 » et du 18 avril 2017 « A propos de quelques GTE des Basses-Pyrénées entre 1940 et 1943, et de Marcel Brenot, commandant des 182e et 526e GTE« …)………Ces recherches et découvertes de « micro-histoire » se révèlent, à leur micro-échelle locale, ici Navarrenx, Gurs, Oloron, le Béarn, très précieux, en contribuant, à leur modeste échelle, à un éclairage inédit, notamment sur la zone grise _ celle dite des Vichysto-Résistants : à côté des Collaborateurs et des Résistants clairement engagés ; les Résistants forcément dans la clandestinité… _ de cette période assurément complexe et encore bien dérangeante de l’Occupation de notre pays (1940 – 1944)………À suivre, donc………Ce vendredi 16 août 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa -
Répondre à la question : « Qu’était le 526e GTE d’Izeste ? »
Hier, lundi 19 août, à 20h 56,
et suite à une communication téléphonique avec le maire d’Arette,
je reçois ce courriel-ci de Madame Hepburn, historienne britannique :
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« Cher Monsieur Lippa,
Je vous remercie de votre courriel, et de votre appel avec Monsieur Pierre Casabonne cet après-midi. Le Maire a vous appelé en mon nom parce que je recherche les traces des grandparents (de mon mari, Peter Hepburn) qui habitaient Arette pendant 1941 et 1942. Ils s’appellaient Hermann et Henny Hartog et ils étaient réfugiés juifs d’Allemagne.
En particulier, en ce moment je m’intéresse à la Groupe des Travailleurs Étrangers 526e à Izeste. Je sais que le grandpère de mon mari, Hermann Hartog, y travaillait mais j’ai plusieurs questions sans réponse.
Une carte de travailleur (numéro 2179) était déposée pour Hermann Hartog à Izeste le 2 decembre 1941. Je suppose que c’est le jour quand il a commencé d’y travailler – mais pêut-être pas?
Je ne sais pas quel travail s’occupe GTE 526e à Izeste en decembre 1941/janvier 1942. Est-ce qu’il y a des informations?
Comment est Hermann Hartog allé à son travail? Il habite Arette avec sa femme depuis janvier 1941. Est-il allé du quotidien, et si oui, comment? Où faut-il rester à Izeste pendant le travail? Si oui, où?
Je crois que Hermann Hartog a quitté cette GTE vers mars 1942, parce qu’un cultivateur à Arette avait besoin des mains. Comment découvrir la date de son départ?
Hermann Hartog et sa femme étaient déportés par Camp de Gurs le 1 septembre 1942, et puis par Drancy vers Auschwitz le 4 septembre 1942.
Je m’intéresse d’autres informations concernant GTE 526e pendant 1941 et 1942, mais surtout de ces questions.
Je reste près d’Arette jusqu’à mercredi matin le 21 août.
Je m’excuse pour le mauvais français et je vous remercie de votre aide.
Cordialement,
Ainslie
Ainslie Hepburn
writer, tutor, historian »
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…Ce matin, à 8h 10,
je lui réponds par ce très long courriel-ci :
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…« Chère Madame,…avant de me joindre au téléphone,peut-être pouvez-vous lire attentivement ces articles de mon blog,ainsi que, en post-scriptum, le courriel du 5 juin 2014 dans lequel je faisais un point sur le parcours de mon père, le Dr Benedykt Lippa, sous l’Occupation……_ 22 avril 2015 : Un point sur une enquête de micro-histoire sur un commandant de GTE dans les Basses-Pyrénées de novembre 1940 à juillet 1943…_ 18 avril 2017 : A propos de quelques GTE des Basses-Pyrénées entre 1940 et 1943, et de Marcel Brenot, commandant des 182e et 526e GTE……Et aussi, en complément :…_ 31 août 2013 : Le diable se cache dans les détails : la fécondité des travaux de recherche de « micro-histoire »……_ 31 juillet 2014 : La fécondité magnifique du détail dans le travail d’enquête de Robert Belot sur les Résistances en France sous l’Occupation……
…A très bientôt,pour davantage d’explications et réponses à vos questions,…Francis Lippa…
…P. S. :voici la copie de ce courriel en date du 5 juin 2014 dans lequel je faisais un point très détaillé sur le parcours de mon père, le Docteur Benedykt Lippa, sous l’Occupation,à partir du 5 juin 1942, date de son départ précipité de Bordeaux pour fuir la zone occupée et gagner la zone libre :……Début du message réexpédié :De : Mr LippaDate : 5 juin 2014 17:31:57 HAECÀ : RaymondisCc : Roger Bonne, Famille Giannerini, malé j-c, Jacques BORDENAVE, Charles DOERR, André Klingebiel,Objet : Un point-synthèse sur l’enquête sur le parcours du Dr Benedykt Lippa du 5 juin 1942 au 1er octobre 1944 : Gurs, Oloron, Beaupuy, Toulouse, Oloron……Chers amis,…à cette date du 5 juin 2014,…voici un point sur l’enquête que je mène depuis une année environsur le parcours de mon père le Dr Benoît (ou Benedykt) Lippa (Stanislawow, 11 mars 1914 – Bordeaux, 11 janvier 2006)en zone non-occupéeentre le 5 juin 1942 _ cela fait aujourd’hui 72 ans ! _ ,date de son départ précipité (sur le conseil pressant de son maître en ORL _ et fort bien informé ! _ le Professeur Georges Portmann) de Bordeaux vers Oloron_ Oloron, où résidaient deux des frères (Pierre Bioy, pharmacien à Oloron, et Xavier Bioy, maire d’Herrère) du père de sa fiancée (et depuis, ma mère : Marie-France Bioy, née le 18 février 1918, et toujours en vie, et avec une très bonne mémoire ! _ décédée le 27 octobre 2018 à Bordeaux, en sa 101e année) _, Paul Bioy (mon grand-père maternel),et son retour définitif à Bordeaux le 1er octobre 1944, au domicile de mes grands-parents maternels Bioy, 117 rue Judaïque.…Entre ces deux dates du 5 juin 1942, son départ de Bordeaux, et du dimanche 1er octobre 1944, son retour à Bordeaux,mon père a été interné au camp de Gurs…_ mais à ce jour j’ignore encore à partir de quand ; et donc combien de temps !..Et s’il y faisait déjà partie (ou pas) d’un GTE à l’intérieur du camp de Gurs_ comme me le suggère Claude Laharie, étant donné que mon père était l’assistant en ORL du Professeur Georges Portmann,et qu’il parlait, outre le français et le polonais, l’allemand, le russe et l’espagnol : il y exerçait la médecine, et faisait office de traducteur et secrétaire.A ce sujet, j’indique que je détiens un livre offert à Gurs et dédicacé à mon père par son auteur le Pasteur Charles Cadier ;ce livre est recouvert d’une feuilledont le verso n’est autre qu’un formulaire (vierge) de demande d’engagement d’un travailleur étranger à un GTE !…Je dispose pour le moment seulement du « contrat agricole » qui a ex-filtré mon père de Gurs,contrat passé le jeudi 26 août 1943 au siège du 526e GTE à Oloron (pour un mois, mais il a été renouvelé les mois d’octobre, novembre et décembre 1943) :ce contrat a été passé entre le commandant du 526e GTE_ probablement Philippe Grandclément à cette date, venant de succéder à Marcel Brenot à la tête du 526e GTE d’Oloron _,et à l’initiative _ c’est important à noter ! _ du commandant de ce 526e GTE,et Pierre Klingebiel, professeur de philosophie à Oloron, et ami de Jean Bonnemason, un des chefs du réseau de résistance de l’Armée secrète de la région d’Oloron_ Pierre Klingebiel avait permis à plusieurs républicains espagnols d’être exfiltrés de Gurs grâce à de tels « contrats agricoles ».…Mon père a fait partie de cette organisation de Résistance (« Région oloronaise _ Capitaine Bonnemason« ) dès le mois de juillet 1942,indique son Etat des services (18e Région militaire _ Direction du Service de Santé)en date du 29 mai 1945 (comme Médecin-Lieutenant).…Si mon père est demeuré interné au camp de Gurs du mois de juin 1942 au jeudi 26 août 1943,je recherche des documentsou des témoignagesà même de le confirmer :ainsi, par exemple, ai-je rencontré à Pau (le 15 novembre 2013) l’infirmière Eva Laügt (née en 1914),mais ni le nom, ni les photos de mon père, n’ont parlé à sa mémoire _ et pour cause : Eva Laügt a quitté le camp de Gurs un peu avant l’arrivée de mon père….…Puis mon père a fait partie (sous le matricule 2091 _ contrat n° 452, en 1943)du 526e GTE départemental des Basses-Pyrénées et Landes non occupées :…_ une première fois, de septembre à décembre 1943 (Philippe Grandclément dirigeant alors ce GTE) :le jeudi 9 décembre, mon père est en effet transféré en région toulousaine, au 561e GTE de Beaupuy,où il est incorporé le vendredi 10 décembre 1943 (cf le Registre des Contrôles nominatifs du 561e GTE).…_ puis, une seconde fois, du vendredi 21 juillet 1944 à la fin septembre 1944 (cette fois sous le matricule 3693 _ contrat n° 601) :le jeudi 20 juillet 1944, mon père a en effet quitté Toulouse et la gare Matabiau(et la veille, le mercredi 19 juillet, le cantonnement du 561e GTE de Beaupuy ;à moins que ce ne soit le 562 GTE de Toulouse, rue de Belfort (mon père y avait été muté le vendredi 16 juin 1944 ;mais cette mutation a été ensuite notée sur le Registre des Contrôles nominatifs de ce 562e GTE comme « nulle et non avenue » (!) ;avec l’inscription « RdC le 21-7-44 a. c. du 19-7-44«_ sur les Registes des Contrôles nominatifs de ces deux GTE 561 et 562, mon père est immatriculé déjà sous le numéro 3693) ;…le vendredi 21 juillet mon père se rend au siège du 526e GTE à la Villa Montréal (28 Avenue Henri IV) à Jurançonet il revient à Oloron le samedi 22 juillet 1944……J’ignore à ce jour si c’est encore Philippe Grandclément qui dirige ce 526e GTE départemental des Basses-Pyrénées à la date du 21 juillet 1944_ c’est en effet l’adjoint Gourmençon (?) qui signe le document accompagnant le nouveau « contrat agricole » de mon père, adressé ce 21 juillet à Pierre Klingebiel _,mais sur un nouveau document daté cette fois du vendredi 4 août 1944,le nouveau chef du 526e GTE départemental est alors E. Delluc (qui dirigeait précédemment le 525e GTE départemental des Hautes-Pyrénées).…Le siège de ce 526e GTE départemental des Basses-Pyrénées était encore situé à Oloron à la date du jeudi 26 août 1943 ;mais ce siège fut transféré à Pau-Jurançon,Villa Montréal, 28 Avenue Henri IV, dès les premiers jours de septembre 1943(sans doute par la volonté de son nouveau chef, Philippe Grandclément, qui succédait alors au commandant Marcel Brenot) ;et quand mon père revient dans les Basses-Pyrénées, le vendredi 21 juillet 1944,le siège du 526e GTE départemental des Basses-Pyrénées se trouve toujours à la Villa Montréal à Jurançon._ à la Villa Montréal, j’ai rencontré Georges et Gérard Bacqué, ses actuels propriétaires,et fils de Cyprien Bacqué, lui-même résistant, ami de Gabriel Delaunay et d’Honoré Baradat…C’est en 1945 que Cyprien Bacqué est devenu locataire de la Villa Montréal ; et quelques années plus tard, son propriétaire……Entre ces deux dates du vendredi 10 décembre 1943 (arrivée de mon père à Beaupuy) et du vendredi 21 juillet 1944 (son passage à Jurançon),mon père est immatriculé (sous le numéro 3693) au 561e GTE de Beaupuy (à 8 kms au nord-est de Toulouse),de la mi-décembre 1943 au 16 juin 1944.…Le vendredi 16 juin 1944, mon père est muté au 562e GTE de Toulouse – rue de Belfort (Services Généraux).…Mais peut-être est-il demeuré cantonné au 561e GTE de Beaupuy jusqu’au jeudi 20 juillet 1944, date de son départ effectif de Toulouse,la mutation du 561e GTE au 562e GTE ayant été déclarée « annulée« ,d’après ce qui est inscrit sur le Registre des Contrôles Nominatifs du 562e GTE de Toulouse,pour des raisons qui m’échappent pour le moment…Une lettre (n°699 / CI du 19-7-44 _ un lundi _) est censée justifier cette « annulation-radiation » ; mais cette lettre manque hélas ! dans le Registre du 562e GTE !En effet, je viens de découvrir aux Archives départementales de la Haute-Garonne, grâce à Madame Chantal Pagès,que le registre des Contrôles nominatifs du 562e GTE de Toulouse, rue de Belfort,indique que mon père a bien été muté du 561e GTE de Beaupuy au 562e GTE de Toulouse (Services Généraux) le vendredi 16 juin 1944 ;mais que cette mutation a été ensuite considérée comme « nulle et non avenue » (sic) ;et que mon père a été rayé de ce registre le vendredi 21 juillet 1944, à compter du vendredi 16 juin !..Pataquès qu’il serait bien intéressant de démêler……A moins que la mutation évoquée par la lettre n° 699 / CI du 19-7-44 concernenon plus le 562e GTE de Toulouse (rue de Belfort, Services Généraux),mais cette fois le 526e GTE de Pau-Jurançon !et permettant le retour de mon père à Oloron,grâce à un nouveau « contrat agricole » (n° 601) passé par le chef du 526e GTE, à nouveau avec Pierre Klingebiel……Tout cela renforçant d’abord ma conviction qu’il y a une enquête à mener sur les chefs des divers GTE :certains (par exemple François Malinvaud au 647e GTE départemental de Chancelade, en Dordogne) sont engagés dans la Résistance ;d’autres (par exemple Alexandre de Moroge au 618e GTE de Buzy, dans les Basses-Pyrénées), dans la Milice ;d’autres demeurent attentistes, en attendant de voir comment le vent et la force des armes, vont tourner… Surtout à partir du Débarquement de Normandie le 6 juin !…Et tout cela posant aussi, et plus précisément, la question des lienset de mon pèreet des chefs des divers GTE auxquels il a eu à faire_ d’abord, peut-être à l’intérieur même du camp de Gurs (si je suis l’intuition de Claude Laharie :mais je n’ai jusqu’ici découvert aucun document administratif concernant la présence de mon père dans un GTE à Gurs,exceptés les archives et témoignages _ écrits ou oraux _ de Pierre et André Klingebiel…),puis Marcel Brenot (?), Philippe Grandclément, E. Delluc, au 526e GTE des Basses-Pyrénées ;Georges Ledoux, au 561e GTE de Beaupuy ;M. Brouguière, si c’est encore lui qui dirige le 562e GTE de Toulouse rue de Belfort en juin-juillet 1944 _avec les réseaux de résistance,et d’abord celui de l’Arme secrète _ Jean Bonnemason, Pierre Klingebiel, etc., à Oloron……A ce sujet, je suis en contact avec plusieurs descendants des résistants de ce réseau de l’Armée secrète à Oloron,afin de réunir méthodiquement ce qui demeure d’archives privées concernant ce réseau !……Voici un rapide résumé de quelques avancées à ce jour de ma recherche :…_ 5 juin 1942 : afin de rejoindre Oloron (et les oncles de sa fiancée Marie-France Bioy : Pierre Bioy, pharmacien à Oloron, et Xavier Bioy, maire d’Hérère :deux des frères de mon grand-père Paul Bioy),et sur les conseils de son maître (ORL) le Pr Georges Portmann qui (très bien informé !) l’avertit de l’imminence de prochaines rafles à Bordeaux,le Dr Benedykt (ou Benoît) Lippa quitte son domicile (chez les parents de sa fiancée, Marie-France Bioy) à Bordeaux (177 rue Judaïque)et franchit la ligne de démarcation à Hagetmau, à l’heure du repas de midi _ ma mère et ma tante l’avaient accompagné jusque là.Mon père était ami du Dr Hoffmann-Martinot : j’en ai parlé à son fils……_ date ? Benedykt Lippa, interpellé par la gendarmerie _ vers la fin du mois de juin : il est interné un moment à Grenade-sur-l’Adour _,est interné au camp de Gurs (quand ? _ au début du mois de juillet _ et avec quel statut, et combien de temps il y demeure, je l’ignore à ce jour _ je l’apprendrai plus tard… :je note que page 134 de la thèse de Peter Gaida « Camps de travail sous Vichy« , on lit ceci :« En août 1941, une circulaire informe les préfets que chaque ex-militaire polonais franchissant la ligne de démarcation_ ce qui est le cas de mon père, engagé volontaire le 20 septembre 1939 _,est à incorporer dans un GTE » ; en principe, donc…).Parmi les archives de Pierre Klingebiel, je remarque qu’un document d’avril 1945 indique quela pénalité-amende infligée à mon père pour franchissement illégal (clandestin) de la ligne de démarcation,avait été « levée« !Dans quelles circonstances, et comment, et par qui, je l’ignore à ce jour aussi……_ juillet 1942 _ au camp de Gurs… _ : mon père s’est « engagé dans la résistance, Région oloronaise, Capitaine Bonnemason«selon son « Etat des Services » (18e RI _ Direction du Service de Santé) du 29 mai 1945, à Bordeaux :est-ce alors même qu’il se trouve interné au camp de Gurs ? je l’ignore _ formellement, mais c’est très probable…Henri Duchemin (Oloron, 22-3-1918 – Roquiague, 14-8-1944), frère des futurs amis protestants de mon père, Laurent et Anna Duchemin(et amis des Klingebiel), à Oloron,est gardien au camp de Gurs, ainsi que résistant :blessé lors de combats (de membres du Corps-Franc Pommiès) le 10 août à Mauléon-Licharre,Henri Duchemin est achevé à coups de baïonnette par les Allemands le 14 août dans une ferme, à Roquiague…Ou bien mon père n’a-t-il été interpellé et interné à Gurs qu’un peu plus tard? A ce jour, je l’ignore…Je suis assez intrigué par le fait que ma mère, qui a pu _ tant bien que mal… _ correspondre tout le temps de la guerre avec mon père,ne garde pas de souvenir que mon père a été interné (et peut-être plus d’un an : possiblement de fin juin 1942 à fin août 1943) à Gurs,quand il se trouvait en Béarn……_ octobre 1942 : date présente sur une carte de visite du Professeur Georges Portmannrecommandant son assistant, le Dr Lippa, au Dr Rigaud (chargé de cours d’ORL à la Faculté de médecine de Toulouse)…Qui est ce Dr Rigaud ? Mon père l’a-t-il rencontré à Toulouse ?Jacques Lartigue se souvient des gros livres de médecine que mon père avait sur sa tableau domicile de son oncle et sa tante Joseph et Léonie Castille, 40 rue des Oustalots, à Oloron _ où mon père résidait alors _,quand mon père l’a soigné : il avait 9 ans…Ces livres de médecine, mon père les a probablement ramenés de Toulouse……_ le 26 août 1943, un contrat « agricole » (d’un mois : il sera renouvelé mensuellement, jusqu’au mois de décembre 1943 compris)est passé entre le commandant du 526e GTE d’Oloron(Marcel Brenot ? Philippe Grandclément, plus probablement _ oui ; on peut lire la signature de son adjoint, Joseph de Goussencourt _,le nom de Philippe Grandclément remplaçant celui de Marcel Brenot dès le 26 août 1943 sur les papiers officiels :le nom de Marcel Brenot est toutefois encore présent _ et c’est bien sûr à relever ! _ sur un document imprimé faisant partie du dossier de ce contrat)et Pierre Klingebiel, professeur de philosophie au collège d’Oloron et protestant actif(et très lié aux activités du cercle de résistants de l’Armée secrète d’Oloron, que dirigeait Jean Bonnemason ;Pierre Klingebiel est ami de Jean Bonnemason ; et il reçoit (= cache et nourrit) de nombreux candidats à l’évasion par l’Espagne…) ;et cela sur l’initiative du chef du 526e GTE d’Oloron :_ d’une part, afin que le 526e GTE dispose « à demeure » des services de ce médecin ;_ et, d’autre part, que Benedykt Lippa dispose, ainsi exfiltré du camp de Gurs, de davantage de liberté de mouvement(j’ignore à partir de quelle date mon père a été interné au camp de Gurs _ probablement fin juin ou début juillet 1942 _) ;_ d’autre part encore, un brouillon de courrier de Pierre Klingebiel, en date d’avril 1945, indique quela pénalité-amende pour franchissement illégal de la ligne de démarcation infligée à mon père, a été annulée :par qui ? et dans quelles circonstances ?..…Ma mère se souvient bien de ce lien de mon père à « Grandclément » !mais il s’agit de Philippe Grandclément (25 juillet 1904 – 26 avril 1974),le frère aîné d’André (18 juillet 1909 – 27 juillet 1944),le célèbre chef de la Résistance en région bordelaise, assassiné au Muret le 27 juillet 1944…Je cherche à joindre les descendants de Philippe Grandclément (mort à Saint-Laurent-La-Prée, près de Rochefort, en 1974),via Jérôme Allard, petit-fils (belge) d’André.En vain jusqu’ici, malgré un premier contact téléphonique positif avec Jérôme Allard ; ensuite, il ne m’a plus répondu……_ le Dr Lippa quitte ainsi le camp de Gurs en devenant TE du 526e GTE d’Oloron(ou Izeste-Louvie-Juzon : mon père a coupé du bois pour l’entreprise Morello-Lombardi, à Arudy-Louvie-Juzon :cela, il le racontait…) ;ainsi qu’en témoignent les archives de Pierre Klingebiel(archives méthodiquement exposées en un copieux et très précieux ! fascicule par son fils André Klingebiel),ainsi que les souvenirs personnels de son fils, André Klingebiel(né en 1930, professeur de Géologie à la Faculté des Sciences de Bordeaux, et ayant une excellente mémoire) ;et ceux, aussi de Jacques Lartigue (né en 1934), à Oloron :mon père a résidé à Oloron, 40 rue des Oustalots, chez l’oncle et la tante, Joseph et Léonie Castille, de ce dernier_ membre d’une famille d’industriels toujours très actifs à Oloron……_ vers le 8 décembre 1943 _ probablement le jeudi 9 _ : mon père a quitté Oloron ;et doit installer l’infirmerie du 561e GTE de Haute-Garonne,qui (déménagé de Clairfont ; la chose est avérée au moins le 3 mars 1944 : sur un document préfectoral de Haute-Garonne)est installé au château de La Gaillarde, à Beaupuy,où mon père réside déjà depuis le vendredi 10 décembre(sans eau courante ni électricité pour le moment : le château, inoccupé depuis plusieurs années, est délabré…)_ cf la lettre de mon père à Pierre Klingebiel, le lundi 20 décembre 1943.…_ 31 décembre 1943 : résiliation officielle du « contrat agricole » de Benedykt Lippa auprès de Pierre Klingebiel et du 526e GTE d’Oloron_ archives de Pierre Klingebiel…Mais le Registre des Contrôles nominatifs du 561e GTE inscrit le nom de mon père en date du 1er décembre ;et indique que son installation au château de La Gaillarde a eu lieu à la date du 10 décembre 1943(ce qui est confirmé par une lettre de mon père (datée du 20 décembre) à ses amis Klingebiel à Oloron……_ samedi 29 janvier 1944 : visite, à Muret (Haute-Garonne) du Dr Lippa au Pasteur Arias Castro(qui dispose, lui, d’un « contrat industriel » à l’usine d’aiguilles pour seringues médicales de M. Thiébaud),au domicile du Pasteur Arias Castro, à Muret, 8 Chaussée de Louge.Mon père aide alors le Pasteur Arias Castro à éviter de partir en Allemagne, ou d’être expédié à l’Organisation Todt_ ma mère se souvient bien de cela…Un courrier d’Arias Castro à Pierre Klingebiel (daté du dimanche 6 février 1944) indique la date de cette visite de mon père à Muret.…_ 3 mars 1944 : recensement préfectoral attestant du transfert du 561e GTE de Clairfont à Beaupuy, au Domaine de La Gaillarde(cf l’article de Lilian Pouységur, in Les Camps de travail du Sud-Ouest de la France, page 31).…_ mercredi 29 – jeudi 30 mars 1944 : Marie-France Bioy, sa fiancée, vient en train de Bordeaux à Toulouse_ un attentat vient d’être commis dans le quartier de la gare Matabiau, qui est en émoi ! _ ma mère passe la nuit en un des hôtels en face de la gare, infesté de soldats allemands _ ;et rend visite à mon père au cantonnement du château de La Gaillarde, à Beaupuy…_ mercredi 17 mai et mercredi 14 juin 1944 : deux rapports de police citent le nom de Benedict Lippa au Domaine de La Gaillarde à Beaupuy(561e GTE, dirigé par M. Ledoux) _ Archives départementales de Haute-Garonne (5795 W 1381).Le 17 mai, l’Inspecteur de police Pierre Boyreau adresse son rapport d’enquêteau chef de la 2e section de la 8e Brigade de Police de Sûreté,suite à une « dénonciation anonyme (du mardi 11 avril 1944)sur les agissements de certains T.E. du groupe n°561, cantonné au château de La Gaillarde à Beaupuy » :le cuisinier Mariano Rincon Garcia, le garde-magasinier Jose Ubeda Navarro et le conducteur de charrette Jose Rodriguez Agudo_ les deux derniers fréquentant le café du limonadier Bourgeois à Beaupuy ;et le fils Bourgeois venant aussi leur rendre visite au cantonnement du château de La Gaillarde.Le vendredi 20 mai, l’inspecteur Boyreau est invité par son supérieur hiérarchique à donner davantage de détails sur son enquête(de détournement de nourriture ! « graisse et pâtes alimentaires » !), qui n’avait retenu aucun motif avéré d’incrimination…D’autre part, mon père _ accusé de pratiquer la médecine en dehors du cantonnement (et des T. E. dispersés) _a reçu des « avertissements » du chef du 526e GTE, Georges Ledoux, pour « exercer (la médecine) en violation de la loi ».Il s’agissait pour lui, crevant de faim, d’améliorer son ordinaire en se procurant (contre ses services médicaux), des œufs _ qu’il gobait ! _ ;comme il l’indiquait dans une lettre à ses amis Klingebiel, le mercredi 22 février 1944…Avant de diriger le 561e GTE de Beaupuy, le commandant Georges Ledoux avait dirigé le 862e GTE de Montestruc (Gers),un GTE constitué de Polonais anciens engagés volontaires (pour la France) dans la guerre.Et le mercredi 14 juin, le Commissaire de Police de Sûreté Paul Mollard-Chaumette, chef de la 3e section de la 8e Brigade de Police de Sûreté,rédige à son tour un rapport (de vérification !) sur l’enquête de l’Inspecteur Boyreau :aucun élément délictueux n’est retenu par lui ni contre les T. E. _ dont mon père _ du 561e GTE de Beaupuy, ni contre l’Inspecteur Boyreau……_ vendredi 16 juin 1944 : Benédict Lippa est muté du 561e GTE de Beaupuy au 562e GTE de Toulouse (rue de Belfort), Services Généraux ;mais cette mutation est notée « nulle et non avenue » (sic) sur le Registre des Contrôles nominatifs de ce 562e GTE,qui ajoute « RdC le 21-7-44 a.c. du 16-6-44 (lettre n°699 / CI du 19-7-44)« : des éléments à décrypter……_ jeudi 20 juillet 1944 : Benedict Lippa quitte Toulouse _ probablement de son initiative : la situation militaire se détériore gravement déjà pour les Allemands _ pour Oloron, par le train,via une journée (le vendredi 21 juillet) passée à Pau-Jurançon (à la Villa Montréal, siège du 526e GTE), pour formalités administratives :un nouveau « contrat agricole » (de complaisance) est rédigé là entre le chef de ce 526e GTE_ est encore Philippe Grandclément ? Est-ce déjà E. Delluc, qui lui succède,et signera un autre document adressé à Pierre Klingebiel le vendredi 4 août suivant… _et, à nouveau, Pierre Klingebiel, à Oloron…J’en déduis que mon père bénéficie d’appuis au siège de ce 526e GTE de Jurançon…En avait-il aussi à Toulouse ? Probablement……_ jeudi 11 août 1944 : à Oloron : échange de courrier de mon père (domicilié 40 rue des Oustalots à Oloron : chez Joseph et Léonie Castille)avec sa fiancée demeurant à Bordeaux,lui demandant de ne pas craindre de prendre le train pour venir de Bordeaux lui rendre visite à Oloron.Léonie Castille (née Brun) est la sœur de Marthe (née Brun) la mère de Jacques Lartigue,que mon père a soigné alors pour des crises d’asthme.Jacques Lartigue se souvient très bien de mon père, et de ses gros livres de médecine (probablement ramenés de Toulouse) !De plus, l’épouse _ déjà décédée _ de Jean Bonnemason, est née Alexandrine Brun.Léonie, Marthe (sœurs) et Alexandrine (cousine) sont toutes trois des membres de la famille Brun, d’Oloron……_ date ? Marie-France Bioy, ma mère, vient voir son fiancé, mon père, à Oloron ;elle déjeune chez Joseph et Léonie Castille, d’une part ;et elle dort chez Laurent et Anna Duchemin (amis des Klingebiel) et protestants actifs, de l’autre.…_ samedi 23 septembre 1944 : lettre de mon père, depuis Oloron, à sa fiancée à Bordeaux,lui annonçant son retour prochain d’Oloron à Bordeaux, le samedi 30 septembre ;et où il s’inquiète très concrètement de son avenir professionnel à court terme en région bordelaise……_ dimanche 1er – dimanche 15 octobre 1944 : de retour en région bordelaise, le Dr Lippa est homologué provisoirementau grade de Médecin-lieutenant au groupe FFI « Dick » à Pessac…………Voilà où j’en suis à ce jour de mon enquête,qui avance donc pas à pas.Je pense que les divers chefs des GTE :Marcel Brenot peut-être ; Philippe Grandclément à coup sûr ; E. Delluc dont le nom apparaît le 4 août 1944, pour le 526e GTE siégeant à Oloron, puis à Pau-Jurançon, pour les Basses-Pyrénées ;et à Toulouse, MM. Lemay (chef du Groupement n°2), Georges Ledoux (chef du 561e GTE de Beaupuy) et Brouguière (chef du 562e GTE de Toulouse, rue de Belfort)ont probablement aidé mon père à éviter de faire partie de ceux qui ont été envoyés à Noé et expédiés à l’Organisation Todt ;et cela en liaison avec les mouvements de Résistance _ probablement l’Armée secrète, comme dans les Basses-Pyrénées, avec Jean Bonnemason à Oloron……Bien à vous,…Francis Lippa…
…Plus tard,
le contact que facilitera Claude Laharie avec Bruno Le Marcis,
qui vient de découvrir les archives personnelles du grand-père de son épouse, le commandant Marcel Brenot,
me permettra de mettre des noms et des visages sur certains des protagonistes de ces GTE du camp de Gurs (le 182e), et d’Izeste (puis Oloron, puis Jurançon : le 526e) ;
dont l’adjoint direct de Philippe Grandclément, Joseph de Goussencourt, dont la signature est fréquente sur les documents de T.E. de mon père qu’a conservés Pierre Klingebiel…
…
…
Soit un très précieux dossier sur quelques uns des GTE du Sud-Ouest.
…
…
Ce mardi 20 août 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa -
Un admirable monument de micro-histoire de l’Occupation : le « Dictionnaire de la Collaboration _ Collaborations, compromissions, contradictions » de François Broche
Poursuivant un travail entamé avec L’Armée française sous l’Occupation (2002-2003), Une histoire des anti-gaullismes des origines à nos jours (2007) _ je viens d’en commencer la lecture ; et c’est passionnant et très riche ! _ et le Dictionnaire de la France Libre (2010 _ je viens de le parcourir de la première à la dernière page : c’est aussi une très riche source de micro-informations…),
François Broche nous livre ce mois-ci, avec son Dictionnaire de la Collaboration _ Collaborations, compromissions, contradictions, qui paraît aux Éditions Belin, un admirable monument (de 928 pages et 848 entrées) de micro-histoire, magnifiquement fouillée, sur le sujet ô combien complexe _ ainsi que délicat, encore, même si des braises s’apaisent… _ des Collaborations, compromissions et contradictions _ pour reprendre les termes excellemment choisis de son sous-titre _ de diverses sortes, et à des degrés très variés, vis-à-vis tant de l’Occupant allemand que de l’État français de Vichy.
…
Le temps est donc venu, comme ont bien commencé de nous l’apprendre les travaux très précis _ et très précieux, ainsi : la précision est en effet indispensable ! _ de Robert Belot (La Résistance sans De Gaulle, L’Affaire suisse, Les Secrets de la Résistance, Aux Frontières de la liberté) et de Bénédicte Vergez-Chaignon (Les Vichysto-Résistants), de dépasser l’ère de la domination des clichés tant résistantialistes que vichystes et néo-vichystes qui encombraient et gênaient une historiographie enfin suffisamment soucieuse des complexités, nuances et évolutions _ sinon contradictions : au gré des circonstances et changements survenant ; à commencer par l’issue des batailles se livrant sur divers fronts (au premier chef desquels ceux de l’Est et ceux d’Afrique), et influençant les attentistes de tous poils… _ dans le temps, des protagonistes des événements survenant en France ainsi qu’en son empire entre 1940 et 1944-45,
pour cesser de succomber aux manichéismes tant idéologiques que moralisateurs, simplificateurs :
écueil que sait magnifiquement éviter François Broche…
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Pour ce qui _ modestement _ me concerne en tant que chercheur de la micro-histoire de mon père, entre le 7 juin 1942 et le 30 septembre 1944 _ dates de son départ de Bordeaux occupé, et de son retour à Bordeaux libéré ; cf mon article Poursuite d’enquête sur les liens de résistance entre Pierre de Bénouville et les Portmann, père et fils _, et en zone non-occupée (principalement Oloron, Gurs, Toulouse, Beaupuy),
…
c’est le fil d’Ariane de l’Armée Secrète qui principalement mobilise l’enquête que je poursuis,
à travers, d’abord, les personnalités des Résistants qui l’ont aidé (d’abord Jean Bonnemason et Pierre Klingebiel, les deux à Oloron) ;
mais aussi les commandants des GTE des Basses-Pyrénées (Marcel Brenot, Philippe Grandclément, E. Delluc, se succédant au 526e GTE d’Oloron _ rue Saint-Grat _, puis Jurançon-Pau _ Villa Montréal, avenue Henri IV _, à partir du mois de septembre 1943)
et de Haute-Garonne (Georges Ledoux, au 561e GTE de Beaupuy _ au Domaine de La Gaillarde _ ; et éventuellement Brouguière, au 562e GTE de Toulouse-rue de Belfort ; ainsi que Lemay, qui dirigeait le Groupement II des GTE de Toulouse, pour être exhaustif _ jusqu’ici j’ignore les prénoms de ces Messieurs Brouguière, Lemay et E. Delluc) ;
ainsi que le Professeur Georges Portmannn, le maître en ORL de mon père à la Faculté de Médecine de Bordeaux, qui lui a permis de fuir la Gestapo, à Bordeaux, les premiers jours de juin 1942, en l’informant à temps que la Gestapo allait venir l’arrêter _ cf à nouveau mon article précédent : Poursuite d’enquête sur les liens de résistance entre Pierre de Bénouville et les Portmann, père et fils.
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Si le nom de Georges Portmann apparaît bien à la page 752 du Dictionnaire de la Collaboration de François Broche, à l’entrée « Radio-Vichy« , mais très succinctement _ trop succinctement pour ma curiosité _,
en revanche Georges Portmann n’y est pas cité comme ayant été Secrétaire général à l’Information au gouvernement de Vichy (du 2 janvier au 16 février 1941), ainsi que directeur de la Radio de Vichy, lors de l’intermède Flandin _ Pierre-Étienne Flandin, dont Georges Portmann était alors le « bras droit« , comme le signale, parmi d’autres, Philippe Burrin, en sa France à l’heure allemande (page 381) ; Olivier Wieviorka, en son Histoire de la Résistance, qualifie Georges Portmann d‘ »un des fidèles de Flandin« … _, entre un premier gouvernement Laval _ avec Jean-Louis Tixier-Vignancourt au Secrétariat à l’Information _ et le gouvernement Darlan _ les tous premiers jours, c’est Henry Moysset qui, seul, remplace Georges Portmann ; puis, à partir du 23 février, Paul Marion est associé à Henry Moysset à cette fonction gouvernementale _ ;
ni, non plus comme ayant fait partie, et cela dès l’origine, de la Délégation française à la Commission allemande d’armistice de Wiesbaden _ François Broche me précise que ce fut très précisément du 28 juin au 13 septembre 1940.
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Alors que le nom de Max Brusset _ rencontré, lui, dans les Souvenirs de Georges Portmann (parus en 1982), comme dans Le Sacrifice du matin de Pierre de Bénouville (rédigé et paru dès 1945, aux Éditions La Palatine, à Genève ; le texte sera modifié-enrichi lors de plusieurs rééditions, dès 1946 et jusqu’en 1983, aux Éditions de son ami Robert Laffont) : à propos de l’intervention de la Gestapo chez lui, 28 Boulevard Raspail, le 26 mars 1944, à dix heures du matin, alors que devaient se retrouver dans ce salon et à cette heure plusieurs membres du réseau de Pierre de Bénouville, dont Georges (le père) et René (le fils aîné) Portmann, ainsi que Pierre de Bénouville lui-même : c’est ainsi que furent arrêtés ce 26 mars 1944 Armand Magescas et Alain de Camaret… _ en est absent.
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Depuis, François Broche m’a appris que Max Brusset a été député gaulliste de Charente-Maritime de 1946 à 1958 _ d’abord ce fut sous l’étiquette du Parti Républicain de la Liberté, de Joseph Laniel, de décembre 1946 à juin 1951 (le RPF n’avait pas encore été créé en décembre 1946) ; puis comme député RPF, de juin 1951 à décembre 1955 ; et enfin sous l’étiquette des Républicains Sociaux (nouveau nom d’un parti rassemblant des gaullistes, avant 1958), de janvier 1956 au 30 novembre 1958) _ cf là-dessus le très utile et très précis Dictionnaire de la France libre, dirigé par François Broche, Joseph Caïtucoli et Jean-François Muracciole.
Max Brusset a été aussi maire de Royan, de mai 1953 à mars 1959, démissionnant de ce mandat municipal, après avoir été battu le 30 novembre 1958 aux élections législatives par André Lacaze (candidat Indépendant et Paysan) ; à la mairie de Royan, lui succèdera alors, au mois de mars 1959, l’amiral Hubert Meyer _ oncle de l’actuel maire de Royan, Didier Quentin.
…
J’ai découvert aussi, depuis, que, à partir de 1937 et pendant la guerre, Max Brusset, journaliste et homme de radio de son métier, a pris des parts, à partir de 1938, à une radio dans le Midi, à Antibes-Juan-les-Pins : Radio Nice-Côte d’Azur, qui était devenue le 20 mars 1937 Radio-Méditerranée. Et que cette radio deviendrait, suite à diverses péripéties durant la période de guerre, et impliquant les Allemands _ dont Otto Abetz _, Radio Monte-Carlo… Voilà donc un point de convergence entre Max Brusset et Georges Portmann, ainsi que Pierre de Bénouville, qui a vécu à Antibes, Biot, etc., sur la Côte d’Azur, sous l’Occupation.
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Mais c’est au Dictionnaire de la Collaboration _ Collaborations, compromissions, contradictions de François Broche que je veux rendre ici l’hommage que ce travail considérable et magnifique, passionnant, mérite.
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Les 848 entrées de ce Dictionnaire, magnifiquement précises et détaillées, et même fouillées, nous livrent en effet un portrait somptueusement riche _ et étonnamment vivant ! _, au travers de toutes ses complexités, de cette époque particulièrement riche en nuances _ et évolutions, sinon contradictions _ de toutes sortes ;
assorties, pour chacune des entrées, d’une bibliographie aussi complète que possible (et par là extrêmement utile), elle aussi.
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Je tiens à souligner au passage le souci de François Broche de donner le maximum de précision, en matière de lieux _ pour ce qui concerne la domiciliation des diverses institutions abordées : un soin assez rare, il faut le souligner… _, de dates _ c’est aussi très appréciable _, de détails bibliographiques sur les personnes, sans s’en tenir, d’ailleurs, à la seule période (1940-1944) de la Collaboration _ tant ce qui précède (dans la formation et les carrières des individus) que ce qui suit ces moments (dans le devenir de l’après-guerre) est en effet très judicieusement porté à la connaissance du lecteur, et nous apprend beaucoup…
Max Brusset a lui-même beaucoup appris en travaillant à sa passionnante et très riche, déjà, histoire des anti-gaullismes des origines à nos jours…
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Et cela _ je reviens au Dictionnaire de la Collaboration _ Collaborations, compromissions, contradictions… _ à partir d’une conception éditoriale elle-même extrêmement bien conçue : chaque titre de notice est accompagné d’un excellent sous-titre, et chaque entrée comporte une ou deux citations représentatives mises en exergue, à côté du corps du texte lui-même.
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Si bien que ce Dictionnaire de la Collaboration _ Collaborations, compromissions, contradictions constitue désormais un outil de référence indispensable pour les chercheurs comme pour les curieux de cette période plus que jamais fascinante…
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Au passage, je peux indiquer que deux éléments ont sollicité tout particulièrement ma curiosité, au point d’en désirer découvrir davantage… :
tout ce qui concerne, d’une part, les très riches interconnexions des milieux d’affaire, autour de ce qui alors fut qualifié par certains de synarchie _ cf ainsi, et entre bien d’autres, l’article que François Broche lui consacre aux pages 829-830 ; et au passage, je remarque l’absence d’une entrée consacrée à Pierre Taittinger (1887-1965)… _ ;
et d’autre part, ce qui concerne, parmi les divers medias d’information, communication, propagande, la radio _ cf les articles Radio-Paris et Radio-Vichy, aux pages 751-752-753 ; et j’aurai souhaité en apprendre davantage sur les autres radios, en particulier en zone d’abord dite non-occupée ; par exemple à propos de Radio-Méditerranée, à Antibes, et de la naissance de Radio-Monte-Carlo, autour des activités de Max Brusset ; ou encore du développement de Radio-Andorre… _ cf La Résistance à Toulouse et dans la Région 4, de José Cubero.
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Et il me faut souligner que les articles consacrés aux différents organes de presse (ainsi que d’édition) de cette période de l’Occupation sont tout particulièrement riches, et nous font pénétrer fort judicieusement dans les arcanes de l’information et de la propagande sous l’Occupation ; mais aussi pour toute la période qui suit, où fleuriront de nombreuses publications néo-vichystes : ici, l’apport de François Broche est tout spécialement remarquable, et très précieux pour le lecteur…
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Bref, cet ouvrage de 928 pages de François Broche est bien davantage qu’un simple dictionnaire :
c’est un monument passionnant et grouillant de vie de micro-histoire,
en plus de former un très riche répertoire d’informations, à consulter par entrées, au fur et mesure de ses curiosités, comme pour tout dictionnaire…
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Titus Curiosus, le 12 novembre 2014
