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  • De Troie en flammes à la nouvelle Rome : l’admirable « How to read » les poèmes de Michel Deguy de Martin Rueff _ ou surmonter l’abominable détresse du désamour de la langue

    A la spendide Galleria Borghese de Rome,

    entre autres chefs d’œuvre de marbre de Pietro Bernini _ tels les plus stupéfiants les uns que les autres David à la fronde, le rapt de Proserpine, Apollon et Daphné ; mais aussi quelques bustes étourdissants de vie du malicieux et jubilant commanditaire et maître du lieu : l’éclatant Scipion Borghese !.. dont l’œil gourmand étincelle ainsi comme jamais et pour toujours ! _,

    s’admire un très émouvant Enée sauvant son père Anchise de Troie en flammes, avec son fils Ascagne  _ dit parfois aussi Iule : par Virgile _ les accompagnant :

    …

    ainsi vois-je

    _ Anchise, Enée, Ascagne : ce « groupe«  cheminant dans un marbre qui à jamais remue, tremble, vit… _

    l’admirable pédagogie _ énéidale, par là et ainsi… _ de Martin Rueff, en 440 pages magnifiquement lumineuses, denses, claires, nourries, en cet extraordinaire

    (de précision et générosité infiniment patiente : « formidable !« , ne peut manquer de s’exclamer Michel Deguy lui-même à plusieurs reprises :

    …

    qu’on écoute le podcast !.. le ton en est merveilleusement signifiant !..)

    …

    en ce tout simplement, en effet, extraordinaire

    _ un « monument » ! ne pouvons-nous que dire, tous, l’un après l’autre, chacun à notre tour… _

    …

    « How to read the poetry of Michel Deguy« 

    …

    qu’est son Différence et identité : Michel Deguy, situation d’un poète lyrique à l’apogée du capitalisme culturel _ « une étude » ! je rétablis l’ultime sous-titre que l’éditeur a abrégé !!! _, aux Éditions Hermann ;

    …

    ainsi vois-je

    et ainsi me permets-je, aussi,

    d’interpréter leur extraordinaire dialogue de 95 minutes mercredi 12 mai dernier, dans les salons Albert-Mollat, au troisième étage de ce bel immeuble de la rue Vital-Carles à Bordeaux, d’où s’aperçoivent, des hautes fenêtres donnant sur la rue, en contrebas, les toits de Bordeaux,

    en leur conférence,

    à l’initiative éminemment amicale _ son ton ému le disait tout le long… _ de Jean-Pierre Moussaron,

    professeur de littérature émérite à l’université de Bordeaux-III-Michel-de-Montaigne.

    …
    Martin Rueff se fait,

    tel un Ezra Pound en son ABC de la lecture (« How to read » poetry… : paru en 1934…),

    le pédagogue _ admirable ! _ de « la poétique profonde«  _ l’expression est tout sauf anodine ! _ de Michel Deguy,

    afin d’aider si peu que ce soit le lecteur

    …

    _ nous : tout un chacun d’une « société » cultivant si peu que ce soit une authentique « curiosité » tant soit peu lettrée… : mais comment vivre (vraiment !) et « habiter«  ce « monde« , si ce n’est si peu que ce soit, encore, « en poètes« , tant il est vrai que « ce qui demeure« , ce sont « les poètes«  (d’abord ; appuyés de quelques philosophes) qui (vraiment !) « le fondent«  !.. cf la lecture aigüe du poète de Tübingen (et même un peu Bordeaux, à l’Hôtel Meyer, un moment, face à notre Théâtre de Victor Louis…), Hölderlin, par Martin Heidegger  _

    …

    Martin Rueff se fait le pédagogue de « la poétique profonde » de Michel Deguy,

    afin d’aider si peu que ce soit le lecteur

    à lire vraiment _ voilà ! _ la poésie cheminante

    depuis 1959 _ depuis Meurtrières (aux Éditions Pierre-Jean Oswald : ce « tout premier recueil« , difficilement accessible, nous est re-donné intégralement dans le grand cahier Michel Deguy de Jean-Pierre Moussaron, aux Éditions “Le Bleu du ciel“, en octobre 2007, aux pages 302 à 329…) _

    d’un poète pour qui le sens advient en un amour _ éperdu ! auquel on se « donne« … _ de la langue

    magnifiquement fécond : en poèmes, d’abord, et principalement :

    …

    dans la chair du flux des mots en phrases s’énonçant

    en paroles…

    …

    Martin Rueff est à la fois très précis et lumineusement clair !

    Il transmue le penser qui sourd toujours,

    jusque dans les onomatopées (bzzz…) qui viennent ponctuer _ irremplaçablement ! _ la venue orageuse (et rocailleuse) du sens,

    en quelque chose d’abord _ mais comment faire autrement ? _ de « brut » _ et qui en fait tout son prix ! _

    …

    il transmue le penser

    qui sourd toujours en quelque chose d’abord de « brut« ,

    des entrailles à vif

    d’un penser en chantier _ quasi permanent : connaît-il quelques « chutes de tensions » ? ne serait-ce que pour dormir ! mais même alors, le penser ne cesse de s’agiter, vibrillonner et travailler sourdement ; cf l’admirable Freud ! ou les marbres à jamais vivants du Bernin à la romaine Galleria Borghese…  _

    …

    il transmue ce remugle _ poétique _ du penser _ qui va lui-même prendre la forme plus heureuse et épanouie, elle, du (et des) poème(s) : mis ensuite en recueils… _ de Michel Deguy

    …

    en un lumineux « How to read » les poèmes eux-mêmes :

    …

    ce que Martin Rueff nomme, en son titre intermédiaire (à la page 284 de Différence et identité : Michel Deguy, situation d’un poète lyrique à l’apogée du capitalisme culturel), « l’espace temps lyrique« 

    _ ou « pourquoi la poésie est (pour Michel Deguy à l’œuvre ! au chantier !) plus accueillante que la phénoménologie« , dit aussi Martin Rueff ;

    et encore : « la poésie, empirisme perçant, capte le tempo du monde«  ;

    parce que « le rythme est le secret de la métrique française (en l’occurrence !) qui est quantitative et accentuelle« … _ ;

    …

    car « dès le début« ,

    dit Martin, en sa conférence,

    il s’agit pour Michel Deguy de « mettre en poèmes le penser » ;

    …

    de faire de la « pensée originale (de la part de Michel Deguy philosophant : « pas assez située, mise en évidence«  jusqu’à présent, estime aussi Martin Rueff…) du rapport différence/identité« 

    rien moins qu’ »une matière à poèmes » !..

    …

    Avec pour Martin Rueff ce double objectif en ce livre-ci sur Deguy

    de « montrer la pertinence du couple différence/identité« 

    « et pour fédérer la pensée de Michel Deguy«  _ en son œuvre entier : philosophique comme poétique ! _

    « et situer Deguy dans le paysage intellectuel » de l’époque !

    …

    Avec cette circonstance et conjoncture propre à notre temps

    _ Martin Rueff l’exprime par la formulation d’Alfonso Berardinelli en 1975 : « le public de la poésie aujourd’hui, c’est : les poètes !«  seulement… : cf Il pubblico della poesia _ trent’anni doppo (avec Franco Cordelli, aux Éditions Castelvecchi en 2004)… _

    qu’ »on _ nous, le public _ a du mal à situer les poètes contemporains ; à comprendre ce qu’ils font ; et pourquoi ils le font« .

    …

    « Il manque à la poésie moderne _  et à celle de Michel Deguy, en cette occurrence précise-ci… _ le point de jonction _ d’affection et jouissance : d’un goût ! _ entre la société cultivée et les poètes : c’est le travail de la critique«  :

    …

    à la différence de ce dont ont pu bénéficier les œuvres picturales (même géniales : certes) d’un Mark Rothko ou des néo-expressionnistes _ « aussi géniaux fussent-ils« , dit Martin _ avec un « discours critique qui les a situés« ,

    grâce au travail de « critique » (c’est à dire de médiation, explication, sensibilisation : passage !) d’un Clement Greenberg ou d’un Arthur Danto ;

    ou l’œuvre musicale d’un Arnold Schoenberg,

    grâce au travail de « critique » (et médiation, explication, sensibilisation : passage) d’un Charles Rosen…

    …

    Et, de plus, en France, la situation _ de l’accès (en commençant par la curiosité) du public à la poésie ; avec son appendice (décisif ! mais tout se tient !) de l’initiation (au goût de la littérature ; et de la poésie, en son sein : à côté de la déferlante du récit et du roman) par l’enseignement, aussi ! _ est pire qu’en Italie, car « le rapport communication poétique / communication générale ne s’est pas formulé de la même manière : avec et après Mallarmé ; comme avec et après Leopardi » !

    …

    Certes…

    Mallarmé n’a pas facilité la tâche, en dépit du « charme » du chant de Paul Valéry, après lui ;

    qui revient davantage vers ce que Leopardi qualifie de « chant transparent » , c’est-à-dire une politesse d’ »accessibilité » des récepteurs…

    …

    A cela s’ajoute,

    et massivement _ à coups de massue indolore ! anesthésiée autant qu’anesthésiante ! telle une « camisole chimique«  !.. _, le cadre historique _ pressant et tenaillant… _ du déploiement du capitalisme,

    et tout particulièrement en son appendice _ idéologique : la déferlante de la propagande publicitaire (et autres) ; assortie et renforcée, de la crétinisation à échelle mondiale désormais de l’entertainment : cela étant un commentaire mien _ :

    …

    ce que Walter Benjamin a nommé, déjà (dans les années trente), « capitalisme culturel« 

    et qui a pris un nouveau tour, encore plus massif et encore plus efficace aujourd’hui !

    et que reprend et déploie puissamment et magnifiquement Michel Deguy sous le terme (et concept) du « culturel » _ ou comment « faire« , en bruyante fanfare de tambours et trompettes et cymbales, « prendre des vessies pour des lanternes«  ! _  :

    …

    « culturel » = « le plan inventé par Deguy, dit Martin Rueff ;

    le lieu où  _ et l’étau contre lequel _ la pensée de Deguy se déploie » et résiste éperdument…

    …
    Aussi l’entreprise de Martin Rueff en ce livre-ci consiste-t-elle, en son analyse, à « décliner » « vers le poème » :

    …

    « l’herméneutique du poème » se construit et se déploie, très méthodiquement,

    avec une admirable concentration et densité d’attention, en sa précision éclairante, sous la plume si sensiblement intelligente de Martin Rueff,

    afin, tout simplement, de « permettre de lire les poèmes d’aujourd’hui » ;

    …

    soit aider parfaitement modestement

    à « lire Deguy plus facilement« 

    …

    _ une démarche que j’approuve de toutes mes mains, pour,

    et à mon niveau d’éducateur ayant une foi concrète (et soucieuse d’effectivité) en sa mission civilisatrice,

    …

    pour avoir commis un « Lire « Liquidation » d’Imre Kertész _ ce qui dure d’Auschwitz »

    (demeuré inédit : je l’ai donné à lire à seulement trois amis jusqu’ici : Bernard Plossu, Michèle Cohen _ la directrice de la galerie La NonMaison à Aix-en-Provence _, et Emmanuel Caron, historien, qui voulait s’initier à l’œuvre de Kertész…),

    sur un semblable affect de « facilitation«  du partage d’un des chefs d’œuvre (sublimissime !) de littérature (d’accès un peu exigeant : comme l’accès à Faulkner, ou à Joyce, ou même à Proust, etc.) de notre époque (le livre est paru en Hongrie et en Allemagne en 2004, et en 2005 en traduction française, aux Éditions Actes-Sud) ;

    …

    de même que j’ai initié mes élèves à la lecture de l’immense (= génial !) Antonio Lobo Antunes : en les menant photographier à Lisbonne le « regard«  de l’écrivain sur sa ville en son écriture (= style) même (si riche et complexe ; et significative de justesse) : j’avais choisi Traité des passions de l’âme ;

    …

    et j’avais réalisé le même défi (lire, proposer un équivalent photographique, et chacun selon son style : à faire émerger !) pour le regard sur Rome d’Elisabetta Rasy (devenue une amie) en son admirable Entre nous :

    …

    soient des expériences (proposer en images photographiques _ à saisir sur place : ailleurs que chez soi ; mais à rebours complet du « touristiquement«  consommateur !.. _ un équivalent (iconique : à créer !) du style, donc, de l’auteur, en son écriture !) à chaque fois extraordinaires !!

    …

    Mais qui, à part nous qui les avons vécues (artistiquement ! oui !), et les photos-œuvres (et pas clichés !) qui en résultent en témoignent,

    qui, en l’institution Éducation nationale, s’en est vraiment soucié ! et civilisationnellement réjoui ?

    …

    Mais il n’est pas nécessaire d’« espérer pour entreprendre« , Dieu merci !… Fin de l’incise « pédagogique« …

    …

    Bref, il s’agit pour Martin Rueff d’ »aller

    _ et aider à aller d’autres : les lecteurs !

    en les dés-inhibant ! en les encourageant très effectivement par l’éclairage de la sensibilité et intelligence, ensemble !

    …

    aider à aller les hommes un peu plus « humains«  (que certains autres qui iront, tel un Balduch von Schirar (1907 -1974) le proclamant en 1939, jusqu’à « sortir leur revolver » et pratiquer des auto-da-fé pour détruire hommes et œuvres de civilisation ; et détruire aussi l’éducation exigeante…) à s’élever en leur « humanité« … _

    …

    bref, il s’agit pour Martin Rueff d’ »aller

    vers le centre de l’activité d’un artiste : son œuvre » !

    …

    « Je vais vers là« , dit-il on ne peut plus modestement : en pédagogue de l’humain et de la poésie, l’un par l’autre…

    …

    Même s’il faut, pour reprendre un mot de Walter Benjamin, « pour atteindre un tout petit peu de concret« ,

    l’effort, le coup de rein, ainsi qu’un tant soit peu de patience, de « traverser des déserts d’abstraction«  _ rendus cependant bien moins arides par le talent pour la douceur d’explication du pédagogue…

    …

    « Deguy est un des rénovateurs, sinon LE rénovateur, de la poétique en France » ;

    rassemblant en « un point de jonction » rare _ avant lui, il n’y a eu que Paul Valéry : un auteur qu’on ne lit pas assez ! mais est-ce là un hasard ? malgré une extrême sensualité (!!!) jointe à une intelligence acérée ! _

    la tradition de la poétique formelle _ celle d’un Genette _

    et la tradition de la poétique spéculative _ celle d’un Heidegger ou/et d’un Philippe Lacoue-Labarthe : Martin Rueff de citer alors sa « Poétique de l’Histoire« , « un livre très important« … :

    …

    « le seul poéticien à réussir à tenir les deux après Valéry : Deguy ; c’est tout !« ,

    s’exclame alors vivement Martin ;

    cf l’admirable et décisif « La Raison poétique«  (paru en novembre 2000 aux Éditions Galilée)…

    …

    Car pour Michel Deguy, intervenant alors,

    il s’agit de « questionner la poétique comme opération même de la pensée« .

    …

    Nous sommes là au cœur du cœur de son dispositif même d’œuvrer : de sa « tâche« …

    …

    A propos de la question de la « difficulté de lire » la poésie aujourd’hui,

    …

    Michel Deguy évoque alors le reproche de Primo Levi à Paul Celan sur son style : « c’est trop difficile !« …
    …
    Martin Rueff reprend au bond et développe alors l’analyse de ce point éminemment crucial,

    précisant que « la question de la difficulté, est la question de la situation de la difficulté » :

    elle est conjoncturelle et contextuelle, forcément ;

    et implique les conditions de « réception » _ actives ! ou passives ! curieuses ! ou incurieuses ! ici le commentaire est mien… _ des œuvres : en l’occurrence les poèmes.

    …

    Au regret exprimé par l’ingénieur chimiste qu’est demeuré Primo Levi :

    « les lecteurs de Celan ne vont pas ressentir l’horreur de l’expérience qui a motivés ces poèmes si difficiles, au phrasé poétique si oblique, si indirect !« ,

    Celan a répliqué et « s’est expliqué » on ne peut plus adéquatement :

    …

    s’ »il recommence à écrire après la guerre _ et le « désastre«  ! _, il fait d’abord des poèmes, de jolis poèmes, avec des guirlandes dorées » ; mais « il les détruit tous.

    …

    « Je ne pouvais pas « refaire » les poèmes d’avant » ;

    car « face à une telle expérience _ que celle du « désastre«  subi ! _, il fallait « essayer d’enregistrer dans le poème le désastre !

    C’est difficile :

    à la mesure de l’expérience« , donc.

    …

    A la question _ bien connue de Theodor Adorno _ « peut-on encore écrire de la poésie après Auschwitz ?« ,

    il fallait donc se demander plutôt :

    « quels poèmes écrire ? et avec quelle langue ?« …

    …

    « Une autre façon de le dire« , dit encore ici Martin Rueff,

    est celle de Samuel Beckett en un entretien important, en 1961 :

    …

    « la tâche de l’écrivain contemporain, c’est de donner une forme au gâchis« (« To find a form that accommodates the mess, that is the task of the artist now« ) :

    …

    « ni enjoliver le gâchis » (ce qui serait le faire mentir !) ;

    « ni céder au gâchis : sinon, on n’est plus un artiste !« …

    …

    L’enjeu _ pour Celan, pour Beckett, pour Deguy, pour qui veut être « vrai » ! _ est donc de « donner un poème à l’époque _ qui est l’époque du gâchis« …

    …

    Michel Deguy de commenter alors :

    …

    « Ce que ne comprend pas Primo Levi,

    c’est qu’un poème est un événement de langue en même temps. »

    …

    Et, en élargissant :

    …

    « Si vous n’aimez pas ce qui peut arriver à la langue, à la vôtre _ quand vous vous soumettez à elle pour créer votre propre discours _,

    alors vous aurez toujours des difficultés » avec la poésie ; et préfèrerez le récit du roman…

    …

    Avec cette puissante et grave conséquence-ci :

    « l’époque est grave : la poésie est en train de sortir de la langue.« 

    …
    Or « pour avoir un rapport _ de proximité vraie _ avec la poésie,

    il faut AIMER.

    …

    Aimer, comme on aime quelque fleur, quelque paysage, quelque personne _ et c’est aussi au singulier ; alors que la langue, offerte, est la langue reçue et partagée.

    …

    Il faut avoir une jouissance de sa langue en tant que maternelle ; et le faire entendre« … 

    …

    Michel Deguy, alors _ mi avec effroi, mi avec gourmandise… _, en donne pour contre-exemple la déclaration d’un rappeur (s’entretenant avec rien moins que Dominique de Villepin), le 15 avril dernier :

    …

    « maintenant _ up to date… _ il faut être capable _ ou le défi commun actuel : sinon, c’est la ringardise !.. _ de passer au-delà des mots _ bzzz… Parce que finalement les mots n’ont de sens qu’illustrés« .

    …

    Voilà ! « Quitter les mots« , c’est rien moins que « quitter l’élément _ même, l’humus, le terreau _ de la poésie » _ en faveur de la mudité ! et de sa (miséreuse et misérable) vacuité inarticulée : mais pouvant faire comme consensus, par son indistinction illusoirement rassembleuse, à bon compte…

    …

    « Revient _ ainsi _ la question de l’image. »

    Et « qu’est-ce qu’on entend par image aujourd’hui ? »

    « Je vous montre : c’est ça l’affaire !« 

    « On quitte alors la logicité ; la pensée qui parle ; le logos« …

    …
    En conséquence de quoi,

    et quant à l’ »incompréhension » de Primo Levi envers l’écriture poétique ultra-brûlante de Paul Celan :

    …

    « il n’entend pas _ par surdité _ l’événement _ advenant _ de langue« .

    …

    « L’amour de la langue !« 

    …

    « Si on n’aime pas cette affaire-là« , soupire alors Michel Deguy…

    …

    …

    Si je puis me permettre,

    ici ne se ressent que trop la vrillure de la blessure du jour qui disjoint et éloigne, en un bientôt terrible fossé, le rendu de l’expérience (si tordue, mais irréfragable !) d’un Imre Kertész _ par exemple en son sublime Liquidation _ des témoignages _ plus droits, eux, et plus communicationnels (quasi grand public, désormais) _ de Primo Levi…

    …

    Quant au capitalisme, et son brouillage du rapport de l’identité à la différence,

    il « traffique » le même : « en passant au centre du même une « mauvaise » différence.« 

    …

    Martin Rueff prend alors l’exemple des rapports à l’urbanisme

    _ cf ici Franco La Cecla : Contre l’architecture (aux Éditions Arléa) ; je viens d’en achever la lecture et j’y consacrerai un très prochain article _

    des villes aujourd’hui _ citant l’exemple (désormais classique) de Bordeaux : le centre y est « refait à l’identique«  : tel qu’il n’a jamais été, bien sûr, par le passé ; seulement rien qu’une « image«  (ou « concept« , disent en leur jargon tout d’efficacité les communiquants, pas à une falsification près) d’un passé fantasmé et à fabriquer : afin de faire illusion auprès des gogos (les touristes-clients pressés)… Ainsi « le culturel » est-il « une falsification du rapport identité/différence ».

    …
    Michel Deguy : « Il faut généraliser l’affaire sans aucune restriction !« 

    …

    Et de citer, en ses Choses de la poésie et affaire culturelle que publia Hachette en 1987, le Rapport Querrien pour Jack Lang (en 1982 : « Pour une nouvelle politique du Patrimoine« ) :

    …
    « Tout ce qui est, sans exception est patrimonialisable ;

    et reçoit une valeur ajoutée _ = bankable !.. _ en tant que phénotype expressif d’un génotype, qui est le génie du groupe humain en question« …

    …

    Bien des États ont maintenant pour ressource _ touristique ! _ unique _ de « devises« … _ le « devenir Show-Room«  _ l’expression est magnifique de justesse : vitrine d’exposition-mise en spectacle pour salle de ventes… _ de leur propre pays _ ainsi la Slovaquie ou la Tunisie, par exemple, parmi cent autres… Le pays _ lui même _ se transforme _ en toute effectivité _ en _ rien que _ exposition de lui-même.« 

    …

    Et ce sont là des « opérations gigantesques partout » :

    altérant _ systématiquement _ ce qui est

    en ce qu’il n’a jamais été…

    …

    C’est une opération de « vampirisation » _ voilà ! _ dans laquelle un « mort-vivant » _ ectoplasmique _ s’exhibe « à l’identique« , mais « tout autre« , forcément, « puisque mort » désormais !.. _ d’où le très vif succès maintenant de cette mode du fantastique des vampires, commente Michel Deguy…

    …

    Ce phénomène affecte aussi les usages de la langue , à travers la multiplication _ en expansion inflationnelle « extraordinaire » !.. _ des homonymies. Michel Deguy dit : « c’est le voile d’ignorance à la faveur duquel s’étend le culturel« …

    …

    « Le culturel, c’est le moment où les sujets essaient de ressembler _ = s’auto-cloner _ à l’image qu’on a d’eux. Tout est réductible a une image de marque _ ou la gloire du brand… Tout le monde court après une image de marque (dont il n’est pas _ lui-même : non sujet ! _ responsable). C’est la course au simulacre ; une machine de malheur« …

    …

    « On ne sait plus ce qu’on désire : on sait _ mécaniquement, par réflexe conditionné vite rodé _ ce qu’on nous dit _ par élémentaires signaux _ de désirer _ mimétiquement : Michel Deguy cite ici René Girard _ ;

    ce après quoi il faudrait qu’on courre. »

    …

    Alors, « le poème dans tout ça ?« ,

    revient Martin Rueff…

    …
    « Le poème fait exactement l’inverse du culturel » :

    …

    « il fait toujours passer une différence » _ entre le même et un (autre) même posé (joué) comme (= tel que) lui ressemblant, certes, mais affirmé et su, en même temps, en ce geste unique, comme distinct en la tension toute ludique de leur « semblance« , seulement (et pas une « identité«  ontologique ; ou ontologisée ! substantialisée…) _ ;

    là où « le culturel » revient sempiternellement à un faux même, à travers de fausses identifications illusionnées _ on ne fait qu’y « reconnaître« …

    …
    Car « si on met un « comme » dans le poème,

    le « comme » opère la différence au cœur du même.

    …

    Tout l’inverse du « culturel »…«  _ = les clichés des identités substantivées et substantialisées ; voire hypostasiées, même !..

    …

    Même si « le vampire est hyper-puissant« , « le poème résiste » !

    …

    « Le poème est une des sorties possibles du culturel _ le poème est ainsi ludiquement prototypique de la résistance !

    …

    Les poèmes opèrent _ en vérité ; et engagée ! _ contre le culturel.

    …

    L’image poétique différencie

    là où l’image culturelle identifie ! »

    …

    Merci les conférenciers Martin Rueff et Michel Deguy !

    Qui ne désespérez pas des trésors de ressources ouvertes de la langue !

    et de l’amour d’elle ! en elle ! avec elle !

    …

    Titus Curiosus, ce 18 mai 2010

  • Quant au survivre : un bel article à propos des (difficiles) errances amoureuses (et blessures) de Paul Celan

    Un bel article _ par Carlos Ortega, directeur de l’Institut Cervantes de Vienne : « Paul Celan, un moribond amoureux » _ dans l’édition de ce jour, 9 janvier 2009, de l’excellent quotidien de langue espagnole El País,

    quant au si difficile « survivre » de Paul Celan :

    …

    TRIBUNA : CARLOS ORTEGA

    …

    Paul Celan, el moribundo enamorado

    …

    El gran poeta judío que escribió en la lengua de sus verdugos consiguió escapar de la persecución nazi, pero su vida estuvo dañada por la experiencia del genocidio y por el sentimiento de culpa del que ha sobrevivid

    …

    CARLOS ORTEGA 09/01/2009

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    Del Holocausto hubo víctimas mortales y víctimas moribundas. La cifra de víctimas del exterminio de los judíos por parte del nazismo en Europa es conocida, pero la verdadera magnitud del Holocausto sólo es completamente visible si se tiene en cuenta también a los supervivientes del crimen. La tradición judía acuñó un término para referirse a ellos : sheerit, el remanente, lo que quedó _ celui qui demeure ? le « survivant » ?.. Esa carga residual tiene, en el término hebreo, un matiz de orfandad : lo que quedó, pero lo que quedó sin nada ni nadie. El núcleo de este remanente lo constituyeron los cerca de 50.000 judíos liberados de los campos de concentración dispersos por Austria y Alemania en abril y mayo de 1945.

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    A ellos habría que sumar algunos cientos de miles que antes se habían escabullido por poco de las tenazas asesinas de Hitler, pero que se vieron igualmente huérfanos, vagando por las frías estepas del Este europeo o por los sórdidos ambientes de las capitales donde se ocultaron hasta alcanzar un lugar más seguro en el mundo.

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    El poeta Paul Celan fue uno de éstos. Había escapado a las redadas que los soldados alemanes llevaron a cabo sistemáticamente durante los fines de semana de 1942 en su ciudad natal de Czernowitz, entonces en Rumania y hoy en Ucrania. Su novia, Ruth Lackner, le había conducido hasta un refugio a las afueras un día de junio en el que sus padres, que no habían querido seguirle a su escondite, hartos de la indignidad a que les forzaba la ocupación alemana, serían detenidos. Su padre moriría de tifus meses después en el campo de concentración de Transnistria, adonde habían sido deportados, y su madre lo haría un poco más tarde, asesinada de un tiro en la nuca en el mismo campo. Celan viviría ya siempre como el que quedó.

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    El destrozo de la soledad y de la pérdida, el clavo de la culpa, el desvarío por la violencia terminal y la humillación sufridas quebraron la capacidad de los supervivientes del Holocausto para vivir

    _ un point crucial ! que nous aident un peu (!) à comprendre, par exemple, « Les naufragés et les rescapés« , le livre-maître (!) de Primo Levi ; « Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas« , « Liquidation » & « Le chercheur de traces » (publié aussi dans le recueil _ magnifique ! _ du « Drapeau anglais« ) d’Imre Kertész ; et aussi « Histoire d’une vie » d’Aharon Appelfeld : tous auteurs et livres essentiels !!! _,

    igual que se quiebra un árbol, con el particular chasquido que le desgaja de su raíz principal. Muchos sucumbieron a tan extrema desgracia, y se suicidaron en los primeros años después del fin de la guerra _ ou plus tard. Celan, sin embargo, pudo durante un tiempo luchar en su interior por no ser leña seca, y se resistió a su destrucción. Él constituye un ejemplo más, añadido a los Horowitz, Shmueli, Appelfeld _ le voici… _ y tantos otros de Czernowitz

    _ sur « Czernowitz », on lira le très beau « Bruits du temps _ poèmes de Czernovitz«  (de douze auteurs juifs de langue allemande, nés entre 1898 et 1924, traduits de l’allemand et présentés par François Mathieu), aux Éditions Laurence Teper, paru en mars 2008 _

    y de otros muchísimos lugares que también sobrevivieron. Pero, aunque no es un modelo, se puede rastrear su resistencia, porque habita en sus poemas escritos en la lengua de sus verdugos, una lengua que él cuidó con delicadeza extrema como si fuera un cristal único, frágil y radiante, capaz de transparentar con fidelidad el complejo espectro de su experiencia y de su espíritu.

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    La lengua alemana era, en efecto, el instrumento que hacía posible el espesor de los estratos sentimentales y la polisemia que Celan buscaba llevar a su poesía, porque era una lengua agitada en la emoción de lo familiar y de lo extraño, un sortilegio para tener presente el mundo invariable de su madre y de sus tías, su amor incondicional, el círculo de amigas que lo admiraban, y el mundo aprendido de la poesía alemana. Celan se sentía un traidor por seguir viviendo allí donde se había extinguido lo humano, un muerto viviente _ sans doute : et l’expression donne bien à penser !.. Lire là-dessus et Primo Levi, et Imre Kertész, et Aharon Appelfeld ! _ que carecía ya de aquel amor infinito de su infancia en una espera sin límites _ l’expression de Carlos Ortega est réellement magnifique… Si el judío, como Albert Cohen _ le marseillais, auteur de « Belle du seigneur«  et du « Livre de ma mère«  _ explicó, ha buscado en el siglo XX el amor fraterno del gentil como condición _ tellement difficile, précaire, problématique… _ para no sentirse expulsado _ un mot qui fait frémir !!! _ de la humanidad _ et de la communauté des humains non-inhumains ! à l’heure de tant d’autres expulsions de tant de pauvres gens… : je suis en train de lire « L’Amour des autres _ Care, compassion et humanitarisme« , le très riche n° 32 de la revue du MAUSS, qu’ont dirigé Alain Caillé et Philippe Chanial _, la carencia de Celan agravó su sufrimiento de la existencia. Entonces él, el enamoradizo, buscó allá por donde iba ese amor infinito que le faltaba.

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    Tal vez por ello, escribir para Paul Celan fuera, como para el mismo Cohen, escribir a una mujer, seducir a una mujer. Sus poemas están llenos de un tú normalmente femenino al que se toma como interlocutor. Hay 1.400 du en la obra del poeta, y es la palabra más repetida en ella. Cada uno de esos tú no es una evocación imprecisa de una entidad eterna. En muchos casos es su propia madre, pero en otros muchos responde a mujeres con las que Celan mantuvo relaciones. En medio del odio que le había negado la existencia, Celan levantó poemas que, como ha visto Bertrand Badiou _ éditeur de la « Correspondance » entre Paul Celan et Ileana Shmueli ; et de bien des œuvres traduites en français de Paul Celan _, tienen una lectura claramente amorosa o aun erótica.

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    Detrás, pues, de ese tú se esconde la presencia de Ruth Lackner, una judía austriaca, actriz, a quien Celan dejó mecanografiada su primera colección de poemas antes de huir desde Bucarest hacia París, a través de Viena. Está ella, pero también Rosa Leibovici, a quien conoció en los últimos años en Czernowitz y que le siguió a Bucarest (1944-1947), o Ilana Shmueli, apenas una adolescente entonces, y con quien el poeta volvió a encontrarse en diversas ocasiones a partir de 1965 en París y en Jerusalén. El tú de Celan se extiende por otras latitudes y por todos sus libros. A su paso por Viena, en 1948, conoce y se enamora de la poeta Ingeborg Bachmann, hija de un maestro de Carintia miembro del partido nazi. Con Bachmann, Celan se encontrará varias veces más, sobre todo entre el otoño de 1957 y julio de 1958, recomponiendo un vínculo que unía a dos extraños a pesar de su amor

    _ sur Ingeborg Bachmann, outre son œuvre, bien sûr (!), dont son roman « Malina« , on peut lire une biographie, par Hans Höller, parue, traduite en français, aux Éditions Actes-Sud : « Ingeborg Bachmann« .

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    Cuando en 1948 llega a París, Celan frecuenta el círculo de su amigo rumano Isac Chiva, del que también participa Ariane Deluz, primera mujer de Chiva y amante de Celan entonces y en sus últimos años. Es precisamente Chiva quien presenta al poeta a la que será su futura mujer, la artista gráfica Gisèle Lestrange, e inmediatamente surge entre ambos una pasión intensa.

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    En 1952 se casan y en 1955 tienen a su hijo Éric. Celan aspiraba a crear una familia como se aspira a tener una vida plena. Amaba a su mujer y a su hijo, pero no pudo alcanzar esa aspiración. Al final de la década de 1960, hubo de separarse de ellos y vivir solo.

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    Antes, entre 1953 y 1962, Britta Eisenreich había sido su « mujer alemana« . Eisenreich está ultimando la escritura de lo que seguramente serán unos interesantes recuerdos de su relación con Celan.

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    Sin embargo, donde realmente se puede rastrear el alcance de los lazos con todas estas mujeres _ du moins pour nous autres, lecteurs, aujourd’hui _ es en la correspondencia que Celan mantuvo con ellas. Algunos de estos cruces de cartas han conocido en los últimos tiempos una publicación acompañada generalmente con notas esclarecedoras de sus editores. Magnífica por mil razones, la correspondencia con su mujer, Gisèle _ oui ! _, pone al descubierto el doloroso forcejeo entre el amor del poeta a su familia _ oui… _ y su locura, que fabricó la gasa negra en la que se asfixiaron los últimos diez años de su vida _ en effet. Lo que él mismo llamó « su enfermedad » era grave, producto de una personalidad sumamente dolorida, dañada sin remedio _ hélas _ por la experiencia del genocidio y por el sentimiento de culpa del que queda _ le « rescapé » d’entre les « naufragés » dont a parlé, en son ultime témoignage : essentiel ! Primo Levi : « Les naufragés et les rescapés« . En una anotación de 1966 del diario del filósofo Emil Cioran, se puede leer : « Anoche, en una cena, me enteré de que habían internado a Paul Celan en una casa de salud, después de que intentara degollar a su mujer. (…) Ese hombre encantador e insoportable, feroz y con accesos de dulzura, al que yo estimaba y rehuía, por miedo a herirlo, pues todo le hería » _ « herer » = « blesser »…

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    Celan había oído por fin aquel chasquido que le separaba de la existencia. Mientras pudo, se había alimentado con el amor de esas mujeres, un amor que necesitaba y buscaba, sin saciarse, también como motor para su poesía. Pero esa vitalidad de moribundo se acabó con el brutal tratamiento psiquiátrico a que fue sometido durante una década de duros internamientos clínicos con administración de psicotropos y electroshock : « Había muchas fuerzas reunidas en mí _ no sólo las de la poesía _, que eran una sola fuerza, una sola. Han querido quitármelas _ tal vez porque eran demasiado grandes _ ; mi fuerza era tan grande que no han podido dejármela. Me defendí durante mucho tiempo, pero cuanto más decidido y concentrado llevaba ese combate, más dura se hacía la caída« , le escribió en una carta de 1969 a Ilana Shmueli. Cuatro meses más tarde, el moribundo enamorado se arrojó al río Sena.

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    Carlos Ortega, escritor, traductor y editor, es director del Instituto Cervantes de Viena. Su último libro publicado es « La perfecta alegría« (Pre-Textos).

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    Un bel article, qui nous invite à (re-)lire d’abord Paul Celan :

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    ce qui demeure de sa poésie :

    « La Rose de personne« , « Renverse du souffle« , « Grille de parole« , etc… ;

    et sa correspondance aussi…

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    Titus Curiosus, le 9 janvier 2009