Étiquette : Prague

  • Le Brahms idéal de John Eliot Gardiner avec l’orchestre rayonnant de vie maîtrisée du Concertgebouw : transparence et fulgurance, cristal de feu…

    Après une intégrale des Symphonies de Brahms sur instruments anciens avec son Orchestre Révolutionnaire et Romantique, pour Philips en 2007,

    John Eliot Gardiner – né le 20 avril 1943 – a choisi l’Orchestre du Concergebouw – d’Amsterdam : les enregistrements ont eu lieu en septembre 2021, mai 2022 et janvier 2023 – pour une seconde intégrale, de resplandissante vie et maturité, des quatre Symphonies de Johannes Brahms, combinant sereinement fulgurance et transparence, pour un triple CD Deutsche Grammophon 486 3529 « Johannes Brahms – Complete Symphonies – Royal Concertgebouw Orchestra – John Eliot Gardiner« …

    …

    …

    Voici l’excellente présentation qu’en a donné Jean-Charles Hoffelé en son article « Retour à Brahms » du 14 juin dernier :

    …

    …

    RETOUR À BRAHMS

    …

    …

    Dans sa brève note d’intention, Sir John Eliot Gardiner loue la flexibilité – voilà – des musiciens du Concertgebouw. On l’entend à l’œuvre. Le fini des phrasés, le nuancier, la précision des rythmes, jusqu’à cette agogique qui efface les barres de mesure, disent assez que les Néerlandais se fondent dans le geste – souple et clair – du chef anglais.

    …

    …

    Dix-huit ans après l’atelier à ciel ouvert – avec instruments anciens – de son parcours Brahms avec l’Orchestre Révolutionnaire et Romantique, Gardiner ne revient pas ici pour doublonner. La rencontre tient de la pure magie – oui ! – , transparence et fulgurance – voilà ! « Fuego y cristal« , dit lui-même, citant Borges, John Eliot Gardiner à la page 5 du livret – , pure beauté des timbres -oui, oui – , et ce drive qui dès la timbale preste qui ouvre le cycle, indiquent qu’ici on ne traînera pas, même pour la pastorale de la Deuxième dont l’énergie du Finale rappelle – rien moins ! – le geste de Karel Ančerl à Prague.

    …

    …

    L’allégement de l’ensemble ne vise pas à amincir l’univers Brahms, il lui infuse une lumière qui irradie – de l’intérieur – les polyphonies – la Quatrième est simplement fabuleuse – et expose toute la modernité, l’élan vers de nouveaux mondes sonores que Schönberg sut y débusquer. Pourtant les audaces de cette nouvelle syntaxe sont comme guipées dans une gangue de classicisme – absolument – ; l’absence de pathos – ouf ! – suffirait à l’expliquer si en sus les rythmes inextinguibles n’invitaient parfois une sève quasi bohémienne. L’ombre de Dvořák peut-être, qui ferait le second sujet idéal – mais oui ! – de cet alliage parfait, d’autant que la discographie du chef anglais reste de ce côté-ci plutôt courte.

    …

    …

    LE DISQUE DU JOUR

    …

    …

    Johannes Brahms
    (1833-1897)

    …

    …
    Symphonie No. 1 en ut mineur, Op. 68
    Symphonie No. 2 en ré majeur, Op. 73
    Symphonie No. 3 en fa majeur, Op. 90
    Symphonie No. 4 en mi mineur, Op. 98

    …

    …

    Royal Concertgebouw Orchestra
    Sir John Eliot Gardiner, direction

    …

    …

    Un album de 3 CD du label Deutsche Grammophon 4863519
    …

    …

    Photo à la une : le chef d’orchestre Sir John Eliot Gardiner –
    Photo : © Hans van der Woe

    …

    …

    Quelle vie et quelle sérénité à la fois !

    …

    C’est un pur bonheur de musique !

    …

    Nous aimons Brahms…

    …

    …

    Ce jeudi 19 juin 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La splendide et délicate tendresse Muffat par Bernard Foccroulle sur les Grandes Orgues 1710 de la Chapelle Royale de Versailles…

    Georg Muffat (Megève, 1er juin 1653 – Passau, 24 février 1704) est un compositeur délicieux, à la jointure magnifique des goûts français – Lully, rencontré à Paris… – , italiens – Frescobaldi, Pasquini, Corelli : les deux derniers rencontrés  Rome… – et allemands…

    …

    …

    Et voici que Bernard Foccroulle vient de nous proposer un choix assez copieux de 8 des 12 Toccate de l’ »Apparatus Musico- Organisticus » que le compositeur megevan a publiées en ce recueil, en 1690

    – ma discothèque personnelle bénéficie déjà de l’intégrale de ces 12 « Partite » en un superbe double CD Ars Musici AM 1108-2 « Georg Muffat – Apparatus Musico-Organisticus 1690″, par le merveilleux Michael Radulescu, sur l’Orgue Sieber de la Michaelkirche de Vienne, enregistré su 25 au 28 mai 1997…  – ,

    en y joignant la « Sonata a violino solo » publiée à Prague en 1677, et conservée en un trés précieux exemplaire en la bibliothèque du palais épiscopal de Kromeriz, interprétée ici par le concours du splendide violon de Marie Rouquié,

    en un très beau CD Château de Versailles CVS 131 – enregistré aux Grandes Orgues 1719 de la Chapelle Royale de Versailles du 22 au 24 octobre 2023…

    …

    …

    Toute la tendresse de l’art délicat, subtil et solaire – et si français ! – de Georg Muffat – un compositeur merveilleux que j’adore ! – nous y est magnifiquement donnée…

    …

    …

    Ce lundi 7 avril 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’immense Karel Ančerl dirigeant l’immense David Oistrakh et l’immense Mstislav Rostropovich avec l’Orchestre Symphonique de la Radio de Prague dans deux Concertos d’Antonin Dvořák : à vénérer !

    Me procurant le coffret Supraphon 4349-2 de 7 CDs « Karel Ancerl – Live Recordings – Concertos« ,

    je choisis d’en aborder l’écoute par le CD n°5 consacré à deux sublimes Concertos d’Antonín Dvořák (1841 – 1904) :

    …

    l’Opus 53 pour violon, avec l’immense David Oistrakh – enregistré live au Festival International de Printemps de Musique de Prague, le 27 mai 1950 –,

    et l’Opus 104 pour violoncelle, avec l’immense Mstislav Rostropovich – enregistré live au Festival International de Printemps de Musique de Prague, le 4 juin 1952…

    …

    Sous la sublime direction de l’immense Karel Ančerl (Tučapy, 11 avril 1908 – Toronto, 3 juillet 1973).

    …

    …

    Deux réalisations musicales tout simplement sublimes !

    …

    Quelle musique !

    Quel chef ! Quels solistes ! Quel Orchestre !

    Quel cadeau pour l’éternité !

    …

    …

    Et quel coffret Supraphon !!!

    …

    …

    Voilà qui, particulièrement en ces temps bien moroses, fait un immense bien à écouter…

    …

    Et j’aime tant Prague…

    …

    …

    Ce lundi 31 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • En témoignage de reconnaissance à diverses personnes qui m’ont fait confiance, ou les suites fécondes, en forme d’œuvres, de bien belles rencontres…

    En témoignage de reconnaissance émue à diverses personnes qui m’ont fait confiance,
    voici 2 remarquables courriels de l’ami Eric Rouyer (en date des 22 février et 6 mars derniers), en réponse à 2 envois d’articles de mon blog « En cherchant bien » :
    …
    …

    _ d’abord celui-ci, en date du 22 février 2025 :

    …
    Cher Francis
     
    Je lis toujours vos envois avec attention, mais j’ai appris à m’en méfier ! Pour la raison qu’il faut leur consacrer toute l’attention qu’ils méritent et pour cela je dois m’assurer au préalable d’avoir pris la précaution d’une disponibilité d’environ 30 minutes.
     
    Merci pour votre juvénile enthousiasme qui fait paraitre de nombreuses personnalités de la musique fanées et inutiles.

    Sincères pensées
    Eric 
    …
    …
    Le mercredi 12 février 2025 à 06:03:08 UTC+1, Francis Lippa <francis.lippa> a écrit :
    …
    …
    A propos du partage ouvert du goût de la musique (et de la curiosité),
    et de la vraie culture, 
    …
    et au pénible et symptômatique moment où disparaissent ces fort utiles véhicules de transmission et partage de culture authentique que sont les magazines Classica, Pianiste et L’Avant-Scène-OpéraJean
    (cf l’articledu Blog de Jean-Pierre Rousseau « La messe est dite » : https://jeanpierrerousseaublog.com/2025/02/08/la-messe-est-dite/ du 8 février dernier…),
    …
    ces modestes petites réflexions-ci :
    en forme de simple exemple,
    sur mon très discret confidentiel blog « En cherchant bien »…
    …
    …
    Francis,
    passeur passionné,
    nageur à contre-courant du mainstream
    …
    …
    _ et puis celui-là, très bref, mais avec une expression cruciale, et qui me touche beaucoup : « simplicité imprégnante », en date du 6 mars suivant :
    …
    …
    …
    …
     
    Et aussi, en forme de post-scriptum, ce jour,
    cette petite réflexion-ci :
    …
    …
    chaque fois – autrement dit pas souvent : je déteste quémander (et dépendre)… – que ma candidature ou proposition de participation (à quelque chose) a été refusée,
    ma réaction, dénuée de la moindre amertume (et ressentiment), a été chaque fois de plaindre bien sincèrement et très innocemment ceux qui se privaient ainsi, stupidement, de mon concours : c’étaient eux, et pas moi, les perdants !..
    …
    C’est dire là à la fois ma modestie et ma suffisance !
    …
    …
     
    Et si j’ai à jamais chevillé au corps un « juvénile enthousiasme », pour reprendre la très juste expression d’Eric Rouyer,
    et adore m’enthousiasmer (et admirer, et même très sincèrement porter parfois au pinacle…) avec une « simplicité imprégnante »,
    …
    en revanche, je suis extrêmement exigeant en matière de goût,
    tant des œuvres (et des interprétations) que des personnes (mais oui !),
    même si je n’aime pas perdre le moindre temps (infiniment précieux : la vie défile, les années passent…) à m’épancher sur mes détestations – ce serait dangereusement contagieux… Et il vaut cent milliards de fois mieux la perfusion-infusion-diffusion et partage rayonnnants et contagieux des joies… Là-dessus, je suis absolument spinoziste…
    …
    …
    Et de fait il se trouve que si, prudent (ou lâche), j’ai très rarement candidaté à quoi que ce soit, sinon à des concours de recrutement de la fonction publique ;
    …
    presque toujours,
    étant dépourvu de la moindre ambition et visibilité sociales (la plupart des reconnaissances se faisant hélas pour de très mauvaises raisons, parasites aux vraies qualités vraies des personnes…),
    je me suis trouvé, à quelques rares occasions seulement, répondre favorablement à ces quelques uns qui ont osé solliciter ma collaboration :
    …
    j’aime, en effet, et cela par tradition familiale (ma mère, mon grand-père…), simplement gentiment, et avec total désintéressement, rendre service.
    …
    …
    Et je déteste bien sûr la servilité – mon indépendance-liberté m’est sacrée, à la Montaigne, mon voisin d’enfance…
    …
    Autant que le machiavélisme (que Machiavel le premier, dans « Le Prince », dénonçait !) – un minimum de vraie culture philosophique (et pas journalistique ! ou sciences-po-esque…) fait aussi très grand bien pour la hauteur et justesse de vue !
    …
    …
    Et si je m’amuse à essayer d’un peu lister ceux qui m’ont un jour proposé une collaboration – qui s’est par la suite avérée très féconde, et jouissive ! –,
    voici les noms de quelques uns – et j’en oublie forcément ici quelques autres… – de ceux auxquels va toute ma gratitude reconnaissante :
    …
    …
    Fernand Bentosela, mon proviseur remarquablement intelligent au Lycée Nord-Bassin d’Andernos, pour la création de mon premier atelier de pratique artistique, sur le Baroque, qui, grâce à Francis Ribemont, le dynamique et inventif conservateur du Musée des Beaux-Arts de Bordeaux, me mènera, avec mes élèves de l’atelier, dix jours pleins chaque fois, le temps de bien déambuler par les rues et nous imprégner vraiment des vraies curiosités (autrement qu’en touristes superficiels ! – mais c’est là un pléonasme : c’est seulement à sa troisième année de son séjour à Rome que Goethe a pu enfin pénétrer un peu la vérité de la ville de Rome et des Romains… –), à Rome en 1992, et à Prague en 1993 et 94 – ces deux capitales baroques si incroyablement riches… – : ce furent des séjours proprement magiques ! avec, déjà, de vraies rencontres d’artistes – tel l’écrivain pragois Vaclav Jamek, rencontré les deux années…
    …
    …
    Hugo Reyne, pour la Simphonie du Marais, dont je serai un très actif et créatif « conseiller artistique » pour divers disques – surtout le magique « Portrait musical de Jean de La Fontaine« … –, la décennie des années 90 ; ainsi que récitant lors de magnifiquement stimulants concerts : la première fois, impressionnante, dans le grand salon de la mairie de Lyon, pour un beau programme Lully…
    …
    …
    Jean-Paul Combet, pour les splendides disques Alpha, dont j’accompagnerai très activement la création du merveilleux label, en 1999, et participerai de diverses façons à l’aventure inventive fabuleuse, sous la direction de Jean-Paul, la décennie suivante…
    …
    …
    Corinne Crabos, lectrice-libraire très fine et très sensible, qui me fera créer pour la librairie Mollat, en juillet 2008, mon très cher blog « En cherchant bien »…
    …
    …
    Georgie Durosoir, pour le miraculeux colloque « Lucien Durosoir » au Palazzetto Bru-Zane à Venise (en février 2011), auquel j’ai donné 2 contributions, ainsi que toutes ses extraordinaires suites, qui continuent…
    …
    …
    Et maintenant Guy Lalanne pour l’excellent Jakintza (et Ravel) à Ciboure, après 6 années de travail mien sur la Correspondance de Ravel – rassemblée par l’ami Manuel Cornejo –, depuis 2019, sur ce que j’ai nommé, en les articles de mon blog, « les cousinages cibouro-luziens » de Maurice Ravel…
    …
    …
    Sans oublier Céline Spector, sous la présidence de laquelle j’ai accepté de devenir, un peu plus visiblement que jusqu’alors – je déteste les m’as-tu-vu ! narcissiques – , « vice-président » de notre belle « Société de Philosophie de Bordeaux », dont j’étais jusque là un très fidèle et actif membre du bureau : c’est ainsi sur mon initiative personnelle qu’a été passé le contrat qui se poursuit encore aujourd’hui entre notre Société de Philosophie de Bordeaux et la librairie Mollat, pour que se tiennent dans les beaux salons de la librairie nos conférences (podcastées, puis vidéocastées) ;
    car depuis pas mal d’années déjà j’étais un assez fréquent modérateur d’entretiens, pas encore enregistrés alors, avec des auteurs que je proposais à la librairie Mollat d’inviter !..
    …
    …
     
    Voilà, pour cette petite modeste mise au point de reconnaissances à célébrer…
    …
    …
    Ce vendredi 28 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa