Étiquette : précision

  • Reprise (avec ajouts) de l’article « Dates de naissance et de décès de la « chère Tante Gachuch » de Maurice Ravel » : les avancées d’une recherche

    À des fins d’amélioration de la lisibilité,

    et, plus encore, de complétude _ eu égard à la suite de mes recherches (et découvertes !) _,

    …

    je viens de procéder à une ré-écriture de mon article du 21 septembre 2019

    …

    en mettant en évidence aussi les fruits ultérieurs de ma recherche.

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    Dates de naissance et de décès de la « chère Tante Gachuch » de Maurice Ravel

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    — Ecrit le samedi 21 septembre 2019 dans la rubrique “Histoire, Musiques”.
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    Pour faire un point sur mes nouvelles découvertes aux archives d’état-civil de Ciboure et Saint-Jean-de Luz vendredi 20 septembre,

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    ceci,

    soit un courriel adressé à Manuel Cornejo :

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    mon séjour hier à Saint-Jean-de Luz et Ciboure m’a permis de passer _ avec profit ! _ un peu de temps aux archives municipales de ces deux cités _ procéder à partir des données documentaires (même sérieuses) du web comporte des limites : elles demeurent lacunaires. Et la recherche est infinie.
    …
    …
    Voici pour commencer _ d’autres documents bien intéressants aussi suivront ! _ de quoi rectifier les erreurs (de paresse de recherche) d’un bon auteur,
    à propos de Gachucha Billac, la « chère grand-tante » maternelle de Maurice Ravel
    (demi-sœur de sa grand-mère Sabine Delouart, née, elle aussi à Ciboure, le 11 mars 1809 _ de Marie Delouart et d’un père demeuré inconnu _),
    cet acte de décès (n° 76) d’ »Engrâce Billac, décédée le 17 décembre, rue Gambetta, 41, (83 ans), célibataire« ,
    en date du 17 juin 1902, à onze heures du matin :
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    L’an 1902, et le dix-sept décembre à onze heures du matin,
    Par devant nous Dominique Larrea, maire, Officier de l’État Civil de la ville de Saint-Jean-de-Luz, département des Basses-Pyrénées, sont comparus en notre Mairie, Charles Gaudin, capitaine au long cours, âgé de vingt-sept ans, et Pierre Gaudin, employé, âgé de vingt-quatre ans, domiciliés en cette ville, voisins _ sic _ de la défunte,
    lesquels nous ont déclaré que ce jour, à quatre heures du matin, Engrâce Billac, domestique, célibataire, âgée de quatre-vingt-trois ans, née à Ciboure
    _ en réalité, c’est à l’âge de 78 ans, et non 83, que Gratieuse (et non Engrâce) Billac, née le 15 mai 1824 à Ciboure, décède à Saint-Jean-de-Luz le 17 décembre 1902 ; Gratieuse Billac ne doit pas être confondue avec sa sœur Engrâce, qui, née des mêmes parents Marie-Baptiste Delouart et Jacques Billac, à Ciboure, le 2 juin 1819, serait décédée, ce 17 décembre 1902, à l’âge de 83 ans, …seulement si c’était bien d’elle qu’il s’était agi ici ! ; mais, en réalité, cette petite Engrâce Billac est décédée, à Ciboure, à l’âge d’un jour, le 3 juin 1819 ! La confusion d’âge de la défunte qui marque le témoignage de Charles et Pierre Gaudin, a donc quelque chose d’un peu étrange ; de même que la substitution du prénom, Gratieuse, par Engrâce, même si ce sont là deux manières de signifier le même prénom, dont le dimininutif est Gachucha, ou Gachuch… _,
    domiciliée en cette ville, fille de feu Jacques Billac _ âgé de 52 ans à la naissance de Gratieuse, marin : Jacques Billac est né à Ciboure le 5 septembre 1772 ; et il est décédé à Ciboure le 11 mars 1839 _ et de feue Marie Delouart, son épouse _ 41 ans, à la naissance de Gratieuse, poissarde : Marie Delouart est née à Ciboure le 29 juin 1782 ; et elle est décédée à Ciboure le 28 août 1855 _,
    est décédée à la rue Gambetta, numéro quarante et un,
    ainsi que nous nous en sommes assuré, et ont les déclarants
    signé avec nous le présent Acte de Décès après qu’il leur en a été fait lecture.
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    …
    Ont donc déclaré à la mairie de Saint-Jean-de-Luz le décès de Gachucha Billac
    Charles Gaudin, capitaine au long cours, âgé de 27 ans _ né le 19 novembre 1875, à Saint-Jean-de-Luz, Grand’Rue n° 41 _,
    et Pierre Gaudin, employé, âgé de 24 ans _ né le 7 février 1878, à Saint-Jean-de-Luz, Grand’Rue n° 41 _, 
    « voisins de la défunte » _ et beaucoup plus que cela : Gratieuse-Gachucha avait pris la place la plus active à leur éducation quotidienne. Les enfants de la maisonnée Gaudin (Charles et Pierre étant les deux aînés) du 41 rue Gambetta, tenaient donc beaucoup, beaucoup à elle…
    …
    …
    Suivront deux photos _ de simple confirmation des faits déjà reconnus ; cf mon article du 15 juillet dernier : … _ de l’acte de naissance (à Ciboure, le 15 mai 1824) de Gracieuse Billac.
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    C’est la confusion _ d’où a-t-elle bien pu surgir ? Qu’est ce qui a donc pu la susciter ?.. _ par ce bon auteur de cette « Tante Gachuch » Billac avec la « Tante Bibi » des Bibal
    qui a entraîné vos affectations à Gachoucha Billac, aux pages 764, 1250 et 1646 de votre magnifique Correspondance,
    de ce qui revenait en réalité à Bernardine Bibal (née à Saint-Jean-de-Luz le 22 août 1855 ; je n’ai _ hélas _ pas pensé à rechercher aux archives municipales de Saint-Jean le document établissant la date de son décès ! _ ce que j’ai fait un mois plus tard, le 25 octobre suivant : Bernadine Bibal, célibataire, est décédée à Saint-Jean-de-Luz en son domicile, 5 Place Maréchal Foch, le 28 février 1943, à l’âge de 86 ans _)…
    …
    …
    Un simple calcul d’âge, et, d’abord, une vérification des dates de naissance et de décès de ces deux personnes, Grâcieuse Billac et Bernardine Bibal,
    auraient permis d’éviter cette ridicule confusion _ que j’ai déjà relevée ; mais maintenant je dispose de la date effective (et significative de tout ce qui nous manque (!) en fait de documents de la présence de Maurice Ravel à Saint-Jean-de-Luz et Ciboure avant 1901) du décès de Gachucha, le 17 décembre 1902 _ ; développée hélas dans le livre de cet auteur un peu trop négligent sur ses sources (et leur vérification)…

    Compiler ne dispense pas de chercher aussi vraiment un peu et de penser toujours à vérifier (ou rectifier)…
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    Ce serait plus sérieux pour un travail aspirant à faire référence scientifique !
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    Précisions en forme de commentaire :
    …
    La première de ces 2 mentions par Maurice Ravel de Gachucha Billac, en une lettre à Jane Gaudin, en date du 16 octobre 1902 _ page 82 : « Donnez-moi bientôt de vos nouvelles, ma chère Jane, et en attendant, mes souvenirs affectueux à tous (comprenez dans ce tous la famille de votre tante _ Dorotea Uburuzqueta-Bibal (veuve de Pascal Bibal, frère de la grand-mère de Jane, Annette Bibal-Gaudin), ainsi que ses 6 enfants François-Ignace, Marie, Elise, Grégoire, Jeanne et Joseph Bibal… _ et les Hiriart _ la famille de Magdeleine Hiriart-Gaudin, l’épouse du frère aîné de Jane, Charles Gaudin : en l’occurrence, sa sœur Marie Hiriart, et ses parents Dominique Hiriart et Marie Dimatz _ ) sans oublier Mme Bibal _ Victoire Dupous-Bibal, qui décèdera le 16 juin 1903 _ et ma chère tante Gachuch« … _, date de 2 mois et 1 jour avant le décès de Grâcieuse Billac, le 17 décembre 1902.

    Jusqu’ici, nulle mention de ce décès _ et de ce qu’a pu en ressentir Maurice Ravel : mais tant de lettres ont disparu ! ou nous échappent !.. _ n’a été retrouvée dans la Correspondance conservée de Maurice Ravel
    _ Madame Lenoir m’a répété hier qu’en un accès de rage une personne de sa parenté a (ou aurait) détruit (est-ce possible ???) toutes les lettres de Ravel que cette personne, qui en avait la détention après héritage) avait conservées en sa possession… Quelle terrible (et si absurde !) perte pour la connaissance !
    …

    La seconde _ et dernière _ de ces deux mentions du nom de Gachucha Billac dans la Correspondance conservée et connue jusqu’ici de Maurice Ravel 
    est très postérieure à ce décès _ du 17 décembre 1902 _, puisqu’elle se trouve dans une lettre adressée à Marie Gaudin, en date du 20 septembre 1916 _ pages 537-538 _ :
    …
    son occasion est une dysenterie survenue à Saint-Dizier provoquée par des melons,
    ces melons qu’affectionnait tout particulièrement la chère tante Gachucha : « J’ai voulu réaliser le vœu de ma pauvre tante Gachucha, qui souhaitait mourir d’une indigestion de melon. Je m’en suis fourré pendant trois jours avec accompagnement de tomates crues, le tout additionné d’eau contaminée. Me voici depuis 5 jours couché dans ma chambre, avec la perspective d’être transporté à l’hôpital « …
    Maurice s’est alors souvenu avec émotion de sa grand-tante et de son goût immodéré des melons…
    …
    …
    Les élucubrations d’E. sur les « 64 ans » (« Gachoucha resta ensuite au service de ce couple Gaudin pendant soixante-quatre ans« , lit-on page 30 du livre d’E.) _ d’où peut donc sortir un tel nombre de 64 ? La référence n’en est bien sûr pas donnée… _ que Gachucha aurait passés au service des Gaudin (Annette Bibal _ née le 28 avril 1845, Grand’Rue n°21, à Saint-Jean-de -Luz  _ et Edmond Gaudin _ né le 17 novembre 1844, Rue Neuve n° 38, à Saint-Jean-de-Luz _ se sont mariés le 27 janvier 1875
    _ et si avant ce mariage Bibal-Gaudin de 1875, cela avait été au service des parents d’Annette Bibal (soient Pierre Bibal, né le 5 septembre 1806, rue Saint-Jacques n° 24, à Saint-Jean-de-Luz ; et son épouse Victoire Dupous, née le 9 juin 1822, rue Saint-Jean, n°4, à Saint-Jean-de-Luz) qui s’étaient mariés, eux, le 26 avril 1843, à Saint-Jean-de-Luz), et pas des Gaudin… que Gachucha Billac aurait pu être domestique, à Saint-Jean-de-Luz _)
    manquent du plus élémentaire bon sens : 1875 + 64 = 1939 ! _ et 1843 + 64 = 1907 ; ce n’est toujours pas cohérent…
    …
    Gachucha Billac, née à Ciboure le 15 mai 1824, aurait atteint en 1939 l’âge beaucoup plus que canonique de 115 ans…
    Alors que Bernardine Bibal, née à Saint-Jean-de-Luz le 22 août 1855, était de 31 ans plus jeune que Gachucha Billac
    _ pour rappel, cf mon article du 1er juin dernier :  ; et celui du 12 juillet : … C’est pas à pas que l’enquête progresse.
    …
    Enfin, si l’on retranche 64 ans (de situation de domestique) des 83 ans de vie de Gachucha Billac (1902 – 64 = 1838),
    il se trouve que le résultat de 1838
    implique que la cibourienne Gachucha Billac aurait été domestique dès l’âge de 14 ans, en 1838,
    des luziens Gaudin-Bibal (mariés à Saint-Jean-de-Luz le 27 janvier 1875) _ de janvier 1875 à décembre 1902, cela ne fait que 28 ans _ ;
    ou, plus tôt, des luziens Bibal-Dupous (mariés le 26 avril 1843) _ d’avril 1843 à décembre 1902 (la patronne Victoire Dupous-Bibal, survivant de 7 mois à sa domestique Gachucha Billac, décèdera le 16 juin 1903), cela ne fait encore que 59 ans de domesticité de Gachucha au service de cette même famille des Dupous-Bibal-Gaudin du 41 rue Gambetta : le compte des 64 ans n’y est toujours pas ! _ ;
    et même, plus en amont encore, des luziens Dupous-Benoît _ les parents de Victoire Dupous (9 juin 1822 – 16 juin 1903), soient Baptiste Dupous (Béhobie, 26 juin 1800 – Saint-Jean-de-Luz, Grand’Rue n° 41, 11 avril 1865) et Françoise Benoît (Saint-Jean-de-Luz, 2 octobre 1786 – Saint-Jean-de-Luz, Grand’Rue n° 20, 13 septembre 1855) _, qui se sont mariés, eux, le 17 septembre 1821, à Saint-Jean-de-Luz !
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    Afin de se repérer un peu dans l’histoire de la numérotation des maisons de la rue Gambetta, à Saint-Jean-de-Luz,
    …
    Ma recherche portant principalement sur les variations de numérotation de la maison des Dupous-Bibal-Gaudin, entre le 7 février 1843 (jour de la naissance, dans cette maison,au 21 Grand’Rue, de Jean-Baptiste Bibal, l’aîné des 9 enfants de Pierre Bibal et Victoire Dupous) et août 1924, quand Annette Bibal-Gaudin, devenue veuve de son mari Edmond Gaudin _ décédé le 28 décembre 1920 _, vend la trop grande désormais maison du 41 rue Gambetta, et part installer sa devenue restreinte famille luzienne _ réduite, en plus d’elle-même (elle a 79 ans), à sa sœur célibataire (âgée de 69 ans) Bernardine Bibal (dite « Tante Bibi« ), sa fille célibataire (âgée de 45 ans) Marie Gaudin (la grande amie de Maurice Ravel), et sa petite-fille, la petite (âgée de 10 ans) Annie Courteault, fille de Jane Gaudin et Henri Courteault ; laquelle Annie Courteault vit avec elles trois, Annette, sa grand-mère, Bernardine, sa grand-tante, et Marie, sa tante, à Saint-Jean-de-Luz, où Annie suit sa scolarité, alors que les parents de celle-ci, Jane et Henri Courteault, et son frère Pierre (il a alors 14 ans en août 1924) demeurent à Paris, où Henri Courteault est conservateur, chef du service administratif des Archives nationales (il en sera nommé Directeur en 1929) _ à la Villa Mirentxu, dans la proche rue du Midi…
    Et il faut noter aussi que ce fut le 14 février 1883 que la Grand’Rue de Saint-Jean-de-Luz devint Rue Gambetta… 
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    La recherche, comme la publication, exigent un inlassable profond souci de la justesse
    et un très grand sérieux !
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    Suivront d’autres précisions documentées : cette fois sur les Hiriart de la rue Gambetta…
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    Ce samedi 21 septembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Ce dimanche 6 septembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Pour un exemple-modèle de critique musicale : le lumineux travail de Maciej Chizynski

    Maintes fois j’ai eu l’occasion de me référer à d’excellents articles _ précis et détaillés _ de critique musicale

    de Maciej Chyzinski,

    en ses chroniques de Res Musica.

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    …

    Par exemple hier même, en mon article  ,

    dans lequel je citais un extrait de son article du 21 juin 2019 sur le site ResMusica, intitulé Le legs Philips d’Eduardo del Pueyo enfin disponible .

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    …

    Or, il se trouve que ce jour, dimanche 16 février 2020,

    Res Musica publie un admirable _ très détaillé _ article de ce même Maciej Chyzinski

    intitulé L’art de Vladimir Sofronitsky selon Scribendum

    (on peut cliquer) ;

    …

    qui lui-même renvoie à un précédent article,

    du 11 novembre 2019,

    intitulé Maria Grinberg, une héroïne (presque) inconnue du piano (on peut cliquer aussi) ;

    consacré, lui aussi, à une interprète pianiste virtuose russe…

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    …

    Je ne connais pas personnellement Maciej Chyzinski,

    mais j’ai appris à admirer la _ très éclairante et délicate _ précision détaillée de ses articles.

    …

    …

    Bien sûr, il est toujours possible de ne pas partager telle ou telle appréciation de détail

    à propos de telle ou telle interprétation discographique,

    ou de concert ;

    …

    mais on ne peut s’empêcher d’admirer la qualité très grande de l’attention

    de l’auditeur et analyste qu’il est,

    qu’il porte aux œuvres et interprétations.

    …

    …

    Je veux le souligner, car nous manquons cruellement de médiations culturelles un peu fiables,

    c’est-à-dire de qualité,

    capables d’éclairer, orienter, et alimenter vraiment _ de manière totalement désintéressée _ 

    notre curiosité musicale.

    …

    Merci !
    …
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    Ce dimanche 16 février 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Froberger, ou la musique même, par le Duo Coloquintes : Alice Julien-Laferrière, violon, et Mathilde Vialle, viole de gambe _ un pur enchantement

    Au sommet de la musicalité,

    Johann Jacob Froberger (Stuttgart, 1616 – Héricourt, 1667).

    …

    …

    Johann-Jacob Froberger est un sublime claviériste

    _ à l’égal, mais en un tout autre genre, bien sûr, d’un Domenico Scarlatti !

    …

    …

    Dans ce CD intitulé Froberger en tête à tête _ le CD Son An Ero 06, enregistré à Morlaix en juin 2015 _,

    le Duo Coloquintes,

    constitué de la violoniste Alice Julien-Laferrière et de la gambiste Mathilde Vialle

    _ merveilleuses de poésie ! _,

    …

    nous offre une interprétation miraculeuse de poésie, précision et finesse

    d’œuvres interprétées ici en duo _ violon et viole de gambe, sans basse continue _ de Froberger (6)

    et quelques contemporains _ ainsi que quelques pièces (4) demeurées anonymes _,

    tels que Johann Christoff Zieglern (2), Matthias Kelz, Carl Bruegel, Christoph Bernhardt et Johann Jacob Walther.

    …

    Cette interprétation et cette musique sont un enchantement absolu :

    admirez-ici cette vidéo (de 9′ 48) extraite d’un concert enregistré en public au studio 106 de la Maison de la radio, le 17 octobre 2016.

    …

    …

    Qui y résisterait ?

    …
    …

    Ce lundi 8 juillet 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ecouter Jean Fournet (et François-Xavier Roth) dans le Prélude à l’après-midi d’un faune, de Claude Debussy, à partir de Stéphane Mallarmé

    Pour évaluer avec assez grande justesse

    la présente interprétation _ si heureuse ! Quelle splendeur !

    et enregistrée par Harmonia Mundi à laPhilharmonie de Paris en janvier 2018_

    par Les Siècles et François-Xavier Roth

    du Prélude à l’après-midi d’un faune

    de Claude Debussy (1862 – 1918)

    …

    _ la première de l’œuvre eut lieu le 22 décembre 1894 à la Société nationale de musique _

    …

    dans le merveilleux CD/DVD Harmonia Mundi HMM 905291

    qui vient tout juste de paraître

    …

    _ cf mon article du vendredi 11 janvier dernier :

    … _,

    …

    vient nous fournir un excellent criterium de comparaison

    une bien reconnue version de référence :

    …

    celle de Jean Fournet

    _ élégant, précis et sans esbroufe _,

    avec le magnifique Concertgebouworkest d’Amsterdam,

    …

    enregistrée par Decca au mois de juin 1959,

    …

    et telle que nous la propose le CD Decca Eloquence 482 4959.

    …

    …

    Il faut bien reconnaître que l’œuvre de Debussy

    est idéalement servie

    dans ces deux interprétations,

    toutes deux d’exception !

    …

    Jean Fournet

    est paisible et tendrement lumineux ;

    …

    et François-Xavier Roth

    d’une précision de poésie renversante et envoûtante.

    …

    …

    Et voici le poème de Stéphane Mallarmé :

    …

    …

    LE FAVNE

    Ces nymphes, je les veux perpétuer.

    Si clair,
    Leur incarnat léger, qu’il voltige dans l’air
    Assoupi de sommeils touffus.

    Aimai-je un rêve ?

    Mon doute, amas de nuit ancienne, s’achève
    En maint rameau subtil, qui, demeuré les vrais
    Bois mêmes, prouve, hélas ! que bien seul je m’offrais
    Pour triomphe la faute idéale de roses.

    Réfléchissons..

    ou si les femmes dont tu gloses
    Figurent un souhait de tes sens fabuleux !
    Faune, l’illusion s’échappe des yeux bleus
    Et froids, comme une source en pleurs, de la plus chaste :
    Mais, l’autre tout soupirs, dis-tu qu’elle contraste
    Comme brise du jour chaude dans ta toison !
    Que non ! par l’immobile et lasse pâmoison
    Suffoquant de chaleurs le matin frais s’il lutte,
    Ne murmure point d’eau que ne verse ma flûte
    Au bosquet arrosé d’accords ; et le seul vent
    Hors des deux tuyaux prompt à s’exhaler avant
    Qu’il disperse le son dans une pluie aride,
    C’est, à l’horizon pas remué d’une ride,
    Le visible et serein souffle artificiel
    De l’inspiration, qui regagne le ciel.

    Ô bords siciliens d’un calme marécage
    Qu’à l’envi des soleils ma vanité saccage,

    Tacite sous les fleurs d’étincelles, contez
    » Que je coupais ici les creux roseaux domptés
    » Par le talent ; quand, sur l’or glauque de lointaines
    » Verdures dédiant leur vigne à des fontaines,
    » Ondoie une blancheur animale au repos :
    » Et qu’au prélude lent où naissent les pipeaux,
    » Ce vol de cygnes, non ! de naïades se sauve
    » Ou plonge.. »

    Inerte, tout brûle dans l’heure fauve
    Sans marquer par quel art ensemble détala
    Trop d’hymen souhaité de qui cherche le la :
    Alors m’éveillerai-je à la ferveur première,
    Droit et seul, sous un flot antique de lumière,
    Lys ! et l’un de vous tous pour l’ingénuité.

    Autre que ce doux rien par leur lèvre ébruité,
    Le baiser, qui tout bas des perfides assure,
    Mon sein, vierge de preuve, atteste une morsure
    Mystérieuse, due à quelque auguste dent ;

    Mais, bast ! arcane tel élut pour confident
    Le jonc vaste et jumeau dont sous l’azur on joue :
    Qui, détournant à soi le trouble de la joue
    Rêve, dans un solo long, que nous amusions
    La beauté d’alentour par des confusions
    Fausses entre elle-même et notre chant crédule ;
    Et de faire aussi haut que l’amour se module
    Évanouir du songe ordinaire de dos
    Ou de flanc pur suivis avec mes regards clos,
    Une sonore, vaine et monotone ligne.

    Tâche donc, instrument des fuites, ô maligne
    Syrinx, de refleurir aux lacs où tu m’attends !
    Moi, de ma rumeur fier, je vais parler longtemps
    Des déesses ; et, par d’idolâtres peintures,
    À leur ombre enlever encore des ceintures :
    Ainsi, quand des raisins j’ai sucé la clarté,
    Pour bannir un regret par ma feinte écarté,

    Rieur, j’élève au ciel d’été la grappe vide
    Et, soufflant dans ses peaux lumineuses, avide
    D’ivresse, jusqu’au soir je regarde au travers.

    Ô nymphes, regonflons des souvenirs divers.
    » Mon œil, trouant les joncs, dardait chaque encolure
    » Immortelle, qui noie en l’onde sa brûlure
    » Avec un cri de rage au ciel de la forêt ;
    » Et le splendide bain de cheveux disparaît
    » Dans les clartés et les frissons, ô pierreries !
    » J’accours ; quand, à mes pieds, s’entrejoignent (meurtries
    » De la langueur goûtée à ce mal d’être deux)
    » Des dormeuses parmi leurs seuls bras hasardeux ;
    » Je les ravis, sans les désenlacer, et vole
    » À ce massif, haï par l’ombrage frivole,
    » De roses tarissant tout parfum au soleil,
    » Où notre ébat au jour consumé soit pareil.
    Je t’adore, courroux des vierges, ô délice
    Farouche du sacré fardeau nu qui se glisse

    Pour fuir ma lèvre en feu buvant, comme un éclair
    Tressaille ! la frayeur secrète de la chair :
    Des pieds de l’inhumaine au cœur de la timide
    Que délaisse à la fois une innocence, humide
    De larmes folles ou de moins tristes vapeurs.
    » Mon crime, c’est d’avoir, gai de vaincre ces peurs
    » Traîtresses, divisé la touffe échevelée
    » De baisers que les dieux gardaient si bien mêlée ;
    » Car, à peine j’allais cacher un rire ardent
    » Sous les replis heureux d’une seule (gardant
    » Par un doigt simple, afin que sa candeur de plume
    » Se teignît à l’émoi de sa sœur qui s’allume,
    » La petite, naïve et ne rougissant pas :)
    » Que de mes bras, défaits par de vagues trépas,
    » Cette proie, à jamais ingrate, se délivre
    » Sans pitié du sanglot dont j’étais encore ivre.

    Tant pis ! vers le bonheur d’autres m’entraîneront

    Par leur tresse nouée aux cornes de mon front :
    Tu sais, ma passion, que, pourpre et déjà mûre,
    Chaque grenade éclate et d’abeilles murmure ;
    Et notre sang, épris de qui le va saisir,
    Coule pour tout l’essaim éternel du désir.
    À l’heure où ce bois d’or et de cendres se teinte
    Une fête s’exalte en la feuillée éteinte :
    Etna ! c’est parmi toi visité de Vénus
    Sur ta lave posant ses talons ingénus,
    Quand tonne un somme triste ou s’épuise la flamme.
    Je tiens la reine !

    Ô sûr châtiment..

    Non, mais l’âme

    De paroles vacante et ce corps alourdi
    Tard succombent au fier silence de midi :
    Sans plus il faut dormir en l’oubli du blasphème,

    Sur le sable altéré gisant et comme j’aime
    Ouvrir ma bouche à l’astre efficace des vins !

    Couple, adieu ; je vais voir l’ombre que tu devins.

    …

    …

    Ce lundi 14 janvier 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa