Étiquette : Purcell

  • Sur l’Isis de Lully, par Christophe Rousset et ses Talens lyriques

    Pour continuer mon article d’hier

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    voici le commentaire,

    sur son blog Discophilia, et en date du 15 novembre dernier,

    de Jean-Charles Hoffelé,

    intitulé Isis,

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    à propos du double CD Aparté AP 216

    consacré par Christophe Rousset et ses Talens lyriques

    à la tragédie en musique Isis, de Lully et Quinault,

    donnée pour la première fois à Saint-Germain-en-Laye, devant la Cour, le 5 janvier 1677 :

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    ISIS

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    J’espérais qu’au long de son cycle Lully, Christophe Rousset et ses Talens Lyriques ne tarderaient plus trop à nous révéler Isis, perle de l’ensemble dont la présentation le 5 janvier 1677 provoqua l’admiration du Roi comme des mélomanes, sans pourtant lui assurer les faveurs durables de la Cour : on le nomma l’opéra des musiciens _ oui _ tant Lully y avait raffiné sa langue en variant encore les canons de la Tragédie Lyrique, préférant nommer la nouvelle venue « Tragédie en musique ».

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    Sur quoi s’ensuivirent l’été suivant, peu avant la reprise à l’Opéra de Paris _ c’est-à-dire à l’Académie Royale de Musique _, les gloses des courtisans qui virent dans Io/Isis Marie-Elisabeth de Ludres, nouvelle passion _ éphémère _ du Roi et Madame de Montespan en Junon, comme le rapporte Madame de Sévigné dans une lettre célèbre _ plusieurs, durant tout l’été 1677… Ces rumeurs aboutirent à la disgrâce de Quinault, privant Lully de son poète et le livrant à la plume si différente de Thomas Corneille _ pour Psyché, en 1678 (le 19 avril, à Saint-Germain-en-Laye) et Bellérophon, en 1679 (le 31 janvier, à l’Académie Royale de musique). Quinault revint en grâce pour Proserpine (le 3 février 1680, à Saint-Germain-en-Laye) .

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    Isis est de bout en bout une merveille _ oui _, d’une inspiration égale _ peut-être _ à celle d’Atys et culmine dans un cinquième acte magique _ oui _ où paraît le fameux chœur des trembleurs _ oui _ qui aura inspiré _ en effet _ Purcell pour le « Cold Song » du King Arthur _ en 1691.

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    Avec quel aplomb Bénédicte Tauran campe les humeurs de Junon, avec quelle grâce Eve-Maud Hubeaux incarne Io/Isis parant son chant de couleurs si variées ; et comment ne pas admirer le grand caractère qu’Edwin Crossley-Mercer met à son Apollon ? Mais tous sont parfaits, Cyril Auvity jusque dans sa Furie, Aimery Lefèvre en Hierax, Ambroisine Bré en Iris ; Christophe Rousset les entraîne dans le théâtre subtil – où l’humour n’est pas rare – de cette Isis tant espérée _ au disque _, enfin incarnée _ oui…
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    LE DISQUE DU JOUR

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    Jean-Baptiste Lully
    (1632-1687)
    Isis, LWV 54

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    Bénédicte Tauran, soprano (La Renommée, Melpomène, Mycène, Junon)
    Ève-Maud Hubeaux, mezzo-soprano (Thalie, Isis, Io)
    Ambroisine Bré, mezzo-soprano (Calliope, Iris, Syrinx, Hébé, Premier Parque)
    Cyril Auvity, ténor (Apollon, Premier Triton, Pirante, La Furie (Erinnis), La Famine, L’Inondation, Deuxième Parque, Premier berger)
    Fabien Hyon, ténor (Second Triton, Mercure, Second berger, Premier Conducteur de Chalybes, Les Maladies languissantes)
    Philippe Estèphe, baryton (Neptune, Argus, Troisième Parque, La Guerre, L’Incendie, Les Maladies violentes)
    Edwin Crossley-Mercer, baryton (Jupiter, Pan)
    Aimery Lefèvre, baryton (Hiérax, Deuxième Conducteur de Chalybes)
    Julie Calbète, soprano (Première Nymphe)
    Julie Vercauteren, soprano (Seconde Nymphe)

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    Chœur de Chambre de Namur
    Les Talens Lyriques
    Christophe Rousset, direction

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    Un album de 2 CD du label Aparté AP216
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    Photo à la une : le chef d’orchestre et claveciniste Christophe Rousset – Photo : © DR

     

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    Ce jeudi 21 novembre 2019, Titus Curiosus

  • Un lumineux programme de cantates de la famille Bach, par Vox Luminis et Lionel Meunier

    Des deux précédents CDs de Vox Luminis et Lionel Meunier,

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    un CD Bach (le Magnificat) et Haendel (le Dixit Dominus)

    m’avait déçu _ pas assez lumineux ! _ ;

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    et un CD Purcell _ le charme de Purcell était absent _

    m’avait déplu.

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    Ce jour,

    le CD Ricercar Bach Kantaten _ le CD RIC 401 _ de divers membres de la famille Bach

    _ en amont de Johann-Sebastian : au XVIIe siècle, et pas au XVIIIe… _ :

    Heinrich (1615 – 1692) ;

    Johann-Christoph (1642 – 1703) ;

    Johann-Michael (1648 – 1694) ;

    avec aussi la cantate BWV 4 de Johann-Sebastian (1685 – 1750), Christ lag in Todesbanden,

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    m’enchante

    profondément !

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    La réussite, profonde, grave, est entière.

    Bravo !!!

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    Ce jeudi 20 juin 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Je préfère un Haendel plus exubérant (et italien)…

    Pour une fois,

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    je ne partage pas trop l’avis

    de Jean-Charles Hoffelé ;

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    à propos de sa chronique de ce jour

    Cecilia

    sur son blog d’Artalinna

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    à propos de l’interprétation

    que donnent John Butt et son Dunedin Cosort

    _ soit le CD Linn Records CKD 578  _

    de l’Ode à Sainte-Cécile de Haendel :

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    pas assez exubérante _ ou italienne, jubilatoire ! _ à mon goût !

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    Voici donc cette chronique :

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    Cecilia

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    CECILIA

    La discographie de l’Ode à Sainte-Cécile où Haendel rend un hommage à peine masqué _ en effet _ au génie de Purcell ; avait-elle besoin d’une nouvelle version ? Même si John Butt ne dispose pas d’une soprano aussi radieuse que Teresa Stich-Randall, Felicity Lott ou Lucy Crowe – Carolyn Sampson y récidive ici, en petite voix hélas (hélas oui ! ) – la réponse est oui _ mais pas pour moi..

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    L’élégance un peu inquiète de l’Ouverture introduit une atmosphère différente, ce sera une vraie ode, lyrique, poétique, et non la célébration solaire _ voilà ! _ que Pinnock _ très heureusement, à mon goût _ proclamait. Le pari était osé, mais comment ne pas entendre que John Butt retrouve les lumières ambigües qu’y peignait Nikolaus Harnoncourt ? _ tiens donc…

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    Même fatigué, Ian Bostridge _ que j’adore _ atteint à une vraie émotion, mais pour l’entendre, il faut oublier les perfections d’Anthony Rolfe Johnson et de Richard Croft, ce ne sera pas en vain.

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    Un chœur ardent et nombreux serait-il l’autre atout de cette lecture plus tendre que festive ? Peut-être, et prenant d’ailleurs à rebours les habitudes du temps. De plage en plage, il y aura beaucoup à glaner dans cette version qui s’éloigne du théâtre _ ce théâtre qu’aime tant Haendel ! _ et à mesure gagne en spiritualité _ mais Haendel n’est pas Bach… L’ajout du Concerto grosso Op. 6 No. 4 lui fait un postlude teinté d’une certaine mélancolie.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Georg Friedrich Haendel(1685-1759)
    Ode for St. Cecilia’s Day, HWV 76
    Concerto grosso, Op. 6 No. 4

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    Carolyn Sampson, soprano
    Ian Bostridge, ténor
    Chœur de la Radio Polonaise
    Dunedin Consort

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    John Butt, direction

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    Un album du label Linn Records CKD 578
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    Photo à la une : Le claviériste et chef d’orchestre John Butt – Photo : © DR

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    Comparer des interprétations est toujours riche de découvertes !

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    Ce vendredi 14 décembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Nouvel accord sur Reincken… et sur Clément Geoffroy…

    Le 17 octobre dernier, il y a tout juste dix jours,

    j’exprimai mon double enthousiasme

    en mon article  

    tant à l’égard d’un étonnant merveilleux compositeur incroyablement méconnu,

    Johann Adam Reincken (1643 – 1722),

    que vis-à-vis d’un très brillant jeune claveciniste, Clément Geoffroy, son interprète,

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    pour un superbe CD produit par L’Encelade,

    le CD Johann Adam Reincken : Toccatas, Partitas & Suites,

    ECL 1705.

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    Eh bien,

    voici que sur son site,

    Discophilia, les chroniques de Jean-Charles Hoffelé,

    et en date du 22 octobre dernier,

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    celui-ci,

    toujours très avisé,

    émet un commentaire assez voisin

    à propos de ce très brillant disque :

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    LE CLAVECINISTE DU TABLEAU

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    Jugez-en donc :

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    LE CLAVECINISTE DU TABLEAU

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    L’Hortus Musicus, quelques pièces de clavecin, trois pièces d’orgue, voilà tout ce que nous aura laissé durant sa longue existence (quatre-vingt-deux ans) Johann Adam Reincken, le claveciniste qui vous regarde droit dans les yeux au centre de la célèbre toile de Johannes Voorhoust que l’on peut admirer au musée de Hambourg. Buxtehude joue de la viole à ses côtés et le berce d’un regard extasié. Quelle merveille que cette allégorie de la musique ! et comme les pièces sereines et tendres, majestueuses et solaires qu’assemble Clément Geoffroy dans ce très bel album y sont bien assorties.

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    Le style français _ celui des Suites _ n’est jamais très loin dans ces musiques savantes qui ne renoncent pourtant jamais aux charmes, Reincken est un sensuel d’abord, ce que donne particulièrement à entendre le jeu vif et coloré de Clément Geoffroy qui envole le clavier du très piquant Emile Jobin d’après Ruckers, quel clavecin ! Idéal pour ces musiques où la danse le dispute aux toccatas et aux fugues.

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    D’avoir enfin tout un disque consacré à ce mince corpus que Gustav Leonhardt ou Carole Cesari n’avaient qu’effleuré permet de prendre la mesure de son importance _ oui ! _, la variété de ses affects, l’intelligence suprême de son harmonie qui fit attribuer la Toccata en la majeur à Purcell : une telle grâce dans l’éloquence pouvait prêter à confusion autant que la publication de l’œuvre dans un recueil anglais.

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    Johann Sebastian Bach savait bien l’importance de ce musicien pour les musiciens, il admirait son œuvre et avait transcrit au clavecin pour son usage domestique le Praeludium en ut majeur entre autres pièces tirées de l’Hortus Musicus.

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    Je ne peux plus quitter ces musiques brillantes et profondes, si subtilement et allégrement jouées par ce jeune claveciniste dont j’avais déjà admiré le premier album chez le même éditeur, courrez-y et commencez par la plage 14, ce Holländische Nachtigall au naturalisme délicieusement astringent.

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    LE DISQUE DU JOUR

    Johann Adam Reincken(1643-1722)
    Toccata en la majeur
    Ballett, Partite diverse
    Suite en la mineur
    Toccata en sol mineur
    Fugue en sol mineur
    Praeludium en ut majeur
    Suite en ut majeur
    Holländische Nachtigahl
    Die Meierin. Partite diverse

    Clément Geoffroy, clavecin

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    Un album du label L’Encelade ECL1705
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    Photo à la une : © DR

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    Ce jeudi 25 octobre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa