Étiquette : Raphäel Pichon

  • La merveille d’intense spiritualité incarnée authentique de la parfaite Passion selon Saint-Jean (de Johann Sebastian Bach, à Leipzig, le 14 avril 1724) par Lars-Ulrik Mortensen et son Concerto Copenhagen…

    C’est en jetant un rapide coup d’œil au rayon des CDs soldés de mon disquaire préféré que je suis tombé, presque par hasard, sur le double CD Berlin Classics 03020716 de la « St John Passion » de Johann-Sebastian Bach – enregistré à Copenhague du 6 au 10 Avril 2021 et paru le 24 février 2023 – par Lars-Ulrik Mortensen – né à Esbjerg le 9 novembre 1955  – et son Concerto Copenhagen – fondé et dirigé par lui depuis 1999 – , et avec les chanteurs, remarquables, Joanne Lunn, Alex Potter, Nicholas Mulroy et Peter Harvey, que voici à écouter ici en podcast en son entièreté de 111′ 23  :

    une merveille d’intense spiritualité incarnée, authentique, fidèle à la spiritualité profonde de Bach,

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    à cent lieues de la version opératique sur-dramatisée  -« un théâtre sacré de passions exacerbées«  avais-je résumé… – récemment donnée par Raphaël Pichon et son Ensemble Pygmalion – cf mon article « Et la « Passion selon Saint-Jean » de Jean-Sébastien Bach, en la version révisée de 1749, par l’Ensemble Pygmalion, à l’approche de Pâques : un théâtre sacré de passions exacerbées… » en date du 23 mars dernier…

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    Pourtant, bien peu d’articles de reconnaissance de cette splendide réalisation discographique de Lars-Ulrik Mortensen, parue il y a 3 ans, le 24 février 2023, sont accessibles, à ma connaissance, du moins en français… Même si la qualité de Lars-Ulrik Mortensen, tant comme claveciniste que comme chef d’orchestre baroque, est unanimement reconnue… Un fait un peu étrange… Comment la critique a-t-elle pu ainsi passer ici à côté ?..

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    Écoutez donc cette perfection d’incarnation de la spiritualité de Bach, en 1724 à Leipzig…

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    Ce dimanche 10 mai 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Stephane Degout, plus que jamais au sommet : le CD « Enfers _ Famous Opera Scenes by Jean-Philippe Rameau »

    Un nouvel article, Inferno,

    de Jean-Charles Hoffelé sur son blog Discophilia, du site Artamag,

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    m’a conduit

    à mieux écouter

    le CD Enfers _ Famous Opera Scenes by Jean-Philippe Rameau  

    de Stéphane Degout

    avec l’Ensemble Pygmalion que dirige Raphaël Pichon :

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    Soit le CD Harmonia Mundi HMM 902288.

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    J’avais été déçu par un récital Bach

    de Pygmalion et Raphaël Pichon

    à l’Auditorium de Bordeaux, le 5 février 2018 :

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    pas assez soigné

     et avec trop de coupures dans les cantates données.

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    Le CD Enfers avait donc fait les frais

    du souvenir tenace de cette mauvaise humeur mienne à l’égard de Pichon. 

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    Et alors même que sur un programme _ en partie ramélien _ assez proche,

    j’avais filmé au caméscope,

    du haut de la chaire _ baroquissime _ de Sainte-Walburge, à Bruges,

    La Simphonie du Marais, de Hugo Reyne,

    avec le baryton Thierry Félix ;

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    c’était le 7 août 1993 _ le soir même des obsèques, à Bruxelles, du roi Baudouin.

    Bruges peu à peu allait sortir du deuil qui l’anesthésiait jusque là.

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    Lors du Festival des Flandres de 1993 _ il y a déjà 26 ans.

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    J’ai sous les yeux le programme de ce concert de 1993

    que Hugo Reyne avait intitulé

    _ par un parfait hasard eu égard à la spécificité (tellement singulière !) de telles circonstances de deuil profond ! _

    « Des Ténèbres aux Lumières » !

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    Je mets ici en gras ce qui est commun

    entre le récital de Thierry Félix et La Symphonie du Marais

    et le CD de Stéphane Degout et Pygmalion :

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    _ Jean-Fery Rebel : le chaos (extrait des Éléments)

    _ Jean-Philippe Rameau : « Profonds abîmes du Ténare » (extrait du Temple de la Gloire)

    _ Ouverture de Zaïs

    _ « Monstre affreux, monstre redoutable » (extrait de Dardanus)

    _  Ouverture de Hippolyte et Aricie

    _ « Puisque Pluton est inflexible » (extrait de Hippolyte et Aricie)

    _ Ouverture de Zoroastre

    _ « Éveillez-vous ! » (extrait de Zaïs)

    _ Ouverture du Temple de la Gloire

    _ La Fête du Soleil (extraite des « Indes Galantes« ) :

    … « Soleil, on a détruit tes superbes asiles »

    … Adoration du Soleil : « Brillant Soleil ! »

    … Dévotion au Soleil : « Clair flambeau du Monde »

    Georg Frideric Händel : Ouverture des Royal Fireworks.

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    Eh bien !

    à la ré-écoute de ce CD Degout,

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    je réévalue complètement mon appréciation,

    au moins des interprétations de ce génial baryton qu’est Stéphane Dégout :

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    quelle superbe intelligence des textes,

    quel art de la diction la plus juste qui soit !

    quel timbre !

    _ mais oui ! et cest bien sûr fondamental !!! _

    et quel merveilleux art du chant !

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    Tout tremble ici !!!

    en ces Enfers…

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    Voici, maintenant, l’article Inferno de Jean-Charles Hoffelé :

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    INFERNO

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    Sujet, le Ténare, objet la métaphore de la tragédie lyrique entre Rameau et Gluck, ses gains et surtout ses pertes. On ne voit guère ces dernières tant le baryton noir _ voilà _, l’ardeur vocale _ oui _, l’intensité lyrique et dramatique _ oui _, la splendeur des mots _ tout cela est parfaitement cerné ici ! _ qu’y déploie Stéphane Degout dessine des personnages qui semblent _ voilà : quelle extraordinaire puissance de présence ! _ émaner du disque comme jaillis _ oui _ de la scène _ même _ : cet Anténor plein de douleurs et de craintes dans l’attente du monstre, cet Oreste parricide qui hurle sa conscience, se voient _ et s’imposent à nous _ autant qu’il s’entendent.

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    Ce disque quasi parfait _ mais oui _ en six stations, entre théâtre – beaucoup – et église (un peu, et moins convaincant à vrai dire _ et c’est tout à fait juste ! _), célèbre Stéphane Degout dans son répertoire de cœur _ voilà ! quel royal interprète ! _, et cet opulent drame imaginé avec Pygmalion et Raphaël Pichon, réserve quelques moments d’anthologie, comme le _ redoutablissime _ “Trio des Parques” d’Hippolyte et Aricie _ les musiciens de l’Académie royale avaient carrément refusé de le jouer lors de la première ! _ ou l’Hostias et preces tibi rebrossé _ dans la Messe de Requiem… _ de Castor et Pollux selon Reinould van Mechelen _ magnifique chanteur, lui aussi : ténor.

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    Lorsque résonne « Quelle plainte en ces lieux m’appelle », c’est Rita Gorr ! Non, Sylvie Brunet, Phèdre impérieuse, qui remet Rameau dans le ton de la Grande Tragédie, instant saisissant où Stéphane Degout, avec admiration, se sera laissé voler la vedette.

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    Album splendide _ oui _ à l’édition particulièrement soignée.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Enfers
    Scènes extraits d’opéras de :

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    Jean-Philippe Rameau(1683-1764)
    Zoroastre, RCT 62 (4 extraits)
    Dardanus, RCT 35 (1 extrait)
    Messe de Requiem sur des thèmes de “Castor et Pollux”
    (4 extraits : Requiem aeternam, Kyrie eleison, Domine Jesu Christe, Hostias et preces tibi)

    Hippolyte et Aricie, RCT 43 (5 extraits)
    Les Surprises de l’amour, RCT 58 (1 extrait : Loure)
    Les Boréades, RCT 31 (extrait : Entrée de Polymnie)

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    Jean-Féry Rebel (1666-1747)
    Les Elémens (extrait : Le Chaos)

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    Christoph Willibald von Gluck (1714-1787)
    Iphigénie en Tauride, Wq. 46 (1 extrait)
    Armide, Wq. 45 (1 extrait)
    Orphée et Eurydice, Wq. 30 (3 extraits : Sinfonie infernale, Danse des furies, Ballet des ombres heureuses)

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    Stéphane Degout, baryton
    Avec aussi :
    Emmanuelle de Negri, soprano
    Sylvie Brunet-Grupposo, mezzo-soprano
    Stanislas de Barbeyrac, tenor
    Reinould van Mechelen, ténor
    Mathias Vidal, ténor
    Thomas Dolié, baryton
    Nicolas Courjal, basse

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    Pygmalion
    Raphaël Pichon, direction

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    Un livre-CD du label harmonia mundi HMM902288
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    Photo à la une : le baryton Stéphane Degout – Photo : © Julien Benhamou

     

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    Ce samedi 9 mars 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un trop beau concert ? Le Bach/Des Profondeurs de Pygmalion/Raphaël Pichon à l’Auditorium de L’Opéra National de Bordeaux…

    Hier soir, 5 février, à L’Auditorium de l’Opéra de Bordeaux, à 20 heures,

    un concert intitulé « Bach/Des profondeurs« , par l’Ensemble Pygmalion dirigé par Raphaël Pichon, avec au _ superbe _ programme, les 6 _ merveilleuses _ œuvres suivantes :

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    de Nicolaus Bruhn (1665-1687), le De Profundis clamavi,

    de Johann Sebastian Bach (1685-1750), la cantate BWV 131 Aus der Tiefen rufe ich, Herr, zu dir,

    de Franz Tunder (1614-1667), Ach, Herr, lass deine Lieben Engelrein,

    de Johann Sebastian Bach, la cantate BWV 106 Gottes Zeit ist die allerbeste Zeit (dite Actus tragicus),

    de Dietrich Buxtehude (1637-1707), Klag-lied, BuxWv 76

    et de de Johann Sebastian Bach, la cantate BWV 4 Christ lag in Todesbanden.

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    Pour ma part, ce concert a comblé mes désirs d’allégresse, tout particulièrement les trois grandes cantates de Jean-Sébastien Bach _ interprétées ici un peu comme du Telemann le plus joyeux… Et il m’a même semblé retrouver les émotions éprouvées aux premiers concerts de musique baroque auxquels j’assistais, à partir de décembre 1984, au Temple du Hâ, dans ce même répertoire.

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    Cependant, j’ai entendus des avis plus critiques quant aux choix d’interprétation de Raphaël Pichon : trop hédoniste ! pas assez d’émotion religieuse. Raphaël Pichon n’est pas Gustav Leonhardt !!!

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    Un autre avis _ que je ne partage pas non plus _ trouvait le son des instruments trop sec, et l’émotion des textes pas assez présente de la part de certains des chanteurs ;

    de même que les œuvres données apparaissaient « saucissonnées » _ ce n’était pas non plus mon impression ; ni le résultat de ma comparaison entre la durée approximative du concert (près de 120′) et le chiffrage cumulé des interprétations de ces 6 œuvres au disque… _, en mettant un peu trop uniment l’accent sur les « Alleluia« …

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    Tout au plus,

    puis-je peut-être regretter que ne soient pas marquées _ voire très brièvement commentées par le chef _ les transitions entre les œuvres : celles de Bruhns, de Tunder, de Buxtehude, à côté de celles de Jean-Sébastien Bach… Le chef est demeuré constamment muet.

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    Un seul bis.

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    Nous sommes décidément bien difficiles dans nos réceptions-appréciations de concerts…

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    Ce mardi 6 février 2018, Titus curiosus – Francis Lippa