Étiquette : rayonnement

  • Réception hier du très émouvant « La Femme sans visage », recueil de contributions d’amis qu’elle a profondément marqués par son exceptionnelle humanité, à un hommage vibrant à Simone Gipouloux (1914 – 2024), rayonnante en son sourire libre et généreux…

    Pour marquer ma réception très émue hier 6 juillet du très émouvant « La Femme sans visage« , recueil de contributions d’amis que Simone Gipouloux (Toulon, 25 mars 1914 – Talence, 14 février 2014) a profondément marqués par son exceptionnelle humanité, qu’a réunis Monique Bauer – qui n’a pas connu, elle, Simone, mais a été très fort touchée par les témoignages qu’elle a reçus de diverses personnes concernant l’exceptionnelle rayonnante humanité de Simone… – , et que celle-ci m’a adressé,

    voici ce modeste témoignage de ma part à ce superbe et très simple – avec les purs mots du cœur – vibrant hommage rendu par ce petit livre à Simone Gipouloux, si exceptionnellement rayonnante en sa foncière modestie et humour…

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    D’abord, voici ce tout frais petit courriel de remerciement-réception à Monique Bauer, adressé hier à 17h 07 :

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    C’est avec beaucoup d’émotion que je découvre à l’instant le recueil de très beaux et si justes témoignages – de Chantal Cambronne, Josiane Blasquez, Pascale Dewambrechies, Serge Labégorre, Catherine Cessac, Francis Lippa, Janine Molina, Brigitte Lopez ; c’est moi (qui suis né à Libourne le 12 décembre 1947 et fut élève au lycée de Libourne de 1957 à 1964) qui vous ai fait connaitre les liens de Simone Gipouloux avec Serge Labégorre (Talence, 15 décembre 1931 – Bordeaux, 16 avril 2026), libournais, ami proche de Simone et peintre important, qu’elle a soutenu (un imposant très grand tableau de Serge Labégorre figurait déjà, en 1964, en la salle de séjour de Simone à Libourne, comme, ensuite, en sa maison du 99 avenue Georges Clémenceau à Talence…)  ; et avec Catherine Cessac, qui a été son élève à l’automne 1968, et est devenue une musicologue importante, faisant autorité sur Marc-Antoine Charpentier…  – que vous avez réunis dans ce « La Femme sans visage – A la recherche de la Fille de Mai que je n’ai pas connue, Simone Gipouloux », et que vous venez très gentiment de m’adresser.

     

    Me frappe bien sûr – même si cela ne m’étonne pas du tout ! – la très belle concordance de ces divers témoignages, tous très émus et tous très reconnaissants (de ce que la fréquentation de Simone Gipouloux a pu nous apporter, à chacun, de si précieux pour une vie vraiment « humaine » ), concernant Simone Gipouloux, mon professeur de philosophie, l’année de Terminale, au Lycée de Libourne, l’année scolaire 1963 – 1964, et amie depuis, sur sa vraiment extraordinaire « humanité ».
     
    Mais me dérange aussi, un peu, le titre que vous, qui ne l’avez jamais rencontrée – mais avez entendu si chaleureusement parler d’elle, et de son rayonnement si profond… – , avez choisi de donner à ce recueil : « La Femme sans visage – A la recherche de la Fille de Mai que je n’ai pas connue, Simone Gipouloux » – et cela à partir de votre découverte personnelle de l’existence, et surtout des paroles de Simone Gipouloux présentes dans les deux éditions successives, aux Éditions du Bord de l’Eau, en 2004, puis 2018, de « Filles de mai – 68 mon Mai à moi – Mémoires de femmes« , avec une préface de Michelle Perrot… – , car pour la plupart des témoignants-là de ce recueil, Simone Gipouloux n’était certes ni « sans visage », ni « sans voix », si prégnants et marquants, ce visage et cette voix siens ; et nous continuons donc, chacun d’entre nous, tous, maintenant qu’elle n’est plus physiquement là, depuis le 14 février 2014, à la voir et à la regarder, et à l’entendre et à l’écouter, à converser encore avec elle, en continuant à quelques moments de nos vies singulières, de poursuivre, avec jubilation et humour, notre merveilleuse conversation avec elle…
     
    Quant à la « Fille de Mai », Simone Gipouloux l’était encore moins pour moi, qui la connaissais auparavant, dès 1963, et ne l’ai pas connue en mai 1968, ni les années proches qui ont suivi ; ni ne l’ai jamais considérée comme – ni réduite à – une « Fille de Mai » – ce qu’elle a été et demeure évidemment pour vous, à partir d’abord de vos lectures, puis de vos rencontres témoignant d’elle…
     
    Mais je comprends, bien sûr, que ce que vous, Monique Bauer, pouvez avoir entendu de très marquant d’elle, en sa pourtant foncière et fondamentale humilité, ait pu vous mettre ainsi en pareille recherche-quête d’elle, de sa parole vivante, et même de son visage…
     
    Merci beaucoup, donc, de ce beau recueil de témoignages sur l’ « humanité  » souriante et, à ce degré rare-là, rayonnante – et exemplaire, même si c’est sans le moins du monde l’avoir jamais recherché… – , de Simone Gipouloux. 
     
    Francis Lippa,
    vice-président de la Société de Philosophie de Bordeaux,
    élève de Simone Gipouloux en classe terminale de Philosophie au lycée de Libourne l’année scolaire 1963-64,
    devenu professeur de philosophie en lycée, 42 années durant, à son exemple,
    et ami fidèle depuis…

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    Ensuite et surtout ces deux contributions de témoignage personnel de ma part, et à la demande de Monique Bauer en quête du visage et de la voix de Simone Gipouloux – pour elle « Fille de Mai 1968« … – , en date du 20 juillet 2020 pour le premier, et du 11 décembre 2025, pour le second :

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    Simone Gipouloux fut d’abord pour moi ma prof de Philo,
    et probablement la personne dont la rencontre a orienté le plus ma vie ;
    puisque ce que j’ai ardemment désiré, et réalisé, c’est devenir à mon tour, pour d’autres, le modeste maître de philosopher qu’elle a été pour moi.
     
    Ce n’est pas la philosophie que j’admirais, ni devenir philosophe ce à quoi j’aspirais,
    mais bien assumer, comme elle, cette position de montrer comment vivre (et vivre bien)
    nécessite – de chacun et de tous, quel qu’il soit… – cet effort de penser aussi justement qu’on le peut, 
    au plus quotidien du quotidien, avec très grande humilité et une bonne dose d’humour !
     
    À la façon d’Héraclite se moquant de ses admirateurs – surpris ! – le surprenant chez lui, à Éphèse, en train – lui, le philosophe tellement admiré – de faire la cuisine ;
    et leur disant, lui dit « l’Obscur » : « Les dieux sont aussi dans le foyer ».
    Mais oui, c’est bien là qu’ils sont le plus – les dieux…
     
    Ou à la façon des maîtres zen chinois ou japonais, au plus quotidien du quotidien, eux aussi…
     
    Je suis revenu voir Simone Gipouloux à Talence, d’abord rue du Château, une ou deux fois, l’année qui a suivi le bac,
    puisqu’elle avait quitté Libourne, et moi le lycée ;
    puis, dans les années 80 – j’enseignais deux ans de suite au lycée Alfred Kastler, tout proche – , en sa petite maison avec jardin du 99 avenue Georges Clemenceau :
    elle préparait un peu de thé, et nous bavardions un moment, toujours passionnant, avec de la musique dans la pièce ;
    puis ensuite, devenue quasiment aveugle, dans sa chambre de la maison de retraite rue du Lycée,
    où je la surprenais en train d’écouter France-Musique ou France-Culture ; et nous parlions aussi de ses enfants.

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    Et puis, en date du 11 décembre 2025,

    en réponse à une demande de complément de témoignage de ma part, émanant de Monique Bauer :

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    Simone Gipouloux était rayonnante d’humanité, toujours souriante et accueillante, toujours positive,
    sans jamais la moindre ironie acerbe ou plaintive.
    Ni vanité.
    D’une parfaite modestie et humilité – en son humour inexorablement souriant.
     
    Comme je me représente Montaigne, notre voisin gascon à la formidable conversation.
     
    Et elle a marqué ma vie : j’ai voulu être professeur de philosophie en classe de Terminale à son image d’ouverture formidablement lumineuse et généreuse.
    Une personne rare, et même exceptionnelle.
    Un exemple – d’évidence toute simple mais très forte – de chemin existentiel sûr et heureux.
     
    Et sa figure très amicale demeure très présente en ma pensée.
    Elle m’accompagne régulièrement de sa chaleureuse rayonnante humanité…
     
    Et elle adorait aussi – comme je l’aime, et au quotidien… – la musique.

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    Voilà, très simplement,

    pour donner à partager un peu une modeste trace du rayonnement tellement bienfaisant et jubilatoire, avec son sourire et son humour, de la si chère Simone Gipouloux…

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    Ce mardi 7 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Que 2026 soit une année mozartienne ! Que nous accompagne et que se multiplie à l’envi une joie pure telle que celle que vient nous donner la « Sinfonia concertante » KV 364 de Mozart comme viennent de nous l’offrir à un tel degré de jubilation Julien Chauvin, le Concert de la loge et l’altiste Amihai Grosz en le si beau CD Alpha 996…

    Que 2026 soit une année mozartienne !

    Que nous accompagne et que se multiplie à l’envi une joie pure telle que celle que vient nous donner la somptueuse rayonnante « Sinfonia concertante » KV 364 de Mozart comme viennent de nous l’offrir, et à un tel degré de jubilation, Julien Chauvin, le Concert de la Loge et l’altiste Amihai Grosz – quel somptueux altiste ! – , en le si beau CD Alpha 996 – enregistré en avril 2023 à l’Auditorium du Louvre, et en octobre 2023 à la Cité de la Musique et de la Danse à Soissons…

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    Mozart, interprété comme ici, fait si grand bien !!! Quelle lumière !!!

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    Et admirez ici, au passage, ce qu’offre cette superbe vidéo (de 2′ 05) de ces superbes interprètes…

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    Et comme pour adouber mon enthousiasme à l’écoute en boucle de ce magique CD Alpha 996, est venue s’ajouter la lecture hier 31 décembre 2025, sur le site Discophilia, du justissime article de Jean-Charles Hoffelé, intitulé « Théâtre d’orchestre« ,

    que voici, comme à l’appui de mon émoi envers ce magique CD :

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    THÉÂTRE D’ORCHESTRE

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    Si – merveilleusement ! – vive – enchanteresse ! – cette Ouverture de Così fan tutte ! Julien Chauvin en fait virevolter les sentiments avec une pointe d’humour qui précipite les cordes, fait persifler les bois, comme j’aurais aimé entendre la suite – c’est-à-dire l’opéra tout entier : absolument, moi aussi ! – , un jour peut-être, car ce Mozart si alerte – de tout ce CD, oui, oui ! –  est bien celui des opéras – absolument !, j’adhère ! – , ce que la Symphonie concertante, lancée comme une sérénade de plein air – cette musique si quintessentiellement mozartienne ! : qu’on se rapporte à ce chef d’œuvre absolu de bonheur de plein air qu’est la Gran Partita KV. 361 : écoutez ceci ! – affirmera aussi – avec un bonheur fou…

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    La beauté des timbres réunis du violon de Julien Chauvin et de l’alto – merveilleux! – d’Amihai Grosz fait de vrais duos lyriques, émotion à fleur d’archet qui culminera dans un Andante éperdu – oui, oui – , pas entendu porté par une tel degré d’espressivo – voilà ! – depuis les versions de Joseph et Lillian Fuchs.

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    Impétueuse – elle aussi… – , prise large sans renoncer aux apports d’une interprétation historiquement informée, la 39e Symphonie retrouve pourtant le ton majestueux des grands aînés, Klemperer, Krips : le paradoxe vaut d’être souligné, preuve que Julien Chauvin aura apporté à la trilogie finale, qui se boucle ici – cf l’article de Jean-Charles Hoffelé « Cour et jardin » en date du 2 février 2023, consacré aux 2 précédents CDs mozartiens de Julien Chauvin et le Concert de la Loge, les CDs Alpha 776 et Alpha 875 – , un éclairage inédit – et magnifique ! à joindre aux somptueux (de vie, eux aussi !) CDs de Maxim Emelyanychev et Il Pomo d’Oro pour Aparté : à ce jour les CDs AP 307, AP 328 et AP 349 : de pures merveilles !!!  – dans le sérail des « baroqueux ».

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    J’espère bien – et moi aussi… – qu’Alpha Classics le fera poursuivre chez Mozart.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Wolfgang Amadeus Mozart(1756-1791)
    Così fan tutte, KV 588 –
    Ouverture

    Sinfonia concertante pour
    violon, alto et orchestre en mi bémol majeur, K. 364/320d

    Symphonie No. 39 en
    mi bémol majeur, K. 543

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    Julien Chauvin, violon, direction musicale
    Amihai Grosz, alto
    Le Concert de la Loge, direction

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    Un album du label Alpha Classics 996

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    Photo à la une : le violoniste Julien Chauvin – Photo : © Franck Juery

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    Oui, que la joie mozartienne ainsi partagée aux CDs nous accompagne tout le long de cette année 2026 qui débute musicalement si jubilatoirement ainsi…

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    Ce jeudi 1er janvier 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le sublimissime magique CD Szymanowski n°39 du somptueux coffret « David Oistrakh – The Warner remastered edition » : le son fabuleux de l’interprétation d’un compositeur lui-même essentiel : Karol Szymanowski (1882 – 1937), par ce violoniste d’exception qu’est David Oïstrakh (1908 – 1974)…

    Au sein du somptueux coffret Warner « David Oistrakh – The Warner remastered edition – The Complete Columbia & HMV Recordings – Premières, Rarities & Live Performances » de 58 CDs et 3 DVDs,

    par quel CD débuter son écoute ?

    Dilemme de l’embarras du choix…

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    Par affinité personnelle essentielle avec le compositeur Karol Szymanowski (Tymochivka, 6 octobre 1882 – Lausanne, 29 mars 1937), pour commencer ma découverte du violon magique de David Oïstrakh (Odessa, 30 septembre 1908 – Amsterdam, 24 octobre 1874) que vient nous offrir ce richissime et indispensable coffret Warner,

    mon choix s’est donc porté sur le CD n° 39 « Szymanowski« ,

    consacré à la « Sonate pour violon » Op. 9 (avec le piano de Vladimir Yampolsky) _ enregistré live en 1956 _, les « Mythes » Op. 30 (avec le piano de Vladimir Yampolsky) _ enregistré live à Moscou le 27 janvier 1956 _, « Nocturne et Tarentelle » Op. 28 (avec le piano de Frida Bauer) _ enregisté live le 20 février 1964 _, et le « Concerto pour violon n°1« , Op. 35 (avec l’Orchstre Philharmonique National de Varsovie placé sous la direction de Karol Stryja) _ enregistré live le 24 novembre 1961 _ de Karol Szymanowski.

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    Et ce CD n°39 est proprement fabuleux ! La pioche, magnifique, est rien moins que merveilleuse.

    Car en ces œuvres d’une déjà confondante beauté de Szymanowski, la magie idiosyncrasique du violon de David Oïstrakh est tout simplement la perfection même…

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    Et sur la merveille de ce richissime coffret Warner David Oïstrakh,

    voici aussi les appréciations un peu détaillées et très judicieuses de Jean-Charles Hoffelé en son article « Le Roi David » en date du 24 novembre dernier sur son site Discophilia,

    et de Patrice Lieberman en son article « Le Violon souverain de David Oïstrakh » en date du 6 décembre suivant sur le site du magazine belge Crescendo.

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    LE ROI DAVID

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    On n’y prendrait pas garde, mais la Russie mise au banc des nations civilisées par le génocide qu’elle commet en Ukraine, finira par faire disparaitre de la mémoire des jeunes mélomanes des artistes légendaires. Qui sait encore dans les moins de trente ans quel violoncelliste fut Daniil Shafran, qui parmi eux peut mettre un son sur le violon de Leonid Kogan ? Youtube s’en charge encore, mais avant bientôt quantité de musiciens de l’ère soviétique ne seront plus même des noms.

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    David Oïstrakh lui-même risquerait cette oblitération, ces disques consentis aux labels du monde libre ne sont pas si nombreux, une pincée pour Deutsche Grammophon, une autre pour la CBS, bien plus heureusement pour His Master’s Voice, mais pour un archet aussi rayonnant _ oui _ le legs est relativement mince : 28 CD réédités ici en reprenant les pochettes originales des microsillons en attestent, dérisoire si l’on songe au legs discographique de Yehudi Menuhin.

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    Ces gravures que l’on croît connaitre, réservent des surprises : la grande Suite de Taneïev sous la baguette stylée de Nikolai Malko célèbre une partition magnifique et la rencontre de deux Russies, le chef étant un pur produit de l’école impériale de direction d’orchestre. Le Premier Trio de Schubert rappelle, avec éloquence, qu’Oïstrakh était un fou de musique de chambre _ et c’est là bien évidemment capital. Les premières gravures suédoises avec Sixten Ehrling, Concertos de Beethoven et de Sibelius capturent la sonorité d’Oïstrakh dans sa pleine gloire. La Symphonie espagnole avec ses cinq mouvements célèbre l’alliance parfaite de cet archet classique avec la direction lumineuse de Jean Martinon. Tant d’exemples seraient à citer – le Concerto de Brahms deux fois, impossible de trancher entre Klemperer et Szell, Oistrakh y est royal, madeleine personnelle, le Premier Concerto de Chostakovitch dirigé par Maxim, le fils du compositeur – si l’apport décisif de cette édition historique n’était d’abord ailleurs.

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    Bruno Monsaingeon, « curator » de l’entreprise, a ouvert la boîte de pandore des archives russes, et glané un trésor _ voilà ! David Oïstrakh sous tous ses visages, et parfois les moins connus. Le virtuose sans esbrouffe rejoignant Kreisler par la pureté du style _ oui ! _ pour un plein disque des œuvres de ce dernier, le chambriste omniprésent, et d’abord pour un ensemble Schumann transcendant, Trios, Sonate, Quatuor (avec le piano de Goldenweiser) et même la Fantaisie dans l’orchestration de la mouture de Kreisler signée Feigin, mais aussi pour trois disques en quatuor ; le divulgateur qui n’hésitait pas à donner les concertos avec leur accompagnement de piano devant des publics éloignés de toute formation symphonique (même celui de Sibelius !), deux pleins CDs d’enregistrements de jeunesse avec la surprise d’un émouvant Concert de Chausson capté en 1939, supérieur à celui que l’on connaissait déjà, tout un récital de 1960. Impossible de tout détailler, mais impossible aussi de ne pas souligner qu’on y gagne un _ absolument magique ! _ album Szymanowski où seule la Sonate est doublonnée face à la gravure de studio, mais ce Premier Concerto à Varsovie avec Karol Stryja, quelle célébration panthéiste ! _ oui.

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    Le livret est une mine, les 3 DVD mettent un visage sur ce miracle sonore, le film de Bruno Monsaingeon capturant l’homme et son art : David Oïstrakh est enfin sauvé _ voilà : la transmission, elle aussi, est bien sûr capitale ! _ pour la génération qui vient.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    David Oïstrakh (The Warner Remastered Edition)
    The Complete Columbia Recordings
    Premières, Rarities & Live Performances

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    Œuvres de Ludwig van Beethoven, César Franck, Karol Szymanowski, Jean Sibelius, Edouard Lalo, Max Bruch, Sergei Prokofiev, Aram Khachaturian, Johannes Brahms, Franz Schubert, Giuseppe Tartini, Wolfgang Amadeus Mozart, Sergei Taneiev, Claude Debussy, Manuel de Falla, Eugene Ysaÿe, Piotr Ilitch Tchaikovski, Josef Suk, Henri Wieniawski, Aleksander Zarzycki, Dmitri Chostakovitch

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    Un coffret de 58 CD et 3 DVD du label Warner Classics 5054197963520
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    Photo à la une : le violiniste David Oïstrakh – Photo : © DR

     

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    Et Puis :

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    Le violon souverain de David Oistrakh

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    Le 6 décembre 2024 par Patrice Lieberman

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    Cette magie d’incarnation par David Oïstrakh de tels chefs d’œuvre de Karol Szymanowski en ce CD n° 39 de ce coffret,

    est proprement sidérante de finesse et justesse !

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    Ce mercredi 11 décembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’intéressant rayonnement du creuset musical « Cleveland » au long du XXe siècle : la piste du « Cleveland Quartet »…

    C’est l’enthousiasme qu’a suscité en moi la découverte du travail de Sergei Babayan à partir de mpon écoute enchantée du « fabuleux » CD « Rachmaninoff for two« , avec son disciple lui aussi phénoménal Daniil Trifonov _ cf mon article du 15 juin dernier « « … _, qui m’a incité à me pencher sur ce très riche creuset musical _ et de musiciens d’immense talent… _ qu’a été Cleveland (Ohio) _ cité industrielle des bords du Lac Erié _  au XXe siècle.

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    En commençant par m’inciter à me procurer, moi qui suis grand amateur de musique de chambre, le passionnant coffret de 23 CDs « Cleveland Quartet – The complete RCA Album Collection » RCA 19439998052, du Cleveland Quartet (1969 – 1995)…

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    Sur le site de ResMusica, le 17 avril dernier, Jean Claude Hulot avait consacré un article à ce coffret intitulé « La réédition du legs discographique du Cleveland Quartet« , qui avait attiréé mon attention ;

    le voici :

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    La réédition du legs discographique du Cleveland Quartet

    Instagram

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    Quatuor majeur de la fin du XXᵉ siècle, le a gravé pour RCA une série de disques de premier plan que Sony nous rend aujourd’hui dans un coffret exhaustif _ dont acte ! _ que dominent deux compositeurs : Beethoven dont l’intégrale des quatuors figure parmi les plus réussies de la discographie et surtout Brahms pour un ensemble (quatuors, quintettes et sextuors) qui témoigne d’une affinité exceptionnelle entre les quatre musiciens.

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    Fondé en 1969 à Marlboro par quatre musiciens américains réunis ensuite à Cleveland (hormis l’altiste, le quatuor est resté inchangé durant ses années d’activité), le quatuor éponyme fut immédiatement enrôlé dans l’écurie RCA et a laissé pour cette firme une série d’enregistrements regroupés par ordre chronologique _ c’est intéressant _ dans ce volumineux coffret _ de 23 CDs. Il s’ouvre par les trois quatuors de Brahms qui allaient établir la réputation de l’ensemble par leur énergie et leur conception très moderne anticipant sur celle des Berg. Suivirent deux disques Schubert, La jeune fille et la mort d’un dramatisme fiévreux et surtout un superbe Octuor avec l’apport de Jack Brymer (clarinette) et Bary Tuckwell (cor). De Mozart ne reste malheureusement que le bref Adagio et fugue et l’on regrettera toujours que les Cleveland n’aient pas gravé les grands quatuors. En revanche, deux quatuors de Haydn vifs et brillants témoignent de l’excellence de l’ensemble dans le répertoire classique viennois. Seule excursion dans le XXᵉ siècle, le CD suivant nous propose le peu significatif Quatuor n°1 de Barber (avec le célèbre adagio), et le difficile Quatuor n° 2 d’Ives. Une superbe version du _ superbe _  Quintette de Brahms avec clarinette (Richard Stolzman) égale la réussite des trois quatuors. Vient ensuite le début de l’association mémorable avec Emanuel Ax pour un Quintette de Dvořák gorgé de lyrisme et de tendresse _ oui. Les Cleveland se renforcent du Quatuor de Tokyo, autre ensemble poulain de l’écurie RCA pour un Octuor de Mendelssohn vif argent _ une magistrale interprétation, en effet, de ce chef d’œuvre quo personnellement me transporte….

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    L’intégrale des quatuors de Beethoven, en neuf CD, forme le cœur du coffret ; elle est exceptionnelle non tant par l’opus 18 presque trop opulent que par des Razumovsky proches de la perfection par leur galbe et leur imagination et surtout par l’ensemble des derniers quatuors _ un sommet de toute la musique de chambre, bien sûr ! _ , sommet d’héroïsme, d’émotion dans des mouvements lents bouleversants et de variété d’accents. Au milieu s’intercale un autre joyau de l’album avec les deux sextuors de Brahms renforcés par rien moins que Pinchas Zukerman à l’alto et Bernard Greenhouse (le violoncelliste du Beaux Arts Trio) au  violoncelle.

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    Après cela il restera au quatuor de Cleveland à graver trois autres disques majeurs pour RCA : le sublime _ sublimissime ! _ Quintette _ à deux violoncelles _ de Schubert avec Yo-Yo Ma, d’une intensité sidérante _ oui !!! _, le Quintette avec piano de Brahms, décidément le compositeur fétiche des Cleveland, et celui de Schumann, tous trois avec Emanuel Ax pour refermer cette discographie d’un quatuor qui allait ensuite se dissoudre de lui-même en 1995 au sommet de son art.

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    Magistral et un peu frustrant tant on aurait aimé entendre les Cleveland dans un répertoire plus vaste et diversifié ; ne boudons pas notre plaisir néanmoins. Un coffret _ de trésors _ à thésauriser _ tout simplement, voilà.

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    Ludwig van Beethoven (1770-1827) : les dix-sept quatuors à cordes. Johannes Brahms (1833-1897) : les trois quatuors à cordes ; Quintette avec piano ; Quintette avec clarinette ; les deux sextuors à cordes. Robert Schumann (1811-1854) : Quintette avec piano, Quatuor avec piano. Anton Dvorak (1841-1904) : Quintette avec piano. Franz Schubert (1797-1828) ; Quatuor à cordes « la jeune fille et la mort » ; Octuor ; Quintette à deux violoncelles ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : adagio et fugue K546. Joseph Haydn (1750-1810) : Quatuors à cordes « l’alouette », « les quintes ». Samuel Barber (1910-1981) : Quatuor à cordes n°1. Charles Ives (1874-1954) : Quatuor à cordes n°2 ; Scherzo. Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) : Octuor à cordes, deux pièces pour quatuor.

    Emmanuel Ax, piano ; Pinchas Zucherman, alto ; Bernard Greenhouse, Yo Yo Ma, violoncelles. Jack Brymer, clarinette. Martin Gatt, basson. Barry Tuckwell, cor. Thomas Martin, contrebasse. Quatuor de Tokyo, Quatuor de Cleveland.

    23 CD, Sony. Enregistré entre 1972 et 1986 à New York City, Londres et Rochester.

    Notice de présentation en anglais.

    Durée : 19h.44:07

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    Je remarque aussi, et à nouveau sur ce site de ResMusica, mais sous la signature cette fois de Stéphane Friédérich, en date du 4 juin dernier, cet autre article consacré à un ensemble de la cité de Cleveland (Ohio), intitulé « Rodzinsky à Cleveland : une somme musicale de premier ordre » ;

    le voici, lui aussi :

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    Rodzinski à Cleveland : une somme musicale de premier ordre

    Instagram

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    Deuxième chef titulaire dans l’histoire de l’Orchestre de Cleveland après Nikolaï Sokoloff, Artur Rodzinski créa véritablement le son de la formation. Au début des années quarante, elle devint l’une des toutes premières phalanges internationales. Les gravures réunies par Sony Classical – archives de Columbia Records – sont d’autant plus précieuses qu’elles paraissent pour la première fois en disque-compact.

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    « Bâtisseur d’orchestres »… Rodzinski le fut assurément, même si l’on peut regretter que cette qualité estompe, à demi-mots, la réalité d’un musicien qui fut d’abord un remarquable styliste et un visionnaire en termes d’interprétation. En effet, la première caractéristique de sa direction et qui nous saute aux oreilles, c’est la brillance, la clarté _ un critère auquel je suis personnellement très sensible : je déteste la confusion... _ et la compacité des lectures. Mais à la différence d’un Toscanini qui fut son mentor lors de la mise sur pied de l’Orchestre symphonique de la NBC en 1937, Rodzinski construisit ses interprétations avec une liberté tout autre que celle du chef italien. Rodzinki possédait déjà un métier exceptionnel : à la tête de la formation américaine entre 1933 et 1943 (il céda la baguette à Erich Leinsdorf), il avait dirigé auparavant à Varsovie puis à Philadelphie (assistant de Stokowski) et, enfin, à Los Angeles. En peu d’années, la valeur artistique proprement sidérante de l’orchestre qui n’avait plus enregistré depuis la Grande Dépression est révélée. La virtuosité de l’ensemble des pupitres, la précision de la mise en place, la justesse des vents dans les différents solos, qu’il s’agisse de la musique française ou russe, n’ont rien à envier sur le plan technique, aux formations actuelles.

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    La variété du répertoire et l’intérêt de Rodzinski pour la musique de son temps – à la condition qu’elle se situe dans une veine tonale – ne sont qu’effleurés dans ce coffret. Il faut imaginer que le public de Cleveland entendit pour la première fois la musique de Stravinsky sous sa baguette et qu’il y assura la production de Lady Macbeth de Mtsensk de Chostakovitch en 1935 ! Il grava ainsi le troisième enregistrement de l’histoire de la Symphonie n° 5 du compositeur russe, après celles de Mravinsky avec Léningrad (1938) et Stokowski avec Philadelphie (1939). Cette œuvre et la Symphonie n° 1 captées en 1941 témoignent, sous sa direction, d’une inventivité et d’une énergie superbes : aucune baisse de tension, mais une conception narrative avec des prises de risques assumées comme ces cuivres poussés à la faute dans l’Allegretto de la Symphonie n° 5 (la version de 1954 avec le Royal Philharmonic Orchestra ne possède pas cette flamboyance). Les phrases sont tenues avec une minimum de vibrato et de rubato (à noter que le finale est amputé des mesures 119 à 121 pour qu’il tienne sur une surface d’un 78 tours). En pleine Seconde Guerre mondiale, Artur Rodzinski, chef d’orchestre polonais naturalisé américain en 1933, sait de quoi il parle lorsqu’il simule le combat des forces du bien contre celles du mal _ intéressant. Le répertoire slave qu’appréciait tant Rodzinski est magnifié dans Tchaïkovski et Rimski-Korsakov. La projection sonore est intense, sans aucune dureté et l’Ouverture 1812 qui nécessite, en principe, une restitution acoustique spectaculaire, n’est nullement caricaturée devant les micros de 1941. Le caractère anguleux, exalté et lyrique de Shéhérazade (quelle trompette solo!), de Roméo et Juliette, de la Symphonie n° 5 de Tchaïkovski marquent la discographie naissante des œuvres.

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    La musique française est tout aussi lumineuse _ comme bien sûr elle doit être ! _ avec une perception rythmique et un jeu sur les couleurs qui feraient croire aux timbres des orchestres français des années trente et quarante. Daphnis et Chloé de Ravel et La Mer de Debussy séduisent quand la Rhapsodie espagnole souffre de distorsions importantes, malgré un chic certain, celui de Malaguena, entre autres. La Symphonie fantastique de Berlioz est portée par un bouillonnement d’énergie et une puissance d’autant plus radicale que la prise de son favorise les suraigus comme les cymbales et les cuivres tonitruants du finale. On songe à Munch, Markevitch et Cluytens _ rien moins…

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    Cet engagement physique lié à un travail de répétition acharné offre d’autres pages tout aussi passionnantes comme Till Eulenspiegel ou bien une Vie de Héros de Strauss. Rodzinski profite des dissonances de l’écriture dont il accentue les effets et joue au mieux de la profondeur de l’orchestre. Cette efficacité se retrouve tout autant dans le postromantisme de la Symphonie n° 5 de Sibelius. Le chef en souligne les contrastes et même si les dynamiques sont canalisées et les distorsions inévitables dans le finale,  la perfection des cordes et un sens extraordinaire de l’articulation emportent l’adhésion. Voilà une grande version (oubliée) de l’œuvre ! Il en va de même du répertoire classique avec la Symphonie n° 1 de Beethoven dont l’élégance, l’élan et la luminosité sidèrent un demi-siècle avant l’apparition des lectures « historiquement informées » _ et c’est aussi à noter… A noter quelques raretés, du moins considérées comme telles aujourd’hui : un pot-pourri de la comédie Show Boat de Kern, puis les pièces intéressantes, mais guère davantage, de Järnefelt et Weinberger. Enfin, en un disque sont regroupés les concertos pour violon de Schoenberg, Berg et Mendelssohn. On s’interroge sur la présence dans une anthologie dédiées à Rodzinski, de celui de Schoenberg dirigé par Mitropoulos avec New York et Louis Krasner. Une présence d’autant plus étonnante que la pièce parut déjà dans l’intégrale Mitropoulos présentée par Sony Classical. Retenons la lecture enflammée et chantante du _ si beau _ Concerto de Mendelssohn sous l’archet génial _ oui _ de Milstein. Il s’agit d’une gravure inédite qui mérite d’être entendue ainsi que le _ sublime _  Concerto de Berg, dans la vision analytique et passionnante de Louis Krasner.

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    Les gravures de cette édition complètent deux précédents coffrets, l’un du même label consacré aux enregistrements new-yorkais du chef et l’autre, une compilation réalisée par Scribendum. Aucune des deux parutions n’a présenté les précieux témoignages captés à Cleveland. Un coffret qui mérite amplement le label “historique”.

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    Artur Rodzinski, The Cleveland Orchestra, The Complete Columbia Album Collection.
    Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n° 1. Alban Berg (1885-1935) : Concerto pour violon “A la mémoire d’un ange”. Hector Berlioz (1803-1869) : Symphonie fantastique. Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonies n° 1 et n° 5. Claude Debussy (1862-1918) : La Mer. Arno Järnefelt (1869-1958) : Praeludium pour petit orchestre. Jerome Kern (1885-1945) : Show Boat. Felix Mendelssohn (1809-1847) : Songe d’une nuit d’été, ouverture et musique de scène. Concerto pour violon en mi mineur. Modeste Moussorgski (1839-1881) : Prélude de la Khovanshchina. Maurice Ravel (1875-1937) : Daphnis et Chloé, suite n° 2. Rapsodie espagnole. Alborada del gracioso. Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1908) : Shéhérazade. Jean Sibelius (1865-1957) : Symphonie n° 5. Finlandia. Arnold Schoenberg (1874-1951) : Concerto pour violon. Richard Strauss (1864-1949) : Till Eulenspiegel. Danse des Sept voiles. Valses du Chevalier à la rose (arr. Rodzinski). Une Vie de héros. Piotr Iliytch Tchaïkovski (1840-1893) : Roméo et Juliette. Ouverture 1812. Marche slave. Symphonie n° 5. Carl Maria von Weber (1786-1826) : Ouverture du Freischütz. Jaromir Weinberger (1896-1967) : Variations et fugue sur un vieux thème anglais.
    Louis Krasner, violon, Orchestre philharmonique-symphonique de New York, Dimitri Mitropoulos, direction (Schoenberg, Berg), Nathan Milstein, violon (Mendelssohn), Orchestre de Cleveland, Artur Rodzinki, direction.

    1 coffret de 13 CD Sony Classical.

    Enregistrements au Severance Hall de Cleveland entre décembre 1939 et février 1942 (décembre 1952 pour Mitropoulos).

    Notice de présentation en anglais.

    Durée totale : 9h10

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    Un bien intéressant focus discographique porté sur le rayonnement de ce creuset qu’a pu être, au XXe siècle, la vie musicale à Cleveland, grâce à certains interprètes, chefs comme instrumentistes, au talent un peu singulier… 

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    Ce mercredi 19 juin 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    P. s.  :

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    Et comme en confirmation de l’intuition qui vient de donner naissance à cet article-ci,

    voici que ce jeudi matin 20 juin je découvre sur le site de Crescendo, sous la plume de Pierre-Jean Tribot, cet article « Béla Bartók d’orchestre à Cleveland« , que voici :

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    Béla Bartók d’orchestre à Cleveland 

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    LE 20 JUIN 2024 par Pierre Jean Tribot
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    Béla Bartók (1881-1945) :

    Quatuor à cordes n°3 en do dièse mineur, Sz. 85, BB 93  (arrangement pour orchestre à cordes de  Stanley Konopka) ;

    Suite du Mandarin Merveilleux, SZ 73 BB 83.

    The Cleveland Orchestra, Franz Welser-Möst. 2024. 34’17’’.

    Livret digital en anglais.

    1 titre exclusivement digital du Cleveland Orchestra TC

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    Dans la longue et prestigieuse discographie, le légendaire _ voilà ! _ Cleveland Orchestra n’avait pas encore enregistré la Suite du Mandarin Merveilleux de Béla Bartók  alors que les œuvres du Hongrois sont l’ADN de son répertoire _ en effet _ avec les gravures du Concerto pour orchestre avec George Szell (Sony) et Christoph von Dohnányi (Decca). Du côté de son directeur musical Franz Welser-Möst, ce dernier avait déjà gravé une lecture assez oubliable de l’intégrale du ballet lors de ses années controversées avec le London Philharmonic Orchestra (EMI). Le chef autrichien impose ici une lecture creusée et plutôt lente qui base sa narration sur les dynamiques et la qualité vertigineuse des pupitres de son orchestre _ voilà. Le chef peut jouer de l’orchestre sans limites soignant les moindres nuances ou créant des déflagrations dans les tuttis. On peut préférer des lectures plus orchestralement radicales comme celles de Sir Georg Solti (Decca), mais on tient ici un modèle interprétatif avec un orchestre phénoménal _ sic.

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    Il y a une curieuse mode actuelle qui multiplie les arrangements de quatuor ou de quintette pour des orchestres… Dans le cas présent  Stanley Konopka, l’un des altistes chefs de pupitres du Cleveland Orchestra qui a arrangé le Quatuor n°3 pour orchestre à cordes. Le communiqué de presse nous apprend qu’il mûrissait ce projet depuis près de 20 ans avant d’être encouragé par Franz Welser-Möst. Il faut un petit temps pour s’habituer à la masse des cordes au lieu des quatre instruments classiques, mais cette version rend justice à ‘inventivité harmonique et rythmique _ voilà _ de Béla Bartók. Mais le plus fascinant est la qualité magistrale des cordes dont la plasticité et l’homogénéité sont vertigineuses.  Franz Welser-Möst dirige avec attention, respectant l’esprit chambriste et les mouvements de dialogues entre les pupitres, c’est une leçon d’orchestre _ CQFD.

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    Dès lors, un titre exclusivement digital _ hélas _ qui nous rappelle _ oui, oui… _ le niveau technique stratosphérique _ voilà _ de cet immense orchestre, dirigé avec soin par Franz Welser-Möst.

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    Son : 10 – Livret : 9 – Répertoire : 9 / 10 – Interprétation : 9

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    Pierre-Jean Tribot