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  • La merveille des bouteilles lancées à la mer et rencontrant un de leurs destinataires inconnus : à propos d’Edmond Gaudin (1844 – 1920) et une trace de sa présence à Santoña en 1891. Un passionnant et très prometteur échange de courriels avec l’historien Luis Javier Escudero…

    Voici un très intéressant échange de courriels concernant le luzien Edmond Gaudin (Saint-Jean-de-Luz, 17 novembre 1844 – Saint-Jean-de-Luz, 28 décembre 1920), qul semble avoir eu des activités industrielles, de salaisons de poissons – des anchois ? – , à Santoña, en 1891, que je viens d’avoir avec l’historien Luis Javier Escudero, auteur notamment de l’ »Historia de los Salazoneros italianos de Cantabria« , parue à l’édition Universidad de Cantabria, le 1er Octobre 2013…

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    Après quelques recherches, j’ai aussi trouvé ceci, extrait du « Los primeros fabricantes de la industrialisas conservera en Santoña« , publié par Luis Javier Escudero en janvier 2004 :

    « L’año 1891, de la localidad gala de San Juan de Luz, aterriza en Santoña el industrial Edmundo Gauden – sic – que decide establecerse en la villa, realizando para ello un contrato de arriendo de un local en la Calle Gonzalez Ahedo esquina Juan José Ruano a la sociedad Amorisa y Compania. En este loval y en otro de la Calle Ortiz Otanez se repartio la vida laboral de este industrial hasta su despedida en 1925 » : voilà, voilà…

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    Mais voici pour commencer le courriel initial, reçu de Luis Javier Escudero, samedi 7 mars, à 18h 13 :

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    Sujet
    EDMOND GAUDIN
    Message
    Bonjour.

    Je m’appelle Javier Escudero. Je suis historien et je me consacre à l’étude de l’industrie de la pêche et de la conserve dans le nord de l’Espagne. Je vous écris car j’ai vu que vous possédez des informations sur M. Edmond Gaudin, probablement né au milieu du XIXe siècle et qui a travaillé dans l’industrie du sel – des conserves de salaisons de poissons – dans plusieurs ports de la côte cantabrique. J’ignore s’il possédait une conserverie de poisson dans sa ville natale. Ici, il dirigeait une importante entreprise italienne (Domenico Pelazza). Je souhaiterais savoir si vous disposez d’informations concernant M. Gaudin.

    Je vous remercie par avance de votre attention.

    Cordialement, Javier Escudero

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    Et voici mon courriel de réponse, envoyé avant-hier samedi à 20h 31:

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    Merci, Monsieur,

    de votre message me demandant des précisions sur le luzien Edmond Gaudin – Saint-Jean-de-Luz, 17 novembre 1844 – Saint-Jean-de-Luz, 28 décembre 1920 – , présent à Santoña depuis 1891, et l’entreprise quittant Santoña en 1925, soit 5 ans après le décès d’Edmond Gaudin), m’apprenez-vous…
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     C’est dans le cadre de mes recherches sur la parenté basque de Maurice Ravel (1875 – 1937), fils de la cibourienne Marie Delouart (1840 – 1917) – cf mon livre avec Guy Lalanne « Sur les pas de la parenté basque de Maurice Ravel – à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz » publié par Jakintza à Ciboure le 2 novembre 2025 – que je me suis intéressé à la famille Gaudin-Bibal au domicile desquels Maurice Ravel a fréquemment séjourné à Saint-Jean-de-Luz, et cela depuis son enfance et adolescence :  sa grand-tante Gachucha Billac (Ciboure, 2 juin 1819 – Saint-Jean-de-Luz, 17 décembre 1902) faisait en effet fonction de gouvernante des 7 enfants Gaudin…
     
    Maurice Ravel était d’ailleurs aussi cousin avec Magdeleine Hiriart (Saint-Jean-de-Luz, 10 mars 1875 – Saint-Jean-de-Luz, 19 juin 1968), l’épouse – à Saint-Jean-de-Luz le 28 septembre 1901 – du fils ainé d’Edmond Gaudin et son épouse Annette Bibal : Charles Gaudin (Saint-Jean-de-Luz, 19 novembre 1875 – Bimbo, 13 septembre 1910). 
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    Notre très riche  « Sur les pas de la parenté basque de Maurice Ravel – à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz » est disponible à l’Association Jakintza, 27 Quai Ravel, 64500 Ciboure : située dans la demeure même où est né le 7 mars 1875 Maurice Ravel ! Guy Lalanne, le co-auteur de ce livre, en est le président.
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    J’ignorais jusqu’ici ce que vous m’apprenez des entreprises de salaisons à Santoña du mariner luzien Edmond Gaudin…
    Et ce que viens de découvrir ensuite dans votre « Los Primeros fabricantes de la industria conservera en Santona » concernant l’installation en 1891 d’une entreprise d’Edmond Gaudin au coin des rues Gonzalez Ahedo et Juan José Ranco… 
     
    Je connaissais seulement l’association entreprenariale de son fils Pascal Gaudin (Saint-Jean-de-Luz, 31 janvier 1883 – Oulches-Hurtebise, 12 novembre 1914) avec Pascal Elissalt (Saint-Jean-de-Luz, 19 juillet 1878 – Ciboure, 14 janvier 1941), dans l’île des Récollets, à Ciboure ; et le Quai s’appelle désormais Quai Pascal Elissalt… ;
    cf sur cela l’article de mon blog encherchantbien.fr en date du 21 avril 2022 :
     
    Article que voici :
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    En poursuivant les recherches sur les Bibal-Gaudin à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz entre 1900 et 1914 : l’association entreprenariale à Ciboure entre Pascal Gaudin et Pascal Elissalt…
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    Suite à ma conversation téléphonique de jeudi 14 avril dernier (cf mon article en suivant du lendemain 15 : « « ),

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    et suite à un premier résultat concernant le lieu et la date du décès du peintre luzien Pascal Bibal, indiqué en mon article du mardi 19 : « « ,

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    voici, et toujours dans l’élan fécond de cette même conversation téléphonique du jeudi 14 avril, voici, donc maintenant, ce jeudi 21 avril, quelques nouveaux résultats de ces mêmes recherches, concernant cette fois les entreprises, sur le territoire de la commune de Ciboure, au début du XXe siècle, de Pascal Gaudin et Pascal Elissalt ;

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    ainsi que quelques précisions concernant la proximité _ et les apparentements, même, ayant existé… _entre Pascal Gaudin (Saint-Jean-de-Luz, 31 mars 1883 – Oulches-Hurtebise, sur le Chemin des Dames, 12 novembre 1914) et Pascal Elissalt (Saint-Jean-de-Luz, 19 juillet 1878 – Ciboure, 14 janvier 1941),

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    tels que transmis à mes correspondants présents de la famille Gaudin-Courteault :

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    Chers amis,

    À la recherche de plus d’informations sur la participation de membres de la famille Bibal (et Gaudin) à diverses entreprises à Ciboure, d’une part, de conservation de poissons, d’autre part de chantiers navals, en association, d’une part, avec un Letamendia (dont j’ignore pour le moment le prénom), et, d’autre part, avec Pascal Elissalt, je me suis plongé dans les 240 pages du remarquable et très détaillé « Ciboure – Ziburu 400 ans d’histoire » de Guy Lalanne, édité par Jakintza en 2016.

    Si je n’y ai hélas rien trouvé sur l’histoire – importante ; et encore aujourd’hui de pleine actualité ! – des divers chantiers navals de Ciboure – ce qui est tout de même assez étonnant ! – , en revanche, s’y trouvent de fort intéressants chapitres, d’une part, sur l’histoire de l’île des Récollets (aux pages 96 à 103), et, d’autre part, sur l’histoire des usines de conservation de poissons de Ciboure (aux pages 188 à 193).
    C’est à la page page 103 que le nom de Pascal Elissalt apparaît dans le chapitre consacré à l’île des Récollets, quand, « le 27 septembre 1907, – les frères – Pascal et Jean-Pierre Elissalt, négociants et armateurs luziens, achetèrent – à un certain Paulin Maya, d’Auch – les immeubles, dont la chapelle – de l’île des Récollets – , à usage d’usine de salaisons. » Les propriétaires privés précédents avaient été les entrepreneurs Noubel et de Laussen ; puis, en 1873, Léopold Dupuy ; en 1881, l’architecte Philippe Seron ; puis, Ernest Castro ; puis, Joseph Miura, d’Ainhoa ; puis, en 1900, Jeanne-Cécile Latge, épouse d’Antonin Peigne, négociant toulousain, « qui transforma les bâtiments en une modeste usine de salaisons. Ce fut la première usine de Ciboure » ; et « en 1905, nouvelle vente à Paulin Maya, d’Auch » ; et enfin les frères – Pascal et Jean-Pierre – Elissalt, le 27 septembre 1907.
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    Le nom d’un Bibal – pas plus que d’un Gaudin – n’est ici mentionné
    …
    Pas davantage, non plus, dans le chapitre consacré aux « Usines de conserves au quartier Zubiburu », qui  débute ainsi, à la page 188 :
    « A proximité du site des Récollets existaient au tout début du XXe siècle les ateliers de salaisons Dumas, Caloni et Letamendia – pas de mention ici non plus du nom d’un associé Bibal, ni Gaudin… – sur des terrains remblayés gagnés sur les marécages de la Nivelle, au pied du talus de la voie ferrée, mais côté sud. La première usine de conserves à l’huile en boîtes métalliques fut construite à partir de 1913 par les frères Chancerelle, Bretons de Douardenez, sur les terrains Dumas qui accueillirent peu à peu toute l’activité industrielle de Ciboure liée à la pêche. Les usines de conserves de Ciboure (Chancerelle, Elissalt, Consathoma, Soubelet, Laffitau, Pêcheries de Gascogne, Etablissements Maritimes Basques à Socoa) employèrent près de six cent personnes ».
    …
    Et un peu plus bas :
    « Avant la construction des immeubles de Zubiburu en 2007, le quartier était occupé par plusieurs usines de conserves de poisson. Celles-ci s’étendaient de part et d’autre de l’avenue Bourousse :
    . à gauche et le long du chemin de fer, on pouvait distinguer les établissements Laffitau, Canet, Chancerelle et Consathoma (conserves de sardines, thon, maquereau)
    . à droite de l’avenue Bourousse, l’usine Pascal Elissalt, « Conserverie moderne » ».
    …
    Voilà pour le moment.
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    Et je poursuis mes recherches ;
    et demeure bien sûr à votre disposition pour toutes nouvelles précisions et questions…
    Bien à vous, chers amis,
    Francis Lippa, à Bordeaux
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    P. s. :
    je viens de découvrir aussi ce jour un lien de parenté entre ceux qui ont été associés, Pascal Elissalt (Saint-Jean-de-Luz, 19 juillet 1878 – Ciboure, 14 janvier 1941) et Pascal Gaudin (Saint-Jean-de-Luz, 31 janvier 1883 – Oulches-Hurtebise, 12 novembre 1914) :
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    côté Elissalt, par la tante Marie Harispe (1838-1916) – Marie Harispe (St-Jean-de-Luz, 15 avril 1838 – St-Jean-de-Luz, 25 décembre 1916) épouse de Jean Elissalt (St-Jean-de-Luz, 21 juillet 1826 – St-Jean-de-Luz, 29 septembre 1900), le frère de son père Pierre Elissalt (Saint-Jean-de-Luz, 14 avril 1837 – 25 décembre 1923) – de Pascal Elissalt (St-Jean-de-Luz, 19 juillet 1878 – Ciboure, 14 janvier 1941) ;
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    côté Gaudin, par la belle-sœur Magdeleine Hiriart (1875-1968) – Magdeleine Hiriart (St-Jean-de-Luz, 11 mars 1875 – St-Jean-de-Luz, 19 juin 1968), l’épouse de son frère Charles Gaudin (St-Jean-de-Luz, 19 novembre 1875 – Bimbo, 13 septembre 1910) –  de Pascal Gaudin (St-Jean-de-Luz, 31 mars 1883 – Oulches-Hurtebise, 12 novembre 1914).
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    Je remarque aussi que Pascal Elissalt et Pierre Gaudin (St-Jean-de-Luz, 7 février 1878 – Oulches-Hurtebise, 12 novembre 1914), tous deux nés à Saint-Jean-de-Luz l’année 1878, ont très probablement été condisciples à l’école… 
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    L’arrière-grand-père de Magdeleine Hiriart (St-Jean-de-Luz, 11 mars 1875 – St-Jean-de-Luz, 19 juin 1968) – l’épouse de Charles Gaudin et belle-sœur de Pierre et Pascal Gaudin – ,
    est en effet – via la mère, Marie Dimatz, (St-Jean-de-Luz, 28 octobre 1844 – St-Jean-de-Luz, 9 juillet 1932) et la grand-mère, Magdeleine Harispe (St-Jean-de-Luz, 10 mars 1802 – St-Jean-de-Luz, 1er mars 1883), de cette Magdeleine Hiriart – Pierre Harispe (St-Jean, 17 août 1755 – St-Jean, 11 octobre 1821).
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    Lequel Pierre Harispe (1755-1821) se trouve être aussi l’arrière-grand-oncle de Pascal Elissalt – via sa tante –  l’épouse de son oncle Jean Elissalt (1826-1900) – Marie Harispe (St-Jean-de-Luz, 15 avril 1828 – St-Jean-de-Luz, 25 décembre 1916), et son grand oncle Augier Harispe (St-Jean-de-Luz, 28 août 1787 – St-Jean-de-Luz, 9 février 1870),  qui est lui-même (1787-1870) fils de Pierre Harispe (1755-1821) et frère de Magdeleine Harispe (1802-1883)
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    L’association entreprenariale, à Ciboure, de Pascal Gaudin et Pascal Elissalt repose ainsi sur une proximité certaine – et un apparentement effectif – des familles luziennes Elissalt et Gaudin
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    Et sur ces liens ayant existé entre les Bibal-Gaudin et les Elissalt, je renvoie aussi aux détails de mon article du 18 août 2019 : 

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    Ce jeudi 21 avril 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Fin ici de mon article en date du 21 avril 2022…
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    En conséquence de quoi, cher Monsieur,
    je serai ravi de pouvoir vous rendre le moindre service sur la connaissance des Gaudin de Saint-Jean-de-Luz…
    …
    C’est grâce à de telles, au départ improbables, connexions de curiosités de chercheurs que parfois – via Internet – la connaissance progresse… 

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    Ce dimanche 8 mars 2026, Titus Curiosus- Francis Lippa

  • Admirer le merveilleux « Sur la piste animale » de Baptiste Morizot pour ses analyses ultra-sagaces de la curiosité ardente en ses actes complexes, inventifs et féconds, en situations sur divers terrains de pistage très concrets : Alpes, Rocheuses, Himalaya…

    En son absolument magnifique « Sur la piste animale » paru chez Actes-Sud en 2018, Baptiste Morizot nous offre d’ultra-sagaces aperçus-analyses de la curiosité-pistage en actes – ultra-concrets et très détaillés en leur complexité ultra-nécessaire chaque fois – sur le terrain, et cela quel qu’il soit, ce terrain de recherche-pistage : de loups dans les Alpes, d’ours dans les Rocheuses, de panthères dans l’Himalaya, etc.

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    C’est la citation que le claveciniste magnifique Pierre Gallon a placée en exergue du livret – à la page 4 – de son merveilleux double album L’Encelade ECL 2103 « Bach – Suites françaises«  – cf l’admiration que j’y exprime pour ce CD en mon article « Découvrir et admirer le superlatif jeu de clavecin de Pierre Gallon, dans les Suites françaises de Bach, comme dans celles de Louis Couperin… » en date du 13 décembre dernier – qui m’a fait me précipiter vers ce livre du philosophe que je n’avais pas encore lu jusqu’ici, alors même que nous avions évoqué – je m’en souviens fort bien ! – de faire venir Baptiste Morizot à notre Société de Philosophie de Bordeaux une de ces dernières années – et je ne me rappelle pas, en revanche, pour quelles circonstances cela n’avait pas pu se réaliser…

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    La voici donc, cette incisive et marquante citation-indice : « Nul ne peut exister sans laisser de traces. (…) Le pistage n’est pas une science exacte : c’est une science-action où chaque hypothèse oriente le pas et le regard ailleurs – où elle aiguillonne le désir non de conclure, mais de chercher encore », que l’on trouve à la page 121, au chapitre « L’art discret du pistage« , de ce très riche « Sur la piste animale » de Baptiste Morizot.

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    Voici donc quelques autres passages de Baptiste Morizot que j’ai surlignés à ma première lecture :

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    _ « Vivre, c’est être généreux en signes. C’est donner des signes à tous, à son corps défendant, sans le désirer, sans qu’ils soient appropriables : c’est la définition phénoménologique d’un don pur. Donner et recevoir des signes, en échanger, c’est le fondement et la nature de la grande politique vitale qui tisse les vivants dans la communauté écologique. La pratique du pistage apparaît comme une pratique symétrique du point de vue géopolitique : ce n’est pas seulement lire les signes, mais tout à la fois être lu par d’autres », page 127.

    _ « Le point fixe du déplacement qui caractérise le pistage, c’est le corps : on ne voyage pas hors du corps, et il n’y a personne pour voyager hors de lui. Il n’y a que du corps. Mais ce n’est pas le même corps que celui des naturalistes : le corps-matière véhicule de l’esprit désincarné. (…) Dans la métamorphose du pisteur, ce sont les invites de l’animal dont on hérite, ce sont elles qui nous animent parfois, lorsqu’on s’est rendu assez disponible, lorsqu’on a suffisamment travaillé à sa propre disparition. (…) De telle sorte qu’en toute rigueur, il ne s’agit pas de se déplacer dans l’esprit d’un autre, mais dans son corps : c’est son corps avec ses puissances de voir et de faire propres qui fonde sa perspective sur le monde. (…) Il s’agit d’ »activer en soi les pouvoirs d’un corps différent ». (…) C’est la perspective sur le monde qui se métamorphose, en tant qu’elle est commandée par le corps lui-même, mais en un sens non naturaliste : le corps comme attracteur d’invites spécifiques. Il s’agit « d’activer en soi les pouvoirs d’un corps différent », c’est-à-dire d’accéder aux invites propres à un autre corps. (…) Dans la métamorphose du pisteur, ce sont les invites de l’autre qu’on va chercher. Lorsque parfois cela fonctionne, on voit pour un moment ce col comme le loup le voit, il nous invite en tant que loup, il invite le loup qu’un instant on est devenu. C’est peu spectaculaire, et à visée pratique, mais ça n’en est pas moins intrigant. (…) Le pistage revient à emprunter de temps en temps, et pas à volonté, le corps d’un autre animal qui est une perspective configurant le monde autour. C’est à cause, par, grâce, à partir de son corps qu’un animal (nous compris) déploie une perspective sur le monde qui l’entoure, c’est-à-dire qu’il isole des saillantes, des invites dans les espaces qu’il traverse », pages 130 à 134.

    _ « On pourrait appeler pistage écosensible toute attention d’un vivant aux signes des vivants, à tout indice des structures immatérielles qui les régissent, à toute trace qui les concerne, engage leur manière d’habiter et de cohabiter, et appelle l’enquête. (…) Par pistage, il faut entendre ici toute aptitude à accéder à l’immatériel et à l’invisible structurant des communautés de vie à partir d’éléments empiriques versatiles et invisibles pour d’autres. « Tu ne peux pas exister sans laisser de traces » est la formule magique du pisteur. Elle fait lever les signes. (…) Le pistage (…) transforme l’expérience de la nature () en une immersion avide de signes dans des habitats partagés et enchevêtrés. L’écosensibilité passe par des expériences qui consistent à repeupler des espaces vidés par les présences qui les constituent, les habitent, se lient les unes aux autres , et à soi. (…) L’art du pistage revient à faire lever les peuples invisibles qui habitent avec nous ce monde en décryptant les indices visibles. (…) Pister restitue ici cet état intérieur devenu rare : l’état d’alerte, d’attention flottante et amoureuse à l’égard de l’imprévu. À l’aube, partir juste pour rencontrer, sans savoir qui ni quoi. C’est un nom possible de la vie. », pages 138 à 142,

    tous extraits de ce même formidable chapitre « L’art discret du pistage« .

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    Et aussi :

    _  « La dopamine serait l’hormone, non du plaisir, mais de la quête. Le pistage comme ardente recherche, ce serait l’essence animale de la quête humaine. L’ensemble complexe des émotions d’intérêt, d’anticipation, de curiosité attentive, d’énergie inépuisable, de sensation de flow, serait une exaptation, donc un détournement, d’un circuit cérébral dont la fonction originelle était de nous intéresser immodérément à ce qui était important pour notre survie : suivre et trouver l’animal fuyant. « Nous restons vifs et alertes dans les forêts disparues du monde ». (…) « Être du bond. N’être pas du festin, son épilogue », écrit René Char dans les Feuillets d’Hypnos », pages 185-186, du chapitre final « L’Origine de l’enquête« .

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    Un admirable passionnant – et très poétique aussi – travail de Baptiste Morizot, philosophe dynamique de terrain, né à Draguignan le 26 septembre 1983,

    qui vient éclairer aussi au passage ce que j’ai nommé, d’après Marie-José Mondzain, « Imageance « …

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    Ce mercredi 17 décembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un passionnant entretien avec Philippe Desan ce mercredi 5 novembre à la Bibliothèque Rigoberta Menchu de l’Université Bordeaux-Montaigne : une brillante et efficace leçon de contextualité à partir du travail de toute une vie de chercheur inventif sur Montaigne, l’oeuvre et l’homme en sa vie (1533 – 1592)…

    C’est une formidable leçon de vie de chercheur, au départ sociologue – parti de Vincennes pour la Russie (Novossibirsk), le Japon (Tokyo), puis les États-Unis (Chicago) – , que Philippe Desan (Saint-Maur-les-Fossés, 16 mai 1953) nous a donnée cet après-midi à la Bibliothèque Rigoberta Menchu de l’Université Bordeaux-Montaigne, à partir de son délicieux et très instructif  travail de fiction « Montaigne – La Boétie – Une ténébreuse affaire » – combien, et des plus sérieux, s’y sont laissés prendre !!! – , sur la personnalité – sans cesse en mouvement, a-t-il fort judicieusement rappelé... – de Michel de Montaigne (1533 – 1592), en un dialogue passionnant avec Violaine Giacomotto-Charra :

    dialogue dans lequel le public, principalement composé de doctorants, a pu beaucoup apprendre de l’intérêt et fécondité jouissivement innovante à focaliser les recherches et leur méthodologie, à la fois très exigeante et extrêmement ouverte (hors les clichés trop bien installés), sur les contextes matériels, très divers et complexes – en particulier dans le cas (très riche d’humour !) de Montaigne, mais pas du tout exclusivement ! – , de création des œuvres à décrypter…

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    Apprendre à contextualiser, voilà la procédure de recherche féconde que personnellement très positivement j’en retiens…

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    À confronter aux précédent articles de mon blog encherchantbien.fr consacrés au travail de Philippe Desan :

    _ 11 septembre 2024 : « Qu’attendre de la surprise de la fiction que vient nous proposer Philippe Desan avec son « Montaigne – La Boétie – Une ténébreuse affaire » ?..« 

    _ 13 septembre 2024 : « Le très brillant possible adieu à la recherche de Philippe Desan – alias Jacques Saint-Maur – en son diabolique vertigineux roman-récit « Montaigne – La Boétie, une ténébreuse affaire »…« 

    _ 18 septembre 2024 : « Le délicieux et passionnant « Montaigne à contrepied » de Philippe Desan, à l’occasion du départ de celui-ci de la carr!ère universitaire : de lucidissimes aperçus incisifs sur le monde de la recherche et les querelles d’enjeux de carrière des universitaires… Un jeu de fantaisie et érudition jubilatoire !« 

    _ 26 septembre 2024 : « L’admirable approche contextualisante de lecture des « Essais » de Montaigne de Philippe Desan, en son décisif « Montaigne – Une biographie politique » (paru en 2014), pour lire avec recul informé sa plaisante fiction « Montaigne – La Boétie – une ténébreuse affaire » (en 2024)…« 

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    Une leçon de contextualisation aussi délicieuse qu’instructive…

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    Ce mercredi 5 novembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une très brève réflexion sur l’art de l’entretien, à l’occasion du 400ème visionnage, hier soir 20 octobre, de la vidéo enregistrée le jeudi 17 avril 2025 à la Station Ausone de la Librairie Mollat à Bordeaux, de l’entretien magnifique avec Manuel Cornejo sur sa merveilleuse nouvelle édition, en Tel-Gallimard, de la Correspondance de Maurice Ravel (1875 – 1937), abordée ici sous l’angle des liens de celui-ci avec son cher Pays basque natal : Ciboure et Saint-Jean-de-Luz…

    En 176 jours, entre sa sortie sur youtube le 27 avril 2025, et hier soir 20 octobre 2025, le franchissement des 4000 vues de la vidéo en moins de 6 mois,

    la vidéo sur youtube – d’une durée de 73′ 36 – de l’entretien de Manuel Cornejo et moi-même, Francis Lippa, enregistré à la Station Ausone de la Librairie Mollat le jeudi 17 avril 2022, à propos de la nouvelle édition – Gallimard, collection Tel, en 2 volumes, parus le 13 mars 2025 – , par Manuel Cornejo, de la Correspondance de Maurice Ravel, envisagée ici sous l’angle des liens puissants de Maurice Ravel avec son Pays basque natal – Ciboure et Saint-Jean-de-Luz – , vient de  franchir hier soir lundi 20 octobre, pour 176 jours de mise en ligne par la libraire Mollat, le seuil des 4001 vues sur youtube…

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    Soit en 25 semaines, une moyenne de 16 vues par semaine.

    Wow !

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    Nous nous rapprochons ainsi, en cette année Ravel 2025, des 4550 vues à ce jour de la vidéo sur YouTube également, de mon entretien – superbe, lui aussi ! – du 23 mai 2019 à la Station Ausone de la librairie Mollat, mise en ligne le 7 juin 2019, avec la chère Hélène Cixous à propos de son « 1938 – nuits » – paru aux Éditions Galilée le 24 janvier 2019 – : une autre merveille d’entretien fécond !

    …

    Tout l’art de l’entretien – pour le modérateur ; cf ici, en le magnifique « L’Art de la conversatiion« , les analyses lucidissimes de Marc Fumaroli… – consistant à se faire le plus sobre, discret (et bref) possible, afin de servir de son mieux – par sa préparation hyper-sérieuse et exhaustive en amont, et la vivacité heureuse de l’improvisation de ses questions sur le vif, en fonction de son écoute hyper-attentive de ce que vient de développer son interlocuteur en réponse à sa question précédente : c’est capital ! – la parole si précieuse à faire surgir-survenir, hic et nunc, de son interlocuteur, en un dialogue si possible inventif et profond – pas pauvrement communicatif et bassement utilitaire, misérablement intéressé (et inintéressant !) – , riche et fécond : ouvrant de vraies pistes de réflexion pour chacun et pour tous, et peut-être même de recherches à ouvrir pour quelques uns plus vaillants…

     

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    Ce mardi 21 octobre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa