« Je ne cherche pas à expliquer pourquoi, sept cents ans après la mort de Dante, il vaut encore la peine de lire La Divine Comédie : je raconte la vie _ voilà, en son détail le plus précis possible à l’historien-chercheur d’aujourd’hui… _ d’un homme du Moyen Âge, qui eut des parents, des oncles, des tantes et des grands-parents, qui alla à l’école, tomba amoureux, se maria et eut des enfants, s’engagea dans la politique et fit la guerre, connut des succès et des malheurs, la richesse et la pauvreté. Sauf que cet homme est _ aussi _ l’un des plus grands poètes qui aient jamais foulé la terre. »
Étiquette : récit de vie
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la rafraîchissante nouvelle d’un prix littéraire à un livre non faisandé : Mathieu Lindon, Prix Médicis 2011 pour le récit « vrai » « Ce qu’aimer veut dire »
C’est une nouvelle rafraîchissante de voir, ce 4 novembre 2011,
en ces temps de cynisme dévergondé (sous prétexte d’efficacité réaliste, bien sûr !),
un récit « vrai » _ et de profonde et « vraie« humilité de son auteur _ d’un long et un peu tardif, dirait l’auteur, mais en fait seulement lentement progressif (comme il se doit !) « apprendre à vivre » (c’est-à-dire « apprendre à aimer » !),
le récit de vie rétrospectif de Mathieu Lindon Ce qu’aimer veut dire, paru l’hiver dernier aux Éditions P.O.L.,
et auquel j’ai consacré deux articles :
_ le premier, le 14 janvier, à ce très beau récit « vrai » lui-même :
_ le second, le 12 février, à l’entretien (superbe ! profondément émouvant : de « vérité« , justement…) que Mathieu London a accordé à Xavier Rosan, dans les salons Albert Mollat :
recevoir, plus de dix mois après sa parution le 13 janvier, le Prix Médicis du roman.
…
Mathieu Lindon ne concourait à rien.
Son écriture est simplement vitale ; il donne _ sur le tard de sa maturité d’éternel « pur » jeune homme qui a (un peu) appris à « aimer« ; et c’est toujours à son corps défendant, et en ouverture (et c’est peu dire !) à l’altérité profonde d’un autre ; de l’autre !.. _ ce qu’il a reçu en matière d’apprentissage d’ »aimer« .
Son récit « vrai« , donc, est aux antipodes des produits faisandés de carriéristes gens de lettres !…
Ce beau « vrai » livre, à mille lieues de tout didactisme !,
rencontrera surement ainsi de nouveaux lecteurs
qui, le lisant « vraiment« , réfléchiront un peu mieux peut-être
en faisant, avec lui,
quelque « point » _ fraternel ! « Ô vous, frères humains« , chantait Villon, « n’ayez le cœur contre nous endurci !« ; et par l’exemple narré… _ un poil plus clair (!)
sur eux-mêmes et les autres,
quant à ce qu’ »aimer veut dire » vraiment…
…
Bravo !
Et encore merci à lui !
…
Titus Curiosus, ce 4 novembre 2011

