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  • Le déni de la puanteur de la chair brûlée _ ou comment passer du refus de se pencher sur le passé à l’effort de connaissance _ ou Histoire _ et à la reconnaissance du travail des mémoires _ des témoins ?

    « Comment passer

    du refus de se pencher sur le passé

    à l’effort de connaissance _ ou Histoire _

    et à la reconnaissance du travail des mémoires _ des témoins ?«  :

    …

    ou,

    via une question de déni de puanteur (terrible !),

    un article d’El Pais,

    ce dimanche 19 avril 2009,

    « L’Holocauste n’est pas un spectacle« ,

    par Javier Rodríguez Marcos

    …

    _ en avant-première à ma recension prochaine de « L’Holocauste comme culture« , d’Imre Kertész,

    qui vient de paraître (enfin !) en traduction française (par Natalia Zaremba-Huzsvai et Charles Zaremba, les traducteurs fidèles de l’oeuvre d’Imre Kertész en français) aux Éditions Actes-Sud, ce mois de mars 2009 ;

    et que j’ai achevé de lire :

    il s’agit d’un recueil de 19 « discours et essais« , rédigés (et prononcés ou/et publiés) de septembre-octobre 1989 à l’année 2003 …

    …

    _ avec un « Avant-Propos » de l’auteur

    et une « Préface » (« Le travail et la thématique de Kertész« ), de Péter Nádas,

    écrivain hongrois, auteurn notamment, d’un magnifique livre sur Berlin (où réside en grande partie Imre Kertész désormais ; ainsi aussi que Péter Nádas) :

    « Le Livre des mémoires«  (paru en traduction française aux Éditions Plon, en juin 1998 _ et « Prix du meilleur livre étranger« , cette année-là), que je recommande avec chaleur !!! Un chef d’œuvre !

    …

    …

    « El Holocausto no es un espectáculo »

    …

    La Lista original de Schindler ha dado la vuelta al mundo _ Ahora la memoria interesa _ La recuperación del genocidio la inicio la televisión : ce sont-là des indications d’El Pais…

    …

    Javier Rodríguez Marcos 19/04/2009

    … La lista de Schindler existe. Apareció hace 15 días en una biblioteca australiana entre los papeles de Thomas Keneally, autor en 1982 de la novela _ le roman « La liste de Schindler » paru en effet en janvier 1982 sous le titre « Schindler’s Ark« , aux Éditions Simon & Schuster _ que Steven Spielberg _ qui en achète immédiatement les droits à Thomas Keneally _ convirtió 11 años después en la película sobre el Holocausto más popular de la historia _ le film « La Liste de Schindler« , sorti en France le 30 novembre 1993… El descubrimiento del documento original, 13 páginas amarillentas con 801 nombres de judíos salvados de la muerte por un industrial alemán, dio la vuelta al mundo. Una muestra más del poder del cine a la hora de despertar el interés por la historia.

    …

    Los cines y las librerías se han llenado esta temporada _ 2008-2009 _ de películas y libros sobre el genocidio judío y sus alrededores : el régimen hitleriano y la Segunda Guerra Mundial. Aunque el tema es ya todo un subgénero cinematográfico y literario, la trascendencia pública de filmes

    como « El niño con el pijama de rayas«  _ le film, en 2008, « The Boy in the Striped Pyjamas » de Mark Herman _ (basado en un libro _ le roman « The Boy in the Striped Pyjamas« , de l’auteur irlandais John Boyne ; et paru, lui, en 2006 : en français, « Le Garçon au pyjama rayé« , aux Éditions Gallimard-Jeunesse, dans le genre : « fable«  ! _ del que la editorial Salamandra lleva vendidos dos millones de ejemplares en dos años),

    « The reader«  _ « Le liseur« , film de Stephen Daldry, d’après le roman éponyme de Bernhard Schlink _ (que le valió un Oscar a Kate Winslet) ;

    o « Valkiria«  (encabezada por una megaestrella de Hollywood como Tom Cruise _ le film « Walkyrie« , de Bryan Singer, sorti en France le 17 décembre 2008 ; lire « Nous voulions tuer Hitler« , par Philipp Freiherr von Boeselager,« le seul récit de « l’opération Walkyrie » par un de ses acteurs », précise le sous-titre du livre… _)

    ha vuelto a despertar la polémica en torno a los límites del arte (y el espectáculo) a la hora de representar un acontecimiento que partió para siempre en dos _ sans nul doute ! _ la historia del siglo XX.

    …

    A esos títulos cabría añadir películas recientes o inminentes

    como « Desafío« ,

    « La condición humana« ,

    « Adam Resurrected » _ un film de Paul Schrader, paru en France le 22 mars 2009, au festival du film israëlien de Paris, d’après le roman éponyme, « Adam ressuscité« , de Yoram Kaniuk _,

    « Un secret » _ le film de Claude Miller, avec Patrick Bruel et Cécile De France, sorti le 3 octobre 2007, d’après le roman éponyme, « Un Secret« , de Philippe Grimbert _

    o « Plus tard tu comprendras » _ le film d’Amos Gitaï, avec Hippolyte Girardot, Jeanne Moreau et Emmanuelle Devos, sorti le 21 janvier 2009, d’après le récit autobiographique « Plus tard tu comprendras » de Jérome Clément, paru en 2005 _,

    y la no tan lejana y también oscarizada « Los falsificadores » _ en français « Les Faussaires« , un film de Stefan Ruziwosky, sorti en France le 6 février 2008, d’après un récit autobiographique d’Adol Burger.

    …

    Sin olvidar libros aparecidos en las últimas semanas como « Me llamaba Pikolo« ,  del célebre compañero _ Jean Samuel _ de Primo Levi en Auschwitz _ en français « Il m’appelait Pikolo _ un compagnon de Primo Levi raconte« … _,

    o el diario _ « Journal » _ de Hélène Berr, publicitado como una mezcla entre Ana Frank e Irène Némirovsky _ sur ce « Journal » d’Hélène Berr, cf mon article du 19 septembre 2008 « Chant d’action de grâce _ hymne à la vie, mais dans la nasse« …

    …

    El tema, está claro, tiene un público garantizado _ désormais _, pero no siempre fue así

    _ cf Annette Wieviorka : « Déportation et génocide _ entre la mémoire et l’oubli » et « L’Ère du témoin«  ; et c’est l’histoire de ce phénomène _ du déni de réalité (historique) au « thème » de prédilection (comme « histoires ») du public _ qui mérite toute notre attention ; et un article…

    El filósofo Reyes Mate, investigador del CSIC y uno de los grandes estudiosos europeos del Holocausto, recuerda que hace tan sólo 10 años propuso a dos grandes editoriales españolas que tradujeran « La especie humana«  _ « L’espèce humaine » _, un clásico _ un must ! _ entre los testimonios de deportados. El autor era Robert Antelme, el marido de Marguerite Duras, y en Francia había aparecido en 1957. La respuesta, cuenta Mate, fue rotunda: « Eso no interesa a nadie« . La pequeña editorial Arena lo publicó finalmente en 2001.

    …

    Otro ejemplo : uno de los libros de 2006 fue « Vida y destino«  _ « Vie et destin » : autre chef d’œuvre (indispensable !) du XXème siècle, de même que « L’espèce humaine » de Robert Antelme _, de Vassili Grossman, que llevaba publicada en España desde 1985. Que la más reciente fuera la primera versión directa del ruso no explica del todo el súbito interés.

    …

    ¿ Qué ha pasado, pues, para que el Holocausto haya encontrado por fin sus lectores y espectadores,

    es decir _ et la précision de vocabulaire est, en effet, très importante _, sus consumidores ? El propio Reyes Mate, autor de « Memoria de Auschwitz. Actualidad moral y política«  _ non traduit encore en français, le livre est paru en 2003 aux Éditions Trotta _ apunta dos razones. Una : hay muchos documentos por publicar. Dos : ahora la memoria interesa.

    …

    Aunque es difícil superar hitos como Primo Levi _ « Si c’est un homme » ; « Les Naufragés et les rescapés _ quarante ans après Auschwitz« , principalement _, Jean Améry _ « Par-delà le crime et le chatiment : essai pour surmonter l’insurmontable« , d’abord (cf ce qu’en dit l’immense Imre Kertész) _ o el propio Antelme, queda mucho material inédito depositado en los diversos museos del Holocausto, empezando por el de Jerusalén. Material por publicar y material por conocer. La edición del diario de Berr se cierra con una extensa nota en la que el Centro de Documentación Judía Contemporánea de París _ = le « Mémorial de la Shoah«  où œuvre Georges Bensoussan, 17 rue Geoffroy l’Asnier, Paris 4e _ hace un llamamiento a todos los que puedan tener materiales de ese tipo. Fue así, entre las decenas de cartas, fotos, objetos y documentos que reciben anualmente como depósito, les llegó ese libro hace siete años _ cf à nouveau mon article du 19 septembre 2008 : « Chant d’action de grâce _ hymne à la vie, mais dans la nasse« …

    …

    Jorge Semprún, superviviente de Buchenwald _ cf sur son séjour là-bas les magnifiques et indispensables, eux aussi, « Quel beau dimanche » et « L’Écriture ou la vie« _, suele decir que cuando muera el último deportado quedarán sus historias pero se perderá para siempre el recuerdo del olor de los crematorios

    …

    _ un article d’Imre Kertész, dans le recueil « L’Holocauste comme culture« 

    (et en le recherchant, je finis par découvrir qu’il s’agit de l’article _ magnifique !!! _ « Euréka« , le discours prononcé à la réception du prix Nobel de Littérature, le 10 décembre 2002, à Stockholm)

    évoque aussi ce que fut, d’abord, pour lui, le « re-souvenir«  de ses « vingt premières minutes«  à Auschwitz,

    tant demeurait encore puissant (dans le « survivant«  de tout « cela« …) le refus de « ressentir«  à nouveau cette « odeur« -précise-là : je me permets de citer _ et longuement _ ce passage, aux pages 259 à 261 :

    …

    « Dans les camps de concentration _ Buchenwald et Zeitz, après le passage ultra-rapide par la « sélection » d’Auschwitz-Birkenau _, mon héros _ celui d’« Être sans destin » et du « Refus » : celui qu’il nomme « György Köves » _ ne vit pas son propre temps, puisqu’il est dépossédé de son temps, de sa langue, de sa personnalité. Il n’a pas de mémoire, il est dans l’instant. Si bien que le pauvre doit dépérir dans le piège morne de la linéarité _ extraordinaire formule ; d’une imparable justesse ! _ et ne peut se libérer des détails pénibles. Au lieu d’une succession spectaculaire de grands moments tragiques, il doit vivre le tout _ immensément pesant, jusqu’à, à lui seul, déjà, tuer, ce « tout«  ! _, ce qui est pesant et offre peu de variété, comme la vie _ dangereuse par là, rien qu’en cela… Mais cela m’a permis de tirer des enseignements étonnants. La linéarité exige que chaque situation s’accomplisse intégralement. Elle m’a interdit, par exemple _ vous y venons… _ de sauter élégamment une vingtaine de minutes pour la seule raison que ces vingt minutes béaient devant moi _ au présent de la mémoire et de l’écriture de l’écrivant, vivant _ tel un gouffre noir, inconnu et effrayant comme une fosse commune. Je parle de ces vingt minutes qui se sont écoulées sur le quai _ la rampe d’arrivée du train _ du camp d’extermination de Birkenau, avant que les personnes _ elles l’étaient donc encore ! _ descendues des wagons ne se retrouvent devant l’officier qui faisait la sélection. Moi-même _ raconte l’auteur ce jour de décembre 2002 à Stockholm, Imre Kertész, à propos de lui-même alors âgé de quatorze ans et demi _, j’avais _ à l’instant d’écrire cet épisode d’« Être sans destin«  _ un souvenir approximatif de ces vingt minutes ; mais le roman _ à écrire _ m’interdisait de me fier _ seulement _ à mes _ minces et vagues actuelles (alors) _ réminiscences. Presque tous les témoignages, confessions et souvenirs de survivants _ alors disponibles en librairie ou dans les bibliothèques, en ces années cinquante et soixante, celles de l’écriture (longue) d’« Être sans destin » _ que j’avais lus _ les témoignages commençaient à s’accumuler, peu à peu ; et parvenir même à Budapest, au-delà du rideau de fer stalinien, surtout à partir des années soixante _ étaient _ un peu trop _ d’accord sur le fait _ à avérer ! _ que tout _ et le site d’Auschwitz-Birkenau n’est pas le site de Buchenwald ! _ s’était déroulé très vite et dans la plus grande confusion : les portes des wagons s’ouvraient violemment au milieu des cris et des aboiements _ des chiens des SS _, les hommes étaient séparés des femmes ; dans une cohue démentielle, ils se retrouvaient devant un officier qui leur jetait un rapide coup d’œil, montrait quelque chose en tendant le bras ; puis ils se retrouvaient _ ceux d’une certaine file, du moins ; pas ceux de l’autre file _ en tenue de prisonniers _ les autres filant à la zone de déshabillage, pour se doucher… 

    …
    Moi, j’avais
    _ cependant _ un autre souvenir _ bien plus anomique ! _ de ces vingt minutes. En cherchant des sources _ ayant quelque chance d’être un peu plus _ authentiques _ en fait de vérité du témoignage _, j’ai commencé par lire Tadeusz Borowski _ »Le Monde de pierres » : un must, lui aussi ! _, ses récits limpides, d’une cruauté masochiste, dont celui qui s’intitule « Au gaz, messieurs dames ! »…

    …

    Ensuite, j’ai eu entre les mains _ toute une aventure, probablement… _ une série de photos qu’un SS avait prises sur le quai _ de gare _ de Birkenau lors de l’arrivée des convois ; et que les soldats américains ont retrouvées à Dachau, dans l’ancienne caserne des SS. J’ai été sidéré _ le terme est éloquent _ par ces photos : beaux visages souriants de femmes, de jeunes hommes au regard intelligent, pleins de bonne volonté, prêts à coopérer.

    …
    Alors j’ai compris
    _ voilà : un cliquet ! sans retour _ comment et pourquoi ces vingt minutes humiliantes d’inaction et d’impuissance s’étaient estompées dans leur mémoire _ de survivants (ou « rescapés« , dit Primo Levi), bien sûr ! C’est que l’activité même de la mémoire n’est jamais neutre ; mais est toujours traversée de forces, en situation ; partagée, cette activité, qu’elle est, entre le désir de connaître vraiment (en vérité !) ; et le désir de ne pas connaître, et d’oublier ; ou de seulement, pire, croire connaître : en paix avec les clichés partagés avec d’autres…

    …
    Et quand, en pensant
    _ c’est à dire « vraiment » !.. _ que tout cela s’était répété jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, durant de longues années _ linéaires ! _, j’ai pu entrevoir _ en écrivain responsable de la vérité de sa plume ; pas en bonimenteur ou propagandiste _ la technique _ tranquille et froidement cynique, mise en place _ de l’horreur ; j’ai compris _ oui ; et permis de faire comprendre un peu mieux à qui le lirait (et lira) _ comment on _ = certains _ pouvait retourner la nature humaine _ en la manipulant si peu que ce soit avec habileté et roublardise _ contre la vie humaine«  _ on mesure combien, cette fois-là de 2002, le « Prix Nobel de Littérature«  décerné n’était pas (seulement) de l’ordre du « politiquement correct«  !..

    …

    « J’avançais ainsi _ en expérimentateur libre _ sur la voie linéaire _ elle aussi ? par l’effet du cliquet ? sans doute _ des découvertes ; c’était, si on veut, ma méthode heuristique » _ je m’arrêterai ici à cette considération-là : décisive, il est vrai.
    …

    Dans un autre de ses (immenses !) textes _ peut-être dans « Dossier K.«  ; en plus du récit premier (et basiquement fondamental, pour Imre Kertész : tant l’homme que l’artiste-écrivain) d’« Être sans destin« , bien sûr…  _, Imre Kertész évoque un autre moment, un peu plus tardif, de ces longues premières heures à Auschwitz : précisément le très long refus de consentir (alors ; puis, à nouveau, ensuite) à admettre en pleine conscience que l’odeur insupportable qui s’élevait sans discontinuer des hautes cheminées de Birkenau, en face des baraquements, et rendait l’atmosphère absolument irrespirable, avait quelque chose à voir avec les files de ceux de ses compagnons de voyage (depuis Budapest) qui avaient pris _ et continuaient peut-être de prendre _ le chemin des douches…

    …

    Fin de l’incise à propos de « l’odeur des crématoires » (dans la bouche, ou sous la plume, de Jorge Semprun) ;

    et retour à l’article « L’Holocauste n’est pas un spectacle«  de Javier Rodríguez Marcos : je reprends :

    …

    Jorge Semprún, superviviente de Buchenwald suele decir que

    cuando muera el último deportado quedarán sus historias

    pero se perderá para siempre el recuerdo _ physique, en quelque sorte, incarné dans la mémoire d’un corps _ del olor de los crematorios.

    …

    En esa línea, la novelista española Juana Salabert apunta a la urgencia por saber todo lo posible antes de que desaparezcan los testigos, como una explicación más para el fenómeno. Hija de exiliados españoles en Francia y autora de « Velódromo de invierno » _ « Le Vélodrome d’hiver« , paru en traduction française aux Éditions Buchet-Chastel en octobre 2007 _, una novela sobre las deportaciones masivas de 1942 que ganó el « Premio Biblioteca Breve« , Salabert añade: « No hace tanto que pasó. ¿ Qué son 60 años ? Estamos hablando de nuestros abuelos« .

    …

    Retomando su segundo argumento, el actual interés por la memoria, Reyes Mate señala que no se trata sólo de un fenómeno español, sino de una tendencia general _ certes. Claro que él mismo subraya que también el olvido fue durante décadas una tendencia general : « Al final de la Segunda Guerra Mundial la consigna _ oui ! _ fue ésa, olvidar. Y no sólo en Alemania, donde tenían un país por reconstruir, también en Estados Unidos _ et ailleurs... Allí las asociaciones judías recomendaron a los supervivientes que se integraran discretamente, que no molestaran con sus historias« .

    …

    Pero todo cambió en los años ochenta _ lire en priorité ici le décisif « L’Ère du témoin » d’Annette Wieviorka. Y el cambio no lo trajo _ principalement, selon le journaliste auteur de cet article d’« El Pais«  _ ni la historiografía ni la investigación. Lo trajo la televisión. El interés masivo por el Holocausto nació a la vez _ mais cette concomitance ne constitue pas une explication… _ que se abría la polémica, que dura hasta hoy, sobre la manera de contarlo en una pantalla. Entre el 16 y el 19 de abril de 1978, 120 millones de personas vieron en Estados Unidos una serie producida por la NBC a partir de una novela de Gerald Green : « Holocausto » _ « Holocauste« , paru en traduction française aux Éditions Robert Laffont.

    …

    La historia cruzada de dos familias (una judía y una nazi) cambió para siempre la percepción del mundo _ de la plupart _ sobre un genocidio que pasó a llamarse con el título de la serie, un término que se impuso a los más utilizados hasta entonces : « Auschwitz » o, siguiendo acríticamente la terminología de los verdugos, « Solución Final« . Del poder del cine como detonante (y fabricante _ à discuter ! _) de la memoria da una idea también el hecho de que en Francia el término más extendido hoy, « Shoah« , sea el título de la película de nueve horas dirigida por Claude Lanzmann en 1985 _ « Shoah« , le film (de 613 minutes ; sorti en France le 30 avril 1985) ; et « Shoah« , les dialogues du film : une étape cruciale du processus (de « représentation« ) qui nous mobilise ici…

    …

    De pretensiones realistas y tintes melodramáticos, « Holocausto » generó tal controversia que animó a varias universidades estadounidenses a promover proyectos para recoger _ on ne peut plus matériellement _ los testimonios de los supervivientes _ dont l’entreprise, gigantesque, de recollection de témoigages dirigée par Steven Spielberg, avec un procole bien spécifié. Como ironizó algún historiador crítico : primero llegó el kitsch, luego la ciencia. Se estima que 500 millones de espectadores vieron la serie en todo el planeta, pero en ningún lugar causó el efecto que en Alemania, donde se emitió en 1979, hace ahora 30 años. Aunque es ya famosa la crítica de Der Spiegel en la que se describía la serie como « el genocidio rebajado al nivel de « Bonanza« , con música de « Love Story«  », los guionistas consiguieron lo que no habían conseguido los historiadores : romper el tabú de los alemanes sobre su propio pasado.

    …

    « Yo estudié en Alemania en los años sesenta y setenta« , relata el propio Reyes Mate, « y allí no se hablaba del Holocausto. Ni siquiera se veían las típicas películas del americano bueno y el nazi malo. La televisión puso el tema en el centro del debate nacional. Opinaba todo el mundo : los taxistas, los periodistas, no sólo los historiadores. Se notaba en la calle« .

    …

    « Algo parecido, aunque más tarde que en Alemania, sucedió en Francia« , cuenta Juana Salabert. Sólo con Chirac, en los años noventa, se empezó a hablar de la responsabilidad del Estado en las deportaciones : « Del Estado y de muchos franceses. Hasta entonces todo se había reducido al colaboracionismo de unos pocos« . Del silencio de los padres _ oui _ se pasó a las preguntas de los hijos _ difficiles _ , y de éstas, hoy, a la petición de responsabilidad _ probablement _ de los nietos. Salvadas todas las distancias, una relación no muy distinta de la de las diferentes generaciones de españoles con la Guerra Civil.

    …

    No obstante, muchos de los que defienden la necesidad de salvaguardar la memoria del Holocausto alertan sobre la proliferación de películas que lo tienen como tema _ Elie During nous a avertit de la distinction cruciale à établir, constituer et maintenir entre activité de « problématisation«  et fossilisation en « thématique«  ; cf mon article du 17 avril dernier : « Elégance et probité d’Elie During _ penseur du rythme _ en son questionnement “A quoi pense l’art contemporain ?” au CAPC de Bordeaux » _, una avalancha que llega, dicen, acompañada de dos grandes peligros : la banalización exhibicionista del horror ; y, en una nueva vuelta de tuerca, la identificación con los verdugos _ à méditer ! « Para muchos espectadores estadounidenses« , escribió el crítico de The New York Times A. O. Scott, « una película sobre el Holocausto equivale hoy a un western ! » Es decir, a una obra de género más cercana al entretenimiento _ ah ! l’« entertainment » et son industrie (décervelante) florissante… _ que a la historia.

    …

    Para los críticos, con ciertos usos del Holocausto en la ficción, el gran riesgo está en atravesar la frontera entre explicar, comprender y justificar. A la luz de películas como « Valkiria« , sobre el atentado frustrado contra Hitler, y « The Reader« , sobre una celadora de un campo de concentración, Salabert apunta: « Noto que el interés empieza a pasar de la mirada de la víctima a la del verdugo« . Aunque reconoce que la actuación de Winslet es « excelente » a la hora de mostrar los miedos cotidianos de una ex nazi, advierte : « Un pasito más y diremos : eran las circunstancias; hay que comprender » _ à comparer au phénomènal succès de librairie (et lecture) des « Bienveillantes« , de Jonathan Littell ; ainsi que les levées de ses critiques : par exemple, « Les Bienveillantes décryptées« , de Marc Lemonier ; « Les Malveillantes« , de Paul-Éric Blanrue ; « Les Complaisantes« , de l’historien Edouard Husson ; ou, divers articles fort bien troussés de l’espiègle et courageux Pierre Jourde…

    …

    ¿ Y qué dicen las víctimas ? Rosa Toran, presidenta de « Amical de Mauthausen« , que agrupa a deportados y familiares de deportados a los campos nazis, indica que el alud de películas sobre el Holocausto no siempre ayuda porque no discrimina : « Hay un revival peligroso ligado a veces a que la estética nazi es atractiva para mucha gente. Además, es muy grave presentar a los implicados en el complot contra Hitler como resistentes. Los verdaderos resistentes no lo fueron sólo en 1944, cuando vieron la guerra perdida. El problema de la ficción frente al documental es que se queda en las acciones heroicas aisladas y no indaga mucho más« .

    …

    No obstante, Toran no duda respecto a mostrar la normalidad de los verdugos : « Claro que hay que hablar de ellos. Eran personas normales, no demonios con superpoderes. Otorgarles normalidad es generar antídotos para que no vuelva a suceder. Además, explicar no es justificar« .

    …

    Reyes Mate abunda en esa opinión recordando la polémica provocada por la película « El hundimiento«  _ « La Chute« , film d’Olivier Hirschbiegel, avec Bruno Ganz, sorti en France le 5 janvier 2005 _, que cuenta las últimas horas de Hitler en su búnker berlinés : « El cine tiene el peligro de que, por sus propios mecanismos, busca la identificación _ vertigineuse et vénéneuse _ del espectador con el protagonista ; pero hay que correr el riesgo de hablar de la normalidad de los criminales para que no se piense que el genocidio judío fue obra de cuatro locos » _ cf ici les importants travaux de Christopher Browning : « Des hommes ordinaires : le 101ème bataillon de la police allemande et la solution finale en Pologne » et « Les Origines de la solution finale : l’évolution de la politique antijuive des nazis, septembre 1939-mars 1942 » (avec Jürgen Matthäus) ; et de Harald Welzer : « Les Exécuteurs : des hommes normaux aux meurtriers de masse« … Ainsi que _ mais à un tout autre niveau, forcément ! _ mes articles du 13 et du 27 février 2009 à propos du débat entre les historiens Edouard Husson et Florent Brayard : « de l’hypothèse au fait : la charge de la preuve _ un passionnant article de Florent Brayard à propos du “Heydrich et la solution finale” d’Edouard Husson, quant à la datation de la “solution finale”, avant la conférence de Wannsee » et « Sur le calendrier de “la solution finale” : la suite du débat historiographique Edouard Husson / Florent Brayard » : afin de donner si peu que ce soit d’écho (sur un blog…) à leurs recherches…

    …

    « La banalidad del mal« , lo llamó Hannah Arendt _ en 1963 dans son ouvrage très important « Eichmann à Jérusalem _ Rapport sur la banalité du mal« … _, que, frente a los que al hablar del horror del Holocausto se refugian en lo inexplicable (!), fue rotunda : si Auschwitz sobrepasa toda noción de justicia y humanidad habrá que repensar desde cero el derecho y las ciencias humanas (!). « Cuando sucede lo impensable, aparece lo que da que pensar« , añade Mate. Ése es para él _ rejoignant ainsi les puissantes positions d’Imre Kertész en ses discours et conférences de « L’Holocauste comme culture » _ el potencial del Holocausto para las generaciones futuras : « Lo que queda es tomarse en serio _ oui ! _ toda esa memoria ; pasar de la emoción a la interpretación ; y pensarlo todo a la luz de lo que ocurrió ; no seguir como si no hubiera ocurrido. Todo : la política y la propia idea de progreso, la ética y, por supuesto, el arte« . E insiste, explicar no es comprender. « La gran singularidad de la Shoah es que siempre habrá un abismo _ certes _ entre las causas que nos damos y lo que ocurrió. No sólo un abismo moral, también racional. El odio a los judíos no da para matar a un millón de niños«  _ cf aussi de Georges Bensoussan les très riches : « Europe, une passion génocidaire : essai d’histoire culturelle » et « Auschwitz en héritage : d’un bon usage de la mémoire« …

    …

    Tal vez por eso algunos supervivientes valoran, frente al verismo _ peu vérace _ de « La lista de Schindler« , el absurdo _ ou plutôt l’humour : décalant (et « décaleur« ) parce que distancié et distanciateur (à la Brecht, celui de la « Verfremdung« … cf ici mon article du 14 avril dernier : « L’apprendre à lire les images de Bertolt Brecht, selon Georges Didi-Huberman : un art du décalage (dé-montage-et-re-montage) avec les appoints forts et de la mémoire activée, et de la puissance d’imaginer« ) _ de « La vida es bella«  _ « La Vie est belle« , le film de Roberto Begnini, sorti en France le 23 octobre 1998. Es el caso de Imre Kertész, que reconoció _ en son article (du « Zeit » de Hambourg, en 1998) « A qui appartient Auschwitz ?« , in « L’Holocauste comme culture« , pages 156 à 159 _ en la atmósfera irreal de la película de Benigni, criticada por teñir de comedia el drama de un campo de exterminio, una característica esencial«  de lo que él vivió en Auschwitz : « El hedor de la carne quemada nos revolvía el estómago y, sin embargo, no podíamos creer que fuera cierto » _ voilà ! je viens de retrouver l’origine de cette référence à « l’odeur«  des « fours crématoires« , longtemps déniée le premier jour de son passage _ Kertész avait quatorze ans et demi ; mais ce n’est pas une affaire d’âge ! _ par la station de triage d’Auschwitz :

    …

    voici cette phrase que je recherchais, tout à l’heure ; elle se trouve page 158 de « L’Holocauste comme culture«  :

    …

    « La puanteur de la chair brûlée nous donnait la nausée ; et pourtant nous ne pouvions croire (tel est bien le déni de réalité !) que tout cela _ au neutre _ fût vrai.« 

    …

    C’est que : « on préférait _ poursuit Kertész rédigeant l’article du « Zeit«  _  se plonger _ en ces instants, si difficiles, en leur impensable nouveauté ! (et vitesse de surgissement ! ; sans rien dire des armes et des barbelés !) _  dans des pensées plus rassurantes qui pouvaient inciter _ davantage _ à survivre » _ page 158, donc.

    …

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    Titus Curiosus, le 19 avril 2009

  • A propos d’un auteur majeur d’aujourd’hui : Roberto Bolaño _ succès (justifié) et ambiguïtés (extra-littéraires) du succès

     Ce matin, en parcourant la presse sur le net,

    ce courriel à Bernard Plossu, passionné du Mexique :

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    Un article intéressant sur un écrivain important, Roberto Bolaño, dans El Pais du 22-3-09.
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    Je n’ai pas lu Bolaño encore ;
    son plus grand livre, semble-t-il, est « 2666 » : un pavé énorme
    ; qui demande beaucoup de temps…
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    Il a vécu pas mal de temps au Mexique ; et aborde la question du degré phénoménal de sa violence.
    Rien que cela devrait t’intéresser personnellement…

    Peut-être l’as-tu déjà lu…
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    Titus
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    Voici l’article : « El enigma universal de Roberto Bolaño » _ les gras sont de ma responsabilité (de lecteur qui intervient)…

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    http://www.elpais.com/articulo/cultura/enigma/universal/Roberto/Bolano/elpepucul/20090322elpepicul_1/Tes
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    REPORTAJE

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    El enigma universal de Roberto Bolaño…

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    Nuevas obras explotan el éxito _ deux termes significatifs, en ce sous-titre de l’article _ planetario del autor chileno, muerto en 2003
    LOLA GALÁN – Madrid – 22/03/2009

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    A Roberto Bolaño no le cambió el éxito. No le llegó a tiempo _ certes ! Cuando murió, a los 50 años _ c’est bien jeune… _, víctima de una cirrosis hepática _ ce n’est pas non plus tout à fait anodin _, el 15 de julio de 2003, tenía una decena de obras de culto, que le permitían, todo lo más, vivir con holgura _ expression intéressante _ de la literatura. Ahora, seis años después de su muerte, su nombre de escritor está en boca de todos. Se reeditan sus libros, se le dedican ensayos y artículos, se adaptan sus novelas para el teatro, se estudian como guiones de posibles filmes. Es el éxito _ et mondial, planétaire… _ con mayúsculas. Un vendaval que lo ha trastocado todo, aunque a su principal responsable no puede ya _ forcément… _ afectarle.

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    Nacimiento:          1953
    Lugar:          Santiago de Chile
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    Echevarría: « Nada de lo que se publique va a sumar al escritor »
    El éxito no pudo cambiar su vida, pero ha alterado el mundo que le rodeó
    Bolaño ha provocado silencio entre los escritores del ‘boom‘ _ pour quelles raisons (qui soient vraiment de fond) ?..
    « No está claro cuántos días estuvo detenido en Chile« , dice Montané
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    Lo que saboreó antes de morir, apreciado por la crítica, consagrado, incluso, como el mejor escritor latinoamericano de su generación, fue una celebridad a escala humana, por decirlo así _ oui… ; après, c’est l’ »in-humain »… Su novela « Los detectives salvajes«  _ « Les Détectives sauvages » _, tejida con los mimbres de su experiencia juvenil en México, había sido la clave de ese ascenso, a partir de 1998, que se tradujo en dos premios importantes, el Herralde y el Rómulo Gallegos. Eso le proporcionó muchos más lectores y una cuenta bancaria saneada, después de una década de penuria económica, y mil oficios de sudaca que diría él.

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    El éxito con mayúsculas, su inscripción en una liga superior de autores, en la que sólo caben nombres como el de Gabriel García Márquez o Jorge Luis Borges, entre los latinoamericanos, le llegaría con una obra póstuma, « 2666« . O, mejor dicho, con su edición norteamericana, que llegó a las librerías el año pasado. Una obra monumental, la más ambiciosa y compleja, según los críticos, que le ha abierto las puertas de la celebridad _ ici, faire la part entre les raisons littéraires de ce succès, et les autres, devient assez intéressant…

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    Su traductora, Natasha Wimmer, tardó años en verterla al inglés. Preguntada por la dificultad del lenguaje de Bolaño, crecido en México, Wimmer, respondía al magazine del New York Times: � »Vivió veintitantos años en España, y se aprecia muy bien la influencia del español castellano, al menos tanto como la del español de México« �.

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    Novela del año para la revista Time, ponderada por la archifamosa Oprah Winfrey, « 2666 » ha sido elegida mejor libro de ficción por el prestigioso Círculo Nacional de Críticos Literarios de Estados Unidos.

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    Juan Villoro escribe en el prefacio de un libro de entrevistas sobre el autor, publicado en Chile : �« Como tantos grandes, Roberto Bolaño corre el albur _ dangereux pour l’auteur _ de convertirse en mito pop« �. De lo que no hay duda es de que es un fenómeno literario generador de millones de dólares. Una mina de oro susceptible de ser explotada _ voilà le mot… Porque si el éxito _ posthume de « 2666« , et via les États-Unis… _ no pudo cambiar a Bolaño _ l’individu de chair : forcément ! _, ha cambiado al menos el mundo que rodeó al escritor, nacido el 28 de abril de 1953 en Santiago de Chile, y afincado en España a partir de 1977.

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    Su legado literario, en manos de su viuda, Carolina López, ha pasado a ser gestionado por el todopoderoso Andrew Wylie, el agente más famoso, y más temido, del panorama literario mundial. Wylie está inventariando _ le mot est intéressant _ el archivo del escritor, en busca de nuevas joyas. De momento, se ha anunciado ya la publicación de un libro, « El Tercer Reich« , y se habla de otras dos nuevas, « Diorama » y « Los sinsabores del verdadero policía » o « Asesinos de Sonora« .

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    Su albacea oficioso, el crítico Ignacio Echevarría, amigo íntimo de Bolaño, cree, sin embargo, que las obras en papel, el material que está siendo examinado ahora por la viuda del escritor y por Wylie, �« es una parte arqueológica« � de su obra. �« Nada de lo nuevo que se publique va a sumar al escritor que es ya« �, dice _ soit la différence entre l’homme (mortel) et l’artiste (au destin plus large qu’une éphémère, mortelle, vie)… Obviamente, no opina lo mismo su viuda _ ah ! les veuves (et les « ayant-droit ») d’écrivains !!! On connaît ainsi (un peu) les péripéties de l’héritage littéraire de Borges : par exemple un certain contentieux entre Jean-Pierre Bernès et Maria Kodama : peut-être en voie d’apaisement-réglement… _, que vive todavía en Blanes, con los dos hijos de la pareja, Lautaro, de 18 años, y Alexandra, de 8. López declina, amablemente, hablar con este periódico. En un correo electrónico explica que necesita preservar la intimidad de sus hijos. No quiere entrar en cuestiones personales. ¿A quién puede importarle que antes de morir Bolaño la pareja estuviera prácticamente separada? Y, sin embargo, interesa. La revista chilena Quépasa dedicó recientemente un reportaje a la � »compañera final« � del escritor, la catalana Carmen Pérez de Vega.

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    La vida y la obra de Bolaño apasionan a un público cada vez más amplio, a medida que su obra escala en la lista de superventas. Y sus novelas son fuente de nueva inspiración. El Teatro Lliure presentó el año pasado una versión dramatizada de « 2666« . Y se habla de una posible adaptación al cine. « 2666« , un relato dividido en cinco partes, donde se mezcla el humor con la fantasía desbordante, y el inventario pormenorizado de los asesinatos de mujeres en Ciudad Juárez _ plus que jamais d’actualité, hélas, à l’aune (terrible !) du réel, en 2009 !!! _ , contiene todos los ingredientes necesarios para interesar al séptimo arte. Si « Los detectives salvajes » _ « Les Détectives sauvages » _ � »cambió el paradigma del escritor latinoamericano« �, según Echevarría, « 2666« , la novela del mal, ha provocado una verdadera deflagración en la sociedad lectora estadounidense.
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    Jorge Herralde, director y fundador de Anagrama, la editorial que ha publicado sistemáticamente la obra de Bolaño a partir de 1996, se explica el éxito del autor por un conjunto de factores. �« Susan Sontag descubrió « Estrella distante«  _ « Etoile distante » _, editada por New Direction, en 2004, y no cesó de alabarla. Sontag era una entusiasta de la literatura _ oui ! _ y una propiciadora _ magnifique ! _ de grandes triunfos« �, dice el editor _ en effet ! Susan Sontag est une personnalité majeure, par son intelligence et sa générosité. Son œuvre (majeure !) est publiée en France par son amie Dominique Bourgois ; tout dernièrement, encore, en octobre 2008 : « Garder le sens, mais altérer la forme » ; après « Temps forts« , en avril 2005… �Ahí empezó la onda Bolaño _ oui : sa célébrité éditoriale et auprès du lectorat _, que con « Los detectives« … _ « Les Détectives sauvages » _ dio un salto enorme, porque fue designada novela del año, y con « 2666 » llegó al máximo, a la apoteosis, editada por Farrar, Straus & Giroux. La fuerza, la profundidad de Bolaño, su prosa adictiva, y su �« mordaz examen del mal« �, según la crítica estadounidense, �han hecho el resto�. La fascinación de Bolaño por la relación entre crimen y arte, su interés por la investigación detectivesca, su curiosidad de forense ante el horror y el mal, ha llevado a los críticos a compararle con Cormac McCarthy _ l’auteur désormais bien connu (et célébré de par le monde) de « De si jolis chevaux«  et de « La Route« …

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    Pero si ese era el Bolaño escritor, el Bolaño real _ une distinction bien intéressante, et nœud de cet article _, nieto de gallego, era, en cambio, una persona tímida, que creía en la bondad _ encore un terme décisif ! _ del buen escritor. Apasionado lector, devorador de cine y de programas de televisión � »siempre mejor la tele que un best seller« , solía decir �, cultivador de un cierto talante rebelde. En más de una entrevista, Bolaño recomendaba a sus lectores jóvenes que robaran los libros, sin más.

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    Sobre sus años en México, adonde la familia se trasladó desde Chile, cuando él apenas tenía 15 años, creó casi _ ah ! _ una leyenda. Los elementos más vívidos de aquella etapa, han quedado atrapados en « Los detectives salvajes«  _ « Les Détectives sauvages » _, una novela por la que deambula el autor, convertido en « Arturo Belano« , y su amigo Mario Santiago, transmutado en « Ulises Lima« . Bolaño reconoció siempre una deuda profunda con México, donde sintió la llamada de la escritura, y se hizo poeta.

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    Bruno Montané Krebs lo conoció en ese país, en 1974, y se hicieron amigos. Montané aparece en « Detectives » _ « Les Détectives sauvages » _, convertido en « Felipe Müller » _ ce nom a très certainement à voir avec le Filip Müller, auteur du très important « Trois ans dans une chambre à gaz d’Auschwitz« , aux Éditions Pygmalion ; et témoin majeur du film « Shoah » de Claude Lanzmann… �« En la obra de Roberto no habrá más de un 30% de material real, el resto es pura invención. Conviene tenerlo en cuenta« �, dice _ et le point est aussi très important, quant au sens de ce qu’est « écrire », puis, en aval, « lire », de la littérature ! _  el poeta chileno, afincado en Barcelona. � »A Roberto lo frecuenté en Barcelona. Cuando se trasladó a Blanes [a comienzos de los años ochenta], ya nos veíamos menos. Pero hablábamos mucho por teléfono. Roberto era excelente conversador por teléfono, sobre todo cuando llamaba él« �.
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    Herralde y Echevarría le recuerdan como un tipo con gran sentido del humor, muy divertido. Trabajaba en un estudio bastante modesto, en Blanes, en la Costa Brava. En horario nocturno. Con un paquete de cigarrillos a mano e ingiriendo litros de infusiones con miel, � »porque no podía beber otra cosa« �. A Bolaño le inspiraba la música, pero nada de autores clásicos. Solía escuchar rock duro a través de los auriculares _ un point à « méditer » : son rapport au réel (et à l’époque) allait-il jusqu’à un tel degré (par l’exclusion des œuvres d’« autores clásicos«  et l’exclusivité de « rock duro« , veux-je dire ; moi qui y trouve tant, en cette force de beauté du classicisme...) de masochisme ?.. Cela pourrait, peut-être (!..) donner à comprendre un des facteurs, parmi d’autres (plus objectifs, peut-être), de sa disparition prématurée ; de sa mort trop jeune ; de la « maladie » mortelle qui put si vite le porter à son « tableau de chasse« … Je pense ici, à l’exemple, en un sens tout contraire, de Susan Sontag, face à la maladie, et en son combat acharné, et à répétition, contre la maladie de la mort : lire ses très grands  « La maladie comme métaphore«  et « Devant la douleur des autres«  ; ainsi que le témoignage si beau de son fils, David Rieff, « Mort d’une inconsolée : les derniers jours de Susan Sontag« ..

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    Roberto Bolaño pertenecía a una generación que creció esperanzada con la revolución cubana y como chileno, vio un horizonte de cambio en el Gobierno de Salvador Allende. En 1973 atravesó América, de México a Santiago, en autobús y en autoestop, mochila al hombro, para contribuir con su granito de arena a aquella revolución pacífica. Pero en Santiago le pilló el golpe de Pinochet y fue detenido. Un encuentro con dos viejos compañeros de estudios convertidos en policías le permitió ser liberado ocho días después. Y regresar a México en avión. Allí reemprendió su carrera y fundó el infrarrealismo _ à noter… Un experimento de rebeldía literaria, inspirado en el dadaísmo, radicalmente contrario a los grandes escritores institucionales, a los santones del régimen. � »Detestábamos a Octavio Paz« �, declaraba Bolaño en una entrevista a la televisión chilena, en 1999, �pero es un gran poeta, y un ensayista de los más lúcidos� _ la distinction demeure d’importance !..

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    Aquella etapa le sirvió a Bolaño para construir su propio mito _ comment l’interpréter ? � »La mayor parte de lo que cuenta es verdad, aunque no está claro cuánto tiempo estuvo detenido en Chile« �, corrobora Montané. Después de todo, Bolaño adoraba a Borges, un maestro de la recreación inventada _ et l’ami de mon cousin Adolfo Bioy Casares : qui la pratiquait allègrement, lui aussi : seul (cf, par exemple, cette sélection de ses « romans« , chez Robert Laffont ; le plus célèbre étant, peut-être, « L’Invention de Morel » ; mais lire aussi « Le Songe des héros » ; et « Le Héros des femmes« …) ; ou à deux plumes, et maintes fois : cf, par exemple, « Les Chroniques de Bustos Domecq« ), avec Borges ; qui la pratiquait, donc, cette « recreación inventada« , en sa « fiction » ; de même que la pratiquait, et à quel degré de sublime, son épouse, Silvina Ocampo (cf « Ceux qui aiment, haïssent« )… Au passage, j’indique (encore !) que le titre de l’autobiographie de Claude Lanzmann, « Le Lièvre de Patagonie« , est empruntée à un titre de récit de ma cousine Silvina : « La liebre dorada« , traduit en français par Elisabeth Pagnoux… Fin de l’incise familialo-littéraire ; et retour aux retombées sonnantes et trébuchantes de la célébrité nouvelle de Roberto Bolaño… Había leído dos veces toda su obra, y casi todos los libros publicados sobre él. Pero distinguía los trucos y las trampas en su personalidad _ ah ! Adoraba el malditismo de poetas adolescentes como Rimbaud y Lautreamont, pero tenía claro que eran vidas extremas que no quería para su hijo _ ce qui s’appelle « faire la part des choses »… Qu’en est-il, alors, et plus généralement, du rapport de la fiction au réel ? Et quelles sont les diverses fonctions de cette fiction ? Rêver peut-être (à la Hamlet : « To die, to sleep ? Perchance to dream ?..« )… Sont-elles bien toutes « équivalentes » ?.. L’auteur de l’article, Lola Galán, semble se le demander assez fortement…

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    De la fauna literaria no tenía buena opinión. �« La escritura es un oficio poblado de canallas y de tontos, que no se dan cuenta de lo efímero que es« �, declara en la misma entrevista de la televisión chilena, realizada en su primer viaje a la patria, tras 25 años de ausencia.

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    Fue una ocasión perfecta para opinar de todo, especialmente de literatura, y de autores chilenos. Bolaño, que admiraba a Nicanor Parra _ dont l’œuvre la plus connue est « Poemas y antipoemas » ; né le 5 septembre 1914, il appartient à la famille Parra ; dont on connaît, entre autres membres : Roberto, Violeta, Angel, Isabel et Eduardo (« Lalo ») _, fue bastante duro con sus compatriotas. Se despachó a gusto contra algunos de los más destacados. Ya lo había hecho _ ya = déjà _ con los autores del famoso boom y, sobre todo, con la larga secuela de los que transitaron esos caminos trillados con enorme fortuna. Sus declaraciones despreciativas no fueron pasadas por alto. � »Es curioso que salvo Jorge Edwards _ l’auteur du « Poids de la nuit » et de « L’Origine du monde » qui ont été traduits en français… _ y, mucho más tarde, Vargas Llosa _ bien mieux connu en France ; cf, par exemple, « La Ville et les chiens« …  _, ninguno de los autores del boom haya dicho una palabra de Bolaño« �, comenta Herralde.

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    Enrique Vila-Matas _ de lui, vient de paraître en français, le 12 mars, « Journal volubile« … _, que frecuentó al chileno a partir de 1995, dice que se dio cuenta de la grandeza de Bolaño, �« cuando leí « Estrella distante«  _ « Etoile distante » _ y « Los detectives salvajes«  _ « Les Détectives sauvages« . Junto a Jorge Edwards, presenté este último libro en Barcelona, en 1999, y allí ya expuse por escrito mi percepción de estar ante un genio de la literatura« �. Por eso no oculta su extrañeza ante otro fenómeno ligado al autor chileno. � »Siempre me ha llamado la atención el poco interés que ha despertado Bolaño entre una gran parte de los escritores españoles. Es una indiferencia que hay que encuadrarla dentro de esa falta de interés que sienten normalmente los escritores españoles hacia sus propios colegas, y más aún si son latinoamericanos« �.

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    Puede ser. Tampoco Roberto Bolaño se anduvo con muchas diplomacias. Criticó a muchos autores consagrados sin importarle lo más mínimo hacerse enemigos. ¿Qué pensaría ahora de esta consagración global? ¿Cómo juzgaría las nuevas obras que tiene en cartera su agente norteamericano? Seguramente con satisfacción, pensando al fin y al cabo en la seguridad económica de sus hijos _ beaucoup de lucidité et d’humour (ou d’ironie ?) en cet article…

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    Titus Curiosus, ce 22 mars 2009

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    En appendice, et pour le plus simple plaisir,

    voici « La Liebre dorada« ,

    conte de Silvina Ocampo :

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    En el seno de la tarde, el sol la iluminaba como un holocausto en las láminas de la historia sagrada. Todas las liebres no son iguales, Jacinto, y no era su pelaje, créeme, lo que la distinguía de las otras liebres, no eran sus ojos de tártaro ni la forma caprichosa de sus orejas; era algo que iba mucho más allá de lo que nosotros los hombres llamamos personalidad. Las innumerables trasmigraciones que había sufrido su alma le enseñaron a volverse invisible o visible en los momentos señalados para la complicidad con Dios o con algunos ángeles atrevidos. Durante cinco minutos, a mediodía, siempre hacía un alto en el mismo lugar del campo ; con las orejas erguidas escuchaba algo.

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    El ruido ensordecedor de una catarata que ahuyenta los pájaros y el chisporroteo del incendio de un bosque, que aterra las bestias más temerarias, no hubieran dilatado tanto sus ojos; el antojadizo rumor del mundo que recordaba, poblado de animales prehistóricos, de templos que parecían árboles resecos, de guerras cuyas metas los guerreros alcanzaban cuando las metas ya eran otras, la volvían más caprichosa y más sagaz. Un día se detuvo, como de costumbre, a la hora en que el sol cae a pique sobre los árboles, sin permitirles dar sombra, y oyó ladridos, no de un perro, sino de muchos, que corrían enloquecidos por el campo.

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    De un salto seco, la liebre cruzó el camino y comenzó a correr ; los perros corrieron detrás de ella confusamente.
    _ ¿Adónde vamos? _ gritaba la liebre, con voz temblorosa, de relámpago.
    _ Al fin de tu vida _ gritaban los perros con voces de perros.

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    Este no es un cuento para niños, Jacinto; tal vez influida por Jorge Alberto Orellana, que tiene siete años y que siempre me reclama cuentos, cito las palabras de los perros y de la liebre, que lo seducen. Sabemos que una liebre puede ser cómplice de Dios y de los ángeles, si permanece muda, frente a interlocutores mudos.

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    Los perros no eran malos, pero habían jurado alcanzar la liebre sólo para matarla. La liebre penetró en un bosque, donde las hojas crujían estrepitosamente; cruzó una pradera, donde el pasto se doblaba con suavidad; cruzó un jardín, donde había cuatro estatuas de las estaciones, y un patio cubierto de flores, donde algunas personas, alrededor de una mesa tomaban café. Las señoras dejaron las tazas, para ver la carrera desenfrenada que a su paso arrasaba con el mantel, con las naranjas, con los racimos de uvas, con las ciruelas, con las botellas de vino. El primer puesto lo ocupaba la liebre, ligera como una flecha ; el segundo, el perro pila ; el tercero, el danés negro ; el cuarto, el atigrado grande ; el quinto, el perro ovejero ; el último, el lebrel. Cinco veces la jauría, corriendo detrás de la liebre, cruzó el patio y pisó las flores. En la segunda vuelta, la liebre ocupaba el segundo puesto, y el lebrel siempre el último. En la tercera vuelta, la liebre ocupaba el tercer puesto. La carrera siguió a través del patio; lo cruzó dos veces más, hasta que la liebre ocupó el último puesto. Los perros corrían con la lengua afuera y con os ojos entrecerrados. En ese momento empezaron a describir círculos, que se agrandaban o se achicaban a medida que aceleraban o disminuían la marcha. El danés negro tuvo tiempo de levantar un alfajor o algo parecido, que conservó en su boca hasta el final de la carrera. La liebre les gritaba :
    _ No corran tanto, no corran así. Estamos paseando.

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    Pero ninguno la oía, porque su voz era como la voz del viento.

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    Los perros corrieron tanto, que al fin cayeron exánimes, a punto de morir, con las lenguas afuera, como largos trapos rojos. La liebre, con su dulzura relampagueante, se acercó a ellos, llevando en el hocico trébol húmedo que puso sobre la frente de cada uno de los perros. Éstos volvieron en sí.

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    _ ¿Quién nos puso agua fría en la frente? _ preguntó el perro más grande _, y ¿por qué no nos dio de beber?
    _ ¿Quién nos acarició con los bigotes? _ dijo el perro más pequeño. Creí que eran las moscas.
    _ ¿Quién nos lamió la oreja? _ interrogó el perro más flaco, temblando.
    _ ¿Quién nos salvó la vida? _ exclamó la liebre, mirando a todos lados.
    _ Hay algo distinto _ dijo el perro atigrado, mordiéndose minuciosamente una pata.
    _ Parece que fuéramos más numerosos.
    _ Será porque tenemos olor a liebre _ dijo el perro pila rascándose la oreja. No es la primera vez.

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    La liebre estaba sentada entre sus enemigos. Había asumido una postura de perro. En algún momento, ella misma dudó de si era perro o liebre.

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    _ ¿Quién será ese que nos mira? _ preguntó el danés negro, moviendo una sola oreja.
    _ Ninguno de nosotros _ dijo el perro pila, bostezando.
    _ Sea quien fuere, estoy demasiado cansado para mirarlo _ suspiró el danés atigrado.

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    De pronto se oyeron voces que llamaban :
    _ Dragón, Sombra, Ayax, Lurón, Señor, Ayax.

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    Los perros salieron corriendo y la liebre quedó un momento inmóvil, sola, en el medio del campo. Movió el hocico tres o cuatro veces, como husmeando un objeto afrodisíaco. Dios o algo parecido a Dios la llamaba, y la liebre acaso revelando su inmortalidad, de un salto huyó.

  • Le « désir-monde » du désir face à ses pièges : Clément Rosset à la rescousse des élans de Daniel Mendelsohn et de Régine Robin

    La double lecture des puissants « L’Étreinte fugitive » de Daniel Mendelsohn et « Mégapolis _ les derniers pas du flâneur«  de Régine Robin, continue de me travailler ;

    et m’amène à (continuer à) creuser un peu plus loin ou plus avant  _ et ici même, sur ce clavier, ce blog et cet écran _ la question des conditions du désir ;

    …

    je veux dire

    la situation du désir,

    avec ses divers tenants et aboutissants _ à l’infini, en fait… _

    face aux pouvoirs auxquels immanquablement ce désir-ci, ou désir-là, a à se heurter,

    par ce qu’il vient, en son bougé même (forcément…), « gêner » et « déranger », pour les autres (rarement complètement indifférents à ce jeu-là ; et donc « neutres »…) ;

    …

    comme, aussi, et en même temps, nécessairement, face aux propres efforts de soi-même (ou « Moi«  ?) pour « faire avec » lui ;

    …

    lui = lui, le désir (venant nous traverser de son mouvement, de sa flèche : d’où l’image d’un « Eros archer« …) ;

    …

    « faire avec » lui, le désir, donc,

    en sa réalité toute matérielle filante, échappante, traversante

    (et renversante, à commencer par les corps ; et pour commencer le sien ! ;

    sinon foudroyante, même, parfois… : le mot même de « désir », on a fini par s’en re-souvevenir, a rapport aux astres _ « sidera » _ ; aux étoiles, « filantes » donc ; avec leur terriblement puissante « attractivité »…),

    …

    menant toujours (et poïétiquement !) plus loin et plus avant _ plus outre… _ qu’au (prosaïque = « po-pote » !) « ici et maintenant » (de nos habitudes installées = tendant à la simple répétition…) ;

    …

    et « faire avec » lui, toujours, le désir, toujours en quelque façon difficilement nommable (ou « Ça«  ?) et repérable, nonobstant son incroyable obstination, une fois, du moins, qu’on l’a identifié, reconnu (et nommé ! baptisé !), qu’on s’est, si peu que ce soit, « familiarisé »

    _ mais est-ce jamais tout à fait réellement (et vraiment !) le cas : une « familiarisation » ?.. _

    avec lui ;

    …

    et qu’on a, si peu que ce soit, aussi, « consenti » à sa réalité (de désir désirant),

    et qu’on lui confère alors, par là même, par cette prise en considération (ou « considération » tout court _ cf toujours l’étymologie !!! _) un minimum de légitimité, au moins personnelle

    _ ce qui n’advient peut-être pas dans le cas du « refoulement » (inconscient, ne pas le perdre de vue ; et pas pré-conscient ! il « résiste » à la prise de conscience ; et suscite bien des dénégations…) au cours de ce que Freud identifie comme « névrose » ; et demeure fort répandu ; pour se référer à la taxinomie feudienne..

    …

    Daniel Mendelsohn comme Régine Robin ont une filiation, en amont, est-européenne :

    à Bolechov, en Galicie (arrondissement de Stanislavov _ qui fut en Pologne, puis en Autriche, puis en Pologne, puis en URSS, et maintenant en Ukraine), pour le premier (cf « Les Disparus« ) ;

    à Mínsk Mazowiecki _ apprend-on très incidemment et sans autre précision au détour (très anodin) d’une page (314) du chapitre « Rivadavia y rincón : secret de famille », qui sert de conclusion à la « Quatrième partie : Buenos-Aires _ la ville de l’outre-Europe »  de « Mégapolis » _, en Mazovie, la province même de Varsovie, en Pologne, pour la seconde : c’est le 21 juillet 1942 que furent raflés les Juifs de cette ville, pour être exterminés « à Treblinka« , page 314, donc.

    …

    Pour l’un comme pour l’autre, et sans que jamais cela soit dit, pouvoir échapper à la nasse est vital ;

    vital à leur respiration quotidienne la plus élémentaire même ;

    et constitutif de leur « être-au-monde » fondamental…

    …
    Le souffle qui parcourt si magnifiquement ces livres

    est ainsi le vent (porteur et fécond) de la liberté !

    …
    L’un comme l’autre, Daniel Mendelsohn comme Régine Robin, sont perpétuellement des « décalés »,

    détestant tous les ghettos, tous les enfermements, tous les pièges

    _ peut-être y compris familiaux ; du moins trop étroitement familialistes…

    …

    Même si, et il faut bien le noter, Régine Robin dédie « Mégapolis« , page 7, à sa « petite-fille Rebeccah, future flâneuse de Londres » ;

    « Mégapolis« , ou, très montaniennement (cf le merveilleux avis « Au lecteur » à l’ouverture des « Essais« ), « la ville comme autobiographie«  _ le dernier mot de sa présentation de son livre, page 28 (et pudiquement retiré de la citation de ce paragraphe, en quatrième de couverture :

    cf mon article « Aimer les villes-monstres (New-York, Los Angeles, Tokyo, Buenos Aires, Londres); ou vers la fin de la flânerie, selon Régine Robin« ) ;

    …

    et même si Daniel Mendelsohn adore sa famille, et tout particulièrement ses trois frères, Andrew, Matthew, Eric, et sa sœur, Jennifer _ à la page 643 des « Disparus« , au moment des remerciements, il a des mots particulièrement merveilleux, que j’ai à cœur de citer in extenso ici même :

    …

    « Un livre qu’il a fallu cinq ans _ et plus, en fait _ pour achever, n’aurait pas pu être écrit sans le soutien et l’encouragement de nombreuses personnes ; et c’est un grand plaisir pour moi que de témoigner ma gratitude envers ceux qui le méritent tant« , commence-t-il.

    …

    Et tout de suite : « Ce livre est un livre consacré à ma famille ; et ma plus grande dette, à tous égards _ merci d’être né ! et d’avoir été élevé, éduqué, et aimé ! _, est et a toujours été vis-à-vis de ma famille :

    …

    tout d’abord et surtout vis-à-vis de mes parents, Marlène et Jay Mendelsohn, qui ont encouragé les enthousiasmes bizarres de mon enfance (« la table d’Athéna » ; les excursions photographiques au cimetière) ; et qui, depuis lors, ont dépensé sans compter _ ce point est capital : la générosité ; l’amour (sans fond) et à perte ! _ leur temps _ oui !!! donner de son temps à qui on aime… _, leurs souvenirs et bien d’autres choses encore pour moi ;

    …
    puis, vis-à-vis de mes frères et de ma sœur, et leurs épouses et époux, qui ont été, comme ces pages l’ont montré, non seulement des supporters enthousiastes, mais aussi des participants actifs et constants du projet Bolechow : Andrew Mendelsohn et Virginia Shea ; Matt Mendelsohn et Maya Vastardis ; Eric Mendelsohn ; Jennifer Mendelsohn et Greg Abel _ leurs noms sont cités in extenso.

    …
    Il serait toutefois injuste de ne pas souligner ma gratitude profonde _ toute particulière, ici _ envers Matt _ l’auteur de la plupart des nombreuses photos qui composent aussi « Les Disparus » _, dans la mesure où il a collaboré pleinement à ce projet, du début jusqu’à la fin _ et continue ! en ses « suites… : cf les expositions des photos de Matt Mendelsohn, accompagnant les présentations des « Disparus » par son frère Daniel, de par le monde, comme au Mémorial de la Shoah, 17 rue Geoffrioy l’Asnier, à Paris, par exemple… _ ; le récit _ = « a search« , une quête tout autant qu’une enquête ! _ conté dans ce livre doit tout autant à lui qu’à moi ; et pas seulement parce que tant de pages de ce livre donnent la preuve de son talent _ de regardeur (et saisisseur d’images) _ extraordinaire.

    …

    Si je dis qu’il a une façon magnifique de voir les choses, je fais référence à quelque chose de plus que son œil de photographe professionnel ; au bout du compte, sa profonde humanité _ le mot va (et considérablement !) loin : « bien faire l’homme« , dit notre Montaigne, quand tant le font si vilainement… (= non « non-inhumainement » !..) ; et il s’agit ici de la « profonde humanité » de Matt _ s’est inscrite dans les mots _ du livre : ceux, en aval, de Daniel _ autant que dans les images _ de Matt lui-même… Parmi tout ce que j’ai trouvé au cours de ma quête, il _ Matt ! _ est le plus grand trésor«  : quel hommage !

    …

    et compte-tenu de ces considérants-là,

    nos deux auteurs, Régine Robin et Daniel Mendelsohn, sont des chercheurs (et au plus concret de leur propre existence _ et œuvre, si étroitement mêlée à elle ; comme cela se doit) de liberté ; c’est-à-dire de l’épanouissement de la puissance humaine de chacun, pour reprendre l’analyse la plus riche et la plus juste de ce qu’est la liberté, je veux dire celle de Spinoza dans l’ »l’Ethique« ….

    Avec le critère décisif _ qui s’éprouve (et pas sur commande ! pas instrumentalement !) _ de la joie…

    …
    Aussi, voudrais-je mettre en regard de la finesse (et justesse) de leurs analyses _ tant dans « L’Étreinte fugitive » et « Les Disparus« , pour lui, que dans « Mégapolis » et  » « Berlin chantiers« , pour elle,

    la très belle analyse du désir _ et aussi de la joie (et de l’amour) _ que propose le très fin (et toujours bref, aussi !) _ Clément Rosset,

    dans un bien beau (et si juste, comme toujours !) récent texte de 30 pages en tout et pour tout ;

    …

    + un « Avant-Propos » de même pas deux pleines pages… qui n’est ni plus ni moins que le récit de ce « rêve«  effectué, si j’ose ainsi le qualifier, « dans la nuit du 30 au 31 mai 2007 »  qu’évoque le titre de ce petit essai _ page 7 ;

    et « l’écrit qui (le) suit » n’étant, en sa teneur, « que le strict développement (sic) de ce plan _ à toute vitesse brossé dans le rêve _, quelque chose comme son passage à l’acte«  ;

    avec, à peine encore, cette ultime infra-précision concernant cet « écrit«  : « Il n’est ainsi que la simple réalisation d’un rêve _ de philosophe _ ; revu et développé certes mais ni revu ni tronqué« 

    _ soit comment l’inspiration philosophique, chère Marianne Massin (auteur d’un « La Pensée vive _ essai sur l’inspiration philosophique« ), peut advenir jusque dans l’activité nocturne du rêve au cours du sommeil !.. _ ;

    …

    il s’agit de

    « La Nuit de mai« , paru le 14 février 2008, aux Éditions de Minuit…

    …
    Je me permets d’en retenir ceci :

    …
    D’abord cette parole (de « conseil » _ de « quelqu’un » ! _ à propos d’« une conférence sur « le désir »«  que Clément Rosset pense devoir (« il me faut«  !) « prononcer dans l’après-midi«  même, à Nice ; je reproduis in extenso le passage de la page 8 :

    …

    « Or voici que quelqu’un (que je n’identifie pas dans le rêve, mais à qui je me sens très redevable dans la réalité) me prend à l’écart pour me dire : « C’est pourtant bien simple. Il suffit de montrer que le désir est quelque chose de très compliqué, ou plutôt de très complexe _ c’est beaucoup mieux, en effet ! On ne désire jamais quelque chose _ d’unique, séparé d’un contexte _, mais une pluralité _ en quelque sorte « ouverte »… _ de choses.

    Evoquez en passant Deleuze

    et concluez avec Balzac.

    Le début ? Eh bien, il n’y a qu’à parler du « Combray » de Proust, de la petite madeleine. »

    …

    Pour la référence au « Combray » de Proust _ une Bible, en effet ! _, voici la source vive, donnée page 13 :

    …

    « Comme dans ce jeu où les Japonais _ cf une très belle scène du film « Domicile conjugal » de François Truffaut _, s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque là indistincts qui, à peine y sont-ils trempés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables ;

    de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du jardin de Monsieur Swann _ « Combray » constitue le (grand !) chapitre d’ouverture de « Du côté de chez Swann » _, et les nymphéas de la Vivonne,

    et les bonnes gens du village et leurs petits logis _ tout se précipite et accourt _ et tout Combray et ses environs,

    tout cela qui prend forme et solidité,

    est sorti,

    ville et jardins, de ma tasse de thé«  _ page 13 de « La Nuit de mai« …

    …

    Clément Rosset commente : « Autrement dit Combray n’est pas en soi, ou à lui seul, un objet _ séparé, individualisé et, statiquement, coupé du reste _ de joie ou un sujet de désir (en l’occurrence rétroactif, comme il advient toujours chez Proust), mais la somme _ et même le produit, la multiplication proliférante et féconde _ des joies et des désirs connotés par l’enfance de Proust _ ou plutôt « Marcel » seulement, le narrateur de la « Recherche » ; et pas directement, du moins, l’auteur, Proust _  à Combray. (…) Je suggère qu’un objet d’amour n’est jamais _ pour qui le ressent et l’éprouve, cet « ob-jet«  _ seul _ statiquement, en quelque sorte ; et figé… _ mais toujours accompagné (…) d’un ensemble de facteurs favorables _ dynamiques, dynamisant _ qui le favorisent _ en son statut même d’objet désiré _ et lui tiennent lieu, comme pour un mets réussi _ c’est-à-dire véritablement « appétissant »  et « réjouissant » _, d’excellente et nécessaire _ oui ! _ garniture«  _ comme la dynamique des guirlandes des notes bien mal nomméees « d’accompagnement« , et de leur jeu, surtout, improvisé, dans l’interprétation de la musique baroque, ou dans le jazz, ou dans tout vrai concert euphorisant ; et pas seulement dans les cadences dont je parlai hier à propos de celles de l’éblouissant Martin Fröst dans les œuvres concertantes pour clarinette solo (virtuose) de Weber, à propos de la vertu charmeuse de l’ »élégance »…

    …
    Le propos de Clément Rosset _ page 15 _ sera donc de formuler « les raisons pour lesquelles un bonheur, s’il est seul, est moins une marque de joie qu’un symptôme dépressif » _ cf du même Rosset : « Route de nuit _ Episodes cliniques« …

    …

    « A mes yeux _ précise alors Clément Rosset _ la joie parfaite (que j’ai appelée « force majeure« ) ne se contente pas d’un accompagnement idoine _ et refermé sur lui ; clos ; sécurisé ! garanti à tous égards (y compris contractuels) !!! _ mais exige _ eh oui ! _ un accompagnement plus général _ et festif, s’il vous plaît ! _, englobant l’approbation de toutes les choses dont on peut avoir l’expérience » _ cf Montaigne, ce maître ès joie, au final de l’essai « bouquet-final » lui-même des « Essais« , « De l’expérience« , Livre III, chapitre 13 : « Pour moi donc, j’aime la vie et la cultive _ activité capitale ! sinon, on « perd«  son temps !.. en laissant « couler et échapper«  sa vie… _ telle qu’il a plu à Dieu nous l’octroyer. (…) On fait tort à ce grand et tout-puissant donneur de refuser _ pour quelque détail qui déplaît _ de refuser son don, l’annuler et défigurer. Tout bon, il a fait tout bon. » Ce que Georg-Friedrich Händel traduit, au final magnifique (peut-être le sommet de tout l’œuvre haendelien) de l’acte II de son « Jephtah« , en 1752, par ces paroles puissantes de l’immense chœur : « Wathever is, is right. » Et que Nietzsche nomme l’épreuve (cruciale) de « l’éternel retour (du même) »..

    …

    « Etre amoureux, continue Rosset, signifie qu’on est amoureux de tout, comme l’exprime si bien _ oui !!! l’expression est magnifique ! _ un amant dans une pièce du dramaturge latin Trabea : « Je suis joyeux de toutes les joies » _ « omnibus laetitiis laetum » », page 15.

    …
    Plus loin, page 18 :  » Ce que j’ai dit jusqu’ici de la joie peut naturellement se dire aussi du désir, pour cette raison _ que je me permets de partager pleinement ! _ que joie et désir sont des termes complémentaires qui frisent l’identité. L’homme joyeux désire (et à la limite désire tout) ; le triste ne désire guère (et dans les cas de tristesse aiguë, c’est-à-dire de dépression, ne désire _ carrément _ rien). L’amour étant la forme la plus intense du désir _ oui ! _, La Fontaine _ que je pense connaître un peu pour avoir avec un peu de soin construit la majeure partie du programme du CD « Un portrait musical de Jean de La Fontaine« , en 1995 (paru chez EMI en mars 1996, par La Simphonie du Marais, dirigée par Hugo Reyne) ; et écrit le texte du livret de présentation de ce beau programme _ ;

    …
    La Fontaine _ un des sommets de l’Art français... _ résume en quelques mots l’identité du désir et de la joie lorsqu’il écrit, au début des « Animaux malades de la peste » : « Plus d’amour, partant, plus de joie ».«  Et « de même que la joie ne saurait surgir _ oui ! _  à l’occasion d’un seul motif _ qui lui a donné de son mouvement (ascendant : jusqu’à atteindre le plan _ a-temporel, lui _ de l’éternité) _, le désir ne peut naître _ sourdre _ que s’il vise, non un seul objet _ et c’est tout ! _, mais un objet auréolé _ dynamiquement, en quelque sorte _ d’autres occasions _ sourcières _ de plaisir _ ou plutôt « joie« … (…) Ce qui doit finir, surtout lorsqu’il doit incessamment finir, n’a jamais eu aucun goût. Cioran le répète sous une forme ou une autre : ce qui doit finir est déjà fini. Nul n’a jamais désiré quoi que ce soit, si ce quelque chose n’est pas répétable à merci, au moins en imagination, et moyennant _ aussi, en effet ! _ quelques variations, comme le dit Leibniz dans la « Théodicée« , qui contient curieusement une première version du retour éternel nietzschéen : « Je crois qu’il se trouverait peu de personnes qui ne fussent contentes, à l’article de la mort, de reprendre la vie, à condition de repasser par la même valeur des biens et des maux, pourvu que ce ne fût point par la même espèce : on se contenterait de varier sans exiger une meilleure condition que celle où l’on avait été ». »

    …

    Ce que Clément Rosset commente ainsi, page 20 : « Autrement dit, l’accomplissement d’un désir n’a de sens que s’il est accompagné de la perspective _ ouverte ! _ de mille autres accomplissements du désir.« 

    …

    Car « en réalité l’objet désirable n’est désiré que si l’accompagne la perspective _ dynamisante _, même fugace _ et c’est son jeu qui nous charme ; même au prix de déceptions répétées _, d’une multitude d’autres objets désirables _ eux aussi _ ; que dans la mesure où il est mobile ; où il ne tient pas en place _ l’enfer, c’est l’immobilité d’un huis-clos : généralisant l’horreur (médusante) du pratico-inerte sartrien !  _, tel un vif-argent.
    …
    Le désir est
    _ très freudiennement, même si Clément Rosset ne l’aborde pas ainsi ici _ dans le déplacement ; lequel Clément Rosset préfère se référer, page 21, au « De natura rerum » de Lucrèce : « Vénus est « vulgivaga » _ au vers 1071 _ : c’est une vagabonde qui saute sans cesse d’un lieu à l’autre.« 

    …
    C’est que « sans ce que j’appellerai le combustible _ adjuvant dynamiseur conditionnant et entretenant le feu _ du désir, c’est-à-dire tout un mélange d’autres désirs et de raisons de désirer _ soit tout un monde !!! ; où tout élément renvoie, d’une façon ou de mille autres, à mille autres éléments ayant un semblable pouvoir (kaléidoscopique !) _, le désir _ plombé ! _ ne décolle pas« , page 27…« Or, ce combustible est précisément ce qui fait totalement défaut au déprimé. Il perçoit bien qu’une prise de taille s’offre à lui. Pourtant il n’en a, à strictement dire, rien à faire : parce que cette prise, « isolée », n’aura ni témoin ni observateur _ ni rebondissement éventuel, ni jeu d’ouverture _, tel un spectacle merveilleux qui n’aurait pas de public. A quoi bon ?  : c’est l’éternelle rengaine du dépressif« , page 27 aussi…

    …

    …

    Voilà ce jeu ouvert (et joyeux) du désir qui plaît aussi tant à Daniel Mendelsohn, qu’à Régine Robin, en leurs villes ouvertes… Même si le désir peut, à l’inverse, être menacé de danse de Saint-Guy…

    …

    Un monde a certes besoin d’ouvertures et de perspectives de rebonds _ et de filiations, en aval (et pas seulement en amont), ainsi que de vraies œuvres ;

    mais il a besoin aussi de sujets ayant du répondant, avec une capacité vraie de converser (autre que mécanique _ cf les répondeurs automatisés…) _ pas seulement de (beaux) mannequins (avec lunettes noires Armani, ou autres : mettre ici tous les noms _ interchangeables _ qu’on voudra ; et en I, et en A…) ;

    il a besoin, pour être un « monde » réel (et pas rien que virtuel), d’amitiés et d’amours vraies entre des sujets qui en soient eux aussi vraiment, en leurs principaux actes, du moins ; et pas de commodes objets _ ou pures silhouettes, ou sacs de son _ qu’on pourra systématiquement « éluder » (un clou chassant l’autre…) ;

    avec de vraies confiances ; et constances ; et fidélités…

    …

    On y discerne aussi tout ce qui distingue la vraie plasticité _ qu’analyse la philosophe Catherine Malabou, par exemple dans « Que faire de notre cerveau ? » _ ; de ce l’on cherche à tout prix à nous fourguer sous la scie prétexte de « flexibilité » managériale…

    …
    Et il me semble que tout cela se lit aussi dans les dangers que soulignent, sans les négliger, à « bien » les lire, ces œuvres profondes et importantes (et éminemment cultivées…) de Daniel Mendelsohn _ « L’Étreinte fugitive » et « Les Disparus » _ et de Régine Robin _ « Berlin chantiers » et « Mégapolis« …

    …

    Titus Curiosus, ce 18 févier 2009

  • « Philosophie » en rayon et kiosque : pour comprendre que « le réel » d’un coup vient de changer ; et que doit changer vite le « réalisme »

    Sur l’article « Néolibéralisme versus libéralisme ?« , par Michaël Foessel,

    dans le numéro (11) de novembre de la Revue Esprit : »Dans la tourmente (1). Aux sources de la crise financière« .

    …

    Avec, à suivre, le numéro (12) de décembre d’Esprit,

    qui s’intitulera, lui : « Dans la tourmente (2) : Que fait l’Etat ? Que peut l’Etat ?« …

    …
    Comprendre « le réel » exige un minimum de recul, et la focalisation (du regard et de l’analyse)

    que peut apporter l’éclairage

    d’un peu plus loin que le bout du nez

    (et que les vessies qui se font prendre pour des lanternes : les idéologies qui occupent massivement en permanence les écrans

    des lucarnes médiatiques dans tant de « foyers »)

    …

    l’éclairage (avec un minimum de « génie » d’un auteur pertinent) philosophique :

    soit le lumineux travail de Michaël Foessel sur ce qui distingue _ et sépare _ le néolibéralisme, triomphant des années Thatcher et Reagan, appuyées, ces années-là (Thatcher, au pouvoir depuis 1979 ; Reagan, depuis 1982) sur la vulgate de Milton Freedman

    _ “prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel” en 1976, lui ;

    cf mon article sur ce blog du 2 novembre dernier : « Sur le réel et le sérieux : le point de Paul Krugman sur l’élection du 4 novembre aux Etat-Unis«  _ ;

    …

    sur ce qui distingue _ et sépare _ le néolibéralisme

    du libéralisme

    _ classique, depuis Locke et Adam Smith…

    …
    Michaël Foessel appuie son (affuté) regard analytique sur le travail de 1978-1979

    _ on mesure ici l’avance en lucidité du « génie » philosophique (!), pas si fréquent, toutefois ; mais assez mal reconnu, compris, déjà, sur le moment ; puis mal diffusé, alors et depuis, forcément : il secoue tant de cocotiers et de « places occupées », et autres « rentes de situation »… _,

    sur le travail de 1978-1979 de Michel Foucault en ses « Cours (ou « séminaire » : semences à planter…) au Collège de France« 

    _ une institution exceptionnelle remarquable depuis François Ier !… _

    intitulés « Naissance de la biopolitique« ,

    publiés conjointement par les Éditions Gallimard et du Seuil, en la collection « Hautes Etudes » en octobre 2004 :

    une lecture diablement d’actualité en ce moment de déchaînement de la « tourmente » ; ou de « dedans l’œil » du cyclone ;

    en plus d’être puissamment pertinente…

    …

    Je liste simplement ici les références que réunit et « lit » pour notre intelligence du présent (et de la tourmente qui nous assaille, en cet unique bateau du « monde mondialisé », désormais) ce remarquablement utile article de Michaël Foessel :

    Friedrich A. Hayek (1899-1992) : « La Route de la servitude« , paru en traduction française aux PUF en 1985 ; « Droit, législation, liberté« , aux PUF en décembre 2007 ;

    Ludwig von Mises (1881-1973) : « L’Action humaine, traité d’économie (abrégé)« , publié en traduction française aux Belles Lettres en 2004 ; « Le Socialisme« , de 1922, en français à la Librairie de Médicis en 1938… ;

    Serge Audier : « Aux origines du libéralisme : le colloque Lippmann« , aux Éditions Le bord de l’eau, en avril 2008 ;

    Wendy Brown : « Les habits neufs de la politique mondiale _ Néolibéralisme et néoconservatisme« , paru en traduction français aux Éditions Les Prairies ordinaires en 2008 ;

    Christian Laval : « L’Homme économique. Essai sur les racines du néolibéralisme« , aux Éditions Gallimard en avril 2007

    Pierre Dardot et Christian Laval : « La Nature du néolibéralisme : un enjeu théorique et politique pour la gauche« , un article dans le numéro 50 _ « Où est passée la gauche française ? » de la Revue « Mouvements« , de juin-août 2007 ;

    François Denord : « Néolibéralisme, version française. Histoire d’une idéologie« , aux Éditions Démopolis en novembre 2007 ;

    Jean-Pierre Dupuy : « Libéralisme et justice sociale« , aux Éditions Hachette Littératures en 1997 ;

    Frédéric Lordon : « L’Intérêt souverain. Essai d’anthropologie politique spinoziste« , aux Éditions de La Découverte en avril 2006 ;

    Céline Spector : « Le Spinozisme politique aujourd’hui« , un article de la revue « Esprit », en mai 2007 ;

    Christian Lazzeri : « Reconnaissans spinoziste et sociologie critique, Spinoza et Bourdieu« , un article dans le recueil dirigé par Yves Citton et Frédéric Lordon « Spinoza et les sciences sociales« , aux Éditions Amsterdam en février 2008 ;

    Carl Schmitt : « La notion de politique« , paru en traduction française aux Éditions Flammarion (collection « Champs »), en 1999.

    …

    A lire pour sa gouverne,

    en cet « œil du cyclone » de la « tourmente« …

    …

    Titus Curiosus, ce 17 novembre 2008