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  • Ecouter l’admirable chanson « Tu crois ô beau soleil », de Louis XIII (et Pierre de La Barre) : magique acmé du génial CD d’Arnaud De Pasquale « Le Fier virtuose _ le clavecin de Louis XIII »…

    Le magique _ et magistral ! _ CD « Le Fier virtuose _ le clavecin de Louis XIII » (CD Château de Versailles Spectacles CVS 047) du claveciniste _ virtuose… _ Arnaud De Pasquale _ avec ici, un bref échantillon vidéo de 2′ _,

    a probablement pour acmé la chanson _ merveilleuse ! _, avec ses variations _ splendides : par Pierrre de La Barre, épinette et organiste du roi…_,  composée par le roi Louis XIII lui-même, « Tu crois ô beau soleil« ,

    telle que rapportée et spécifiquement notée par Marin Mersenne en son « Harmonie universelle » (de 1636-37)…

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    De cette chanson composée par Louis XIII,  une seule version chantée m’a jusqu’ici été accessible sur le web :

    celle réalisée, en 1967, sur le disque Pathé-Marconi DTX 329 _ cf ici les intéressantes précisions données au verso de ce disque… _ intitulé « Louis XIII Roi de France » _ un enregistrement comportant, outre cette chanson « Tu crois ô beau soleil«  (suivie de ses diminutions réalisées par Pierre Chabanceau de La Barre, « épinette et organiste du Roi et de la Reyne«  : des diminutions « que les mains les plus adroites et les plus vites peuvent exécuter« , comme l’indique Marin Mersenne, « afin que cet exemple serve d’idée à la perfection du beau toucher« …), le célèbre « Ballet de la Merlaison«  (de 1635), ainsi que les brefs Psaume CXXX et Psaume V… _, par divers musiciens du Groupe des Instruments Anciens de Paris, dirigé par Roger Cotte :

    les chanteurs Geneviève Roblot (soprano), Michel Fauchet, Jacques Husson (ténors) et Bernard Cottret (basse), avec, au luth, Jean-Pierre Cotte, et au clavecin, pour les diminutions, Marcelle Charbonnier.

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    Sur ce précieux podcast de 24′,

    le « Ballet de la Merlaison » est donné du début jusqu’à 12’54 ;

    et c’est à 12′ 55 que débute la chanson « Tu crois ô beau soleil« , interprétée par les 4 chanteurs ;

    puis, de 15′ 02 à 21′ 24, la claveciniste Marcelle Charbonnier interprète les diminutions réalisées par Pierre de La Barre sur la chanson du roi… 

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    On peut comparer cette réalisation de 1967 avec celle de février 2005, instrumentale seulement, cette fois, et historiquement mieux informée _ et vraiment très belle, déjà… _ d’Olivier Schneebeli, avec les Symphonistes du Centre de Musique Baroque de Versailles, sur le très réussi CD Alpha 097 intitulé « Nicolas Formé _ Le Vœu de Louis XIII » :

    le podcast de la chanson dure ici 2′ 24…

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    Pour revenir à l’interprétation, absolument, merveilleuse, au clavecin, d’Arnaud De Pasquale

    en son admirable CD « Le Fier virtuose _ le clavecin de Louis XIII » (CD Château de Versailles Spectacles CVS 047),

    celle-ci se situe à la plage 20 de ce CD (d’une durée totale de 70′ 36),

    et dure 9’46 :

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    elle constitue à coup sûr l’acmé de cet admirable travail d’interprétation d’Arnaud De Pasquale… 

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    Le 10 janvier dernier, sur l’excellent site ResMusica,

    l’excellent organiste Frédéric Muñoz, a publié une excellente très éclairante chronique, très justement intitulée « Arnaud De Pasquale nous révèle le clavecin français sous Louis XIII« ,

    que je m’empresse de donner ici,

    avec mes farcissures :

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    Arnaud de Pasquale nous révèle le clavecin français sous Louis XIII

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    Le clavecin en France sous Louis XIII représente la période d’éclosion _ oui ! _ de cet instrument, appelé à s’imposer jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Arnaud de Pasquale nous propose de mieux connaitre ce monde fascinant, inspiré par la danse _ un art très français _ et par l’Italie.

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    Le règne de Louis XIII se déroule depuis la mort d’Henri IV en 1610 et ce durant 33 ans _ 14 mai 1610 – 14 mai 1643. Comme nous l’explique Arnaud de Pasquale, ce monde déjà lointain ne laisse que quelques traces _voilà _ presque tardives _ oui _ à l’exception de rares pièces dont l’une _ la chanson « Tu crois, ô beau soleil » composée par le roi Louis XIII, suivie de ses diminutions réalisées par l’épinettiste du roi, Pierre de La Barre _ dans le Traité de l’Harmonie universelle du Père Marin Mersenne, et d’autres de Jacques Champion de Charbonnières ou de Louis Couperin. Cette période connait sous l’impulsion même du roi, danseur _ oui _ et compositeur _ oui _, un élan sensible vers la musique de ballet _ oui _ où la danse occupe _ bien sûr _ une place centrale. Divers instruments _ oui _ servent ces musiques dont le luth, la viole ou le clavecin. L’improvisation y est très présente _ oui, ainsi que les diminutions _ ce qui permet d’adapter au mieux les situations. Le programme offre ainsi une quarantaine de pièces dont certaines sont originales _ au disque _ et constituent quelques points de repères utiles. Les autres sont des adaptations pour le clavier _ voilà _ par l’interprète. Tout un monde nouveau _ oui : à dimension de continent, même ! _s’offre alors à l’écoute au travers de musiques issues de ballets de cour ou un groupe assez vaste d’auteurs _ oui ; ainsi que quelques pièces demeurées anonymes, aussi _ intervient.

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    Une ambiance de fête _ absolument ! _ traverse ce disque _ et il fallait bien çà pour ce roi au tempérament mélancolique… J’ai déjà dit ailleurs (cf mon livret du  CD « Un portrait musical de Jean de la Fontaine«  dont j’ai composé 90 % du programme…), que le chanteur (d’origine bayonnaise), Pierre de Nyert (1597 – 1682) était à disposition permanente, jour et nuit, du Roy, pour le distraire de ses accès de mélancolie… Les pièces sont judicieusement regroupées par tonalités en quatre suites en ut, ré, fa et sol, mais l’auditeur pourra s’amuser à les écouter également en lecture aléatoire comme le permettent la plupart des appareils. On découvrira même _ au moins _ deux pièces écrites par le roi Louis XIII lui même _ oui : il a probablement participé à quelques pièces de divers ballets de cour… Ces musiques s’inspirent encore du siècle passé _ oui _  où la danse était omniprésente en Europe _ et plus particulièrement encore en France ; mais les musiques, de même que les musiciens, d’ailleurs, aussi, circulaient beaucoup, beaucoup, de par l’Europe entière… _, comme l’atteste cette Courante de Michael Praetorius, réminiscence de la Renaissance.

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    Arnaud de Pasquale a choisi deux clavecins qui lui paraissent traduire au mieux la musique française de ce début du XVIIᵉ siècle. Aucun clavecin français de l’époque _ hélas _ ne subsiste, le premier _ conservé _ étant de 1658, construit par Jean Denis ; aussi le claveciniste s’est-il plutôt tourné vers des copies d’instruments qui circulaient à la cour à cette époque, notamment des modèles flamands et italiens. On entendra ici un instrument d’esprit italien construit en 2005 à Barbaste par Philippe Humeau _ oui _  et un autre, flamand, restauré par Emile Jobin en 1991, édifié par Ioannes Rückers, de 1612. Ces instruments sonnent assez différemment de ceux qui viendront par la suite _ oui _ et exaltent magnifiquement _ oui, oui _ ce répertoire _ plutôt jubilatoire (et éloigné de la musique anglaise, à la Dowland)… _ de danceries et de chansons…

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    Dans cette frénésie rythmique _ voilà ! que sert splendidement la virtuosité dépourvue de tout maniérisme d’Arnaud De Pasquale _ on retrouve les fastes de la Renaissance pas si éloignés encore _ certes… Et Louis XIII, très cultivé, avait aussi une mère italienne… Une montée en puissance s’opère par moments jusqu’à demander la complicité _ jubilante _ de François Guerrier au deuxième clavecin dans quelques mouvements endiablés _ voilà : mais sans hystérie… _ qui rendent les instruments envahissants enivrants _ oui. Arnaud de Pasquale transcende ces répertoires « retrouvés » par un jeu très vivant _ oui ! _ et puissant _ oui _, et par la portée _ éloquente _ qu’il procure au discours _ oui. Le clavecin ainsi représenté préfigure l’époque suivante qui verra l’apogée _ à partir de Frescobaldi, Froberger et Louis Couperin, pour commencer… _ de cet instrument sous les règnes de Louis XIV et Louis XV, et se prolongera jusqu’à la fin de la royauté avec l’arrivée du pianoforte _ en effet.

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    Œuvres d’Etienne Moulinié (1600-1669), Jacques Chambonnières (1601-1672), Charles Bocquet (1570-1615), Anthoine Boësset (1586-1643), Louis XIII (1601-1643), Louis Couperin (1626-1661), Guillaume Dumanoir (1615-1697), Michael Praetorius (1571-1621), Claude Le Jeune (1528-1600).

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    Quatre Suites en Ré, Ut, Fa et Sol d’après divers auteurs français du XVII° siècle, reconstituées et jouées par Arnaud de Pasquale :

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    clavecins Philippe Humeau et Emile Jobin d’après Joannes Ruckers et un modèle italien.

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    1 CD Château de Versailles Spectacles.

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    Enregistré au château de Montgeroult en septembre 2019.

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    Livret en français, anglais et allemand.

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    Durée : 70:36

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    Un CD absolument enthousiasmant !!!

    Et donc indispensable !!!

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    Ce jeudi 20 janvier 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une sidérante incuriosité musicale enfin réparée : la pastorale héroïque « Achante et Céphise, ou la Sympathie » de Rameau (1751) enfin accessible (et brillamment) au disque en son intégralité…

    Pour ce ramiste essentiel qu’est l’ami Patrick Florentin

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    Une œuvre magnifique de Jean-Philippe Rameau, « Achante et Céphise, ou la Sympathie« ,

    pastorale héroïque en trois actes, sur un livret de Jean-François Marmontel, créée le 18 novembre 1751,

    vient de connaître enfin sa première réalisation discographique, sous la direction très vivante et inspirée d’Alexis Kossenko.

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    Hier vendredi,

    ce remarquable événement discographique, vient d’être célébré à sa juste mesure par Jean-Charles Hoffelé, sur son site Discophilia, sous le titre très adéquat de « Révélation« …

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    RÉVÉLATION

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    L’Ouverture – une pure folie qui fait éclater l’orchestre ramiste en un saisissant _ et éblouissant _ feu d’artifices – aurait dû _ en effet _ suffire à alerter les interprètes depuis longtemps.

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    Las !, rangé _ bien paresseusement _ au rayon des divertissements _ purement circonstanciels : ici la célébration d’un héritier du trône de France… _ et considéré _ bien à tort ! _ comme secondaire dans un catalogue où l’on préférera d’abord priser les tragédies lyriques ou les opéras ballets, d’Acanthe et Céphise, on tira _ tels Frans Brüggen ou Christophe Rousset _ les danses et basta. L’occasion – mineure – l’anniversaire du Duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XV, et un livret bien troussé à l’action mince mais efficace (des amants doués par une bonne fée de sympathie émotionnelle et physique sont menacés par un mauvais génie qui veut s’emparer de la part féminine du couple), mais où il est possible de débusquer les références maçonniques assez explicites dont Marmontel a parsemé son poème – auront suffit à plonger cette partition stupéfiante _ oui ! _ dans l’oubli.

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    C’était n’en pas voir la musique, prodigieuse _ voilà ! _, et oublier un peu vite que Rameau avait écrit sur mesure Achante pour Pierre Jélyotte, et Céphise pour Marie Fel _ deux interprètes d’exception… Finalement, Sylvie Bouissou et Robert Fajon éditèrent l’œuvre en 1996, ils étaient bien les seuls à y croire. Voici qu’Alexis Kossenko, aiguillonné par le Centre de Musique baroque de Versailles, la révèle, coup de tonnerre ! _ c’est cela…

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    La musique est de bout en bout une splendeur _ absolument ! _, l’art vocal même s’y émancipe, mêlant le chant et le récit, donnant à l’ensemble une dramaturgie moderne qui fleurira dans Les Paladins, et bonheur, autant Sabine Devieilhe que Cyrille Dubois animent de leurs voix stylées et ardentes le couple des amants torturés, toujours unis devant le Mage si sombre de David Witczak, tous emportés par la direction athlétique _ très justement vivante ! _ d’Alexis Kossenko, les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles menés avec brio par Olivier Schnebelli n’étant pas en reste.

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    Un conseil, commencez par le second CD : le grand divertissement de l’Acte II, avec l’entrée des chasseurs est un des moments les plus stupéfiants de tout Rameau, qui écrivit spécialement des parties de cors et de vents _ une brillante nouveauté _ pour des souffleurs venus des collines de Bohème. Irrésistible, et comment ne pas penser _ oui ! _ aux prodiges d’inventions qui magnifieront Les Boréades ? Sans nul doute, dix ans avant, Achante et Céphise fut leur laboratoire.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Jean-Philippe Rameau(1683-1764)

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    Acante et Céphise ou La Sympathie – Pastorale héroïque, RCT 29

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    Sabine Devieilhe
    , soprano (Céphise)
    Cyrille Dubois, ténor (Acante)
    David Witczak, baryton (Le génie Oroès)
    Judith van Wanroij, soprano (Zirphile)
    Jehanne Amzal, soprano (La Grande Prêtresse)
    Artavazd Sargsyan, ténor (Un Coryphée, Un berger)
    Arnaud Richard, baryton (Un Coryphée, Un chasseur)
    Marine Lafdal-Franc, soprano (Une fée, Une bergère)
    Anne Sophie Petit, soprano (La deuxième Prêtresse, Délie)
    Floriane Hasler, mezzo-soprano (La troisième Prêtresse)

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    Les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles
    Les Ambassadeurs ~ La Grande Écurie
    Alexis Kossenko, direction

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    Un album de 2 CD du label Erato 019029669394
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    Photo à la une : © DR

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    Ce superbe événement discographique ramiste m’avait été annoncé par ce ramiste essentiel, président de la Société Jean-Philippe Rameau, l’ami Patrick Florentin, le 29 octobre 2021.

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    Dans sa réponse à un courriel (du 20 octobre 2021) que j’avais intitulé « Un superbe CD où triomphe Rameau : le « Jéliote » de Reinoud Van Mechelen (Alpha 753)« ,

    et dans lequel j’avais adressé à Patrick mon article du 18 octobre : « « ,

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    en un courriel en date du 29 octobre, Patrick Florentin, me répondait, en effet, entre autres nouvelles musicales, ceci,

    concernant la discographie à venir très prochainement de Jean-Philippe Rameau :

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    « Le prochain événement ramiste qui devrait te ravir sera la sortie début novembre d’Acante et Céphise de Rameau qu’a enregistré l’année dernière Alexis Kossenko« …

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    Oui, c’est bien en effet un « événement » pour la discrographie de l’œuvre musical de Rameau,

    qui comporte encore _ scandaleusement ! _ bien trop de vides, que ce premier enregistrement intégral _ et si réussi ! _ de cette Pastorale héroïque en trois actes qu’est cet « Acanthe et Céphise« , de 1751…

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    Voici plusieurs articles de mon blog _ ouvert le 3 juillet 2008 _ dans lesquels j’ai évoqué l’admirable inlassable travail en faveur de la meilleure connaissance et diffusion de l’œuvre de Rameau de l’ami Patrick Florentin :

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    _ un article du 13 mai 2009 : , avec échanges de courriels, notamment avec Patrick Florentin…

    _ un article du 15 juillet 2021 : 

    _ et un article du 19 novembre 2021 : 

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    Mais, plus profondément, je veux ici citer ces deux événéments importants pour les progrès de la connaissance de l’œuvre musical de Rameau

    que sont :

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    _ la donation de la collection des documents ramistes de la collection de Patrick Florentin à la Fondation de Royaumont, le 11 juin 2011 : La Collection Rameau de Patrick Florentin (un document agrémenté de nombreuses photos)

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    _ et le chapitre 17, « Rameau’operas on disc« , par Patrick Florentin, dans le très récent livre « The Operas of Rameau _ Genesis, Staging, Reception » de Graham Sadler, Shirley Thompson et Jonathan Williams, paru le 10 septembre 2021 ;

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    dont voici d’une part l’abstract :

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    « Until the 1960s recordings devoted to Rameau’s choral and operatic works remained few and far between, perhaps because performers _ assez probablement… _ were not sufficiently versed in the conventions of this idiosyncratic genre. Unlike his keyboard and chamber music, which seemed to enjoy a little more favour _ en effet _, Rameau’s operas were at the time more often offered to the public in suites of orchestral pieces _ voilà… _ as, for instance, from Les Fêtes d’Hébé recorded by Jean Allain in 1956 or from Dardanus by Charles Munch in 1963. While the bicentenary of the composer’s death in 1964 triggered a genuine interest in his works on disc, it was the rediscovery of Baroque repertoire performed on period instruments from the 1970s onwards that stimulated increasing interest in his music _ oui ! From then on, thanks to the efforts of historically informed musicians, Rameau’s discography has gradually expanded, with a marked enlargement on the occasion of the tercentenary of his birth in 1983 » ;

    …

    et d’autre part et surtout un très intéressant extrait (de 7 pages, sur les 22 que comporte en tout l’article) est accessible par ce lien-ci.

    …

    En voici, au moins, les deux capitales _ et très utiles ! _ phrases finales de la conclusion :

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    « However, at the time of writing, Acante et Céphise, Dardanus (an unadulterated form of the 1739 version), Les Fêtes de Ramire, Io, the complete version of La Princesse de Navarre, Les Surprises de l’Amour (1748 version), and Zoroastre (1749 version) still await their CD or DVD debut.

    Following the achievements inspired by the 2014 _ 250 th _anniversary _ of the Rameau’s death (12-9-1764) _, the priority must now be to complete this discography by tackling those Rameau operas wich remain unrecorded« .

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    Voilà donc encore pas mal de pain sur la planche pour les musiciens-interprètes

    et pour les producteurs tant d’opéras sur la scène que d’opéras sur CDs et DVDs…

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    Pour ce compositeur absolument essentiel du patrimoine musical français qu’est ce merveilleux Jean-Philippe Rameau…

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    Et pour ces chefs d’œuvres si indispensables du merveilleux _ fin, délicat, raffiné, et admirablement dansant.. _ répertoire de l’opéra baroque français,

    encore si injustement méconnu et délaissé, 

    et cela en dépit du grand succès durable auprès du public du répertoire baroque…

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    Ce samedi 18 décembre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Chanter Schubert (suite) : Markus Schäfer, dans le Schwanengesänge, avec Tobias Koch _ une révélation…

    Un nouveau superbe CD de Lieder de Schubert,

    après les deux marquantes réussites récentes des Winterreise

    de Ian Bostridge (avec Thomas Adès)

    _ cf mon article  du 8 janvier dernier, pour le CD Pentatone PTC 5186 764 _

    et Pavol Breslik (avec Amir Katz)

    _ cf mon article  du 19 janvier dernier, pour le CD Orfeo C 934 191 _ :

    …

    le CD Schwanengesänge du ténor Markus Schäfer,

    accompagné _ superbement _ par l’excellent pianiste qu’est Tobias Koch…

    _ soit le CD CAvi-music 8553206.

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    Certes le timbre de la voix de ce ténor qu’est Markus Schäfer

    n’a pas le miel tendre _ mozartien _ de celle de Pavol Breslik,

    mais plutôt celle _ plus âpre _ du regretté Peter Schreier,

    …

    mais son art de dire (et chanter) les Lieder de Schubert

    a aussi quelque chose de l’art si magnifiquement expressif _ et poétique _ de Ian Bostridge.

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    Sur ce très beau CD de Markus Schäfer et Tobias Koch,

    …

    lire aussi cet article de Jean-Charles Hoffelé sur son blog Discophilia,

    le 17 janvier dernier,

    intitulé Chant du cygne :

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    CHANT DU CYGNE

    Quel joli _ ce n’est pas l’adjectif que j’aurais personnellement choisi… _ disque ! Tobias Koch _ un parfait magicien du clavier ! _ touche un beau pianoforte de Friedrich Hippe, subtil, feutré _ oui ! _, sur lequel Markus Schäfer distille avec subtilité sa singulière voix de ténor de caractère _ voilà ! et non de charme… _ : je n’imaginais pas forcément son timbre, assez proche _ mais oui ! _ de celui de Peter Schreier, idéalement apparié à la lyrique schubertienne qui appelle plus naturellement des ténors Mozart _ voilà ! _, Haefliger, Dermota, Wunderlich, Breslik aujourd’hui.

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    Mais Schäfer, formé au répertoire baroque _ il chante Johann Christian Bach… _ qui a remis en prééminence les mots dans la musique, chante son Schubert intime, distille les poèmes _ oui : à la Bostridge _, refuse les effets _ et c’est tant mieux ! Pour la lyrique effusive de tout ce qui dans l’assemblage du Schwanengesang vient des poèmes de Rellstab, cela sonne d’évidence, mais lorsque l’on passe chez Heine, Schäfern’hésite pas un instant à corser son timbre _ oui _, et pour le trio Die Stadt/ Am Meer/ Der Döppelgänger où les fantômes paraissent _ oui _, le timbre soudain évoque Julius Patzak. _ parfaitement !

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    En plus de nous faire un Schwanengesang si singulier _ mais oui ! _, dont il assombrit le propos en choisissant les ossias _ passages alternatifs _ graves, il ajoute quelques lieder _ en effet _ subtilement appariés aux opus ultimes, le Schwanengesang de Senn, Winterabend, le saisissant Die Sterne, Herbst et cette merveille qu’est Auf dem Strom où les rejoint le cor naturel de Stephan Katte : soudain le paysage s’ouvre, moment magique _ oui. Ils devraient bien _ en effet ! _ nous tenter Winterreise.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Franz Schubert
    (1797-1828)

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    Schwanengesang, D. 744
    Winterabend, D. 938
    Die Sterne, D. 939
    Auf dem Strom, pour ténor, cor et piano, D. 943
    Herbst, D. 945
    Schwanengesang, D. 957
    Die Taubenpost, D. 956A

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    Markus Schäfer, ténor
    Tobias Koch, piano
    Stephan Katte, cor

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    Un album du label AVI 8553206

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    Photo à la une : le ténor Markus Schäfer – Photo : © DR

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    Ce mercredi 22 janvier 2010, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Face au stupéfiant du réel, le souci de tenir-réponse-révélation crépitant de la poésie : un entretien avec Jean-Paul Michel à la Station Ausone

    Vendredi 3 mai dernier,

    Jean-Paul Michel m’a fait la joie

    d’être son interlocuteur, à la Station Ausone,

    pour un entretien (vidéocasté, et podcasté, de 82′) présentant trois livres

    importants pour lui :

    …

    _ Défends-toi, Beauté violente ! (édition nouvelle) dans la Collection Poésie/Gallimard, préfacée par Richard Blin
    _ les Actes du colloque de Cerisy qui viennent de paraître dans la Collection Classiques Garnier, sous la direction de Michael Bishop et Matthieu Gosztola : Jean-Paul Michel, “la surprise de ce qui est”,
    _ et la Correspondance avec Pierre Bergounioux (1981-2017) publiée aux éditions Verdier.
    …
    …

    C’est à ce qui vient, là,

    nous saisir-prendre,

    …

    face au réel

    _ présent (en personne, allais-je presque dire ! et nous défiant de le saisir-penser-pénétrer vraiment-connaître…) ;

    ou à l’expérience implacablement marquante de son puissant souvenir, du moins,

    aussi formidablement vivant pour nous, alors, que présentement extrêmement actif encore,

    et terriblement incitatif ! en son défi, justement ! _,

    …

    que la poésie _ c’est-à-dire le poème lui-même qui survient,

    ou plutôt survenant, le poème ;

    car c’est au participe présent que toute la grâce de l’opération en nous,

    et par nous qui le pensons et l’écrivons,

    est en train de se passer… _

    …

    que la poésie-le poème

    tente de _ s’essaie à,

    en un certain affolement (inspirant, si l’on veut) vertigineux de tous nos sens,

    quasi asphyxiant pour le souffle, nous respirons à peine,

    à tenter de saisir-capter-retenir-faire revenir un peu, là, sur le champ ;

    mais c’est aussi extraordinairement euphorisant

    et transportant-élevant-envolant ! _ ;

    …

    que le poème

    tente de donner

    _ et puis donner à partager à quiconque, en suite, sera en situation (tellement improbable et si rare a priori, comme a posteriori ) de l’écouter, ou le lire vraiment,

    en s’y branchant entièrement, de tous les sens de son corps (pris, le corps, en l’acception la plus large)

    à son tour… _

    …

    l’incandescente réponse _ le feu à survenir-retrouver-recouvrer-raviver

    des braises qui reposaient-dormaient-veillaient, là, encore timidement et humblement, sous la cendre, de la parole captée au vol

    parce que tant bien que mal, et avec les moyens disponibles, de bric et de broc !, du bord

    (soient les ressources vives du langage, pour ce qui est du poème),

    cette parole prononcée

    enregistrée ou écrite : gardée _

    …

    de son _ propre _ feu à lui 

    _ en tentative désespérée de réponse au feu premier

    d’un incroyable (incalculé) moment du réel survenu et éprouvé, et puis ressouvenu, conservé,

    de ce qu’il faut bien nommer, probablement improprement, une expérience poétique subie

    et en même temps un peu cultivée aussi ; et nous défiant :

    car on apprend quand même, et plus ou moins à son corps défendant,

    à s’y faire un peu, et tant bien que mal ;

    car parfois aussi (voire souvent) ça rate !.. Il faut recommencer !

    Mais c’est toujours midi, le grand midi, midi le juste ! qui vient sonner,

    quand nous osons essayer de répondre si peu que ce soit à ce défi-là…

    …

    que le poème

    tente de

    donner

    l’incandescente réponse

    de son feu à lui

    …

    musicalement noté…

    …

    …

    Car « ça crépite sous les pylônes« ,

    …

    pour retenir _ et glorifier un peu : avec forcément humilité _

    le mot si juste _ comme toujours _ de l’ami Pierre

    Bergounioux…

    …

    …

    Et il arrive, mais oui, parfois,

    que ça « matche« …

    …

    …

    Ce mardi 14 mai 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa