Étiquette : Roland de Lassus

  • La bouleversante très douce lumière de la « Missa pro defunctis quinque vocum » (de 1589) de Roland de Lassus (1532 – 1594), un chef d’œuvre servi à merveille dans le CD « Roland de Lassus – Requiem » de Vox Luminis dirigé par Lionel Meunier : une vive et très profonde, intense douceur, et durable émotion…

    La bouleversante très douce lumière de la « Missa pro defunctis quinque vocum » (de 1589) de Roland de Lassus (Mons, 1532 – Munich, 14 juin 1594),

    un chef d’œuvre servi à merveille dans le CD Ricercar RIC 493 « Roland de Lassus – Requiem » de l’excellent Vox Luminis dirigé par Lionel Meunier – enregistré à Franc-Waret au mois d’octobre 2025 – ,

    provoque une vive et très profonde, intense et durable, émotion…

    …

    C’est grand !

    …

    Ce jeudi 3 septembre 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le comme prémonitoire adieu à la vie de Denis Raisin-Dadre (1956 – 2025) : son bouleversantissime CD « Lagrime di San Pietro – Lasso – Agostini », avec son magnifique ensemble Doulce Mémoire…

    Le comme prémonitoire adieu à la vie de Denis Raisin-Dadre (Vaux-sur-Mer, 25 juillet 1956 – Tours, 29 septembre 2025) : son bouleversantissime CD « Lagrime di San Pietro – Lasso – Agostini », avec son magnifique ensemble Doulce Mémoire…

    …
    Oui, c’est bien un bouleversantissime testament musical et discographique – quelle merveille d’intensité (!) dans la délicatissime, déchirante et presque insoutenable, douceur de ce double adieu musical sublimé, et à l’œuvre et à la vie, et de Roland de Lassus (Mons, 1532 – Munich, 14 juin 1594), et de Lodovico Agostini (Ferrare, 1534 – Ferrare, 20 septembre 1590) : les « Lagrime di San Pietro » (1594) de l’un, et les « Lagrime del Peccatore » (1586) de l’autre, sont en effet, chacun, leur œuvre ultime, et de profonde en même temps que très humble réconciliation… – qu’avec l’extraordinaire saisissant CD Alpha 1209 « Lagrime di San Pietro – Lasso – Agostini  » de son ensemble Doulce Mémoire – enregistré à l’Abbaye de Noirlac au mois de janvier 2025 – Denis Raisin-Dadre nous laisse, lui tragiquement disparu – assassinat ? suicide ? Qu’a donné l’enquête diligentée aussitôt par le procureur de la République ? Nous l’ignorons encore à ce jour… – en son domicile, à Tours, le 28 septembre 2025…
    …
    Et j’ai plaisir à renvoyer ici à la brève présentation du CD, à la page 60 – « Ici mêlées à celles de Lassus, les Lagrime d’Agostini sont l’opus ultime de ce musicien de la cour des Este… et le bouleversant testament de Denis Raisin-Dadre » lui-même – , et à l’article très détaillé que lui consacre l’excellent Denis Morrier à la page 84 du numéro 753 du magazine Diapason de ce mois de mars 2028 – le CD reçoit aussi la récompense archi–méritée d’un DIAPASON D’OR de ce magazine…
    Denis Morrier concluant ainsi son article de Diapason : « L’opus ultime d’Agostini sera donc devenu celui de Raisin-Dadre, qui achève son texte de présentation sur cette troublante citation du Cantique de Siméon : « Maintenant, Seigneur, laisse ton serviteur aller en paix »… »…
    …
    Le programme de ce CD, superbement conçu par Denis Raisin-Dadre, entremêle sans le moindre accroc à l’écoute, sinon de subtiles nuances et contrastes, les deux « Lagrime », celui « di San Pietro » de Lassus (de 1594, à Munich) et celui « del peccatore » d’Agostini (de 1586, à Ferrare), et après une brève somptueuse (!) impérieuse ouverture instrumentale empruntée au « Deficiat in Dolore » LV 977 de Lassus, s’ouvre et se clôt par deux sublimes Laudes anonymes chantées a capella : l’ultra-déchirant « Al pie del duro sasso », en plage 1 du CD, et le presque consolant « O Sacro Santo Legno », en plage 22 (et conclusive) de ce montage subtil et magnifique de Denis Raisin-Dadre…
    …
    En effet, s’entrecroisent ici 9 madrigaux choisis parmi les 21 des « Lagrime di San Pietro  » de Lassus, sur des textes de Luigi Tansillo (1510 – 1568) et un texte final, en latin « Vide homo », de Philippe Le Chancelier (1165 – 1236), d’après saint-Bernard de Clairvaux (1090 – 1133), avec 10 madrigaux choisis parmi les 21 des « Lagrime del Peccatore » d’Agostini :
    un montage superbe de Denis Raisin-Dadre, dont celui-ci explicite « cette mise en regard de ces deux œuvres testamentaires » de Lassus et Agostini », d’abord à la page 8 :
    « Mettre en regard ces deux œuvres, c’est mettre en valeur leurs contrastes, la retenue, l’intériorité, des Larmes de Saint-Pierre et l’effusion expressive des Larmes du pécheur  » ;
    puis à la page 10 de son lumineux livret :
    « La rigueur contrapuntique, la sublime retenue des émotions chez Lassus se révèlent encore plus – voilà ! – en contraste avec l’effusion émotionnelle des Larmes d’Agostini. Le chemin solitaire et douloureux de Pierre est adouci – plage 20 du CD – par le madrigal – « La Croce via fu« … – adressé à la Vierge, à la Samaritaine, et surtout par la possibilité d’une espérance donnée dans ce dernier madrigal : « La Croix fut jadis mort, elle est maintenant vie ».
    …
    Et Denis Raisin-Dadre d’ajouter in fine de sa présentation du livret, page 16, ces ultimes mots
    qui nous marquent encore davantage aujourd’hui que nous les découvrons, 5 mois après la disparition tragique du musicien, le 29 septembre 2025 :
    …
    « Au début et à la fin de ces Lagrime, j’ai voulu revenir à la simplicité, à la voix du peuple, celle qui chante les laudes, une musique simple, modeste, dépouillée des artifices et subtilités du madrigal spirituel. Ces refrains touchent le cœur aussi sûrement que le texte du Nunc dimittis – le cantique de Siméon, chanté lors de complies – si souvent mis en musique par Lassus à la fin de sa vie.
    …
    « Maintenant, Seigneur, laisse ton serviteur aller en paix selon la parole,
       Car mes yeux ont vu ton Salut. »  »…
    …
    …
    Les 7 chanteurs (Amélie Raison, Camille Fritsch, Brice Clavier-Homberg, Olivier Coiffet, François-Olivier Jean, Matthieu Le Levreur et Guillaume Olry)
    et les 7 instrumentistes (Eva Godard, Sarah Dubus, Johanne Maître, Elsa Franck, Jérémie Papasergio, Adrien Reboisson et Rémi Lécorché) de ce Doulce Mémoire que dirige merveilleusement Denis Raisin-Dadre, méritent chacun et tous notre profonde admiration…
    …
    Je me souviens d’avoir parlé à Denis Raisin-Dadre, notamment lors d’un bien beau concert de bande de hautbois donné dans la majestueuse grange dimière du château de Lanquais, en Dordogne – entre Bergerac et Lalinde – par La Simphonie du Marais et Hugo Reyne, le 2 août 1992, il y a aujourd’hui presque 34 ans
    – Denis Mollat et son épouse Chantal étaient eux aussi présents ce jour-là à Lanquais ; et parmi les musiciens de cette belle bande de hautbois rassemblée par Hugo Reyne, intervenaient, aux côtés de Hugo et de Denis Raisin-Dadre, l’amie Laurence Pottier, et il me semble aussi Jérémie Papasergio, et peut-être Elsa Franck ; ces deux derniers qui maintenant prennent la suite de Denis Raisin-Dadre à la tête de l’ensemble Doulce Mémoire…
    …
    Profonde et très vive émotion !
    …
    Et admirez ici cette vidéo de 3’17 de Denis Raisin-Dadre dirigeant son Doulce Mémoire dans Lassus…
    …
    Ce dimanche 1er
    mars 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Ecouter Adriaen Willaert (ca. 1490 – 1562) grâce à une sublime « Passion selon Saint-Jean » du CD « Adriano 4 » de l’ensemble vocal Dionysos Now ! de Tore Tom Denys, découvert presque par hasard…

    C’est en parcourant des boîtes de nouveautés de CDs de mon disquaire préféré,

    que je suis tombé, quasiment par hasard, sur le nom _ en petits caractères ! _ d’Adriaen Willaert sur un CD « Adriano 4« ,  le CD Evil Penguin EPRC 0054, consacré principalement à sa « Passio Domini nostri Jesu Christi secundum Joannem« , ainsi que trois plus brefs Motets : « Tristia est anima mea« , « Ecce lignum crucis – Crux fidelis » et « Da pacem Domine » _ écouter ces 4 pièces par un simple clic ! _,

    par un ensemble vocal jusqu’ci inconnu de moi, Dionysos Now !, dirigé par le ténor flamand, mais domicilié à Vienne _ depuis 1998 _, Tore Tom Denys…

    …

    …

    Bien sûr,

    le nom _ et l’immense carrière d’Adriaen Willaert (1490 – 1562) : à Paris (où, à la cour de France, il est l’élève de Jean Mouton), à Rome (vers 1515), à Ferrare (où, dès juillet 1515, il est chantre à la cour du cardinal Hippolyte Ier d’Este, puis,  à partir de 1520, au décès de ce cardinal, au service du duc Alphonse Ier d’Este, dont il est maître de chapelle de 1522 à 1525), en Hongrie (entre 1517 et 1519, où il avait accompagné le cardinal Hippolyte Ier), à Milan (où il suit en 1525 le fastueux cardinal Hippolyte II d’Este : le futur bâtisseur, en 1550, de la magnifique Villa d’Este, à Tivoli), et surtout, bien sûr, à Venise, où, succédant à Pietro de Fossis, il devint le très brillant maître de chapelle de la basilique Saint-Marc, de 1527 à son décès, en 1562 ; il y aura pour successeur Cyprien de Rore… _ de ce compositeur, Adriaen Willaert (Bruges, ou Rusbeke – Roeselare, vers 1490 – Venise, 7 décembre 1562) _ celui qui a posé les bases du style polychoral vénitien ; celui qui est, sinon l’inventeur même du madrigal, du moins celui dont le recueil de 4 à 7 voix Musica nova (publié en 1559) peut être considéré comme une sorte de manifeste du madrigal (!!!) ; et qui est le créateur de l’école musicale vénitienne (1550 – 1610)… _,

    ne m’a pas laissé indifférent, et m’a incité à désirer écouter illico ce CD : magnifique !!! Que je me suis immédiatement procuré…

    …

    Quelle sublime musique, profonde…

    …

    …

    Un peu plus tard,

    rentré chez moi, et en cherchant un peu sur le web, j’ai bientôt découvert que cet ensemble et ce chef avaient déjà réalisé trois précédents enregistrements vinyls _ mais pas CDs !!! _ consacrés eux aussi à l’œuvre d’Adriaen Willaert, 

    et plus que sobrement intitulés « Adriano 1 » _ EPRC 0041 _, « Adriano 2 » _ EPRC 0043 _, et « Adriano 3«  _ EPRC  0047.

    …

    …

    Et en fouillant dans le désordre des piles diversement classées de ma discothèque,

    je suis parvenu à retrouver pour le moment 2 CDs consacrés à l’œuvre passionnant et fondateur d’Adriaen Willaert,

    deux CDS parus en juin et octobre 2012, pour le label Ricercar

    _ auxquels je joints ici, extrait du CD Ramée 1808 : « Ossesso« , par l’ensemble Ratas del viejo mundo, sous la direction de Floris de Ryckert, paru en janvier 2019, la toute première pièce, en ouverture : le « I vidi in terra angelici costumi » d’Adriaen Willaert _ :

    …

    _ le CD Ricercar 325 : « Vespri della Beata Vergine« , par la Capilla Flamenca, dirigée par Dirk Snellings ;
    …
    _ le CD Ricercar 331 : « Chansons – Madrigali – Villanelle« , par l’ensemble Romanesque, dirigé par Philippe Malfeyt.

    …

    …

    Comme on comprend aussi, à l’écoute de cette sublime musique aussi superbement interprétée qu’elle est ici par Dionysos Now ! sous la direction de Tore Tom Denys _ cf aussi ces vidéos qui nous permettent de regarder chanter Adriaen Willaert, et en italien maintenant, ce très remarquable ensemble vocal Dionysos Now ! : « A quand’a quand’haveva » (2′ 42) et « O Dolce vita mia » (5′ 35), extraits de leur programme du CD « Adriano 2« , ainsi que « Quando di rose d’oro » (3′ 14), extrait de leur programme du CD « Adriano 3« ... _,

    l’admirable fécondissime postérité musicale, d’abord à Ferrare, à Venise et à Rome, mais bien plus loin, aussi, dans toute l’Europe, d’Adriaen Willaert (1490 – 1562),

    dont, notamment, Cyprien de Rore, Claudio Merulo, Costanzo Porta, Francesco dalla Viola, Gioseffo Zarlino, Andrea Gabrieli, Roland de Lassus,

    ainsi que les divers somptueux madrigalistes, parmi lesquels, bien sûr, Claudio Monteverdi (1567 – 1643), qui, à peine un demi-siècle après la disparition d’Adriaen Willaert _ décédé à Venise le 7 décembre 1562 _, deviendra, à son tour _ au mois d’août 1613 _, le titulaire du très prestigieux poste de maître de chapelle à la basilique Saint-Marc de Venise…

    …

    …

    À suivre…

    …

    …

    Ce jeudi 3 août 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa