Étiquette : romantisme

  • Retour au splendide Mendelssohn de Johannes Moser et Alasdair Beatson : une fête de fées…

    En un article de ce jour de son blog Discophilia,

    par un article intitulé Ivresse,

     

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    Jean-Charles Hoffelé me permet de revenir

    _ cf mon article du mercredi 11 septembre :  _

    au très beau CD consacré

    par le violoncelliste Johannes Moser et le pianiste Alasdair Beatson

    à des œuvres de Fanny et Felix Mendelssohn :

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    le CD Pentatone intitulé Felix & Fanny Mendelssohn : PTC 5186781.

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    Ivresse

    IVRESSE

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    Le giocoso qui ouvre la Deuxième Sonate de Mendelssohn a un petit côté Songe d’une nuit d’été, c’est une pure musique de plaisir _ voilà, comme si souvent dans l’œuvre de Mendelssohn, surtout en sa jeunesse ; mais il est mort à l’âge de 38 ans seulement … _ où le violoncelle se fait chanteur _ oui _ avant que faire paraître Puck dans les pizzicatos du scherzando.

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    Il n’aura jamais sonné aussi enjoué et léger _ c’est là sa marque de famille ; d’où une certaine étrangeté en une période de romantisme assez souvent enclin au dolorisme et à un certain appesantissement… _ qu’ici, Alasdair Beatson jouant un Erard magique, piano-harpe éolienne qui fait la musique de Mendelssohn ce qu’elle est, celle des fées _ voilà ! Felix est aussi et peut-être d’abord un héritier en ligne directe, via ses maîtres à Berlin, de l’Empfindsamkeit de Carl-Philipp-Emanuel Bach _, bonnes ou mauvaises.

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    Dans un clavier si leste, l’archet de Johannes Moser ne pèse pas, qui envole _oui _ la sonorité de grand alto du magnifique Guarneri joué à cette occasion. Et si l’on tenait enfin le duo parfait qu’attendaient les deux Sonates ? La Première est tout aussi réussie, comme les Variations concertantes si rarement enregistrées, et les deux amis ajoutent une Romance sans parole, un Feuillet d’album et deux pièces de Fanny Mendelssohn délicieuses à force de fantaisie discrète _ oui. Quelle fête ! _ c’est cela ! _, qui inaugure bien des futurs disques de ce duo inspiré.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847)

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    Sonate pour violoncelle et piano No. 2 en ré majeur,
    Op. 58, MWV Q 32

    Variations concertantes,
    Op. 17, MWV Q 19

    Lied ohne Worte,
    Op. 109, MWV Q 34

    Sonate pour violoncelle et piano No. 1 en si bémol majeur, Op. 45, MWV Q 27
    Albumblatt en si mineur, MWV Q 25

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    Fanny Mendelssohn-Hensel (1805-1847)

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    Sonata o Fantasia in G Minor, H-U 238
    Capriccio in A-Flat Major, H-U 247

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    Johannes Moser, violoncelle
    Alasdair Beatson, piano Erard

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    Un album du label PentaTone PTC5186781
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    Photo à la une : le violoncelliste Johannes Moser et le pianiste Alasdair Beatson – Photo : © DR

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    Mendelssohn, sublime dans la joie…

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    Ce mercredi 6 novembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La magique incarnation couperinienne de Carole Cerasi en son enregistrement de l’intégrale (10 CDs) des Pièces pour clavecin de François Couperin

    Après avoir inauguré mon écoute

    par les 3 CDS n°4, n°5 et les 2/3 du CD n°6

    du coffret Metronome

    de l’intégrale des Pièces pour clavier

    de François Couperin (1668 – 1733),

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    qui comportaient les Ordres six à douze du Deuxième Livre de Pièces de clavecin (de 1717),

    dans l’interprétation magistrale de Carole Cerasi

    _ comme je m’en expliquais en mon article d’avant-hier : ,

    en suivant les conseils très judicieux, comme je l’ai bien expérimenté !, de Jean-Charles Hoffelé… _

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    j’ai passé ces deux jours-ci à poursuivre mon écoute _ encore mieux qu’enchantée ! _,

    par les sept autres CDs et 1/3

    des Pièces de clavecin

    du Troisième Livre (de 1722) _ comportant les Ordres treize à dix-huit _,

    du Quatrième (et dernier) Livre (de 1730) _ comportant les Ordres dix-neuf à vingt-sept _ ;

    et enfin du Premier Livre (de 1713) _ comportant les Ordres premier à cinq _ ;

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    ainsi que des huit Préludes et de l’Allemande de L’Art de Toucher le Clavecin (de 1716).
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    Eh ! bien, cette réalisation discographique _ en 10 CDs, chez Metronome _ de Carole Cerasi

    est un événement extrêmement important musicalement :

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    les merveilles musicales succèdant au merveilles musicales ;

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    et François Couperin (1668 – 1733) nous apparaissant, rien qu’en cette musique de clavecin,

    comme un compositeur égal

    à Bach (1685-1750) ou à Rameau (1683 – 1764) !

    Et à Domenico Scarlatti (1685 – 1757) _ lui, avare de titres sur ses si aventureuses, fastueuses et toujours brèves, pour lui aussi, étourdissantes sonates !!! _,

    ses contemporains d’à peine d’une génération plus jeunes par l’âge !

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    Pas moins !

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    Tout en finesse et intimité

    _ en son extraordinaire confondante variété ! _ ;

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    et, de fait, chez lui, rien n’est jamais ni attendu, ni mécaniquement prévisible, non ;

    tout est toujours ravissante et tendre et douce éminemment touchante surprise !..

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    Et François Couperin inaugure aussi,

    en ce premier tiers du XVIIIème siècle

    _ je rappelle les dates de ses publications : 1713, 1716, 1717, 1722, 1730 _,

    une expression radieuse

    _ pudique et humble, sans esbroufe ni hyperbole ; mais avec infiniment d’esprit, de tact et de goût ! _

    de l’intimité du vécu et du ressenti

    _ ainsi que du pensé et de l’imaginé-fantasmé, ou tendrement rêvé ;

    mais sans narcissisme aucun, ni complaisance envers soi :

    c’est vers l’altérité toujours, et en son mystère, qu’il se penche,

    en cette sorte de journal noté de sa fantaisie, au fil des jours et des rencontres impromptues advenant…

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    tant dans le dessin _ à la pointe hyper-fine : somptuosité des détails, quelle merveille ! _,

    et les couleurs _ raffinées selon d’infinies subtiles nuances : les plus justes qui soient _,

    du monde perçu _ proche, intime, comme un peu plus éloigné, aussi _ par lui,

    que dans la manifestation de ce que lui, idiosyncrasiquement, éprouve,

    ou s’invente

    _ en peinture, on dirait que sa fantaisie vagabonde entre les parcs de Watteau et les intérieurs de Chardin.
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    Tel presque un prédécesseur _ en sa promenade _

    et de l’Empfindsamkeit (d’un CPE Bach)

    ainsi que du Romantisme à venir :

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    et cela, en une forme brève

    _ sans que rien jamais pèse, ni encore moins pose… _

    parfaitement classique

    du Baroque français !

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    Et des goûts réunis

    _ et parfaitement conciliés : ceux de Lully et Corelli… 

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    Ce samedi 26 janvier 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Apprendre à écouter enfin « Harold en Italie », grâce à François-Xavier Roth…

    Me délectant à la nouvelle écoute des berlioziennes Nuits d’été d’Hector Berlioz

    _ quel inépuisable chef d’œuvre ! _,

    grâce à la prodigieuse lecture qu’en donne le merveilleux Stéphane Degout,

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    avec, ne les oublions certes pas, François-Xavier Roth et ses Siècles

    _ sur instruments d’époque ; in le CD Harmonia Mundi HMM 902634 _,

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    me voici venu à prêter enfin l’oreille qu’il fallait

    à Harold en Italie,

    auquel je résistais jusqu’alors,

    en dépit des talents des altistes, des orchestres et des chefs..

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    Et voici qu’aujourd’hui

    Tabea Zimmermann, François-Xavier Roth et Les Siècles

    viennent de briser la paroi de verre

    qui me séparait de ce poème symphonique,

    pionnier en l’ère romantique.

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    Quelle somptuosité orchestrale !!!

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    Merci donc à leurs prodigieux talents !

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    Le chef sait galvaniser les talents…

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    Et gagner nos écoutes endormies ou rétives…

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     Ce vendredi 25 janvier 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’altérité de la personne de l’autre : pourquoi un tel abîme entre pratique et discours ?..

    A l’occasion du colloque à Bordeaux L’Âge classique dans les fictions du XXIe siècle,

    ce matin au Studio Ausone,

    deux communications d’universitaires auxquelles j’ai assisté :

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    La Carte de Tendre dans L’Eveil de Line Papin (2016), par Frédéric Briot ;

    La Chine dans La Blessure et la soif  (2009), par Laurence Plazenet.

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    La communication de Frédéric Briot m’a au moins appris l’existence d’au moins trois Cartes de Tendre au sein de l’œuvre de Madeleine de Scudéry

    _ dont la plus célèbre, la seconde, se trouve dans son roman Clélie (10 volumes, publiés de 1654 à 1660) _ ;

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    alors que l’usage qui est fait de cette fameuse Carte, dite _ de façon bien erronée ! _ « du tendre« ,

    est d’un extraordinaire succès à travers les siècles ;

    et toujours aujourd’hui…

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    Il faudrait aussi s’interroger sur le succès, en 1668, des Lettres de la religieuse portugaise,

    et du thème des Bérénice de Racine et de Corneille…

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    La communication de Laurence Plazanet porte, elle, sur son propre roman, La Blessure et la soif, de 2009.

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    Et nous y apprenons que son goût, ici, pour la très grande estrangeté _ ou estrangèreté ? _ de la Chine (au XVIIe siècle,

    au moment très précis de la violente disparition de la dynastie des Ming ; en 1644, Pékin est conquise par les Mandchous)

    fonctionne, en la singularité de son imaginaire d’auteur de fictions _ à distinguer de ses fonctions (annexes) d’universitaire, prend-elle bien soin de préciser… _,

    comme un analogue de son goût pour l’estrangeté profonde _ et fascinante _ de l’augustinisme _ et du jansénisme de Port Royal _,

    exactement au même moment en France (sous la Fronde et ses suites) : de 1648 à 1662…

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    Et la conférencière de citer comme exemple d’écrivain admiré par elle

    en ses méthodes comme en ses goûts d’écriture,

    Pascal Quignard _ dont elle a rencontré l’œuvre au moment du film Tous les matins du monde ; avant de la lire goulûment in extenso très vite…

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    Il se trouve que j’ai moi aussi lu presque tout Quignard,

    du moins jusqu’à un certain moment _ celui (2009) du film Villa Amalia…

    Film et livre m’ont profondément agacé. Le charme était rompu.

    Cf mon article du 26 avril 2009 : 

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    De même que j’ai fini par m’agacer de la thématique (de l’altérité _ sacralisée en paroles _) de François Jullien,

    que j’avais fait inviter à de nombreuses reprises chez Mollat et à la Société de Philosophie de Bordeaux,

    avant de m’apercevoir de la très profonde cécité _ narcissique ; et en actes… _ à l’autre de cet auteur…

    Les yeux se décillent. 

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    A ma question sur les rapports entre son goût de la passion et le masochisme _ un mot électrique ! _, le sadisme _ qui évoque déjà le raffinement (extatique ! ) de cruauté de certains supplices chinois, au moins dans nos imaginaires… _, la pulsion de mort et les pulsions de vie _ et autres concepts freudiens ! _,

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    Laurence Plazanet a choisi de botter immédiatement en touche,

    en avançant que toute référence postérieure au XVIIème siècle

    tombait forcément hors de propos _ pour profond anachronisme ; et incapacité d’approcher la singularité historique et civilisationnelle visée par son approche documentaire extrêmement rigoureuse et poussée, mais aussi fictionnelle… _ pour elle…

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    Dont acte.

    Son dolorisme se trouve ainsi placé comme au-dessus de toute approche, et par conséquent hors d’atteinte.

    Dogmatiquement : il n’a pas à être _ confusément et hors de propos _ discuté.

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    J’ai trouvé cette position archi-romantique…

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    J’ai relevé aussi l’aveu de la conférencière de sa vive passion des ruptures…

    Ah ! bon…

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    Pour ma part, je préfère Montaigne à Pascal _ et Augustin et l’augustinisme _,

    et j’aime la subtilité sobre et infiniment fine de Marivaux.

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    Ce jeudi 24 mai 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa