Étiquette : rudesse

  • Un éblouissant idoinement idiosyncrasique CD Szymanowski par Szymon Nehring, au piano, et Marin Alsop dirigeant le Polish National Radio Symphony Orchestra, avec la Symphonie n°4 concertante Op. 60 et un choix de 10 Mazurkas de l’Op. 50 : une révélation magique !

    C’est proprement une révélation subjuguante pour nos oreilles de mélomane amoureux fou de l’œuvre de Karol Szymanowski (Tymochivka, 6 octobre 1882 – Lausanne, 29 mars 1937), que cet éblouissant idoinement idiosyncrasique CD Szymanowski par Szymon Nehring, au piano, et Marin Alsop dirigeant le Polish National Radio Symphony Orchestra – un CD renversant, comportant la Symphonie n°4 concertante Op. 60, ainsi qu’un choix de 10 Mazurkas extraits de l’Op. 50, qui en comporte 20 – que vient nous proposer le label Rubicon RCD 1215 – enregistré d’une part à Katowice au mois de mars 2025 pour la Symphonie concertante, et d’autre part à Varsovie au mois de mai 2022 pour les Mazurkas – , dont j’ai découvert l’existence le 20 juin dernier par un article intitulé « Dans les Tatras » de Jean-Charles Hoffelé paru ce jour-là,

    et que je me suis empressé d’aller illico presto commander à mon disquaire préféré, et ai reçu hier 2 juillet : un éblouissement enchanteur dès la première écoute de ses 52′ 38 – dont voici, et à défaut d’extraits disponibles de ce CD, une trop brève (et frustrante) vidéo de présentation (de 53′)…

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    Voici donc d’abord ce précieux et remarquable article « Dans les Tatras » de Jean-Charles Hoffelé,

    qui m’a fait connaître et commander ce magique CD :

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    DANS LES TATRAS

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    Au centre de son premier disque, enregistré alors qu’il n’avait que 22 ans, tout l’art de Szymon Nehring s’employait – déjà – à son meilleur dans les Variations, Op. 3 (voir ici),  après un album Chopin (voir ici) et un autre consacré à des partitions pour piano et orchestre de compositeurs minimalistes, il fallait bien qu’il revienne à Szymanowski.

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    Pas Métopes ni Masques, mais la Symphonie concertante – où il tient le piano – et un grand bouquet – de piano seul, cette fois – pris dans les Mazurkas, Op. 50, une immersion dans l’autre Szymanowski, celui qui, à compter d’Harnasie – un superbe ballet, Op. 55, créé en 1923 – , assume une langue devenue plus rude – voilà… – incarnée dans les idiomes stylisés d’un certain folklore, garant comme chez Bartók d’une radicalisation de la syntaxe, d’une épure des rythmes – voilà, voilà : c’est là très justementt perçu.

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    Le début de la Symphonie concertante – de 1932 – semble émaner de l’étoffe des songes, l’art si subtil – oui – du pianiste, ses colorations irisées – oui, oui, oui – font entendre la petite mélodie de berger comme jadis l’évoquait Arthur Rubinstein – dédicataire de cette œuvre pour piano et orchestre, créée à Poznan le 9 octobre 1932, avec Karol Szymowski au piano… L’élégie atmosphérique de l’Andante est elle aussi rêvée, et les danses du Finale – dont la partie centrale sonne avec une poésie introuvable ailleurs (et pourtant Leif Ove Andsnes, Louis Lortie, Ewa Kupiec) – évite l’effet bruitiste, la raideur qui souvent empèsent l’œuvre d’ailleurs dès son premier mouvement : Marin Alsop évitera même le charivari de la coda, rendant lisible l’effervescence du piano – tout cela est en effet splendide…

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    Magique !  – voilà !!! – , comme les dix Mazurkas de l’Opus 50 – de 1924- 26 – , dites avec une élégance nostalgique – oui – , sans appui mais pas sans vertige – oui, oui, oui – , très façon Bartók – absolument ! Szymon Nehring sait bien qu’elles sont les chefs-d’œuvre les plus délaissés du piano de Szymanowski, d’ailleurs les dix autres auraient pu tenir – eh oui ! – sur le disque, absence qui – bien évidemment – avive les regrets.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Karol Szymanowski
    (1882-1937)

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    Symphonie No. 4, Op. 60
    « Symphonie Concertante »

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    Mazurkas, Op. 50 (10 extraits : No. 1. Sostenuto ;
    No. 2. Allegramente ;
    No. 3. Moderato ;
    No. 4. Allegramente ;
    No. 11. Allegretto ; No. 6. Vivace ; No. 13. Moderato ; No. 18. Vivace ; No. 17. Moderato ; No. 16. Allegramente)

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    Szymon Nehring, piano
    Polish National Radio Symphony Orchestra
    Marin Alsop, direction

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    Un album du label Rubicon RCD 1215
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    Photo à la une : le pianiste Szymon Nehring, avec Marin Alsop –
    Photo : © DR

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    Karol Szymanowski est bien présent, incarné, dans ce si merveilleux CD – contrasté et varié, et subtil… – de Szymon Nehring et Marin Alsop dirigeant l’idiosyncrasique Polish National Radio Symphony Orchestra…

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    Une excellente entrée, donc, à la magie complexe et tellement prenante de l’œuvre bouleversante et si sensuelle – mais pas que – , de Karol Szymanowski…

    Un très grand disque !

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    Ce vendredi 3 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’art du lied : les viennois Georg Nigl (Vienne, 1972) et Julius Patzak (Vienne, 1898 – Rottach-Egern, 1974) nous faisant entendre rien moins que l’âme même du compositeur, Schubert, Mozart, qu’ils savent en toute simplicité et délicatesse si purement chanter : dans la stupeur enchantée et encore brute de ce qui maintenant se découvre…

    Mon admiration pour l’art du lied du baryton viennois Georg Nigl (Vienne, 2 mai 1972) – cf mon article d’hier même « L’intelligence exploratrice et créatrice féconde d’un passionnant chanteur singulier, le baryton viennois Georg Nigl : une assez étonnante et rare connivence d’approche de la musique en son cœur le plus intime, entre un musicien-interprète et un simple mélomane surtout discophile…« … – me rappelle mon admiration pour l’art du lied du ténor viennois Julius Patzak (Vienne, 9 avril 1898 – Rottach-Egern, 26 janvier 1974) – accompagné au CD, par exemple dans Schubert, par un Michael Raucheisen ou un Jörg Demus – :

    « Le ténor autrichien Julius Patzak n’avait pas vraiment une « belle » voix : la projection en était courte et le timbre un peu nasal. Mais il transcendait ces défauts par la sensibilité et l’intelligence. Avec lui, c’était l’âme même qui se faisait entendre« , a pu écrire de Julius Patzak Philippe Dulac…

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    Et c’est bien aussi l’âme du compositeur, un Schubert ou un Mozart, que nous donne à entendre à son tour Georg Nigl – accompagné au CD par une Olga Paschchenko dans les CDs Alpha 646  « Vanitas – Beethoven, Schubert – Rihm«  (enregistré à Paris en février 2019 et le 6 novembre 2020) et Alpha 934  « Echo – Schubert – Lœwe – Schumann – Wolf«  (enregistré à Bonn en février 2022), ou par un Alexander Gergelyfi dans  le CD Alpha 1142 « Mozart’s clavichord – Arias, Aider and Keyboard Pieces«  (enregistré au Mozarteum à Salzbourg au mois de mai 2024)…

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    Et en ce stupéfiant CD Alpha 1142 « Mozart’s clavichord – Arias, Lieder and Keyboard Pieces » de Georg Nigl et Alexander Gergelyfi, c’est bien le clavicorde de travail de Mozart lui-même, tel qu’il est précieusement conservé en sa maison natale à Salzbourg – et authentifié par cette note apposée, et à l’encre toujours bien lisible, sur la table d’harmonie de l’instrument par l’épouse de Wolfgang Amadeus Mozart, Constance : « Sur ce clavicorde, feu mon bon époux a composé La Flûte enchantée, La Clémence de Titus, le Requiem et une nouvelle cantate maçonnique en l’espace de cinq mois. Je peux en attester en tant que sa veuve Constance, conseillère d’État von Nissen, ancienne veuve de Mozart » – , qu’avec délices on entend en toute simplicité – avec douceur et délicatesse, mêlée d’une once de rusticité et presque rudesse, en quelque sorte assorties au timbre un peu rauque aujourd’hui de la voix de Georg Nigl : nous ne sommes évidemment pas ici au concert (avec son un peu trop polissée joliesse pour le plus large public possible), mais dans l’intimité d’atelier beaucoup plus resserrée, réservée, du travail infiniment touchant de l’œuvre même se faisant, s’élaborant peu à peu, dans la stupeur enchantée de ce qui maintenant se découvre… – chanter magiquement lui aussi....

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    Écoutez ici ce magique « Abendempfindung an Laura » KV 523 par les soins de Georg Nigl et Alexander Gergelyfi en ce très singulier merveilleux CD Alpha 1141 « Mozart’s Clavichord – Arias, Lieder and Keyboard Pieces« ,

    enregistré au Mozarteum de Salzbourg, au mois de mai 2024 sur le clavicorde personnel de Mozart, tel que cet instrument d’intimité est précieusement conservé en ce Mozarteum…

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    Ce mercredi 27 août 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Question : lesquels des « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, sont ceux que je préfère ?.. Pour un repêchage d’images trop rapidement délaissées : un choix de 12 images supplémentaires…

    Ce lundi, je m’attelle

    à un nouveau choix _ de rattrapage de mes propres cécités antérieures de jugement _ d’images préférées du sublime « Tirages Fresson » de Bernard Plossu,

    parmi celles que je n’avais pas retenues le 5 novembre dernier,

    ni dans ma liste de 13 images préférées, ni dans ma liste complémentaire de 22,

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    entre les 80 – 35 = 45 qui restent…

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    Ce troisième choix que j’effectue ici

    _ toujours marqué, forcément, par ma propre subjectivité, partiale, de spectateur _

    se porte cette fois vers des images un peu plus rudes, un peu moins tendres, bien moins lumineuses, surtout

    _ desquelles s’écarte toujours un tropisme mien de préférence _ ;

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    et je me rends compte presque immédiatement,

    en les passant rapidement en revue,

    que cette troisième fois-ci je n’ai, en effet, pas retenu les images plus gracieuses _ mais moins étranges _ de jardins,

    par exemple à Giverny :

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    ainsi, les 2 images légendées « Giverny, France, 2010 » et « Giverny, France, 2011« , et se faisant face, aux pages 50 et 51…

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    Les 12 images de mon choix de cette fois,

    sont, donc, les suivantes :

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    page 20, l’image légendée « Clermont-Ferrand, France, 2016 » :

    la véranda rouge, sur la rue, d’un café vivement éclairé de nuit ;

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    page 21, l’image légendée « Milan, Italie, 2008 » :

    une _ saisissante ! _ chaussure vernie d’homme, noire ;

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    page 22, l’image légendée « La Ciotat, France, 2011 » :

    un esseulé piano à queue beige, recouvert d’une toile en plastique transparente, dans un casino fermé peut-être depuis longtemps ;

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    page 23, l’image légendée « La Ciotat, France, 2017 » :

    un pan de la petite gare tranquille (et de son quai _ sans train _) de La Ciotat, rendue fameuse par le film des frères Lumière ;

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    page 33, l’image légendée « Île de Molène, France, 2008 » :

    une vue équilibrée _ ravissante _ d’un village de maisons grises, aux toits d’ardoises, à un carrefour de petites rues, que traverse un cycliste ;

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    pages 54-55 , l’image légendée « Grenoble, France, 1988 » :

    une grande image _ imposante _ de multiples voies ferroviaires entremêlées en gare de Grenoble ;

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    page 70, l’image légendée « Nijar, Espagne, 2003 » :

    un coin de ruelle un peu étrange, et dépourvu du moindre pittoresque, dans le village andalou de Nijar, avec ciel bleu ;

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    page 75, l’image légendée « Île de Molène, France, 2008 » :

    une vue singulière d’une maison avec un mur peint à la chaux, perçue sous un angle biscornu ;

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    page 79, l’image légendée « Barcelone, Espagne, 2005 » :

    un pan de quartier industriel, traversé d’un peu de verdure et quelques arbres, avec du ciel bleu ;

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    page 85, l’image légendée « Musée des Arts d’Afrique et d’Océanie, Paris, France, 2007 »

    une vue « abstraite » blanche et gris foncé, presque noir, entre cubisme et Mondrian ;

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    page 89, l’image légendée « Entre Charleroi et Bruxelles, Belgique, 2011 » :

    un massif et imposant bâtiment industriel verdâtre et bleu, vu de nuit ;

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    et page 97, l’image légendée « Île de Ventotene, Italie, 2010 » :

    un cornet de glace à la fraise gisant, étalé comme il est tombé, sur un sol gris bleu.

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    Et à la réflexion,

    ce troisième parcours d’images (de rattrapage !) _ en fait, un contrôle d’épreuve a posteriori du degré de fiabilité de mon propre jugement de regardeur… _ afin de vérifier rétrospectivement que je n’avais pas fait de tort à nulle image en l’ayant injustement écartée de mes « préférées« ,

    en fait me rassure,

    en venant conforter, mais oui !, mes deux précédents choix (de 13, puis 22 images) _ cf mon article du 5 novembre : …

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    Je poursuivrai demain les justifications un peu détaillées de ce tout début de réflexion rétrospective

    sur les raisons de mes choix _ personnels _ d’images…

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    Ce lundi 16 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa