Étiquette : Saint-Jean-de-Luz

  • Courriel à Jacky Bordenave, béarnais d’Escout, à propos de la parution imminente de notre « Sur les pas de la parenté basque de Maurice Ravel » à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz…

    En réponse à un courriel de Jacky Bordenave, béarnais d’Escout, et ami,  concernant le village basque d’Irissary :

    …

    Bonsoir,

    En juillet dernier nous sommes allés voir l’expo « SALTVS VASCONVM » dans le petit village d’Irissarry. Je vous laisse le plaisir de visiter en détail le domaine du département et d’admirer la très belle restauration de cet Ospitaléa (XVIIé siècle). Je profite de cette News letter pour joindre les photos des 3 documents romains inscrits du PBN, rassemblés pour la première fois, suivants :

    1- Inscription d’Hasparren ;

    2- Autel votif de Tardets ;

    3- Plaque funéraire de Guéthary.

    (Je vous signale qu’un très bon restaurant « Art’ Zain » se trouve à la porte à côté)

    Bonnes vacances.

    Jacques B.

    …

    voici mon courriel en date du 12 août dernier :

    …

    …

    Cher Jacques,

     
    Voici le lien tout neuf à mon blog tout relooké de frais : encherchantbien.fr …

     
    C’est toujours un plaisir renouvelé que de vous lire,
    ou d’entendre votre voix au téléphone…
     
    Et à la mi-septembre, pour les Journées du Patrimoine 2025,
    va paraître, édité par Jakintza, mon livre, avec Guy Lalanne, « Sur les pas de la parenté basque de Maurice Ravel »,
    réalisé à partir de mes recherches débutées au mois de mars 2019 – à la lecture de l’édition de la Correspondance de Maurice Ravel par Manuel Cornejo – ,
    comme en témoignent les articles suivis de mon blog…
     
    Le livre, de 104 pages, doit comporter de nombreuses photos des maisons, à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz, où ont résidé les ancêtres Delouart de Maurice Ravel
    ainsi que les cousins collatéraux de sa mère Marie Delouart (1840 – 1917)…
    Ce qui permettra la réalisation d’un parcours ravélien à suivre dans ces deux villes…
     
    Jusqu’ici nul ne s’était intéressé à ces cousins collatéraux de Marie Delouart
    principalement du fait que Marie Delouart, la mère de Maurice Ravel, était fille et petite-fille de deux filles-mères ;
    sa mère Sabine Delouart (1809 – 1879) et sa grand-mère Marie-Baptiste Delouart (1782 – 1855)…
    Le premier ancêtre masculin de cette branche maternelle Delouart étant l’arrière-grand-père de Marie Delouart, le cibourien Gratien Delouart (1748 – 1798)…
     
    Marie Delouart ne criait pas sur les toits cette pauvre généalogie sienne ;
    et Maurice Ravel a respecté sa vie durant le silence douloureusement à vif de sa mère…
     
    Même après le décès de celle-ci, en 1917, et de retour à Saint-Jean-de-Luz après la guerrre,
    il n’a jamais recherché à connaîre ses cousins cibouriens, même si il connaissait fort bien l’existence de certains d’entre eux, tels ceux qu’il nomme, en une importante lettre à Marie Gaudin du 22 juin 1911, « les Goyenague » , qui avaient pignon sur rue à Ciboure : une des belles maisons du Quai…
    Ses contacts étaient les amis luziens Gaudin, au premier chef desquels sa grande amie Marie Gaudin (1879 – 1976)…
     
    Et en effet j’ai mis au jour l’existence d’une lignée luzienne de cette famille Delouart : Etcheverry – Hiriart – Gaudin – Lenoir,
    ignorée jusqu’alors, et même carrément déniée par le pourtant cousin Edmond Gaudin (1903 – 1988),
    alors que la mère de celui-ci, Madeleine Hiriart-Gaudin (1875 – 1968), et Maurice Ravel (1875 – 1937), s’écrivaient « Mon cher cousin », « Ma chère cousine »…
    Mais mis en face de ces lettres échangées par les deux cousins au troisième degré qu’étaient sa mère Madeleine et Maurice Ravel,
    Edmond Gaudin a dit à ses enfants Charles-Paul (1938 – 2006) et Maylen (1942) que ces expressions de cousinage entre eux étaient seulement « affectives »…
     
    Un déni de cousinage qui demeure à ce jour inexpliqué…
     
    Et c’est moi qui au printemps 2019, le 29 mai, très exactement, ai appris à Maylen Gaudin-Lenoir que ce cousinage sien avec Maurice Ravel était bien effectif, et pas seulement « affectif »…
     
    Et j’ai contact régulier avec elle, très agréable,
    ainsi qu’avec son cousin Pascal Courteault (1944), fils de Jane Gaudin-Courteault (1880 – 1979), la sœur cadette de Marie Gaudin ;
    Maylen Gaudin-Lenoir étant la petite-fille de leur frère aîné Charles Gaudin (1875 -1910), le mari de la cousine Madeleine Hiriart-Gaudin (1875 – 1968)…
     
    Ces Gaudin (Dupous-Bibal) chez lesquels était domestique-gouvernante des enfants Gachucha Billac (1819 – 1902), la grand-tante bien aimée de Maurice Ravel, car demi-sœur de sa grand-mère Sabine Delouart (1809 – 1874).
    Et  c’est en se rendant enfant et adolescent auprès de Gachucha Billac, la tante de sa mère Marie Delouart-Ravel, à Saint-Jean-de-Luz, au domicile des Gaudin 41 rue Gambetta,  que le petit Maurice a noué ces profonds liens affectifs avec tous les enfants Gaudin…
    Ainsi Marie Gaudin a-t-elle pu dire, en 1975, qu’elle considérait Maurice comme « le cinquième de ses frères »…
     
    Voilà…
     
    Merci encore de me donner régulièrement ainsi de vos nouvelles,
    et de vos riches explorations basco-béarnaises…
    Francis,
    à Bordeaux et Saint-Jean-de-Luz

    …

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    Ce samedi 16 août 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Nouveaux progrès de connaissance luzienne sur les traces de la famille d’Hélène Coronado (1890-1982) : les avancées d’une micro-histoire…

    En continuation de mon article d’hier «  « , et de la poursuite de passionnants échanges de courriels avec Martin Cochard,

    …

    voici ce lundi 4 août les très précieuses et très précises réponses ponctuelles – en gras – de Martin Cochard à mon envoi de courriel hier à 11h 15 :

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    Les parents d’Hélène Coronado (née à Lucenay-les-Aix (Nièvre) le 29 décembre 1890), sont Charles Marie Isidore Coronado, né à Moulins (Allier) le 23 décembre 1854, et Marie Madeleine Goetz, née à Saverne (Bas-Rhin) le 7 novembre 1860 ; il se sont mariés à Paris 6e le 8 avril 1886.

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    Les 3 frères d’Hélène Coronado sont :

    _ Charles Antony Coronado, né à Paris le 17 juin 1885 ;

    _ Charles Emile Alexandre Coronado, né (j’ignore où) en 1887 (sans plus de précision) ; 

    Martin Cochard : naissance à Paris 6° Arrondissement le 31 juillet 1886

    _ Pierre Edgard Coronado, né à Bressay (Allier) le 18 décembre 1889…

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    La vraisemblance conduit à penser que le neveu de Mme Veuve Debas (née Camille Hélène Antoinette Félicie Coronado, le 26 octobre 1856 à Moulins), qui était présent (et âgé de 16 ans) lors de l’accident qui a coûté la vie à sa tante le mardi 29 juillet 1902 au pont d’Olette, était Charles Antony Coronado, né à Paris le 17 juin 1885,  l’aîné des 4 enfants de Charles Marie Isidore Coronado et sa future épouse, alors, Marie Madeleine Goetz…

    Réponse Martin Cochard : Maïna Coronado, la fille de Charles Antony Coronado, n’a jamais entendu parler de cet accident, mais valide le fait que ce soit son père qui était présent dans la voiture, si le journaliste ne s’est pas trompé. Sauf que si Charles Emile Alexandre Coranado, le deuxième fils de Charles Marie Isidore Coronado, est né le 31 juillet 1886, cc peut tout à fait être lui ce neveu de Mme veuve Debas, alors âgé de 16 ans, qui fut présent, dans l’automobile accidentée, peut-être blessé ou peut-être indemne – les 3 compte-rendus journalistiques de l’accident du pont d’Olette dans 3 journaux différents, ne concordent hélas pas… – , lors de l’accident survenu le 29 juillet 1902, à ce pont d’Olette, qui coûta la vie à sa tante : 1902 – 1886 = 16… En conséquence de quoi, l’accidenté ce jour-là ne fut peut-être pas le père de Maïna Coronado (1902 – 1885 = 17) , mais le premier (âgé de 16 ans) de ses deux oncles Coronado, Charles Emile Alexandre – le second de ses oncles Coronado, Pierre Edgard, né le 18 décembre 1889, n’avait lui que 12 ans de demi au moment de cet accident du pont d’Olette, le 29 juillet 1902.

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    Antonia Coronado (veuve d’Edgar Debas) et son frère Charles Marie Isidore Coronado étaient les enfants de Jean Alphonse Coronado, né à Ciudad Real le 21 octobre 1815, et son épouse Suzanne Alix Touzain, née à Saint-Pourçain sur Sioule le 27 septembre 1830 (et qui décédera à Moulins le 24 octobre 1870), lesquels s’étaient mariés à Moulins le 15 novembre 1847.

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    Voici où j’en suis de mes recherches sur cette famille Coronado, d’origine espagnole (Ciudad Real), venue s’installer au pays basque, après leur long séjour (très prospère !) à Madrid, probablement suite à la construction, par Edgar Debas, dans les années 1880 de la Villa « Antonie » dans le quartier d’Aice Errota à Saint-Jean-de-Luz ; Edgar Debas qui décèdera à Madrid le 28 décembre 1891 d’une maladie pulmonaire, et sera enterré au cimetière d’Aice Errota à Saint-Jean-de-Luz…

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    Ìl est d’ailleurs possible que la succession par achat de l’entreprise madrilène d’Edgar Debas par le concurrent Pedro Calvet, en 1902 – celui-ci résidait en face ! – , soit consécutive au décès d’Antonia Coronado, veuve Debas, au pont d’Olette, le 29 juillet 1902.

    Réponse Martin Cochard : C’est effectivement une hypothèse fort probable.

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    Demeure la question : pourquoi ce choix d’Edgar Debas d’une villa à Saint-Jean-de-Luz ?.

    Réponse Martin Cochard : Pas d’informations à ce sujet, juste le constat que l’implantation des Debas à Saint-Jean se fait au moment du projet de développement du quartier Aïce Errota (« Village-jardin ») au milieu des années 1880, et que les Coronado sont des espagnols émigrés en France.

    Cela peut-il avoir un rapport avec Charles Coronado, le frère d’Antonia ?

    Les Debas sont les premiers à s’être installés à Saint-Jean, Charles Coronado a ensuite hérité de la maison des Debas (la Villa « Antonie ») dans laquelle il s’est installé avec sa famille.

    Même si celui-ci, Charles Marie Isidore Coronado, est né à Moulins en 1854,

    a eu son flls aîné Charles Antony à Paris en 1885 ;

    s’est marié avec Marie Madeleine Goetz, la mère de son fils, à Paris 6e en 1886 ;

    a eu leur second fils Charles Emile Alexandre en 1885, ni 1887, 1886, mais j’ignore où celui-ci est né (Paris) ;

    a eu leur troisième fils Pierre Edgard à Bressay (Allier) en 1889 ;

    et leur fille Hélène à Lucenay-les-Aix en 1890…

    …

    Jusqu’alors donc, en 1890, rien en Pays basque.

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    Cependant, dès avant le décès accidentel, le 29 juillet 1902, de sa soeur Antonia veuve Debas, Charles Coronado et sa famille (qui résideront ensuite à la Villa «  Antonie » d’Aice Errota : par exemple le 3 juin 1912, au moment du mariage, à Paris, de leur troisième fils Pierre Edgard Coronado) résident probablement au Pays basque : ainsi le fils aîné de Charles Marie Isidore Coronado, Charles Antony Coronado, a-t-il passé au mois de juin 1901 le bac (mention Bien) au lycée de Bayonne…

    Réponse Martin Cochard : je suis preneur de la source de cette information très intéressante – il s’agit d’une remarque concernant en effet le jeune Charles Antony Coronado et son obtention du bac avec une mention Bien, présente en un article intitulé « Deux traces de Pierre Laval (1883-1945) au lycée de Bayonne » (en date du 14 novembre 2018) consacré à la présence au lycée de Bayonne (à Marracq) l’année scolaire 1900-1901 de Pierre Laval, dans le très riche blog retours-vers-les-basses-pyrenees.fr du bayonnais Philippe Durut, que j’ai découvert en avril 2019 ; cf mon important article du 14 avril 2019 « »… Pour moi, à ce stade, Charles Coronado est à Moulins au moins jusqu’en 1905, année où sa fille Hélène est admise au Conservatoire national de musique de Paris. Son fils Charles Antony aurait-il été accueilli à Saint-Jean avant cette date par son oncle Edgar Debas (non : pas Edgar Debas, car celui-ci est décédé à Madrid le 28 décembre 1891) sa tante Antonia ?

    … 

    Voilà ce que pour le moment, en cherchant sur le web, j’ai réussi à glaner…

    A suivre…

    Francis Lippa

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    Oui, ces échanges de recherches sont décidément passionnants, et font avancer la connaissance de cette micro-histoire luzienne…

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    Plus que jamais à suivre…

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    Ce lundi 4 août 2025, Titus Curiosuss – Francis Lippa

  • Quelques petits progrès de connaissance luzienne, en partant sur les traces de la carrière de pianiste de la luzienne Hélène Coronado (1890-1982)…

    C’est une question – à propos d’un concert donné par Marguerite Long au Golf Hôtel de Saint-Jean-de-Luz le 17 septembre 1918 – de Martin Cochard – chercheur rigoureux et ouvert, croisé à deux reprises déjà à Ciboure – , avant-hier vendredi 1er août, à 19h 52,

    qui m’a lancé sur la piste de la pianiste luzienne – élève de Marguerite Long au Conservatoire national de musique, à Paris, en 1906... – Hélène Coronado (Lucenay-les-Aix, Nièvre, 29 décembre 1890 – Saint-Jean-de-Luz, 9 octobre 1982) – épouse à Saint-Jean-de-Luz le 20 septembre 1915 de Paul Pléneau (Bordeaux, 11 février 1869 – Saint-Jean-de-Luz 16 février 1949) : tous deux reposent au cimetière luzien d’Aïce Errota, dans le caveau familial d’Edgar Debas (Moulins, 23 mai 1845 – Madrid, 28 décembre 1891) ; un caveau dans lequel repose aussi l’épouse d’Edgar Debas (ils se sont mariés à Moulins le 20 février 1874), Antoinette Coronado (Moulins, 26 octobre 1856 – Olette, 29 juillet 1902) – ;

    Martin Cochard dont je donne ici en exemples quelques brefs extraits de fructueux échanges de courriels, qui ont l’heur de venir compléter en quelque sorte à la marge mes propres recherches raveliennes…
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    De Martin Cochard, vendredi 1er août, à 19h 52 :
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    Cher Monsieur,

    Je crois que vous avez déjà écrit sur le concert qu’a donné Marguerite Long le 17 septembre 1918 au Grand Hôtel – portant alors le nom de Modern Hôtel – à Saint-Jean de Luz.

    Que pouvez-vous m’en dire ? Hélène Coronado, épouse Pléneau, habitait Saint-Jean de Luz à cette époque, et on peut imaginer qu’elle a assisté à ce concert ; je n’ai malheureusement trouvé aucun compte rendu (de presse, par exemple) qui rende compte de l’évènement et précise les noms de quelques personnes de l’assistance.

    Je vous remercie pour l’attention que vous porterez à ma requête.

    Bien cordialement,

    Martin Cochard

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    Voici ma réponse, ce même vendredi 1er août, à 21h 30 :
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    Cher Monsieur,

     

    voici des liens à mes 2 articles concernant ce concert de Marguerite Long donné au Golf-Hôtel de Saint-Jean-de-Luz le 17 septembre 1918, qui vous intéresse,

     
    Dans les deux éditions de la Correspondance de Maurice Ravel réalisées par les soins hyper-méticuleux de Manuel Cornejo, à aucun moment n’apparaît le nom d’Hélène Coronado…
     
    Pourriez-vous m’indiquer les lieux et dates de naissance, mariage et décès d’Hélène Coronado,
    ainsi que ceux de son mari Paul Pléneau (1869- 1949).
    Ainsi que quelques renseignements lmportants dont vous disposez sur elle…
    Hélène Coronado, qui, je crois, a été l’élève aussi du pianiste montois Francis Pianté (Orthez, 2 mars 1839 – Saint-Avit, 19 décembre 1934)…
     
    Si le nom de Francis Pianté apparaît bien 2 fois dans la seconde édition de la Correspondance de Ravel par Manuel Cornejo, une fois, à la page 882, dans une lettre de Debussy à l’éditeur Jacques Durand (écrite de Saint-Jean-de-Luz le 27 septembre 1917), pour dire que Planté n’a hélas pas bien joué, en un concert donné à Saint-Jean-de-Luz, les Jeux d’eau de Ravel, et la seconde fois à la page 2701, parmi les membres de la Chambre syndicale des compositeurs de musique, en 1919 ; en revanche on ne trouve aucune mention d’un quelconque rapport de Maurice Ravel avec Francis Planté…
    D’autre part, dans le journal Le Mémorial des Pyrénées du 16 février 1912, il est fait mention de la participation d’Hélène Coronado à un concert donné au Modern Hôtel de Saint-Jean-de-Luz – aujourd’hui le Grand Hôtel – , notamment dans des pièces pour piano seul (de Liszt) et pour deux pianos (de Weber et Chopin) avec une certaine Mme U. G ; mais aussi comme 2ème violon…
     
    C’est tout ce que pour le moment j’ai pu trouver concernant Hélène Coronado… Et Manuel Cornejo, actuellement en vacances loin de France, est injoignable pour le moment…
     
    Quant au concert donné au Golf Hôtel le 17 septembre 1918, les deux seules pianistes qui y ont joué sont Marguerite Long et Monique Haas. Et pas Hélène Coronado, probablement présente à ce concert dans l’assistance. Mais il est difficile de savoir quel public était là…
     
    À suivre…
    Francis Lippa
    …
    …
    Puis de Martin Cochard, le samedi 2 août, à 14 h 51 :
    …
    …

    Cher Monsieur,

    un grand merci pour toutes les informations transmises.

    Hélène Coronado épouse Pléneau a bien été aussi l’élève du pianiste Francis Planté.

    Voici les dates et lieux demandés :

    Hélène Coronado : née le 29 décembre 1890 à Lucenay-les-Aix (Nièvre), mariée à Paul Pléneau le 20 septembre 1915 à Saint-Jean de Luz, décédée le 9 octobre 1982 à Saint-Jean de Luz.

    Paul Pléneau : né le 11 février 1869 à Bordeaux, marié à Hélène Coronado le 20 septembre 1915 à Saint-Jean de Luz, décédé le 16 février 1949 à Saint-Jean de Luz.

    Paul et Hélène sont enterrés dans le caveau de la famille d’Edgar Debas au cimetière d’Aïce Errota à Saint-Jean de Luz.

    Bien à vous,

    Martin

    …
    …
    Puis mon envoi de samedi à 15h 33 :
    …
    …

    Merci de vos informations… 

    Et à propos du concert donné au Modern Hôtel à Saint-Jean-de Luz le 20 février 1912, auquel a participé Hélène Coronado alors âgée de 21 ans, je me demande quelle pianiste, possiblement luzienne elle aussi, se cache sous les initiales de Mme U. G. …
     
    Et je me réjouis qu’en échangeant nos amorces de connaissance, nous puissions les faire un peu progresser…
    Francis, à Bordeaux 
    …
    …
    Ainsi qu’un autre envoi de ma part, à 20h 00,
    avec les réponses ponctuelles de Martin Cochard à 22h 49 : :
    …
    …
    Les deux frères Debas, photographes officiels de la famille royale d’Espagne, sont
    Ferdinand Debas (Moulins, 31 août 1842 – Madrid, 21 juin 1914)
    et Edgar Debas (Moulins, 23 mai 1845 – Madrid, 28 décembre 1891), dont l’épouse était Antonia Coronado.
    La mère de ces deux frères Debas s’appelait Dujant.
     
    Lors des obsèques d’Edgar Debas, en 1891 à Madrid, sur une annonce de décès, apparaît aussi le nom de Carlos Coronado : peut-être un frère d’Antonia et un beau-frère du défunt,
    et peut-être père, ou bien oncle, d’Hélène Coronado,
    née le 29 décembre 1890 à Lucenay-les-Aix, dans la Nièvre, un département voisin de l’Allier (et Moulins : le berceau de ces Debas installés ensuite à Madrid…
    Réponse Martin : il s’agit de Charles Coronado, frère d’Antonia et père d’Hélène Coronado.
     
    La « Madame Veuve Debas » qui décède d’une fracture du crane à la fin juillet 1902 dans un accident automobile au Pont d’Olette, était dite « propriétaire à Saint-Jean-de-Luz »…
    Réponse Martin : Edgar Debas avait fait construire une villa dans le quartier d’Aïce Errota de Saint-Jean vers le milieu des années 1880. Cette maison, qui était nommée « Villa Antonie » sans doute en raison du prénom de l’épouse, se trouve aujourd’hui au 11, rue François Rabelais.
     
    Et avec elle, en cet accident, se trouvait son neveu « M. Jayme, négociant photographe à Biarritz (au Port-Vieux) »
    (dixit une information du Mémorial des Pyrénées – ici je fais erreur : l’article où apparaît ce nom de « M. Jayme » est en fait celui de la Gazette de Biarritz, Bayonne et Saint-Jean-de-Luz du 1er août 1902)…
    Réponse Martin : je n’avais pas trouvé cet article, merci ! En revanche, je n’ai rien lu concernant M. Jayme dans le numéro du Mémorial des Pyrénées du 1er août 1902. Merci de me dire où je me suis trompé.
     
    Cette Mme Vve Debas serait-elle Antonia Coronado, probablement enterrée ensuite au cimetière d’Aice Errota, dans le caveau dit d’Edgar Debas, à Saint-Jean-de-Luz ?
    Réponse Martin : Mme Vve Debas est bien Antonia Coronado et est enterrée au cimetière d’Aïce Errota avec son mari Edgar Debas. 
    Et ce neveu, sorti, semble-t-il, quasi indemne de l’accident, serait-il Jayme (ou en français Jacques) Coronado ?..
    Qui pourrait être un frère (ou un cousin) d’Hélène Coronado ?
    Réponse Martin : Hélène a eu trois frères qui ne portaient pas le prénom de Jacques. Aucune fiche Généanet ne donne le détail des enfants de ses oncle et tante.
    …
    …
    Et mon envoi suivant, ce dimanche 3 août, à 7h 42 :
    …
    …

    Il existe 3 versions (divergentes hélas !) de l’accident où est décédée Madame Veuve Debas, au pont d’Olette le 29 juillet 1902, dans 3 journaux :

    …

    _ la Gazette de Biarritz, Bayonne et Saint-Jean-de-Luz du 1er août 1902 : « En automobile »
    Dans cet article, il est dit que « Mme veuve Debas, de Saint-Jean-de-Luz, M. Jayme, négociant, photographe à Biarritz (Port-Vieux) et une autre personne faisaient une promenade en automobile quand une fausse manoeuvre les jeta contre le parapet du pont. Mme Debas a eu le crane brisé et mourut presque instantanément. M. Jayme a eu un poignet brisé et les deux pouces arrachés. »…
    …
    _ le Mémorial des Pyrénées du 1er août 1902 : « Saint-Jean-de-Luz – grave accident d’automobile »
    Dans cet article, il est dit : « Mardi après-midi, Mme veuve Debas, propriétaire à Saint-Jean-de-Luz, faisait une promenade en automobile accompagnée de son neveu et un ami. Au pont d’Olette, la machine maladroitement manoeuvrée alla heurter l’angle du pont et fit immédiatement bascule. Mme Debas est morte quelques instants après l’accident ; son neveu a eu les deux bras brisés. » …
    …
    _ et la Dépèche du 2 août 1902 : « Accident mortel d’automobile »
    Dans cet article, il est dit que « Monsieur Bourguignon, rentier à Saint-Jean-de-Luz, faisait une promenade en automobile en compagnie de Madame veuve Debas et de son neveu âgé de 16 ans. 
    (…) Monsieur Bourguignon a eu les poignets brisés. Quant au neveu de Mme Debas, il en a été quitte avec quelques égratignures. Quant au troisième voyageur, malgré la secousse et une frayeur bien légitime, il a pu donner les ordres nécessaires pour envoyer une voiture aller chercher un médecin et un landau pour ramener les blessés.»
     
    … 
    Décrypter ces 3 versions divergentes de l’accident, et ce qu’elles affirment des 3 passagers de la voiture, serait assurément intéressant !
    J’en retiens surtout que le neveu (Coronado probablement) était âgé de 16 ans ; et donc né vers 1886…
    Hélène Coronado étant née, elle, le 29 décembre 1890.
    Et ce 29 juillet 1902 de l’accident mortel de sa tante Antonia, Hélène Coronado avait 11 ans…
     
    …
    Il serait donc intéressant d’en apprendre davantage sur les 3 frères d’Hélène Coronado, dont celui qui fut présent à l’accident au pont d’Olette le 29 juillet 1902…
    Ainsi que sur Charles Coronado, le frère d’Antonia, et sa présence à Saint-Jean-de-Luz ou Biarritz ou Bayonne à cette époque… 
    …
     
    Sur les concerts repérables donnés par Hélène Coronado,
    _ pour celui donné au Modern Hôtel à Saint-Jean-de-Luz le 20 février 1912 , consulter l’article du Mémorial des Pyrénées du 19 février 1912 :
    _ et pour celui donné à la Sala Navas (à Madrid probablement…) le 23 décembre 1912, consulter l’article d’El Pais du 24 décembre 1912 :
    …
     
    Et sur les brillantes carrières professionnelles des frères Ferdinand et Edgar Debas (avec mention des noms de leurs veuves), consulter le riche travail de Juan Antonio Fernandez Rivero et Maria Teresa Garcia Ballesteros «Los Hermanos Debas : fotografos de corte en las monarquias alfonsinas » :
     
    À suivre…
     
    Bien à vous,
     
    Francis Lippa
    …
    …
    Et ce nouvel envoi de ma part, ce dimanche matin 3 août à 11h 15 :
    …
    …

    Les parents d’Hélène Coronado (née à Lucenay-les-Aix (Nièvre) le 29 décembre 1890), sont Charles Marie Isidore Coronado, né à Moulins (Allier) le 23 décembre 1854, et Marie Madeleine Goetz, née à Saverne (Bas-Rhin) le 7 novembre 1860 ; il se sont mariés à Paris 6e le 8 avril 1886.

    Et les 3 frères d’Hélène Coronado sont :
    _ Charles Antony Coronado, né à Paris le 17 juin 1885 ;
    _ Charles Emile Alexandre Coronado, né (j’ignore où) semble-t-il en 1887 (sans plus de précision) ;
    _ Pierre Edgard Coronado, né à Bressay (Allier) le 18 décembre 1889…
    …
    La vraisemblance conduit à penser que le neveu de Mme Veuve Debas (née Camille Hélène Antoinette Félicie Coronado, le 26 octobre 1856 à Moulins), qui était présent (et âgé de 16 ans) lors de l’accident qui a coûté la vie à sa tante le mardi 29 juillet 1902 au pont d’Olette, était Charles Antony Coronado, né à Paris le 17 juin 1885, l’aîné des 4 enfants de Charles Marie Isidore Coronado et sa future épouse, alors, Marie Madeleine Goetz…
    Antonia Coronado (veuve d’Edgar Debas) et son frère Charles Marie Isidore Coronado étaient deux des 3 enfants de Jean Alphonse Coronado (né à Ciudad Real le 21 octobre 1815) et son épouse Suzanne Alix Touzain (née à Saint-Pourçain sur Sioule le 27 septembre 1830 ; et qui décédera à Moulins le 24 octobre 1870), lesquels s’étaient mariés à Moulins le 15 novembre 1847.
    …
    Voilà où j’en suis de mes recherches sur cette famille Coronado, d’origine espagnole (Jean Alphonse Coronado est né à Ciudad Real le 21 octobre 1815), venue s’installer au Pays basque, après leur long séjour (très prospère !) à Madrid, probablement suite à la construction, par Edgar Debas, dans les années 1880, de la Villa « Antony » (ou « Antonie ») dans le quartier d’Aice Errota à Saint-Jean-de-Luz ; Edgar Debas qui décèdera à Madrid le 28 décembre 1891 d’une maladie pulmonaire, mais sera enterré dans le caveau qu’il avait fait construire au cimetière d’Aïce Errota à Saint-Jean-de-Luz…
    …
    Je remarque aussi qu’il est possible que la succession, par achat, de la brillante entreprise madrilène d’Edgar Debas par son concurrent Pedro Calvet, en 1902 – celui-ci résidait juste en face ! – , soit tout simplement consécutive au décès d’Antonia Coronado, veuve Debas, au pont d’Olette, le 29 juillet 1902…
    Demeure la question : pourquoi ce choix d’Edgar Debas madrilène, de faire bâtir une villa à Saint-Jean-de-Luz ?..
    Cela pourrait-il avoir un rapport avec Charles Marie Isidore Coronado, le frère de son épouse Antonia ?
    Même si celui-ci est né à Moulins en 1854,
    a eu son flls aîné Charles Antony à Paris en 1885 ;
    s’est marié avec Marie Madeleine Goetz, la mère de son fils, à Paris 6e en 1886 ;
    a eu leur second fils Charles Emile Alexandre en 1887, mais j’ignore où celui-ci est né ;
    a eu leur troisième fils Pierre Edgard à Bressay (Allier) en 1889 ;
    et leur fille Hélène, enfin, à Lucenay-les-Aix en 1890,
    il faut convenir que jusqu’alors, en 1890, nulle attache n’apparaît pour ceux-ci en Pays basque.
    …
    Cependant, dès avant le décès accidentel, le 29 juillet 1902, de sa soeur Antonia veuve Debas,
    Charles Coronado et sa famille (qui seront domiciliés ensuite à la Villa « Antonie » du quartier d’Aice Errota à Saint-Jean-de-Luz : par exemple le 3 juin 1912, au moment du mariage, à Paris, de leur troisième fils Pierre Edgard Coronado), résident bien déjà, semble-t-il au pays basque : ainsi ai-je pu relever que le fils aîné de Charles Marie Isidore Coronado, Charles Antony Coronado, passe en juin 1901 le bac (mention Bien) au lycée de Bayonne…
    …
    Voilà ce que pour le moment, en cherchant sur le web, j’ai réussi à glaner…
    À suivre…
    Francis Lippa
    …
    …
    Et c’est ainsi, par de tels échanges de précisions de tels micro-détails, que la connaissance progresse pas à pas avec efficacité et justesse…
    …
    …
    Ce dimanche 3 août 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Ré-écriture de « Sur la genèse aux 3/4 luzienne du « Tombeau de Couperin »… »

    En mon article d’hier 21 juillet « « , j’ai commencé à brièvement évoquer le hiatus temporel que j’ai remarqué s’être produit entre le 14 février 1914, qui est le début – à Saint-Jean-de-Luz, et au domicile de ss amis luziens Gaudin, au 41 rue Gambetta – des compositions par Ravel, peut-être la forlane, et à partir d’une forlane de Couperin – plus probablement François Couperin (1668-1733),plûtôt que son oncle le génial Louis Couperin (ca. 1628-1661)… –  de ce que Ravel qualifiait en une lettre de ce 14 février 1914 à son ami Cipa Godebski, d’une « suite française » pour le piano, et le titre que, le 2 janvier 1915, soit presque un an plus tard, il a choisi de donner à cette « suite française » pour le piano, je veux dire « Le Tombeau de Couperin » , tel qu’il l’énonce du moins ce 2 janvier 1915  en une lettre à son ami pianiste et compositeur hongrois Theodor Szántó ;

    et je me cite ici approximativement :

    « Le Tombeau de Couperin » : une œuvre dont le titre apparaît pour la première fois dans la Correspondance de Ravel seulement le 2 janvier 1915, en une lettre à son ami Theodor Szántó. Alors que l’allusion à une « transcription« pour le piano d’une forlane de Couperin était déjà présente dans une lettre à Cipa Godebski en date du 14 février 1914, soit presque un an auparavant la formulation de ce titre « Le Tombeau de Couperin«.

    Dans quelle mesure ce titre de « Le Tombeau de Couperin » fait-il ou pas référence à l’admirable auteur de nombreuses « Suites françaises » pour le clavier (dont le sublime « Tombeau de Monsieur de Blancrocher »…) qu’est le merveilleux Louis Couperin, qui fut bien présent, en chair et en os, à Saint-Jean-de-Luz, en 1659, parmi la troupe des musiciens officiant aux noces royales de Louis XIV et l’Infante Marie-Thérèse, dans la tribune de l’église saint-Jean-Baptiste, lors de la cérémonie française de ce mariage – une précédente cérémonie, espagnole, avait eu lieu à Fontarabie, en présence du père de la mariée, le roi d’Espagne Philipe IV – : ce que peut-être Maurice Ravel savait, même si le nom de Louis Couperin n’est pas présent dans sa Correspondance, telle du moins qu’elle a été jusqu’à’ici retrouvée ; et il se trouve par ailleurs que Louis Couperin est un des compositeurs que personnellement je porte au pinacle.

    …

    Et appréciant énormément aussi « Le Tombeau de Couperin » de Maurice Ravel, je me permets de renvoyer ici à deux des précédents articles que j’ai consacrés à cette œuvre sur mon blog « En cherchant bien », en date des 23 avril et 27 avril 2024 :

    l’article «  » ,

    et l’article «  »,

    qui me paraissent être en mesure de nous aider à répondre au propos énoncé par le titre de ce nouvel article : « Sur la genèse, débutée à Saint-Jean-de-Luz au mois de février 1914, de la « suite française » pour piano, intitulée ultérieurement, dès le 2 janvier 1915, « Le Tombeau de Couperin » »…

    …

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    Quelques précisions sur les 7 dédicataires des 6 pièces du « Tombeau de Couperin » de Maurice Ravel : une sublime oeuvre de résilience

    — Ecrit le mardi 23 avril 2024 dans la rubrique “Histoire, Musiques”. Modifier cette entrée

    Il n’est pas très aisé de trouver des indications biographiques précises – lieu et date de naissance ainsi que de décès – concernant les 7 dédicataires – tous décédés au champ d’honneur, durant la Grande Guerre – , des 6 pièces du « Tombeau de Couperin« – « pour piano à deux mains » (sic) – de Maurice Ravel (Ciboure, 1875 – Paris, 1937), composées entre avril 1914 (« aux 3/4  ») à Saint Jean-de-Luz,, et 1917, à Lyons-la-Forêt , pour le dernier quart restant…

    …

    Jacques Charlot (1885-1915) pour « Prélude » ,

    Jean Cruppi (1892-1914) pour « Fugue » ,

    Gabriel Deluc (1883-1916) pour « Forlane » ,

    les frères Pierre (1878-1914) et Pascal (1883-1914) Gaudin pour « Rigaudon » ,

    Jean Dreyfus (1896-1917) pour « Menuet » 

    et Joseph de Marliave (1873-1914) pour « Toccata » …

    …

    …

    Les voici donc, ces dates et lieux précis :

    …

    Jacques Louis Albert Charlot : Paris 17e, 13 septembre 1885 – Col de la Chapelotte (Meurthe-et-Moselle), 3 mars 1915 ;

    …

    Jean Louis Cruppi : Paris, 17 novembre 1892 – Messines (Belgique), 4 novembre 1914 ;

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    Jean Marie Gabriel Deluc : Saint-Jean-de-Luz, 1er octobre 1883 – Souain-Perthes-lès-Hurlus (Marne), 15 septembre 1916 ;

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    Léon Pierre Justin Gaudin : Saint-Jean-de-Luz, 7 février 1878 – Oulches-Hurtebise (Aisne), 12 novembre 1914

    et Pascal Victor Gaudin : Saint-Jean-de-Luz, 31 janvier 1883 – Oulches-Hurtebise (Aisne), 12 novembre 1914 ; 

    …

    Jean Dreyfus : Sao Polo, 13 décembre 1896 – Rancourt (Somme), 14 octobre 1917 ;

    …

    Joseph Marie de Marliave : Toulouse, 16 novembre 1873 – Senon (Meuse), 24 août 1914.

    …

    …

    « Le Tombeau de Couperin » : une sublime œuvre de résilience – de la part d’un athée pas du tout pessimiste, aimant profondément le cadeau de la vie : cf ces mots très justes de Michael Hopcroft à propos précisément du caractère tout sauf triste du sublime « Tombeau de Couperin »… : « When asked why his piece wasn’t as somber as much of the memorial music produced in the aftermath of the Great War, Ravel is reported to have said : « The dead have sorrow enough ». Ravel was mourning the deaths of his friends, but also grateful that they had lived at all. Which may be why this music is so sprightly and optimistic » …

    …

    …

    Ce mardi 23 avril 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

    …

    …

    Et puis :

    …

    …

    A propos de la genèse à retardement (de l’été 1914 à l’été 1917) du sublimissime « Tombeau de Couperin » de Maurice Ravel : quelques modestes amorces de réflexions sur la genèse d’un intensément touchant chef d’oeuvre…

    — Ecrit le samedi 27 avril 2024 dans la rubrique “Blogs, Histoire, Musiques”.Modifier cette entrée

    Ainsi que le remarque Manuel Cornejo, à la page 794 de son admirable et indispensable « Intégrale » de la Correspondance de Maurice Ravel – du moins la correspondance accessible jusqu’ici au public : une nouvelle édition devant intégrer de nouvelles lettres devenues accessibles depuis l’édition de 2018 de Manuel Cornejo, lire ce riche entretien de janvier 2019, avec Nathalie Jungermann – , « Il ne faut pas négliger (…) le fait que Ravel n’ait plus composé d’œuvres pour piano seul après 1917 » , soit après l’achèvement, à Lyons-la-Forêt, chez ses amis Fernand Dreyfus (Sélestat, 24 août 1850 – Paris 17e, 17 novembre 1923) et son épouse Madame Fernand Dreyfus (née Marie Spies : Hasselt, 16 janvier 1871 – ?, 1958) – qui fut la marraine de guerre de Maurice Ravel du 14 mars 1916 au 1er juin 1917, les jours de la mobilisation et de la démobilisation de celui-ci ; et qui était la mère de son ami et élève (et futur biographe) Roland-Manuel (Paris 8e, 22 mars 1891 – Paris 10e, 1er novembre 1966), né du premier mariage de celle-ci, Marie Spies, avec Salomon-Paul Lévy (décédé en 1905) ; Marie Spies, veuve Lévy, avait épousé Fernand Dreyfus le 24 novembre 1908, celui-ci ayant deux enfants de son premier mariage avec Isabel de Freitas Coutinho : René Dreyfus (né en 1887), et Jean Dreyfus (Sao Polo, 13 décembre 1896 – Rancourt, Somme, 14 octobre 1917), auquel Ravel a dédié le « Menuet«  de son « Tombeau de Couperin » … – , des six pièces pour piano à deux mains – « Prélude » , « Fugue » , « Forlane » , « Rigaudon » , « Menuet » et « Toccata » – du « Tombeau de Couperin »… – pour le piano, Ravel ne composera, mais bien plus tard seulement, que ses deux Concertos pour piano et orchestre, publiés tous les deux en 1931 ; cf aussi mon article «  » du 23 avril dernier…

    …

    …

    Une constatation rétrospective à mettre en perspective avec ce mot de Ravel, alors en convalescence à Megève, le 13 mars 1919, à Edgar Varèse (à la page 663 de l’ »Intégrale ») :

    …

    « Repos absolu, cure de soleil, de froid, etc… Je ne crois pas que je sois bien guéri, mais je ne vais pas tarder à rentrer. J’ai hâte de me remettre au turbin.

    Songez que depuis plus de quatre ans, je n’ai absolument rien fait, Le Tombeau de Couperin, terminé – l’été 1917, à Lyons-la-Forêt, chez ses amis Dreyfus – après ma réforme – survenue le 1er juin 1917 ; et très vite après cette démobilisation, Ravel, toujours sous le choc de la perte cruelle de sa chère mère, décédée le 5 janvier 1917, s’est empressé de quitter la demeure familiale endeuillée du 4 Avenue Carnot, à Paris, pour accourir, dès le 20 juin, à Lyons-la-Forêt, au « Frêne » , la maison de campagne de ses amis Dreyfus, où il se remet immédiatement et très assidument au travail sur « Le Tombeau de Couperin » , laissé « aux 3/4 achevé » fin 1914 : Maurice Ravel avait alors quitté Saint-Jean-de-Luz et regagné le nid familial du 4 Avenue Carnot à la mi-novembre…  – , l’était aux trois quarts – voilà ! – en 1914 » – le titre « Le Tombeau de Couperin » donné à l’ensemble de ces six pièces pour piano à deux mains, date donc bien, lui aussi, de 1914 – il est présent du moins en la lettre à Theodor Szántó du 2 janvier 1915 – : il faut le relever en cette incise importante…

    …

    …

    En effet, une lettre de Ravel – qui résidait alors à Saint-Jean-de-Luz, villa Ongi Ethori, 23 rue Sopite – à son ami  Roland-Manuel – et c’est en 1911 qu’Erik Satie avait présenté le jeune Roland-Manuel à Maurice Ravel – , en date du 26 septembre 1914 (à la page 395 de cette « Intégrale »), indiquait déjà très clairement : « Je vais me mettre – en fait me remettre, au présent proche, sinon immédiat, de cet automne 1914 – à une suite de pièces pour piano »…

    …

    …

    Et au même Roland-Manuel – et depuis cette même adresse du 23 rue Sopite à Saint-Jean-de-Luz – , cette très intéressante précision-ci, encore, cinq jours seulement plus tard, à la date du 1er octobre 1914 (à la page 396) – et cette fois c’est au présent actif de l’indicatif que s’exprime Ravel ! – : « Je commence deux séries de morceaux de piano : 1° une suite française (…) et il y aura une forlane, une gigue… » – qui se révélera au finalt …un rigaudon ; mais les deux danses (de cette merveilleuse musique française des Suites des Couperin – Louis et François – et de Rameau), sont ici d’ores et déjà indiquées ; et d’ores et déjà l’œuvre à venir s’inscrit dans ce registre remarquable de la suite de danses française…

    …

    …

    Puis, et sans cette fois mention du lieu de rédaction – mais Maurice réside alors au domicile familal des Ravel, à Paris, au n°4 de l’Avenue Carnot : il est rentré de Saint-Jean-de-Luz à Paris, chez lui, le 14 novembre 1914 – en date du 2 janvier 1915, à l’occasion des vœux de nouvel an, ce mot à Theodor Szántó – qui réside en Suisse, à Lausanne – (à la page 406), et qui comporte cette autre indication, décisive :

    …

    « Je suis très heureux d’avoir eu de vos nouvelles. Écrivez-moi de nouveau. Je vais sans doute partir bientôt – pour le front : Ravel l’espère ardemment, et fait tout pour y parvenir… – , mais je ne pense pas qu’on m’envoie à Lausanne – Ravel cherche très activement, en effet, à se faire mobiliser, et apprend même dare-dare à conduire, afin de pouvoir faire office de chauffeur (ce sera de camions…) à l’armée… J’ai terminé mon Trio à Saint-Jean-de-Luz – « Mon Trio est achevé », Ravel a-t-il ainsi expressément confié à son ami Igor Stravinsky en un courrier en date du 26 septembre 1914 (page 395 de l’« Intégrale ») : ce fut fait le 30 août… – et voudrais achever Le Tombeau de Couperin » – voilà ! Le titre était donc alors bel et bien déjà choisi à la date de ce 2 janvier 1915 ! – Et c’est ici, il faut le souligner, la toute première occurrence (du moins jusqu’ici connue) de ce titre de « Le Tombeau de Couperin » donné à cette « suite française » (annoncée, mais sans titre déterminé, à Roland-Manuel en un précédent courrier en date du 1er octobre 1914), présente dans la correspondance (accessible jusqu’ici) de Maurice Ravel… – avant mon départ » _ pour l’armée, une fois que Maurice Ravel  aura été, sur son expresse et insistante demande, enfin reconnu mobilisable, puis effectivement mobilisé (ce qui sera le cas seulement le 14 mars 1916 : Ravel obtient alors un poste de conducteur de camions ; et il est envoyé dans la région de Verdun… ;

    et une opportune note de bas de page de Manuel Cornejo vient indiquer très justement, en commentaire de ce vif désir d’achèvement du « Tombeau de Couperin » , page 406 : « Maurice Ravel devra patienter jusqu’à sa démobilisation en 1917 – le 1er juin – pour achever – l’été 1917 seulement – la suite pour piano à Lyons-la Forêt »…

    …

    …

    L’entrée de l’année 1917 est très profondément marquée pour Maurice Ravel par le décès de sa mère, à Paris, le 5 janvier 1917 ; et il mettra beaucoup, beaucoup de temps à tenter de se remettre, difficilement, du chagrin terriblement violent pour lui, au quotidien des jours, de cette perte – et en novembre 1917, Maurice Ravel et son frère Edouard auront définitivement quitté le domicile familial des Ravel du 4 Avenue Carnot à Paris,devenu invivable pour eux, pour déménager à Saint-Cloud, 7 Avenue Léonie – ;ce qui va aussi affecter durablement sa remise au travail musical, afin d’abord de lui permettre d’achever ce qui avait été « aux trois-quarts » déjà réalisé en 1914 –et à quoi il tient énormément ! – pour cette suite pour piano à deux mains qu’est « Le Tombeau de Couperin ». Mais, assez étrangement, sans que jamais cela, cette tristesse abyssale, apparaisse en les caractères de sa musique même…

    …

    …

    À peine démobilisé le 1er juin 1917, plusieurs courriers attestent de ce très difficile – impossible ? – retour de Maurice Ravel au domicile familial du 4 Avenue Carnot à Paris, puis de l’issue que très vite, immédiatement en quelque sorte, Ravel va trouver afin d’essayer de soigner cette dépression existentielle profonde sienne, dans la reprise de son travail musical sur « Le Tombeau de Couperin » pour l’achèvement duquel il décide de partir se réfugier travailler au calme et au vert chez ses amis Dreyfus, à Lyons-la-Forêt, en Normandie.

    …

    …

    Ainsi au Dr Raoul Blondel, depuis cette Villa Le Frêne à Lyons-la-Forêt, à la date du 19 juin 1917, Ravel écrit-il ceci (page 582 de l’ » Intégrale ») :  « J’ai été réformé temporairement (…). J’ai quitté Paris quelques jours après – pour Lyons-la-Forêt – sans trouver un minute pour aller vous faire mes adieux, malgré mon désir. (…) Dès mon arrivée, je me suis rué au travail » – sur « Le Tombeau de Couperin », donc, laissé en souffrance, « terminé aux trois quarts«, à l’automne 1914 à Saint-Jean-de-Luz.

    …

    …

    Et à l’ami Lucien Garban (Nevers, 22 août 1877 – Paris 18e, 1§ janvier 1959), du Frêne, à Lyons-la-Forêt, à la date du 20 juin suivant, ceci (à la page 583) :

    …

    « À mon retour des Andelys, où j’avais passé 4 jours _ Maurice Delage en perme _, j’ai trouvé le piano et me suis remis au turbin. J’espère que ça va me faire supporter l’état de civil, troublé par le canon lointain – vers la Somme – qu’on entend toute la journée, et, la nuit, par tant d’autres choses !.. Ces réveils angoissants, où je la sens – maman – près de moi, me veillant… »…

    …

    …

    Et surtout à Jacques Durand (Paris 6e, 22 février 1865 – Avon, 22 août 1928) – son très fidèle éditeur de musique, et oncle de Jacques Charlot (Paris 17e, 13 septembre 1885 – Col de la Chapelotte, Meurthe-et-Moselle, 3 mars 1915), auteur de plusieurs réductions pour piano de pièces de Maurice Ravel, et à la mémoire duquel Ravel dédiera le « Prélude »  qui ouvre « Le Tombeau de Couperin »… – , de Lyons-la-Forêt, à la date du 7 juillet 1917, ceci de très significatif pour l’avancée du travail d’achèvement à réaliser du « Tombeau de Couperin » (à la page 584) :

    …

    « Cher ami,

    Excusez-moi : il y a longtemps que je voulais vous écrire. Le temps passe incroyablement vite, quand on est au travail. Le Tombeau de Couperin s’élève. Le Menuet et le Rigaudon sont achevés. Le reste se dessine » – de quoi rassurer et faire patienter un peu son éditeur, comme c’est une constante de sa part ; mais aussi et surtout la manifestation de l’ultra-perfectionnisme de Ravel à l’égard de ses œuvres.

    …

    …

    Et enfin – au passage, je remarque que le recueil de correspondances réuni par Manuel Cornejo en son « Intégrale » de la Correspondance de Maurice Ravel, ne comporte aucune lettre de Maurice Ravel entre les dates du 20 septembre 1917 (une carte de deuil autographe signée, à Madame Charles Koechlin, page 588) et du 21 février 1918 (une lettre autographe signée, à Jean Marnold, page 592), soit sur une durée de 5 mois… – , à Roland-Manuel, de Saint-Cloud – 7 Avenue Léonie, la nouvelle résidence de Maurice Ravel et son frère Edouard – , le 1er mai 1918, ceci (à la page 593) : « Faudra-t-il vous envoyer Le Tombeau de Couperin, qui va paraître ? ».

    …

    …

    L’œuvre – si parfaite ! quel chef d’œuvre ! Je reviendrai plus tard sur quelques témoignages (indirects) de réception, en 1918 par Roger-Ducasse, en 1919 par Francis Poulenc, en 1920 par Pierre Lalo ; mais on ne dira jamais assez combien ces réceptions manquent de recul !) – sera créée par Marguerite Long –  veuve de Joseph de Marliave (Toulouse, 16 novembre 1873 – Senon (Meuse), 24 août 1914), à la mémoire duquel est dédiée la Toccata finale de ce « Tombeau de Couperin » : Ravel tenait beaucoup que ce soit elle (Nîmes, 13 novembre 1874 – Paris, 13 février 1966) qui en soit la créatrice… – le 11 avril 1919 à la S. M. I., la Société de Musique Indépendante, salle Gaveau, à Paris.

    …

    …

    Au final de ces précisions et réflexions, il s’avère que si la décision de se mettre très assidument à la composition d’une « suite française » de danses pour le piano suit immédiatement l’achèvement de son Trio, le 30 août 1914 – l’ordre de mobilisation générale avait été proclamé le 2 août 1914, mais lors de son conseil de révision, en 1895, Maurice Ravel avait été déclaré exempté de service militaire en raison de sa faible constitution (1 m 61, 48 kg, une hernie…) – , à Saint-Jean-de-Luz – cf la lettre décisive à son éditeur Jacques Durand du 29 août 1914 (à la page 388 de l’« Intégrale« ) : « Cher ami, je termine demain mon Trio. 3 ou 4 jours pour le copier. Est-il prudent _ et utile _ de l’envoyer ? où ? Dès la semaine prochaine, j’irai me présenter à Bayonne – afin d’ obtenir d’être malgré tout mobilisé.Toutes les raisons que l’on m’a données pour me dissuader, je me les suis données moi-même, mais je ne puis me rendre à la raison. _ Si l’on me refuse, je n’aurai qu’à m’incliner« … _, le choix, lui, de ce titre « Le Tombeau de Couperin » pour cette suite de danses françaises, date de la fin du dernier trimestre de 1914 – Il est postérieur, et peut-être même consécutif, à l’extrême violence du choc subi à la réception de la terrible nouvelle, le soir du 19 novembre 1914, du décès de ses amis l(et presque frères) Pierre et Pascal Gaudin, ainsi que Maurice Ravel l’écrit à leur sœur Marie Gaudin, en sa lettre bouleversante du 20 novembre 1914 : « Ma pauvre Marie, Quel coup lorsque je suis rentré hier soir, et que Maman, bouleversée, m’a appris… Vous imaginez la nuit que nous avons passée. (…) Maman est effondrée. Elle ne cesse de répéter : pauvres petits ! pauvre Annette ! pauvre M. Gaudin ! »…

    …

    …

    La question se pose donc de savoir si existe ou pas un lien du choix de ce titre de « Tombeau de Couperin » avec les décès déjà advenus l’été et l’automne 1914, au front, de ses amis Joseph de Marliave, le 24 août, Jean Cruppi, le 4 novembre, et Pierre et Pascal Gaudin, le 12 novembre 1914 ?

    …

    Le choix de ce titre de« Tombeau « est-il, au moins en partie, sinon directement, lié à ces décès de proches ? Ou bien, ce choix de « Tombeau de Couperin » est-il strictement musical, signifiant la nostalgie de Ravel – en cette situation de guerre pour la France, en cours depuis le 2 août 1914 – pour ce registre et ce style musicaux si intimes et si français des Suites de danses françaises des 17e et 18e siècles, et singulièrement des si touchants « Tombeaux » de musique – à partir de 1652, pour des œuvres pour claviers, à partir des sublimes « Tombeaux »  de Monsieur de Blancrocher des mains de Froberger, Dufaut, Louis Couperin : à écouter ici en cliquant… – ?

    …

    …

    Ajouté aussi, et peut-être surtout – et il me faut le souligner même si c’est circonstanciel – à un désir de Ravel de complaire spécialement aussi à un souhait de son éditeur d’obtenir de lui, et à ce moment, des pièces de piano, intimes, comme cela apparaît en cet extrait de lettre de Ravel à Jacques Durand en date du 2 août 1914 – le jour même de la proclamation de mobilisation générale dans tout le pays ! – (à la page 382 de l’« Intégrale ») :

    …

    « Pourtant – à quels arguments, ou à quelle situation, répond donc ce « pourtant » ? À la déclaration de la guerre ? A des desiderata de son éditeur ?.. – , je me sentais en une période féconde de production. Tout en m’acharnant au Trio, d’autres œuvres, pièces de piano –envisagées ici en premier – , poèmes symphoniques, étaient en projet – « La Cloche engloutie » et« Zazpiak Bat » demeureront ainsi à l’état d’ébauches ; et « Wien«  deviendra « La Valse » en 1919-1920… De nombreuses notes m’en sont témoin. (…) C’est du devoir de reconnaissance qui me lie étroitement à vous que je veux parler. Il est le seul qui m’ordonne de m’incliner devant votre décision, quelle qu’elle soit : vous n’avez qu’un mot à m’envoyer : j’abandonnerai tout aussitôt mon Trio – encore en chantier, donc, à cette date du 2 août : il sera achevé le 30 août suivant – et les autres choses, et vous confectionnerai tant de morceaux de piano que vous désiriez – nous y voici donc ! Et « Le Tombeau de Couperin » sera bien, en effet, une « suite pour piano deux mains »…  J’y mettrai assez de conscience, ou à défaut assez d’habitude, pour que mon éditeur et ami ne soit pas trop mécontent ».

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    Il reste difficile de savoir à quel moment précis de cet automne 1914 Maurice Ravel décidé d’intituler « Tombeau », et même « Tombeau de Couperin », cette Suite de pièces de danses française pour piano ?

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    Et quelle part ont pris à cette décision d’intitulation « Tombeau », les décès de ses amis Joseph de Marliave, Jean Cruppi, et Pierre et Pascal Gaudin, aux mois d’août et novembre 1914 ?..

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    L’écriture de ces six pièces de piano est-elle née spécifiquement d’un immédiat désir d’hommage à ces amis disparus ? Ou bien la décision de ces dédicaces est-elle postérieure à la composition première de trois de ces pièces, la « Toccata » (dédiée à Joseph de Marliave, tombé à Senon, Marne, le 24 août 1914), la « Fugue » (dédiée à Jean Cruppi (tombé à Messines, Belgique, le 4 novembre 1914), et le « Rigaudon » (dédié à Pierre et Pascal Gaudin, tombés ensemble à Oulches-Hurtebise, Aisne, le 12 novembre 1914), étant entendu que ce « Tombeau de Couperin » sera et était déjà « aux trois-quarts » réalisé à la date du 2 janvier 1915, comme l’indique la lettre de ce 2 janvier 1915 à Theodor Szántó (aux pages 405-406 de l’« Intégrale ») que j’ai citée plus haut ? Ce qui, bien sûr, ne préjuge en rien d’un travail de reprise et de finition en 1917…

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    Quant à la « Forlane », qui sera dédiée au luzien Gabriel Deluc (tombé à Souain-Perthes-lès-Hurlus, Marne, le 15 septembre 1916), Ravel avait déjà au moins une idée de forlane en tête dès le 1er octobre 1914, comme en témoigne la mention – à plusieurs reprises déjà relevée – de cette danse dans la lettre à Roland-Manuel en date du 1er octobre 1914 (à la page 396 de l’« Intégrale ») : « et il y aura une forlane, une gigue »…

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    À suivre : demain, je m’attacherai aux premières réactions d’étonnement, voire réprobation, à l’égard de ce lien – jugé inapproprié, ou même carrément cynique, par quelques uns… – entre ces danses et ce titre de « Tombeau de Couperin« , avec les dédicaces à ces amis tombés au front, de la part d’un Ravel jugé « froid » et excessivement détaché – mais « The dead have sorrow enough », selon la merveilleuse parole rapportée (de Ravel lui-même…) par Michael Hopcroft, qui conclut mon article «  » du 23 avril dernier : la musique peut et même doit (!) faire office de baume jubilatoire régénérateur, pour de défunts amis aussi, qui y seront très sensibles, par-delà leurs vies désormais passées, et dans les nuées des ciels : dans l’éternité…

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    En cette sublime (et ravelissime) musique.

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    Ce samedi 27 avril 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Voilà pour cette genèse aux trois-quarts luzienne, dès l’année 1914, de ce qui devient dès le 2 janvier 1915, « Le Tombeau de Couperin », le tombeau-monument étant élevé à la gloire, immortalisée par l’art, in memoriam des défunts bien aimés, auxquels est ainsi rendu un éternel resplendissant hommage…

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    Ce mardi 22 juillet 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Ce lundi 28 juillet 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa