Étiquette : Sandrine Piau

  • Immense concert Janáček – Durosoir hier soir au château Mombet à Saint-Lon-les-Mines, en Chalosse, par un Quatuor Diotima au plus haut inspiré, avec deux éblouissants et étourdissants chefs d’œuvre sublimes, le Quatuor à cordes n°2 « Lettres intimes » (de 1928), et le Quatuor en Ré mineur n° 2 (de 1922) : la puissance et la gloire…

    Immense concert Janáček – Durosoir hier soir au château Mombet à Saint-Lon-les-Mines, en Chalosse, par un Quatuor Diotima au plus haut degré inspiré – composé de Yunpeng Zhao, violon 1, Léo Marillier, violon 2, Franck Chevalier, alto, et Alexis Descharmes, violoncelle – , avec deux éblouissants et étourdissants chefs d’œuvre (!!!) sublimes, le Quatuor à cordes n°2 « Lettres intimes » (de 1928) de Leoš Janáček (Hukvaldy, 3 juin 1854 – Ostrava, 12 août 1928), et le Quatuor en Ré mineur n° 2 (de 1922) de Lucien Durosoir (Boulogne-sur-Seine, 5 décembre 1878 – Bélus, 4 décembre 1955)…

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    Avec toutefois, mais tout à fait indépendamment de la performance absolument magnifique des 4 musiciens du Quatuor Diotima, un énorme bémol – tout au moins pour ma part – : l’ineptie terriblement incroyable (mais hélas bien trop réelle) d’avoir laissé entrecouper les 4 mouvements des 2 Quatuors de Leoš Janáček et de Lucien Durosoir d’interventions musicalement totalement incongrues d’un récitant, en l’occurrence Mario Hacquard, déguisé d’abord en Janáček gominé, puis en Durosoir en habit bleu de poilu, et débitant pompeusement des extraits de lettres de délire érotique sénile de Leoš Janáček adressées à Kamila Stösslova dont il était tombé amoureux, puis de Lucien Durosoir adressées, du front de 14-18, à sa mère… Autant je peux apprécier la présentation d’un récitant discret, sur un ton purement informatif et neutre, de la musique à venir par un des musiciens-interprètes du concert, autant je suis absolument allergique à l’intervention théâtrale d’un comédien singeant affreusement le compositeur.

    Et dans le cas de Leoš Janáček, cela frôlait même dangereusement l’obscène.

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    D’abord, une lettre écrite – dans le silence de sa pensée – adressée à distance à un destinataire qui la lira – dans le silence aussi de sa propre pensée… – n’est absolument pas du registre de ce qui est dit dans la proximité de l’échange verbal de paroles ; et si Janáček s’est autorisé à écrire ces mots-là, c’est qu’il ne pouvait absolument pas les dire directement, face à face, à celle qu’il se disait alors à lui-même, à son écritoire, aimer et désirer… Ce que Janáček, en revanche, a fait de ces désirs éprouvés, c’est la sublime musique de cet extraordinaire Quatuor n° 2, d’abord intitulé « Lettres d’amour« , un titre bien vite rectifié, sur l’insistance de la destinataire, « Lettres intimes » : un amour de vieillesse jamais consommé…

    La musique transcende, et merveilleusement !, par un chef d’œuvre sublime, le sinistre et malheureux délire érotique sénile…

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    Dans le cas, de Lucien Durosoir et sa mère, la correspondance extrêmement affectueuse ne fait que poursuivre, en dépit de la distance de la séparation du fait de la guerre, le lien très puissant – et de toute leur vie – entre le fils et la mère, seulement distendu par la situation de la guerre qui les éloignait physiquement l’un de l’autre… Et qui ne donnera qu’après coup, de 1920 à 1934 – tant que sa mère vivra, infirme, et qu’il sera auprès d’elle – , les musiques si singulières que Lucien, jadis, avant 1914, violoniste virtuose, se mettra à composer dès 1920, et sans les publier : le public d’alors n’étant pas du tout prêt à les recevoir – Lucien Durosoir en avait une très claire conscience ! – pour les chefs d’œuvre que nous pouvons, désormais – le temps ayant passé, et la modernité ayant bien fait son chemin et son œuvre : Lucien Durosoir, né romantique, est pleinement moderne, et tourné vers l’avenir… – , pleinement y reconnaître…

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    Il n’empêche : dans un cas comme dans l’autre, ces deux musiques n’avaient pas à être aussi saugrement interrompues en leur fil si intense, si explosif et si continu aussi, dans chacun de ces deux sublimes chefs d’œuvre de la musique de chambre…

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    Mais il faut très chaleureusement féliciter Luc Durosoir, qui sert si admirablement l’œuvre sublime de son père Lucien, très volontairement laissée, par le compositeur, un durable temps endormie à reposer et mûrir – pour l’auditoire plus ouvert à venir – dans l’obscurité d’un tiroir dans la maison familiale de Bélus, de les avoir, une œuvre après l’autre, lui le fils, Luc, patiemment éditées, puis données à écouter en des concerts, et enfin enregistrées, toutes, en des CDs disponibles à l’écoute et à la reconnaissance de leur génie resplendissant dans le monde entier… 

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    Il y a deux ans, Luc Durosoir a fait le magnifique choix d’inviter, le 17 mai 2024 au château Mombet à Saint-Lon-les-Mines – cf mon article rédigé ce soir-là : « Puissance et génie de deux chefs d’oeuvre incisifs de deux compositeurs éblouissants du XXe siècle : le Quatuor n°3 (de 1934) de Lucien Durosoir et le Quatuor n°1 (de 1954) de György Ligeti, par un stupéfiant d’intelligence et sensibilité Quatuor Tana pour un très marquant concert « Durosoir invite Ligeti » au Festival Lucien Durosoir (Mai musical 2024) en Chalosse… Une révélation pour beaucoup et un émerveillement pour chacun !« … – le beau Quatuor Tana – spécialisé surtout dans la musique la plus contemporaine – pour un admirable programme constitué du Quatuor n° 1 de György Ligeti (de 1954) et du Quatuor n°3 de Lucien Durosoir (de 1934)…

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    Et c’est à nouveau un formidablement merveilleux choix d’inviter, ce 1er mai 2026, à nouveau au château Mombet à Saint-Lon-les-Mines, le Quatuor Diotima – excellentissime lui aussi dans le répertoire de la musique la plus contemporaine !.. Que l’on consulte sa passionnante discographie… – pour ce sublime programme composé des extraordinairement puissants Quatuors n° 2 de Lucien Durosoir (de 1922) et Leoš Janáček (de 1928), ce Quatuor Diotima qui avec son merveilleux CD Alpha 125 « Lucien Durosoir – quatuors à cordes » – les interprètes, au mois de décembre 2007, à La Borie, en sont : Naaman Sluchin et Yun-Peng Zhao, violons ; Franck Chevalier, alto ; ter Pierre Morlet, violoncelle ; et le CD était paru le 1r juin 2008… – m’a fait immédiatement m’enthousiasmer, dès la première écoute (!), pour cette musique si formidablement intense et puissante de Lucien Durosoir : cf mon article « Musique d’après la guerre« , en date du 4 juillet 2008 ; et que je propose ici à la fois dans sa version initiale de ce 4 juillet 2008, et dans sa version complétée du 28 juin 2020…

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    Le temps passant, et les interprétations au concert, au château Mombet à Saint-Lon-les-Mines, le 17 mai 2024, par le Quatuor Tana – Antoine Maisonhaute, Ivan Lebrun, violons ; Takumi Nozawa, alto ; Jeanne Maisonhaute, violoncelle – , du Quatuor n°3 en si mineur (de 1934), et puis ce 1er mai 2026, par le Quatuor Diotima, du Quatuor n°2 en ré mineur (de 1922) de Lucien Durosoir, ne font que renforcer, et plus qu’au centuple, ma certitude du génie exceptionnel (!!!) et très singulier de Lucien Durosoir, dont rien dans la musique française, n’atteint à un tel degré d’intensité et puissance tragique de sublimité – dans mes 2 contributions « Une poétique musicale au tamis de la guerre : le sas de 1919 ; la singularité Durosoir » et « La Poésie inspiratrice de l’œuvre musical de Lucien Durosoir : romantiques, parnassiens, symbolistes, modernes » données au colloque « Lucien Durosoir. Un compositeur moderne né romantique » au Palazzetto Bru-Zane à Venise le 21 février 2011, j’ai convoqué les noms de Beethoven et de Michel-Ange (ses longues et très puissantes colossales formes serpentines) pour proposer une sorte d’équivalence de puissance de création à celle, si singulière, donc, de Lucien Durosoir ; cf aussi les indications de mon article du 12 octobre 2022 : « La correspondance de guerre (1914 – 1919) de Lucien Durosoir et sa mère Louise, « Ma Chère Maman, mon Cher Enfant », à paraître le 11 novembre prochain chez Blackwater Press, à Charleston, West-Virginia, traduite en anglais par Elizabeth Auld…« …

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    Et je n’en admire que davantage la puissance –  aussi – de choix – quelle énergie ! quelle superbe inventivité ! – de Luc et Georgie Durosoir de composer leurs programmes, non dans un horizon musical passéiste, mais bien un horizon d’avenir pour notre XXIe siècle : cette dimension d’avenir qui était déjà si chère, vraiment, à Lucien Durosoir…

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    Et j’attends donc – et espère très vivement ! – que le programme des concerts de l’année prochaine au château Mombet associera à nouveau au génie si puissant et si singulier de l’œuvre de Lucien Durosoir (1878 – 1955) l’œuvre d’un compositeur aussi génial et d’avenir que le sont Leoš Janáček (1864 – 1928) et György Ligeti (1923 – 2006) : pourquoi pas l’extraordinaire György Kurtag (né à Lugo le 19 février 1926, et encore vivant…) ?.. Tant le génie propre de Lucien Durosoir a d’affinités avec le génie de ces magnifiques compositeurs d’Europe centrale…

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    Une dernière remarque sur la très belle prestation hier soir des Diotima au château Mombet de Saint-Lon-les-Mines, en Chalosse – tout près de la maison familiale de Lucien Durosoir à Bélus, et de Peyrehorade – :

    en forme d’apaisant et mélodieux final de ce concert, après le déchainement de ces tempêtes tragiques sublimes des 2 chefs d’œuvre de Lucien Durosoir (de 1922) et Leoš Janáček (de 1928), les Diotima nous ont offert une très belle transcription pour quatuor à cordes de la délicieuse mélodie « Les Berceaux » (Op. 23 n°1) de Gabriel Fauré (1845 – 1924) –  dont voici une belle vidéo (de 3′ 04) de l’interprétation de Sandrine Piau avec Susan Manoff : ces ravissants « Berceaux » de Gabriel Fauré se trouvant aussi à la plage 6 de leur CD Naïve 5250 « Après un rêve » – enregistré à Grenoble en juin 2010…

    Sur le choix de ce bis très contrasté de la mélodie de Gabriel Fauré après les deux Quatuors si tourmentés et étourdissants de Janáček et Durosoir, j’ai échangé quelques mots après le concert avec Franck Chevalier, dont le jeu à l’alto, très profond et charnel, est spécialement magnifique… Le public était ravi…

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    Ce samedi 2 mai 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une parlante écoute comparée des Lieder de Schubert « Viola » D. 786 et « Wandrers Nachtlied » D. 768, par Georg Nigl, baryton, en ses CDs Alpha 934 « Echo » et Alpha 646 « Vanitas » (les deux avec la pianiste Olga Pashchenko), et Sandrine Piau, soprano, en le CD Alpha 1157 « Schubert – Quintette imaginaire » (avec le Quatuor Psophos) ; ou ce qu’est saisir et donner à partager la magie la plus pure de l’!ntime…

    Une parlante écoute comparée de Georg Nigl, baryton, et Sandrine Piau, soprano, dans 2  très beaux Lieder de Schubert, en quelque sorte décisive.

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    Écoutez-donc ici :

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    « Viola« , par Georg Nigl, baryton, et Olga Pashchenko, pianiste (à la plage 2 du CD Alpha 934 « Echo » : 15′ 17)

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    « Viola« , par Sandrine Piau, soprano, et le Quatuor Psophos (à la plage 8 du CD Alpha « Schubert – Quintette imaginaire » : 13′ 17)

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    Et

    « Wandrers Nachtlied« , par Georg Nigl et Olga Pashchenko (à la plage 2  du CD « Echo » : 2′ 17)

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    « Wandrers Nachtlied« , par Sandrine Piau et le Quatuor Psophos (à la plage 12 du CD « Schubert – Quintette imaginaire » : 1′ 52)

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    Sandrine Piau a une fondante voix de miel,

    Georg Nigl a un incomparable imparable sens de la poésie la plus intime…

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    Et déjà la durée des interprétations de ces 2 Lieder a une très notable signification…

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    Pénétrer et servir à ce degré de vérité et naturel l’incomparable poésie si poignante du plus intime de Schubert – et celle aussi, comme jamais jusqu’ici du moins au disque, celle des Lieder (pré-schubertiens !) de Mozart dans le merveilleux CD Alpha 1142 « Mozart’s clavichord« , avec le clavicordiste magicien lui aussi qu’est Alexander Gergelyfi… – tient du miracle…

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    Ces magiques CDs de Lieder – comment avais-je pu ne pas les repérer à leur sortie ??! – constituent ainsi de somptueux cadeaux musicaux !!!

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    Ce vendredi 12 septembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le charme (musical) méconnu et magnifiquement révélé d’Adèle H. par Jean-François Verdier, son très bel Orchestre Victor Hugo, et ses excellents chanteurs…

    D’Adèle Hugo (Paris, 24 août 1830 – Suresnes, 21 avril 1915) _ la seconde fille, après Léopoldine (Paris, 28 août 1824 – Villequier, 4 septembre 1843), et cinquième enfant de Victor Hugo (Besançon, 26 février 1802 – Paris, 22 mai 1885) et son épouse Adèle Foucher (Paris, 27 septembre 1803 – Bruxelles, 27 août 1868) _, on a d’abord en tête le tragique portrait au cinéma du marquant film de François Truffaut « L’Histoitre d’Adèle H.« , dans lequel elle est incarnée par Isabelle Adjani.

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    Mais en 2004, Odile Blanchette alors conservatrice de Hauteville House, à Guernesey, a présenté au compositeur Richard Dubugnon des partitions manuscrites inédites d’Adèle Hugo, écrites lors de son séjour sur l’île avec son père. Persuadé de la qualité de cette musique, Dubugnon demande au directeur des Maisons Victor Hugo Gérard Audinet qu’il lui envoie des copies de ces mélodies. Après plusieurs années d’inventaire, mise au propre, et reconstruction pour certaines, ces partitions sont arrangées et orchestrées par ses soins pour être données en création mondiale par différents chanteurs et l’Orchestre Victor-Hugo Franche-Comté, d’abord en mars 2023 à Besançon, puis en août 2023 à la Côte-Saint-André lors du festival de musique classique Berlioz.

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    Et voici que vient de paraître pour le label Alpha, un ravissant très très réussi CD « Adèle Hugo – Mélodies sur des Poèmes de Victor Hugo orchestrées par Richard Dubugnon« , le CD Alpha 1086,

    par l’Orchestre Victor Hugo et les chanteurs Adèle Hugo – Mélodies sur des Poèmes de Victor Hugo orchestrées par Richard Dubugnon, et le Chœur de l’Opéra de Dijon, tous placés sous la direction du décidément toujours parfait Jean-François Verdier, chef esemplaire.

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    Voici deux très positifs commentaires de ce ravissant CD,

    sous les plumes de Cédric Manuel, pour Forumopera.com, en date du 10 décembre 2024, intitulé « La Vie d’Adèle« ,

    et Jean-Luc Clairet, pour ResMusica, en date du 11 janvier 2025, intitulé « Adèle Hugo : la révélation » :

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    CD
    10 décembre 2024
    Reconstituées et orchestrées, les mélodies d’Adèle Hugo sur des textes de son père nous sont rendues avec délicatesse et brio

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    On a oublié Adèle Hugo. On l’a oubliée dès après son internement en 1872 sur demande de ce père écrasant qui l’aimait sans la comprendre. On l’a oubliée à sa mort 43 ans plus tard. On a d’ailleurs oublié les deux Adèle de Victor, mère et fille, parce qu’il y avait Juliette et Léopoldine, femme et fille préférées.

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    Puis on a redécouvert Adèle H, un jour, sous les traits d’Isabelle Adjani dans le long-métrage de François Truffaut, obsédée par son officier anglais jusqu’à en perdre la raison, déroutante, capricieuse, violente, jusqu’à devenir ce spectre enfermé, perdue pour le monde, pour un nouvel oubli.

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    « Pauvre Adèle », comme soupirait souvent son père. Lui-même avait-il oublié que sa fille était une artiste et que son monde à elle, c’était la musique ? Le patriarche, ami de Berlioz et de Liszt, savait pourtant bien qu’Adèle était une excellente pianiste et qu’elle avait suivi des cours de composition par correspondance avec Adoplhe Samuel, professeur au Conservatoire et même avec Ambroise Thomas. Mais celui qui aida tant Louise Bertin à se faire un nom n’a pas eu la même prévention pour sa fille.

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    Comme le rappelle la notice de ce très bel album _ oui ! _ consacré aux mélodies que la jeune femme a composées sur des extraits de poèmes de son père, on a redécouvert tardivement _ oui, oui : Odile Blanchette _les partitions de la compositrice qui, telle une Belle au bois dormant, se réveille à travers elles 100 ans après sa disparition.

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    Parfois incomplètes, ces pages couvrent plusieurs années d’écriture reconstituées patiemment, autour de poèmes et d’extraits des Misérables ; de même qu’elles révèlent des courtes partitions instrumentales, qui témoignent d’une inspiration parfois sombre (le « Bourdon ») ou pleine de mélancolie comme ce « Chant sans parole » pour violoncelle et piano.

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    Après ce long travail, les mélodies avec voix ont fait l’objet d’une orchestration subtile _ oui, et très réussie _ confiée par Jean-François Verdier, directeur musical de l’orchestre de Besançon – Victor Hugo (faut-il rappeler que ce dernier est né bisontin ?), à Richard Dubugnon avant de les enregistrer _ à Besançon en avril 2023, et Alfortville le 5 juillet 2024 _ pour le label Alpha.

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    Disons-le d’emblée, on ne boude pas son plaisir _ voilà ! _ en écoutant ces pages aimables, dont la simplicité parfois maladroite de l’autodidacte qui n’en est pas moins douée, n’atténue pas la fraîcheur _ oui, oui _, et elles s’inscrivent _ absolument ! _ dans le style des mélodies de leur temps.

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    Les artistes réunis pour l’occasion autour des musiciens de l’orchestre _ excellent ! _ précité défendent avec une belle conviction _ oui _ ces pages délicates _ en effet _, avec la voix gorgée de soleil qu’Anaïs Constans prête au joyeux « Oiseau qui passe », mais aussi à « Gavroche », avec notamment cette si célèbre et si poignante troisième chanson, celle des barricades, qui s’achève sur le dernier soupir de l’enfant atteint par une balle, « Je suis tombé par terre »… On frémira à l’écoute de l’excellent Laurent Naouri dans « l’Hymne des Transportés » où résonnent les échos poignants des proscrits portés avec lui par le chœur de l’Opéra de Dijon. Karine Deshayes magnifie l’amer « Regret » des Odes et ballades, et Isabelle Druet, le funèbre « Priez pour les morts » (extraits de la « Prière pour tous » des Feuilles d’automne), tandis qu’Axelle Fanyo prête sa voix chaude aux « Chants du crépuscule » et à « Flebile nescio quid » des Feuilles d’Automne, puis dans quelques strophes d’ « Encore à toi » tiré des juvéniles Odes et Ballades. Quant à Sandrine Piau, tour à tour espiègle et grave dans l’étonnante chanson des Châtiments, elle nous entraine délicatement dans la jolie ronde de la « Chanson de Jean Prouvaire », tirée des Misérables.

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    Une belle découverte, trop courte _ 57′ 52 _, qui rend justice _ enfin ! _ à cette artiste malmenée par la vie, écrasée par ses ombres, et pourtant si éloquente.

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    Adèle Hugo : la révélation

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    Le temps est enfin venu _ oui _ de faire entendre la voix des compositrices oubliées par l’histoire de la Musique. D’une constante inspiration mélodique _ mais oui ! _, la production d’ est de celles qui touchent immédiatement au cœur _ c’est très juste. Un très grand disque _ voilà ! _ de mélodies, orchestrées par et interprétées par une pléiade de valeurs sûres _ absolument _ du chant français.

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    Jusqu’ici s’appelait Adèle H. Le film _ en 1975 _ de François Truffaut, pour magnifique qu’il fût, semblait avoir définitivement tracé _ voilà _ pour la postérité le portrait de la dernière-née du grand écrivain français. On croyait tout savoir de celle qui, après que la folie obsessionnelle de la passion amoureuse l’eut éconduite de la société des hommes (c’était le scénario de L’Histoire d’Adèle H.), survécut de fait à ses géniteurs comme à la totalité d’une fratrie trop tôt décimée _  Charles Hugo (Paris, 3 novembre 1826 – Bordeaux, 13 mars 1871 ; François-Victor Hugo (Paris, 28 octobre 1828 – Paris, 26 décembre 1873. Celle qui avait été « une énigme » pour son illustre père (le grand homme de lettres alla jusqu’à confier à l’un de ses poèmes ses doutes quant à sa propre paternité _ tiens, tiens _), et semblait à jamais inscrite sur les tablettes de l’Histoire en femme malade trimballée sur vingt ans dans des maisons de santé, se révèle être aujourd’hui, l’année des 110 ans de sa disparition, une compositrice _ voilà ! Qui plus est, très inspirée _ vraiment…

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    Les 14 mélodies exhumées par les intérêts conjoints d’Odile Blanchette, la conservatrice de Hauteville House (la demeure-musée de Guernesey où Adèle vécut un temps avec son père après l’exil de ce dernier), du compositeur , de , chef de l’, font toutes montre d’un sens mélodique qui n’est pas sans évoquer celui du génie berliozien. Ni sucre, ni naphtaline _ absolument ! Une efficacité qui ne rime jamais avec facilité. Des Châtiments aux Misérables, toutes ces mélodies sans exception déposent leur musique aux pieds des vers du grand homme. Par quel mystère ce dernier, dont l’humanisme continue de percer dans la brume des dérives du Monde, a-t’il pu passer à côté du génie musical de sa propre fille, laquelle apprend-on également, fut non seulement l’auteur d’un conséquent Journal, mais aussi une virtuose du piano ? Quand on connaît le pouvoir thérapeutique de la musique sur le cerveau humain…

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    On aurait pu croire que la mélancolie serait maîtresse de cérémonie de la production musicale d’une jeune femme au destin aussi cahotant : elle est bien là (prégnants Chant du crépuscule I, Nuits de Juin, Flebile Nescio Quid) mais au côté du bonheur (La Chanson de Jean Prouvaire) comme de l’énergie militante (le beethovénien Ce que chantait Gavroche I, très proche de certain lied d’Egmont). Le magnifique Encore à toi réussit même le prodige de réunir les fragrances du grand Hector avec celles du divin Mozart. On a envie de tout fredonner _ mais oui _, voire de faire cortège avec l’irrésistible Hymne des transportés. Bref, un de ces disques enthousiasmants _ c’est parfaitement juste ! _ qu’aussitôt refermé, on a envie de faire rejouer _ oui !

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    L’album, remarquablement conçu _ oui _, entrecoupe ce magnifique florilège vocal de cinq mélodies sans paroles (et même presque sans titres), duos instrumentaux où peuvent briller en toute intimité quelques solistes de l’. Sous la direction de , la phalange bisontine (on reste en pays hugolien, la vieille ville espagnole étant, comme on le sait, la ville natale de l’écrivain) accompagne l’ouverture de cette malle aux pépites avec un recueillement ému. Plus copieux que lors du concert donné en 2023 au Théâtre Ledoux et à l’été qui suivit au Festival Berlioz, le disque l’est aussi en terme d’interventions chantées puisqu’aux pionnières et d’alors, sont accourues d’autres valeurs sûres du moment : , , et même .

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    On serait malvenu de chipoter quelques consonnes évanescentes çà et là, tant on gagne à l’option d’une prise de son qui tient à faire de ce merveilleux bouquet de cantatrices un instrument parmi d’autres, dans le but de faire entendre le superbe travail entrepris sur cinq années par (le compositeur dit, non seulement avoir dû orchestrer, mais aussi trier, compléter). C’est le cœur serré et l’œil humide qu’avec la sublime déploration Priez pour les morts, énoncée comme d’outre-tombe par une d’une somptueuse discrétion _ toujours excellente ! _, on prend congé d’, compositrice française.

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    Adèle Hugo (1830-1915) : Mélodies sur des poèmes de Victor Hugo (Nuits de Juin ; Châtiments ; Chants du crépuscule ; Flebile nescio quid ; Regret ; Chanson de Jean Prouvaire ; Ce que chantait Gavroche I, II et III;Hymne des transportés ; Chants du crépuscule I et II ; L’Oiseau passe ; Encore à toi ; Priez pour les morts). Avec : Karine Deshayes, Sandrine Piau, Axelle Fanyo, Anaïs Constans, sopranos ; Isabelle Druet, mezzo-soprano ; Laurent Naouri, baryton. Choeur (chef de choeur : Anass Ismat) de l’Opéra de Dijon. Orchestre Victor Hugo, direction : Jean-François Verdier. 1 CD alpha. Enregistrés en avril 2023 à l’Auditorium de La Cité des arts de Besançon et le 5 juillet 2024 au Studio de l’Orchestre National d’Ile de France. Notice trilingue (français, anglais, allemand) et livret bilingue (français, anglais). Durée totale : 57:52

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    Une superbe et très marquante réussite tant musicale que discographique, donc

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    Ce vendredi 24 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le paradoxe insistant des défauts d’élocution rédhibitoires de Sandrine Piau, co-présents avec son inaltéré beau timbre de voix…

    Suite aux divers articles que j’ai consacrés sur ce blog « En cherchant bien » à l’art de Sandrine Piau

    _ cf mes articles du 16 février 2024 «  » ;

    du 8 février 2024 «  » ;

    et du 31 juillet 2019 « « , notamment… _,

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    voici, ce dimanche 7 avril 2024, sur le site de ResMusica, et cette fois sous la plume de Nicolas Mesnier-Nature,

    un très juste article « Sandrine Piau et Jean-François Verdier : dans des mélodies françaises d’une beauté paradoxale« ,

    apportant, une nouvelle fois, de l’eau à mon moulin, sur ce qui me gêne continuement dans le chant de Sandrine Piau,

    et que Nicolas Mesnier-Nature, baptise gentiment ici, lui, de « beauté paradoxale« … :

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    Instagram

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    Après un précédent enregistrement réunissant l’Orchestre Victor Hugo, son chef et en soliste, cette équipe récidive dans un répertoire de mélodies avec orchestre. On retrouvera avec plaisir une continuité artistique entre les deux sorties _ de ces CDs « Reflet » et « Clair-Obscur« , pour le label Alpha 1019 et 727… _, avec toutefois une différence de taille pour les oreilles françaises.

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    On ne peut que se féliciter dans un premier temps de la continuité artistique telle que nous la proposent les interprètes. En effet, le travail de fond mené depuis des années par _ l’excellent _  à la tête de l’Orchestre Victor Hugo _ de Besançon _ paye : une partie de cette formation a été renouvelée depuis son arrivée en 2010, ce qui a permis une ouverture du répertoire et un décloisonnement indéniable vers d’autres publics et d’autres manifestations musicales non plus strictement classiques. Les multiples rencontres avec des artistes de renom enrichit considérablement les contenus des prestations données, bien au-delà de la Franche-Comté. est un chef qui sait mêler dans ses programmes la tradition du grand répertoire (ici Berlioz, Duparc, Ravel et Debussy) avec des œuvres moins connues du grand public (celles de Koechlin, Britten, les orchestrations de Caplet ou d’Ansermet pour Debussy).

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    Autre performance de l’orchestre : l’effectif parfois considérable demandé par les auteurs ne vient _ en effet ! _ jamais submerger la voix soliste, pas davantage qu’il ne s’efface _ non plus _ à son profit. Un jeu d’équilibriste des plus subtils _ voilà _ qui permet de tout entendre sans se mettre en avant _ ni l’orchestre, ni la chanteuse : bravo ! _, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Faire sonner un orchestre symphonique comme un grand ensemble chambriste, sans gros effets, voilà qui est _ tout à fait _ remarquable _ en effet.

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    Les années ne semblent pas affecter _ du tout _ la voix de , toujours bien timbrée et colorée _ oui, oui. Les graves sont ronds et bien galbés, le medium soutenu et les aigus menés avec agilité et grande souplesse. La tenue des sons est linéaire et très agréable _ à l’écoute : c’est en effet le cas. Et pourtant, il est _ trois fois hélas !!! _ quasiment impossible de comprendre _ entendre les sons : oui : comprendre les mots ou les phrases : non _les paroles des poèmes chantés sans les suivre sur le livret _ et c’est hélas rédhibitoire !!! Par moment on saisit un mot ou une partie de phrase, avec effort, jamais un vers complet _ voilà… Pour un auditeur non francophone, tout paraîtra certainement très beau. Mais ne pas pouvoir comprendre les poèmes de Théophile Gautier, Leconte de Lisle, Mallarmé ou Victor Hugo laisse _ plus que _ dubitatif. Quel dommage ! _ snif ! snif !

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    Hector Berlioz (1803-1869) : Le spectre de la rose.

    Henri Duparc (1848-1933) : Chanson triste ; l’invitation au voyage.

    Charles Koechlin (1867-1950) : Pleine eau ; aux temps des fées ; épiphanie.

    Claude Debussy (1862-1918) : Clair de lune ; épigraphe antique n°6.

    Maurice Ravel (1875-1937) : 3 poèmes de Mallarmé.

    Benjamin Britten (1913-1976) : 4 chansons françaises.

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    Sandrine Piau, soprano ; Orchestre Victor Hugo, direction : Jean-François Verdier.

    1 CD Alpha classics. Enregistré en novembre 2022 à l’Auditorium de la Cité des Arts, Besançon.

    Notice de présentation en français, anglais et allemand.

    Durée : 57:05

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    C’est tout de même bien dommage !!!

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    Ce dimanche 7 avril 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa