Étiquette : Scriabine

  • Mieux entendre, et à plusieurs écoutes successives, des CDs : ainsi ce jour, le CD BIs 2710 – SACD « Schubert + Vorisek – Chopin – Scriabin » de Can Çakmur, à l’occasion de la lecture de l’article « Relu » de Jean-Charles Hoffelé. Ou comment servir au mieux au disque comme au concert le jubilatoire allant de l’ »Impromptu » noté, à la volée de l’improvisation, par son compositeur livré à l’inouï de son inspiration…

    Mieux entendre, et à plusieurs écoutes successives, de CDs, et sans se contenter de la seule première écoute, toujours déstabilisée par rapport à nos souvenirs d’autres interprétations qui nous ont marqué :

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    ainsi, par exemple aujourd’hui mercredi 19 avril, le très beau CD BIS 2710 – SACD « Schubert + Vorisek – Chopin – Scriabin » de Can Çakmur, à l’occasion de la lecture, ce matin, de l’article « Relu » du toujours bien intéressant et en général très judicieux – à quelques rares exceptions près, selon mon appréciation… – Jean-Charles Hoffelé, sur son blog Discophilia ;

    et, qui plus est, pour un CD tout entier consacré à ces pièces notées à la volée lors d’improvisations, que sont, justement, les « Impromptus« 

    – et je remarque ici, au passage, que cette notice que Wikipedia consacre à l’ »Impromptu« , si elle commence par signaler ceci : « On peut aisément attribuer l’invention de l’impromptu à deux Tchèques : Václav Jan Tomášek (1774–1850) et son élève Hugo Voříšek« , ignore en son récapitulatif d’oeuvres intéressantes les superbes « Impromptus » de Jan Václav Hugo Voříšek ! dont deux d’entre eux, le n°4 en la majeur (écoutez-le ici) et le n°6 en si majeur (écoutez-le ici), extraits de ses « Six Impromptus » Op. 7, ouvrent, et en quelle beauté !, ce CD-ci de Can Çakmur. Jan Václav Voříšek (Vamberg, 11 mai 1791 – Vienne, 19 novembre 1825) étant un des initiateurs de ce qui allait devenir bientôt un genre, à l’instar de celui de la « Fantaisie« …

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    Mais, que ce soit au concert comme à l’enregistrement du disque, toute interprétation sur le vif de quelque pièce notée que ce soit, et pas seulement les « Impromptus » ou les « Fantaisies » hors genres institués, doit avoi ce feu vif, jubilatoire et emballant-enthousiasmant, qui fut celui du compositeur lui-même qand il l’a joué-essayé, notamment au clavier,  et puis notée sur le papier, afin de pouvoir ensuite, lui-même ou un autre interprète après lui, la rejouer, et retrouver son feu même…

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    Le mercredi 5 mars dernier, j’avais consacré en partie à ce CD BIS 2710 -SACD de Can Çakmur l’article suivant :

    « Découvrir le courageux talent de Can Çakmur dans les « Impromptus » D. 899 et D. 935 de Franz Schubert dans ses passionnants (et audacieux) CDs Bis 2680 et 2710 – SACD « Schubert + … » : un interprète désormais à suivre« …

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    Et voici donc maintenant, avec quelques menues farcissures miennes, cet article intitulé « Relu » que vient de consacrer, à la date d’hier, à ce même très remarquable CD de Can Çakmur, le très fin Jean-Charles Hoffelé :

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    RELU

    Le plus étonnant de la nouvelle étape schubertienne  – la 4e… – de Can Çakmur ? La Fantaisie-impromptu – Op. 66/WN 46 – de Chopin, dont il orne de libertés surprenantes la partie centrale ; c’est d’un artiste qui n’a pas froid aux yeux – certes -, et ose avec brio – oui ! – ajouter une dimension supplémentaire – et juste en son esprit ! – , rappelant que Chopin fut aussi un improvisateur fêté – en effet : Chopin adorait même improviser en ses concerts privés et intimes…

    Ecoutez-la ici (5′ 08)…

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    D’ailleurs, l’improvisation est, en quelque sorte, la nature même – bien évidemment ! – de ce qu’entend fixer – à la volée sur le papier – l’impromptu, fil rouge de ce voyage commencé – en le programme de ce CD – par deux merveilles – absolument ! – signées Jan Václav Voříšek, que jadis Rudolf Firkušný défendit avec entêtement : celui en si majeur fut un temps l’un de ses bis favoris – écoutez-le ici interprété par Rudolf Firkušný ! Le pianiste turc aurait été bien inspiré de graver tout l’Opus 7 – oui, oui ! – , plutôt que de s’égarer un rien à la coda du disque  – je ne serai pas aussi sévère pour Can Çakmur ici, car Scriabine n’est pas de mes compositeurs le plus fréquenté : je le découvre peu à peu… – avec l’Impromptu en si bémol de Scriabine, si difficile à conduire.

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    Ce sera le seul point d’achoppement de l’album, ailleurs ce pianisme vif – oui ! – , ces constructions parfaites pour le premier cahier des Impromptus de Schubert – une splendide réussite ! en effet… -, le délié, l’élégance et le feu – oui ! comme il se doit ! – des opus de Chopin, font un ensemble où son art rayonne – oui ! – produisant pour l’heure le plus beau jalon – probablement – de cette passionnante série menée grand train.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Schubert+
    Volume 4

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    Jan Václav Voříšek
    (1791-1825)

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    6 Impromptus, Op. 7 (2 extraits : No. 4 en la majeur ;
    No. 6 en si majeur)

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    Franz Schubert (1797-1828)

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    4 Impromptus, Cahier 1,
    Op. 90, D. 899

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    Frédéric Chopin (1810-1849)

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    Impromptu No. 1 en la bémol majeur, Op. 29
    Impromptu No. 2 en fa dièse majeur, Op. 36
    Impromptu No. 3 en sol bémol majeur, Op. 51
    Fantaisie-impromptu en ut dièse mineur, Op. 66

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    Alexandre Scriabine (1872-1915)

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    2 Impromptus, Op. 12

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    Can Çakmur, piano

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    Un album du label BIS Records 2710
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    Photo à la une : le pianiste Can Çakmur – Photo : © DR

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    Oui, ce CD – tout d’ »Impromptus«  – de Can Çakmur est splendide

    et tout à fait réjouissant en ce jubilatoire allant tout ouvert qui le porte

    et nous transporte, à notre tour et à sa suite, à l’écouter ainsi merveilleusement jouer…

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    Ce mercredi 19 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Pour alourdir le dossier d’Arkadi Volodos, ou « l’insupportable lourdeur du paraître »…

    En complément à mon article d’hier 3 février 2025 «  » collectant mes précédents articles sur les Brahms très maniérés à mes oreilles d’Arkadi Volodos,

     
    voici, ce mardi 4 février, de plus brèves remarques, données seulement au passage, et par comparaison avec d’autres interprètes, en de précédents articles miens sur le jeu de Volodos en ses Chopin, Beethoven, Blasco de Nebra et Mompou,
    en comparaison, donc, avec des interprètes qui m’agréent bien davantage que lui, tels que Leif Ove Andsnes, Ronald Brautigam, Josep Colom ou Stephen Hough ;
    et c’est assez parlant ! :
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    « Pour son premier CD Chopin intégralement consacré à ce compositeur, Leif Ove Andsnes nous offre un parfait jeu droit, pleinement classique, vibrant de tendresse maîtrisée, sans la moindre once de maniérisme ; à comparer à l’insoutenable Volodos (cf l’article lucide L’Insoutenable lourdeur du paraître, d’Alexandre De Louit, le 1-2-2004, sur le site de Res Musica ; les choses ne se sont pas arrangées depuis… ni de froideur non plus ! ».

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    « Ronald Brautigam est un prodigieux, en même temps qu’éminemment simple : quel grand art d’y parvenir à ce point !, pianiste magicien, au jeu d’une magnifique vitalité, et naturel ! sans le moindre maniérisme, jamais ! Un anti Arkadi Volodos, en quelque sorte (un chichiteux qui s’écoute lui-même au lieu de se mettre à l’entier service des œuvres auquelles il s’essaie : un narcissique que j’abomine)… »
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     « Et tout un chacun peut en juger sur you tube, qui met en ligne de quoi écouter l’intégralité (de 56′) de ce magique CD de 6 Sonates (57′ 58) et de 2 Pastorelas (14′ 46) de Manuel Blasco de Nebra, interprétées par Josep Colom _ et lui seul ! Nul ne l’ayant égalé !!! Et certainement pas le sur-évalué Javier Perianes, ni l’insupportable de maniérismes Arkadi Volodos… »
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    « Si la dédicataire du quatrième cahier, Alicia de Larrocha, n’a laissé que ce témoignage partiel pour Decca, si Arcadi Volodos _ un interprète qui ne m’agrée pas : ni sobre, ni chaleureux… _ n’a gravé que des extraits de l’ensemble (Sony, 2018), d’autres se sont lancés dans l’intégrale, souvent avec bonheur. »
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    Mais je tiens aussi et surtout à donner ici et en entier le lucidissime (!) avis d’Alexandre De Louit en son article, assez génialement intitulé « L’insoutenable lourdeur du paraître », paru sur ResMusica le 1er février 2004, à propos d’un concert Scriabine, Rachmaninioff, Schubert, Liszt, Saint-Saëns, donné par Arcadi Volodos au Théâtre des Champs-Elysées le 12 janvier 2004 :
    https://www.resmusica.com/2004/02/01/linsoutenable-lourdeur-du-paraitre/
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    Arcadi Volodos : l’insoutenable lourdeur du paraître 

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    Le fait que le grand répertoire pianistique ait été tellement entendu et enregistré pousse certains pianistes d’aujourd’hui à ne l’aborder, pour ainsi dire, qu’au second degré : à travers un mentor, de préférence décédé. Au disque comme au concert, affiche la référence à Vladimir Horowitz : courtes pièces brillantes du répertoire (de son répertoire), refus des intégrales et des cycles ; surtout, transcription des œuvres, improvisations et versions enjolivées enregistrées par le « Satan en personne » du piano (dixit Clara Haskil).

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    La prouesse n’est pas nouvelle ; elle n’en est pas moins impressionnante, on l’a déjà constaté, au disque comme au concert. Cependant, le problème d’un pianiste qui a fait sa réputation sur une technique ostentatoire est qu’il doit ensuite conquérir ses lauriers de musicien « sérieux » – tout en ne décevant pas un public qui attend, bien évidemment, les morceaux de bravoure.

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    Le programme de ce concert est tout juste fait pour cela : une sonate de Schubert et des Scriabine tardifs, répertoires réputés austères ; des enchaînements de pièces d’auteurs pianistes (Liszt, Scriabine, Rachmaninoff), sans aucun « tube » toutefois et en prenant soin d’aligner plusieurs pièces lentes ; enfin, un ou deux morceaux de pure pyrotechnie pour couronner chaque partie.

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    Cela donne-t-il un concert entièrement satisfaisant ? Certes, la séduction est là, la vélocité aussi, aussi étincelante qu’au disque : les traits les plus ébouriffants passent avec une aisance sidérante. De ce point de vue, n’hésitons pas à dire que le modèle est dépassé, le jeu d’Horowitz n’ayant jamais été d’une propreté irréprochable.

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    En revanche, les doigts d’Horowitz n’étaient pas seulement ces « chevaux de course racés » (mot d’un autre pianiste : Tamás Vásáry) courant au triple galop sur la mécanique allégée de son célèbre Steinway. Ils étaient surtout le véhicule d’un sublime kaléidoscope de couleurs pianistiques. Qu’on écoute les derniers enregistrements de sonates de Scarlatti, et tous ses Scriabine : la vie de la polyphonie est d’une incroyable rigueur derrière l’impact immédiat du timbre. Chaque voix a sa couleur et chante avec sa couleur : car le maître a toujours avoué se mettre à l’école des grandes cantatrices du passé. La polyphonie est bien là chez Volodos ; mais la couleur ? le cantabile ? Comment faire vivre la Mélodie ou le Prélude en sol majeur (op. 23/5) de Rachmaninoff sans les références lyriques qui, de toute évidence, hantent le compositeur ?

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    Reste la virtuosité. On ne se donnera pas le ridicule de contester celle d’. Mais la vraie, la transcendante, pas celle des bêtes à concours mais celle des monstres sacrés auxquels il se réfère, réside-t-elle dans la facilité, dans la vitesse, dans le phénomène ? Arrau disait que pour faire leur effet, les traits ardus devaient avoir l’air ardu (il parlait du stretto de la 1ère Ballade) ; et de blâmer justement la manière d’Horowitz. Or, les effets d’Horowitz correspondent toujours à une prise de risques : plutôt que de se reposer sur ses dons, il se fragilise, se met en danger, recréant ainsi une difficulté qui ne lui est pas naturelle. C’est ce qui provoque ces strepitoso d’octaves alternées (précisément, dans la 1ère Ballade), et cette incroyable impression de tension que dégagent ses grandes interprétations – et aussi un certain nombre de fausses notes.

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    Prenez le trait d’octaves du 1er Concerto de Tchaïkovski, qu’Horowitz ne fait jamais deux fois de la même façon et qui est toujours aussi électrisant. Dans l’enregistrement de 1943 avec Toscanini, le plus féroce contempteur de l’œuvre et du pianiste se lèvera de son fauteuil pour applaudir. Voilà : c’est cela, un virtuose. Vous avez beau vous défendre, vous êtes arraché à vos habitudes, vous êtes (passez-moi l’expression) scotché – ou soulevé. Cela inclut une part nécessaire d’improvisation : encore une fois, Horowitz n’a jamais joué deux fois le même texte, soit dans ses œuvres (Fantaisie sur Carmen, Stars and Stripes) soit dans ses adaptations (Tableaux d’une exposition, Danse macabre). La Danse macabre, Volodos la joue beaucoup plus clairement, beaucoup plus sûrement, et même beaucoup plus musicalement que l’auteur de l’arrangement lui-même. A-t-elle la même saveur ? le panache désinvolte de la version Horowitz (sur le CD Horowitz Encores, BMG import) est cruelle pour le maelström très étudié de son cadet.

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    On pouvait s’en douter, c’est la « petite » sonate de Schubert qui signe la déception. Le désir de « faire délicat » n’aboutit qu’à « faire joli ». Encore une fois, on est tenté de faire le parallèle avec son modèle : pourquoi Horowitz arrive-t-il à rendre passionnante la moindre œuvrette de Clementi alors que, sous les doigts de Volodos, les thèmes légers de cette œuvre certes secondaire sonnent comme un maladroit sous-Mozart ?

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    On en revient à la couleur : de même qu’Horowitz trouve l’inspiration, pour son Rachmaninoff, dans la voix lyrique, de même il aborde le répertoire classique ou post-classique avec la mémoire de toutes les partitions d’orchestre qu’il lisait et réduisait à vue depuis son adolescence. Car la culture n’est pas inutile chez un pianiste. C’est grâce à elle qu’une sonate de Mozart sonne, par Arrau, comme le Requiem ou Don Giovanni ; par Horowitz, comme l’ouverture de Così. Et que la Danse macabre pourrait sonner comme autre chose que du très beau piano avec beaucoup de passages très rapides et très tonitruants.

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    Dans son répertoire comme dans son jeu, Arkadi Volodos force des comparaisons qui ne le flattent pas forcément. Cela dit, le seul fait qu’on puisse l’y soumettre dit assez le niveau de piano où il se situe : parmi les grands. Peut-être attend-on (et attend-il) de lui encore plus… il n’a que trente-deux ans, après tout. Mais, à juger seulement ce qu’on a entendu, cet Horowitz sans Horowitz, c’est du grand opéra en version de concert, du Krug sans les bulles.

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    Crédit photographique : (c)DR.

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    Paris, Théâtre des Champs-Élysées, 12.I.2004. Alexandre Scriabine : Enigme, op. 52/2Guirlandesop. 73/1, Sonate n° 8 op. 66. Serge Rachmaninoff : Mélodie op. 3/3, Préludes op. 32/10 & 5, op. 23/10, Daisies op. 38/3, Esquisse orientale, Polka italienne. Franz Schubert : Sonate n° 6. Franz Liszt : 123e Sonnet de Pétrarque, 6e Consolation, Il Penseroso. Camille Saint-Saëns : Danse macabre (arrt Liszt/Horowitz). Arcadi Volodos, piano.

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    Voilà !
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    A très bon entendeur, salut !
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    Ce  mardi 4 février 2015, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Un passionnant CD « Vers la flamme » de Severin von Eckardstein, avec un somptueux radieux comme jamais Opus 111, la 32e et dernière Sonate pour piano de Beethoven…

    Ce jour,

    découverte d’un passionnant CD « Vers la flamme » de Severin von Eckardstein _ le CD CAvI-Music 8553531 ; regarder et écouter (en allemand) ici le trailer de présentation de ce CD (d’une durée de 5′ 45) par l’interprète lui-même, quasi timidement et d’une voix douce… _ avec surtout un somptueux, très impressionnant, et radieux Opus 111, la 32e Sonate pour piano, en ut mineur, de Beethoven…

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    Cf, notamment, ce commentaire déjà significatif il y a deux jours, et sous le titre de « Transsubstantiation«  _ entre l’interprète à son piano et les successifs compositeurs à l’œuvre (dont lui-même pour une brève Improvisation de 3′ 26…), probablement… _, de Jean-Charles Hoffelé sur son site Discophilia :

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    TRANSSUBSTANTIATION

    Autour de l’Opus 111, qui est un monde en soi _ c’est formidablement juste ! Quelle splendissime œuvre finale de Beethoven au piano !, déjà… _, Severin von Eckardstein organise une savante cosmogonie qui vécut d’abord comme programme de concert. Après l’épreuve de la scène, l’un des plus saisissants maîtres contemporains de l’instrument _ rien moins ! _ sera donc entré au b-sharp Studio de Berlin pour confier aux micros de Martin Kistner ce voyage équilibré entre deux pôles d’une même amplitude, l’ultime Sonate de Beethoven et son échappée cosmique, le propre arrangement par l’artiste _ en effet ! _ du moins idéalement pianistique des poèmes de Richard Strauss, Tod und Verklärung.

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    Pour le second pari gagné, l’élévation spirituelle encore un peu lisztienne du premier thème, le grand macabre de l’agonie où le pianiste fait entrer tout l’orchestre dans son piano, sont, sous son œil, saisissants _ voilà. Pour l’Opus 111, dès le Maestoso, le ton prophétique, puis l’éther _ génialissime _ de l’Arietta, proclament qu’il est peut-être temps pour lui, qui est si peu l’homme des intégrales, d’embrasser _ il en a la puissance comme titanesque, lui pourtant timide en sa parole… _ tous ces mondes que _ le titanesque explorateur en sa composition-création _ Beethoven a réuni dans un univers.

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    Mais le piano ! Ce Bechstein _ D 282 _ à l’aigu à la fois criard et palot qui dépare les dernières mesures de Vers la flamme, il ne le transcendera vraiment que dans les proclamations et les anges rugissants du Regard de l’Eglise d’amour ou dans son improvisation méphistophélique qui semble répondre à Messiaen. Parfois trop d’idées nuisent à la musique.

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    LE DISQUE DU JOUR

    Vers la flamme

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    Alexandre Scriabine
    (1872-1915)

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    Vers la flamme, Op. 72

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    Richard Strauss (1864-1949)

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    Tod un Verklärung,
    Op. 24, TrV 158 (arr. pour piano seul : Eckardstein)

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    Olivier Messiaen (1908-1992)

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    Regard de l’Eglise d’amour

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    Severin von Eckardstein (né en 1978)

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    Improvisation

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    Ludwig van Beethoven (1770-1827)

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    Sonate pour piano No. 32 en ut mineur, Op. 111
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    Severin von Eckardstein, piano

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    Un album du label CAvi-Music 8553531
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    Photo à la une : le pianiste Severin von Eckardstein – Photo : © Irène Zandel

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    Mais quel somptueux, radieux et tout à fait irrésistible Opus 111, nous est donné ici !..

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    Ce jeudi 21 décembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Post-scriptum :

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    Voici aussi le texte (en anglais) qui accompagne le trailer de présentation de ce CD par Severin von Eckardstein lui-même :

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    In this album I combine several important works from different eras that poignantly address the transition from the earthly to the transcendent _ tel est ainsi le propos. The title of the album is based on Scriabin’s small composition « Vers la flamme« . This work is contrasted with my arrangement of Richard Strauss’ orchestral work « Tod und Verklärung« , Messiaen’s « Regard de l´Eglise d’amour » and an improvisational transition _ par Severin von Eckardstein lui-même _ to Beethoven’s Sonata op. 111.

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    Scriabin had a fascination with “fire” and often used it as an image of how one should experience art. In his opinion, every musical event should trigger a kind of “firestorm” that leads people to salvation. What’s particularly exciting for me as a pianist is that Scriabin writes few dynamic symbols into the score, and he basically gives the pianists a lot of freedom _ voilà. That’s why I decided to record the ending “pianissimo”. This logically develops directly from Scriabin’s message : After an outsized power of sound in the introduction to the finale, Scriabin slowly begins to reduce this dense, powerful earthly resonance. To loosen the grounding…

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    I see Beethoven’s last sonata as the work of an old man who is marked by life and who at the same time draws a final conclusion from it _ oui. The work appears to be age-related and therefore quite compact and authoritative _ en effet. On the other hand, it was precisely through this deep gray seriousness and mercilessness that Beethoven reached a point at which he suddenly freed himself _ voilà _ from his typical objective monumentality _ oui _ and, almost unintentionally – or at least intentionally, we don’t know – granted a deep insight into him as a human being. It seems to me like a fusion of the personal and the impersonal on a higher level. That’s exactly what I’m trying to achieve in terms of sound. It is about inner distance and yet a compact, uncompromising access.

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    For Strauss, unlike Beethoven, it is not about sublimity, but about earthly struggle, about extreme situations. In the orchestra there are these strongly energetic Sturm und Drang phases and then this sudden collapse. This is all very clearly described. It is dark and tragic, these are elements that particularly appeal to me. I like these obscure tones on the piano. With this transcription I wanted to add something very personal of myself _ voilà _ to this program.

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    Messiaen fascinated me from the start with his natural but never aggressive sound power. Similar to Beethoven, even in the 20th century he was able to use an universal, almost impersonal sound language to create a large, clear space in which cardinal human emotions could unfold unadulterated. The “Contemplation on the Church of Love” is a mental condensation of the previous cycle. Almost like Mahler, the piece begins with a depiction of the rough, primal elements of nature and their anarchy, but at the same time under the control of a benevolent superior power (may it be God), from which an indescribable pull emanates, into which we humans can almost let ourselves fall. You can feel right from the start that the chaotic image already has a huge unifying force that continues to assert itself.

  • Ecouter les 3 Sonates pour violoncelle et piano de Bohuslav Martinu (de 1939, 1941 et 1952) par Johannes Moser et Andrei Korobeinikov : une musique magnifique, profonde, idéalement servie ici…

    Un lien particulier m’attache aux musiques d’Europe centrale et orientale.

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    Et donc aussi à l’œuvre de ce compositeur un peu moins célébré et interprété que d’autres : le tchèque Bohuslav Martinu (Polička, Bohème, 8  décembre 1890 – Liestal, Suisse, 28 août 1959).

    Martinů est l’auteur d’une œuvre considérable de plus de quatre cents numéros d’opus _ trop largement méconnue en France _  dont la profonde originalité et perfection d’écriture _ voilà ! _ l’inscrivent dans la grande tradition de la musique tchèque aux côtés de Dvořák, Janáček et Smetana.

     

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    Ainsi suis-je très touché par le superbe, très émouvant, enregistrement _ le CD Pentatone PTC 5187 007 _ des 3 Sonates pour Violoncelle et Piano (de 1939, 1941 et 1952) de Martinů, qui vient de paraître chez l’excellent label Pentatone,

    par ces deux magnifiques musiciens que sont le violoncelliste germano-canadien Johannes Moser (né le 14 juin 1979 à Munich _ fils et neveu de cantatrices : sa mère, Edith Wiens, et sa tante, Edda Moser _) et le pianiste russe Andrei Korobeinikov (né à Dolgoprudny, près de Moscou, en 1986),

    interprètes, déjà, d’un très réussi et remarqué « Works for Cello and Piano » de Rachmaninov et Prokofiev _ le CD Pentatone PTC 5186 594 _, paru en 2016 ;

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    et dont j’ai plusieurs fois eu l’occasion, sur ce blog, de faire l’éloge discographique, à propos, par exemple, de CDs Mendelssohn, pour Johannes Moser _ cf mon article du 6 novembre 2019 : « «  à propos de l’album « Felix & Fanny Mendelssohn« , avec le pianiste Alasdair Beatson, le CD Pentatone PTC 5186 781… _, et Scriabine, pour Andrei Korobeinikov _ cf mon article du 7 août 2008 «  » à propos de son époustouflant album « Scriabine«  MIR 061 qui venait de paraître chez Mirare.

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    Une musique magnifique, profonde, idéalement servie ici,

    que celle de ce trop méconnu encore de nous, Bohuslav Martinů…

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    Ce samedi 7 janvier 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa