Étiquette : Sébastien de Brossard

  • L’intéressant CD « Sonates oubliées » d’un compositeur lui-même bien oublié : Charles-François Grégoire de La Ferté (1666 – 1746) par le tout nouvel Ensemble La Ferté…

    C’est un tout à fait intéressant CD Paraty 2025010 « Sonates oubliées » – enregistré à Mons du 19 au 25 février 2024 – d’un compositeur lui-même bien oublié : Charles-François Grégoire de La Ferté (1666 – 1746), par le tout nouvel Ensemble La Ferté, que nous a conseillé hier 2 février, et à notre satisfaction !, notre disquaire préféré, que j’ai la surprise de découvrir ce matin 3 février chroniqué, sous le titre de « Passionnant premier album de l’ensemble La Ferté, entre audace et maturité« , sur le site de ResMusica par Charlotte Saulneron…

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    Passionnant premier album de l’ensemble La Ferté, entre audace et maturité

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    Le premier album du jeune propose d’écouter les « Sonates oubliées » du compositeur baroque . Un projet discographique entre richesse musicologique,  démarche créative et prises de risque audacieuses mais toujours argumentées.

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    La Vertuosa Compagnia de Musici di Roma, avec à sa tête le violoniste Valerio Losito, s’était lancée dans la redécouverte de ce Premier Livre de Sonates pour violon et basse composé par le musicien (1666-1746) avec les six premières sonates enregistrées dans un disque paru en 2021 (Da Vinci Classics). Aujourd’hui l’ propose l’écoute complète des douze sonates du corpus organisées en deux parties distinctes et équilibrées, selon trois piliers harmoniques (ré majeur, sol majeur et ré mineur), que les trois musiciens respectent tout en faisant le choix d’un ordre d’exécution de ces pièces plus personnel – voilà – , justifié par leur variété de formes et leur caractère.

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    Daté de 1707, ce recueil de Sonates, seule œuvre connue à ce jour – dont acte ! – de ce compositeur français baroque de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe siècles, témoigne des qualités musicales superlatives – certainement –  de ce musicien oublié de l’histoire de la musique – voilà, voilà. Les Sonates de Charles de La Ferté ne sont pas de simples compositions musicales, elles illustrent le – très notable – changement important des styles musicaux de leur époque – on le nommera « Les Goûts réunis »… – et l’évolution du rôle – tout nouveau alors – du violon – importé d’Italie – dans la tradition musicale française. En effet, avec le violon et la basse, La Ferté s’éloigne des instruments solistes dominants de la Chambre du Roy comme la viole et le clavecin, enrichissant ainsi le répertoire de la musique baroque – c’est un contemporain de Sébastien de Brossard (1655 – 1730), chantre des Goûts réunisLes Goûts réunis, …

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    Enracinées dans les traditions françaises, les Sonates de La Ferté témoignent aussi des influences italiennes de leur temps (la Sonate n°2 est d’un seul tenant comme le modèle de la sonate italienne de la fin du XVIIe siècle), en particulier du style de Corelli (Sonates n°6 et n°11), tout en maintenant les caractéristiques propres à la musique française par l’héritage de Lully et celui de la suite de danse (Sonates n°7, n°9 et n°10).

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    C’est ainsi un travail de réhabilitation qu’entreprend l’, mais aussi de reconstruction de l’interprétation du style français propre à cette musique composée dans une période charnière – celle de François Couperin (1668 – 1733) et Sébastien de Brossard. Ce travail musicologique entrepris durant trois années certainement intenses au regard de la rigueur historique de cette démarche, est détaillé  dans un livret de présentation idéal pour en comprendre toute la teneur.

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    Danse, virtuosité et richesse contrapuntique sont défendues d’abord par le violon en position basse de , à l’instar des musiciens de l’époque, privilégiant ainsi rondeur et résonance. Cette position est complétée par la tenue d’archet « à la française », un choix qui favorise l’articulation du discours musical et des attaques incisives. La basse continue du clavecin de Nicolas Machowiak est inspirée et pleine de vie, ne se limitant pas à une simple exécution harmonique, et soutenant solidement la souplesse de phrasé séduisante menée par les deux instruments à cordes frottées. Assuré par le claveciniste, l’usage historiquement informé de l’orgue positif offre quant à lui ponctuellement un timbre noble et généreux à la réhabilitation de ces pages.

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    Une réflexion approfondie sur l’ornementation a été également menée, basée sur les traités de l’époque de Muffat (1653 – 1704), Montéclair (1667 – 1737) et Saint-Arroman, chacun devenant ainsi un élément de langage à part entière. Les contreparties de viole de gambe menées par sont caractéristiques du style naissant – voilà… – de la sonate française, l’instrument chantant parfois avec autant d’éloquence que le violon (Récit de basse, Sonate n°12), l’ensemble La Ferté s’autorisant même à composer une contrepartie pour la viole dans l’Allemande de la Sonate n°7.

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    Le lien entre la musique et la « belle danse » complète cette réflexion déjà riche, avec la collaboration de la danseuse et chercheuse (et une formation de danse baroque suivie par chacun des interprètes !), éclairant ainsi – fort judicieusement – les tempi et les phrasés des trois musiciens. Une approche transversale où la musicologie se nourrit de la poésie du geste.

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    Entre la révélation d’un jeune ensemble baroque, la réhabilitation d’un compositeur oublié et la démarche musicologique qui l’accompagne, que de belles découvertes pour ce premier disque éminemment abouti !

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    Sonates oubliées. Charles-François Grégoire de La Ferté (1666-1746) : Premier livre de sonates pour le violon et la basse.Ensemble La Ferté : Paulo Castrillo, violon baroque ; Manon Chapelle, viole de gambe ; Nicolas Mackowiak, clavecin et orgue.

    1 CD Paraty.

    Enregistré du 19 au 25 février 2024 à la Chapelle du couvent des Sœurs noires de Mons en Belgique.

    Notice de présentation en français et en anglais.

    Durée : 74:57

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    Un CD tout à fait intéressant, donc…

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    Ce mardi 3 février 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Saluer cette fois la reconnaisssance du génie musical de Henry Desmarest (1661 – 1741), le brillant compositeur d’ »Iphigénie en Tauride », ce maillon important, et jusqu’ici oublié, de l’histoire de l’opéra français, entre Lully (1632 – 1687) et Rameau (1683 – 1764)…

    En mon article du 31 janvier dernier, « La bienheureuse assurance désormais rayonnante de l’un peu trop discret jusque là, presque timide, Thomas Dolié, baryton magnifique, à la voix splendide et au jeu délié et intelligent : superbe Oreste d’une radieuse « Iphigénie en Tauride » d’Henry Desmarest (1661 – 1741) et André Campra (1660 – 1744), une tragédie en musique idéalement ressuscitée au disque par le Concert Spirituel et Hervé Niquet…«  ,

    c’était principalement la performance du superbe Oreste de Thomas Dolié, en cette « Iphigénie en Tauride » de Desmarest et Campra _ créée par l’Académie Royale de Musique à Paris le 6 mai 1704 _,  que je tenais d’abord à saluer en ce brillantissime double CD Alpha 1106, du Concert spirituel et Hervé Niquet…

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    Mais ce soir,

    c’est bien d’abord le compositeur Henry Desmarest lui-même (Paris, février 1661 – Lunéville, 7 septembre 1741), qu’en saluant l’excellent commentaire de Pierre Degott que donne de ce double CD Alpha 1106 de l’ »Iphigénie en Tauride » de Desmarest et Campra, en son bel article de ResMusica intitulé « Avant Gluck, Iphigénie en Tauride mise en musique par Campra et Desmarest« , je désire ici cette fois saluer…

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    Belle découverte d’un ouvrage à la genèse _ en effet bien _ difficile _ et cela pour des raisons totalement extra-musicales ! _, créé en 1704 et tombé dans l’oubli après un succès non négligeable. Sous la baguette d’ à la tête du Concert Spirituel, des interprètes expérimentés et d’autres plus jeunes défendent avec ardeur un ouvrage qu’on verra _ en effet _ comme un maillon _ important, bien que jusqu’ici hélas oublié _ dans l’histoire de l’opéra français.

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    Inspiré lui aussi directement de la tragédie d’Euripide, le livret de Jean-François Duché de Vancy et Antoine Danchet _ deux librettistes successifs, pour deux compositeurs eux aussi successifs ! _ pour Iphigénie en Tauride, se distingue à plus d’un titre de celui bien connu de Nicolas-François Guillard, conçu dans les dernières années de l’Ancien Régime pour l’opéra réformé de Gluck. En 1779 les codes de l’opéra n’avaient plus rien à voir _ en effet _ avec ceux de la tragédie lyrique du temps de , et le texte initialement conçu par Duché de Vancy _ pour Henry Desmarest _ répondait aux canons littéraires encore en vogue en 1696, lorsque Desmarest reçut sa commande _ voilà le départ de cette œuvre qui sera composite, lors de sa création à Paris le 6 mai 1704. Condamné trois ans plus tard _ en 1699 _ pour après avoir épousé une jeune fille de la noblesse sans le consentement familial, le compositeur forcé à l’exil _ voilà ! _ fut contraint de laisser derrière lui sa partition inachevée, laquelle fut ensuite remise à , chargé par l’Académie de terminer l’œuvre. Avec l’aide de son collaborateur habituel Antoine Danchet, qui remania certains pans du livret _ de son confrère François Duché de Vancy _, Campra compléta l’ouvrage _ voilà, voilà ! _ dont il dut entièrement composer le prologue et l’ouverture, s’efforçant de couler son écriture dans le style de Desmarest tout en ajoutant ici et là quelques pages virtuoses destinées à souligner le caractère brillant de l’œuvre.

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    De ce travail collaboratif, dû à deux écrivains et à deux musiciens _ oui, oui _, résulte une partition dont nul ne pourra mettre en cause l’unité ou l’homogénéité _ et c’est là déjà une forme d’exploit _, conforme en tout cas au modèle classique de la tragédie lyrique portée à son aboutissement par Lully _ avec la collaboration (ou plutôt la coopération, pour reprendre le juste distinguo proposé par Bernard Sève en son magistral « Les Matériaux de l’art » ; cf là-dessus la vidéo (de 59′ 23″) de notre entretien à la Station Ausone le mardi 14 janvier dernier… L’ouvrage n’en lorgne pas moins vers une écriture vocale plus mélodique, moins dominée par la déclamation propre à l’esthétique française _ marquée par le génie de librettiste de Lully qu’avait été le magnifique Philippe Quinault (Paris, 3 juin 1635 – Paris, 26 novembre 1688) _ et déjà légèrement marquée par l’influence italienne _ initiée par les travaux de Sébastien de Brossard (Dompierre, 12 septembre 1655 – Meaux, 10 août 1730). Même s’il ne s’agit sans doute pas d’un chef d’œuvre absolu, cet ouvrage habile et bien fait _ et un peu mireux que cela… _ constitue à n’en pas douter un maillon _ important ! _ qui manquait à notre compréhension de l’évolution et du positionnement de l’opéra français au tournant du dix-huitième siècle _ voilà, voilà…

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    Confié à des artistes chevronnés aussi bien qu’à une brochette de jeunes chanteurs en devenir, l’enregistrement proposé ici brille par la qualité et l’homogénéité de sa distribution _ en effet : c’est très juste ! Sans doute cette dernière est-elle dominée par , spécialiste du répertoire de l’opéra baroque français, dont on continue à admirer la diction toujours autant magistrale tout en se grisant du léger vibrato qui sait si bien donner couleurs et substance aux mots de livret. À ses côtés, le baryton  campe un Oreste noble et digne, émouvant et convaincant _ superbe ! _ dans les scènes qui le confrontent à sa sœur _ cf mon article « La bienheureuse assurance désormais rayonnante de l’un peu trop discret jusque là, presque timide, Thomas Dolié, baryton magnifique, à la voix splendide et au jeu délié et intelligent : superbe Oreste d’une radieuse « Iphigénie en Tauride » d’Henry Desmarest (1661 – 1741) et André Campra (1660 – 1744), une tragédie en musique idéalement ressuscitée au disque par le Concert Spirituel et Hervé Niquet… » en date du 31 janvier dernier…. en Pylade fait preuve comme à son accoutumée _ oui, oui ; cf les articles que je lui ai consacrés à maintes reprises, jusqu’à celui du 22 janvier Dernier pour saluer sa magnifique prestation dans son récent CD Alpha 1104 « Mozart – Concert Arias » : « Se délecter au charme idéal de Reinoud van Mechelen interprétant des airs de concert de Mozart, en le CD Alpha 1114 « Mozart – Concert Arias – Reinoud van Mechelen – A Nocte Temporis » : quel plaisir !« …  _ de toute sa sensibilité musicale grâce à sa voix de haute-contre parfaitement maîtrisée _ tout cela est fort juste..

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    Le reste de la distribution se montre à la hauteur des têtes d’affiche, et l’on ne manquera pas de citer les belles interventions d’Olivia Doray en Électre, de en Thoas et de en Diane, sans oublier , , , en charge d’un certain nombre de petits rôles certes courts mais essentiels au déroulement de l’action.

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    Très impliqués dans la recherche de couleurs instrumentales riches et variés, les musiciens du Concert Spirituel font la démonstration de tout le panache _ oui _ dont ils sont capables, alternant les moments d’introspection et de recueillement avec les pages plus brillantes qui sont le propre de ce genre lyrique, où la musique de ballet joue _ aussi : à la française ! _ un rôle primordial. La direction d’, précise et incisive, insuffle aux choristes et aux instrumentistes toute l’énergie nécessaire pour donner force et crédibilité _ oui, oui ; et noblesse tragique…  _ à une histoire bien connue de toutes et de tous, qu’on se réjouit d’entendre dans une nouvelle adaptation musicale. Un plaisir pour l’oreille comme pour l’esprit _ c’est là fort bien résumé !

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    Henry Desmarest (1661-1741) et André Campra (1660-1744) :

    Iphigénie en Tauride, tragédie en un prologue et cinq actes.

    Livret de Jean-François Duché de Vancy et Antoine Danchet.

    Avec Véronique Gens, soprano (Iphigénie) ; Reinoud Van Mechelen, ténor (Pylade) ; Thomas Dolié, baryton (Oreste) ; David Witczak, baryton (Thoas) ; Floriane Hasler, mezzo-soprano (Diane) ; Tomislav Lavoie, baryton-basse (L’ordonnateur / L’océan) ; Antonin Rondepierre, ténor (Un habitant de Délos / Triton / Le grand sacrificateur) ; Jehanne Amzal, soprano (Isménide / Une habitante de Délos / Première nymphe / Première prêtresse) ; Marine Lafdal-Franc, soprano (Une habitante de Délos / Seconde nymphe / Seconde prêtresse).

    Le Concert Spirituel, direction : Hervé Niquet.

    2 CD Alpha.

    Enregistrés en janvier 2024 à l’Auditorium du Conservatoire Jean-Baptiste Lully de Puteaux.

    Notice de présentation en français, anglais et allemand.

    Durée totale : 136:00

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    Henry Desmarest,

    que j’ai appris à connaître et beaucoup apprécier, lors de la réalisation par Hugo Reyne _ dont j’étais, cette décennies des années 90, le « conseiller artistique » de la Simphonie du Marais… _ de son CD Astrée-Auvidis « La Diane de Fontainebleau« , enregistré dans la salle de bal du château de Fontainebleau au mois de septembre 1997, et paru en 1998…

    Cf les détails que j’en livre en mon article en date du 9 septembre 2021 : « Le beau chemin parcouru de Véronique Gens dans l’opéra baroque français : de Lully à Charpentier, en passant par Collasse et Desmarets…« ...

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    Henry Desmarest (1661 – 1741) : un compositeur subtil et magnifique, à redécouvrir…

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    Ce mercredi 12 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Joseph Marchand (1673 – 1747) et la naissance du violon français, au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles (suite)…

    Dans la continuité de mon article du 29 mars dernier «  »

    et toujours à propos du triple album AParté AP 301 des « Suites » pour le violon et la basse, en 1707, de Joseph Marchand (1673 -1747) par le oh! Trio,

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    voici ce mercredi 5 avril 2023, sur le site Discophilia, un article intitulé « Apogée du violon français » de Jean-Charles Hoffelé consacré à cette superbe réalisation discographique _ du label Aparté _ d’un jeune ensemble polonais, le oh! trio, explorant le répertoire baroque français étrangement bien trop ignoré et délaissé par les violonistes baroques français d’aujourd’hui…

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    APOGÉE DU VIOLON FRANÇAIS

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    Dans la longue théorie des musiciens et compositeur de la famille _ et homonymes ! Joseph n’a pas de lien de parenté avec le mieux connu claveciniste et organiste Louis Marchand ! _ Marchand, Joseph, basse de violon à la Chapelle Royale puis à la Grande Bande, musicien courant des concerts des petits appartements de Louis XV, avait corps et bien disparu _ de l’horizon (de connaissance et fréquentation) des musiciens et de la plupart des musicologues _, et c’est un peu un miracle que quatre amis polonais _ Martyna Pastuszka, Krzysztof Firlus, Anna Firlus et Jan Čižmář _ aient retrouvé ces somptueuses Suites pour les exhumer au disque.

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    Pas moins de trois CDs où parait l’épanouissement _ alors en voie de déploiement _ de l’influence italienne (jusqu’à l’usage du double trille) intégré au style noble de la suite française, airs et danses, pièces en portrait, chaconnes ou siciliennes pour conclure, Sonates pour ouvrir, souvent la nostalgie la plus étreignante (l’Air II de la Sixième Suite) voisine avec des danses toujours élégantes.

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    Musique de pur plaisir, et des plus raffinées _ dans le voisinage de l’œuvre absolument contemporaine de François Couperin (1663 – 1733) _, mais aussi rêveries un rien crépusculaires _ un peu à la Marin Marais (1656 – 1728) _ que magnifient des interprètes audiblement sous le charme de leur découverte _ oui ! _, prenant soin de varier les couleurs : Anna Firlus prend l’orgue positif dans la Deuxième Suite, le luth de Jan Čižmář s’invite dans la Troisième Suite, la viole de gambe de Krzyzstof Firlus contrechante avec tendresse au long de cet émouvant recueil sauvé de la poussière des bibliothèques.

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    Et si demain les quatre amis exploraient le legs, plus italianisant encore, de Jean-Baptiste Anet le fils _ 1676 – 1755 _ ?

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Joseph Marchand
    (1673-1747)

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    Suites de Pièces mêlée de
    Sonates pour le violon
    et la basse (1707)

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    {oh!} trio
    Jan Čižmář, luth

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    Un album du label Aparté AP301
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    Photo à la une : © DR

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    Ainsi la très intéressante notice de ce CD _ d’Evangelina Kopsalidou, s’inspirant de la rubrique de Bernard Bardet concernant « les Marchand«  dans l’indispensable « Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles » de Marcelle Benoît, aux Éditions Fayard, en 1992… _ dresse-t-elle un tout à fait bienvenu panorama historique de l’école française de violon _ cet instrument italien si tard venu en France _ à l’époque baroque :

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    après le premier livre de Sonates pour violon de François Duval, publié en 1704, puis en 1707 et 1711, avec ces Suites & Sonates pour le violon & la basse de Joseph Marchand, les Sonates pour violon de Sébastien de Brossard, Elisabeth Jacquet de La Guerre et Jean-Fery Rebel, les œuvres pour violon de la génération de Jean-Baptiste Anet et ses élèves, Louis et François Francoeur, Jean-Baptiste Sénaillé.

    Puis, une génération plus tard, à partir de 1725, viendront Jean-Marie Leclair, Jean-Pierre Guignon, Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville, Louis-Gabriel Guillemain.

    Vers 1750, la troisième génération est celle de Jean-Baptiste Cupis, Jean-Baptiste Canavas, Joseph-Bernabé Saint-Sévin l’Abbé le fils.

    Et à la fin du siècle, la quatrième génération de Pierre Vachon, Nicolas Capron, le chevalier de Saint-Georges et surtout _ le bordelais _ Pierre Gaviniès.

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    Une réalisation discographique exemplaire, donc.

    Et à suivre…

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    Ce mercredi 5 avril 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La sublime douceur de France, par Sébastien de Brossard et Pierre Bouteiller : un CD indispensable des Arts Florissants dirigés par Paul Agnew

    Le tout récent CD Les Maîtres du Motet : Sébastien de Brossard, Pierre Bouteiller

    des Arts Florissants dirigés ici par Paul Agnew _ le CD Harmonia Mundi HAF 8905300 _

    est proprement sublime

    dans la perfection du rendu

    de la merveilleuse douceur de France

    qui s’y exprime à ressentir.

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    Le programme intelligemment conçu de ce CD

    tourne autour des compositions de Sébastien de Brossard (1655 – 1730) lui-même, d’une part,

    représenté par trois de ses œuvres propres :

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    un Miserere mei Deus (SdB 53),

    un Stabat Mater (SdB 8),

    et un Ave verum corpus (SdB 10),

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    et, d’autre part,

    une pièce majeure des copieuses et indispensables collections rassemblées par Sébastien de Brossard :

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    la Missa pro Defunctis cum quinque voc. de Pierre Bouteiller (c. 1655 – c. 1717).

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    Ainsi que deux brefs Kyrie de l’organiste André Raison (c. 1650 – 1719).

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    Les dix-neuf chanteurs _ admirables ! tant dans le chœur qu’en solistes… _

    soutenus par le continuo de Florian Carré à l’orgue

    et Juliette Guignard à la viole de gambe,

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    sont de parfaits serviteurs de cette musique

    d’une tendresse vibrante

    sans pirouettes de virtuosité exacerbée :

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    du très grand art,

    dans la direction que leur donne idéalement Paul Agnew,

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    pour le meilleur de la musique française

    du Grand Siècle

    _ à la suite de Henry Du Mont (1610 – 1684).

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    Un CD indispensable.

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    Le livret comporte un superbe texte de Jean Duron.

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    Ce samedi 29 septembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa