Étiquette : sensualité

  • Une jolie redécouverte musicale : les deux sensuelles Sonates pour violon et piano Op. 33 et Op. 40 du bon Darius Milhaud (1892 – 1974)…

    Sébastien, mon gendre hyper-mélomane, m’en avait déjà touché un mot,

    et Jean-Charles Hoffelé en son article du 13 janvier dernier « Les sonates oubliées » m’a aidé à franchir le pas :

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    découvrir, pour ce qui me concerne, les deux _ très sensuelles _ sonates Op. 33 (de 1911) et Op. 40 (de 1917) pour violon et piano du bon Darius Milhaud (Marseille, 4 septembre 1892 – Genève, 22 juin 1974), interprétées par le violon d’Amara Tir et le piano de Jean Dubé, en un CD Continuo Classics CC 777.840 « Milhaud – Dubois – Sonates pour violon et piano » _ enregistrées à Rouen en mars 2024…

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    Voici donc cet article de Jean-Charles Hoffelé sur son excellent site Discophilia :

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    LES SONATES OUBLIÉES

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    Un soir que je dinais avec Robert Soetens, il me prit au dépourvu. « Connaissez-vous la Deuxième Sonate de Milhaud ? ». Je ne l’avais jamais entendue. Le lendemain il me la fit découvrir, me faisant entendre une cassette où Suzanne Roche l’accompagnait.

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    Belle partition, dédiée à André Gide, datant du temps de son ambassade au Brésil _ en 1917 _, juste épicée d’un zeste de polytonalité, mais avant tout pastorale, et culminant dans un merveilleux Très lent. Amara Tir en exalte les tendresses _oui _, en savoure les Vifs joueurs où passe un peu de Brésil. Jean Dubé lui offre des paysages où poser son archet.

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    Si cette Deuxième Sonate a été chichement enregistrée, la Première _ de 1911  _ s’est encore faite plus rare au disque. Comment Milhaud a-t-il pu la répudier, alors qu’il s’y dénoue, avec bien des admirations encore, de l’influence debussyste, ce que le violoniste donne à entendre : tant de sensualité _ voilà ! _ rappelle Le jet d’eau, les extases d’un temps révolu où la sensualité délivrait les compositeurs du Romantisme, musique de sensations panthéistes dont les deux interprètes exaltent les beautés un peu troubles.

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    En coda, la merveilleuse Sonate _ de 1900 _ de Théodore Dubois _ Rosnay, 24 août 1837 – Paris, 11 juin 1924  _ composée pour Eugène Ysaÿe et Raoul Pugno à l’orée du XXe siècle, trouve davantage sous l’archet-poète d’Amara Tir sa veine lyrique – l’Andante, trésor de l’œuvre, sait émouvoir – que le feu des Allegros, Jean Dubérestant plus qu’un partenaire attentif, un inspirateur.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Darius Milhaud
    (1892-1974)

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    Sonate pour violon et piano No. 1, Op. 33
    Sonate pour violon et piano No. 2, Op. 40

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    Théodore Dubois
    (1837-1924)

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    Sonate pour violon et piano
    en la majeur

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    Amara Tir, violon
    Jean Dubé, piano

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    Un album du label Continuo Classics CC 777.840
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    Photo à la une : © DRun grand 

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    Une musique française assurément délicieuse, et qui mérite bien le détour de nos oreilles,

    en une aussi délicate interprétation :

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    un grand merci à Amara Tir et Jean Dubé…

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    Ce jeudi 30 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un sublime rétrospectif « L’odyssée des petites îles italiennes » de l’ami Plossu : une incontournable magie d’images saisies toujours avec délicatesse (et puis choisies), à contempler admirativement page après page…

    C’est un sublime rétrospectif _ ainsi que l’indique le choix même du mot « odyssée » ; mais Ulysse n’est-il pas lui-même passé en son périple par ces si sensuelles îles de la Méditerranée aujourd’hui italiennes ?.. _ « L’odyssée des petites îles italiennes« , paru le 16 octobre dernier aux Editions Textuel,

    que je tiens à très chaleureusement saluer aujourd’hui :

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    l’Italie de Plossu, de même que la série de ses iles de la Méditerranée _ îles grecques également comprises, bien sûr… _, ainsi que ses sublimissimes « Couleurs Fresson« , constituant _ et de loin parmi mes affections-prédilections en l’œuvre photographique de l’ami Plossu ; cf aussi le podcast (de 50′) de notre entretien à partir de son « L’Abstraction invisible  » en date du 31 janvier 2014, dans les salons Albert Mollat de la Librairie Mollat ; ainsi que mon article, en suivant, du 16 février 2014 : « « … _ mes admirables Plossu préférées…

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    Et c’est, bien évidemment, quasi rien de seulement le dire :

    il faut plutôt passer de longs moments à leur fabuleuse magique contemplation, page après page, image après image, scène après scène ainsi saisies, toujours avec délicatesse, et comme en dansant…

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    Ou ce que Bernard Plossu nous livre, une fois à nouveau en un livre, de l’essentiel de son monde hyper-sensible _ et si délicatement profond, humain, et sensuel…

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    En complément,

    l’écouter effleurer pour nous un peu de son art de regarder _ en toute humilité et pudeur, toujours un minimum à distance _ via l’objectif de son appareil photo, en cette extraordinaire vidéo « Bernard Plossu – Couleurs Fresson » (de 7′ 46) en date du 12 novembre 2015…

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    Ce dimanche 22 décembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un hyper-sensuel et subtil CD « Muses – Franz Liszt » de Tanguy de Williencourt, au piano…

    Chaudement recommandé par mon disquaire préféré, voici le sensible et délicat, hyper-sensuel et subtil CD Mirare MIR 746 « Muses – Franz Liszt » du pianiste Tanguy de Williencourt _ né à Paris le 21 mars 1990.

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    Écouter ici le podcast des 80′ de ce très beau et prenant CD…

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    Un CD enregistré du 4 au 6 mars dernier, au Centro culturale de Toblach – Tobiacco : ce qui est un gage de qualité de prise de son (réalisée par Florent Ollivier).

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    Le programme de cet enregistrement est composé _ dixit la notice « Liszt et la passion amoureuse » de Jean-Yves Clément aux pages 4 à 7 du livret… _ en relation avec 3 des « Muses » inspiratrices de Franz Liszt (Doborjan, 22 octobre 1811 – Bayreuth, 31 juillet 1886) :

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    Marie d’Agoult (Francfort-sur-le-Main, 31 décembre 1805 – Paris, 5 mars 1876), qui fut son épouse et la mère de ses trois enfants, Blandine (1835 – 1862), Cosima (1837 – 1930) et Daniel (1839 – 1859) ;

    Carolyne Sayn-Wittgenstein (Voronitsi, 8 février 1819 – Rome, 8 mars 1887), son égérie à partir de 1847 ;

    et, plus secondairement, la baronne Olga von Meyendorff née Gortschakowa (29 septembre 1838 – Rome, 11 mars 1926) : elle fait la connaissance de Liszt en 1867…

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    Assez étrangement, c’est l’interprétation par Tanguy de Williencourt de ce chef d’œuvre – monument qu’est la grande « Sonate en si mineur« , qui me touche ici le moins ;

    alors que j’admire énormément son interprétation des autres pièces de ce programme, à commencer par le « Liebestraum n°3 Rêve d’amour » qui ouvre très sensuellement _ écouter ici les 4′ 13 du podcast de ce renversant « Rêve d’amour » : c’est magnifique ! _ ce récital lisztien, intitulé « Muses« , de Tanguy de Williencourt.

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    Mais c’est aussi la sensation ressentie à l’écoute, enchantée, subjuguée, des 4 extraits choisis de la « Première Année de pèlerinage : Suisse » : « Au lac de Wallenstadt » (2′ 54), « Au bord d’une source » (3′ 52), « Vallée d’Obermann » (14′ 05) et « Les cloches de Genève » (6′ 10), vraiment superbes de sensibilité-sensualité… ;

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    comme de l’ »Impromptu – Nocturne » (3′ 15) ; et encore de la « Bénédiction de Dieu dans la solitude » (15′ 46), extraite des « Harmonies poétiques et religieuses« …

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    Quel jeu ultra-sensible !

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    Et voici maintenant les podcasts des 3 mouvements de la grande « Sonate en si mineur » de Tanguy de Williencourt qui closent ce marquant CD « Muses« , mais, un peu étrangement, me touchent personnellement moins _ par ce qui me semble constituer une certaine abstraction : du jeu de l’interprète ici ? Peut-être, j’hésite à me prononcer… _ :

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    1 : Lento assai – Allegro energico (11′ 39)

    2 : Andante sostenuto (7′ 39)

    et 3 : Allegro energico  (10′ 17)…

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    À comparer avec d’autres interprétations de quelques autres grands pianistes…

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    Un CD en tout cas très prenant, impressionnant et marquant, de Tanguy de Williencourt…

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    Ce lundi 30 septembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Approfondir la jouissance de la mélodie « Nahandove » qui ouvre les « Chansons madécasses » de Maurice Ravel…

    Louée soit la passionnante séance du « Labo du chanteur » de Thomas Dolié avant-hier samedi,

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    à laquelle j’ai consacré mon article détaillé d’hier dimanche 12 mai « « ,

    et qui m’a si heureusement permis de prêter enfin toute l’attention qu’elle mérite à cette sublime mélodie « Nahandove » qui ouvre de sa si bouleversante sensualité le recueil des 3 « Chansons madécasses » (en 1925-26), cet absolu chef d’œuvre,

    que j’avais jusqu’ici, assez étrangement, négligé, à la différence

    des 3 mélodies _ « Asie« , « La Flûte enchantée » et « L’Indifférent » _ de « Shéhérazade » (en 1903),

    des 5 mélodies _ « Le Paon« , « Le Grillon« , « Le Cygne« , « Le Martin-pêcheur » et « La Pintade »  _ des « Histoires naturelles » (en 1906),

    des 3 mélodies _ « Soupir« , « Placet futile » et « Surgi de la croupe et du bond » _ des « Poèmes de Mallarmé » (en 1913),

    ou des 3 mélodies _ « Chanson romanesque« , « Chanson épique » et « Chanson à boire » _ de « Don Quichotte à Dulcinée » (en 1932-33),

    ces recueils aussi sublimes les uns que les autres, en la différence de leur très forte géniale singularité, chaque fois,

    que je connaissais et appréciais mieux jusqu’ici :

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    faute de cette attention extrêmement détaillée que nous a fait partager le magnifique travail patient de mise en place de ce « Labo du chanteur« …

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    Grâce soit ainsi rendue à Thomas Dolié _ et à Stéphane Trébuchet, au piano _ de nous avoir ainsi permis de pénétrer d’un peu plus près, et surtout plus profondément, en le détail de ses arcanes, la splendide teneur poétique et musicale vraiment extraordinaire de cette bouleversante et géniale « Nahandove« …

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    Je voudrais aussi citer au passage l’exergue magnifique _ de Jean Cocteau, en son « Le Secret professionnel« … _ que Marcel Marnat a placé en en-tête de son merveilleux « Maurice Ravel« , en 1986 :

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    « Aidé par les musiciens, je pourrais éblouir les lecteurs crédules. Mais, outre que les musiciens, tiennent les articles de techniciens pour incompréhensibles, je ne suis pas technicien et cherche avant tout à me faire bien comprendre. « On ne peut aimer une musique, me disait M. Marnold, sans savoir à fond le contrepoint et l’harmonie. » C’est prétendre qu’on ne peut jouir d’un arbre sans connaître la nature de ses fibres, d’un plat sans être cuisinier« .

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    Voilà.

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    Mais écouter les musiciens éclairer leur composition, ou ici interprétation, de l’expérience partagée, ainsi que de l’explicitation tatonnante, de leur très précis et très patient travail de « mise en place« , et cela jusqu’au résultat final lui aussi donné à partager, en bout de course, et reçu par notre propre écoute un peu plus et un peu mieux alors éclairée et jouissive _ et elle-même, cette écoute ainsi mieux attentive, un peu mieux elle-même ainsi « mise en place«  par toute cette riche et complexe expérience, peu à peu, lentement et aussi par éclairs soudains de conscience, assimilée et ingérée, et partagée, c’est important et même crucial : écouter devenant alors presque, restons bien sûr et forcément modestes !, l’équivalent amateur et passionné, un rang en dessous tout de même, ne nous leurrons pas !, d’un métier (celui de musicien professionnel) lui-même en perpétuel chantier et progrès (work in progress) ; l’affaire d’une vie assez longue pour s’enrichir, step by step, de ces divers progrès musicaux-là… _ par une telle séance de « Labo du chanteur« , comme celle de ce samedi,

    grandit aussi, en commençant par les considéables infimes progrès de précision d’attention de notre écoute, la jouissance éprouvée au résultat final, devenu évident et fluide, de leur efficace et très beau travail de musiciens, comme miraculeusement effacé alors des stigmates et traces de leurs patients et continus très exigeants efforts de dépassement d’eux-mêmes, en cette performance ainsi partagée avec nous, qui les avons, jouissivement aussi, écoutés servir le mieux possible, en nous l’offrant ainsi, au final de la séance, l’œuvre elle-même, ici « Nahandove« , ce chef d’œuvre _ mal connu encore _ du compositeur, ici Maurice Ravel…

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    Et le travail sur la musique, tant celui de réalisation de la part des interprètes, que celui d’écoute de la part des mélomanes, va bien sûr se poursuivre, il n’est jamais achevé : l’un comme l’autre constituant un perpétuel, infini, et profond, très heureux chantier ; vital même, par-delà les péripéties en tous sens d’une vie, de nos vies : à dimension rien moins que d’éternité…

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    Ce lundi 13 mai 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa