Étiquette : Sienne

  • Ferrare, quand tu nous tiens… : Italo Calvino, Giorgio Bassani, Michelangelo Antonioni et l’ultra-raffinée civilisation ferraraise des Este : affinités et philiations…

    Hier vendredi 15 décembre, de 17 h à 20h, au château de Thouars, à Talence,

    à la très aimable invitation de Stefania Graziano-Glockner qui préside la dynamique Association talençaise « Notre Italie »,

    j’ai assisté  à une belle soirée d’hommage _ principalement en italien : quel plaisir !!! _, à l’occasion du centenaire de la naissance (à Santiago de Las Vegas, à Cuba, le 15 octobre 1923), d’Italo Calvino (décédé à Sienne, le 19 septembre 1985).

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    Au cœur de cette bien amicale soirée talençaise,

    une conférence-conversation _ en direct de chez lui, à Ferrare _ de l’historien Gianni Venturi _ longtemps « co-curatore » du « Centro Studi Bassaniani » de Ferrare _ intitulée « Italo Calvino – Giorgio Bassani. Relations, contiguïté et différences entre 2 classiques de la contemporanéité« , à propos des riches liens littéraires entre Italo Calvino _ dont vient tout juste de paraître, traduit en français par l’ami Martin Rueff, le passionnant « Le Métier d’écrire : correspondance (1940-1985)« … _ et Giorgio Bassani (Bologne, 4 mars 1916 – Rome, 13 avril 2000), éminent ferrarais _ auteur de l’immortel « Roman de Ferrare« , réunissant : I. Dans les murs ¤ II. Les Lunettes d’or ¤ III. Le Jardin des Finzi-Contini ¤ IV. Derrière la porte ¤ V. Le Héron ¤ VI. L’Odeur du foin ¤… _, et grand ami de cet autre éminentissime ferrarais qu’est Michelangelo Antonioni (Ferrare, 29 septembre 1912 – Rome, 30 juillet 2007) _ auteur du magnifique et encore bien trop méconnu (!!!) « Al di là delle nuvole«  (1995), avec sa sublimissime séquence d’ouverture ferraraise (d’après son propre « Ce Bowling sur le Tibre« , de 1984…)… _,

    nous a replongés dans la merveilleusement raffinée et infiniment riche civilisation ferraraise de la cour des ducs d’Este (1471 – 1598),

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    dont l’âme et l’esprit subtilissime continuent, depuis 1598, de nourrir et vivifier en secret, quasi tacitement, de son indélébile empreinte magicienne l’âme artiste _ poésie (Le Tasse (Sorrente, 1544 – Rome, 1595) : L’Arioste : Reggio, 1474 – Ferrare, 1533), musique (cf notamment mes récents articles à propos d’Adriaen Willaert (Rumbeke, 1470 – Venise, 1562), Cipriano de Rore (Renaix, 1515 – Parme, 1565), Luzzasco Luzzaschi (Ferrare, 1545 – Ferrare, 1607), etc. : tous ayant profondément marqué la musique en la Ferrare des Este ; ainsi que le natif de Ferrare (et élève de Luzzasco Luzzaschi) Girolamo Frescobaldi (Ferrare, 1583 – Rome, 1643)… ; par exemple mes articles des 1er, 2, 3 et 4 septembre derniers : « «  ; « «  ; « «  ; et « « …), peinture (l’école ferraraise de peinture : Cosme Tura (Ferrare, 1430 – Ferrare, 1495), Francesco Del Cossa (Ferrare, 1436 – Bologne, 1477), Ercole De Roberti (Ferrare, 1450 – Ferrare, 1496), Dosso Dossi (Mirandola, 1485 – Ferrare, 1542), etc. ; et au XXe siècle, Filippo De Pisis : Ferrare, 1896 – Milan, 1956), littérature, cinéma, photographie… _ si singulière et profonde, ultra-raffinée et labyrintique, des Ferrarais…

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    Cf mon essai inédit « Cinéma de la rencontre : à la ferraraise _ ou un jeu de halo et focales sur fond de brouillard(s) : à la Antonioni« , en 2007

    _ cf notamment mon récent article «  » du jeudi 31 août 2023…

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    Par là,

    par son amitié avec Giorgio Bassani comme avec Michelangelo Antonioni,

    tous deux consubstantiellement et indéfectiblement ferrarais,

    Italo Calvino, bien qu’ayant surtout vécu à San Remo et Turin, a quelque chose, lui aussi, telle une marque _ par « affinité« , dirait le cher François Noudelmann (en son « Les Airs de famille : une philosophie des affinités« ) ; par « philiation« , dirait la chère Marie-José Mondzain (en son « Accueillir : venu(e)s d’un ventre ou d’un pays« )… _ secrète mais reconnaissable, de cette singularité magique _ et subtilement aristocratique _ ferraraise…

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    Ce samedi 16 décembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une pause à l’écart du pôle musical ferrarais : la présence de Pierre de La Rue (Tournai, 1460 – Courtrai, 1518) dans ma discothèque…

    M’écartant un peu ce soir du pôle musical ferrarais, et de mes recherches passionnées autour d’Adriaen Willaert (Roselaere, ca. 1490 – Venise, 1562) et Pierre Cadéac (Auch ?, ca. 1505 – Auch, ca. 1565),

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    je suis revenu me pencher sur un compositeur _ un poil plus ancien… _que j’apprécie énormément depuis les années 80 : Pierre de La Rue (Tournai, ca. 1460 – Courtrai, 1518), dont les cheminements de par la vaste Europe ne sont précisément pas passés par Ferrare _ seulement Sienne, où il est alors répertorié comme « chanteur« , et non « compositeur », de 1483 à 1485, pour ce qui concerne son passage par l »Italie… _ ;

    et dont je me suis amusé à rassembler les CDs consacrés à ses principales œuvres, et qui se trouvent au nombre de 10 _ publiés entre 1986 et 2018, et comportant à 6 reprises l’interprétation de son « Requiem« … _, pour ma recherche de ce jour _ peut-être pas tout à fait exhaustive, nous verrons… _, parmi les rangées et les piles de ma discothèque…

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    Voici ces 10 CDs,

    dans l’ordre de leur parution discographique :

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    _ en 1986, le CD Amon Ra SAR 24 « Pierre de la Rue « Requiem » – Josquin des Prez « Mass Hercules Dux Ferrariae » and « Deploration »« , par le New London Chamber Choir sous la direction de James Wood ;

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    _ en 1986, le CD Kontrapunkt 32001 « Pierre de la Rue « Requiem » – Giaches de Wert « 5 Motets »« , par Ars Nova sous la direction de Bo Holten ; 

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    _ en 1988, le CD Kontrapunkt 32008 « Pierre de la Rue « Missa L’homme armé » – Nicolas Gombert « 2 Motets »« , par Ars Nova sous la direction de Bo Holten ;  

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    _ en 1989, le CD Harmonia Muni HMC 901296 « Pierre de la Rue « Messe L’homme armé » – « Requiem » » par l’Ensemble Clément Janequin ;

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    _ en 1992, le CD EMI Classics Reflex CDC 7 54082-2 « Pierre de la Rue « Missa Cum iocunditate » – « Motets » » par The Hilliard Ensemble ;

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    _ en 2003, le CD Gaudeamus GAU 307 « Pierre de la Rue « Missa De Sancta Croce – « Salve Regina » – « Vexilla Regis » – De quadris «  » – « Lamentations » » par The Clerks’ Group sous la direction de Edward Wickham ; 

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    _ en 2012, le CD Challenge Classics CC 72541 « Ockeghem – De La Rue « Requiem » » par l’ensemble Cappella Pratensis sous la direction de Stratton Bull ; 

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    _ en 2014, le CD Christophorus CHR 77386 « Pierre de la Rue « Requiem » – «  »Missa De Beata Virgine » par l’Ensemble Officium sous la direction de Wilfried Rombach ;

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    _ en 2016, le CD Hyperion CDA 68150 « Pierre de la Rue « Missa Nuncqua fue pena mayor » – « Missa Inviolata » » par The Brabant Ensemble sous la direction de Stephen Rice ;

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    _ et en 2018, le CD Bayard Musique 308 475-2 « Johannes Ockeghem – Pierre de La Rue « Requiem » » par Diabolus in Musica, sous la direction d’Antoine Guerber. 

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    Je dois préciser tout de suite que ce sont les merveilleux CD Kontrapunkt de 1986 et 1988 de l’ensemble Ars Nova, sous la direction du chef danois Bo Holten, qui m’ont enthousiasmé, et m’ont fait attacher dès lors beaucoup d’attention aux parutions discographiques concernant l’œuvre de Pierre de la Rue (Tournai, ca. 1460 – Courtrai, 1518) ;

    de même, aussi _ dois-je aussitôt ajouter _ qu’à celle, tout aussi somptueuse, de Nicolas Gombert (La Gorgue, ca. 1495 – ca. 1560)  ; et sur ce dernier compositeur, majeur lui aussi, je relève immédiatement qu’il est l’auteur, en 1556, d’une « Missa « Je suis deshéritée » » sur la célèbre chanson de Pierre Cadéac (ca.1505 – ca. 1565), publiée en 1534 par Pierre Attaingnant (ca. 1494 – ca. 1552)…

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    Ce jeudi 7 septembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La vidéo des Siennois chantant de leur balcon la nuit ; et la lettre aux cousins français de Cristina Comencini

    Ce jour,

    et prévenu par mon ami Bernard

    _ fervent amoureux de la culture italienne ;

    je venais de lui adresser la magnifique vidéo de nuit (de 1′ 25) des Siennois chantant ensemble chacun dedans chez soi par David Allegranti, que je venais de découvrir dans le Figaro… _,

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    je découvre dans Libération

    la lettre aux cousins français de Cristina Comencini

    à propos du Coronavirus :

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    LETTRE OUVERTE
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    CORONAVIRUS : «CHERS COUSINS FRANÇAIS», PAR CRISTINA COMENCINI

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    Par Cristina Comencini — 12 mars 2020 à 18:03
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    La romancière romaine, qui publie « Quatre amours » mercredi, raconte le quotidien dans un pays en quarantaine _ une semaine à peine avant nous…

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    Cristina Comencini
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    Cristina Comencini Photo Douglas Kirkland

    Chers cousins français,

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    Si on arrive à survivre, le problème, en Italie, sera de comprendre si les couples, avec ou sans enfants, les femmes et les hommes seuls, résisteront _ voilà _ à l’enfermement dans leur maison, s’ils réussiront à rester ensemble, à jouir encore de la compagnie réciproque ou de la solitude choisie, après une convivance forcée et ininterrompue d’un mois entier. Le décret du gouvernement dit que nous pouvons sortir pour faire une promenade, mais seulement avec ceux qui vivent déjà avec nous, pas d’amis ou d’amies, pas même de visites à des parents qui vivent dans d’autres maisons. Seule la famille proche, ou personne si nous sommes seuls _ telle est l’alternative imposée. Pas de cinémas, pas de théâtres, pas de concerts, musées, restaurants, bureaux, écoles, universités _ sur les lieux de brassage, et donc de possible contamination (et expansion du virus). Seul un membre de la famille peut aller faire les courses. Devant les supermarchés, il y a des queues silencieuses de gens portant le masque, chaque personne doit être à 1 mètre de distance d’une autre, qui attend la sortie de quelqu’un pour pouvoir entrer à son tour. Même chose devant les pharmacies. Dans la rue, on fait un écart quand on croise un autre passant.

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    Beaucoup d’entre nous ont pensé au Décaméron de Boccace. Vers l’an 1350, fuyant la peste, un groupe de jeunes, sept femmes et trois hommes, se réfugient hors les murs de Florence, et, pour passer le temps, se racontent des nouvelles, substituent un monde imaginé au monde réel, en train de s’écrouler. D’autres relisent la Peste d’Albert Camus ou les pages des Fiancés d’Alessandro Manzoni qui décrivent une autre épidémie de peste, celle de 1630, au cours de laquelle tous les nobles qui pouvaient le faire fuyaient Milan, comme cela s’est passé ces jours-ci, dès que la ville a été classée «zone rouge». Comme si on pouvait fuir sans apporter les dégâts dans les lieux où l’on se réfugie, ou en considérant que le sort des autres nous est indifférent _ je pense aussi au sublimissime Hussard sur le toit de Jean Giono, et son épidémie de choléra.

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    Les journalistes écrivent qu’il ne faut pas nous plaindre et nous rappellent ce qu’ont subi nos parents durant la guerre. D’autres accusent les jeunes de ne pas respecter les règles parce qu’ils sortent le samedi soir, n’ont pas peur, sont jeunes et pensent que les vieux sont les seuls qui tomberont malades. Un acteur italien d’un certain âge leur a demandé s’il était juste de faire mourir tous les grands-pères en même temps _ cf aussi le Journal de la guerre au cochon de mon cousin Adolfo Bioy Casares. On voudrait qu’un poète vînt à la maison pour nous raconter des histoires, et amuser nos enfants. Jamais Internet n’a été aussi important. Les tchats en ligne entre amies, sœurs, membres de la famille, sont très fréquentés. Dans les jours qui ont précédé la fermeture de tout, on s’échangeait des milliers de gifs et d’images amusantes sur le virus, des vidéos désopilantes tirées de vieux films. A présent l’atmosphère est plus lourde, nous restons dans le silence – avec l’ordre intimé par le gouvernement : ne bougez pas ! Ça a l’air facile. Dans l’un des posts drôles qui circulent, on lit : «Ça n’arrive pas tous les jours de sauver l’Italie en restant en pyjama.» On rit – mais jaune.

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    Est arrivé le moment de la vérité, pour les couples qui ne se supportent pas, pour ceux qui disent s’aimer, ceux qui vivent ensemble depuis une vie entière, ceux qui s’aiment depuis peu de temps, ceux qui ont choisi de vivre seuls par goût de la liberté ou parce qu’ils n’avaient pas d’autre choix, pour les enfants qui n’ont plus école, pour les jeunes qui se désirent mais ne peuvent pas se rencontrer… Nous sommes tous appelés à nous inventer une nouvelle vie, à nous sentir proches même si nous sommes éloignés, à régler nos comptes avec un sentiment que nous évitons à tout prix : l’ennui _ ah ! Cf ici L’ennui de Moravia. Et la lenteur aussi, le silence, les heures vides – ou pleines des cris des enfants enfermés à la maison. Nous avons en face de nous la vie que nous nous sommes choisie, ou que le sort nous a donnée, notre «foyer» – non celui de la maladie mais celui que nous avons construit au cours des années. Je nommerais cela une épreuve de vérité _ voilà. Ces jours-ci, ce qui gagne, c’est aussi la vie virtuelle _ de l’imagination _, étant donné que nous ne pouvons pas nous toucher. Les films à la télé, les séries, Netflix, Amazon, Google… Nous passons encore plus d’heures devant nos ordinateurs, ou la tête penchée sur nos portables.

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    Mais de temps en temps, on sature, on n’en peut plus de ça, on lève la tête et on découvre plein de choses. Le fils qu’on pensait être encore un enfant est devenu un jeune homme, et on ne s’en était pas aperçu ; il nous dit, en souriant : «Maintenant, t’es bien obligée de rester avec nous, hein ?» On fait frénétiquement le ménage dans les maisons, on nettoie le frigo, on met en ordre les livres – puis on fait une pause, et on remarque que dans la cour le cerisier est en fleurs, on reste une demi-heure à le regarder et on a l’impression qu’on ne l’avait jamais vu. On envoie de façon compulsive des messages pour ne pas se sentir seul, et un coup de fil peut durer une demi-heure, comme lorsqu’on était jeunes et que les temps n’étaient pas ceux d’aujourd’hui, qu’on faisait l’amour au téléphone. Il arrive aussi qu’une amie te dise : «Peut-être demain on peut faire une promenade ensemble, en se tenant à distance, qu’est-ce que tu en penses ?» Et l’idée te fait venir un frisson de plaisir interdit. Nous sommes en train de vivre de façon différente des moments de notre vie de toujours, et elle nous paraît nouvelle parce qu’elle est la même mais renversée : les objets, les personnes sont devenus _ étrangement _ visibles _ sortis de l’invisibilité _, et l’habitude s’est dissipée, l’«habitude abêtissante, comme l’appelle Proust _ dans une page d’Albertine disparue _, qui cache à peu près tout l’univers» (1).

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    Chers cousins, je souhaite de tout cœur que tout ça ne vous arrive pas, ou, si ça devait arriver, que ce soit une expérience à ne pas oublier. Demain, lorsque la porte de la maison se rouvrira, que nous courrons à la rencontre du temps rapide, des fragments de choses et de personnes seulement effleurées, et que les rêves, l’art, seront la seule et unique partie renversée de notre vie, souvenons-nous qu’une autre couche peut recouvrir les jours et les révéler dans le bien comme dans le mal – une fois surmontés le vide, l’ennui et la peur.

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    (1) En français dans le texte : l’habitude abêtissante, qui pendant tout le cours de notre vie nous cache à peu près tout l’univers, et, dans une nuit profonde, sous leur étiquette inchangée, substitue aux poisons les plus dangereux ou les plus enivrants de la vie quelque chose d’anodin qui ne procure pas de délices.

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    Le nouveau roman de Cristina Comencini, Quatre amours, traduit par Dominique Vittoz, paraît mercredi aux éditions Stock.

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    Traduit de l’italien par Robert Maggiori.

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    Cocteau ne disait-il pas des Français :

    « Ce sont des Italiens qui rouspètent » ?..

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    Les Italiens nous sont assurément très précieux !

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    Ce vendredi 13 mars 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Mort de Guido Ceronetti, important écrivain italien

    Ce jour, le quotidien romain La Repubblica

    nous informe du décès de l’écrivain italien Guido Ceronetti :

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    Morto Guido Ceronetti, lo scrittore prestato al teatro

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     C’est mon ami Bernard Plossu qui m’avait vivement conseillé de le lire :
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    tout spécialement.
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    Morto Guido Ceronetti, lo scrittore prestato al teatro

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    Morto Guido Ceronetti, lo scrittore prestato al teatro
    Guido Ceronetti (ansa)
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    Si è spento a Cetona _ un magnifique village au sud-est de la Toscan, non loin de Chiusi _ a 91 anni. Una lunga attività e una passione per le scene nata con le marionette.

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    di ANNA BANDETTINI

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    13 settembre 2018

    Se ne è andato stamane Guido Ceronetti, pensatore, saggista , scrittore, traduttore e studioso di liberi sacri. E’ morto nella casa di Cetona dove da giorni non stava bene, non rispondeva più al telefono che era diventato il suo unico contatto col mondo. Amici, cultori ceronettiani avevano temuto il peggio. Già con il cuore affaticato e una broncopolmonite aveva compiuto in ospedale il 24 agosto i suoi 91 anni. E poi non ce l’ha fatta.
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    Per il suo addio aveva già predisposto tutto: tre giorni di veglia lì, nella casa di Cetona, poi la funzione religiosa tra sabato e lunedì, e quindi la tumulazione a Andezeno dove è la tomba di famiglia. Giorni fa si era fatto anche impartire il Consalamentum, il rito di passaggio dei catari. « Non ho paura di morire. Solo di soffrire. Uno ha già tribolato fin qui, e adesso tribolare in un letto di ospedale, no grazie« , aveva detto come in una delle sue apocalittiche profezie in un’intervista. Non stava bene da molto tempo ormai. Il corpo sofferente, quasi piegato in due, lo costringeva a muoversi con l’aiuto di un deambulatore anche in casa.
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    Eppure era debole ma presente, l’intelligenza audace e sempre viva non ha mai smesso di pensare. L’intellettuale, il saggista, lo scrittore che ha tradotto cinque libri della Bibbia, amando Celine, che con il suo amico Cioran sosteneva « l’uomo è perduto qualunque cosa faccia« , ancora a fine luglio nella cucina della casa di Cetona in provincia di Siena _ et non loin de Chiusi _ dove viveva con signorile ma molto sofferta indigenza (dal 2008 era beneficiario della legge Bacchelli per i cittadini illustri) continuava a progettare. Da non molti mesi erano usciti Il Messia da Adelphi e prima ancora Per le strade della Vergine, stramba autobiografia fino al 98, pensata postmortem e poi pubblicata con lui in vita. Ma già pensava a nuove traduzioni degli Epigrammi di Marziale che era tra le sue opere più amate, insieme a quelle dei Salmi, delle poesie di Catullo, del Qohélet ; aveva nuove idee di teatro, dopo che lo scorso marzo Einaudi aveva pubblicato Le regie immaginarie, romanzi e testi celebri rimontati per ipotetiche messe in scena teatrali.
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    Mezzo secolo di teatro

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    Sì, perché insieme alla Bibbia, ai testi sacri e sapienziali e ai Catari, Ceronetti ha sempre amato sul serio il teatro al punto da avere la trasgressiva idea di farlo. Da pessimista incallito lo spiegava così: « Il grande Louis Jouvet diceva che, impotenti a risolvere l’enigmaticità dell’universo, gli uomini hanno inventato il teatro« . Effettivamente gli storici del teatro dovrebbero fare i conti con uno come Ceronetti « accompagnato per quasi mezzo secolo dal teatro« , vissuto con una partecipazione attiva anche se poco ortodossa. « A 40 anni ero un biblista, ma con mia moglie volevamo adottare dei bambini e pensavamo che sarebbe stato bello intrattenerli facendo per loro un teatro di marionette, consapevoli che quando avremmo detto alle assistenti sociali che ai nostri figli avremmo fatto vedere le marionette invece che la tv ci avrebbero chiesto chissà quante carte. Ci bocciarono direttamente la richiesta. A quel punto il teatro di marionette l’abbiamo fatto per i vicini di casa« , raccontava.
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    Guido Ceronetti nel trailer del documentario  »Il filosofo ignoto »

    E ci sono le date: era il 1970,  quando con la moglie Erica Tedeschi fonda Il Teatro dei Sensibili : lui e lei nel tinello della casa di Albano Laziale offrivano te, i crumiri di Casale, mele cotte e spettacoli di marionette. Poi a partire dal 1985, con La iena di San Giorgio, il Teatro dei Sensibili diventa pubblico e itinerante. « Sono stato chiamato dalla strada, come suonatore d’organo di Barberia, all’età di sessantaquattro anni, e poi come artiste de la rue, con numeri d’invenzione, addirittura a settanta« , scriveva con divertita ironia ripensando a quel pezzo di vita girovaga con la baracca delle marionette ideofore, portatrici anche nelle sembianze di una idea.

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    Jouvet diceva che, impotenti a risolvere l’enigmaticità dell’universo, gli uomini hanno inventato il teatro

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    All’appassionata attività di artista di strada si unisce quella nei teatri  dove presto viene invitato e  le marionette iniziano ad alternarsi sulla scena con gli attori, giovani che gli sono stati accanto fino all’ultimo: Luca Mauceri, Filippo Usellini, Elena Molos, Valeria Sacco,  Elisa Bartoli, i quali, nel Teatro dei Sensibili, prendevano un nome d’arte assegnato dal « Maestro« , Baruk, Nicolas, Egeria, Dianira…  L’utima data sarebbe il 2011, annunciato congedo dal teatro, al Festival delle Colline di Torino con Finale di Teatro, dove ripercorre i quasi quattro decenni sulla scena, Macbeth, I misteri di Londra, Faust, Furori e poesia della rivoluzione francese e la famosa Rosa Vercesi, Mystic Luna Park, Mi illumino di Tragico, Ceronetti circus. Testi o pubblicati o conservati nell’archivio di Lugano, dove da tempo ha trovato posto il Fondo Ceronetti (e non ha mai voluto fare scandalo per questo esilio delle sue carte lontano dall’Italia).

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    Un lungo addio

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    In realtà col teatro Ceronetti non chiuse affatto. « Ci sono ricompense vertiginose, quando quattro o cinque paia d’occhi incantati ti fissano per almeno mezz’ora, e per loro vorremmo avere almeno dieci anime da dargli in nutrimento e mani per guarirne tutti i mali futuri. Allora si è vivi davvero e il disfacimento urbano, il crimine che la città è diventata […], incontra una renitenza pulita, un semino fertile di riscatto« , scrisse.
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    Ci furono altri commoventi spettacoli : Pesciolini fuor d’acqua (2012), il bellissimo Quando il tiro si alza – Il sangue d’Europa 1914-1918,  prodotto nel 2014 dal Piccolo Teatro di Milano, in occasione del centenario della prima guerra mondiale, l’ultimo lavoro dove si è visto Ceronetti ancora in scena, seduto dietro a una scrivania con il basco di lana nera sui capelli bianchi, sempre più simile all’amato Artaud, una presenza struggente e sciamanica. Seguirono, senza di lui, Otello nel 2016, e Novant’anni di solitudine nel 2017 solo con gli attori del Teatro dei Sensibili.
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    « Tra incanto infantile e amaro disincanto« 

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    Sergio Escobar direttore del Piccolo Teatro lo ricorda così: « Porterò sempre con me il ricordo del suo spirito, libero e incapace di ipocrisie, del suo amore, appassionato, disperato, per la vita, della grazia, tenera e profonda, delle sue immaginazioni, delle sue poetiche acrobazie, ovunque si esprimessero, sulla carta o sulla scena, sempre in delicatissimo, raffinatissimo equilibrio tra incanto infantile e amaro disincanto verso ogni rassicurante superficialità« .
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    Sì perché l’attività teatrale di Ceronetti è sempre stata divertita e incessante, piena di emozione. « Nel teatro (non di teatro) ho vissuto da clandestino col biglietto in tasca fornito dal destino« , diceva sminuendo il suo originale talento scenico, nuovo ma così lontano  dall’oppressione dello sperimentalismo, ispirato solo dalla tradizione, del teatro di strada e di animazione, svago concettuale tanto da essere visto da spettatori come Eugenio Montale, Federico Fellini, Goffredo Parise, Guido Piovene, Angelo Ripellino, Natalia Ginzburg, Alberto Ronchey, Nicola Chiaromonte e dai bambini per l’aspetto gioioso e ironico.
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    Il teatro, diceva, è come una religione. « Culto e occulto. Come per Jean Louis Barrault, Artaud che ho tanto amato. Ciò che vedi oltre il corpo dell’attore, le sue parole. Non lo spettacolo, le trovate sceniche, ma un’educazione dell’anima« .

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    Ce jeudi 13 septembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa