Le merveilleusement idoine – tout spécialement dans Mozart – Robert Levin, rejoint ici par le parfait idoine – lui aussi mozartien – Gérard Poulet au violon,
dans le lumineux de grâce CD « Mozart – Sonates pour piano et violon » (les K. 380 et K. 426, de 1787) du Palais des Dégustateurs (PDD 058) que publie maintenant l’ami Eric Rouyer,
avec un très beau texte « Chefs d’œuvre entre deux mondes« , de Stéphane Friédérich, aux pages 3 à 7 du livret du CD,
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tel est le splendide cadeau discographique que vient nous offrir le génie d’éditeur – de son excellent Palais des Dégustateurs – du magnifique Eric Rouyer, en des temps pourtant difficiles,
tel un miraculeux rayon de soleil venant percer de bien noires nuées,
– un CD enregistré à la Goillotte, à Vosne-Romanée, au mois de mai 2015…
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Robert Levin (né le 13 octobre 1947 à New-York), est un génialissime – absolument : quelle stupéfiante jeunesse de jeu ! – pianiste
dont il m’est arrivé de chanter les louanges – le mot « sublime » revenant chaque fois… – en quelques articles de ce blog :
Et voici que nous parvient, avec le violon plus que jamais juvénile de Gérard Poulet (Bayonne, 12 août 1938),
cette absolument adéquate interprétation, enregistrée au mois de mai 2015, de ces Sonates pour piano et violon pleines de grâce K. 380, K. 526 et KV Anh 47 d’un juvénile à jamais Mozart…
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Jouir de cette musique-là de Mozart interprétée avec cette évidence naturelle-là de Robert Levin et Gérard Poulet
est tout simplement jubilatoire…
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Aux bons entendeurs, salut !
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Ce vendredi 5 juin 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
C’est un bien beau récit musical, intense et formidablement vibrant du souffle de la vie, sous les doigts magnifiquement inspirés de David Lively – né à Fronton le 27 juin 1953 – que vient nous livrer le passionnant CD du Palais des Dégustateurs PDD 042 « David Lively – Bach – L’Art de la Fugue « – enregistré à Vosne-Romanée les 11 et 12 avril 2024 – que vient de m’adresser en avant-première l’ami Éric Rouyer…
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Une œuvre, « L’Art de la Fugue » (BWV 1080), dans la partition de laquelle, selon l’entretien que David Lively a eu avec Stéphane Friédérich, qui nous est donné aux pages 4 à 11 du livret du CD, David Lively « entend – et nous transmet au plus près de sa vérité – la voix d’un compositeur très concerné par la mort et la recherche – urgemment concomitante – de la perfection à la fois polyphonique et contrapuntique » en train de sourdre musicalement de ses doigts de compositeur posés sur le clavier – probablement un clavicorde, alors : l’instrument privilégié de l’intimité domestique…Bach ayant une « conscience – particulièrement aigüe surtout à ce moment : la composition de « L’Art de la Fugue« s’étend de 1737 à 1748, indique le livret… – que le long chemin qui le mène à Dieu va bientôt atteindre sa destination » – ce sera le 28 juillet 1750, et chez lui, à Leipzig.
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David Lively ressentant en cette œuvre « une sorte de dissolution de la matière sonore »– en train de s’opérer au fil des pièces s’architecturant dans la composition… – , précise que pour lui – lecteur de la partition et interprète à son piano – , « il s’agit – de la part de Bach composant – d’une quête – tant spirituelle qu’existentielle : les deux ne faisant qu’un pour Bach… – de l’abstraction de la pureté, de l’invocation, afin de se rapprocher de Dieu – qu’il sert :voilà ! Cette contrainte – que Bach s’impose ainsi à son écritoire – se conjugue avec une – formidable – aspiration à la vie – en et par cette musique – jusque dans les rythmes de danses parfois à peine esquissés« …
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Et « l’expressivité – tant de l’œuvre que de son interprétation... – est essentielle à mes yeux« , souligne David Lively ; « l’idée de dissolution nouant – ajoute-t-il en tant qu’interprète à son piano – ma recherche d’un toucher toujours plus fin » –parfois quasi murmuré, au bord du silence, avec profonde humilité… : « Ici, tout est affaire de respiration – voilà bien l’essentiel ! – plus encore que de tempo » – plus ou moins rapide... – , au point que le silence entre les pièces – s’interprétant au concert comme à l’enregistrement – est, lui aussi, déterminé par une logique musicale » – le plus fidèlement possible à l’instant de l’interprétation…
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Et David Lively d’ajouter ici :
« La complexité et l’abstraction – d’œuvres (tels les concertos de Busoni et Fürtwangler, ou les œuvres contemporaines d’Elliott Carter) qu’il aime beaucoup jouer – ne m’intéressent qu’à la condition qu’elles expriment une vie intense et vibrante – voilà, voilà ! – à l’instar d’une fugue à trois voix. L’abstraction sans la sensibilité n’a que peu d’intérêt. C’est – bien là – le message de L’Art de la Fugue.«
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Une interprétation de David Lively qui fait date, même si ce n’est pas au clavicorde…
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Ce lundi 11 mai 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
Si souvent inspiré en concert, interprète d’une discographie remarquable – oui !– , le pianiste argentin déçoit pour la première fois – voilà ! – dans son dernier album consacré à Ravel.
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Inquiétude dès les premières mesures – oui ! – de l’écoute du Concerto en sol. En effet, l’orchestre épais, sans carrure rythmique affirmée et capté avec mollesse laisse plus que dubitatif – absolument ! Le piano de Goerner est, hélas – mille fois hélas ! – , à l’unisson : contemplatif dans cette musique qui caresse et mord tout à fois – voilà qui est excellemment dit. Bien que les changements de climats de la partition soient incessants, les contrastes s’amenuisent, les couleurs se ternissent. Le soliste émerge parfois de la masse, mais sans véritable intention – oui. Dans le mouvement lent, le contrôle du son est avec Goerner, d’une perfection sans faille et tout autant sans direction. Délicatement nimbé, le piano ne peut donner l’illusion d’une improvisation, ce qui était le souhait – en effet – de Ravel. Il se laisse aller dans la phrase sans éviter quelques maniérismes dans ses échanges avec la petite harmonie. Une fois encore, l’enregistrement nimbé et les interventions solistes des pupitres trop téléguidées par Kazuki Yamada ne peuvent convaincre – non, non, hélas non. Le Presto final s’ouvre sur quatre accords martelés. La course-poursuite s’engage, la virtuosité de chacun étant mise à l’épreuve. Tout est bien en place, pétillant d’intentions, mais sans le moindre angle saillant. L’ennui s’installe. Poliment – voilà.
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Dans le Concerto pour la main gauche, l’orchestre s’alourdit plus encore, non pas pour créer un effet de masse sonore culminante avant l’entrée du piano, mais parce que l’énergie lui fait défaut – oui. Le piano émerge du magma où règne sans partage le contrebasson. Point de swing, de réminiscences de jazz, de rythmes chaloupés – voilà ! – malgré l’excellent saxophone. L’ensemble se traîne jusque dans les explosions de marches. Goerner et Yamada transforment la partition en une épopée à la sauce postmoderne totalement déconnectée des saveurs et de l’élan qui l’ont vu naître. Incompréhensible – totalement…
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Dans leur version pianistique, les Valses nobles et sentimentales manquent tout autant de légèreté et de simplicité – et c’est rédhibitoire… Pourquoi marquer autant les contrastes au lieu de suggérer une énergie robuste dans la première valse ? Cela s’arrange dans le rêve mélancolique jouant sur des harmonies acides de la deuxième valse. Plus convaincantes sont les danses suivantes et l’on regrette d’autant plus une prise de son épaisse dans les basses, un toucher collé littéralement au clavier. Rien qui nous émeuve autant que les témoignages de Martha Argerich, Bertrand Chamayou, Samson François, Friedrich Gulda, Marcelle Meyer, Ivo Pogorelich, Vlado Perlemuter… Enfin, réduire la Pavane pour une infante défunte à une musique de fond pour dîner à la bougie – oui, oui – apparait tout à fait inutile.
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Décidément quel dommage !!!
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Ce jeudi 6 novembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
je désire ce dimanche approfondir la relation d’intense filiation musicale, simplement relevée hier en mon article rapide entre les deux absolument stupéfiants CDs enregistrés au Domaine de Miraval au mois d’avril 2023 par Bertrand Chamayou, l’un à la suite de l’autre, dans la foulée l’un de l’autre : son « Letter(s) to Erik Satie » et son « Cage 2« …
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Car de fait, c’est à partir de sa passion pour l’œuvre musical _ et pas seulement théorique, sur lequel se focalisent presque toujours exclusivement et la critique discographique et l’analyse musicologique… _ de John Cage que Bertrand Chamayou en est venu, sans l’avoir prévu, par un concours heureux de circonstances, à s’intéresser vraiment et profondément musicalement, si je puis dire _ et c’est là son formidable apport ! _, à l’œuvre musical aussi _ et pas simplement anecdotique… _ d’Erik Satie.
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Et cela, pour ma part, en écoutant et ré-écoutant en profondeur, si je puis encore me permettre de si mal dire, les musiques véritablement stupéfiantes, totalement inouies à ce degré-ci de vérité (et éclatante beauté !), d’Erik Satie comme de John Cage aussi splendidement révélées ici en l’interprétation phénoménalement inspirée de Bertrand Chamayou, à Miraval, ce mois d’avril 2023….
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A cette fin, je me permets de citer ici divers articles _ de Stéphane Friédérich, le 7 janvier 2024 ; de Pierre-Jean Tribot, le 15 janvier 2024 ; de Jean-Marc Petit, le 11 octobre 2024 ; et d’Anne Ibos-Augé, le 3 janvier 2025… _ qui ont déjà un peu balisé le chemin, à l’écoute de ces stupéfiants enregistrments discographiques Satie et Cage de Bertrand Chamayou…
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Et les voici donc, ces quelques articles dénichés, dans l’ordre chronologique de leur publication,
Voici un album imprévu, anachronique même, mais aussi particulièrement bien conçu _ et c’est parfaitement juste. A la question, « de quelle manière Satie influença-t-il les minimalistes américains et l’iconoclaste John Cage ? », Bertrand Chamayounous propose _ par son jeu même au piano _ quelques éléments de réponse.
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…Nous sommes habitués à son écriture. Pourtant, à bien y réfléchir, la musique d’Erik Satie paraît toujours ainsi intemporelle. Humoristique par tempérament, doucement désespérée, nous la réécoutons après quelques temps de sevrage et nous nous interrogeons sur l’époque de sa composition, quelque part entre la Grèce Antique et le minimalisme américain d’aujourd’hui… On peut comprendre que l’œuvre en dérouta plus d’un, jusqu’à Prokofiev affirmant depuis une autre planète sonore, que Satie était un imposteur _ rien moins… Quant à Boulez, il jugea cette musique comme une succession de « pitreries maigrelettes »…
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L’enregistrement de ces pages tendres et religieusement jouées d’un dandy agnostique et pauvre ne peut surprendre venant de Bertrand Chamayou, artiste goûtant aussi bien le jeu sur pianoforte, que le décorum de Saint-Saëns, les œuvres de Boulez, Adès et Jarrell. Ces « Letter(s) to Erik Satie » dont il reconnaît « ne pas avoir su avoir longtemps trop quoi penser de cette musique » s’éclairent _ mais oui : splendidement ! _ aux contacts des expérimentations de Cage qui, comme tout Américain bien élevé, trouva chez Satie, le charme d’un parisianisme délicieusement bohème et tranquillement révolutionnaire. Cage aima Dada et Mondrian, Satie et Joyce pour peu que toute agressivité en soit bannie. Est-ce la provocation si près du vide qui l’attira dans les mélopées des Gnossiennes et Gymnopédies ? Il affirma avec un humour moins pertinent, que « la musique de Beethoven était fondamentalement une erreur et celle de Satie, correcte », justifiant cette opinion par le fait que la musique du second était basée « sur un espace de temps vide dans lequel toute chose devait se produire ».
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Bertrand Chamayou remplit aisément ce “vide” et les pièces entrent en résonance dans un ordre d’une ferveur toute énigmatique _ oui, oui. Il faut saluer la continuité du récit, le soin apporté à une narration qui laisse toutefois douter que « Satie soit l’un des pères de l’art conceptuel » selon l’interprète. L’extrême précision du toucher d’un piano bien préparé fige ces morceaux qui (dés)organisent le temps comme l’étonnante Balançoire. Satie ne peut certes se résumer à des successions de facéties sérieuses, quand bien même l’interprète fasse en toute logique l’impasse sur les partitions caf’conc’ les plus montmartroises _ et alors ?… Ce qui interroge, c’est que Bertrand Chamayou ne suggère aucune échappatoire en dehors de la relation Satie-Cage, certes l’objet de l’album, mais ce qui a pour effet de fusionner les deux langages dans une même pâte sonore, comme s’ils devaient nécessairement perdre une partie de leur identité propre _ rien de cela ne me dérange, pour ma part… De fait, certaines pièces portent un costume bien sérieux (Véritables préludes flasques, Tango Perpétuel) quand d’autres tirent parfois vers la monochromie de certains Debussy (Sarabande n° 3). En écho, la musique de Cage semble en quête d’une éternelle jeunesse, soif d’une nouvelle avant-garde (après les avant-gardes de l’après 1945), aux frontières du pastiche satiesque et au prétexte de l’hommage (Dream, All Sides of the Small Stone).
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Les œuvres des deux compositeurs réunis auxquels il faut ajouter le bruitisme de James Tenney – par ailleurs spécialiste de l’œuvre de Conlon Nancarrow – offrent, dans un voyage intimiste et original, la quête d’un temps suspendu _ oui. Voilà un album qui a le mérite d’élargir _ bien plus que cela : révéler en profonder ! _ notre vision de Satie et de compléter _ l’appréciation est bien chiche… _ la très riche discographie du “Maître d’Arcueil” depuis les témoignages de Francis Poulenc et Aldo Ciccolini, jusqu’à Denis Pascal et Anne Queffélec sans oublier les sommes de Pascal Rogé et Jean-Yves Thibaudet.
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John Cage (1912-1992) : All Sides of the Small Stone, for Erik Satie ; Prelude for Meditation ; A Room ; In a Landscape ; Swinging ; Perpetual Tango ; Dream. Erik Satie (1866-1925) : Gnossiennes n° 1 à n° 7 ; Gymnopédies n° 1 à n° 3 ; Rêverie de l’enfance de Pantagruel ; Véritables Préludes flasques (pour un chien) ; Le Bain de mer ; Nocturne n° 2 ; Sarabande n° 3 ; Songe-creux ; Prélude du premier acte : la vocation ; Le Tango perpétuel ; La Balançoire. James Tenney (1934-2006) : 3 Pages in the Shape of a Pear (in celebration of Erik Satie). Bertrand Chamayou, piano. 1 CD Erato. Enregistré aux studios Miraval à Correns, en avril 2023. Notice de présentation en français, anglais et allemand. Durée : 60:10
Letter(s) to Erik Satie. Oeuvres de John Cage (1912-1992), Erik Satie (1866-1925), James Tenney (1934-2006). Bertrand Chamayou, piano. 2023. Livret en français, anglais et allemand. 70’43’’. Warner classics 505419769442.
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Bertrand Chamayou nous propose une confrontation entre deux compositeurs si proches : Erik Satie et John Cage. Deux compositeurs pour qui l’idée et le concept sont la fondation de l’acte créatif et deux compositeurs qui ont en commun d’être plus commentés _ en effet ! _ que foncièrement joués ou enregistrés tels des noms des Histoires de la musique devant lesquels on s’attarde avec révérence mais sans foncièrement se plonger dans leurs musiques _ oui. Outre le lien dans la démarche créatrice, les frontières entre les deux musiciens s’imbriquent, ainsi John Cage vouait une immense admiration à Satie au point d’en transcrire pour deux pianos son Socrate. Pourtant, au disque cette double proposition Satie / Cage reste rare, alors qu’elle est _ ici _ évidente.
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Dès lors, saluons cet album _ bien bas ! _ qui nous permet de suivre la filiation entre ces œuvres avec un programme parfaitement conçu _ oui, et c’est à saluer ! _ qui n’oublie pas les tubes de Satie comme les Gnossiennes et les Gymnopédies. En matière de Satie, il y a souvent deux écoles d’interprétations : les prudes et les entreprenants. Les premiers se réfugient derrière la pureté du concept pour livrer des lectures abstraites et détachées de toute narration, telle une mécanique froide _ oui _ ; les autres tentent de tirer ces partitions vers un monde imaginaire de saynètes plus ou moins inspirées des modèles plus ou moins romantiques _ anecdotiques… Dans les deux cas, c’est assez décevant ou moyennement satisfaisant, comme un verre à moitié vide… Bertrand Chamayou trouve le ton juste entre une retenue qui met en avant la modernité de l’écriture et une palette des couleurs qui suggère des mondes intérieurs _ oui. Une sorte de quadrature du cercle avec ce qu’il faut de subtilités, de parfums, de style ; c’est la simplicité de l’évidence ! _ c’est mieux. Satie est ici Satie : un musicien individuel et foncièrement original qui révèle la force _ et toute la poésie _ de son geste compositionnel.
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Dans Cage, le pianiste est également parfait _ oui _, et sa grande connaissance des répertoires lui permet de varier les touchers et les nuances pour fignoler ces pièces qui avec celles de Satie ont en commun des durées courtes _ oui.
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Les deux univers servent et communiquent dans un dialogue en miroir qui se prolonge avec l’intéressant 3 Pages in the Shape of a Pear de James Tenney, autre compositeur américain admirateur d’Erik Satie.
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Notons que cet album a été enregistré dans le cadre luxueux _ oui ! et cea s’entend magnifiquement _ du studio d’enregistrement du Domaine de Miraval dans le sud de la France, propriété de l’acteur Brad Pitt. Ce clin d’œil aurait sans doute plus aux deux compositeurs. Dans tous les cas, le son est fabuleux ! _ c’cst dit !
Bertrand Chamayou consacre un deuxième album éblouissant _ oui !!! _ à John Cage. Une immersion fascinante _ absolument _ dans l’univers sonore _ oui _ du maître du « piano préparé ».
Une immersion fascinante _ oui, oui… _ dans les univers sonores inouïs _ proprement, en effet _ créés par John Cage dans les années 1940-1945 avec ces fameux « pianos préparés ». Boulons, vis, morceaux de bois, de caoutchouc, pièces de monnaies, insérés entre les cordes du piano, transforment celui-ci en ensemble de percussions, en gamelan balinais, en balafon africain, voir en synthétiseur avant l’heure _ c’est stupéfiant !
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Bertrand Chamayou a sélectionné douze compositions, à l’origine d’un spectacle en compagnie de la danseuse Elodie Sicard, et nécessitant pas moins de quatre pianos préparés sur scène, d’où la signification du titre de l’album, « Cage au carré« . A ce titre, Bertrand Chamayou a respecté l’esprit originel de ces œuvres que John Cage a conçu pour des solos de danse, notamment pour Merce Cunningham. Comme expliqué dans l’excellent livret du disque, John Cage a eu l’idée géniale du piano préparé en partant d’une contrainte : ne pouvant installer sur une scène trop étroite l’ensemble de percussions du ballet Bacchanale, il décide de transformer son modeste piano quart de queue en véritable orchestre de percussions _ c’est cela.
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Enthousiasmé _ il y avait de quoi ! L’enregistrement du CD en fait imparablement foi ! _ par les sonorités inouïes _ oui _ qu’il pouvait tirer de ce « piano augmenté » avant l’heure, John Cage a écrit un grand nombre de partitions pour cet instrument aux multiples possibilités.
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Bien loin de l’image du compositeur hermétique, provocateur, conceptuel _ voilà _ que l’on peut avoir de John Cage, les pièces pour piano préparé sont au contraire _ oui ! _ fascinantes de vie _ oui, oui _, de rythmes, de couleurs, autant de paysages sonores à la poésie irrésistible _ voilà ! _, les rendant très accessibles _ mieux extraordinairement jouissives…
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Bertrand Chamayou est, à ce titre, un fabuleux explorateur _ mais oui : jubilatoire ! _, défrichant et nous ouvrant avec finesse cette fabuleuse jungle sonore _ c’est tout à fait cela : nous nous en délectons avec lui.. Que ce soient les fascinants rythmes primitifs de Mysterious Adventure, la cérémonie Hindoue de The Unavailable Memory, la nuit totale et sans issue de In The Name of the Holocaust, l’horloge détraquée de Root of an Unfocus, la tendresse de A Valentine Out of Season, ou encore cette sensation incroyable d’entendre parler le piano dans Our Spring Will Come.
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Mais s’il ne devait y avoir qu’une seule pièce à découvrir pour le novice, c’est Daughters of the Lonesome Isle. Un prodige d’inventions sonores, où le piano se transforme en xylophone, en balafon, en jouet mécanique désarticulé, en piano bastringue, en orgue de train fantôme… Neuf minutes d’un voyage sonore hallucinant et d’une poésie folle _ absolument !
Jamais Cage n’aura autant été synonyme de liberté _ et ivresse de beauté…
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John Cage (1912-1992) : Mysterious Adventure, The Unavailable Memory of, Primitive, In the Name of the Holocaust, The Perilous Night, Root of an Unfocus, Daughters of the Lonesome Isle, A Valentine Out of season, Tossed as it is Untroubled, Bacchanale, Our Spring Will Come, And the Earth Shall Bear Again. Bertrand Chamayou, piano préparé. 1 CD Erato. Enregistré le 6 avril 2023 aux Studios Miraval, France. Notice de présentation en français, anglais et allemand. Durée : 68:04
Par Anne Ibos-Augé – Publié le 3 janvier 2025 à 08:00
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Avec pour fil rouge une impeccable poésie _ oui, c’est bien là le mot juste ! _, Bertrand Chamayou imagine une rencontre au sommet entre le maître d’Arcueil et le compositeur américain. Les œuvres de ce dernier font surgir de son piano tout un orchestre, précis, exotique et bigarré. Fabuleux !
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Un panorama d’articles assurément intéressant,
et qui rend assez bien justice à la réussite merveilleuse du travail proprement musical splendide, rayonnant, de Bertrand Chamayou,
et pour John Cage et pour Erik Satie…
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Immense merci à la parfaite sensibilité jubilatoire de Bertrand Chamayou à ses pianos…
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Et en attendant, bien sûr, la prochaine réalisation discographique de Bertrand Chamayou…
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Ce dimanche 5 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa