Étiquette : style français

  • Musiques de joie : la parfaite jubilation des chansons un peu lestes de Marc-Antoine Charpentier, par le cher Henri Ledroit en 1987

    Existe tout un versant comique

    dans l’œuvre musical de Marc-Antoine Charpentier 

    ( – 1643, Paris, 24 février 1704),

    …

    notamment à partir de sa collaboration avec Molière

    (Paris, 15 janvier 1622 – Paris, 17 février-1673),

    …

    par exemple pour les ballets (copieux !) du Malade imaginaire,

    créé le 10 février 1673.

    …

    …

    J’aime tout spécialement deux _ prestes, superbement troussées _ chansons :

    …

    « Auprès du feu l’on fait l’amour… » (H. 446)

    et « Ne fripez pas mon bavolet » (H. 499a), intégrée en 1679 à une reprise de la pièce à machines L’Inconnu… ;

    …

    et dans l’interprétation si pleine d’esprit _ et de vie ! _ du cher _ et irremplacé ! _ Henri Ledroit

    (Villacourt, 11 mars 1946 – Nancy, 10 mai 1988),

    …

    en un superbe CD Charpentier Orfée descendant aux Enfers,

    le CD Ricercar RIC 037011,

    …

    enregistré à Stavelot du 28 janvier au 2 février 1987.

    …

    Et avec une précise et très intéressante présentation de Catherine Cessac, dans le livret.

    …

    …

    Un talent (de chansons) assez peu couru,

    et surtout pas assez fréquenté par les interprètes,

    dans la tradition musicale française.

    …

    Mais là, je suis plus que probablement très injuste !

    …

    …

    Écoutez donc les podcasts de ces deux chansons :

    …

    « Auprès du feu l’on fait l’amour…« 

    et « Ne fripez pas mon bavolet« …

    …

    Et réjouissez-vous !

    …

    …

    Ce mercredi 17 juin 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa 

  • Musiques de joie : la grâce lumineuse et tendre des Suites anglaises de Johann-Sebastian Bach, par l’évidence du jeu d’un parfait Christophe Rousset

    Depuis mon article du 25 mai dernier

    Musiques de joie : la sérénité heureuse des Suites françaises, de Johann-Sebastian Bach, pour sa jeune épouse Anna-Magdalena, à Coethen, en 1722

    j’avais hâte de poursuivre l’exploration-jouissance

    des délices des Recueils de Suites pour clavier de Johann-Sebastian Bach ;

    …

    et passer de ses Suites dites françaises (BWV 812 à 817) _ présentes pour cinq d’entre elles dans le Petit Livre de Clavier d’Anna-Magdalena Bach, en 1721 _

    aux antérieures Suites dites anglaises  _ car « pour les Anglois« , selon une inscription ajoutée de la main de Bach lui-même... _ (BWV 806 à 811),

    un peu plus développées et ornementées

    …

    et donc un peu plus complexes à jouer pour Anna-Magdalena…

    …

    …

    Après un peu d’hésitation pour le choix des CDs

    et de l’interprète :

    …

    entre Christophe Rousset et Pierre Hantaï,

    …

    et, bien sûr, après écoute exhaustive des CDs,

    …

    j’ai préféré

    à l’interprétation un peu cérébrale _ à mon goût tout du moins : pardon ! _ de l’ami Pierre Hantaï,

    en son CD Mirare MIR 251, en 2014, des Suites anglaises n° 2 et n° 6 (BWV 807 et 811),

    …

    l’interprétation plus chaleureuse et lumineuse _ à mon goût ! _,

    plus tendre et rayonnante _ sans excès : à la Couperin !

    et comme il convient à des œuvres de style fondamentalement français, comme celui de ces Suites… _,

    et dans l’évidence du plus parfait naturel  _ soit, bien sûr, le comble de l’Art ! _

    de Christophe Rousset,

    magistral en l’élégance somptueuse, vierge de la moindre mièvrerie et maniérisme, de ce style éminemment français d’inspiration…

    …

    …

    Pour en apprécier l’écoute et en juger soi-même,

    voici le podcast de la Suite n° 2 ;

    et le podcast de la Suite n° 6

    …

    en ce double CD Ambroisie AMB 9942, enregistré en février 2003 au Musée d’Art et d’Histoire de Neuchâtel, sur un clavecin signé Johannes Ruckers, daté de 1632 et 1745, et restauré en 1987 par Reinhard von Nagel…
    …

    …

    Ce sont là de purs bijoux !

    …
    …

    Nous pouvons compléter cette confrontation de jeux d’interprétation de ces Suites BWV 807 et 811 par Christophe Rousset et Pierre Hantaï

    …

    par cette vidéo

    de l’interprétation de la Suite anglaise n° 2 (BWV 807) par Pierre Hantaï, prise lors d’un concert donné à l’abbaye de Fonfroide, au mois de juillet 2015 ;

    …

    et par cette autre vidéo,

    de l’interprétation, toujours par Pierre Hantaï, de la Suite anglaise n°6 (BWV 811)

    _ précédée, comme en son CD Mirare de 2014, enregistré à Haarlem, aux Pays-Bas, du Choral Wer nur den lieben Gott lässt walten BWV 691 _

    prise lors d’un concert donné à la Cité de la Musique, à la Villette (date non spécifiée)…

    …

    …

    Quelle qualité de joie nous offrent ces Suites

    en pareilles interprétations !

    …

    …

    Ce mardi 2 juin 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : Jean-Marie Leclair (1697 – 1764), dans la continuité, à Paris, des « Goûts réunis » de François Couperin : le Concerto pour 3 violons Opus 10 n° 3, par Leila Schayegh et La Cetra Barockorchester Basel

    Dans la continuité de la belle joie tendre des « Goûts réunis »

    de François Couperin (1668 – 1733)

    _ et tout particulièrement, en cette occurrence, les goûts italien et français _
    …
    voici un Concerto pour 3 violons de l’opus 10 (de 1745)
    de Jean-Marie Leclair, dit l’aîné
    (Lyon, 10 mai 1697 – Paris, 22 octobre 1764 ) ;
    …
    et j’ai choisi le Concerto numéro 1, en Ré majeur, pour 3 violons, de cet opus 10 ;
    …
    par Leila Schayegh
    et Eva Saladin et Christoph Rudolf _ les 3 violons solistes _,
    et l’Ensemble La Cetra Barockorchester Basel ;
    …
    soit le CD Glossa GCD 924204,
    enregistré à Bâle en mai 2019
    _ il y a tout juste un an.
    …
    …
    Une interprétation qui sait allier idéalement
    la virtuosité italienne
    que Jean-Marie Leclair, lyonnais, avait apprise, jeune, à Turin,
    auprès du violoniste Giovannni Battista Somis (Turin, 25 décembre 1686 – Turin, 14 août 1763),
    …
    et la tendresse du style français, qui avait cours à Paris…
    …
    Une splendide réalisation discographique.
    …
    …
    Ce samedi 16 mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Musiques de joie : la tendresse, à la française du très doux François Couperin

    François Couperin

    (Paris, 10 novembre 1668 – Paris, 11 septembre 1733)

    est un musicien tout à fait singulier.
    …
    La joie que sécrète sa musique,
    d’une délicatesse rare,
    est probablement la plus pure expression de la tendresse à la française…
    …
    J’ai choisi ici le Concert « dans le goût théâtral », de 1724,
    soit le huitième de ses dix Concerts dits des Goûts réunis,
    qui font suite à ses quatre premiers Concerts, dits Concerts Royaux.
    …
    Et dans l’interprétation,
    en 1973,
    de
    Sigiswald Kuijken, Lucy Van Dael, Janine Rubinlicht, violons,
    Wieland Kuijken, Sigiswald Kuijken, Adelheid Glatt, violes de gambe,
    Barthold Kuijken, Oswald Van Olmen, Frans Brüggen, flûtes traversières,
    Barthold Kuijken, Oswald Van Olmen, flûtes à bec,
    Bruce Haynes, Jürg Schaeftlein, Paul Dombrecht, hautbois,
    Hansjürg Lange, Milan Turkovic, bassons,
    et Robert Kohnen, clavecin.
    …
    Soit le CD RCA Victor GD 71968.
    …
    …
    Une joie tendre discrète, mais profonde…
    …
    Un répertoire succulent
    qu’on n’entend vraiment plus assez en ce XXIe siècle :
    pourquoi pareille si injuste désaffection ?
    …
    Voir aussi, pour l’exemple, cette vidéo d’extrait de concert.
    …
    …
    Ce vendredi 15 mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa