Étiquette : surprise

  • L’héritage littéraire de Bioy, par Eduardo Berti et Edgardo Scott, une superbe conclusion-ouverture de la brillante semaine Bioy à Bordeaux

    L’entretien _ l’héritage littéraire de Bioy _ d’hier vendredi 11 octobre, à 17 h 30,

    à l’Auditorium de la Bibliothèque de Bordeaux-Mériadeck,

    a merveilleusement tenu toutes ses promesses.

    …

    …

    Les deux magnifiques écrivains argentins que sont

    Eduardo Berti (né en 1964, à Buenos Aires)

    _ dont est sortie la veille, au Castor Astral, L’Ivresse sans fin des portes tournantes _

    et Edgardo Scott (né en 1978, à Lanus)

    _ dont est sorti au mois de mars dernier, aux Ediciones Godot, à Buenos Aires, un passionnant Caminantes _,

    …

    tous deux promis au plus brillant avenir,

    …

    nous ont offert un richissime _ lucidissime _ entretien

    sur la _ présente _ postérité littéraire et artistique

    _ et complètement incherchée par Bioy lui-même, est-il nécessaire de le préciser ?

    Seule l’éternité du présent (de la vie, de l’écriture, voire de la lecture…) le passionnait ! _

    d’Adolfo Bioy Casares (Buenos Aires, 15 septembre 1914 – Buenos Aires, 8 mai 1999)

    …

    en Argentine

    et dans tout le monde hispanophone

    _ en France, l’œuvre de Bioy, demeurée un peu trop à l’ombre de l’œuvre de Borges,

    est encore mal diffusée ;

    y compris son chef d’oeuvre

    (et c’est aussi l’opinion d’Edgardo Scott et d’Eduardo Berti !),

    la partie de son Journal (intitulée Borges) consacrée à ses entretiens quasi quotidiens tout au long de leurs vies avec Borges, non traduite ! pas même l’édition déjà réduite, dite minor…

    _

    …

    en notre XXIéme siècle,

    ces vingt ans qui ont suivi son décès.

    …
    …

    De même que l’entretien de la veille

    _ en ce même superbe Auditorium de la Bibliothèque de Bordeaux-Mériadeck _,

    avec René de Ceccatty,

    …

    cet entretien-ci a été enregistré,

    …

    et sera donc consultable

    par tous les chercheurs, les curieux et les amoureux

    de l’œuvre multiple, diverse, toujours renouvelée

    _ fondamentalement libre en ses propres exigences (de perfection de l’aventure toujours ouverte de sa vive écriture) _

    de Bioy _ invétéré humble charmeur…

    …
    …
    Ce samedi 12 octobre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Les Scarlatti de Lucas Debargue : une exploration des infinies surprises d’un génie musical unique

    Domenico Scarlatti (1685 – 1757) est un génie phénoménal de la musique

    _ dont les enregistrements discographiques mériteraient d’être remboursés par la Sécurité sociale !… _ ;

    et Lucas Debargue est un jeune pianiste à la puissante personnalité.

    …

    …

    Ce dernier publie chez Sony un splendide coffret de 4 CDs de 52 Sonatas de Domenico Scarlatti

    _ le coffret Sony 19075944462 _

    interprétées sur un piano Bösendorfer 280 VC ;

    …

    dont l’écoute, hyperstimulante

    _ et sans la moindre agressivité, ni maniérisme _,

    est rien moins que passionnante.

    …

    …

    Le livret de ce coffret

    est aussi riche d’informations précieuses et nouvelles

    que le livret du récent Scarlatti, Sonates / 6 de Pierre Hantaï, au clavecin

    _ cf mon article du 13 septembre dernier : … _

    …

    …

    En son tout premier CD Lucas Debargue Scarlatti Chopin Liszt Ravel

    _ le CD Sony 88875192982, paru en 2016 _,

    …

    le jeune Lucas Debargue avait commencé son récital par quatre Sonatas de Domenico Scarlatti

    _ les Sonatas K208, K24, K132 et K141 _,

    et l’avait conclu par un Variation Scarlatti/Debargue sur la Sonata K208 de Scarlatti.

    …
    …

    Mais à l’écoute,

    ces interprétations de Domenico Scarlatti de 2016

    crèvent d’une outrance juvénile et maniérée difficilement supportable aujourd’hui !

    _ l‘excès était aussi ce qui caractérisait le tout premier CD Scarlatti de Pierre Hantaï,

    dont les interprétations des 5 CDs suivants, en place, sont proprement géniales…

    …

    …

    Le coffret Scarlatti 52 Sonatas de Lucas Debargue qui paraît aujourd’hui

    est, lui, d’une magnifique justesse !

    Tout est désormais en place !

    dans la jubilation de la création

    …

    tant de la composition du compositeur

    que l’interprétation de l’interprète…

    …
    Sans jamais la moindre pesanteur,

    ni répétition !

    Mais toujours la jubilation de la surprise !!!

    …

    Quelle vie en cette formidable musique !

    …
    …

    Ce jeudi 10 octobre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Découvrir les Sonates en trio de Johann Philipp Krieger (1649 – 1725)

    Le commerce _ des concerts comme des disques _

    voudrait nous faire croire qu’il est de bien peu d’intérêt

    de programmer _ et chercher à vendre _ des œuvres inconnues, ou quasi, du grand public ;

    qu’un tel jeu ne vaut pas la chandelle.

    …

    …

    Eh ! bien ! de merveilleuses découvertes viennent régulièrement surprendre

    et combler nos désirs de mélomanes…

    …

    …

    À preuve :

    ce CD _ datant de 2007 ! _ de XII Sonate à due Violini (de 1688) de JohannPhilipp Krieger (1649 -1725),

    par les Parnassi musici,

    Membres de l’Orchestre de Chambre de Bavière :

    …

    le CD CPO 777 294-2.

    …

    …

    Qu’est-ce qui m’a mis sur la voie de cette œuvre de Krieger

    et ce CD des Parnassi musici ?

    …

    …

    Le livret du CD Ricercar RIC 393 des Complete Trio Sonatas

    de Philipp Heinrich Erlebach (1657 – 1714),

    rédigé par l’excellent Jérôme Lejeune,

    …

    signalant la communauté de choix

    de constituer des recueils de douze sonates

    pour une formation de chambre

    composée d’un violon, une viole et une basse continue,

    et proposant de mêler des formes italiennes (des sonates conçues pour le violon)

    et des formes françaises (des suites conçues pour la viole de gambe).

    …

    Et « l’année où il (Erlebach) publie ses Ouvertures dans le style français, Johann Philipp Krieger (1649 – 1725), musicien du comte de Weissenfels, édite un livre de douze sonates en trio pour cette formation qui réunit en dialogue concertant le violon et la viole.

    Ici, pas de danses françaises ; par contre, le nombre de mouvements indiqués par les termes italiens dépasse de loin la structure habituelle des sonate da chiesa en cinq mouvement des modèles italiens.

    Cette proximité des deux recueils n’est sans doute pas fortuite puisque l’on sait qu’Erlebach et Krieger entretiennent des relations professionnelles et amicales.

    On peut donc imaginer que la composition des deux recueils relève d’une passion commune pour cette nouvelle association instrumentale, voire, peut-être, d’un petit conflit entre les deux amis, ce qui expliquerait aussi que dans sa préface à destination des « Liebhaber« , Erlebach évoque aussi l’empressement avec lequel l’éditeur de Nuremberg a réalisé l’impression pour lesquelles de petites erreurs se sont glissées dans les titres des pièces, ce dont s’excuse l’auteur .
    Et pour compléter cette évocation de la rencontre entre Erlebach et Kriger autour de l’écriture de ces pièces, peut-on imaginer qu’ils en sont aussi les interprètes, pour les délices de leurs patrons ? Qui joue le violon, qui joue la viole ?« 

    …

    …
    En tout cas,

    l’enchantement pris à l’écoute de ce CD des Sonates à due Violini  de Johann Philipp Krieger

    par les Parnassi music

    est absolu !

    …

    …

    Le CD demeure disponible !

    …
    …
    Ce dimanche 24 mars 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La magique incarnation couperinienne de Carole Cerasi en son enregistrement de l’intégrale (10 CDs) des Pièces pour clavecin de François Couperin

    Après avoir inauguré mon écoute

    par les 3 CDS n°4, n°5 et les 2/3 du CD n°6

    du coffret Metronome

    de l’intégrale des Pièces pour clavier

    de François Couperin (1668 – 1733),

    …

    qui comportaient les Ordres six à douze du Deuxième Livre de Pièces de clavecin (de 1717),

    dans l’interprétation magistrale de Carole Cerasi

    _ comme je m’en expliquais en mon article d’avant-hier : ,

    en suivant les conseils très judicieux, comme je l’ai bien expérimenté !, de Jean-Charles Hoffelé… _

    …

    …

    j’ai passé ces deux jours-ci à poursuivre mon écoute _ encore mieux qu’enchantée ! _,

    par les sept autres CDs et 1/3

    des Pièces de clavecin

    du Troisième Livre (de 1722) _ comportant les Ordres treize à dix-huit _,

    du Quatrième (et dernier) Livre (de 1730) _ comportant les Ordres dix-neuf à vingt-sept _ ;

    et enfin du Premier Livre (de 1713) _ comportant les Ordres premier à cinq _ ;

    …

    ainsi que des huit Préludes et de l’Allemande de L’Art de Toucher le Clavecin (de 1716).
    …
    …

    Eh ! bien, cette réalisation discographique _ en 10 CDs, chez Metronome _ de Carole Cerasi

    est un événement extrêmement important musicalement :

    …

    les merveilles musicales succèdant au merveilles musicales ;

    …

    et François Couperin (1668 – 1733) nous apparaissant, rien qu’en cette musique de clavecin,

    comme un compositeur égal

    à Bach (1685-1750) ou à Rameau (1683 – 1764) !

    Et à Domenico Scarlatti (1685 – 1757) _ lui, avare de titres sur ses si aventureuses, fastueuses et toujours brèves, pour lui aussi, étourdissantes sonates !!! _,

    ses contemporains d’à peine d’une génération plus jeunes par l’âge !

    …

    Pas moins !

    …

    …

    Tout en finesse et intimité

    _ en son extraordinaire confondante variété ! _ ;

    …

    et, de fait, chez lui, rien n’est jamais ni attendu, ni mécaniquement prévisible, non ;

    tout est toujours ravissante et tendre et douce éminemment touchante surprise !..

    …

    …

    Et François Couperin inaugure aussi,

    en ce premier tiers du XVIIIème siècle

    _ je rappelle les dates de ses publications : 1713, 1716, 1717, 1722, 1730 _,

    une expression radieuse

    _ pudique et humble, sans esbroufe ni hyperbole ; mais avec infiniment d’esprit, de tact et de goût ! _

    de l’intimité du vécu et du ressenti

    _ ainsi que du pensé et de l’imaginé-fantasmé, ou tendrement rêvé ;

    mais sans narcissisme aucun, ni complaisance envers soi :

    c’est vers l’altérité toujours, et en son mystère, qu’il se penche,

    en cette sorte de journal noté de sa fantaisie, au fil des jours et des rencontres impromptues advenant…

    …

    tant dans le dessin _ à la pointe hyper-fine : somptuosité des détails, quelle merveille ! _,

    et les couleurs _ raffinées selon d’infinies subtiles nuances : les plus justes qui soient _,

    du monde perçu _ proche, intime, comme un peu plus éloigné, aussi _ par lui,

    que dans la manifestation de ce que lui, idiosyncrasiquement, éprouve,

    ou s’invente

    _ en peinture, on dirait que sa fantaisie vagabonde entre les parcs de Watteau et les intérieurs de Chardin.
    …

    …

    Tel presque un prédécesseur _ en sa promenade _

    et de l’Empfindsamkeit (d’un CPE Bach)

    ainsi que du Romantisme à venir :

    …

    et cela, en une forme brève

    _ sans que rien jamais pèse, ni encore moins pose… _

    parfaitement classique

    du Baroque français !

    …

    Et des goûts réunis

    _ et parfaitement conciliés : ceux de Lully et Corelli… 

    …

    …

    Ce samedi 26 janvier 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa