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  • Un certain goût de l’ailleurs, mais un refus du romanesque et l’horreur de l’oubli d’un passé qui n’a pas dit son dernier mot : un cadre de recherche pour l’analyse de la poiétique de René de Ceccatty en la succession de ses récits autobiographiques

    En poursuivant ma lecture un peu plus approfondie du « Soldat indien » de René de Ceccatty _ à paraître le 4 février prochain aux Éditions du Canoë _,

    …

    et précisant ainsi mon regard sur son nouveau récit, parti _ mais surtout admirablement travaillé à partir de ces tous premiers éléments reçus-là… _ d’éléments autobiographiques immédiatement actuels ou du moins récents _ en avril 2019, un retour (effondré !) sur le lieu (dévasté) de sa maison d’enfance, tout fraîchement détruite pour faire place à de nouvelles constructions, à Mégrine, une banlieue qui fut résidentielle de Tunis, à l’occasion d’un séjour de trois jours à Tunis pour un banal colloque de plutôt pauvre intérêt… _,

    mais aussi et surtout, et très très vite, à partir d’éléments je dirai « enchâssés » _ Mégrine (le titre du second chapitre, pages 24 à 26, est ‘‘La Chute« , en une allusion à une malencontreuse chute survenue à Tunis, devant la cathédrale Saint-Vincent-de-Paul, le 12 avril 2019 ; mais, vite relevé et lestement muni de nouvelles chaussures, René de Ceccatty embraye tout aussitôt : « j’ai voulu me transformer en poète, nostalgique et conscient. Et je me suis dirigé vers la gare pour sauter dans le train de Radès, en direction du village de mon enfance, Mégrine »…) ;

    Mégrine, en Tunisie, donc, renvoie, à moins que ne soit là une « télétransportation«  inverse, à Kagurazaka, à Tokyo, au Japon (le titre du tout premier chapitre de ce « Soldat indien« , aux pages 19 à 23, est « Souvenir du Japon » ;

    de fait, l’appartement « avec vue » de Kagurazaka fut, de fin septembre 1977 au 30 juin 1979, pour René de Ceccatty, un lieu magiquement propice à l’écriture de « télétransportation » de ses souvenirs fantasmés de Paris et de Rome (pour ce qui aura été son second livre publié, en 1980 : le splendide « Jardins et rues des capitales« ) ;

    et voici l’admirable phrase d’ouverture du « Soldat indien« , à la page 19 : « Voilà, la nuit tombe _ où ? à Paris ? à Montpellier ? En quel lieu de ressouvenance ou/et d’ écriture ? Ce n’est pas précisé _ et me reviennent les premières heures précoces de l’obscurité à Kagurazaka, ce nom que j’aurais dû m’interdire de prononcer une fois écrits les souvenirs de mon séjour japonais _ « Mes Années japonaises« , paru en 2019 _, comme si suffisait _ bien sûr que non ! le passé resurgissant et continuant à venir travailler toujours… _ à la mémoire le patient et régulier travail d’une retranscription minutieuse d’images, de sensations retrouvées pour qu’elle se referme sur elle-même, forte de cette construction mentale, de cette prétendue charpente d’un passé resurgi et restructuré, matérialisé de quelques pages remplies, recopiées, imprimées, rendues publiques, si discrètement que cela ait été «  ; j’y reviendrai… ;

    et je détache encore ceci de crucial, à la page 21 : « Et quand j’écris Kagurazaka, nom du quartier où je vivais il y a quarante ans (…), ce n’est évidemment pas le lieu , géographiquement facile à situer, que je désigne (…), mais une zone de ma mémoire _ toujours vivante et vibrante _ qu’en l’ayant évoquée ailleurs je n’ai pas épuisée »…) ;

    et il faut bien sûr ne pas non plus manquer de remarquer que ce si beau livre se conclut, à la page 152, sur un chapitre d’une unique page, intitulé « L’Entrelacs« , avec une référence finale conclusive à « une belle vision du moine Dôgen » : « Rares sont ceux qui savent que les événements sont des entrelacs de glycine. Personne n’y prête l’oreille. Nul ne l’exprime encore. Peu en font la preuve »… Et de fait beaucoup de l’art de penser comme d’écrire de René de Ceccatty est en harmonie éminemment sensible avec cette intuition profonde de poiesis-là… _ ;

    à partir d’éléments, donc, situés _ et ressurgissant ! _ beaucoup plus en amont de sa vie _ René de Ceccatty est né le 27 décembre 1951 ; lire, bien sûr, son à la fois lumineux et éblouissant « Enfance, dernier chapitre » ; cf mon article du 12 décembre 2017  «  «  _ ;

    ou, encore, d’éléments étroitement connectés à la chaîne de transmission de son histoire familiale, je veux dire à travers les souvenirs de récits que René a pu directement recueillir, puis se ressouvenir, plus ou moins volontairement, à divers moments de sa vie, et dès sa prime enfance, de divers membres de sa famille :

    …

    _ d’abord, ses deux parents :

    Ginette Fréah (Mateur, 22 mai 1924 – Montpellier, 21 juin 2015) et Bernard Pavans de Ceccatty (Lavilledieu-du-Temple, 27 octobre 1925 – Montpellier, 25 janvier 1984) ;

    …

    _ puis, trois de ses quatre grands-parents :

    Françoise Antony (Le Telagh, 13 février 1896 – Bagnols-sur-Cèze, 23 mai 1983, précocément veuve d’Hamida Freah dès le 13 mars 1934),

    Madeleine Brouillonnet (Frontignan, 2 décembre 1896 – Montpellier, 3 juillet 1995) et Valbert Pavans de Ceccatty (Ecrilles, 29 novembre 1897 – Montpellier, 8 novembre 1965) ;

    …

    _ ainsi, aussi, que quelques uns, trois, de ses huit arrière-grands-parents avec lesquels René a pu de vive voix plus ou moins richement échanger :

    Gabrielle Durand (Valence d’Albigeois, 13 février 1872 – Montpellier, 26 février 1974) et Michel Antony (Calvi, 11 septembre 1866 – Montpellier, 15 avril 1961),

    et Marguerite Richard Migneret de Cendrecourt (Montmirey-la-Ville, 14 juillet 1874 – Sainte-Alvère, 24 novembre 1970, brutalement séparée, sans un seul mot d’explication _ enfuie à la sauvette de Sfax ; cf le « Valbert, ou la vie à demi-mot«  de Max de Ceccatty (Sfax, 1922 – Montpellier, 2009), l’oncle paternel de René, un récit paru en 2002 à L’Harmattan… _, puis presque aussitôt veuve, d’Alphonse Pavans de Ceccaty, né à Mantry le 8 septembre 1868 et décédé à Sfax à la fin de l’année 1921. Alphonse et Marguerite s’étaient mariés à Montmirey-la-Ville le 16 août 1893…). 

    …

    …

    « Le passé, à travers moi, n’a pas dit son dernier mot. Au va-et-vient capricieux et inéluctable de ma mémoire, je dois me soumettre, me résigner«  _ ne serait-ce, déjà, que dans les rêves nocturnes du sommeil ; mais pas seulement eux… _, lit-on aux pages 22-23 du premier chapitre du « Soldat indien » ;

    soient, ce « va-et vient capricieux et inéluctable de (la) mémoire« , formant des aliments essentiels _ par leur formidable puissance de vie, même impure, retravaillés par des strates antérieures (et recouvrantes) de souvenirs qu’ils sont, ces souvenirs raffleurant… _ et principiaux de la poiétique _ admirablement ressaisie et magistralement assumée, en ses infinis et toujours approximatifs merveilleux tâtonnements nécessaires ; cf, pour ce « Soldat indien« , cette expression à la page 12 de l’Avant-Propos : « J’ai voulu l’aridité d’un récit qui ne cache ni ses manques ni ses difficultés _ voilà _ à faire renaître _ certains Arts y aidant _ un homme obscur«  : l’ancêtre Léopold Pavans de Ceccaty, « le soldat indien » de ce récit-ci ; mais cela vaut pour tous les récits de René de Ceccatty, ces souvenirs évanescents mais revenant le visiter, étant au cœur, ou à la racine, de sa vibrante et si vivace poiétique, et des formes mouvantes, fugaces, que l’écriture vient laisser... _, de René de Ceccatty, depuis son expérimental  « Personnes et personnages » de 1979 et son magnifique et courageux « Jardins et rues des capitales » de 1980.

    …

    …

    Voilà un premier cadre pour ma recherche d’identification, à partir de données biographiques accessibles, de la poiétique d’auteur de René de Ceccatty.

    …

    Ici, à partir du but qu’il s’est donné et nous indique dès l’ouverture de l’Avant-Propos, à la page 7 de ce « Soldat indien« , je cite :

    …

    « Ayant entrepris le récit de ma vie dans mes deux précédents livres _ « Enfance, dernier chapitre« , en 2017, et « Mes Années japonaises« , en 2019 _,

    j’ai eu l’idée de remonter dans le passé, pour comprendre la logique ou l’illogisme de l’installation de mes grands-parents _ et paternels, côté Pavans de Ceccaty, Alphonse et son épouse Marguerite, venus du Jura et installés à Sfax, en Tunisie, en 1903 ; et maternels, côtés Durand et Antony, venus de l’Albigeois et installés au Telagh, en Algérie, en 1884, pour les Durand ; Michel Antony, né à Calvi en 1866, et garde des Eaux-et-Forêts, avait été affecté, en Algérie, au Telagh : la fille aînée de ce couple, Françoise Antony, est en effet née au Telagh le 17 février 1896 ; puis, le couple et cette fille aînée, Françoise, sont passés en Tunisie, où leur sont nés deux garçons, Gaston, à Hammam Lif, en 1908, et André Antony, à Béja, en 1910 _ dans les colonies nord-africaines.

    …

    N’y avait-il pas une fatalité _ voilà _ dans ces départs, ces défaites, ces exils, ces confrontations avec d’autres langues, d’autres cultures, d’autres modes de vie ? Les deux branches, maternelle et paternelle, ne s’étaient guère enrichies aux dépens des peuples colonisés : elles avaient seulement tenté de réagir à leurs ruines respectives. Du côté des ancêtres de mon père, le phylloxéra avait dévasté les vignes du Jura. Du côté de ceux ma mère, une auberge albigeoise qu’ils tenaient avait pris feu. Les deux familles ruinées avaient tenté leurs chances, l’une en Algérie, l’autre en Tunisie. Mes parents _ Ginette et Bernard _ deux ou trois générations plus tard, avaient réuni les sangs » _ il s’étaient mariés à la cathédrale Saint-Vincent de Tunis le 24 avril 1946, le lendemain de leur mariage civil…

    …

    Et au chapitre intitulé « Les Femmes de la famille« , aux pages 48-49 de ce « Soldat indien« , René de Ceccatty, qui n’est guère porté sur les recherches généalogiques, s’amuse à retracer, d’une part, les sûres filiations maternelles, remontant, de fille en mère, assez haut dans le temps dans l’Albigeois ; et, d’autre part, les plus incertaines filiations paternelles « Pavans de Ceccatty » _ « Il faut compter sur la fidélité conjugale de toutes les femmes qui me séparent de Léopold pour me convaincre que je porte de ses gènes (…) À ce seul prix, la chaîne des six générations qui nous séparent (il est le premier maillon, moi le huitième) n’est pas rompue. En matière d’ADN, il serait plus sûr de remonter du côté maternel et de s’enfoncer dans l’Albigeois, puisque les femmes venaient de ce côté-là, ne remontant tout au plus que vers l’Auvergne » précise ici René de Ceccatty _, en remontant de fils en père au moins légitime jusqu’à ce « soldat indien » Léopold, soit Charles-François-Léopold Pavans de Ceccatty, né à Quingey le 24 février 1724, et décédé à Salins-les-Bains, le 3 février 1784.

    …

    Lui-même était fils de Jacques-François Pavans de Ceccatty (lieutenant-colonel, baron), et petit-fils de François Pavans de Ceccatty (gouverneur de l’Académie royale de Besançon en 1662 ; originaire de la République de Venise, celui-ci était écuyer de l’Académie de Besançon, transportée depuis peu à Bruxelles, et fait baron à la date du 26 août 1673 par le Roi d’Espagne Charles II _ c’est seulement en 1678, par le Traité de Nimègue, que la Franche-Comté cesse en effet d’être espagnole, pour devenir possession française…

    …

    …

    À suivre…

    …

    Car il me faut essayer de cerner davantage encore la singularité de la poiesis de René de Ceccatty en l’écriture de ces admirables récits à entrelacs, ou enchâssés, comme j’aime les lire

    _ et comme, aussi, j’aime moi-même penser et écrire mes articles…

    …

    Car le réel _ et les rencontres dont perpétuellement il naît, paraît, puis disparaît, en ses incessantes métamorphoses… _ est en effet tissé de tels entrelacs odoriférants et colorés de glycines…

    Que l’on peut toucher, sentir, saisir, et même cueillir, pour un moment au moins _ en saisissant bien ce que vient offrir le malicieux et impitoyable Kairos _, à la furtive floraison…

    Avant l’effacement et le silence.

    Dans le Temps imparti et donné au vivant.

    …

    …

    Ce mardi 25 janvier 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Question : lesquels des « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, sont ceux que je préfère ?.. Et en venir enfin aux images d’intérieurs

    Pour _ presque _ terminer _ peut-être en secrète beauté, du moins pour moi, au plus intime et chaleureux de ce dont se réjouit mon for intérieur.. _le petit panorama de mes 13 images préférées

    _ choisir, hiérarchiser, ne serait-ce que très subjectivement, est une nécessité pragmatique permanente, et cela pour tout un chacun, et vis-à-vis de tout, sans la moindre exception : eu égard à l’urgence souvent ultra-pressante du présent (non extensible) de l’action, et plus largement de la vie (non perpétuelle), qui commande… _

    parmi les 80 de ce « Tirages Plossu » de septembre 2020, aux Éditions Textuel,

    …

    j’en viens maintenant aux images d’intérieurs,

    de l’ami Bernard Plossu

    _ et ce mot d’« Intérieurs«   n’est pas sans m’évoquer irrésistiblement le film très émouvant, et de tonalité grave, de Woody Allen, en 1978…

    en ce magique album :

    …

    pour lui, déjà, à sa table de travail,

    opérer le choix, ainsi que la compatibilité de mise en page _ ou en espace _, de ses images

    est, chaque fois, très littéralement, crucial…

    …

    …

    J’ai donc ici choisi 4 images de ma liste première de 13 images préférées

    _ cf mon article du 5 novembre dernier : … _ :

    …

    …

    page 17, « Giverny, France, 2011« 

    …

    page 27, « Livourne, Italie, 2014« 

    …

    page 43, « Chez les Mirabel, Ardèche, France, 2012« 

    …

    pages 64-65, « Jumièges, France, 2017« 

    …

    …

    auxquelles je rajouterai deux autres :

    …

    d’une part,

    l’image qui faisait partie de ma liste complémentaire de 22

    …

    page 19 , « Livourne, Italie, 2014« 

    …

    et d’autre part,

    l’image qui ne faisait partie ni de ma liste des 13 préférées, ni de ma liste complémentaire des 22 autres,

    page 57, « Milan, 2008« .

    …

    …

    Assez étrangement,

    de ce photographe voyageur invétéré marcheur-randonneur,

    et de par diverses contrées très lointaines du monde (et de chez lui),

    …

    ce sont en effet ces images-là d’intérieurs

    _ mais le plus souvent des « intérieurs«  situés ailleurs que chez lui, en son domicile (même si en existent, tout de même aussi, quelques exceptions, par exemple page 34 : « La Ciotat, France, 2014« , voire page 84 : « La Ciotat, France, 2014« ) ; des « intérieurs«  seulement de passage, pour lui ; et assez souvent des chambres, anonymes, de halte rapide inconséquente (récupérer un peu, dormir…), notamment et surtout dans des hôtels de très brefs passages ; et assez souvent, aussi, ailleurs qu’en France, au cours de ses randonnées passionnées (et souvent éreintantes) de quêtes photographiques « sur le terrain« , quel qu’il soit… ; et donc lors de moments un peu creux, où, normalement, il n’y aurait pas d’image intéressante à saisir ! Tel est donc le paradoxe brûlant de ces si intensément poétiques, et profondément attachantes, images d’« intérieurs« -là… :

    probablement leur faut-il, en effet, à ces images d’« intérieurs«  qui vont être saisies, un très puissant quotient viral d’étrangèreté propre, voilà !, pour que le réel entr’aperçu, l’espace d’un éclair, de son regard iconique assez infaillible, ait pu susciter, de la part du photographe qu’est très fondamentalement (et quasi en permanence ! voilà : quasiment sans relâche…) Bernard Plossu, le déclic décisif quasi instantané de la prise de vue (et ne perdons pas non plus de vue que ce déclic donne aussi lieu, de fait, à dix mille prises, qui se révèleront, in fine, la très grande majorité d’entre elles, du moins, très pauvres en un quelconque intérêt iconique ; même si c’est aussi seulement à la revoyure hyper-attentive de ses milliers d’images encore dormantes en planches-contact que se découvrira presque miraculeusement l’image a priori ratée qui se révèlera, alors, à l’acuité extraordinaire du regard si formidablement incisif de l’« artiste«  (il n’aime pas ce mot) une très étonnante merveille (à la façon de la découverte patissière des sœurs Tatin à Lamotte-Beuvron ; même si ce n’est là qu’une légende…) ;

    et je renvoie à nouveau ici à la très étrange image (« abstraite« …), prise chez lui, à La Ciotat, de la page 84… _

    qui me surprennent, m’attirent, me retiennent, et me touchent le plus, par cette charge même d’étrangèreté au cœur le plus profond du plus proche et du plus intime _ mais toujours avec une extraordinaire pudeur ! _,

    saisies, donc, en des lieux de pause relative, d’instants voués à un certain repos photographique, au cours du voyage de quête d’images, en ces lieux d’a priori plus faible intensité de rencontre du surprenant, ces lieux calmes où l’on va pouvoir cesser de rechercher des images « à saisir« , et puis pouvoir fermer les yeux et dormir, ou tranquillement se restaurer un peu, pour reprendre des forces, et repartir demain, d’un bon pied, en sa quête… 

    …

    …

    L’image légendée « Giverny, France, 2017 » de la page 17

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    ;..

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    est pour moi une merveille absolue _ de mouvements : à notre tour, nous sommes gentiment invités à nous avancer (avec infiniment de respect ! pas du tout en voyeurs indiscrets et malotrus…) de pièce en pièce de la maison _,

    tant par la douce flamboyance _ pardon de l’oxymore ! _ du bleu céleste des deux merveilleusement lumineuses grandes portes en enfilade, dans la maison de Monet, et aussi l’angle de vue légèrement oblique de cette image, qui nous invite bien poliment à pénétrer un peu plus avant, par-delà les successifs tapis, vers la pièce au sol rouge (s’agit-il une nouvelle fois d’un tapis ? peut-être… ; et là est le cœur même de la force de l’image !) dont on n’appréhende, sur l’image, qu’un étroit oblong rectangle rouge _ mondrianien ? _, par l’entrebâillement de la seconde des grandes portes bleues, et qui débouche sur encore une autre porte, à peine perceptible, elle aussi, en un nouvel étroit rectangle, cette fois-ci verdâtre, au-dessus du rectangle rouge du sol de la pièce qui la précède..,

    que par ce qu’elle nous perpétue, aussi, bien sûr, de l’intimité même, chez lui, du peintre Monet (Paris, 14 novembre 1840 – Giverny, 5 décembre 1926), en sa demeure enchantée de Giverny.

    …

    Cf, bien sûr cette merveille qu’est le « Monet intime » de Bernard Plossu, en la co-édition Filigranes et Musée des Impressionismes, en 2012 : un autre chef d’œuvre absolu de Plossu !

    …

    Cette image me rappelle aussi, plus personnellement, une image qui m’est familière, en son intime étrangèreté, à elle aussi :

    une superbe toile du peintre bordelais Guillaume Alaux (1856 – 1912), comportant, elle aussi, une enfilade de portes, en un intérieur de campagne ; mais dépourvue, elle, du moindre bleu…

    …

    …

    « Wow » ! dirait l’ami Plossu…

    Cette image est fascinante !

    …

    …

    L’image légendée « Livourne, Italie, 2014« , de la page 27, est-elle aussi un chef d’œuvre absolu.

    …

    …

    Bernard Plossu à la galerie arrêt sur l’image galerie

     

    …

    …

    qui pourrait même, et à la perfection, signifier l’étrangèreté absolue de l’intimité plossuienne, réduite ici au minimal d’une exigüe, et a priori terne, assez anonyme chambre d’hôtel, avec son mobilier élémentaire, sinon rudimentaire, en attente d’occupation très éphémère… :

    …

    un petit lit _ pas encore défait : le voyageur découvre seulement la chambre _, un fauteuil, une petite table,

    et une fenêtre protégée de rideaux légers filtrant une lumière un peu vive _ possiblement celle du jour _ :

    …

    cette fois-ci en cette ville portuaire, elle-même déjà un peu étrange _ avec son port assez important, et un notable très ancien quartier juif : qu’en reste-t-il désormais ?.. _, et assez peu toscane,

    qu’est Livourne,

    où a vécu l’étrangissime Amedeo Modigliani (Livourne, 12 juillet 1884 – Paris, 20 janvier 1920).

    …

    On sait aussi le goût affirmé de Bernard Plossu pour la peinture italienne de la première moitié du XXe siècle _ Fabien Ribéry, en son superbe article « Michel Fresson, le traducteur, par Bernard Plossu, photographe« , citait les noms (« avis aux chercheurs« , ajoutait-il !..) de Telemaco Signorini, Stefano Bruzzi, Raffaelo Sernesi, Angiolo Tommasi, Cesare Bertolotti et Giovanni Fattori…

    …

    …

    Ce camaïeu de gris, ici pris en couleur,

    est lui aussi, en ce somptueux « tirage Fresson« ,

    proprement sublime.

    …

    …

    Re-wow !!

    …

    …

    0_italie-couleur-fresson-bernard-plossu

    …

    …

     

    La troisième image, à la page 43 de ce trésor de « Tirages Fresson« ,

    d’entre les 13 de mon premier choix préférentiel,

    est, elle aussi, proprement admirable, 

    de lumineuse minimalité splendide.

    …

    …

    image

    …

    …

    Son référencement est assez peu précis géographiquement (« Ardèche« ),

    mais très précis, en revanche, en mode d’amitié : « Chez les Mirabel » (Annie et Bernard) :

    …

    assez probablement au Pont d’Aleyrac, commune de Saint-Pierreville.

    …

    …

    L’image, simplissime,

    nous présente le départ, vers l’étage, d’un tout simple escalier de bois, tout noir, et rectiligne,

    dont paraît, quasi frontalement, l’élancement des six premières marches ;

    en appui sur du noir, un noir bleuté, qui s’enfonce dans l’ombre, et colonise quasi entièrement la partie en bas à droite de l’image…

    …

    Les dominantes de couleur sont, outre le somptueux noir bleuté de l’escalier et de son appui jusqu’au sol,

    le jaune ocré du mur de fond de ce rez-de-chaussée, 

    ainsi que le bleu-vert qui, de sa diagonale ascendante, suit la montée de l’escalier, et mange rectilignement l’important jaune ocré du mur jusqu’à _ pour l’image saisie _ la hauteur approximative de la rampe de l’escalier.
    Le sol, au premier plan, lui, est gris.

    …

    …

    Ici encore, nous nous trouvons devant l’invite de l’image à un mouvement, ici ascendant,

    vers l’étage…

    L’image n’a rien de statique.

    …

    …

    L’image que j’ai choisie ensuite, la quatrième,

    en cette section d’images d’ »Intérieurs » plossuiens,

    ne concerne pas, cette fois, un intérieur habitable, dans lequel se loger et résider, ne serait-ce qu’un court moment,

    non.

    …

    …

    Car l’image légendée « Jumièges, France, 2017« , aux pages 64-65,

    concerne cette fois l’assez vaste dépôt d’un musée,

    dans lequel  cohabitent, en un certain désordre _ non accessible, d’ordinaire, aux visiteurs _, les vestiges précieux et émouvants de quelque statues gothiques de l’abbaye _ en ruines _ de Jumièges, en Normandie.

    …

    …

    Cette image,

    à dominante ocre jaune,

    et dynamisée par des lignes verticales,

    valorise le contraste entre le chaleureux éclairage du jour, dans les deux pièces du premier et du second plans,

    et,

    d’une part, le gris de la pierre des statues déposées ici,

    et, d’autre part et surtout, le fond noir central de la pièce du fond,

    qui recèle diverses précieuses têtes, pieusement conservées, qu’on y aperçoit, lointainement…

    …

    Un bel hommage _ lumineux ! _ au travail humble et indispensable de la conservation patrimoniale,

    dans les Musées… 

    …

    …

    Ma cinquième image d’ »intérieur » fait, elle, partie de ma liste complémentaire de 22 ;

    …

    et elle ne concerne pas une pièce d’habitation, mais, comme pour l’image « Chez les Mirabel, Ardèche, France, 2012« ,

    un escalier.

    …

    …

    Mais, en cette image de la page 19, légendée « Livourne, Italie, 2014« 

    _ autre merveille minimale absolue ! _

    il s’agit très probablement cette fois-ci d’un escalier d’hôtel ;

    …

    et peut-être même de l’escalier modern’ style _ un peu à la Mallet-Stevens… _ de cet hôtel où se situait aussi la chambre de la sublime image de la page 27,

    semblablement légendée _ je le souligne au passage _ « Livourne, Italie, 2014 » …

    …

    Ainsi ces deux images, toutes deux saisies à Livourne en 2014, faisaient-elles possiblement partie de la même planche-contact…

    …

    …

    Prise au niveau d’un palier d’un étage,

    s’ouvrant lui-même sur un couloir,

    dont on ne discerne pas très clairement sur quoi ce dernier vient assez vite buter _ quelque chose (?), là-bas, au fond, brille d’un éclat métallique… _,

    …

    l’image,

    prise cette fois à nouveau d’un très léger biais,

    nous offre une vue sur quatre des volées de ce large escalier modern’ style,

    possiblement de béton, et tout blanc :

    …

    la volée de l’étage même où est prise l’image

    _ mais, étant donné l’angle de la prise de vue, donnant le sentiment d’avancer, et presque, déjà, de monter un étage plus haut… _ ;

    l’amorce d’une volée descendante, au bas à droite de l’image ; 

    et deux volées montantes _ vers un étage supérieur _,

    la seconde de ces deux volées montantes -là occupant le coin en haut à droite de l’image.

    …

    La rampe, sans la moindre aspérité, et qui semble en aluminium, brille.

    …

    Et cette fois encore, l’image nous donne le sentiment d’un mouvement de déplacement, ici ascensionnel,

    de ce très fonctionnel, large et moderne, escalier d’hôtel…

    …

    La couleur qui domine est un tout simple blanc, net,

    parfois teinté de rose dans ce qui résulte d’effets d’éclairage sur trois des volées de cet escalier…

    …

    …

    Une image marquante, oui,

    d’un lieu on ne peut plus normal et banal _ dépourvu du moindre pittoresque anecdotique _,

    qu’a su saisir, de son cadrage à la fois dynamique et éminemment pondéré, le regard (et le geste) photographique(s) de Plossu :

    une merveille de poésie de la presque banale normalité ;

    …

    à laquelle la couleur de ce « tirage Fresson« 

    vient apporter son nimbe de poésie vraie, au sein de la plus pure quotidienneté

    d’une modernité qui cependant dure, ne vieillit pas.

    …

    Quel regard !

    …

    …

    Enfin,

    je me suis permis d’ajouter une sixième image « d’Intérieur« ,

    alors que je ne l’avais retenue ni dans ma première liste de 13,  ni dans ma liste complémentaires de 22 ;

    …

    et, de plus,

    alors que celle-ci ne concerne pas, elle non plus, un intérieur dans lequel se loger et résider un certain moment,

    mais, cette fois, l’intérieur d’un café, ou d’un restaurant _ c’est difficile à discerner : un café, plutôt ; on y passe un court moment… _, à Milan.

    …

    Mais l’image impose incontestablement sa puissante présence

    au regardeur, qui finit par vraiment s’y attacher _ une image peut ainsi s’imposer…
    …

    …

    L’image « Milan, Italie, 2008« , page 57 _ inédite, probablement : elle non plus, en couleurs, ne fait pas partie des images exclusivement en noir et blanc du catalogue de l’exposition milanaise de 2008, « Attraverso Milano« … _, est, comme presque toujours chez Plossu, minimalement légendée

    _ puisque cela suffit amplement au repérage mémoriel de Plossu : il s’agit, je le répète, d’un repérage que Plossu effectue seulement pour lui-même, pour son archivage mémoriel rudimentaire mais efficace, et en rien (ou si peu !) pour le regardeur de l’image ; l’image, pour Plossu, doit (et c’est même impératif pour lui !) en quelque sorte se suffire (iconiquement) à elle-même, et ne rien détourner d’elle le regard du spectateur ; même si une image photographique a nécessairement la majeure partie de sa provenance, à l’exception de l’idiosyncrasie du regard singulier propre du photographe, dans le réel extérieur visible (à peu près commun, au départ), auquel accède la photographie que celui-ci « prend«  ; une photographie ne peut jamais être totalement « abstraite« , même parcourue (et charpentée) qu’elle est d’une « abstraction invisible« … Et même si ce qui intéresse surtout Plossu est bien l’« ambiance«  à capter, par cette image sienne, du réel à l’instant même croisé, et dont une part de vraie « poésie«  un peu secrète, discrète, humble, pudique,  a été, en un éclair, décelée à révéler, avec douceur, sans jamais de violence, par la simple grâce de la capacité de l’image du réel entr’aperçu, à, d’un geste (photographique) immédiat, fulgurant, réussir à réaliser ensuite, secondairement, et sur une surface sensible : la pellicule, puis, au tirage, le papier, pour l’image iconique qui en résultera… _ :

    …

    « Milan, Italie, 2008« .

    …

    …

    image

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

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    …
    …
    …
    …
    …
    …
    …
    …
    …
    …

    L’image,

    mise en tension par quelques lignes obliques, eu égard à la position et l’angle de prise de vue du photographe par rapport à la configuration du lieu même de ce café _ ou peut-être restaurant : café, plutôt… _,

    est animée surtout par les puissantes lignes verticales des larges rayures rouge vif et blanc des banquettes,

    et le rouge framboise de la sorte de nappe _ en est-ce bien une ? c’est difficile de se prononcer… _, au premier plan.

    …

    Nous sommes ici, en partie du moins _ voire à moitié _, déjà dans la puissante veine « abstraite« , qui a une certaine prédilection de Bernard Plossu,

    quand le réel qui se présente, ainsi que l’angle et le cadrage de la prise de la vue, se prêtent bien à offrir de telles puissantes et consistantes images…

    …

    Et peut-être pourrait-on généraliser davantage

    ce trait de la façon de procéder de Bernard Plossu :

    …

    ce serait à lui de le confirmer, ou infirmer…

    …

    …

    Mais pour ce qui me concerne, je demeure viscéralement attaché aux images figuratives du réel,

    avec la qualité _ disons géographico-historique, civilisationnelle _ de leur ancrage…

    …

    J’aime savoir _ et apprendre, pas à pas _ où ont à se mettre les pieds : aussi bien ceux du photographe que ceux des regardeurs de l’image,

    car nous sommes alors sous le charme poétique intense d’une télétransportation…

    …

    …

    Voilà :

    …

     de ce « Tirages Fresson » de Bernard Plossu,

    qui vient de paraître, ce mois de septembre, aux Éditions Textuel,

    …

    je viens successivement de me pencher ici

    sur mes images personnellement préférées :

    …

    de « nature« ,

    de « villages« ,

    de « villes« ,

    d’ »avec vue sur la mer« ,

    et aujourd’hui d’ »intérieurs« .

    …

    Soient les 5 articles successifs suivants :

    …

    …

    …

    après une première série de 5 premiers :

    …

    …

    …

    Il me faudra maintenant me relire,

    et méditer une petite synthèse commode de tout cela…

    …

    …

    Ce jeudi 12 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Question : lesquels des « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, sont ceux que je préfère ?.. Et maintenant, des images avec vue sur la mer

    Et pour en terminer aujourd’hui avec les images d’extérieur de ce « Tirages Fresson« 

    de septembre 2020, aux Éditions Textuel, de Bernard Plossu,

    …

    mon choix se porte maintenant sur 3 images « avec _ discrète _ vue sur la mer » :

    …

    …

    aux pages 73 ( »Nice, France, 2008« )

    et 98 (« Île de Ventotene, Italie, 2010« ),

    pour ce qui concerne ma liste d’images préférées, au nombre de 13 ;

    …

    et à la page 42 (« Ligurie, Italie, 2008« ), dans ma liste complémentaire de 22.

    …

    …

    La rencontre de notre regard avec la mer est

    la plupart du temps _ mais il existe aussi de rares exceptions ; et, pour ma part, le paysage déchiqueté de rochers et falaises noirs de Suances, en Cantabrie, est représentative de ce genre répulsif pour moi… Alors que j’apprécie tant, et Santander, et la Cantabrie… _ magnifiquement bienfaisante ;

    …

    ne serait-ce que l’espace d’une brève seconde, par exemple lors d’un trajet en voiture ou en train _ j’en ai maintes fois fait l’expérience, par exemple au pays basque aimé, sur la côte entre Hendaye et Biarritz : que ce soit dans mes trajets (pour le travail) entre Saint-Jean-de-Luz et Bayonne, du côté de Bidart ; ou (pour le pur plaisir) le long des quelques kilomètres de la sublime corniche, entre Ciboure-Socoa et Hendaye ! Et chaque fois, j’exulte sur cette route de corniche, promise à probable prochaine disparition ! quand elle domine l’océan ; cf l’article de Sud-Ouest le 31 octobre dernier : Une partie de la corniche basque s’est effondrée… _ :

    une formidable bouffée d’énergie joyeuse nous est alors donnée, sans compter, par la simple vision de l’océan…

    …

    …

    Ainsi l’œuvre de photographie _ et tout spécialement ses « tirages Fresson » en couleurs ; et peut-être, cela, pour le bleu tendre que ces tirages subliment si merveilleusement… _ de Bernard Plossu

    comporte-t-il pas mal d’images fascinantes avec _ le plus souvent discrète _ « vue sur la mer«  ;

    …

    mais sans rien, jamais, de particulièrement pittoresque, spectaculaire, ni même décoratif ; surtout pas.

    La mer se passe très bien de publicité…

    …

    …

    Simplement ce bleu-là de la mer,

    que l’image vient jusqu’à nous, qui la regardons, par quelque magique télétransportation en quelque sorte au carré,

     nous donner-transformer-augmenter, nous aussi

    _ pour ce terme de « télétransportation« , cf l’usage que j’en fais, à la suite de René de Ceccatty en son magnifique « Enfance _ dernier chapitre« , en mon article du 12 décembre 2017 : …

    …

    …

    L’image référencée comme « Nice, France, 2008« , à la page 73,

    présente pour l’essentiel,

    et au-dessus d’un sol légèrement mouillé de pluie, qui en reflète _ et multiplie, par diffraction _ quasi imperceptiblement le bas,

    le portique délicieusement suranné (en 2008), mais soigneusement conservé tel quel,

    d’une plage privée de Nice, sur la Promenade des Anglais : la « PLAGE BEAU RIVAGE » ;

    …

    un portique _ un peu tarabiscoté _ qui s’élève, se dresse, à la fois fier et désuet _ d’où son étrange charme, indéniable _, au-dessus d’une mer uniforme, dépourvue de vagues,

    et surtout sur le fond d’un ciel gris-bleu, lui aussi, tout embrumé ;

    …

    un portique _ de gloire balnéaire ! _ dont une fine rampe blanche propose de descendre jusqu’à la plage _ de galets de Nice _, qu’on ne voit pas, en contrebas…

    …

    Tout se présente ici à nous en un infiniment tendre _ quasi virginal et céleste _ camaïeu bleu et blanc.

    …

    …

    Quant à l’image référencée « Île de Ventotene, Italie, 2010« , à la page 98 (et dernière de l’album)

    …

    Ventotene 2010 photo B.Plossu

    …

    …

     

    et déjà présente dans l’album « Couleurs Plossu« , de 2013 aux Éditions Hazan, à la page 79,

    …

    c’est un très émouvant chef d’œuvre _ notablement marquant : on ne l’oublie certes pas ! _,

    et lui aussi, bien évidemment ici, « avec vue sur la mer« ,

    ici la mer Tyrrhénienne _ entre Campanie et Sardaigne _ :

    …

    …

    Ventonene est une petite île volcanique,

    située au large de la Campanie, au nord-ouest de l’île d’Ischia et au sud-est de l’île de Ponza ;

    …

    et qui, depuis l’empereur Auguste qui y exila, en l’an 2 ap. Jésus-Christ, sa propre fille Julia l’aînée, a servi maintes fois de prison de relégation et exil, suffisamment éloignée de la terre ferme, notamment pour des opposants au fascisme sous Mussolini.

    …

    Et c’est surtout une des îles préférées de Bernard Plossu, en Méditerranée.

    …

    …

    Au premier plan, et en une prise de vue légèrement oblique,

    au pied d’un muret de pierres qui le sépare de la mer et du ciel _ d’un bleu qui se confondent presque _, avant l’emprise, au haut de l’image, de gros nuages blancs,

    un intrigant carrelage géométrique ocre et rose, désormais à ciel ouvert, d’une ancienne villa _ peut-être, ou peut-être pas, romaine (?) _, que vient doucement coloniser l’herbe,

    et sur lequel est déposé, près du muret, en son coin gauche, un gros rouleau de ce qui pourrait être (?) du foin…

    …

    Une indicible harmonie du jeu du temps et de l’éternité dynamise discrètement l’espace sonore _ musical _ de ce paisible lieu de bout du monde…
    …

    …

    La troisième des images choisies ici, fait partie, elle, de ma liste supplémentaire de 22.

    …

    Discrète _ elle aussi : c’est décidément un trait paradoxalement marquant de l’œuvre plossuien _, à la page 42 de l’album,

    son référencement « Ligurie, Italie, 2008« , n’a pas eu besoin de retenir le lieu précis de cette plage ligure ;

    comparable à bien d’autres, similaires…

    …

    …

    …

    Sa particularité est d’être beaucoup plus sombre que la plupart des autres images ;

    …

    il s’agit là d’une plage privée, comme bien d’autres, en Italie, sous un ciel noir assez menaçant,

    et, comme souvent, sans la moindre figure humaine.

    …

    Une sorte de contrepoint ligure sombre _ mais tout de même en couleur ! _

    au portique céleste _ assez lumineux lui _ de la « Plage Beau Rivage » de Nice…

    …

    …

    Ce mercredi 11 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’oeuvre de Dante rendue largement accessible en français : « La Vita nuova » et « Le Banquet », après « La Divine Comédie », traduits par René de Ceccatty _ ou l’art de la « télétransportation »

    René de Ceccatty publie,
    et à nouveau aux Éditions du Seuil,
    deux nouvelles passionnantes traductions de l’œuvre de Dante (Florence, 1265 – Ravenne, 1321) :
    …
    …
    La Vita nuova (et les Rime),
    ainsi que Le Banquet,
    …
    complétant ainsi son magnifique effort de rendre un accès beaucoup plus aisé _ ainsi que large _ à l’œuvre de Dante, au lectorat français.
    …
    …
    Je viens d’en lire les deux Introductions,
    L’Allégorie et la confidence,
    et L’Herméneutique de la digression,
    respectivement de 19 et 43 pages ;
    …
    dans lesquelles René de Ceccatty explicite superbement
    ce qu’a été la spécificité _ poético-philosophique, d’abord, mais bien davantage encore _ de ces projets d’écriture de Dante,
    dans La Divine Comédie, La Vita nuova (et les Rime), ainsi que Le Banquet.
    …
    …
    Ces nouvelles 62 pages _ 19 plus 43 _ d’introduction à l’œuvre de Dante
    s’ajoutent aux 81 de l’Introduction de René de Ceccatty à sa traduction de La Divine Comédie,
    auxquelles il avait donné le titre de Les Sourcils de l’aigle et la pluie d’été ;
    …
    ce qui fait un total de 143 pages d’analyses et commentaires de la plus grande précision _ et scrupulosité d’érudition ; sans rien qui alourdisse notre lecture en continu des œuvres de Dante… _ de la part de René de Ceccatty.
    …
    …
    On peut ajouter à ce très important travail de traduction
    _ de Dante _ de l’italien au français
    la traduction en français,
    parue dans la collection Poésie/Gallimard en septembre 2018,
    du merveilleux Canzoniere de Pétrarque (Arezzo, 1304 – Arqua Petrarca, 1374),
    précédée d’une riche introduction de 57 pages, intitulée L’Image indestructible.
    …
    …
    Bien que non universitaire _ mais diplomé de philosophie à la Sorbonne _,
    René de Ceccatty,
    par ce très conséquent travail de traduction _ avec la variété de ses diverses et nombreuses exigences, notamment poétiques au premier chef, mais philosophiques aussi _,
    est maintenant plus que jamais à même d’honorer
    à un plus haut d’exigence intellectuelle
    l’invitation qui lui a été faite de participation aux cérémonies officielles du 700 éme anniversaire de la mort de Dante
    _ pour lesquelles René de Ceccatty sera le seul intervenant non italien…
    …
    …
    J’ai relevé,
    à la page 46 de l’Introduction au Banquet,
    l’usage, à nouveau,
    après l’hapax de la page 306 de son magnifique travail autobiographique
    _ cf mon article du 12 décembre 2017 :  ; et le podcast de notre entretien (de 72′) à propos de ce livre, ainsi que de la traduction de La Divine Comédie, au Studio Ausone, le 27 octobre 2017… _
    du terme de « télétransportation » ;
    qui dénote et révèle ce qu’offre de plus précieux l’imageance poïétique.
    …
    …
    Dante,
    penseur majeur et crucial de la culture européenne,
    rendu accessible _ sans excès de notes d’érudition : limitées le plus possible… _ au plus large lectorat de langue française…
    …
    C’est tout à fait passionnant !
    …
    …
    Ce lundi 9 septembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa