Étiquette : théâtre

  • Trois douloureuses pertes de l’art du chant français : Gabriel Bacquier, Mady Mesplé, Janine Reiss, ce printemps dernier

    L’art _ si merveilleusement fin _ du chant français

    vient de subir trois pertes,

    ce printemps qui vient de s’achever.

    …

    Avec les décès de

     Gabriel Bacquier (Béziers, 17 mai 1924 – Lestre, 13 mai 2020), baryton,

    Mady Mesplé (Toulouse, 7 mars 1931 – Toulouse, 30 mai 2020), soprano,

    et Janine Reiss (1921 – Deauville, 1er juin 2020), maître de chant.

    …

    …

    Pour Janine Weiss,

    voici la vidéo de cette interview _ superbe _ de la Radio-Télévision Suisse, le 22 juin 1982,

    pour le récit de sa rencontre avec Maria Callas.

    …

    Ainsi que le livre passionnant qui lui a été consacré, aux Éditions Actes-Sud, en 2013 :

    La Passion prédominante de Janine Reiss : la voix humaine.

    …

    …

    Pour Gabriel Bacquier 

    et pour Mady Mesplé,

    si merveilleusement idiosyncrasiques, tous deux, de l’art du chant français,

    …

    je renvoie aux deux superbes articles d’hommages,

    d’une brillante justesse !,

    que leur ont consacré, dans le magazine Diapason de ce mois de juillet,

    Ivan A. Alexandre, aux pages 12-13,

    et Jean-Philippe Grosperrin, aux pages 14-15.

    …

    Et page 16, Benoît Fauchet rend hommage à Janine Reiss.

    …

    …

    Et dans le numéro de juin 2020, l’hommage à Gabriel Bacquier de Jean-Charles Hoffelé

    est tout aussi juste et splendide

    que celui d’Ivan A. Alexandre dans le numéro de juillet de Diapason :

    …`

    Hoffelé,

    avant Ivan A. Alexandre le mois suivant (« Le théâtre, tout est là. Théâtre du jeu, mais aussi théâtre du phrasé, de la couleur, jusque dans la mélodie française, Duparc, Poulenc, vivifiés par l’insolence de son timbre. Jeune homme, (…) il suivait en auditeur libre les cours de Louis Jouvet. D’où part le geste ? A quoi sert-il ? Où se pose le regard quand on ordonne, quand on attend, quand on ment ? Que pèse, au milligramme, ce verbe, cet adjectif, ce demi-soupir ? Qu’est-ce que jouer juste ? Harry Baur baryton« ),

    rappelait lui aussi et déjà que Bacquier « était avant tout acteur » ;

    que, en 1960, « Gabriel Dussurget remarque sa voix autant que son maintien. A ce baryton qui sait charbonner son timbre, il offre Scarpia, Don Giovanni, l’établissant à Garnier, puis à Aix qui vient de s’inventer, ramenant Bacquier quasi chez lui.

    Son verbe à la ville roulait des accents occitans, mais qu’il chante seulement en français, et un français de haute école résonnait. Le timbre plein, savoureux, rond mais ardent, la voix longue, capable d’alléger à l’aigu qui feront triompher son Don Giovanni et son Comte des Nozze, n’encombraient jamais une diction éloquente, fruit d’une certaine école de chant française, qui le faisait successeur des Endrèze, des Vanni-Marcoux, des Blanc, diseur comme eux« …

    …

    …

    Des talents rares qui vont bien nous manquer…

    …

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    Ce jeudi 2 juillet 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le saisissant voyage musical du volume 8 de la série « Haydn 2032 » du Giardino Armonico, « La Roxolana » : Eisenstadt, Eszterhaza, Kromeriz, en Transylvanie et Constantinople

    L’entreprise haydnienne

    _ chez Alpha _

    de Giovanni Antonini et son Il Giardino Armonico,

    …

    envisageant de nous donner le tour complet des Symphonies _ au nombre de 104 _ de Joseph Haydn,

    accompagnées de musiques connexes qui mettent en valeur _ et fouillent et révèlent _ leur identité musicale

    …

    est d’ores et déjà une très grande réussite

    avec ses sept premiers volumes :

    …

    La Passione (Symphonies n° 39, 49 « La Passione » et 1 ; et l’Ouverture de Don Juan ou le Festin de pierre, de Christoph Willibald Gluck),

    Il Filosofo (Symphonies n° 46, 22 « Der Philosoph » et 47 ; et une Symphonie de Wilhelm Friedemann Bach),

    Solo e Pensoso (Symphonies n° 42, 64 et 4 ; et l’Ouverture de L’Isola disabitata),

    Il Distratto (Symphonies n° 60 « Il Distratto« , 70 et 12 ; et l’Ouverture de Il Maestro di cappella, de Domenico Cimarosa),

    L’Homme de génie (Symphonies n° 80, 81 et 19 ; et une symphonie de Joseph Martin Kraus),

    Lamentatione (Symphonies n° 3, 26 « Lamentatione« , 79 et 30 « Alleluja« )

    et Gli Impresari  (Symphonies n° 67, 65 et 9 ; et l’Ouverture de Thamos, König in Egypten, de Wolfgang Amadeus Mozart)

    …
    …

    Or voici que le volume 8 La Roxolana

    nous offre,

    …

    en plus des Symphonies n° 63 « La Roxolana« , 43 « Mercury » et 28 de Joseph Haydn,

    …

    un passionnant détour

    par, d’une part, les 7 Danses populaires roumaines de Bela Bartok

    et, d’autre part, la Sonate anonyme Jucunda (de Kromeriz, vers 1677-1680)

    _ peut-être une œuvre de Paul Joseph Vejvanovsky.

    …
    …

    Au principe de cette vaste entreprise

    de très longue haleine,

    …

    une intuition du musicologue autrichien Christian Moritz-Bauer

    selon qui la genèse des diverses Symphonies de Joseph Haydn

    aurait partie assez étroitement liée

    à l’intérêt porté à des musiques de scène

    données à la cour même des princes Eszterhazy

    _ à Einsenstadt et à Eszterhaza _,

    ou dans leur cercle viennois…

    …

    …

    Le résultat musical discographique

    est proprement enthousiasmant.

    …

    …

    Jamais la musique de ce facétieux Joseph Haydn

    _ lui qui a donné tant d’importance à l’humour du scherzo… _

    n’a sonné avec tant de vie et de lumières…

    …
    …

    Ce vendredi 31 janvier 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’entretien d’Hélène Cixous avec Francis Lippa : « podcast de la semaine », après « vidéo de la semaine » précédente

    Double récompense

    sur le site de la librairie Mollat

    pour l’entretien du jeudi 23 mai dernier, à la Station Ausone,

    d’Hélène Cixous avec Francis Lippa,

    à propos du magnifique 1938, nuits, aux Éditions Galilée, d’Hèléne Cixous.

    …

    Ce vendredi 14 juin, en effet,

    au podcast de cet entretien

    est décerné le label « podcast de la semaine » de la librairie ;

    …

    alors que le vendredi 7 juin à la vidéo de cet entretien

    avait été décerné le label de « vidéo de la semaine« 

    de cette même librairie Mollat.

    …

    …

    Assez étrangement,

    l’impression ressentie au visionnage de la vidéo 

    diffère de l’impression ressentie à l’audition du podcast.

    …

    …

    Voici ce qu’avant hier j’écrivais de mes impressions là-dessus à un ami,

    en accompagnement d’un lien à cette vidéo :

    …

    …

    La vidéo de mon entretien avec Hélène Cixous chez Mollat est parue ;

    …

    et étrangement, à ma grande surprise _ tant je préfère le pouvoir de la voix à celui de l’image _, cette vidéo apporte (et découvre) beaucoup par rapport au podcast :
    …
    probablement du fait d’une certaine théatralité _ dénuée de toute ostentation : elle lui échappe plutôt ; et est absolument « naturelle«  ! et splendidement éloquente… _
    d’Hélène Cixous
    en ce qui vient sourdre d’elle dans l’entretien
    à partir de pertinentes questions ;
    …
    théâtralité soft et en rien exhibitionniste, chez elle,
    que l’on peut ressentir déjà à l’écoute, dans les inflexions et les rythmes naturels _ extraordinaires ! _ de sa voix,
    mais qui devient ici absolument visible _ aussi _, patent _ fulgurant même _, à l’image.
    …
    J’en suis le premier tout étonné…
    …
    Bien sûr le visionnage _ mais c’est déjà le cas de l’audition _ requiert un temps dont on ne dispose pas forcément
    dans le monde hyper-bousculé et sur-occupé d’aujourd’hui,
    du fait des conditions de travail _ pressurisé _ de la plupart…
    …
    Mais qui sait ? L’expérience en est assez significative.
    …
    Ce cas d’Hélène Cixous est en tout cas bien intéressant…
    De même que son œuvre _ magistrale.
    …
    J’espère qu’un jour, après Osnabrück, elle s’intéressera aussi à Dresde,
    où sa grand-mère a peut-être _ même si elle en disconvient au micro quand je le lui demande _ passé les années d’Hitler au pouvoir, de 1933 à 1938 ;
    même si il est plus commode pour l’auteure du livre qu’elle est peut-être d’abord ici
    de mettre en avant le théâtre et l’image de la cité d’Osnabrück _ plutôt que Dresde ;
    qui a aussi sa part, passablement chargée, au sein de l’Histoire allemande sous Hitler.
    …
    Car c’est bien à Dresde que sa fille Ève était venue pour la dernière fois rendre visite en Allemagne à sa mère Rosie, peut-être en 1934…
    Et pas à Osnabrück…
    …
    Et il est peu probable que le consul de France à Dresde, en 1938, ait pris la peine d’écrire à Osnabrück, et tout spécialement à Rosie Klein,
    pour lui conseiller de fuir au plus vite l’Allemagne après la Kristallnacht, grâce à son passeport français…
    …
    Il me semble par conséquent que c’est plutôt à Dresde que ce contact _ et amical conseil _ consulaire a eu lieu…
    …
    Les deux villes sont toutes deux très emblématiques _ cf la Dresde au quotidien des jours du nazisme, de Victor Klemperer en son extraordinaire Journal… : un témoignage absolument indispensable ! _,
    mais pas pour les mêmes raisons.
    …
    Mais il faut aussi souligner que l’écriture d’Hélène Cixous, en ce 1938, nuits, est d’abord de l’ordre de la littérature ;
    et pas de l’ordre de l’enquête historique…
    …
    D’ailleurs, au cours de l’entretien,
    l’auteure nous prévient elle-même de ne pas prendre nécessairement pour vérité de fait sa présentation dans 1938, nuits, du document de Siegfried-Fred Katzmann _ qu’elle aurait peut-être, affirme-t-elle non sans humour, inventé… _ ;
    alors que ce document de Fred Katzmann est accessible _ et de son initiative _ sur le web…
    …
    …
    Même si Hélène Cixous met aussi en relief la nécessité pour son récit _ de littérature d’absolue liberté… _ de disposer d’un fond historique _ de grande dimension en son fond tragique _ de vérité.
    …
    …
    Ce vendredi 14 juin 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • La virtuosité de la brillante Emöke Barath dans un éclatant récital du premier Baroque italien

    Au sortir d’écoutes enchantées

    de divers récitals

    de sublimissimes Madrigaux italiens de la Renaissance,

    …

    tout spécialement pour la cour ultra-raffinée des Este

    à Ferrare

    _ que de merveilles de poésie !!! _,

    …

    la virtuosité exacerbée

    de la très brillante soprano Emöke Barath,

    …

    servant des compositeurs _ surtout pour le théâtre public, et à Venise _

    tels que Barbara Strozzi (Venise, 1619 – Padoue, 1677),

    Antonio Cesti (Arezzo, 1623 – Florence, 1669),

    Francesco Cavalli (Crema, 1602 – Venise, 1676) ;

    …

    mais aussi Tarquinio Merula (Busseto, 1595 – Crémone, 1665)

    _ avec aussi quelques pièces instrumentales du très brillant, lui aussi, Biagio Marini (Brescia, 1594 – Venise, 1663) _,

    …

    touche et émeut un peu moins, dois-je dire, ma sensibilité.

    …

    …

    Cet éclatant et très beau récital,

    intitulé Voglio cantar,

    …

    dispose aussi du somptueux tapis _ pré-orchestral, déjà _,

    de l’excellent ensemble Il Pomo d’Oro,

    dirigé ici _ depuis le clavecin _ par Francesco Corti :

    …

    soit un CD Erato 0190295632212.

    …

    …

    Voici donc un CD qui me paraît plutôt constituer

    une luxueuse carte de visite

    pour une brillantissime cantatrice,

    déjà bien remarquée dans pas mal de très réussies _ voire marquantes _ productions d’opéras

    du Baroque,

    de par toute l’Europe ;

    …

    qu’un programme centré sur le touchant des œuvres.

    …

    …

    Ce jeudi 31 janvier 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa