Étiquette : traces

  • Apprécier la présentation par Christophe Bouton, en conversation à la Station Ausone avec Thomas Blanchard, de son passionnant « Sur les Traces du temps », analysant lumineusement les modalités ontologiques réalistes de puissance, présence et traces du temps : la vidéo de la rencontre du mardi 27 janvier dernier…

    Mardi 27 janvier dernier, à la Station Ausone de la Librairie Mollat à Bordeaux, l’excellent philosophe du temps qu’est l’ami Christophe Bouton, en entretien avec son collègue de l’Université Bordeaux-Montaigne Thomas Blanchard, a présenté son nouveau magistral travail « Sur les traces du temps » – le bandeau bleu apposé par les Éditions de Minuit porte l’inscription, particulièrement adéquate : « Le Temps reconsidéré » : rien moins que cela, en effet !..

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    En voici un lien à la vidéo (d’une durée de 60′), absolument passionnante…

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    Et le lendemain de cette très claire soirée, je me suis empressé d’adresser le courriel suivant à Christophe Bouton, pour le remercier une nouvelle fois, et de son magistral travail philosophique de fond, et de sa prestation clarissime à la Station Ausone : lumineux l’un et l’autre.

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    Cher Christophe,

    Encore bravo pour ta lumineuse présentation hier soir de ta lumineuse ENQUÊTE « Sur les traces du temps » , bien entendu une enquête à poursuivre,
    ainsi que tu l’annonces toi-même à la page 595 :
    « Il s’agit simplement d’esquisser trois traits saillants – puissance, présence , traces – de l’être humain liés à son rapport au temps – à sa temporalité – , sachant qu’il conviendrait, dans des travaux futurs – nous y voilà ! tu les annonces ici… – , d’historiciser ce modèle conceptuel en fonctions des époques, des aires culturelles et géographiques «  .
    Ta démarche est profondément philosophique : tu mets en œuvre, comme le met en lumière Deleuze, de nouveaux concepts, très efficients.
    C’est à la fois passionnant et très riche, et cela avec une profonde humilité ; et une lumineuse clarté !!!
    Et sur mon blog encherchantbien.fr , j’ai consacré plusieurs articles à mes lectures de Baptiste Morizot, qui s’intéresse de près, sur le terrain, aux traces animales (loups, ours, panthères des neiges, etc.), dont j’ai beaucoup apprécié son « Sur la piste animale« …
    Chercher et découvrir prend appui sur l’attention perspicace et prospective aux « traces« …
    Encore bravo ! T’écouter et te lire apprend beaucoup…
    Bien à toi, cher Christophe,
    Francis
    et Titus Curiosus sur mon blog
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    Partant de la conviction qu’il faut libérer la pensée du temps du primat ontologique du présent, Christophe Bouton affirme que l’avenir, le présent et le passé existent – ontologiquement, très réalistement – tout autant, mais selon des modalités différentes. Une analyse selon trois catégories principales, la puissance, la présence et la trace, qui s’appliquent au monde physique mais aussi aux êtres humains.
    Qu’est-ce que le temps ? Constitue-t-il une réalité autonome ou une simple relation entre les êtres ? Un élément irréductible du monde ou une forme de la conscience, voire une illusion subjective ? S’écoule-t-il vers le passé ou vers l’avenir ? Est-il réversible ou irréversible ? Peut-il même être défini ? Ce livre se propose d’instruire ces questions à nouveaux frais – oui – , en s’appuyant sur plusieurs apports récents de la philosophie et des sciences de la nature. Son point de départ est la conviction qu’il faut libérer la pensée du temps du primat ontologique du présent – et son corollaire, le présentisme – , qui consiste soit à affirmer que seul le présent existe, en reléguant le passé et l’avenir dans le néant, soit à concevoir ceux-ci sur le modèle du présent, dont ils ne seraient que des formes dérivées ou dégradées. L’avenir, le présent et le passé existent tout autant – voilà – , mais selon des modalités différentes que cette enquête se donne pour tâche d’analyser – c’est cela – selon trois catégories principales, unies comme les volets d’un triptyque : la puissance, la présence et la trace. Si ces trois concepts s’appliquent en premier lieu au monde des choses et des événements, la dernière étape de cet ouvrage examine la forme spécifique qu’ils revêtent pour les êtres humains.

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    Un travail philosophique magistral, et qui fait date…

     

    Et qui poursuit les analyses lumineuses de ses précédents « Le Temps de l’urgence« , paru en 2013, puis, augmenté, en 2025, au Bord de l’eau,

    et « L’Accélération de l’Histoire – Des Lumières à l’Anthropocène« , paru en 2022 au Seuil ;

    auxquels j’avais consacré des articles

    en date du 25 avril 2013 « Le défi de la conquête de l’autonomie temporelle (personnelle comme collective) : la juste croisade de Christophe Bouton à l’heure du « temps de l’urgence » et de sa mondialisation » pour « Le Temps de l’urgence« 

    et des 8 février « En attendant la vidéo de la 3e conférence de la session 2022-2023 de notre Société de Philosophie de Bordeaux, autour de « L’Accélération de l’Histoire _ des Lumières à l’anthropocène » de Christophe Bouton, un bref rappel d’avril 2013 à propos de son déjà très lucide « Le Temps de l’urgence »…« 

    et 8 mars 2023 « Méditer maintenant la passionnante vidéo de l’entretien entre Christophe Bouton et Pierre Crétois, à la Station Ausone, le 7 février 2023, autour du très riche et considérablement perspicace « L’accélération de l’Histoire : des Lumières à l’Anthropocène » de Christophe Bouton… » pour « L’Accélération de l’Histoire – Des Lumières à l’Anthropocène« …

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    Christophe Bouton est maintenant aussi, avec ce magistral « Sur les traces du temps« , un incontournable philosophe de l’ontologie réaliste du temps…

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    Ce mercredi 4 février 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Admirer le merveilleux « Sur la piste animale » de Baptiste Morizot pour ses analyses ultra-sagaces de la curiosité ardente en ses actes complexes, inventifs et féconds, en situations sur divers terrains de pistage très concrets : Alpes, Rocheuses, Himalaya…

    En son absolument magnifique « Sur la piste animale » paru chez Actes-Sud en 2018, Baptiste Morizot nous offre d’ultra-sagaces aperçus-analyses de la curiosité-pistage en actes – ultra-concrets et très détaillés en leur complexité ultra-nécessaire chaque fois – sur le terrain, et cela quel qu’il soit, ce terrain de recherche-pistage : de loups dans les Alpes, d’ours dans les Rocheuses, de panthères dans l’Himalaya, etc.

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    C’est la citation que le claveciniste magnifique Pierre Gallon a placée en exergue du livret – à la page 4 – de son merveilleux double album L’Encelade ECL 2103 « Bach – Suites françaises«  – cf l’admiration que j’y exprime pour ce CD en mon article « Découvrir et admirer le superlatif jeu de clavecin de Pierre Gallon, dans les Suites françaises de Bach, comme dans celles de Louis Couperin… » en date du 13 décembre dernier – qui m’a fait me précipiter vers ce livre du philosophe que je n’avais pas encore lu jusqu’ici, alors même que nous avions évoqué – je m’en souviens fort bien ! – de faire venir Baptiste Morizot à notre Société de Philosophie de Bordeaux une de ces dernières années – et je ne me rappelle pas, en revanche, pour quelles circonstances cela n’avait pas pu se réaliser…

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    La voici donc, cette incisive et marquante citation-indice : « Nul ne peut exister sans laisser de traces. (…) Le pistage n’est pas une science exacte : c’est une science-action où chaque hypothèse oriente le pas et le regard ailleurs – où elle aiguillonne le désir non de conclure, mais de chercher encore », que l’on trouve à la page 121, au chapitre « L’art discret du pistage« , de ce très riche « Sur la piste animale » de Baptiste Morizot.

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    Voici donc quelques autres passages de Baptiste Morizot que j’ai surlignés à ma première lecture :

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    _ « Vivre, c’est être généreux en signes. C’est donner des signes à tous, à son corps défendant, sans le désirer, sans qu’ils soient appropriables : c’est la définition phénoménologique d’un don pur. Donner et recevoir des signes, en échanger, c’est le fondement et la nature de la grande politique vitale qui tisse les vivants dans la communauté écologique. La pratique du pistage apparaît comme une pratique symétrique du point de vue géopolitique : ce n’est pas seulement lire les signes, mais tout à la fois être lu par d’autres », page 127.

    _ « Le point fixe du déplacement qui caractérise le pistage, c’est le corps : on ne voyage pas hors du corps, et il n’y a personne pour voyager hors de lui. Il n’y a que du corps. Mais ce n’est pas le même corps que celui des naturalistes : le corps-matière véhicule de l’esprit désincarné. (…) Dans la métamorphose du pisteur, ce sont les invites de l’animal dont on hérite, ce sont elles qui nous animent parfois, lorsqu’on s’est rendu assez disponible, lorsqu’on a suffisamment travaillé à sa propre disparition. (…) De telle sorte qu’en toute rigueur, il ne s’agit pas de se déplacer dans l’esprit d’un autre, mais dans son corps : c’est son corps avec ses puissances de voir et de faire propres qui fonde sa perspective sur le monde. (…) Il s’agit d’ »activer en soi les pouvoirs d’un corps différent ». (…) C’est la perspective sur le monde qui se métamorphose, en tant qu’elle est commandée par le corps lui-même, mais en un sens non naturaliste : le corps comme attracteur d’invites spécifiques. Il s’agit « d’activer en soi les pouvoirs d’un corps différent », c’est-à-dire d’accéder aux invites propres à un autre corps. (…) Dans la métamorphose du pisteur, ce sont les invites de l’autre qu’on va chercher. Lorsque parfois cela fonctionne, on voit pour un moment ce col comme le loup le voit, il nous invite en tant que loup, il invite le loup qu’un instant on est devenu. C’est peu spectaculaire, et à visée pratique, mais ça n’en est pas moins intrigant. (…) Le pistage revient à emprunter de temps en temps, et pas à volonté, le corps d’un autre animal qui est une perspective configurant le monde autour. C’est à cause, par, grâce, à partir de son corps qu’un animal (nous compris) déploie une perspective sur le monde qui l’entoure, c’est-à-dire qu’il isole des saillantes, des invites dans les espaces qu’il traverse », pages 130 à 134.

    _ « On pourrait appeler pistage écosensible toute attention d’un vivant aux signes des vivants, à tout indice des structures immatérielles qui les régissent, à toute trace qui les concerne, engage leur manière d’habiter et de cohabiter, et appelle l’enquête. (…) Par pistage, il faut entendre ici toute aptitude à accéder à l’immatériel et à l’invisible structurant des communautés de vie à partir d’éléments empiriques versatiles et invisibles pour d’autres. « Tu ne peux pas exister sans laisser de traces » est la formule magique du pisteur. Elle fait lever les signes. (…) Le pistage (…) transforme l’expérience de la nature () en une immersion avide de signes dans des habitats partagés et enchevêtrés. L’écosensibilité passe par des expériences qui consistent à repeupler des espaces vidés par les présences qui les constituent, les habitent, se lient les unes aux autres , et à soi. (…) L’art du pistage revient à faire lever les peuples invisibles qui habitent avec nous ce monde en décryptant les indices visibles. (…) Pister restitue ici cet état intérieur devenu rare : l’état d’alerte, d’attention flottante et amoureuse à l’égard de l’imprévu. À l’aube, partir juste pour rencontrer, sans savoir qui ni quoi. C’est un nom possible de la vie. », pages 138 à 142,

    tous extraits de ce même formidable chapitre « L’art discret du pistage« .

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    Et aussi :

    _  « La dopamine serait l’hormone, non du plaisir, mais de la quête. Le pistage comme ardente recherche, ce serait l’essence animale de la quête humaine. L’ensemble complexe des émotions d’intérêt, d’anticipation, de curiosité attentive, d’énergie inépuisable, de sensation de flow, serait une exaptation, donc un détournement, d’un circuit cérébral dont la fonction originelle était de nous intéresser immodérément à ce qui était important pour notre survie : suivre et trouver l’animal fuyant. « Nous restons vifs et alertes dans les forêts disparues du monde ». (…) « Être du bond. N’être pas du festin, son épilogue », écrit René Char dans les Feuillets d’Hypnos », pages 185-186, du chapitre final « L’Origine de l’enquête« .

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    Un admirable passionnant – et très poétique aussi – travail de Baptiste Morizot, philosophe dynamique de terrain, né à Draguignan le 26 septembre 1983,

    qui vient éclairer aussi au passage ce que j’ai nommé, d’après Marie-José Mondzain, « Imageance « …

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    Ce mercredi 17 décembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa