Étiquette : transcendance

  • Accéder à nouveau à l’œuvre d’Olivier Greif (1950 – 2000) via le CD « coincidentia oppositorum – Bach – Greif – Liszt » d’Aline Piboule, après le CD « Danse des morts » de L’Atelier de Musique dirigé par Pierre Dumoussaud : la profonde et fondamentale intégrité musicale d’Aline Piboule en son jeu, comme en la composition maîtrisée de ses programmes…

    Hier mardi 21 juillet, en fouillant parmi les riches bacs de mon disquaire préféré, je suis tombé sur un CD d’Aline Piboule, pianiste que j’affectionne tout particulièrement, le CD Artalinna ATL A044 « coincidentia opposotorum – Bach – Greif – Liszt » – enregistré à l’Arsenal de Metz du 26 au 29 avril 2023 – , qui ne figurait pas jusqu’ici dans ma discothèque personnelle, et que je me suis empressé, bien sûr, d’acquérir et écouter – à écouter aussi ici en son intégralité… 

    …

    Olivier Greif (Paris, 3 janvier 1950 – Paris, 13 mai 2000) n’est pas un compositeur dont la fréquentation de l’œuvre m’est familière, même si je possède un CD à son « Danse des morts » consacré – en regarder ici la vidéo d’une brève (1′ 56) mais intéressante présentation par les interprètes : Pierre Dumoussaud, Philippe Hattat, Edwin Fardini… – , le CD B Records LBM 035 – enregistré Live à Deauville le 1er mai 2021 – ,

    qu’abordait circonstanciellement, à partir du nom du pianiste Philippe Hattat, mon article « Comment ma curiosité et le nom de Philippe Hattat m’ont conduit à la découverte de l’oeuvre d’Olivier Greif (1950 – 2000) » en date du 14 avril 2022,

    un article qui donnait aussi à écouter, au passage, les « Chants de l’âme » d’Olivier Greif :

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    Comment ma curiosité et le nom de Philippe Hattat m’ont conduit à la découverte de l’oeuvre d’Olivier Greif (1950 – 2000)

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    Comment ma curiosité et le nom de Philippe Hattat

    m’ont conduit à la découverte de l’œuvre d’Olivier Greif (1950 – 2000) :

    …

    c’est un article de ResMusica « Le label b-records lance la plateforme de streaming b-concerts » d’avant-hier 12 avril, qui m’a mené à un autre article – signé Jean-Christophe Le Toquin – du même site ResMusica du 5 avril 2020,

    intitulé, lui, « Les chants de l’âme d’Olivier Greif par Marie-Laure Garnier« ,

    qui m’a mené, lui, au nom du pianiste Philippe Hattat.

    …

    Ce qui m’a immédiatement ramené,

    au delà et en-deçà de mon article du 1er septembre 2020 « « ,

    à mes articles de recherches ravéliennes de juillet et septembre 2019,

    qui ont bénéficié de très bienvenus apports de la curiosité (et très aimable aide à ma recherche) de Philippe Hattat – ce fut le 13 juillet 2019, puis le 25 septembre 2019 –

    …

    d’abord à celui-ci, très important, du 15 juillet 2019, «  «  ;

    …

    et puis à ceux-là, des 24 et 30 septembre 2019 :

    « « 

    et surtout « « 

    …

    Voilà les raisonnements et démarches – en rhizomes – qui m’ont donc conduit à découvrir – enfin ! comment avais-je pu jusqu’ici passer à côté ?.. – la musique majeure d’Olivier Greif,

    et, qui plus est, grâce à des enregistrements discographiques comportant la présence au piano de Philippe Hattat

    …

    Illico presto, hier, j’ai pu mettre la main sur le CD B-Records LBM 035 de la « Danse des morts » ;

    …

    et ce jour, je vais chercher en chasse – hélas en vain… – d’un exemplaire du CD B-Records LBM des « Chants de l’âme » d’Olivier Greif

    …

    Mais voici, déjà, de quoi écouter, de ces « Chants de l’âme » d’Olivier Greif,

    ses 9 moments,

    sur des poèmes de Poètes métaphysiciens anglais, dont John Donne – que j’aime tant ! – ,

    ainsi que le plus tardif William Blake 

    …

    1 The Tyger 3’ 08
    2 Deniall 5’ 49
    4 Sic Vita 2’ 44
    6 Virtue 4’ 11
    7 Song 4’ 09
    8 Mortification 8’22
    9 Peace 6’ 08

    …

    Et, en bonus,

    toujours d’Olivier Greif,

    son « Tombeau de Maurice Ravel » pour Piano à 4 mains (d’une durée de 17′ 36) ;

    …

    ce qui s’impose ici…

    …

    À suivre…

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    Ce jeudi 14 avril 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

    …

    …

    À ce CD Artalinna ATL – A044 « coincidentia oppositorum – Bach – Greif – Liszt » d’Aline Piboule,

    Jean-Charles Hoffelé avait, le 4 juillet 2024, consacré un article intitulé « Le plein et le vide » qui ne m’avait assurément pas marqué,

    et que voici, dominé par une critique assassine, non pas du jeu d’Aline Piboule, admiré lui, mais de la composition d’Olivier Greif,

    en ce disque qualifié par le critique de « si noir« …

    …

    Et qu’on en juge ici : 

    …

    LE PLEIN ET LE VIDE

    …

    Dans un beau texte – oui – Aline Piboule avoue son amour – oui, empreint d’une certaine touche de mysticisme : elle déclare ainsi, assez elliptiquement, ceci de très personnel, dans le livret : « La musique m’a sauvée, j’ai pu m’y engouffrer à des moments où être seule n’est pas conseillé, et ces deux compositeurs – Greif et Liszt – tous deux pianistes de génie, m’ont accompagnée dans cette quête vers la transcendance« … – des œuvres d’Olivier Greif. Elles me sont toujours tombées des mains et des oreilles – rien moins ! – , et ce n’est pas le ressassement de Domino – la chanson – qui balbutie en boucle à l’ouverture de la 21e Sonate (je préfère la chanson in extenso, plutôt par Lucienne Delyle que par André Claveau) qui allégera l’ennui qui me gagne.

    …

    Bon, allez, si vous aimez les œuvres d’Olivier Greif, qui sont toujours accompagnées du pistolet pour vous révolvériser – pan ! – , vous admirerez l’art qu’y met la pianiste – voilà, voilà – , cet art que je préfère lorsqu’elle l’emploie à la nudité – magnifique, en effet ! – de ce Bach qui ouvre le disque – à écouter ici… – , à la rumeur mystique de Bénédiction de Dieu dans la solitude, au sombre de la Deuxième Ballade – de Liszt – , où ses timbres, son clavier profond – voilà ! – trouvent des chefs-d’œuvre à tutoyer. Et puis à la fin, ce petit Bach/Petri, fragile rayon d’un soleil que je croyais banni de ce disque si noir – l’expression que je viens de souligner pour qualifier l’appréciation générale de Jean-Charles Hoffelé sur ce disque…

    …

    LE DISQUE DU JOUR

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    Coincidentia oppositorum

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    Johann Sebastian Bach(1685-1750)
    Ich ruf zu dir Herr Jesu Christ, BWV Anh.73 (version jouée au piano)
    Aria « Schafe können sicher weiden » (No. 9, extrait de la Cantate « Was mir behagt, ist nur die muntre Jagd », BWV 208 ; version pour piano seul : Egon Petri)

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    Franz Liszt (1811-1886)
    Ballade No. 2 en si mineur, S. 171
    Bénédiction de Dieu dans la solitude (No. 3, extrait des « Harmonies poétiques et religieuses III, S. 173 »)

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    Olivier Greif (1950-2000)
    Sonate pour piano No. 21, Op. 303 « Codex Domini »
    Three Poems of Li T’ai Po (Sonate pour piano No. 18), Op. 76

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    Aline Piboule, piano

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    Un album du label Artalinna ATL-A044

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    Photo à la une : © DR

    …

    Afin de mieux juger,

    je propose ici à chacun d’écouter les 3 mouvements de la Sonate pour piano n°21, Op. 303 « Codex Domini », d’Olivier Greif,

    magnifiquement servis par Aline Piboule en ce CD :

     

    _ I. Varsovie / Prague (5′ 28)

    _ II. Munich (34″)

    _  III. (15′ 05)

    …

    Avec ce commentaire d’Aline Piboule en le livret de son CD :

    …

    « D’une noirceur redoutable – donc parfaitement assumée par elle en ce CD – , la Sonate « Codex Domini » d’Olivier Greif évoque la maladie, mais aussi, me semble-t-il, une certaine ambiguÏté empruntée à la chanson Domino : en témoigne l’aller-retour régulier entre profane et sacré, chanson populaire et choral religieux. Le rythme du troisième mouvement suggère même Lou Reed, et son exhortation à prendre le chemin du côté sauvage« .

    …

    Avec cette conclusion sienne, pour le choix par elle de ce programme Greif – Liszt – Bach pour ce CD :

    …

    « Cette capacité à la transcendance, à unir les opposés, comme leur profond humanisme, font des trois compositeurs de ce programme de grands passeurs. Par leurs musiques, ils nous accompagnent, tel Hermès, le conducteur des âmes, sur un chemin rempli d’embûches, menant à une fin énigmatique – à apprendre à affronter avec sérénité.

    L’éparpillement, la dissolution dans le cosmos chez Greif, la lumière et l’apaisement chez Liszt, l’humilité éternelle chez Bach : trois chemins différents, trois réponses au silence » – que propose la musique.

    …

    Un grand bravo et un profond merci à Aline Piboule, et la fondamentale intégrité musicale de son jeu en chacun de ses CDs…

    …

    Ce mercredi 22 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • De la double question de la composition d’un récital de concert et de la tenue d’un récitant à un concert de musique, en forme de suite au concert des Quatuors n° 2 de Lucien Durosoir et Leos Janacek du 1er mai dernier au château Mombet à Saint-Lon-les-Mines en Chalosse, pour le 3e Festival Durosoir…

    Mon article de réception « Immense concert Janáček – Durosoir hier soir au château Mombet à Saint-Lon-les-Mines, en Chalosse, par un Quatuor Diotima au plus haut inspiré, avec deux éblouissants et étourdissants chefs d’œuvre sublimes, le Quatuor à cordes n°2 « Lettres intimes » (de 1928), et le Quatuor en Ré mineur n° 2 (de 1922) : la puissance et la gloire… » du passionnant très beau concert « Janáček – Durosoir » du vendredi 1er mai dernier, au château Mombet à Saint-Lon-les-Mines, pour le 3e Festival Durosoir – le 1er Festival Durosoir, en mai 2024,  offrait un concert « Ligeti – Durosoir« , et le second, en mai 2025, un concert « Poulenc – Durosoir« … – , avec ces transcendants et foudroyants chefs d’œuvre de musique de chambre que sont ces sublimes  Quatuors n°2 de Leos Janáček (de 1928) et Lucien Durosoir (de 1922), vient de donner lieu à plusieurs échanges de courriels, centrés sur la double question de la composition – ardue – d’un récital de concert, et de la tenue – difficile et complexe – d’un récitant à un concert de musique,

    en forme de suite, maintenant, à ce que j’ai qualifié d’ »immense concert » de la part des splendides musiciens du Quatuor Diotima…

    …

    Voici donc ces successives réflexions de ma part, en courriels, hier à 10h 43,

    et puis, toujours hier, à 15h 26…

    …

    Un interprète, que ce soit un musicien ou un comédien, a pour impératif absolu – du moins à mes yeux – de servir avec la plus profonde humilité l’auteur ou le compositeur, et jamais se servir, lui – et encore moins se servir histrioniquement ! ou avec cabotinage auto-centré… – , d’eux…
    Même si ce n’est hélas pas toujours le cas, à une époque de narcissisme débridé étalé…
     
    Pour ce qui concerne la distinction que l’on peut faire entre « plaire au public » et « chercher à l’éduquer » : 
    il me faut constater que je n’ai bien sûr pas, pour ma modeste part de simple auditeur du concert, les responsabilités – financières aussi – d’organisation culturelle et artistique qui incombent aux décideurs du concert… Mais, dans mes humbles activités (mon blog encherchantbien.fr , mes chers entretiens enregistrés chez Mollat), je refuse absolument l’abaissement des exigences, et la complaisance à l’avilissement du public en vue du succès ou de l »approbation à tout prix… Et je suis heureux de voir les témoignages d’approbation (de clarté) de quelques récepteurs de mes entretiens : je ne les recherche pas, ces témoignages, mais quand il arrive qu’ils surviennent, ils me touchent…
     
    Surtout, j’espère que les santés de Luc et Georgie Durosoir vont leur permettre de continuer un bon bout de temps le service très actif et si fécond de leurs passions… Je vois leurs fatigues, comme je vois leurs incroyables énergies…
    Qu’ils se portent bien, tous les deux, et qu’ils soient heureux le mieux possible, en dépit des maux qui agressent leurs vénérables âges…
     
    J’aurais beaucoup aimé assister au concert, samedi 2 mai dernier, de Lorène de Ratuld (avec ce « Tombeau de Couperin » que j’aime tant !) ,
    mais les concerts de Saint-Lon-les-Mines ne débutant cette année qu’à 18h 30, je ne pouvais pas me permettre de risquer de rentrer la nuit tombée et sous la pluie à Bordeaux samedi soir…
    Déjà vendredi soir 1er mai je suis arrivé chez moi à Saint-Jean-de-Luz à 21h 15 : la nuit commençait juste à tomber, heureusement sans la pluie redoutée…
     
    Samedi 2 mai, après avoir déjeuné à 13h chez mon ami Dominique Raoux-Cassin, diplomate émérite (et mélomane ! Il a fait partie du comité de direction du Festival Ravel auprès de Jean-François Heisser) à son domicile de Saint-Jean-de-Luz, et après une passionnante riche conversation remarquablement informée, je suis rentré à Bordeaux en conduisant sous une pluie battante continue…
     
    Voilà ce que c’est que de prendre de l’âge…
    Francis
     
    P.s. :
    j’espère vivement que le programme du 4e Festival Durosoir de l’an prochain (2027) comportera, à côté des œuvres puissantes de Lucien Durosoir, des œuvres du niveau de qualité des chefs d’œuvre de Janáček et de Ligeti donnés au château Mombet en mai 2024 par les Tana et mai 2026 par les Diotima… 
    C’est ainsi que le nom de György Kurtag m’est venu à l’esprit (il a eu 100 ans le 19 février dernier !).
    Et il faudra bien sûr des interprètes de la qualité des Diotima et des Tana, s’il s’agit de Quatuors…
    Lucien Durosoir, si singulier, si puissant, si intense, si foudroyant parfois, apparaît mieux que jamais, grâce à de tels concerts, en Chalosse, comme un « moderne ». Et plus encore, et en sa sidérante singularité au sein de la musique française, comme un compositeur de génie magistral !
    Ainsi, le 12 avril 2013, en mon article « L’œuvre Durosoir au concert : les programmes qu Quatuor Equinoxe et du Trio Rilke aux concerts d’Hendaye les 6 et 7 avril 2013« , les noms de créateurs de cette transcendante hauteur qui m’étaient venus à l’esprit pour qualifier le genre de génie créateur de Lucien Durosoir, étaient-ils rien moins que ceux de Michel-Ange, sculpteur, Agrippa d’Aubigné, Walt Whitman, poètes, au côté du nom de Beethoven, en ses stupéfiants Quatuors…
    …
    Et puis, à 15h 26 : 

    …

    En recherchant dans mes archives le concert où j’avais pour la première fois écouté Mario Hacquard en récitant – c’était, cela je m’en souviens bien, au théâtre d’Hendaye – , je viens d’en retrouver à la fois la date (c’était le 12 novembre 2015), et surtout le courriel dans lequel je rêvais – déjà ! déjà ! – d’associer un Quatuor de Durosoir au 2e de Janáček (« Lettres intimes »), ou à un Quatuor de Bartok, ou de Chostakovitch, plutôt qu’au Quatuor de Ravel, pas assez « rude », disais-je ; aux « univers aux antipodes », écrivais-je même…
     
    Et je prévenais aussi :
    « l’association de lectures de textes – fussent les lettres de guerre de Lucien, et lues par son fils (et c’est bien plus fort que lues par un acteur !) – à des œuvres telles que ces Quatuors, doit être bien pensée »…
     
    Et même :
    « Pour le concert de Lorène de Ratuld, quel que soit le talent de Mario Hacquard – et l’articulation musique/ texte était fort bien calculée – , certaines intonations (même rares) m’ont gêné ;
    et pour avoir été moi-même récitant lors de concerts, je sais combien c’est extrêmement difficile.
    En cela, je pense que Luc est bien mieux en place dans un tel exercice qu’un quelconque comédien, fut-il excellent.
    À cet égard, j’ai bien apprécié la sobriété de la comédienne à l’Hôtel de ville d’Hendaye – c’était le 13 novembre 2015 –  : elle a été parfaite, pour moi…» .

     

    Je constate ainsi que je ne varie pas beaucoup dans mes appréciations (jouissances et irritations) d’après-concert !
     
    Le récitant doit se faire petit, tout petit, et le plus neutre et sobre possible ! Car c’est la musique seule qu’il faut servir !!!
     
    Francis
    …
    Début du message réexpédié :
    De: Francis Lippa
    Objet: le Quatuor Arnaga
    Date: 16 novembre 2015 à 08:11:11 UTC+1

     

    Ce n’était donc pas la première fois que le Quatuor Arnaga jouait ce programme de Quatuors, constitué de celui de Ravel et du 3e de Durosoir.

     
     
    Associer ces 2 sublimes Quatuors ne va cependant pas de soi, du moins pour les oreilles du public.
    Le contraste est même assez difficile à accepter à l’écoute je dirais naïve au concert, tant leurs univers sont aux antipodes.
    Après le charme (même sombre) de Ravel, la force quasi brute (michelangelesque…) de ce 3e de Durosoir 
    – « musique d’après la guerre » avais-je écrit à mon écoute du CD, l’été 2008 ; et je maintiens plus que jamais cette expression ! –
    commence par agacer et agresser les oreilles non apprêtées…
     
    Peut-être faudrait-il tenter d’associer au 3e de Durosoir un Quatuor plus « rude » : le 2d de Janacek, un de Bartok, ou de Chostakovitch.
     
    De même, l’association de lectures de textes – fussent les lettres de guerre de Lucien, et lues par son fils (et c’est bien plus fort que lues par un acteur ! – à des œuvres telles que ces Quatuors
    doit être bien pensée…
     
    Pour le concert de Lorène de Ratuld,
    quel que soit le talent de Mario Hacquard – et l’articulation musique/ texte était fort bien calculée – , 
    certaines intonations (même rares) du comédien m’ont gêné ;
    et pour avoir été moi-même récitant lors de concerts, je sais combien c’est extrêmement difficile.
     
    En cela, je pense que Luc est bien mieux en place dans un tel exercice qu’un quelconque comédien, fut-il excellent.
    À cet égard, j’ai bien apprécié la sobriété de la comédienne à l’Hôtel de ville d’Hendaye : elle a été parfaite, pour moi…
     

    Voilà quelques réflexions d’après concert…

     
    Francis

    …

    Voilà donc pour ces quelques réflexions un peu prolongées d’après-concert…

    …

    Ce mardi 5 mai 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Réactiver le bonheur de la transcendante joie mozartienne, matinée d’une légère pointe de mélancolie : revenir écouter la Gran Partita pour vents KV. 361…

    Puisque j’ai désiré le 1er janvier dernier placer l’année 2026 qui s’ouvrait sous l’égide de la transcendante joie mozartienne – cf mon article « Que 2026 soit une année mozartienne ! Que nous accompagne et que se multiplie à l’envi une joie pure telle que celle que vient nous donner la « Sinfonia concertante » KV 364 de Mozart comme viennent de nous l’offrir à un tel degré de jubilation Julien Chauvin, le Concert de la loge et l’altiste Amihai Grosz en le si beau CD Alpha 996…« … – ,

    j’ai choisi de débuter la matinée de ce samedi 10 janvier par la ré-écoute, enchantée, de la merveilleuse « Gran Partita » KV. 361 de Mozart, dans l’interprétation particulièrement aimée de l’Akademie für Alte Musik Berlin, du très beau CD Harmonia Mundi HMM 902627 « Mozart – Gran Partita – Wind Serenades K. 361 & 375 » – enregistré à Berlin au mois de février 2020…

    …

    Et le bonheur de la transcendante joie mozartienne, matinée d’une légère pointe de mélancolie, revient : la transfusion de grand air, immédiate, est magique !.. 

    …

    Ce samedi 10 janvier 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • De nouvelles découvertes (et redécouvertes) discographiques (suite…) d’interprétations de l’oeuvre musical d’Adriaen Willaert ; et de l’importance de l’interprétation, ainsi que du niveau de qualité de la performance dans l’interprétation elle-même de la musique (et du génie du compositeur !) : un CD de l’Ensemble Siglo de Oro comportant deux sublimes Motets d’Adriaen Willaert…

    Toujours dans le sillon de mes précédents articles « « ,

    « « ,

    « » ,

    « « ,

    et « « ,

    …

    voici ce mardi 8 août une nouvelle très intéressante découverte discographique de ma part _ à nouveau en fouillant bien les rayons de CDs de mon disquaire préféré _, et en une splendide interprétation de la part du magnifique ensemble _ anglais _ Siglo de Oro, sous la direction de son chef Patrick Allies,

    soit le CD « The Mysterious Motet Book 1539 » _ enregistré à Cambridge du 7 au 9 janvier 2022 _, le CD Delphian DCD 34284,

    comportant deux merveilleux Motets d’ »Adrian Vuillart«  _ Adriaen Willaert _, « Laetare sancta mater ecclesia » et « Peccavi super numerum arenae maris«  (d’une durée de 5′ 35 : écoutez et regardez ici ! ), d’après un recueil de 28 Motets de divers compositeurs, parus dans un recueil, « Cantiones quinque uocum selectissimae« , publié à Strasbourg _ devenue protestante… _ au mois d’août 1539, publié par Peter Schöffer le Jeune, et d’après un envoi de Hermann Matthias Werrecore, maître de chœur flamand de la cathédrale _ catholique _ de Milan _ le CD comporte un passionnant livret de 6 pages, signé du musicologue-chercheur Daniel Trocmé-Latter _ : d’où le choix de ce titre « The Mysterious Motet Book 1539 » pour ce passionnant et très beau CD…  

    …

    …

    À la sortie de ce beau CD Delphian DCD 34284,

    une chronique de Gramophone l’a qualifié de « the most enticing _ séduisant _ album of the year » !

    …

    Et dans le numéro n° 723 du magazine Diapason du mois de juin 2023,

    Frédéric Degroote, consacrant lui aussi à ce CD un bel article, en détache tout spécialement  l’interprétation du motet de Willaert « Laetare sancta mater ecclesia » _ en effet sublime ! _, à côté de celles des _ très beaux _ motets « Pater noster« , « Ave & gaude« , et « Salus populis » des beaucoup moins connus, eux, Maistre Jhan (France, vers 1485 – Ferrare, octobre 1538), Simon Ferrariensis _ actifs tous deux à la cour des Este à Ferrare : Maistre Jhan, de 1512 à sa mort, en 1538 ; et Simon Ferrariensis, sans plus de précisions… _ et Pierre Cadéac _ actif à la cathédrale d’Auch, et né vers 1505, à Cadéac, près de Lannemezan ; non natif, lui, des Flandres ; c’est son seul renom musical, important, qui a gagné l’Italie, lui n’ayant pas rejoint en personne la très raffinée cour des Este à Ferrare.

    Cf ce qui demeure de cet ultra-raffinement ferrarais des Este dans le génie de l’œuvre du romancier ferrarais Giorgio Bassani ; et dans celui de l’œuvre de l’ami cinéaste de celui-ci, le merveilleux Michelangelo Antonioni, ferrarais lui aussi, dont le sommet de l’œuvre est probablement la magique séquence ferraraise de son ultime film « Al di là delle nuvole« , en 1995 ; cf l’analyse détaillée que j’en donne en mon essai inédit « Cinéma de la rencontre : à la ferraraise _ ou un jeu de halo et focales sur fond de brouillard(s) : à la Antonioni« …

    …

    Ce qui redouble la question des raisons de la réunion, en ce « mysterious » recueil musical strasbourgeois _ de l’éditeur-imprimeur Peter Schöffer le Jeune (Mayence, entre 1475 et 1480 – Bâle, 1547) _ issu d’une source milanaise _ en l’occurrence le compositeur Hermann Matthias Werrecore (Warcoing – Pecq, ca 1500 _ ?, après 1574), maître de chapelle à la cathédrale de Milan de 1522 à 1550 _, de ces 28 motets de 15 compositeurs ainsi associés par leurs œuvres, les uns ayant accompli le voyage d’Italie, en particulier, et surtout, à la cour des Este à Ferrare, et les autres, demeurés dans les contrées plus nordiques franco-flamandes _ voire, comme le gascon Pierre Cadéac, étant demeuré en Gascogne, à Auch… _, dont seule la diffusion des œuvres (avec l’excellence de la réputation) a franchi la barrière des Alpes : jusqu’à Ferrare, puis Milan…

    Et, étant donné l’excellence de ces œuvres ultra-raffinées, c’est en effet passionnant !

    …

    …

    Et l’interprétation du génie musical d’Adriaen Willaert que nous offre, via ces deux Motets d’Adriaen Willaert _ ce « Laetare sancta mater ecclesia«  et ce « Peccavi super numerum arenae maris« … _, l’ensemble Siglo de Oro de l’anglais Patrick Allies en ce CD « The Mysterious Motet Book 1539« ,

    est certes bien différente de celle _ d’une formidable intensité (et transcendance, presque nue…) ! _ du Dionysos Now ! du belgo-flamand Tore Tom Denys,

    plus fleurie et angélique ; et comportant quelques voix féminines ;

    mais bien belle aussi…

    …

    …

    C’est par la médiation de telles incarnations ultra-sensibles des interprétations, au concert comme au disque, que nous, mélomanes, avons accès aux œuvres que nous ont laissées, via leurs partitions _ fragiles, mais en dépit de tout un peu durables _ d’encre et de papier, les compositeurs…

    D’où l’importance cruciale de la qualité d’excellence de telles médiations…

    …

    …

    À suivre…

    …

    …

    Ce mardi 8 août 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa