Étiquette : « Valses nobles et sentimentales »

  • La fulgurance saisissante et envoûtante de George Li dans les « Valses nobles et sentimentales » de Maurice Ravel en son marquant CD « Movements – Schumann – Ravel – Stravinsky »…

    J’adhère pleinement à l’adjectif « Fulgurant » que Jean-Charles Hoffelé a très justement choisi pour intituler l’article qu’il vient de consacrer, le 12 novembre dernier, au très marquant CD d’un jeune très brillant pianiste américain, George Li, « Movements – Schumann – Ravel – Stravinsky« , le CD Warner Classics 5054197843148, enregistré à San Francisco du 13 au 15 juin 2023,

    et qui comporte, de Robert Schumann, « Arabesk » op. 18 et les « Davidbündlertänze » op 6, de Maurice Ravel, les « Valses nobles et sentimentales » M. 61, et d’Igor Stravinsky, « 3 Movements from Petrushka« , en une transcription pour piano seul de Stravinsky lui-même.

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    Voici donc cet article de Jean-Charles Hoffelé :

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    FULGURANT

    Comme les accords de la première Valse fusent ! Là où tant de pianistes se raidissent, George Li envole les traits périlleux choisis par Ravel pour ouvrir le plus insaisissable de ses cycles.

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    George Li s’y montre d’un raffinement inouï, son pianisme souverain _ oui ! _ traque partout cette poésie étrange que Vlado Perlemuter ou Samson François avaient eux aussi débusquée, au point que ces Valses sont plus fantasques que nobles, plus vampiriques que sentimentales _ oui, oui _, jusque dans des suspensions à la limite du silence. Fascinant.

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    Pas moins fascinantes les Davidsbündlertänze ont aussi leur lot de fantaisies fantasques _ idiosyncrasiquement schumaniennes _, sous ces doigts véloces qui envolent les écritures profuses de Schumann, cette clarté dans l’ampleur, ce sens du mystère, cette ardeur sans poids rappellent Géza Anda, rien moins, et comme son Arabeske chante !

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    Couleurs à foison, piano conteur, son Pétrouchka est illico d’anthologie _ sans nul doute ! _, rappelant que l’Américain est chez lui dans le répertoire russe depuis son étourdissante victoire au Tchaikovski. Inexplicable qu’il soit si peu connu en France. S’il poursuivait chez Ravel, Miroirs, Gaspard, Tombeau, Sonatine, on prendrait peut-être ici la pleine mesure de ce petit génie.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Movements

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    Robert Schumann
    (1810-1856)

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    Arabeske, Op. 18
    Davidsbündlertänze, Op. 6

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    Maurice Ravel (1875-1937)

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    Valses nobles et sentimentales, M. 61

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    Igor Stravinski (1882-1971)

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    Trois Mouvements de Petrouchka, K012c

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    George Li, piano

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    Un album du label Warner Classics 5054197893148
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    Photo à la une : le pianiste George Li – Photo : © Paul Marc Mitchell

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    Une passionnante interprétation, à confronter bien sûr à d’autres…

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    Mais la composition elle-même du programme de ce beau CD, déjà, est fort judicieuse :

    l’enchaînement de ces pièces des trois compositeurs, Schumann (1810 – 1856), Ravel (1875 – 1937) et Stravinsky (1882 – 1971), coulant en quelque sorte de source…

    Bravo !

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    Ce samedi 23 novembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Et le somptueux cadeau, aussi, du CD Melodiya « Reminiscenza » de Ludmila Berlinskaïa, avec de sidérantes magiques justissimement raveliennes « Valses nobles et sentimentales »…

    En forme de suite à mon article «  » du 7 juin dernier,

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    voici, ce lundi matin 10 juin, l’émerveillement _ absolu ! _ de mon écoute, au sein du magnifique CD Melodiya MEL CD 10 02526 « Reminiscenza » que m’a si gentiment adressé l’ami Manuel Cornejo, de sidérantes magiques raveliennes (en 1911) « Valses nobles et sentimentales« , sous les doigts sublimement inspirés, musicaux et éloquents, de Ludmila Berlinskaïa _ enregistrées à Moscou début juillet 2017…

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    Et en recherchant un peu, voici ce qu’en disait très justement, sur le site de ResMusica, le critique Bénédict Hévry, en date du 9 juin 2018, en un article intitulé « Reminiscenza, ou le labyrinthe du monde selon Ludmila Berlinskaïa » :

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    Reminiscenza, ou le labyrinthe du monde selon Ludmila Berlinskaïa

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    71SG960Oj-L._SL1200_Quelques semaines après son récital en la salle Gaveau, nous parvient le nouveau disque de reprenant le programme de ce mémorable concert. Le concept permet de réunir, sous l’auspice des souvenirs, des pages opposées ou complémentaires, et met parfaitement en valeur les qualités pianistiques, musicales, et presque narratives _ oui, les deux _ de la pianiste russe qui vit aujourd’hui à Paris.

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    Fille de Valentin Berlinsky _ Irkoutsk, 1925 Moscou, 2008 _, le violoncelliste légendaire du quatuor Borodine de 1946 à 2007, Ludmila Berlinskaia a pu bénéficier des conseils et de la bienveillante attention d’éminents musiciens de la Russie soviétique. La marque de Sviatoslav Richter est tout à fait audible dans son jeu, tant par l’attention apportée aux vertus expressives du clavier que par la conception très architecturée, quasi-littéraire, du programme, sans que l’on ait pour autant la sensation d’avoir affaire à un simple épigone : ce poids de la grâce intuitive _ voilà _ typiquement féminine oublie la manière parfois plus brusque, léonine, de son maître à penser.

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    Le choix s’est orienté vers un juste partage entre deux sonates et deux cycles de huit pièces. Et sous le titre de « Reminiscenza » se cachent des références multiples : bien entendu, tout d’abord, la dixième sonate de , qui connaît ici une interprétation somptueuse, d’une engagement et d’une ferveur admirables, tant dans l’attention apportée aux nuances que dans la globalité de la trajectoire de l’œuvre. Mais les autres pièces du programme, au-delà des propres souvenirs de l’interprète, utilisent peu ou prou les effets de mémoire volontaire ou non, et d’ouverture du tiroir aux effluves passées : le Gesangvoll, mit innigster Empfindungconclusif de la Sonate opus 109 de Beethoven boucle la boucle par une réitération de son thème initial après bien des métamorphoses. Les pièces impaires (côté Florestan) et paires (côté Eusébius) des Kreisleriana de Schumann se répondent intimement par des bribes thématiques cycliques ; quant à l’Épilogue des Valses nobles et sentimentales de Ravel (par-delà la référence à Schubert), il égraine en quatre minutes le parcours total du cycle.

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    On admirera les contrastes de la sonorité de : tantôt assez courte, voire cinglante (par exemple dans un Ravel d’une conception très originale, imaginé loin des standards et clichés « français » superficiels et un peu éculés), ou ailleurs parfois plus enrobée et directement séduisante (premier temps de la Sonate de Beethoven, idéalement rêveur et timbré). Certes, on pourrait imaginer une plus grande différenciation des variations terminales de cette même sonate, telle, dans une conception voisine, la version ultime et très tranchée d’un Emil Gilels (DGG) ; mais le parcours des Kreisleiriana, tour à tour emportés sans précipitation (Argerich, DGG) ou méditatifs sans mièvrerie, nous aura semblé rarement aussi narratif, elliptique et justement tortueux à la fois dans son labyrinthe psychologique et musical : l’interprète semble, plus encore ici, prendre l’auditeur par la main et le guider d’étape en étape dans un voyage intérieur aux multiples entrelacs, pour un périple méditatif ou douloureux dont personne ne sortira indemne. Pour cette vision à l’inquiétante étrangeté (pour citer Freud à propos des Contes d’Hoffmann), ce merveilleux récital _ voilà ! _ mérite à lui seul d’être acquis, et permettra à bien des mélomanes de découvrir une pianiste éminente et attachante, qui par son destin musical et ses paris esthétiques a réussi – et comment ! – à se faire un prénom.

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    « Reminiscenza ».

    Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate n° 30 en mi majeur op. 109 ;

    Nikolaï Medtner (1879-1951) : Sonate n° 10 en la mineur « Reminiscenza » op. 38 n° 1 ;

    Robert Schumann (1810-1856) : Kreisleriana op. 16 ;

    Maurice Ravel (1875-1937) : Valses nobles et sentimentales.

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    Ludmila Berlinskaïa, piano.

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    1 CD Melodiya.

    Enregistré en la grande salle du conservatoire de Moscou en juillet 2017.

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    Textes de présentation de l’artiste en russe, anglais et français.

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    Durée : 79:40

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    Un piano de Ravel justissimement somptueux…

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    Ce lundi 10 juin 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa