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  • Sur le réel et le sérieux : le « point » de Paul Krugman sur l’enjeu de l’élection du 4 novembre aux Etats-Unis

    Sur l’article de Paul Krugman « Desperately Seeking Seriousness » dans l’édition du New-York Times du 26 octobre dernier…

    …

    Pour poursuivre la réflexion sur ce qu’il en est du « réel »,

    ainsi que du « sérieux » _ quant à la recherche (élémentaire !) de la vérité sur ce « réel », face aux « marchands » d’illusions (et croyances) en tous genres (et ça se bouscule au portillon !), et autres camelots et bateleurs d’estrades (politiques) _

    et/ou,

    en conséquence de quoi,

    de l’élémentaire honnêteté intellectuelle

    (des chercheurs, conseilleurs, discoureurs, etc… jusqu’à tout un chacun : vous et moi…),

    en une société (civile) dominée _ depuis voilà plus de trente ans, maintenant : cela commence à faire un peu long

    (cf mon précédent article : « de la crise et du naufrage intellectuel à l’ère de la rapacité _ suite : les palais de l’ »âge d’or » à Long Island« , d’après un très bel article, déjà, de Paul Krugman, dans le New-York Times, le 20 octobre 2002) _,

    par les « marchands »

    et autres « camelots politiques » (style Thatcher et Reagan),

    appuyés sur l’idéologie pseudo compétente d’idéologues _ stipendiés _ du genre d’un Milton Freedman (« prix Nobel d’Economie » en 1976 :

    né le 31 juillet 1912 à New York et décédé le 16 novembre 2006 à San Francisco, Milton Freedman est « généralement » considéré comme l’un des économistes les plus « influents » de ce XXe siècle _ qui est peut-être en train de s’achever ces mois d’octobre et novembre 2008 (et pas le 11 septembre 2001 !)…

    Titulaire du « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel » _ voilà, en fait, l’expression juste ! _ de l’année 1976, Milton Freedman a été un ardent défenseur du « libéralisme », à moins que ce ne soit, plutôt, et en fait, de l’ »ultralibéralisme » :

    …

    sur cette dernière nuance-ci (« libéralisme« / »ultralibéralisme« ),

    on peut se reporter à l’excellente contribution _ elle aussi _ d’hier, dans le numéro du Monde daté du 2 novembre, de Michel Rocard, interrogé par Françoise Fressoz et Laetitia Van Eeckhout, sur la « crise financière » : « la crise sonne le glas de l’ultra-libéralisme« ),

    …

    voici,

    ici et maintenant,

    un magnifique article

    _ d’ »actualité politique », d’abord, simplement, et modestement : l’élection aura lieu le 4 novembre ! _,

    intitulé « Desperately Seeking Seriousness«  dans l’édition du New-York Times du 26 octobre,

    par le tout récent

    _ le vent venant de tourner ; et les girouettes de suivre : pardon de permettre l’impression de qualifier l’honorable jury suédois de « girouette : on pourrait dire, plus noblement (à la Hegel, et selon son souci « réaliste » de la « wirklichkeit« ), « zeitgeist » : « esprit (ou « air« ) du temps » : mais est-ce bien différent ?  _

    …

    par le tout récent « prix Nobel d’Économie »

    (ou plutôt « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel« ),

    Paul Krugman ;

    …

    pour ceux qui lisent l’espagnol,

    l’édition d’El Pais d’aujourd’hui, 2 novembre, en propose une traduction en castillan _ « En busca desesperada de la seriedad » _, par María Luisa Rodríguez Tapia.

    …

    Je n’en ai pas (encore : hélas !) trouvé une édition en « traduction en français »

    _ ce que je me permettrai d’interpréter, et sans trop de « mauvais esprit » (j’espère…), comme un certain « retard »(hélas), de la France (ou des Français), dans le défi (et urgence !) de mieux comprendre (et mieux agir dans _ ou sur) le monde d’aujourd’hui… ;

    un « retard » qui donne « à penser », lui aussi…

    …

    Voici cet excellent article de Paul Krugman « Desperately Seeking Seriousness« 

    en version originale,

    puis en traduction en castillan ;

    …

    et je me permettrai de « mettre en gras » ce qui me paraît le plus significatif

    _ ainsi que de truffer (un peu) l’article original de quelques commentaires (parfois un peu « philosophiques » : avec des références aux œuvres de Platon, Machiavel, ou Freud…), en vert _,

    comme modeste contribution d’un « simple » _ dans tous les sens du terme _ « curieux »,

    à la recherche un peu « désespérée » _ à son modeste niveau _ d’un peu mieux comprendre « sérieusement » le « réel« ,

    ou le monde,

    afin d’un peu mieux, très simplement, « s’y orienter »

    (comme en complément bien « empirique » à la préoccupation d’un Emmanuel Kant, en 1786, de préciser quelque réponse à la question « Qu’est-ce que s’orienter dans la pensée ?« …

    …

    D’abord, dans la version originale, sous la _ vraiment excellente ! _ plume de Paul Krugman :

    …

    October 26, 2008
    Paul Krugman : Desperately Seeking Seriousness _ quel beau (car juste !) titre !

    …

    « Maybe the polls and the conventional wisdom are all wrong… But right now the election looks like a … solid victory, maybe even a landslide, for Barack Obama…

    Yet just six weeks ago the presidential race seemed close, with Mr. McCain if anything a bit ahead. The turning point was the middle of September, coinciding precisely with the sudden intensification of the financial crisis… But why has the growing financial and economic crisis worked so overwhelmingly to the Democrats’ advantage? …

    I’d like to believe _ car c’est un peu trop beau pour être « vraiment vrai » : d’où ce conditionnel (« j’aimerais croire »  : « croire » au sens, ici, de « supposer »…) lucide ! _ that the bad news convinced _ et c’est bien de cela en effet qu’il s’agit : « convaincre » ; et non pas « persuader«  (= faire « passionnellement croire ») : là-dessus, relire inlassablement « Gorgias » de Platon ; ou/et les si justes pédagogiquement « Propos » (sur l’éducation, les pouvoirs, le bonheur, etc…) d’Alain _ many Americans, once and for all, that the right’s economic ideas are wrong and progressive ideas are right. And there’s certainly something to that…

    But I suspect that the main reason for the dramatic swing in the polls is something less concrete… As the economic scene has darkened, I’d argue, Americans have rediscovered the virtue of seriousness _ « the virtue of seriousness » : voilà l’expression décisive ! Celle qui m’a incité à rédiger cet article… And this has worked to Mr. Obama’s advantage, because his opponent has run a deeply unserious campaign.

    Think about the themes of the McCain campaign… Mr. McCain reminds us, again and again, that he’s a maverick _ but what does that mean ? His maverickness _ en français : « être un franc-tireur » _ seems to be defined as a free-floating personality trait, rather than being tied to any specific objections… to the way the country has been run for the last eight years.

    Conversely, he has attacked Mr. Obama as a “celebrity”, but without any specific explanation of what’s wrong with that…

    And the selection of Sarah Palin… clearly had nothing to do with what she knew, or the positions she’d taken _ it was about who she was, or seemed to be _ et le modèle n’a été que trop exportable outre-Atlantique, hélas !!! Americans were supposed to identify with a « hockey mom » who was just like them _ comme si l’identification était un argument de choix pertinent d’un dirigeant politique ! C’est baigner là dans la pensée magique (cf Lucien Lévy-Bruhl : « Primitifs » ; « Esquisse d’une théorie générale de la magie » de Marcel Mauss ; et Claude Lévi-Strauss : « La Pensée sauvage« )…

    In a way, you can’t blame Mr. McCain for campaigning on trivia _ after all, it’s worked in the past. Most notably, President Bush got within hanging-chads-and-butterfly-ballot range of the White House only because much of the news media, rather than focusing on the candidates’ policy proposals, focused on their personas : Mr. Bush was an amiable guy you’d like to have a beer with, Al Gore was a stiff know-it-all, and never mind all that hard stuff about taxes and Social Security. And let’s face it: six weeks ago Mr. McCain’s focus on trivia seemed to be paying off handsomely.

    But that was before the prospect of a second Great Depression concentrated the public’s mind.

    The Obama campaign has hardly been fluff-free _ in its early stages it was full of vague uplift. But the Barack Obama voters see now is cool, calm, intellectual and knowledgeable, able to talk coherently about the financial crisis in a way Mr. McCain can’t _ ou l’épreuve du réel… And when the world seems to be falling apart, you don’t turn to a guy you’d like to have a beer with, you turn to someone who might actually know how to fix the situation _ soit Socrate (et Platon) versus Gorgias, Polos et Calliclès, in « Gorgias » ! et encore Socrate (et Platon) versus Thrasymaque et le point de vue rapporté par Glaucon, dans « la République« , toujours de Platon…

    The McCain campaign’s response to its falling chances of victory has been telling : rather than trying to make the case that Mr. McCain really is better qualified to deal with the economic crisis, the campaign has been doing all it can to trivialize things again. « Mr. Obama consorts with ’60s radicals ! He’s a socialist ! He doesn’t love America ! » Judging from the polls, it doesn’t seem to be working.

    Will the nation’s new demand for seriousness last ? Maybe not _ remember how 9/11 (2002) was supposed to end the focus on trivialities ? For now, however, voters seem to be focused on real issues. And that’s bad for Mr. McCain and conservatives… : right now, to paraphrase Rob Corddry, reality has a clear liberal bias

    _ c’est le « réel », en ses « apparitions », qui change ;

    les « réalistes » (= « pragmatiques ») sont bien forcés

    (par l’avantage, provisoire _ sur la scène sociale, économique et politique ; ainsi qu’idéologique ! _, du « principe de réalité » sur le « principe de plaisir« 

    _ cf Freud dans « Au-delà du principe de plaisir« , en 1920, publié in « Essais de psychanalyse«  : un très grand livre ! _

    de s’y « adapter » (machiavéliennement, si j’ose dire ;

    à moins que ce ne soit « machiavéliquement », seulement ; en revenir au « Prince« )

    si peu que ce soit,

    du moins pour un moment, le temps que le temps tourne à nouveau, et soit, de nouveau, plus propice à leurs manœuvres peu, honnêtes (ou intègres)…

    …

    Et dans sa traduction en castillan, par Maria Luisa Rodríguez Tapia, dans el Pais de ce 2 novembre :

    …

    « En busca desesperada de la seriedad »

    Paul Krugman 02/11/2008

    Es posible que todos los sondeos y opiniones generalizadas se equivoquen, y que John McCain, inesperadamente, gane. Ahora bien, en estos momentos da la impresión de que el triunfo demócrata es inevitable : una victoria sólida, tal vez incluso aplastante, de Barack Obama ; gran aumento del número de escaños demócratas en el Senado, tal vez incluso suficientes para darles una mayoría a prueba de bloqueos parlamentarios, y también un amplio avance demócrata en la Cámara de Representantes.

    Hace sólo seis semanas los resultados parecían ajustados e incluso levemente favorables a McCain. El momento decisivo de la campaña se vivió a mediados de septiembre, coincidiendo con la repentina intensificación de la crisis financiera tras la bancarrota de Lehman Brothers. Pero ¿ por qué la crisis económica y financiera ha beneficiado de una forma tan abrumadora a los demócratas ?

    Con todo el tiempo que he dedicado a presentar argumentos contra el dogma económico conservador, me gustaría creer que la mala situación convenció a muchos estadounidenses, por fin, de que las ideas económicas de la derecha son erróneas y las ideas progresistas son las acertadas. Y no cabe duda de que hay algo de eso. Hoy, cuando incluso el propio Alan Greenspan reconoce que se equivocó al creer que el sector financiero podía autorregularse, la retórica reaganesca sobre la magia del mercado y los males de la intervención del Gobierno resulta ridícula.

    Además, McCain parece asombrosamente incapaz de hablar sobre economía como si fuera un asunto serio. Ha tratado de responsabilizar de la crisis a su culpable favorito, las asignaciones presupuestarias especiales del Congreso, una afirmación que deja atónitos a los economistas. Inmediatamente después de la quiebra de Lehman, McCain declaró: « Los cimientos de nuestra economía son sólidos« , por lo visto sin saber que estaba repitiendo casi al pie de la letra lo que dijo Herbert Hoover después de la crisis de 1929.

    No obstante, sospecho que la razón fundamental del espectacular giro en las encuestas es algo menos concreto y más etéreo que el hecho de que los acontecimientos hayan desacreditado al fundamentalismo del libre mercado. En mi opinión, a medida que la situación económica ha ido oscureciéndose, los estadounidenses han redescubierto la virtud de la seriedad. Y eso ha beneficiado a Obama, porque su rival ha llevado a cabo una campaña tremendamente poco seria.

    Piensen en los temas que han centrado la campaña de McCain hasta ahora. McCain nos recuerda, una y otra vez, que es un heterodoxo, pero ¿qué significa eso? Su heterodoxia parece definirse como un rasgo independiente de su personalidad, no vinculado a ninguna objeción concreta contra la manera de gobernar el país durante los últimos ocho años.

    Por otro lado, ha criticado a Obama diciendo que es un « famoso », pero sin explicar en concreto qué tiene eso de malo; se da por supuesto que las estrellas de Hollywood tienen que caernos mal.

    Y es evidente que la elección de Sarah Palin como candidata republicana a la vicepresidencia no tuvo nada que ver con sus conocimientos ni sus posturas; fue por lo que era, o lo que parecía ser. Se suponía que los estadounidenses debían identificarse con una hockey mom parecida a ellos.

    En cierto sentido, es comprensible que McCain haga campaña apoyándose en nimiedades; al fin y al cabo, en otras ocasiones ha funcionado. El caso más notable fue el del presidente Bush, que si logró colocarse a un paso de la Casa Blanca y que todo dependiera de una cuestión de papeletas mariposa y perforaciones mal hechas fue sólo porque gran parte de los medios, en vez de prestar atención a las propuestas políticas de los candidatos, se centraron en sus personalidades: Bush era un tipo simpático con el que uno podía tomarse una cerveza, mientras que Al Gore era un tieso sabelotodo; y eso era lo importante, no ese lío de los impuestos y la Seguridad Social. Y seamos francos: hace seis semanas parecía que la atención de McCain a las nimiedades estaba dándole buenos resultados.

    Pero eso era antes de que la perspectiva de una segunda Gran Depresión captara la atención de la gente.

    La campaña de Obama no ha estado tampoco libre de tonterías; en sus primeras fases estaba llena de un vago optimismo. Pero el Barack Obama que ven los votantes hoy es un hombre sereno, tranquilo, intelectual y enterado, capaz de hablar sobre la crisis financiera con una coherencia que McCain no tiene. Y, cuando parece que el mundo se viene abajo, uno no recurre a un tipo con el que le gustaría tomarse una cerveza, sino a alguien que quizá sepa realmente cómo arreglar la situación.

    La reacción de la campaña de McCain al ver que disminuyen sus posibilidades de victoria ha sido significativa: en vez de argumentar que McCain está más preparado para hacer frente a la crisis económica ha hecho todo lo posible para volver a frivolizar las cosas. ¡Obama se junta con radicales de los años sesenta! ¡Es un socialista! ¡No ama a Estados Unidos! A juzgar por las encuestas, no parece que esté sirviendo de nada.

    ¿Persistirá la nueva exigencia de seriedad del país? Quizá no; ¿se acuerdan de que se suponía que con el 11-S iban a acabarse las frivolidades? Pero, de momento, parece que los votantes sí están interesados por los temas que de verdad son importantes. Y eso es malo para McCain y para los conservadores en general: en estos momentos, para parafrasear al cómico Rob Corddry, la realidad es claramente progresista. –

    © 2008 New York Times News Service. Traducción de María Luisa Rodríguez Tapia.

    …

    De quoi réfléchir un minimum, sur le « sérieux » des compétences réelles,

    face à la légéreté des « convictions », des « croyances », du poids de la « crédulité » aussi…

    …

    Même si,

    tant Paul Krugman, dans son article du New-York Times du 26 octobre,

    que Michel Rocard, dans son entretien avec Françoise Fressoz et Laetitia Van Eeckhout du Monde de ce 2 novembre,

    sont loin d’être naïfs sur l’efficacité immédiate ou directe, à court terme

    _ le « contexte » (du « présent » historique) jouant, aussi, beaucoup pour donner du poids et de l’ »autorité » à leur « parole » et à leur « intervention » (et « focalisation » pertinente)

    auprès de ceux qui

    _ en masse, grégairement, le plus souvent (ils préfèrent « copier-coller » des opinions qu’ils croient majoritaires) _

    veulent si peu (ou si mal) entendre, et comprendre _ ;

    …

    même si tant Paul Krugman que Michel Rocard, donc,

    sont loin d’être naïfs sur l’efficacité

    de leur « action » _ de sagacité _ de « désembrouillage » de la complexité du « réel », déjà, même

    (et des « faits » à « établir » : avec validité objective) ;

    …

    et de « désembrouillage » des idéologies « intéressées » et bien peu objectives, elles,

    qui ajoutent leur « confusion » (subjective et passionnelle ; quand ce n’est pas, même, de parfaite « mauvaise foi ») aux brouillages

    (et brouillards, déjà) de ce « réel » lui-même ;

    …

    et si il appartient à chacun, _ comme « honnête homme«  _ à son niveau, à sa place, et hic et nunc, « en situation« , dirait un Sartre (cf ses « Situations« ),

    de sempiternellement inlassablement,

    avec « vaillance » _ c’est un « travail » de l’esprit à l’œuvre ! _ et avec « courage« 

    _ les deux « vertus » que Kant met en avant dans son indispensable et toujours d’extrême actualité et urgence, « Qu’est-ce-que les Lumières ? » _ pour lui, c’était en Prusse, à Koenigsberg, et en 1784, déjà… _

    …

    et si il appartient à chacun

    de faire effort si peu que ce soit,

    …

    en commençant par (bien) écouter, (bien) s’informer

    (à bonnes, et plurielles, sources : en « débats » ouverts, « libres » : c’est-à-dire exigeants quant à l’effort de « vérité », au-delà des « intérêts », économiques, surtout, qui s’affrontent ;

    qu’il en ait, ce « chacun », claire conscience, ou pas,

    c’est-à-dire une conscience embrumée, ou brouillée)

    …

    pour _ toujours essayer, chacun, de mieux _ « comprendre »...

    …

    Même si,

    tant Paul Krugman

    que Michel Rocard, donc,
    demeurent, forcément, circonspects

    sur les capacités d’un (isolé) article,

    et, plus généralement, de leur action

    _ chacun des deux à son niveau, et dans sa sphère (d’influence) _ ;

    …

    sur les capacités

    de « convaincre » les décideurs, les pouvoirs,

    ainsi que les individus, et, au-delà de leur individualité séparée, les peuples

    _ ou du moins leurs « majorités » politiques (en démocratie !),

    à la veille des élections présidentielles américaines de ce mardi 4 novembre : après-demain ! _ ;

    …

    soit de « convaincre »,

    en raison (et pas « en affects » populistes),

    tout un chacun,

    de changer d’attitude

    tant de l’entendement que de la volonté, en action,

    au profit d’un « réalisme de la vérité

    et de la justice »…

    …

    Où commence la naïveté ? où commence l’ »utopie » ?

    Où se trouve le vrai « réalisme » ?

    …

    Sur ce point, afin d’un peu mieux le « penser », je me permettrai de « renvoyer » à ce grand livre

    qu’est « L’Institution imaginaire de la société« , en 1975,

    de Cornelius Castoriadis (1922, Constantinople, ou Istamboul _ comme on voudra _ – 1997, Paris)…

    …

    Bref,

    de quoi réfléchir ;

    et agir,

    quant à notre « crise »…

    …

    Titus Curiosus, ce 2 novembre 2008

  • Sur la crise (de confiance et aveuglement) : la méthode d’ »attention intensive » de Titus Curiosus

    Petite réflexion-bilan (de Titus Curiosus : sur 4 mois de blog « En cherchant bien _ les carnets d’un curieux« )
    sur les enjeux de « la crise«  (confiance et aveuglements « graves » en tous genres),
    par rapport à la vérité et aux œuvres vraies des artistes, philosophes, historiens, chercheurs de diverses disciplines
    que proposent les livres (et disques _ vive la musique !) qui nous attendent, si nous les « dénichons », sur les rayons d’une grande librairie, telle que la Librairie Mollat, à Bordeaux…
    …
    A confronter avec mon article d’ouverture de ce blog, le 4 juillet dernier :

    « le carnet d’un curieux« …

    …
    Par sa méthode (d’ »attention intensive »),
    en ce blog « En cherchant bien _ les carnets d’un curieux« ,
    Titus Curiosus se propose de
    (s’essaie à)
    _ en ses phrases longues, complexes, « cahoteuses » parfois

    (c’est le mot _ « cahoteux » _ par lequel Maxime Cohen qualifie le « style » de Montaigne même, en ses « Essais« , à la page 43 de ses « Promenades sous la lune » ; cf mon article « Sous la lune : consolations des misères du temps« )

    par lesquelles l’écrivant se confronte, un peu dans le détail,

    au style de l’écrivain, du peintre, du musicien, du photographe,

    bref de l’artiste, ou du philosophe, ou de l’historien, etc…

    …

    car « le style, c’est l’homme même« , retenons-nous de Buffon, en son « Discours sur le style » (prononcé à l’Académie française, lors de sa réception, le 25 août 1753 _ et qui n’a pas pris une ride !) _
    …
    Par sa méthode (d’ »attention intensive »), donc,

    Titus Curiosus se propose de (s’essaie à)

    et propose à
    ses lecteurs (en ce blog-ci)

    …

    d’essayer (et prendre envie) de
    mieux regarder, écouter, lire

    de « vraies » œuvres d’auteurs (« véritables » ; et pas des « faisant-semblant de » ; quand s’étalent et se répandent presque partout les impostures)…
    …
    Et, par là, de « rencontrer » « mieux » ces auteurs (d’œuvres),
    en tant qu’ »humains »

    _ « non » encore (trop) « in-humains« 

    (j’emprunte ce mot-concept de « non-inhumain« au Bernard Stiegler de « Prendre soin _ de la jeunesse et des générations » _

    …

    « rencontrer » mieux ces auteurs « non-inhumains« , donc,

    en leur expérience (d’artistes)
    du « réel », leur « réel »

    le plus « réel »,
    celui auquel ils ont « réellement » affaire,
    auquel ils se coltinent « vraiment »
    (= « en vérité », le plus « réellement » possible _ et pas seulement fantasmatiquement, tel un « réel » qui ne serait que « rêvé » ;

    et pas en faisant rien que des moulinets, ronds-de-jambes, « bulles-de-savon » et autres « ronds-de-fumée », en prenant des poses _ de paroles _ cajoleuses et racoleuses « vendeuses »)…

    …
    un « réel », pour chacun d’eux

    _ ces artistes (écrivains, peintres, photographes, cinéastes, etc…), ces philosophes, historiens, chercheurs _,

    chaque fois _ un par un _,

    spécifique (précis, particulier, singulier)

    _ et parfois
    (ou même assez souvent ; mais pas à tous les coups : l’ »œuvre vraie » n’est jamais « mécanique » !)

    « de génie »

    (tel qu’ils le « montrent », ce « réel » : tel qu’il leur apparaît, « en vérité » la plus objective ; et selon leur style…) _,
    …
    c’est-à-dire de les « rencontrer » vraiment, « en vérité »,

    ces auteurs-là, en ces œuvres particulières-là ;
    …
    et cela, en allant _ à leur « réception-rencontre » _ un peu (plus et mieux : par le regard, par l’écoute, par la lecture « attentifs » et « intensifs »)

    à la rencontre des traces
    qu’en ces œuvres

    _ livres, disques (que l’on trouve en un « antre » débordant tel que la librairie Mollat) ;

    telles d’improbables « message(s) in a bottle » (de la grande, belle, chanson du groupe Police, tirée de l’album « Reggatta de blanc » en 1979) ;

    confiés par eux, ces auteurs « vrais », à quelque « bouteille », donc,

    elle-même confiée à la mer, vers, sur d’autres rivages, d’improbables lecteurs ;

    ou, encore (autre océan !) enfouies « dessous des cendres » : comme dans l’indispensable « Des voix sous la cendre » édité par Georges Bensoussan et le Mémorial de la Shoah (qu’on lise seulement ce que nous a « légué », de son « enfer » si improbable (mais si « réel ») et très court sursis (!), « en témoignage » « pour toujours », un Zalman Gradowski !

    Que son nom et que son « message » (de ces « bouteilles » de « sous la cendre« ) survivent ! Un livre peut aussi remplir cet « office »-là !… Car il n’est pas vrai que, ainsi que beaucoup « pensent », et Staline l’a dit (à Moscou, au général de Gaulle, en 1945, il me semble), « à la fin, c’est la mort qui gagne !«  _

    …

    en allant à la rencontre des traces
    qu’en ces œuvres

    _ livres, disques _, donc,

    ils _ ces auteurs « vrais » _ ont adressées _ les « traces » ! _ aux spectateurs-regardeurs-écouteurs-lecteurs éventuels que nous sommes
    _ déjà potentiellement, en effet, en arpentant les rayons de la librairie _ ;
    …
    et devenant _ revenus chez nous _, « en acte » par notre regard (de regardeur, d’écouteur, de lecteur effectif :

    « attentif intensif« , dis-je…),

    …

    devenant un peu plus « réels » et effectifs nous-mêmes, ainsi _ que d’ordinaire :
    …
    l’ordinaire dominant et commun, disons « social »,
    anesthésié qu’est cet « ordinaire » (socialisé) _ et nous-mêmes aussi, en conséquence : anesthésiés _,
    par les valeurs (sociales : intimant du silence et de l’acceptation)

    et les propagandes (asphyxiantes, à force, sans qu’on en prenne réellement conscience :

    telle la grenouille, au final ébouillantée, dans la casserole dont on a monté insensiblement _ traitreusement, pour la dite grenouille _, degré après degré, la chaleur) ;

    …

    l’ordinaire anesthésié
    par les « valeurs« , donc,

    des seuls « intérêt »
    (pour le « travail« )
    et « agréable »
    (pour le « loisir« )…

    _ ou « Panem et circenses« ,

    selon la formule (ayant fait ses preuves) de pouvoir (sur les autres ; et de la relative tranquille « paix sociale »

    _ ou plutôt « apathie » ; il n’y a de paix effective que par des actes et des engagements actifs _

    qui en résulte) d’autres potentats…

    …
    devenant un peu plus « réels » et effectifs nous-mêmes

    en allant

    _ je reviens au lecteur « actif », dés-anesthésié, r-éveillé : telle « la belle-au-bois-dormant » (cent ans plus tard !!!) du conte _,

    en un « acte esthétique »
    _ ainsi que le nomme(
    nt), assez génialement, Baldine Saint-Girons (en son « Acte esthétique« , paru aux Éditions Klincksieck), et Marie-José Mondzain (en son « Homo spectator« , paru aux Éditions Bayard)_,
    …

    en allant

    vers ce « réel » vrai, via

    _ médiation nécessaire, indispensable, pardon d’y insister ! _

    via les œuvres (« vraies ») de vrais _ et pas des imposteurs, pas des camelots _, « au charbon » (= à l’œuvre » !),

    …

    de « vrais artistes »,
    et « vrais » philosophes »,
    « vrais historiens »,
    « vrais chercheurs (scientifiques) »
    de toutes disciplines « vraies »,
    …
    en s’y salissant _ nous, lecteurs, après eux, auteurs :

    « honnêtes », « vaillants et courageux« , dit Marie-José Mondzain en ouverture de son « Homo spectator« , page 12 _ ;

    …

    en s’y salissant (un peu : nul lecteur-regardeur-écouteur-spectateur « vrai »
    n’en sort tout à fait le même _ indemne ! _ qu’il était avant de s’y coltiner)
    en les « rencontrant », ces œuvres « vraies » ;
    …
    en s’y salissant (un peu) nos mains, nos yeux, nos oreilles _ un peu de notre propre corps (et de notre âme) _ ;
    …
    de même que l’artiste « vrai »
    s’est, déjà, lui,
    lui-même le premier,
    « engagé »
    _ et « mouillé » ; et « sali », aussi ! _ dans le « réel » d’une « œuvre de vérité » à la rencontre « vraie » de son « réel » singulier
    (où court l’aimantation du désir vif

    _ pour un autre ; et, de toutes façons, pour l’altérité du « réel » même !!!..) ;
    …
    en une époque de « règne » _ « empire » ? _ du « virtuel »,
    des « faux-semblants », mensonges, illusions en tous genres
    _ à commencer par ceux des (ou, du moins, de pas mal de) « décideurs »
    financiers, économiques, politiques et autres
    gens de pouvoir, « aux manettes« , comme ils disent :
    …
    nous découvrons (mieux),

    en ces jours de « crises » (des valeurs boursières d’abord,
    mais pas seulement elles, les valeurs boursières : ce n’est qu’un sommet d’iceberg…),

    …

    en quels vides (abîmes, gouffres) ils mènent, ces « décideurs »-là,
    les (majorités du moins d’) aveugles
    qui leur font d’ordinaire assez « aveuglément », bonnassement, confiance…

    …

    Parler d’ »économie réelle« , déjà

    _ au-delà de l’économie « virtuelle« , elle (= irresponsable ?..) _,

    est assez vertigineux,

    par rapport aux millions de dollars, ou d’euros, ou de livres sterling, et autres monnaies, que des traders (et des banquiers _ l’expression « banque » est la même à la roulette du casino !) jouent

    à la roulette (russe ?),

    des fluctuations de jeu de yo-yo

    des côtes des Bourses mondiales…

    …
    On jettera un œil
    sur la « Parabole des aveugles » de Breughel
    (à la Renaissance) ;

    et autres « Vanités«  _ à « tabagies » et « bulles de savon » _, un peu après (au XVIIème siècle), du Baroque…

    …
    Car (quelques uns) des artistes savent dire (exprimer et montrer) parfois _ ou souvent, quand ils sont vrais et « véridiques » _ la vérité…

    …

    A l’autre bout _ de l’œuvre _,

    il faut _ aussi _ le regard vif et actif

    (et « véridique », non, sans « vaillance« , ni « courage » _ comme l’indique Marie-José Mondzain en son « Homo spectator« , dès l’introduction du livre, page 12 : le livre est paru aux Éditions Bayard en novembre 2007) _,

    …

    il faut aussi le regard vif et actif, donc,

    du spectateur-regardeur-écouteur-liseur,

    pour la part d’acte

    (« esthétique« , dit Baldine Saint-Girons _ cf tout « L’Acte esthétique« , paru aux Éditions Klincsieck, en janvier 2008)

    qui lui revient, du moins, si peu que ce soit

    _ mais nul, non plus, ne peut regarder, écouter, lire (ni expérimenter, ainsi que vivre), à la place d’un autre !!!) ;

    …

    il faut un « vrai » regardeur, écouteur, liseur ;

    un tant soit peu vraiment « curieux » de ce que mettent à sa disposition

    de vrais (et « véridiques ») auteurs.

    …

    Contre les impostures qui « occupent » la « place » ; tiennent, avec morgue et arrogance, ou avec inertie, le « haut-du-pavé » _ sans même parler (d’ »occupation » et « tenue ») des médias…

    …

    Voilà ce que la « crise » des « valeurs » m’a « arraché » ce matin

    pour souligner un peu, ici et maintenant, les modestes ambitions (= propositions, sinon « attentes », de lecture…) de ce blog-ci, « En cherchant bien _ les carnets d’un curieux« …

    …

    en relais

    de ce qu’est _ en matière de « services » _ une excellente librairie (avec d’excellents libraires : actifs !) ;

    en relais du travail, en amont, des éditeurs ;

    et en relais d’abord _ et surtout _, à la source,

    _ car c’est cette transmission-ci qui importe, pour la communauté d’ »humains » que, tous, nous formons, embarqués sur un seul et même bateau ! _,

    de ce qu’offrent à « consulter » les auteurs…

    …

    Soit une « chaîne » improbable de « personnes » (« vraies » : véridiques et honnêtes),

    où et quand « flambent », encore, bien des imposteurs (et impostures

    _ les plus discrètes n’étant pas les moins efficaces, comme cela se sait)…

    …

    Mais lire Machiavel

    (« Le Prince » ;

    on peut lire aussi,

    sur « Léonard et Machiavel« , de Patrick Boucheron (le livre est paru aux Éditions Verdier au mois de juillet dernier), mon précédent article : « l’agudezza du temps juste _ art rare et ô combien précieux« ) ;

    …

    mais lire Machiavel, donc,

    ne suffit certes pas _ à soi seul, du moins _, à prévenir (= parer) de pareilles manœuvres

    et de tels circuits bien institués ;

    et incrustés dans des habitudes…

    …

    Titus Curiosus, ce 30 octobre 2008

  • Quand le roi est nu _ comment classer les livres ? au rayon « Poésie » ?..

    Sur « Nous étions voués à souffrir de ce savoir ainsi (Carnets de Pietrasanta) » de Jean-Paul Michel _ aux Éditions La Cabane.

    …

    Un épatant et salubre (tout) petit livre par la taille (d’à peine plus de huit pages), sur la situation (de grande urgence) de notre présent, et de ses « valeurs » à l’envers, ainsi que les mensonges « en batteries » (médiatiques pour commencer) qui les accompagnent, et les « authentifient »…
    …

    L’ayant reçu au courrier, avec une dédicace amicale, je le lis ;

    et m’en réjouis fort : enfin des vérités énoncées sans façon sur les impostures qui règnent ! et mettent tout « à l’envers », jusqu’au sens même des vies…

    …

    Et de passage à la librairie Mollat,

    j’en parle _ pour le conseiller vivement ! _ au rayon « Philosophie et Sciences Humaines ».

    Ils ne l’ont pas à ce « rayon » ;

    mais en recherchant (un peu _ et très vite) sur l’archivage-classement (méthodique) de l’ordinateur,

    nous découvrons où se niche l’oiseau rare :

    au rayon « Poésie » _ conformément à ce qu’implique _ m’est-il dit, et dans les deux rayons (Merci Isabelle ! Merci Olivier !) _ la production jusqu’ici de cette maison d’édition (La Cabane).

    Et de fait, sur la quatrième de couverture, se lit : « La poésie qui vaut

    est le point le plus haut de l’objectivité de la vérité : elle est, en acte, la dernière Justice. Sa solitude est une force, qu’aucune machine ne pourra réduire. Le temps est venu de prendre au sérieux la sublime Préface à un livre futur. Hölderlin : « habiter en poète ». Rimbaud : « La charité est cette clé ». » Fin de citation de cette quatrième de couverture.

    …

    Je ne suis pas sûr que cet extrait (emprunté à la page huit) soit le passage le plus significatif,

    le plus fort,

    le plus urgent de ce cri tout entier d’urgence qu’est ce petit livre de Jean-Paul Michel ;

    qui m’a semblé

    _ par sa vérité ! toute simple : celle de l’enfant dans « les habits neufs du roi » du conte d’Andersen _

    de première nécessité

    face aux mensonges des micros (obligeamment tendus vers)

    et caméras (obséquieusement tournées) vers les complices _ sinon, directement, les auteurs, même _ des « barbaries » et des « crimes »

    que « couvre » quotidiennement,

    dans toute leur échelle de « gravité »,

    la « société de l’information » (ligne 3).

    …

    Voici l’accroche, page 5, je cite

    en re-mettant en page à ma façon _ et pas à celle de Jean-Paul Michel _ ce qui dans l’original tout simplement (et classiquement prosaïquement) se tient :

    « Nous sombrons sur les radeaux d’ »évidences économiques »,

    de méprises

    fatales quant à l’autre

    et de ressentiments.

    Dans la transparente « société de l’information », aucune ignorance n’est plus possible touchant les barbaries et les crimes. Les vieux espoirs sèchent. C’est demain.

    …

    La patience des peuples _ en face,

    dirais-je, pour ma part, si je puis me le permettre ici _

    est admirable. Inimaginable leur capacité de souffrir,

    de s’adapter au pire,

    de ruser une dernière fois.

    Heureusement le football donne un Objet aux Héros suburbains !

    La vie se découvre Jeu !

    Le sérieux des entreprises, Jeu !

    Les faux-semblants de la politique, désespoir et Jeu !

    _ Bien peu, pourtant à en tirer la juste conséquence. On voudrait que nous médisions des Arts !

    Que nous renoncions à parier une autre fois sur quelques formules de beauté et de joie très hautes. 

    Quelles fautes logiques !

    Les télévisions du village mondial

    ont déjà vendu la mèche. Le social télévisé ? La niaiserie et l’Enfermement modernes.
    _ Un tour nouveau est promis aux conflits de pouvoir : la lutte
    pour les écrans. »
    Fin de cette « première intervention »…

    …
    Plus loin, en « picorant » :

    « Rien ne résistera sinon l’idée d’une dignité. Les gangs s’entre-déchirent déjà férocement. Ils recourent à tous les moyens de chantage et d’extorsion, montent des guet-apens, téléguident des attentats, des assassinats, des terreurs. L’anonymat leur est naturel. Ils pervertissent les signes

    _ comme Orwell le dégageait si souverainement en 1948, en son lucidissime « 1984« …

    Les langages doivent être ré-éprouvés. Les mots finissent par se contredire.
    Les assassins prétendent dire le droit ;

    les criminels parler au nom de la justice ;

    les lâches, par le nombre, faire Loi.

    …

    « Ré-éprouver«  étant l’affaire de l’artiste,

    comme, déjà, de quiconque, en parlant,

    « crée » (ou « re-crée ») sa phrase

    _ ainsi que nous l’apprend Noam Chomsky…

    …

    « Honneur des hommes ! Saint langage !« ,

    clame aussi le grand Paul Valéry !

    …

    Toutes les vieilles certitudes humaines sont menacées _ en effet ! _,

    le vieil honneur humain _ oui !

    Les écrans sont des indices sûrs de fragilité

    et d’inexistence ;

    …

    la télévision _ encore sa presque omniprésence au cœur de ce qui reste de « foyers » (dé-composés !) _,

    un trou noir qui détruit toute particule de réalité qui l’approche.

    …

    Nous n’en pouvons plus des abandons, des désertions, des renoncements _ c’est tout à fait cela !

    Voilà que les écrivains se battraient maintenant pour qu’on les filme ! »

    …

    Et un tout petit peu plus loin :

    « Jetterions-nous l’interdit sur de si folles folies

    _ « Ulysse & Achille, Héraclite, Empédocle, Socrate, Augustin, Spinoza » viennent d’être « cités »… _

    au nom d’un peu de « réalisme » ? Nous voilà saisis par la noria des ambitions ordinaires.

    Les métiers. Les bénéfices. Les convoitises _ ces douleurs qui n’auront su se convertir, travestir, renier,

    incapables d’aller à

    la transfiguration

    qui les eût sauvées !

    …

    L’enfer est ici très proche _ Ces souffrances fermées sur elles-mêmes

    _ narcissiquement auto-complaisantes _, partout !

    …

    Cette canaillerie intéressée qui triomphe dans toutes les classes !

    Ces méchancetés !

    Ces mensonges, à chaque instant, pour survivre !

    Se composer un visage tolérable ? Comme le masque est alors un aveu ! »

    …

    Et :

    « L’ambition va rarement avec l’honneur, le désintéressement, l’apothéose d’une belle fin.
    Tout ce qui vit

    ne veut que survivre. C’est cela, l’Enfer.
    Durer encore un peu dans l’inexistence
    _ parfaitement ! quelle justesse de précision de formulation !

    La vertu appelle la haine plus sûrement que le crime. Le crime _ lui _ rassure.
    Le désintéressement blesse insupportablement le vouloir-vivre ordinaire

    _ sans « noircir le tableau« , précise Jean-Paul Michel lui-même (page 8).

    …

    Qu’est, alors, ce « savoir ainsi »,

    repris dans le _ et pour faire office de _  titre :

    « Nous étions voués à souffrir de ce savoir ainsi«  ?

    …

    La réponse vient promptement pages 10 et 11 :

    « La politique vise trop bas. Le « réalisme » qui soutient les partis les condamne à la répétition et l’ornière

    _ faute d’assez de « champ », pour l’ »élan »…

    Ils se piétinent l’un l’autre.

    Ouvrir le champ

    _ car tel l’acte poïétique (= artistique) _ ;

    ouvrir le champ est magie

    _ opérante.

    …

    Le réel est de notre côté » :

    voici la vérité

    à toujours plus sonorement _ glorieusement ! _ faire rayonner,

    à grand rire joyeux de gorge déployée,

    clair et tranquille !..

    en des œuvres…

    …

    Le texte très précis met les points sur les i (page 11) :

    « Les artistes seuls de ces derniers siècles ont pressenti la vérité

    touchant ce que pourraient

    des hommes.

    Le grand nombre, pressé d’aller aux fatalités du petit sérieux, les a considérés comme

    des exceptions pittoresques

    …

    quand il fallait les regarder comme

    le vrai en acte

    _ absolument ! en son « ouvrance » :

    …

    soit la misère avaricieuse du « pittoresque »

    (tout juste bon pour les week-ends, les loisirs : la vacance !..)

    versus la générosité splendidement pleine du « vrai en acte« 

    d’une vie vraiment _ en vérité ! _ humaine…

    …

    Là-dessus, sur l’ »ouvrance »

    _ afin d’ouvrir (tout) ce qui nous est (en soi, ou par d’autres ; en nous, comme devant nous) fermé ;

    ce dont sont bien incapables (!) les seuls « gestionnaires de moyens » (= technocrates, à leurs calculettes d’économistes si contents et fiers d’être si opérationnellement « rationnels »…)

    monopolisant aujourd’hui, en « tenant » le haut du pavé médiatique, les pouvoirs (sociétaux), dont, d’abord, celui des cordons de la bourse, l’argent,

    tellement aveugles sur les fins, premières comme dernières, qu’ils sont, ces techniciens (non artistes) technocrates _ ;

    …

    sur l’ »ouvrance », donc,

    lire aussi,

    outre la si puissante (actualisante : sub specie æternitatis) « Éthique » de Spinoza,

    « La joie spacieuse _ essai sur la dilatation » de Jean-Louis Chrétien…

    Fin de l’ouverture bibliographique.

    …

    Tel est donc cet « ainsi » du savoir vrai, non menteur et désintéressé _ sinon de l’ »essentiel », du « fondateur » ! _, des artistes,

    sur lequel pointe l’expression du titre de cet ouvrage important de Jean-Paul Michel.

    …

    « Ce qui demeure, les poètes le fondent« ,

    rappelait, en sa solitude (à saules) de la rive (herbeuse) du Neckar, à Tübingen,

    en sa parole, Hölderlin…

    …

    C’est ni plus ni moins que du langage de la vérité quant au réel

    (qui est nôtre ;

    et que nous « partageons », tous)

    qu’il s’agit donc bien ici, en ce beau livre ;

    et pas de quelque « poésie »

    à (pittoresquement) « placardiser »…

    …
    D’où la difficulté, certes, de « classer » les livres,

    que ce soit parmi les divers rayons d’une (grande) librairie ;

    ou que ce soit

    en sa propre bibliothèque (personnelle) ;

    en évitant si possible les « placards »…

    …

    Un tel livre

    _ que ce « Nous étions voués à souffrir de ce savoir ainsi (Carnets de Pietrasanta) » de Jean-Paul Michel _

    ne doit en aucune façon être « placardisé », me semble-t-il…

    …

    Là-dessus _ rangements, « placards » _,

    parmi de récentes parutions,

    lire :

    Jacques Bonnet : « Des bibliothèques pleines de fantômes » , aux Éditions Denoël ;

    Enis Batur : « D’une bibliothèque l’autre« , aux Éditions Bleu autour ;

    et, pour une autre façon de « régler » (!) la question :

    George Steiner : « Ceux qui brûlent les livres« , aux Carnets de L’Herne…

    …

    Soit, en tout cela, encore et toujours, in fine,

    une question de « style »…

    …

    Titus Curiosus, ce 3 octobre 2008

  • Kertész / »Dachau » : la bourde du politique (et la non-lecture des « lecteurs »)

    A propos d’un article du (remarquable) blog « La République des livres » de Pierre Assouline _ sur le site du journal Le Monde _ : « Éclats de lecture« , le 16 août 2008 ; et de l’œuvre de (l’immense !) Imre Kertész
    …
    Voici, d’abord, l’article in extenso ;

    puis viendra ma réflexion (critique) :
    …

    Eclats de lecture

    Deux passages cueillis au vol dans « Des Hommes d’État » (Grasset) de Bruno Le Maire, conseiller puis directeur de cabinet du Premier ministre de 2005 à 2007. Celui-ci tout d’abord, un dimanche de juillet à l’Elysée, Chirac et Villepin s’opposant sur la repentance à propos du rôle de la France dans l’esclavage, le Président étant « pour » la reconnaissance, son premier ministre « contre » le sac de cendres en permanence sur la tête. Alors Jacques Chirac :

    “”Je vais vous raconter une histoire que m’a racontée Desmond Tutu”. Ironique : “Vous connaissez Desmond Tutu ?” Nous hochons la tête. “Bien. Je l’ai rencontré au G8. Il m’a dit il y a quelques mois : ”Vous êtes arrivés en Afrique, nous avions la terre, vous aviez la Bible. Vous nous avez dit : Fermez les yeux ! Ecoutez-nous ! Quelques années plus tard, nous avons rouvert les yeux : vous aviez la terre, et nous avions la Bible”. Voilà ce que c’est que la présence occidentale en Afrique, telle que les Africains la voient. Et en plus, il y a l’esclavage. Ce n’est pas digne de ne pas le reconnaître (…) Quand on fait quelque chose de mal, il faut se repentir !”. (p. 106)

       Autre chose. Le Premier ministre reçoit l’écrivain Imre Kertész, prix Nobel de littérature, à l’hôtel Matignon. Le conseiller est là :

    “Je ne résiste pas à la tentation de lui poser une question sur ses textes, pourquoi il ne parle pas des camps, pourquoi il ne parle pas de Dachau, qu’il a connu, préférant évoquer les moments qui ont précédé la déportation. Il répond doucement avec lenteur, il cherche les mots justes, ses yeux se perdent dans le vague :”Ça ne sert à rien de raconter les camps. Ça n’intéresse personne. Les détails, ça n’intéresse personne. Il vaut mieux essayer de raconter ce dont on ne se souvient pas. C’est beaucoup plus intéressant”. Il se gratte le haut du crâne du bout de ses ongles jaunis par la cigarette, lentement, minutieusement, pour se donner le temps de la réflexion. “Par exemple dans « Kaddish« , j’ai essayé de raconter les vingt premières minutes de mon arrivée à Dachau, les vingt minutes que je ne me rappelle pas, que je ne veux pas me rappeler, c’est ça qui est intéressant” (pp.246-247)

    C’est ce second paragraphe, à propos de Kertész qui seul va faire l’objet de ma réflexion ici. Et je vais « farcir » ce « texte » de mes remarques critiques, cette fois.

    …

    Le Premier ministre reçoit l’écrivain Imre Kertész, prix Nobel de littérature, à l’hôtel Matignon. Le conseiller est là :

    …

    “Je ne résiste pas à la tentation de lui poser une question sur ses textes _ sic ! _,

    pourquoi il ne parle pas des camps

    _ tiens ! tiens ! : qu’est ce qu’il lui faut donc si Kertész « ne parle pas des camps » ?!? _,

    pourquoi il ne parle pas de Dachau, qu’il a connu

    _ Dachau : non ! Kertész n’y a jamais mis les pieds !!! _,

    préférant évoquer les moments qui ont précédé la déportation _ re-sic ! _

    _ c’est tout bonnement renversant pour qui a lu (= VRAIMENT LU !) « Être sans destin » !

    A croire que n’en ont été lues _ superficiellement : sans poursuivre… _ que les toutes premières pages (à Budapest : avant et au moment de la grande rafle des Juifs de l’été 44) ;

    ou quelque « résumé » de sous-fifre !.. _

    …

    Il répond doucement

    _ Imré Kertész a l’infinie délicatesse (d’urbanité vraie) d’un homme (hongrois) d’Europe centrale,

    et « revenu », qui plus est (et ce n’est certes pas peu !), de bien des choses… _

    avec lenteur, il cherche les mots justes

    _ oh que oui ! (c’est aussi la « douceur » du débit de son ami, un autre immense écrivain, l’israélien Aharon Appelfeld, l’auteur du si puissant « Histoire d’une vie« ) _,

    ses yeux se perdent dans le vague :

    ”Ça ne sert à rien de raconter les camps. Ca n’intéresse personne. Les détails, ça n’intéresse personne. Il vaut mieux essayer de raconter ce dont on ne se souvient pas. C’est beaucoup plus intéressant”.

    …

    Il se gratte le haut du crâne du bout de ses ongles jaunis par la cigarette, lentement, minutieusement, pour se donner le temps de la réflexion.

    “Par exemple dans « Kaddish« 

    _ ou dans « Être sans destin » ? le conseiller politique pondeur de livres mêle décidément tout !!! _,

    j’ai essayé de raconter les vingt premières minutes de mon arrivée à Dachau (re-re-sic)

    _ il n’a pas pu dire « Dachau« , vu qu’il n’y est, de fait, pas « passé » en 44 ! Déjà, Auschwitz-Birkenau, Buchenwald, Zeitz, c’était « beaucoup » ; surtout en ayant manqué de ne pas en revenir du tout !!! _

    et qu’il y a assez peu de chance que ce soit sa langue à lui qui,

    sur un tel « point » (ou « détail » : qu’on en juge !),

    ait pu « fourcher »… ;

    ou alors, mieux encore, l’exquise infinie délicatesse d’Imre Kertész

    ne relève pas la bévue _ ou un simple lapsus linguæ ? _ du « conseiller de Matignon »,

    et reprend son (malencontreux) mot de « Dachau » :

    « Dachau, Auschwitz, Buchenwald, Zeitz », le distinguo est peut-être un peu trop subtil quand le temps presse, et qu’on ne peut pas se permettre d’abuser de ce temps si précieux (des politiques : la scène est à Matignon, auprès du premier ministre !) pour vraiment EX-PLIQUER (= DÉ-TAILLER) …

    et, surtout, quand tout cela a été si bien « détaillé » _ en effet! _ déjà dans les livres publiés (et vendus à certains milliers, voire millions, d’exemplaires de par le monde) de l’auteur (et « prix Nobel de littérature ») ;

    …

    il n’empêche : affirmer ainsi sans complexes

    _ et écrire, et publier : n’ont-ils donc pas de « relecteur » chez Grasset ? _

    que Kertész, « dans ses textes » _ étrange mot choisi _, « ne parle pas des camps« ,

    ne manque pas d’air !!! :

    « les vingt minutes »

    _ je reprends la citation prêtée à Imre Kertész à l’Hôtel Matignon _

    de « l’arrivée » sur la « rampe », et de la « sélection » : il n’y en avait pas à Dachau, qui n’était pas un camp d'(immédiate) extermination, la nuance a encore son importance, cher conseiller d’un premier ministre ! _

    que je ne me rappelle pas, que je ne veux pas me rappeler, c’est ça qui est intéressant” (pp. 246 – 247) » :

    …

    quelle infinie délicatesse, à mille lieues de la moindre lourdeur, que d’attribuer la force de cette écriture de « vérité » la plus terrible,

    à l’effort de la seule reconstruction (de l’expérience éprouvée)

    du « génie » _ littéraire et existentiel (= « æsthétique » et « poiétique« ) _ de l’ »imagination »…

    …

    Ne surtout pas se méprendre à ce qui fait _ rien moins ! _ le « génie » d’implacable « traqueur de vérité » de Kertész !..

    Et pourquoi il choisit l’écriture romanesque plutôt que le témoignage de « Mémoires » et d’autobiographie _ même s’il s’y adonne aussi, mais autrement (cf « Un autre : chronique d’une métamorphose« )…

    Et c’est là que se trouve la puissance magnifique de vérité

    _ et qui marque profondément quand le lecteur (authentique, si je puis dire) l’a vraiment ressentie _

    d’Imre Kertész, qui a mis tant de temps,

    avant de passer à l’écriture,

    et puis encore après

    (dans ses divers démêlés _ politico-idéologiques _ pour parvenir à se faire enfin publier _ et sans trop de censure : cf le superbe de force aussi « Le Refus« ) ;

    …

    qui a mis tant de temps, donc, à se faire un peu comprendre d’autrui :

    qu’on relise, dans « Être sans destin« , la scène _ quasi terminale _ du retour (en son ancien « chez lui ») de « Geörgy Köves« ,

    après la longue marche de la mort, en 1945,

    à Budapest,

    et l’impossibilité de se faire proprement « comprendre » des propres vieux voisins juifs de ses parents :

    les « Steiner » et « Fleischmann« , aux pages 348 à 359 de « Être sans destin« …

    …

    Même l’onction et l’aura du prix Nobel ne suffisent pas à lever toutes les incompréhensions, surdités, cécités, insensibilités des anesthésiés (et abrutis de propagandes et publicités) que nous, lecteurs et non-lecteurs, sommes…

    …

    Pierre Assouline, quant à lui, en son blog, en reste là

    _ je veux dire à ces deux extraits « nus » _,

    sans le moindre ajout de commentaire : est-ce, à son tour, par délicatesse ?..

    …
    Ensuite, les lecteurs du blog, eux,

    « se déchaînent »

    (dans le déballage de leur ego) ;

    …

    mais presque pas un seul

    _ à part « Christiane » qui, pour toute remarque, cite un des plus beaux passages de « Kaddish » :

    celui où « monsieur l’instituteur » (page 53)

    « rend » à György, malade, sur un brancard,

    sa « portion de nourriture froide« ,

    vitale _

    ne s’attache à Imre Kertész _ cet immense auteur !!! _ ;
    ni ne relève l’impensable « bévue » du politique pondeur du livre _ vite fait, mal fait _ ;
    lequel (pondeur du livre susdit : dispensable…)
    ne « sait » visiblement pas
    …
    parce que, tout simplement, il n’a probablement pas lu un seul livre entier de Kertész
    _ et pas rien qu’ »un texte« ,

    ainsi qu’un peu curieusement cela est dit,

    un « extrait »,

    un « résumé » (ou digest)  de livre _ ;

    …

    tout ce qu’il « sait »,
    _ et ce n’est pas là « savoir » !
    rien qu’une « ombre » d’opinion, de croyance,

    une « rumeur »

    (= ce qui se véhicule, circule, et se ramasse et propage et perpétue « dans les dîners en ville »,

    « dans les salons où on cause »…) _ ;

    …

    tout ce qu’il « sait », donc,

    c’est la « réputation » que véhicule la « rumeur » :

    « Kertész revient des « camps » !..«  ;
    qu’il en a « réchappé » ! ; qu’il est

    _ définitivement : on point de le définir et déterminer, à soi seul, par cette « marque » indélébile

    tel le nombre inscrit par tatouage »définitif »

    sur les « sélectionnés » du « bon côté »

    (pas « le plus important, à droite » ; mais celui « à gauche, le plus petit et en quelque sorte le plus plaisant »

    _ ce sont les expressions de la page 119 d’ « Être sans destin« )

    à Auschwitz ; pas ceux qui filaient directement vers les

    pseudo (on s’en rend compte trop tard pour en sortir _ « s’en sortir ») douches

    et, en fait, les cheminées (et le ciel, via les nuages, « les merveilleux nuages« ,

    ainsi que le reprend joliment Sagan

    du beau spleen baudelairien _ ;

    …

    qu’il « est », donc (lui, le prix Nobel de littérature Kertész

    _ autre « marque » dûment estampillée, mais « culturellement »,

    dirait Michel Deguy _

    invité ce jour-là de l’hôte de l’Hôtel Matignon)

    « un rescapé » !..

    …

    « Dachau » fera donc ici l’affaire  ;

    …

    et Dachau,
    ou ailleurs,
    ce n’est là,
    comme dirait l’autre _ politique, encore ! _
    qu’un « détail » (de l’Histoire) ;

    ainsi que de cette « petite histoire » (= anecdote) -ci,

    rapportée

    dans ce petit « non-livre »-ci… ;

    …

    lequel, pondeur du livre donc, ne sait visiblement _ visiblement pour assez peu de monde, cependant _ pas
    que Kertész n’est pas « passé » par Dachau,
    mais par la plaque tournante (le temps _ même pas deux secondes, est-il dit dans « Etre sans destin » _ de la « sélection ») d’Auschwitz-Birkenau (avant de reprendre un autre train pour…),
    Buchenwald, surtout _ en terme de « durée » de « séjours » : deux fois _
    et, accessoirement (entre les deux « séjours » à Buchenwald), le « camp » (de travail) annexe de Zeitz

    pour lequel lire, surtout, « Le Chercheur de traces »

    …

    _ cf donc (et lire de toute urgence !!!) les plus qu’admirables « Etre sans destin« ,

    « Le Chercheur de traces« 

    (repris dans « Le Drapeau anglais » : peut-être, ce « Le Chercheur de traces« , le plus fort de tous !…)

    et « Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas«  ;

    …

    Lire aussi l’admirable « Liquidation« ,

    qui ne traite pas, lui, des « souvenirs-cauchemars » des « camps »,

    mais de ce qui ne parvient pas à passer de tout cela dans le monde hyper-technologisé d’aujourd’hui

    et que Kertész résume, d’un seul mot : « Auschwitz« 

    avec des guillemets : mais lui _ passé par cette « case »-là _ en a le droit !

    …

    Lire à ce propos,

    et dans une même foulée si possible,

    le dyptique « Kaddish » et « Liquidation »

    (dont le « héros-victime » est le percutantissime personnage de « B. »),

    quand il

    _ l’auteur, par le biais de ce « B.« -là _

    « essaie » de se faire si peu que ce soit comprendre (des lecteurs) : c’est donc bien difficile !

    et des politiques en toute première ligne ;

    eux qui se croient du pouvoir…

    …

    Tous ces « titres » d’Imre Kertész publiés par Actes-Sud

    et repris, la plupart, par Babel

    constituent des indispensables
    tant « sur » le XXème siècle ;
    que « sur » ce que j’oserai appeler « ce qui dure d’Auschwitz »…

    …
    Quant aux réactions des lecteurs du blog de Pierre Assouline,

    enfin,

    elles sont confondantes d’ »à côté de la plaque » : ils n’ont, donc, pas (encore ; ou pas vraiment !) lu Kertész…

    …

    Bref,
    ce monde-ci
    (soit, le nôtre, commun _ ou quasi…) comme il va…
    …
    Titus Curiosus, ce 19 août 2008