Étiquette : vidéos

  • Une nouvelle amicale contribution, par courriel, d’Eric Rouyer pour faire découvrir et admirer l’œuvre de Valentin Silvestrov, par le témoignage de leur ami Boris Berman…

    En continuation de ma série d’articles de découverte intensément admirative de l’œuvre musical, intensément troublant en sa pudique brièveté des pièces, de Valentin Silvestrov, débutée le 27 décembre dernier,

    …

    voici, ce jeudi 2 janvier 2025, le significatif document « Variations on Nostalgia – Boris Berman plays Brahms and Silvestrov » publié par le Piano Street Magazine en date du 8 novembre 2022,

    que vient de très aimablement m’adresser Eric Rouyer ce matin même :

    …

    https://www.pianostreet.com/blog/albums/variations-on-nostalgia-boris-berman-plays-brahms-and-silvestrov-11940/

    …

    …

    Boris Berman y présente un intéressant panorama du parcours de création de son ami compositeur, entre ses œuvres des années 60, et celles, d’une très intense pudique infiniment touchante intimité _ dénuée du moindre pathos… _, de ses « Bagatelles » depuis le décès de son épouse Larissa Bondarenko, en 1996, en un temps comme suspendu, empreint de douce et réconfortante nostalgie… :

    …

    …

    Valentin Silvestrov: Piano Music

    Valentin Silvestrov was born in Kyiv, Ukraine, in 1937. His music has evolved from an assertive avant-garde – earning him the wrath of the Soviet regime – to a peaceful, intimate, melodic, and tonal style _ voilà. Since 2001, he has composed a multitude of short pieces, forming a “bagatelle epic”, which consists today of more than 300 opuses. When Russia started its invasion of Ukraine, the 85-year-old composer yielded to the pleas of friends and relatives and left Kyiv – where he had lived all his life – reaching Berlin after a perilous journey by car.

    Boris Berman is bound to Silvestrov by a friendship that started at the beginning of the 1960s, _ voilà ! _ when they were both Soviet citizens, and Berman performed the composer’s early Triade _ composée par Silvestrov en 1962… When embarking on an international career that has taken him to all continents, Berman continued to promote Silvestrov’s work. He is pleased that Silvestrov is now played more often, but would like to address the fact that people seem to turn almost exclusively to the late pieces. In order to present a more complete picture, Berman’s album _ le double album PDD030 « Valentin Silvestrov – Boris Berman« … _, due for release in November, offers a panorama of Silvestrov’s evolution during the past six decades, including the premiere recording of Three Pieces written in Berlin in March 2022.

    – You have known Silvestrov for 60 years and you obviously appreciate both his early and new styles. What actually happened when he abandoned his modernist way of composing?

    – This is true, I appreciate both his early and new styles. I feel that ignoring his earlier works makes him a much smaller figure, a mere ‘new age’ composer. Silvestrov himself sees a connection between his avant-garde works and the late ones. I wonder if Silvestrov himself realized that he was making a stylistic turn : let us not forget that after Kitsch Music written in 1977 in the “new” euphonic style, he wrote the modernist 3rd Sonata (1979). It seems that it started as another experimental foray into a new territory, which appeared to open new horizons for him. These are Silvestrov’s own words about the relationship between his avant-garde and latest works : “This was not a break but a transition. In pieces composed after the 1960s, the avant-garde did not disappear, but simply moved ‘backstage’ and permeated the musical texture from within like a grain of salt. The technique of the composer works in a hidden way in the realm of the unseen and unheard. This humility creates its own inner tension.”

    – How would you describe Silvestrov’s late style? What is it that he is trying to achieve through his endless stream of introverted “bagatelles”?

    – Silvestrov’s style of recent years is lyrical, intimate, and introverted _ voilà ; un style qui me touche personnellement très profondément. We can call it nostalgic insofar as it tries, somehow, to awaken his memory – that of his music, that of his life. It’s about the nostalgic attempt to unify life into a whole, which is of course impossible because life goes on and the past cannot return. It’s related to what Proust did in his colossal In Search of Lost Time, but Silvestrov tries to achieve the same thing through pieces lasting two to four minutes _ voilà ; et c’est admirable !

    – Recently, you have given several recitals playing Brahms and Silvestrov side by side. Do you see any connections between the two?

    – I do feel the affinity between Silvestrov and Brahms, both have this special quality of nostalgic introverted understated lyricism _ oui. Silvestrov himself pointed out to me the connection between the third piece of his Kitsch-Musik and Brahms’s E flat Major Intermezzo op. 117 No. 1. On the other hand, the robust impulsivity of the early works of Brahms on my program adds a welcome contrast.

    Boris Berman on Valentin (Valentyn) Silvestrov’s music

    …

    …

    Regardez aussi cette brève vidéo de présentation (de 1′ 31) par Boris Berman …

    …

    …

    Ainsi que cette autre vidéo-ci (d’une durée de 11′ 05) de Boris Berman interprétant « Triade » de Valentin Silvestrov, composée en 1962…

    …

    …

    Ce jeudi 2 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un sublime rétrospectif « L’odyssée des petites îles italiennes » de l’ami Plossu : une incontournable magie d’images saisies toujours avec délicatesse (et puis choisies), à contempler admirativement page après page…

    C’est un sublime rétrospectif _ ainsi que l’indique le choix même du mot « odyssée » ; mais Ulysse n’est-il pas lui-même passé en son périple par ces si sensuelles îles de la Méditerranée aujourd’hui italiennes ?.. _ « L’odyssée des petites îles italiennes« , paru le 16 octobre dernier aux Editions Textuel,

    que je tiens à très chaleureusement saluer aujourd’hui :

    …

    l’Italie de Plossu, de même que la série de ses iles de la Méditerranée _ îles grecques également comprises, bien sûr… _, ainsi que ses sublimissimes « Couleurs Fresson« , constituant _ et de loin parmi mes affections-prédilections en l’œuvre photographique de l’ami Plossu ; cf aussi le podcast (de 50′) de notre entretien à partir de son « L’Abstraction invisible  » en date du 31 janvier 2014, dans les salons Albert Mollat de la Librairie Mollat ; ainsi que mon article, en suivant, du 16 février 2014 : « « … _ mes admirables Plossu préférées…

    …

    …

    Et c’est, bien évidemment, quasi rien de seulement le dire :

    il faut plutôt passer de longs moments à leur fabuleuse magique contemplation, page après page, image après image, scène après scène ainsi saisies, toujours avec délicatesse, et comme en dansant…

    …

    …

    Ou ce que Bernard Plossu nous livre, une fois à nouveau en un livre, de l’essentiel de son monde hyper-sensible _ et si délicatement profond, humain, et sensuel…

    …

    …

    En complément,

    l’écouter effleurer pour nous un peu de son art de regarder _ en toute humilité et pudeur, toujours un minimum à distance _ via l’objectif de son appareil photo, en cette extraordinaire vidéo « Bernard Plossu – Couleurs Fresson » (de 7′ 46) en date du 12 novembre 2015…

    …

    …

    Ce dimanche 22 décembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’admirable approche contextualisante de lecture des « Essais » de Montaigne de Philippe Desan, en son décisif « Montaigne – Une biographie politique » (paru en 2014), pour lire avec recul informé sa plaisante fiction « Montaigne – La Boétie – une ténébreuse affaire » (en 2024)…

    Afin d’approfondir et consolider encore le grand plaisir de mes deux lectures successives de la passionnante _ à plusieurs égards _ fiction « Montaigne – La Boétie – une ténébreuse affaire » de Philippe Desan _ cf mes 3 articles « « ,

    «  »

    et « «  des 11, 13 et 18 septembre derniers… _,

    …

     je suis en train de lire avec une immense satisfaction le richissime _ et indispensable ! Que ne l’avais-je lu dès sa sortie en 2014 !!! _ essai de fond, paru le 10 avril 2014, de Philippe Desan, « Montaigne – une biographie politique« …

    …

    …

    Philippe Desan est probablement le plus fin et plus complet montaignologue d’aujourd’hui…

    …

    …

    Et dans son travail de fond paru en 2014, Philippe Desan, sociologue de formation, procède à une extrêmement efficace et pertinente contextualisation historique (et politique) des diverses strates d’écriture, en 1580, en 1588, et enfin en les inscriptions manuscrites (et de diverses encres) de la main de Montaigne, de 1588 à son décès en 1592, sur un de ses exemplaires personnels de ses « Essais« , dit désormais « l’Exemplaire de Bordeaux » ; mais pas seulement des « Essais« , d’ailleurs, car tous les autres textes publiés, ou accessibles par divers moyens, de Montaigne, sont scrupuleusement, et tous, pris en compte par les analyses très fouillées de Philippe Desan, suite à ses infiniment patientes recherches de documents les plus divers…

    …

    …

    En complément du magnifique entretien, à la Station Ausone, le vendredi 20 septembre dernier, de Philippe Desan avec Violaine Giacomotto _ à propos de cette imaginative fiction, mais rudement bien informée.., qu’est ce roman « Montaigne – La Boétie – une ténébreuse affaire« … _, dont voici la vidéo (d’une durée de 61′) ; ainsi que le podcast (de même durée),

    …

    je me permets de renvoyer ici à cette plus brève vidéo (d’une durée de 14 ‘ 13), de Philippe Desan, présentant lumineusement, le 29 décembre 2014, filmé dans les murs de la librairie Mollat, son très essentiel et absolument décisif « Montaigne – une biographie politique« , dont je veux ici très chaleureusement recommander la lecture !

    …

    …

    Une présentation dans laquelle Philippe Desan souligne on ne peut plus clairement le sens _ et la fécondité pour la connaissance à la fois de l’œuvre, mais aussi la vie, qui sont très étroitement mêléees, de Montaigne… _ de sa méthode extrêmement minutieuse _ en même temps que très pédagogique _ de contextualisation _ et c’est effectivement crucial ! _ des strates d’écriture, tout au long de sa vie _ et pas seulement des campagnes successives d’écriture et ré-écriture des « Essais« … _, et des rebondissements et aléas de sa carrière (et ambitions successives) politiques, pas assez scrutées et analysées jusqu’alors…

    …

    …

    Un travail merveilleusement éclairant et pertinent, je le répète !..

    …

    …

    À cette heure, ce jeudi 26 septmbre 2024, j’en suis à la page 453, de cet ouvrage, « Montaigne – une biographie politique« , qui comporte 596 pages d’analyse…

    …

    …

    À suivre, donc…

    …

    …

    Ce jeudi 26 septembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’intense superbe filiation musicale, et même réciproque, entre Carl-Philipp-Emanuel Bach (Weimar, 1714 – Hambourg, 1788) et Georg-Philipp Telemann (Magdebourg, 1681 – Hambourg, 1767), le filleul et le parrain : le passionnant CD cpo « Telemann – CPE Bach – Veni sancte spiritus – Festive Cantatas » des Rheinische Kantorei et Das Kleine Konzert dirigés par Hermann Max en 2014, et ses suites…

    C’est la trouvaille inattendue parmi les très divers CDs soldés en ce moment chez mon disquaire préféré d’un passionnant CD cpo 777 946-2 « Telemann – CPE Bach – Venice sancte spiritus – Festive Cantatas » _ enregistré à Magdebourg les 14 et 15 mars 2014, et paru chez cpo en 2016…  _ par les Rheinische Kantorei et Das Kleine Konzert sous la direction de leur chef Hermann Max (né à Goslar le 26 mars 1941) _ cf ici un intéressant compte-rendu critique (en anglais) de ce CD par Johan van Veen paru en 2018 ; je n’en ai pas trouvé en français…  _,

    …

    ainsi que le constat, toujours renouvelé, de la profonde filiation musicale entre Carl-Philipp-Emanuel Bach (Weimar, 8 mars 1714 – Hambourg, 14 décembre 1788) et son très cher parrain Georg-Philipp Telemann (Magdebourg, 14 mars 1681 – Hambourg, 25 juin 1767), à l’écoute de de ce splendide CD _ qui, dois-je dire, était passé à sa parution en 2016, sous la vigilance de ma curiosité pourtant éminemment fidèle envers ces deux compositeurs que j’aime profondément, tous les deux _,

    …

    qui m’a vivement incité à revenir fouiller dans les rayons de ma discothèque personnelle _ riche d’environ 80 CDs CPE Bach patiemment thésaurisés au fil du temps… _ afin d’y retrouver, et bien sûr surtout ré-écouter _ et c’est chose faite, et bien faite, ce dimanche matin _, les albums des 4 principaux oratorios _ dixit le texte de présentation, par Eckardt van den Hoogen, du CD EMI des « Ultimes souffrances du Sauveur », paru en 1987… _ du cher CPE Bach, qui sont ainsi à ma disposition :

    …

    _ »Les Israélites dans le désert« , wq 238, composé en 1769 : il s’agit du CD Harmonia Mundi HMC 901321, par les Arts Florissants sous la direction de William Christie, enregistré à Lindlar au mois de décembre 1988 ;

    …

    _ « Les Ultimes souffrances de notre Sauveur« , wq 233, composé en 1770 _ un chef d’œuvre absolu (et musical et discographique !) que je porte au pinacle ; et dont je me stupéfie de ne lui avoir jamais jusqu’ici consacré le moindre article ; je n’en reviens d’ailleurs toujours pas… _ : il s’agit du prodigieux double CD EMI 7 47753 8, par La Petite Bande sous la direction de Sigiswald Kuijken, enregistré à Gemeende du 21 au 28 février 1986 _ je n’ai hélas trouvé ni podcast ni vidéo de cette magistrale interprétation, en 1986, de ce chef d’œuvre de Carl-Philipp-Emanuel Bach, par La Petite Bande, sur le web : voilà qui est proprement stupéfiant !.. _ ;

    …

    _ « Résurrection et Ascension de Jésus« , wq 240, composé en 1777-1778 : il s’agit du double CD Capriccio 10 206/207, par la Rheinische Kantorei et Das Klein Konzert dirigés par Hermann Max, enregistré à Wuppertal au mois d’octobre 1984 ;

    …

    _ « Chant matutinal pour la fête de la Création« , composé en 1783-1784 : il s’agit du CD Capriccio 10 208, par la Rheinische Kantorei et Das Klein Konzert dirigés par Hermann Max, enregistré à Wuppertal le 4 mai 1987.

    …

    …

    De fait, me stupéfie aussi la filiation si je puis dire réciproque _ mais oui ! et pas à sens unique, donc… _ et absolument manifeste à l’écoute, pour ce qui concerne les dates de composition (1756, 1756, 1760, 1760 et 1762) des 5 œuvres de Georg-Philipp Telemann (1681 – 1767) et Carl-Philipp-Emanuel Bach (1714 – 1788) _ leur écart d’âge était donc de 33 ans ! _ interprétées ici en ce CD :

    …

    …

    _ 1756 pour le « Gott hat den Herrn auferwecket » Wq 244 de CPE Bach _ je n’en ai hélas pas trouvé de podcast ni de vidéo disponible sur le web… _ ;

    …

    _ 1756 aussi pour le « Veni sancte spiritus » TWV 3:83 de Telemann ;

    …

    _ 1760 pour le « Veni sancte spiritus » TWV 3:84 de Telemann _ regardez-en ici la vidéo (d’une durée de 2′ 04) _ ;

    …

    _ 1760 encore pour le « Trauret ihr Himmel » TWV 1:1714 de Telemann _ regarder ici ces 3 vidéos-ci : 1 (de 3′ 31), 2 (de 49″) et 3 (de 48″) ; et écouter ces 2 podcasts-là : 1 (de 1′ 58) et 2 (de 48″) d’extraits de cette superbe cantate festive, de 1760… _ ;

    …

    _ et 1762 enfin pour le « Er neigte den Himmel » TWV 1:467 de Telemann _ regarder ici cette vidéo d’un extrait (d’une durée de 2′ 46) de cette autre très belle cantate festive de Georg-Philipp Telemann, composée, elle, en 1762…

    …

    en sachant qu’à ces date-là le parrain Georg-Philipp résidait, lui, et depuis 1721, directeur des 5 églises principales de la ville, à Hambourg,

    et son cher filleul bien aimé (et futur successeur, à Pâques 1768, au prestigieux siège de Hambourg), à la cour de Berlin…

    …

    …

    Et sur ce précieux point historique, consulter l’éclairante très détaillée présentation, intitulée « Church Music by Georg Philipp Telemann and Carl Philipp Emanuel Bach » de Ralph-Jürgen Reipsch, de Magdebourg, aux pages 15 à 18 du livret de ce CD…

    …

    …

    De tempérament heureux et généreux (et très ouvert !), Georg Philipp Telemann _ cf ici mon article «  » en date du 25 juin 2017 _ avait très grand souci de la transmission musicale particulièrement auprès des nouvelles générations, et n’a cessé sa vie durant d’entretenir les plus affectueux et encouragents rapports avec ses jeunes confrères compositeurs _ dont son génial filleul (et futur successeur expressément choisi par lui pour lui succéder à Hambourg après son décès) : Carl-Philipp-Emanuel Bach… _, et pas seulement en Allemagne…

    …

    …

    Et c’est probablement la gloire posthume    à partir du revival de Bach par les soins de Felix Mendelssohn, à Berlin, en 1829… _ de son confrère et ami Johann-Sebastian Bach, qui, peu à peu, à l’époque romantique d’abord, a mis en recul et quasi effacé _ bien à tort ! _ la réputation et la gloire musicales de Georg-Philipp Telemann auprès des amoureux de la musique…

    …

    …

    Et probablement doit-on en dire tout autant du rapport de réputation et gloire musicales existant aujourd’hui, en 2024, entre Carl-Philipp-Emanuel Bach, le fils (1714 – 1788), et Johan-Sebastian Bach, le père (1687 – 1750) : l’ombre portée du père fait bien à tort mésestimer encore maintenant l’œuvre magnifique du fils…

    …

    …

    Ce vraiment passionnant CD cpo de « Festive Kantaten » de Telemann et CPE Bach, paru donc en 2016, est décidément un peu trop passé inaperçu de la plupart des critiques discographiques, au moins en France.

    …

    …

    Ce dimanche 4 août 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa