Étiquette : vitalité

  • Apprendre à rendre l’hommage qu’il mérite au travail primordial et de feu de l’immense Carlos Païta : une flamme vitale…

    Chaleureuses félicitations au bien bel hommage rendu par Crescendo Magazine avant-hier 14 juin par la plume d’Olivier Vrins en son article « Une première monographie primordiale consacrée à Carlos Païta » au très beau travail – primordial, en effet… – d’André Hirt en son « Carlos PaÏta dans le fracas d’un son plein d’épouvante – physionomie musicale d’un chef d’orchestre » – l’expression est empruntée à Dante : « Un fracaso d’un suon, pien di spavento« … – que publie Le Palais des Dégustateurs de l’ami Eric Rouyer – qui me l’a adressé – sur cet interprète hors-normes – et de feu ! – qu’est, pour jamais, l’immense Carlos Païta (Buenos-Aires, 10 mars 1932 – Genève, 19 décembre 2015)…

     
    Dont le rapport aux œuvres symphoniques qu’il choisit d’interpréter est rien moins que charnel et vital…
     
    D’où le schnaps préventif de quelques membres de l’orchestre qu’il dirigeait pour tenir le choc de la performance attendue bien sûr d’eux…
    Quelque chose d’une crainte sacrée ; pas un simple trac ordinaire…
     
    Merci !
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    Voici donc – avec mes modestes farcissures en rouge – ce bel article d’hommage rendu à Carlos Païta et au livre d’André Hirt, d’Olivier Vrins pour Crescendo Magazine :
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    par Olivier Vrins
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    André Hirt : Carlos Païta, dans le fracas d’un son plein d’épouvante. Physionomie musicale d’un chef d’orchestre, Le Palais des Dégustateurs, 2026, 161 p.

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    Qui entreprend de chroniquer le dernier ouvrage d’André Hirt, consacré à Carlos Païta (1932-2015), marche inévitablement sur des œufs. Personne n’a en effet oublié – et le philosophe – qu’est André Hirt – moins que quiconque – les rebuffades, tantôt condescendantes, tantôt féroces, essuyées par le maestro argentin, lacéré par la plume d’une horde de critiques musicaux, « d’ailleurs essentiellement ‘critiques’ davantage que musicaux (il suffit, comme partout, d’un seul pour que d’autres suivent – panurgiquement… – par opportunisme) au mépris du travail des artistes », souligne l’auteur non sans raison.

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    Fort heureusement, le travail d’André Hirt n’appelle que des éloges. Aussi insensé que cela puisse paraître, il signe ici le premier ouvrage, toutes langues confondues – en effet – , consacré à Carlos Païta. Dans ce précieux document, porté par une plume d’une rare élégance et d’une pertinence plus remarquable encore – oui – , se dessine une tentative de réhabilitation – voilà ! – amplement méritée : une hagiographie assumée davantage qu’une biographie consommée. Elle s’inscrit dans le sillage de la réédition, ces dernières années, de plusieurs enregistrements majeurs du chef sous l’étiquette du Palais des Dégustateurs – oui, oui – , auxquels Crescendo n’a pas manqué de faire écho.
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    Également publié avec le soutien du label dirigé par Éric Rouyer, authentique mélomane guidé par la passion et les coups de cœur – si proche, en cela – oui – , de Carlos Païta –, cet essai rédigé par un autre amoureux de la musique avec la complicité d’Alexandre Païta, fils aîné du chef, s’attache à la personnalité volcanique – de braise à jamais – de son protagoniste : un immense artiste à la réputation injustement ternie, qui ne fit pourtant de mal à personne en suivant son chemin de grand bonhomme.

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    Souvent décrié de son vivant pour sa grandiloquence et sa théâtralité, Païta brilla auprès de certaines des plus prestigieuses phalanges du monde sans jamais avoir été titularisé à la tête de l’une d’elles, nouant « de solides amitiés avec les orchestres anglais et belges, de l’amour même », comme aime à le rappeler André Hirt. D’aucuns eurent la chance de voir cette comète solitaire – singulière – qu’était Carlos Païta à l’œuvre sur la scène de la Philharmonie liégeoise, qu’il fréquenta assidument, ou au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Alexandre évoque avec le sourire sa rencontre avec les musiciens de l’institution bruxelloise qui, avant de pénétrer corps et âme dans le monde inspiré du maître argentin, se donnaient du courage en avalant un verre de schnaps – voilà : le chef intimidait... Ne répondirent-ils pas au fils du chef, étonné de leur légèreté : « Nous sommes prêts à jouer à fond pour votre père, et il nous faut un petit coup d’alcool pour avoir assez de vitalité – voilà, voilà – pour tenir le coup ! »

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    Personnalité hölderlinienne, « faustienne » selon André Hirt – dionysiaque, ajouterai-je… – , Carlos Païta était, nous enseigne l’auteur, un idiot musical – mais un « idiot » au sens originel du terme : une voix irréductiblement originale – singulière, tout simplement – , à l’image d’un Glenn Gould ou d’un Sviatoslav Richter ; l’un de ces artistes qui « sont tous finalement rejetés après une brève période au cours de laquelle, stupéfaits, on les salue comme d’étranges phénomènes (et on les célèbre alors comme tels, mais seulement comme tels !) ». Païta demeura toute sa vie en marge du circuit musical institutionnel – voilà, voilà. Ne dirigeant qu’à un rythme modéré, à rebours de la vogue de son époque – et de la nôtre encore –, il n’enregistra qu’une seule fois – voilà – une poignée– seulement – de chefs-d’œuvre. Il sut néanmoins se montrer aventureux, gravant notamment la Pastorale d’été d’Arthur Honegger ainsi que l’Adagio pour cordes d’un compositeur belge mort à vingt-quatre ans, Guillaume Lekeu.

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    Nombreux sont ceux qui, confrontés pour la première fois à la fougue et à la puissance vitale – de feu – de la narration païtienne, souvent tragique, voire catastrophée, en sortirent ébranlés. Le Requiem de Verdi, que je découvris dans mon adolescence sous l’étiquette « Lodia », détonna en moi comme une bombe. D’autres furent secoués par sa lecture des grandes symphonies : la Première de Brahms, la Cinquième de Beethoven, la Sixième de Mahler, les deux dernières de Bruckner, la Fantastique de Berlioz, la Pathétique de Tchaïkovski, voire la Quarantième de Mozart – peut-être moins inattendue sous la baguette du chef latin que ne l’affirme André Hirt, tant cette œuvre compte parmi les plus tragiques, sinon les plus romantiques, du compositeur salzbourgeois, bien plus sombre, en tout cas, que la « Jupiter » qui lui succède au catalogue.

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    Admirateur de Furtwängler, dont l’influence est palpable, et contempteur de Karajan, le maestro n’eut de cesse de privilégier le sens et la vérité – oui – au-delà du « beau son » – séducteur hédoniste. Matador au tempérament sanguin – et le sang est esprit, nous dit Nietzsche en son Zarathoustra... – , esseulé dans l’arène, aux prises avec une œuvre intimidante – voilà: en sa grandeur ou sa sublimité à affronter pour la servir telle quelle – , dont il entend maîtriser – et servir vraiment – le souffle – formidable, intimidant, terrifiant peut-être même – de ses deux – seules – mains tendues, pressenti par Ernest Ansermet pour lui succéder à la tête de l’Orchestre de la Suisse romande, Païta fut un homme de contrastes, volontiers porté à l’hyperbole ; « sa poésie se nouait à la violence comme chez Baudelaire », écrit justement André Hirt – on pourrait aussi se référer à la puissance magistral de Michel-Ange… Une violence qui « n’est pas dirigée contre les êtres ou même les choses, mais porte sur la contrainte de devoir forcer les portes d’un autre rapport au monde – brut, dionysiaque – , un forçage que la musique exige pour elle-même – voilà, tout simplement – au risque de n’être – sinon – qu’un simple divertissement – superficiel, passager, éphémère, de surface seulement – ou l’objet d’une contemplation – désossée, dénervée, vidée de sa vie – pour les esthètes et les conformistes ». Tout est dit, ou presque… – voilà. Carlos Païta est nietzschéen…

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    Au fil de ce livre magistral, qui se lit d’une traite et se relit ensuite par bribes avec plaisir, Hirt interroge la « grandeur » – la force, la puissance – de Carlos Païta : son art, son répertoire, sa dialectique « inesthétique », sa direction exaltante sinon exaltée, sa vision extasiée du son ; telle interprétation mémorable de la Deuxième de Mahler – dont le surnom de « Résurrection » sied si bien à l’héritage du chef argentin – ; telle autre, sublime quoique déroutante par l’extrême rapidité des tempi, de la Neuvième de Bruckner, quitte à questionner, non sans risques, les intentions déclarées du compositeur ; ou encore cette Neuvième enflammée de Beethoven, demeurée dans les limbes. « La brûlure, voici au moins descriptivement un mot qui serait à même de qualifier la musique de Carlos Païta » ; mais une brûlure qui agit comme une catharsis – voilà ce que réalise seul l’art vrai… 

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    Au-delà de la physionomie musicale d’un chef hors normes, ce que André Hirt défend en filigrane de son ouvrage, c’est la liberté artistique dans ce qu’elle a de plus noble et de plus fondamental : le combat des artistes – et cela quel que soit leur art… – imperméables aux pressions commerciales – évidemment, oui ! – , habités par une vision – pure et vraie, sans concessions… – de l’œuvre – même – qui, précisément parce qu’elle est singulière, ne saurait laisser indifférent – certes pas : mais qu’est un art sinon, sans cela : une pure imposture…

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    À l’heure où « l’uniformisation des interprétations est devenue telle que la nouveauté n’est elle-même validée que si elle peut correspondre à un standard, c’est-à-dire à une attente – intéressée, commerciale, marchande – , qui est le ferment du contraire d’une expérience », dénonce André Hirt, Carlos Païta nous donne à entendre « l’inouï ». Un « inouï » que le Palais des Dégustateurs nous donne de redécouvrir. Mieux : de revivre. Cet ouvrage y contribue dans une large mesure.

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    Une attitude vitale d’artiste parente de celle de Lucien Durosoir (1878-1955), qui me tient tant à coeur,

    dès mon article de découverte très très impressionnée de ses sublimes Quatuors à cordes, en date du 4 juillet 2008  « Musique d’après la guerre« …

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    Ce mardi 16 juin 2028, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Les découvertes à rebondissements du jubilatoire festif CD « Mozart – Sonates / Rondos » du plus jeune que jamais Jérome Hantaï, en son CD Mirare MIR 730, enregistré à Hardelot en février 2020, il y a 5 ans déjà…

    Ma réception enthousiaste,

    en mes articles successifs « L’épatant « Mozart – Sonates – Rondos » du plus ludique et jeune que jamais Jérôme Hantaï…« , en date du 21 mai 2024, puis « Redécouvir Jérome Hantaï interprétant Mozart sur un piano forte : le délicieux CD Mirare « Mozart – Sonates – Rondos » enregistré en 2020« , en date, lui, du 4 décembre 2024 _ comportant un lien à l’article « Sonates et Rondos de Mozart : une lecture vivante et authentique par Jérôme Hantaï » de Jean-Noël Régnier paru le 30 novembre 2024 _,

    se voit ce jeudi 16 janvier 2025 rejoint par le très festif, à son tour, article intitulé « Vivacité » , sous la plume, cette fois de Pierre-Yves Lascar _ tiens, tiens _, sur l’excellent site Discophilia de Jean-Charles Hoffelé

    pour un CD, le CD Mirare MIR 730, enregistré au théâtre élisabéthain d’Hardelot les 10 et 11 février 2020 _ il y a donc 5 ans déjà !.. _, et publié par Mirare le 14 avril 2024  : 

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    pourquoi donc tant de _ successifs… _ retards, pour un enregistrement si festivement jubilatoire,

    et si idéalement mozartien aussi ?..

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    VIVACITÉ

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    Les Sonates de Mozart posent quelques pièges à qui les abordent sur un piano moderne, jamais sur un pianoforte, le discours y coule naturellement _ oui ! _, les accents piaffent, le caractère aiguisé des rythmes, la fantaisie des mélodies, les surprises de l’harmonie, tout un petit monde s’accorde soudain, prodigieux de vitalité _ voilà ! Et voilà qui convient parfaitement aussi au talent d’interprète festif de l’excellent Jérôme Hantaï…

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    Jérôme Hantaï a pour lui un pétillant pianoforte anonyme de l’époque de Mozart restauré par Christopher Clarke, dont le clavier alerte sert son propos _ pétillant, alerte : des adjectifs qui conviennent parfaitement à la personnalité, et pas que musicale, du facétieux, dans la vie aussi, Jérôme Hantaï…

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    Commencez par la Sonate en si bémol majeur, cette allégresse, cette fantaisie de grande allure s’incarnent dans le plaisir _ délicieux _ d’un jeu savoureux, si alerte, simplement irrésistible _oui, oui _, et qui n’exclut pas l’émotion _ en effet _, palpable au détour d’une modulation.

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    Tout le disque est une fête _ voilà ! voilà ! _, évidemment commencée par le ton très Watteau _ oateux, avec son ombre délicate, à peine une brume, de mélancolie _de la Sonate en ut majeur, petite merveille de tendresse _ oui _ que Jérôme Hantaï sauve des mignardises habituelles, une fantaisie supplémentaire _ encore un caractère de Jérôme Hantaï _ paraissant dans les trois Rondos, joués sans traîner, le ré majeur doré par quelques accents Sturm und Drang est particulièrement attachant _ tout cela est parfaitement entendu….

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    Il serait dommage que Jérôme Hantaï ne poursuive pas _ depuis ce mois de février 2020 de cette prise à Hardelot… _ dans ce jardin particulier que lui sont les Sonates de Mozart

    _ cf aussi ses Haydn, d’abord en le CD Ambroisie AMB 9975 « Joseph Haydn – Sonates pour piano forte« , enregistré en novembre 2004 à la Cité de la Musique à Paris ; puis en un tout aussi réjouissant « Haydn – Mozart – Sonates« , le CD Mirare MIR 456 ; cf mon article « De merveilleux Haydn et Mozart au pianoforte, par un très ludique Jérôme Hantaï «  en date du 5 mai 2019… .

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Wolfgang Amadeus Mozart
    (1756-1791)

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    Sonate pour clavier (No. 7)
    en ut majeur, K. 309

    Rondo en fa majeur, K. 494
    Rondo en ré majeur, K. 485
    Sonate pour clavier (No. 13)
    en si bémol majeur, K. 333

    Suite en ut majeur, K. 399/385i (extrait : II. Allemande)
    Rondo en la mineur, K. 511

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    Jérôme Hantaï, pianoforte

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    Un album du label Mirare MIR730
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    Photo à la une : le claviériste Jérôme Hantaï –
    Photo : © Jean-Baptiste Millot

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    Une fête parfaite de musique !

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    Dont la jubilation fait grand bien…

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    Ce jeudi 16 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Comment passer de l’écoute d’un CD enchanteur à un CD qui ne souffre pas trop de la comparaison ? D’interprétations de Domenico Scarlatti (1685 – 1757) à des interprétations d’Hélène de Montgeroult (1764 – 1836), compositrice toute de fraîcheur et vitalité, entre Mozart et Mendelssohn…

    C’est toujours une difficulté pour le mélomane discophile de passer d’une écoute enthousiaste d’un CD _ tel le CD Arcana A 568 « Domenico Scarlatti – A Man of Genius – Sonatas 1752-1753 » du merveilleux claviériste qu’est Francesco Corti (cf mon article d’hier 1er octobre « « )… _ à l’écoute d’un CD suivant,

    et consacré à l’œuvre d’un compositeur qui supportera de passer immédiatement, en l’occurrence, après un génie aussi exceptionnel que le merveilleux Domenico Scarlatti (Naples, 1685 – Madrid, 1757)…

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    Eh bien ! la surprise toute récente d’une écoute au vol, sur mon autoradio, en allant faire mes courses un matin de cette semaine, sur l’antenne de France-Musique, d’extraits d’un CD d’Elisabeth Pion _ j’ai retenu le nom de l’interprète _ interprétant sur un très beau piano-forte des œuvres de la compositrice Hélène de Montgeroult (Lyon, 2 mars 1764 – Florence, 20 mai 1836), m’a convaincu de me mettre à la recherche d’exemplaires de CDs de cette compositrice jusqu’ici inconnue de moi…

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    Ainsi,

    si je n’ai pas encore réussi à dénicher ce CD Atma Classique ATM 2885 « Amadeus et l’Impératrice » d’Elisabeth Pion,

    au moins, ai-je pu mettre la main, d’une part, sur le CD Seulétoile 09 « Hélène de Montgeroult – Portrait d’une compositrice visionnaire« , de Marcia Hadjimarkos, piano-forte, Beth Taylor, mezzo-soprano, et Nicolas Mazzoleni, violon _ enregistré à Pressy-sous-Dondin, en Bourgogne, du 12 au 16 septembre 2022 _,  et d’autre part, le triple album Brilliant Classics 96247 « Hélène de Montgeroult – Complete Piano Sonatas« , de Simone Pierini, sur un très beau piano-forte J. Haselmann (ca première décennie du 19e siècle) _ enregistré du 15 au 17 juin 2021, à Monte Compatri, en Italie.

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    Une musique séduisante et toute de fraîcheur, et les deux fois interprétée avec grâce et jubilation sur de superbes instruments tout à fait idiosyncrasiques pour servir cette musique peu courrue,

    et dont l’écoute, via ces CDs, ne pâtit absolument pas, toutes proportions bien sûr gardées, de suivre l’écoute _ enchanteresse pour moi _ du CD de Domenico Scarlatti servi si merveilleusement par ce magicien qu’est Francesco Corti…

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    Et sur ces deux très réussies réalisations discographiques, 

    j’ai pu trouver, en cherchant un peu sur le Net, ces deux articles suivants,

    du 6 octobre 2023, sous la plume de Christophe Huss : « Hélène de Montgeroult. Sonates pour piano, Simone Pierini« , pour Le Devoir, de Montréal ;

    et du 10 décembre 2023, sous la plume de Jean Lacroix : « Hélène de Montgeroult, sur un pianoforte carré d’Antoine Neuhaus« , pour le magazine belge Crescendo…

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    Hélène de Montgeroult. Sonates pour piano, Simone Pierini

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    Alors que cette fin de semaine Arion, Mathieu Lussier et la pianiste Élisabeth Pion présenteront _ en concert _ un Concerto pour piano d’Hélène de Montgeroult (1764-1836), les enregistrements de la musique pour piano de cette dernière se multiplient. Cette compositrice, assurément parmi les plus intéressantes _ voilà… _ révélées ces dernières années, nous avait été dévoilée par Edna Stern. La pianiste avait opéré des choix pour montrer comment Montgeroult, à partir du classicisme, pouvait évoquer parfois Scarlatti _ nous y voici !!! _ et annoncer Schubert. Une nouvelle façon d’explorer est de tout prendre et de faire son choix soi-même. La possibilité est offerte par deux intégrales des 9 Sonates pour piano de Montgeroult désormais disponibles : l’une de Nicolas Horvath parue en novembre 2021 chez Grand Piano ; et l’autre de Simone Pierini. Différence majeure et notable : l’instrument, un Steinway capté de manière assez dure pour Horvath, et un superbe pianoforte, conçu entre 1800 et 1810 par Haselmann, pour Pierini. Deux pianistes compétents, mais une bonne dose de charme _ oui, oui, oui ; et c’est incontestable ! _ supplémentaire ici _ écoutez ici les podcasts de ces 3 CDs.

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    Hélène de Montgeroult, sur un pianoforte carré d’Antoine Neuhaus

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    LE 10 DÉCEMBRE 2023 par Jean Lacroix
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    Hélène de Montgeroult (1764-1836) : Onze Études pour la main droite, pour la main gauche ou pour les deux mains, pour pianoforte ; Six Nocturnes à voix seule avec accompagnement de pianoforte ; Sonate en la mineur pour forte piano avec accompagnement de violon op. 2 n° 3.

    Marcia Hadjimarkos, pianoforte ; Beth Taylor, mezzo-soprano ; Nicolas Mazzoleni, violon.

    2022.

    Notice en français.

    61.50.

    Seulétoile SE09.

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    L’intérêt pour Hélène de Montgeroult s’est développé depuis 2006, lorsque le musicologue français Jérôme Dorival a publié à Lyon, chez Symétrie, une biographie consacrée à cette compositrice d’origine aristocratique qui échappa à la guillotine lors de la Terreur, en improvisant sur La Marseillaise devant le tribunal révolutionnaire, avant d’être la première femme à devenir professeur de piano au Conservatoire de Paris. Ces deux dernières décennies, plusieurs pianistes se sont intéressés à ses nombreuses Études, écrites entre 1788 et 1812 et publiées en 1816 dans son Cours complet pour l’enseignement du fortepiano. Bruno Robillard (2006), Nicolas Stavy (2009), tous deux pour Hortus, Edna Stern (2017, Orchid Classics) ou Clare Hammond (2021, BIS) en ont proposé une sélection.

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    Le présent enregistrement, sous-titré « Portrait d’une compositrice visionnaire », consiste en une approche différente. Dans une esquisse biographique insérée, Jérôme Dorival précise : Aucun enregistrement de la musique de Montgeroult sur un piano de son temps n’ayant encore été réalisé, il était donc urgent de le faire, et le choix d’un pianoforte carré français du début du XIXe siècle se révèle très judicieux, parce qu’il est vraiment contemporain de sa musique _ voilà _ et parce que les destinataires de ses œuvres jouaient ce genre de pianos. C’est à cette tentative d’authenticité que s’est attelée la Française d’origine américaine Marcia Hadjimarkos, qui a été l’élève de Jos van Immerseel au milieu des années 1990, et s’est spécialisée dans les instruments anciens. Son programme d’Études de Montgeroult recoupe un peu celui de Clare Hammond (quatre morceaux), mais, parmi les onze pièces qu’elle propose, trois sont enregistrées pour la première fois.

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    C’est un pianoforte carré de 1817 d’Antoine Neuhaus, natif de Vienne, installé à Paris en 1809, où il exerça jusqu’en 1827, qui a été choisi. Comme l’explique Matthieu Vion, son restaurateur en 2021, il n’existe que deux instruments de la production de Neuhaus qui soient connus. On lira la description par Vion de celui qui a été retenu ici (photographie en couleurs), les détails concernant le meuble, la mécanique et les registres. On découvrira, grâce aux détails fournis dans une longue note par Marcia Hadjimarkos, qu’il dispose de quatre pédales activant quatre registres, à savoir la pédale forte, le jeu de luth, le jeu céleste et le jeu de basson, et les considérations que l’artiste en déduit quant à son propre choix, notamment pour l’utilisation de la pédale. La variété d’effets et de couleurs que l’on peut obtenir en associant un toucher sensible aux différents registres du piano carré permettent de produire une riche palette sonore et d’évoquer une multitude d’atmosphères et d’émotions _ voilà qui est intéressant.

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    Le mélomane est ainsi transporté _ oui _ dans un univers expressif, débordant de noble vitalité _ oui, oui _, que Marcia Hadjimarkos sert avec une souplesse de chaque instant _ absolument ; écoutez-ici les podcasts de ce CD. Les études choisies montrent l’éventail de ces « leçons », à destination des deux mains, de la main droite ou de la main gauche, Montgeroult, selon son habitude pédagogique, ajoutant une précision quant à chaque contenu : « pour bien accorder le chant avec l’accompagnement » ; « pour les notes pointées » ; « pour la difficulté du ton », etc. L’interprète signale encore que les études sont souvent écrites dans un style plus romantique que classique, préfigurant ainsi les pages de compositeurs comme Schubert, Mendelssohn, Schumann ou Chopin. Les propositions de Clare Hammond, pour BIS, sur un Steinway qui soulignait les audaces harmoniques, et celles de Marcia Hadjimarkos, dans sa recherche d’authenticité, feront bon ménage côte à côte dans une discothèque.

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    L’intérêt de cet album consiste aussi dans les compléments aux études. Montgeroult a souvent évoqué l’art du chant dans son Cours complet et était attirée par l’art vocal italien. Pourtant, sa production dans ce domaine est des plus minimes : les six Nocturnes à voix seule avec accompagnement de piano, la plupart sur des textes de Métastase autour de l’amour, sont gravés ici pour la première fois. Si l’on y ajoute la Sonate en fa mineur pour fortepiano avec accompagnement de violon qui figure en fin d’album, on aura fait le tour de sa musique de chambre, autre pan, limité mais non négligeable, qui rappelle notamment que cette aristocrate, qui tenait salon parisien, joua souvent avec des violonistes, comme Giovanni Battista Viotti. La mezzo-soprano Beth Taylor et le violoniste Nicolas Mazzoleni sont de dignes partenaires _ oui _ de Marcia Hadjimarkos.

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    Son : 9  Notice : 10  Répertoire : 9  Interprétation : 10

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    Jean Lacroix

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    De bien belles découvertes, tout à fait jouissives, et un peu hors des sentiers battus et rebattus :

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    entre Scarlatti (1685 – 1757) et Mozart (1756 – 1791), et Mendelssohn (1809 – 1847) et Chopin (1810 – 1849) _ je veux parler bien sûr de leurs styles… _, si l’on veut grosso modo situer Hélène de Montgeroult (1764 – 1836) et son œuvre singulière _ et son piano-forte… _ dans l’histoire de la musique.

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    Ce mercredi 2 octobre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Epatantissime « Tansman cosmopolite », par le très dynamique Novi Piano Duo, formé d’Anna Wielgus-Nowak et Grzegorz Nowak…

    Dans la série de mes articles enchantés consacrés à des CDs comportant, pour tout ou partie, des œuvres d’Alexandre Tansman (Lodz, 11 juin 1897 – Paris, 15 novembre 1986),

    soient en priorité les articles des 8, 9, 10 et 11 mai derniers

    _ « « ,

    « « ,

    «  »

    et « « … _,

    ..

    et plus particulièrement dans la très jouissive continuité musicale de l’enthousiasmant CD « Tansman – Piano Music » de Maria Argenterio,

    dont je donnais dès vendredi 10 mai un lien de podcast à l’intégralité (de 61′ 02) de ce CD Piano Classics  PCL 10260 :

    « proprement jubilatoire« , m’étais-je alors exprimé ! Et c’est absolument le cas !!!,

    …

    …

    voici que, ce vendredi 17 mai, me parvient _ commandé tout juste vendredi dernier 10 mai _, le CD « Tansman Cosmopolite » _ le CD Dux 1969, enregistré à Kielce les 5 et 6 avril, puis le 1er novembre 2023 _, du Novi Piano Duo, formé d’Anna Wielgus-Nowak et Grzegorz Nowak :

    …

    à nouveau un CD absolument jubilatoire !!!

    au service de la brillante et très variée musique dynamique et généreuse d’Alexandre Tansman…

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    Déjà, lundi dernier 13 mai, venait de paraître _ en quelque sorte parallèlement à ma propre curiosité _ sur l’excellent site Discophilia, et sous la plume de la décidément parfaite oreille de Jean-Charles Hoffelé,

    et sous le titre de « L’enfant terrible » _ pour qualifier Tansman… _,

    ce très juste commentaire d’écoute suivant du CD :

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    L’ENFANT TERRIBLE

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    La suractivité rythmique _ expression idéalement adéquate ! _ de la syntaxe Tansman appelait naturellement la danse, mais la danse moderne, foxtrots épicés de jazz, tangos pervertis, valses instables. Les ballets, cette part décisive _ en effet _ de son _ déjà très riche _ catalogue des années trente, sont le vrai sujet de ce disque _ oui _ qui en offre les brillantes réductions pour piano à quatre mains réalisées par le compositeur _ lui-même.

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    C’est peu d’écrire qu’Anna Wielgus-Nowak et Grzegorz Nowak emportent avec brio _ oui _, et surtout avec le grain de folie nécessaire _ voilà ! _ les micros-épisodes qui forment le trame du Train de nuit, partition géniale  _ de 1951 _ où, à l’orée des années cinquante, Tansman regarde en arrière, résumant la parenthèse enchantée _ pour lui et pas mal d’autres, avant la catasrophe hitlérienne _ de l’entre-deux-guerres par un fabuleux pied de nez.

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    Cette vitalité irrépressible _ oui, oui _, ce motorisme impertinent _ encore oui ! _ qui fascinent tant dans Le Train de nuit emplissaient déjà, avec des espaces de songes éveillés en plus, La Grande ville _ de 1935 _, dont le compositeur tire trois épisodes simplement irrésistibles : La rue a un petit air Gershwin. _ absolument !

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    Autre regard en arrière, la Fantaisie _ sur les Valses de Johann Strauss, de 1961 _ très libre où il promène son piano dans quelques souvenirs de Valses de Johann Strauss avec le sentiment que ce monde là est vraiment perdu _ à la Stephan Zweig… _, partition troublante au possible, l’envers des deux cahiers de Fugues, celui de 1942 si moderniste, des fugues au carré, celui de 1938, paraphrase surprenante où le piano semble inviter le souvenir des orgues de Bach.

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    Interprétations superlatives _ voilà ! _ pour un disque plus qu’utile _ nécessaire, par conséquent : pour parfaire sa culture et son plaisir….

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    LE DISQUE DU JOUR

    Tansman cosmopolite

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    Alexandre Tansman
    (1897-1986)

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    Le Train de nuit
    La Grande ville
    Fantaisie sur les Valses de Johann Strauss
    3 Fugues
    Introduction et Fugue

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    Novi Piano Duo
    Anna Wielgus-Nowak, piano
    Grzegorz Nowak, piano

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    Un album du label DUX Records 1969
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    Photo à la une : les deux membres du – Photo : © Piotr Markowski

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    Épatantissime musique, comme interprétation, vous-dis-je…

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    Ce vendredi 17 mai 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa