Étiquette : William Walton

  • L’enthousiasme Walton (suite) : maintenant ses Symphonies 1 et 2, par Kazuki Yamada dirigeant le City of Birmingham Orchestra…

    Mon enthousiasme pour l’œuvre de William Walton (Oldham, 29 mars 1902 – Ischia, 8 mars 1983) se poursuit :

    voici maintenant mon écoute de ses Symphonies 1 (1932-35) et 2 (1952-53), brillamment servies par Kazuki Yamada – né à Hamado, au Japon, le 26 janvier 1979 – dirigeant le City of Birmingham Orchestra dans le superbe CD Deutsche Grammophon DG 488 8227 « William Walton – Symphonies 1 & 2 – Orb and Sceptre«  – enregistré Live à Birmingham en décembre 2024 et novembre 2025…

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    Une musique splendide !

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    Il se trouve aussi que l’article de l’excellent Crescendo Magazine du 9 août dernier, et sous la plume de Carlo Schreiber, intitulé « Une dernière valse pour Kazuki Yamada« , à l’occasion de son concert d’adieu à Monte-Carlo, fait un très juste éloge de ce très fin chef :

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    Une dernière valse pour Kazuki Yamada
    Le 9 août 2026 par Carlo Schreiber

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    Le concert de clôture au Palais Princier affiche complet. Il s’agit du dernier concert dirigé par Kazuki Yamada en tant que directeur artistique et musical de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo – voilà. Une soirée forcément particulière, qui prend, au fil du programme, des allures de fête – tiens, tiens… – autant que d’adieu.

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    Le concert s’ouvre par une curiosité : une transcription du Quatuor à cordes de Maurice Ravel pour bois, cuivres et diverses percussions — sans aucun instrument à cordes — réalisée par le compositeur et arrangeur italien Giancarlo Chiaramello.

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    Le Quatuor de Ravel est – très évidemment – un chef-d’œuvre, une œuvre d’une perfection formelle et d’une subtilité de timbres qui paraissent – en effet – indissociables de son écriture originale. Ravel fut par ailleurs un orchestrateur exceptionnel, capable de transformer les couleurs instrumentales sans jamais perdre la substance de sa musique. Pour La Valse, il travailla simultanément aux versions pour piano, pour deux pianos et pour orchestre — trois réalisations musicalement indépendantes – tout à fait !

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    Giancarlo Chiaramello connaît, lui aussi, parfaitement l’art de l’arrangement. Il a notamment signé les arrangements de tous les concerts Pavarotti & Friends, expérience qui témoigne d’une solide maîtrise de l’écriture orchestrale et des possibilités offertes par les différents pupitres.

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    La démarche n’en demeure pas moins surprenante. Entendre les fameux pizzicati du deuxième mouvement du Quatuor transposés aux bois, aux cuivres et aux percussions constitue certes une expérience insolite. Mais cette curiosité sonore peine – très probablement – à convaincre sur le plan musica – qui prévautl. Ce qui, chez Ravel, naît d’un équilibre extrêmement subtil entre quatre instruments à cordes — de leurs attaques, de leurs résonances et de leur complémentarité — perd ici une part importante de son évidence et de sa finesse – voilà…

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    La virtuosité de l’arrangement est indéniable, mais elle ne suffit pas à faire oublier ce que l’œuvre originale doit précisément à son écriture pour cordes – exactement. La transcription apparaît davantage comme un exercice de style que comme une nécessité musicale – c’est dit. L’Orchestre ne joue d’ailleurs que les deux premiers mouvements — vraisemblablement pour des raisons de minutage —, laissant une impression d’inachevé. Le public accueille cette proposition avec des réactions partagées – et on le comprend bien.

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    Heureusement, la suite du programme donne à la soirée une tout autre dimension – ouf !
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    Kantorow, l’ivresse lisztienne
    Alexandre Kantorow est l’un des pianistes favoris du public monégasque. Il avait été révélé au Festival de Menton, lors d’un récital donné au Musée Cocteau en 2018. L’année suivante, il devenait le premier pianiste français à remporter la médaille d’or du prestigieux Concours Tchaïkovski. En 2020, il recevait la Victoire de la Musique Classique dans la catégorie « Soliste instrumental ».

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    Ce fut le début d’une carrière fulgurante qui l’a conduit à se produire avec les plus grands orchestres, dans les salles les plus prestigieuses et dans les principaux festivals internationaux. En 2021, il devient artiste en résidence de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo – voilà – , où il se produit aussi bien en récital qu’en soliste avec orchestre ou en musique de chambre. Depuis, il revient régulièrement à Monaco, en récital comme aux côtés de partenaires tels que Daniel Lozakovich ou Sergey Khachatryan.

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    Rejoignant le clavier à grandes enjambées, il ne fait qu’une bouchée du Deuxième Concerto de Franz Liszt, une œuvre à la mesure de ses moyens démesurés. Il y fait preuve davantage d’aisance que de perfection, mais cette liberté participe pleinement au caractère de son interprétation. Libre et fantasque, son discours progresse davantage par à-coups que dans une parfaite continuité. Il est pourtant impossible de résister à cet enthousiasme un peu échevelé, d’autant que l’orchestre joue pleinement le jeu, enfiévré par la baguette de Kazuki Yamada – un chef vraiment magnifique.

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    Moins souvent joué que le Premier Concerto, le Deuxième Concerto pour piano de Liszt se présente sous la forme d’un vaste mouvement continu, relativement concis, dans lequel le soliste se fait tour à tour poète, rêveur, virtuose et provocateur. La structure évolue sans cesse grâce à cette méthode très personnelle de transformation thématique qui constitue l’une des grandes originalités du langage de Liszt.

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    Cette conception renouvelle profondément la forme du concerto, dépassant la traditionnelle opposition entre le soliste et l’orchestre, ce jeu de « combat et de collaboration » si caractéristique du XIXᵉ siècle. L’élément de lutte demeure pourtant présent : celui de l’individu face au groupe, du piano qui s’affirme avant de se fondre à nouveau dans la matière orchestrale.

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    Alexandre Kantorow a parfaitement saisi ces enjeux. Sa maîtrise technique considérable n’est jamais une fin en soi : le développement organique de la musique prime – très heureusement, bien sûr – sur la démonstration de pure virtuosité – à laquelle je suis personnellement allergique… Avec l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo placé sous la baguette de Kazuki Yamada, il instaure une véritable complicité de musique de chambre – ce qui personnellement me convient à merveille…

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    De cette écoute réciproque naissent des moments d’une grande intensité, qui inspirent au pianiste des envolées poétiques d’autant plus sublimes que la dynamique entre le piano et l’orchestre atteint son point d’équilibre – c’est très bien. Kantorow se montre également éblouissant dans les passages de bravoure, notamment lorsque Liszt déchaîne ses redoutables cascades d’octaves. La virtuosité est spectaculaire, mais elle reste intégrée au discours musical – bien, bien…

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    Le public est conquis. Plusieurs rappels plus tard, Kantorow revient au piano et offre la – très belle – paraphrase de Liszt sur le – sublime – Liebestod de Tristan und Isolde de Richard Wagner.

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    Après l’exubérance du concerto, cette transcription prend une tout autre dimension. Le piano devient voix, orchestre et souffle dramatique à la fois – voilà. Kantorow y déploie un lyrisme d’une intensité presque irréelle.

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    Le nirvana.

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    La Valse, enfin
    Il reste alors à Kazuki Yamada une dernière œuvre, et pas n’importe laquelle – mazette ! – : La Valse de Ravel, l’une des partitions les plus brillantes et les plus fascinantes – mais oui – du répertoire orchestral.

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    C’est aussi l’une des œuvres préférées du chef japonais – tiens, tiens… – , qui lui accorde une signification – personnelle – toute particulière : c’est avec elle qu’il acheva ses études de direction d’orchestre au Japon. Pourtant, en dix ans à la tête de l’OPMC, – assez étrangement – il ne l’avait jamais dirigée à Monaco. Elle avait toujours été confiée aux chefs qu’il avait invités. Ce soir, La Valse sera donc – enfin – la sienne. Une première, et pas des moindres – dont acte.

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    Dès les premières mesures, Yamada impose un Ravel épidermique, éruptif, haletant – conformément à la signification même de cette œuvre en effet singulière pour Ravel : en son projet, dès 1914, il l’avait d’abord intitulée « Wien« …  – , donné avec une générosité et une urgence presque terribles – et il le faut absolument : Vienne ou l’apocalypse joyeuse (1880 – 1938), pour reprendre l’expression de mon ami Jean Clair… Et Ravel ressentait très intensément tout cela… Ce n’est pas une valse élégante qui se déploie, mais une extase – orgasmique à la fin ! – dansante, tournoyante, presque hallucinante — un tourbillon qui devient peu à peu plus passionné, plus fiévreux, jusqu’à l’épuisement – voilà, voilà.

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    Kazuki Yamada ne traîne pas. Son envie d’en découdre saisit à la gorge. Il attise les sonorités crues d’un monde qui semble de moins en moins sûr de lui-même. La valse se dérègle, se déchaîne, perd progressivement ses repères, jusqu’à cette seconde partie qui arrive comme une gifle, une déflagration – oui.

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    Lancé tel un train infernal, l’OPMC danse sur un volcan. La musique semble courir à sa perte avec une jubilation presque inquiétante – et ce doit tout à fait être cela…

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    Une apocalypse joyeuse selon Yamada – et selon Jean Clair.

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    Cette interprétation constitue une conclusion particulièrement forte – forcément ! – au concert, mais aussi, symboliquement, au parcours monégasque – qui s’achève donc – du chef japonais. Durant ses années à la tête de l’OPMC, Kazuki Yamada aura contribué à affirmer l’identité artistique de l’orchestre, en faisant dialoguer le grand répertoire symphonique avec des œuvres moins attendues et en multipliant les rencontres avec des solistes et des chefs de premier plan.

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    Cette dernière soirée au Palais Princier avait donc quelque chose de plus qu’un simple concert de clôture. Elle célébrait une relation artistique construite au fil des années, une complicité entre un chef et un orchestre, mais aussi une page importante de la vie musicale de la Principauté.

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    Et lorsque les dernières mesures de La Valse s’effondrent dans un vertige final, demeure une étrange impression : celle d’avoir assisté à une fête, mais aussi à un adieu.

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    Ce concert a la douceur mélancolique des soirs où l’on remercie un ami avant de le voir prendre un autre chemin.

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    Monte-Carlo, Palais Princier, 6 août 2026

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    Crédits photographiques. :  Frederic Nebinger / Palais princier

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    Un commentaire de ce CD « William Walton – Symphonies 1 & 2 – Orb and Sceptre » de Kazki Yamada est paru dans le numéro 755 S du magazine Diapason du mois de mai dernier, sous la plume de Thomas Deschamps, assez positif, mais constellé toutefois de nuances mitigées : « orchestration truculente« , « noblesse requise » , »habileté« , « naturel« , « finesse« , « direction élancée« , mais aussi « premier degré« , « peine à traduire l’indication « con malizia » « …

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    Alors que mon disquaire préféré a été, lui, enthousiasmé par ce CD. Et c’est son enthousiasme qu’à mon écoute personnelle je m’empresse de partager… Kazuki Yamada sait magnifiquement nous emporter dans cette très belle musique, vivante et contrastée, de William Walton.

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    Ce samedi 15 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ecouter les Concertos de William Walton : après le Concerto pour violoncelle et celui pour violon de William Walton, son Concerto pour alto : ici avec l’alto de Mathis Rochat et le BBC National Orchestra of Walles dirigé par Howard Griffiths…

    Mon plaisir pris au Concerto pour violoncelle (de 1956, dédié à Gregor Piatigorsky) – cf mon article du 26 juillet dernier « La perfection décidément hallucinante de John Wilson et son Sinfonia of London dans l’admirable Concerto pour violoncelle de William Walton…« … – et au Concerto pour violon (de 1938-39, dédié à Jascha Heifetz) – cf mon article du 27 juillet dernier « La perfection décidément hallucinante de John Wilson et son Sinfonia of London (II) dans le cinématographique Concerto pour violon de William Walton…« …  – du magnifique William Walton (Oldham, 29 mars 1902 – Ischia, 8 mars 1983),

    m’a mis sur la voie du troisième grand Concerto, celui pour alto (de 1928, pour Lionel Tertis) de William Walton,

    pour lequel mon disquaire préféré, consulté, m’a conseillé la très belle version récente de l’altiste Mathis Rochat – né à Genève en 1994 – , avec le BBC National Orchestra of Wales dirigé par Howard Griffiths – né à Hastings le 24 février 1950 – , en un CD Evil Penguin Records EPRC 072 « Walton, Benjamin, Howells » – enregistré à Cardiff les 25 et 26 novembre 2024 – heureusement présent en rayon du magasin…

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    De ce superbe Concerto pour alto de William Walton servi par Mathis Rochat, voici donc à écouter ici le podcast (d’une durée de 26′ 26)..

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    Et alors que jusqu’ici l’excellent altiste anglais Timothy Ridout – né en 1995 – n’en a pas proposé, lui, une interprétation disponible en CD, pas même en son passionnant double CD Harmonia Mundi HMM 905376.77 « A Lionel Tertis Celebration » – cf mon article « Le goût de l’alto à l’anglaise : un superbe Timothy Ridout sur les traces de l’excellent Lionel Tertris (1876 – 1975) : un voyage chantant de l’alto, qui fait du bien…«  en date du 20 mai 2024…

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    Toutefois, voici tout de même par ce superbe altiste britannique qu’est Timothy Ridout, une vidéo (de 29 ’44) de son interprétation en concert de ce Concerto pour alto de William Walton, aux Prom’s, au Royal Albert Hall, en 2021, avec le BBC Symphony Orchestra, dirigé par le très bon chef finnois Sakari Oramo – né le 26 octobre 1966 à Helsinki…

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    Une comparaison d’interprétations bien intéressante de cette très belle œuvre de William Walton…

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    Et dans l’espoir d’un enregistrement sous la direction de ce chef anglais qui me plait tant : John Wilson – né à Gateshead en 1972… – ,

    avec son si fluide, juste et élégant Sinfonia of London…

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    P. s. : Mais voilà que cet article terminé, je découvre avec retard l’article que le 20 octobre 2025 le bon Jean-Charles Hoffelé, sur son blog Discophilia, et sous le titre de « Alto insulaire« , a accordé à ce bien beau CD Evil Penguin Records EPRC 072 « Walton, Benjamin, Howells » de Mathis Rochat et le BBC National Orchestra of Wales dirigé par Howard Griffiths ;

    article que voici donc – et qui ne dit quasiment rien du Concerto pour alto de Walton, sinon que c’est « un de ses chefs d’œuvre« , pour se consacrer aux deux autres œuvres et deux autres compositeurs (Herbert Howells et Arthur Benjamin) superbement servis eux aussi par ce CD au programme de découverte audacieux et passionnant… – :

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    ALTO INSULAIRE

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    Ne courrez pas au Concerto de Walton, l’un de ses chefs-d’œuvre – absolument ! – , vous aurez bien le temps d’y venir ! Laissez-vous plutôt ensorceler de nostalgie par l’Elegy où Herbert Howells apporte une réponse inattendue à l’Introduction et Allegro de Sir Edward Elgar. Sa lyrique ténébreuse, son désespoir serein capturent l’essence même de ce génie poétique dont seules les grandes partitions chorales sont restées célèbres (du moins en Angleterre), alors que sa veine lyrique le poussait à l’intime.

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    Sa musique de chambre est impérissable et l’Elegy pourrait en faire partie, tant elle est d’un bout à l’autre secrète : elle finira au silence. Mathis Rochat émeut, archet diseur et timbre profond, qui sait bien que la mélodie sinueuse ouvrant le Concerto de Walton pourra sembler en découler.

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    Il savoure la pure beauté d’une œuvre que les virtuoses surexposent trop souvent, préférant chanter dans les paysages maritimes que lui tissent les Gallois inspirés par la direction élégante d’Howard Griffiths, qui enlèvera prestement la tarentelle du Vivo.

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    Une rareté pour faire écho à l’opus d’Howells. Quitte à graver une œuvre plaçant en solistes l’alto et le violon, Mathis Rochat et Abigél Králik auront préféré à l’opus du jeune Britten, la Romantic Fantasy d’Arthur Benjamin – Sidney, 18 septembre 1893 – Londres, 10 avril 1960 – qui destinait la partie d’alto à William Primrose.

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    Le grand Nocturne amoroso, le Scherzino et son moto perpetuo à perdre haleine, la grande fantaisie d’un Finale que les deux archets envolent et caressent disent assez quel compositeur majeur fut l’auteur de la trop célèbre Storm Clouds Cantata. Gageons que cette belle Fantasy vous donnera envie de découvrir d’autres œuvres de cette plume inspirée, essayez de trouver son opéra tiré du Conte de deux villes de Charles Dickens.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Herbert Howells (1892-1983)
    Elegy, pour alto, quatuor à cordes et orchestre à cordes

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    Sir William Walton (1902-1983)
    Concerto pour alto et orchestre

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    Arthur Benjamin (1893-1960)
    Romantic Fantasy pour violon, alto et orchestre

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    Mathis Rochat, alto
    Abigél Králik, violon
    BBC National Orchestra of Wales
    Howard Griffiths, direction

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    Un album du label Evil Penguin Classics EPRC 0072

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    Photo à la une : l’altiste Mathis Rochat – Photo : © DR

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    Ce vendredi 14 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La perfection décidément hallucinante de John Wilson et son Sinfonia of London (II) dans le cinématographique Concerto pour violon de William Walton…

    Sur la chaleureuse recommandation de l’article « Concerto cinématographique » que le 13 juillet dernier le bon Jean-Charles Hoffelé a consacré au CD Chandos CHSA 5360 « Walton – Violin Concerto – Symphony Suite from ‘Troilus and Cressida’ – Portsmouth Point » du Sinfonia of London dirigé par son chef et fondateur le merveilleux John Wilson, et ici avec le violon de Charlie Lovell-Jones – un CD enregistré à Kilburn – Londres les 11 et 12 janvier, et du 29 au 31 juillet 2024 – ,

    je me suis empressé de commander cette autre réalisation discographique de John Wilson à mon disquaire préféré, et je l’ayant reçu avant-hier samedi 25 juillet, et après mon article d’hier « La perfection décidément hallucinante de John Wilson et son Sinfonia of London dans l’admirable Concerto pour violoncelle de William Walton…« , je lui consacre à lui aussi un article…

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    CONCERTO CINÉMATOGRAPHIQUE

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    Que faire du Concerto pour violon – de 1936-39, révisé en 1943 – de Sir William Walton ? Jascha Heifetz donna le la, archet supra élégant, et tenu. Même Ida Haendel, dont la version reste superbe et en ses propres termes inégalée, ne céda pas à la tentation de le jouer au fond comme il était écrit : un concerto cinématographique – et c’est excellemment vu !

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    Charlie Lovell-Jones l’ose – oui – , jusqu’à donner à la romance initiale un côté Korngold – mais oui ! – , osant la sucrer, la jouer amoroso, avec de la poudre, et même du rimmel – délicieusement quasi kitsch… Cela pourrait tomber dans le too much, l’orchestre au cordeau, et qui rentre dans le jeu du violoniste, l’en empêche, garde-fou parfaitement réglé – oui ! – par John Wilson dont la baguette emportera un Scherzo ailé, mordant, si vif par ailleurs dans l’archet du jeune homme qui affrontera les caprices du Finale avec une fantaisie, un dolce aussi (le ma flessibile), une assurance qui évitent le morcellement – la direction de John Wilson est toujours hyper-fluide… – de ce quasi quart d’heure. Comme j’aimerai les entendre dans la version originale du Concerto de Benjamin Britten !

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    Magnifique proposition qui ne manquera de faire grincer quelques-uns. Tant pis pour eux. La Suite tirée par Christopher Palmer de Troilus and Cressida est une rareté qui commanderait à elle seule d’acquérir l’album, John Wilson et ses Londoniens savourant les quatre tableaux où tout le drame des amours du Troyen et de la Prêtresse grecque est magnifié par un orchestre évocateur – oui – où Walton répondait à celui imaginé par Benjamin Britten pour Peter Grimes.

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    Final explosif – absolument ! – avec un Portsmouth Point façon feu d’artifices : décidément, comme dans l’album qui a suivi (voir ici), John Wilson célébrait déjà ici ses brillantes affinités électives – on peut dire cela ! – avec l’univers de William Walton.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Sir William Walton
    (1902-1983)

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    Symphonic Suite from “Troilus and Cressida” (version pour violon et orchestre : Christopher Palmer, 1987)
    Concerto pour violon et orchestre
    Portsmouth Point

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    Charlie Lovell-Jones, violon
    Sinfonia of London
    John Wilson, direction

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    Un album du label Chandos CHSA 5360
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    Photo à la une : le violoniste Charlie Lovell-Jones – Photo : © DR

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    Une délicieuse musique cinématographique : c’est parfaitement bien trouvé…

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    Un joli complément au CD précédent « Walton – Cello Concerto – Symphony N°1 – Scapino » de John Wilson

    avec son brillant mais toujours parfaitement juste et tenu Sinfonia of London…

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    Ce lundi 27 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa 

  • La perfection décidément hallucinante de John Wilson et son Sinfonia of London dans l’admirable Concerto pour violoncelle de William Walton…

    Une fois encore,

    la perfection décidément hallucinante de John Wilson et son Sinfonia of London me frappe – et avec quelle stupéfiante prise de son ! – , cette fois dans l’admirable Concerto pour violoncelle (1955-56, révisé en 1975) de William Walton (Oldham, 29 mars 1902 – Ischia, 8 mars 1983) dans le CD Chandos CHSA 53 26 « Walton – Cello Concerto – Symphony N°1 – Scapino » du Sinfonia of London dirigé par le magnifique John Wilson, et avec le violoncelle, fabuleux, de Jonathan Aasgaard – un CD enregistré à Kilburn, Londres en novembre 2022, août 2023 et janvier 2024…

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    Et une fois encore, c’est un article de l’excellent Jean-Charles Hoffelé – que ferais-je sans lui (et quelques autres aussi) pour me tenir bien informé des parutions discographiques d’excellence ?.. – , intitulé ici « Spectaculaire« , en date du 21 mars 2026, qui m’a révélé son existence, et me l’a fait illico presto commander à mon disquaire préféré, et que j’ai pu acquérir et écouter, avec jubilation, dès hier…

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    SPECTACULAIRE

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    Lorsque Frederick Stock commanda à William Walton une œuvre pour inaugurer la saison du cinquantième anniversaire de son Chicago Symphony Orchestra, s’attendait-il à la folle virtuosité de Scapino, huit minutes d’un orchestre persifleur inspiré par un dessin de Callot, où l’auteur de Façade aura confirmé sa maîtrise de la phalange symphonique. Un certain Bernard Herrmann s’en inspirera.

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    John Wilson emporte ce pur brio dans une furia – voilà – qui s’admire d’abord pour sa clarté si parfaite – absolument ! – : on entend tout, on jubile d’autant plus – c’est exactement cela… Au centre de Scapino, un solo de violoncelle s’invite. Est-ce déjà Jonathan Aasgaard qui offrira ensuite une lecture ombreuse, lyrique de l’admirable – et c’est encore bien trop peu dire ! – Concerto pour violoncelle ? Sa sonorité boisée n’est pas sans rappeler celle du dédicataire, Gregor Piatigorsky.

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    Et la Première Symphonie, ses tornades, ses audaces post-sibeliennes ? John Wilson les dompte dans une lecture d’une précision fanatique – voilà, et sans la moindre boursouflure, jamais – , la prise de son – superlative ! – de Ralph Couzens y aidant – absolument ! Splendide – oui, oui, oui – , plus sombre que sous bien des baguettes, même si le LP RCA d’André Previn…

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    Serait-ce le début d’un nouveau cycle Walton ? Un premier volume autour du Concerto pour violon, m’avait échappé, j’y reviendrai ! – je me le suis lui aussi procuré ! Et j’y viendrai très prochainement…

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Sir William Walton
    (1902-1983)

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    Scapino. A Comedy Overture for Full Orchestra (version révisée, 1950)
    Concerto pour violoncelle et orchestra ( version révisée, 1975)
    Symphonie No. 1

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    Jonathan Aasgaard,
    violoncelle
    Sinfonia of London
    John Wilson, direction

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    Un album du label CHSA 5328
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    Photo à la une : le chef d’orchestre John Wilson –
    Photo : © Warner Classics

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    Une musique splendide dans une interprétation hors-pair du limpide – tout de naturel – John Wilson…

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    Regardez ici cette trop brève vidéo (de 2′ 22)…

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    Un chef magnifique que je suis très attentivement, depuis 2022 : quelle direction d’orchestre magistrale !..

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    Consulter ainsi mes 7 précédents articles consacrés à ce chef, John Wilson – Gateshead, 1972 – ,

    en date des 1er septembre 2022, 4 avril 2024, 20 avril 2024, 21 avril 2024, 24 mai 2026, 25 mai 2026 et 9 juin 2026,

    soient, et successivement, les articles suivants :

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    _ « Parmi l’offre discographique ravélienne (plus ou moins) récente, deux CDs de réunions d’oeuvres bien spécifiques : orchestrales, par John Wilson ; et pour violon et piano, par Elsa Grether et David Lively… Ou l’éloge du medium disque…« 

    _ « A partir d’un travail sien de révision des partitions (jusqu’ici truffées d’erreurs), le chef John Wilson vient nous offrir une magistrale interprétation de ce chef d’oeuvre de Ravel qu’est le Ballet complet de « Daphnis et Chloé »…« 

    _ « Un nouveau passionnant travail ravélien du chef anglais John Wilson et son orchestre Sinfonia of London : la Suite d’orchestre « Le Tombeau de Couperin », associé au « Divertimento » Op. 18 (de 1943) de Lennox Berkeley, et la « Symphony n°3 » (de 2021) d’Adam Pounds ; ou d’un certain héritage orchestral ravélien et de l’éthique musicale de la lisibilité…« 

    _ « D’un Rigaudon l’autre : d’une interprétation pleine de vitalité du « Rigaudon » pour orchestre du « Tombeau de Couperin » M 68a (de 1919) par John Wilson et son Sinfonia of London, à la recherche d’une aussi excellente interprétation du « Rigaudon » des « Six Pièces pour piano deux mains » M 68, de Maurice Ravel…« 

    _ « John Wilson : « le chef qui sait faire jouer français » à merveille ! Le CD Chandos « French Orchestral Favourites » (Dukas, Debussy, Chabrier, Ravel, Saint-Saëns, Bizet), rien moins que « indubitablement l’un des très grands disques d’orchestre de ces dix dernières années »… Transparence et fluidité, et propulsion parfaite du rythme, à la française…« 

    _ « En attendant d’écouter « Escales » (1922) de Jacques Ibert (1890 – 1962) dirigé en 2019 à Londres par John Wilson et son Sinfonia of London, écouter « Escales » dirigé par Paul Paray à Detroit en 1962 et par Jean Martinon à Paris en 1974… Quelle délicieuse musique !« 

    _ « Un point rapide sur les très beaux Ravel orchestraux de John Wilson et son Sinfonia of London pour le label Chandos…« 

    …

    Une constante admiration, donc, envers John Wilson

    et son magnifique Sinfonia of London…

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    Ce dimanche 26 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa