Le passionnant et très beau film « L’Enlèvement » (« Rapito« ) – regarder ici la déjà très parlante bande-annonce du film... – de Marco Bellochio (Bobbio, 9 novembre 1939), présenté au Festival de Cannes le 23 mai 2023, sur la troublante affaire Mortara : l’histoire infiniment douloureuse, et cela à de très multiples égards, d’Edgardo Mortara (Bologne, 28 août 1851 – Bressoux, 11 mars 1940), enlevé à l’âge de 4 ans et demi à sa famille juive à Bologne le 23 juin 1856 sur l’ordre de l’inquisiteur Feletti (Comacchio, 1er octobre 1797 – Rome 4 juin 1881), que j’ai découvert dimanche soir dernier lors de sa diffusion à la télévision sur Arte,
m’a beaucoup beaucoup impressionné, et amené à m’enquérir un peu sur cette décidément toujours bien dérangeante aujourd’hui encore affaire Mortara, dont j’ignorais tout jusqu’ici – je connaissais seulement l’affaire Finaly (1945 – 1953), en un autre contexte historique... – ;
ainsi que sur le pape Pie IX : né le à Senigallia (États pontificaux), élu pape le 16 juin 1946, mort le au Vatican, et solennellement béatifié, en même temps que le pape Jean XXIII (!) , par le pape Jean-Paul II le 3 septembre 2000…
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Il y a assurément bien là de quoi réfléchir,
en particulier sur les contextes variables et vacillants fragilisant en permanence – en l’articulation irrémédiablement polémique de la légalité et la légitimité… – le combat pour le Droit…
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Bonne nouvelle pour la cinéphilie au moins : le cinéma italien, avec un tel si incisif et vif Marco Bellochio, est toujours bien vivant…
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Et je joins ici ceci, de particulièrement intéressant, encore – l’affaire Mortara est donc bien loin d’être achevée !.. – , à propos des Mémoires falsifiés d’Edgardo Mortara :
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Mémoires falsifiés
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En 1888 – voilà – , Edgardo-Pio Mortara avait rédigé ses mémoires en castillan alors qu’il vivait en Espagne, qui donnent un récit de première main des événements autour et après son entrée dans l’Église du Christ. Pour diverses raisons, le manuscrit reste dans les archives après sa mort en 1940. Le journaliste Vittorio Messori les récupère mais sans rien en dire, modifie notablement le texte dans sa traduction en italien publiée aux éditions Mondadori en 2005 – voilà – sous le titre Io, il bambino ebreo rapito da Pio IX. Il memoriale inedito del protagonista del «caso Mortara» où il met également en valeur la figure d’Israel Eugenio Zolli, grand rabbin de Rome converti au christianisme grâce à l’estime de Pie XII. Les éditions Ignatius Press rendent ensuite ce document disponible en anglais en 2017 – voilà – avec les mêmes manipulations, sous le titre Kidnapped By The Vatican.
L’historien et anthropologue américain David Kertzer, qui consacra – en 1997 – un ouvrage à l’affaire Mortara, conteste farouchement l’exactitude des dernières versions de Messori et Ignatius Press, en pointant du doigt des paragraphes entiers ajoutés ou supprimés par rapport à l’original de Mortara (qui lui-même comporte des erreurs historiques vérifiables), où sont notamment effacés les traits violents et antisémites – preuves notamment de la haine et de l’antijudaïsme de l’éducation catholique dont bénéficia Egdardo -, donnant finalement une vision idyllique, du moins heureuse de cette affaire. L’agence Associated Press confirme les conclusions de Kertzer, après avoir retrouvé – voilà – le texte original en espagnol en – voilà, voilà – et avoir enquêté sur l’affaire.
Il en va de même pour Elèna Mortara, l’arrière-petite-nièce d’Edgardo, professeur de littérature américaine à l’université de Rome Tor Vergata, spécialiste de la littérature du xixe siècle (lauréate du prix 2016 de l’Association européenne des études américaines), qui conteste même la valeur de la version espagnole du mémoire en tant que document – voilà ! – , qui aurait été tapé par quelqu’un d’autre et qui « diffère grandement par le ton des journaux manuscrits de Mortara ». En 2015 – voilà – , elle publie une étude en littérature historique comparée sur l’affaire, en reprenant une pièce de théâtre du créole Victor Séjour, La Tireuse de cartes (The Fortune-Teller), parue en 1859 et basée sur la célèbre affaire Mortara du moment, utilisant des notions d’émancipation en termes religieux et raciaux, reliant le sort des Noirs en Amérique à celle des Juifs en Europe et aux plus grandes batailles pour la liberté et la nation, qui progressaient alors à travers le continent.
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Ainsi l’affaire Mortara se poursuit…
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Ce mercredi 13 mai 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

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