Admirer la merveilleuse finesse d’attention au réel de David Le Breton en son « La Fin de la conversation ? La parole dans une société spectrale »…

Admirer la merveilleuse finesse d’attention au réel de David Le Breton – né au Mans le 26 octobre 1953, et ami de mon ami Bernard Plossu : ils aiment randonner-marcher ensemble… – en son justissime »La Fin de la conversation ? La parole dans une société spectrale« , paru aux Éditions Métailié, collection Traversées, le 31 mai 2025…

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C’est ma lecture enthousiaste du «  Peine Kapital : monologue avec l’intelligence artificielle » de mon amie Marie José Mondzain, qui parait demain 3 avril aux Editions La Fabrique – cf le détail de mon article d’avant-hier 31 mars : « De l’auto-décapitation consentie, recherchée et courue, par paresse et lâcheté par refus d’oser penser par soi-même, de ceux qui courent, panurgiquement, têtes baissées et à bride et ventre abattus, se livrer, écervelés décervelés qu’ils deviennent et sont, pieds et mains liés, vers la fausse et très illusoire – cédant à un complaisant très aveuglant mirage ! – sauvegarde mortifère et mortelle, en fait, de la bienheureuse auto-proclamée « Intelligence artificielle » (I. A.) qui prétend gentiment et sans effort de notre part nous guider – il suffit de la suivre : elle sait tout ! et mille fois mieux que nous… – : le très salutaire et archi-nécessaire « Peine Kapital : monologue avec l’intelligence artificielle » de Marie-José Mondzain, qui paraît le 3 avril prochain à La Fabrique…« … – , qui m’a très heureusement mis sur la piste de cette attention, que partage David Le Breton, autres grave danger de la disparition présente de la conversation dans ce que devient notre société numérisée ;

cette conversation qui m’est personnellement si chère, à l’ère de l’impérialisme galopant et très envahissant, sous couvert d’utilité, commodité et intérêt, du tout numérique…

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Et je commence ici par tout simplement citer la quatrième de couverte de ce passionnantissime opus de David Le Breton :

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La fin de la conversation ? La parole dans une société spectrale

Communiquer n’est pas parler. Il suffit de jeter un coup d’œil sur n’importe quelle rue, n’importe où dans le monde, et de chercher le nombre de passants qui ne cheminent pas les yeux fixés sur leur portable – et qui, aveugles et sourds aux autres passants, vous heurtent et bousculent.Les usages sociaux des techniques de communication ont radicalement changé la vie quotidienne et les modalités de relations aux autres – voilà la réalité sur laquelle il importe de méditer… Elles ont affecté en profondeur l’intimité – dans la famille et l’éducation aussi – et ébranlé particulièrement la conversation qui était la matrice première de la sociabilité. La communication, c’est l’interposition de l’écran dans la relation à autrui, la distance, l’absence physique – et la totale inattention à l’autre, objectivé. Utilitaire, efficace, elle appelle une réponse immédiate et exige une disponibilité absolue. La conversation relève de la gratuité, de la flânerie, elle est une parole partagée. Il s’agit d’être ensemble et de dialoguer en prenant son temps – tout son temps, un temps pleinement à soi…. Si la communication fait disparaître le corps, la conversation sollicite une présence mutuelle – en un échange permanent et hyper-attentif des regards accompagnant l’écoute bienveillante réciproque ouverte sur l’imprévu et l’inouï généreux et gratuit. Le silence dans la conversation est une respiration, dans la communication c’est une panne.

David Le Breton nous fait prendre conscience du danger de cette nouvelle absence au monde – et à l’altérité d’autrui – et des souffrances – et pathologies gravissimes, meurtrières… – qu’elle provoque. Il nous incite à rester capables d’échanger des sourires avec des inconnus et de parler ensemble de la pluie et du beau temps. Juste rester humains – voilà !

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Ce jeudi 2 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

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