Auteur/autrice : francislippa

  • A propos des présentes recherches raveliennes menées au cimetière du Belvédère à Ciboure…

    A propos des recherches raveliennes présentement menées au cimetière du Belvédère à Ciboure, à partir de ma – fondatrice ! – virée cibourienne en compagnie de Guy Lalanne, le président de Jakintza, le jeudi 28 novembre dernier (2024)

    – cf là-dessus les récits assez détaillés de mes deux articles des samedi 30 novembre et dimanche 1er décembre :

    « Nouvelle virée à Ciboure jeudi dernier : découverte des noms Delouart et Cerciat gravés sur une tombe parmi les plus anciennes du vieux cimetière du Belvédère… »

    et « Première découverte consécutive à notre regard de jeudi dernier aux tombes du vieux cimetière du Belvédère de Ciboure : le repérage de la tombe de Simon Goyenague (Ciboure, 29 novembre 1821 – Ciboure, 18 avril 1890), le parrain, le 11 mars 1875, du petit Joseph-Maurice Ravel…« … – ,

    …

    voici cet échange de courriels ce lundi 14 avril entre Manuel Cornejo, le président des Amis de Maurice Ravel, et moi-même,

    consécutifs à la publication de deux articles successifs à propos de ces recherches raveliennes menées au cimetière du Belvédère à Ciboure par Guy Lalanne,

    parus; les deux, dans le journal Sud-Ouest, sous la plume de Vincent Dewitte :

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    …

    _ le courriel de Manuel Cornejo, à 12h 09 ce matin :

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    Cher ami,
    auriez-vous l’article complet svp ? je suis curieux de le lire !
    Manuel Cornejo

    …

    …

    _ suivi de ma réponse à Manuel Cornejo, à 13h 06 :

    …

    Il y a mieux ce lundi :
     l’article intitulé  « Au cimetière de Ciboure, visite de nuit sur les traces de Maurice Ravel « occupe l’entière dernière page du numéro de Sud-Ouest de ce lundi 14 avril.
    …
    Avec ce passage de l’article que je recopie – c’est un coup de fil de mon frère le Dr Alain Lippa, à Pau, qui m’a appris ce matin, à 9h 41, l’existence de cet article (comportant mon nom et mentionnant mon travail de recherche) occupant toute la dernière page du numéro de Sud-Ouest de ce lundi ; et, en suivant, je suis allé me procurer ce journal chez mon buraliste, place de Moscou ; ce qui m’a permis ensuite d’en recopier un long passage, pour l’adresser à Manuel Cornejo… – :
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    « Cerciat, Delouart, Hiriart…
    …
    Motivé par un ambitieux projet d’enquête et d’écriture partagé avec l’ancien professeur de philosophie bordelais Francis Lippa, éminent spécialiste des ascendances basques de Maurice Ravel, le président de Jakintza – Guy Lalanne – s’est mis en tête et au défi d’affiner cette généalogie en révélant les secrets gravés dans la pierre des tombes des ancêtres du compositeur.
    …
    Les LED de Pierre Pribat, membre actif de l’association Lauburu (…), font d’un coup briller sur celle de la famille Cerciat le nom de Delouart.
    …
    La mère de Maurice Ravel, Marie Delouart, que l’on appelait ici Marie Ttiki (petite, en basque), est enterrée avec lui à Levallois-Perret. Ce sont donc des cousins éloignés.
    (…)
    Associé à cette quête historico-patrimoniale, l’ami Freddy de Azpurua a été chargé de réaliser des photographies des maisons habitées par les ancêtres basques de Maurice Ravel – en fait, outre les maisons de la famille Delouart,  aussi celles des divers cousins (Delouart, Goyenague, Etchepare, Cerciat, etc.) parents de Marie Delouart, la mère de Maurice Ravel : les restes des ascendants directs de Marie Delouart n’ont pas, eux, été déposés en ce cimetière du Belvédère, mais en un terrain jouxtant l’église Saint-Vincent, où les restes des inhumés ont été mélangés, et les tombes ont disparu. Guy Lalanne a pris soin de me le montrer au retour de notre longue promenade matinale au cimetière du Belvédère, puis aux quartiers d’Achotarreta et Bordagain, le jeudi 28 novembre, où nous avons commencé par repérer et identifier les maisons de ces divers cousins des Delouart, que j’ai patiemment identifiés sur les très précieuses archives conservées à l’hôtel de ville de Ciboure… Delouart, Cerciat, Hiriart, Harinordoquy, Cigarroa, Goyenague, Billac – Etchepare aussi… Guy Lalanne compte au moins dix maisons retrouvées – il y en a davantage ; cf mon article « Essai de répertoire de mentions dans des actes d’état-civil de maisons indiquées par un nom, et pas un numéro, situées en divers quartiers de Ciboure (Pocalette, Bordagain, La Place…), maisons de naissance ou de décès de membres des lignées issues de Gratien Delouart (Ciboure, 1748 – Ciboure, 1798), ou apparentés par mariage aux descendants de celui-ci… » en date du 6 novembre 2024….
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    On a déjà bien travaillé – oui ! Depuis 2019, à partir de ma lecture patiente de la Correspondance de Maurice Ravel publiée par Manuel Cornejo… Mais je suis sûr qu’on va encore trouver – oui ! – des informations inédites, prolonge-t-il – le cibourien Guy Lalanne – avec l’espoir – tout à fait réaliste ! – d’ajouter quelques trésors – mais oui ! – d’anecdotes dans le livre en cours d’écriture. Sa publication est promise au cours de l’automne, dans le cadre des célébrations des 150 ans de la naissance – à Ciboure le 7 mars 1875 – du compositeur du Boléro. « 
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    À suivre…
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    Francis

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    C’est passionnant !!! C’est en cherchant vraiment qu’on a des chances de trouver…

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    Ce lundi 14 avril 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Les passionnantes questions-réflexions d’Ammiel Bushakevitz sur Schubert et la « Fantaisie », à propos de sa « Wanderer Fantaisie » Op. 15 (D. 760), sa « Sonate-Fantaisie » Op. 78 (D. 894), la « Fantaisie pour piano à 4 mains » Op. posthume 103 (D. 940) et la « Fantaisie pour violon et piano » Op. posthume 159 (D. 934)…

    Non seulement le CD Hänssler Classic HC 240 25 « Franz Schubert – Fantasies » est une merveille musicale et discographique absolue

    – cf ce que j’en disais hier en mon article « Le « Schubert au sommet », de paradis, « à un degré d’accomplissement rarissime », de Samuel Hasselhorn, baryton, et Ammiel Bushakevitz, pianiste : la perfection de leur CD « Franz Schubert – Licht und Schatten », avec aussi le miraculeux sublimissime « Franz Schubert – Fantasies » de ce même fabuleux musicien-pianiste qu’est AmmIel Bushakevitz : deux révélations musicales absolument bouleversantes…« … – ,

    mais sont également passionnantes les 4 questions-réflexions que son interprète magicien, qu’est Ammiel  Bushakevitz, nous livre en s’adressant à lui-même, en dialogue, aux pages 2 à 4 du livret de ce magistral CD, en ouverture à son programme de « Fantasies« …

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    Ces questions, les voici donc :

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    _ 1)  « Why do you choose to perpetuate the title of Fantasy for what is clearly a sonata ? » – c’est-à-dire la grande Sonate 0p. 78, D. 894…

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    Et voici sa réponse :

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    « I’ll begin by quoting Robert Schumann : « Fantaisie à la Schubert ; Schubert expresses Jean Paul, Novalis and Hoffmann in tones. » Schumann’s diary entrance of August 1828 refers to Schubert’s expansive G major – sol majeur – sonata, D. 894. Schumann considered this the most perfect of all Schubert’s sonatas, where « in a not unusual external form and layout, everything internal is designed unusually and fantastically ». The fantasy to wich Schumann is referring is not the musical genre, but rather the work’s escapist, otherwordly nature. Written in october 1826, two years before Schubert’s death at the age of 31, the sonata is the last of just three piano sonatas published during his lifetime. It is uniquely serene : voices intertwine in conversation and mysticism lingers in the air. In Keats‘ « Ode to a Nightingale », wich could just as well have been an ode to Schubert, the sensation is summed up perfectly : ‘‘Fade far away, dissolve and quite forget what thou among the leaves hast never known ». »

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    _ 2)  « But is it that strange sonata really a fantasy ?« 

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    Ammiel Bushakevitz prend alors soin de bien distinguer ce qui sépare la nouvelle acception de ce terme de « Fantaisie« , à l’aube du Romantisme, à partir de 1815 (les « Fantasiestücke in Callot’s Manier » de E.T.A. Hoffmann), de ce qu’avaient été les Fantaisies de Johann-Sebastian Bach et surtout son fils Carl-Philipp-Emanuel Bach :

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    « The unusual title for the first edition, « Fantasy or Sonata », was given not by Schubert, by his canny publisher, Tobias Haslinger, likely reflecting the improvisional and long-limbed character of the first movement wich is marked with the utterly Schubertian indication of  molto moderato e cantabile. Schumann referred to the entire work as a « Fantasy-Sonata » and Franz Liszt called it a « Fantasy » in an 1868 letter.

    Perhaps the Romantic Age brought new meaning to the term. Forget the dusty Fantasien of J.S. and his son C.P.E. Bach with their improvised overtures and highly formalized fugues. Curtainup : this is the dawn of the fantastic. E.T.A. Hoffmann published his « Fantasiestücke in Callot’s Manier » in 1815 and Mary Shelley (born the same year as Schubert – en 1797 –) published « Frankenstein » in 1818. Schubert was in step with the politics and literature of his age. Perhaps the title of Fantasy just fitted in with the tumultuous times« .

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    _ 3) « What about Schubert’s other fantasies  ?« 

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    « Schubert wrote a few fantasias as a teenager, but by far the most important are his three mature fantasies : The Fantasy for piano four hands D. 940 – autre magistral chef d’œuvre !!! cf mes remarques en mon article du 19 juillet 2024 « La merveille absolue du CD « Franz Schubert – Leonid Desyatnikov » de Pavel Kolesnikov et Samson Tsoy, à quatre mains : un sommet d’interprétation, tout de naturel, de ces bouleversants chefs d’oeuvre schubertiens…« , à propos du merveilleux CD Harmonia Mundi HMM 902 716 « Franz Schubert – Leonid Desyatnikov » de Pavel Kolesnikov et Samson Tsoy… – , the Fantasy for piano and violin D. 934, and the « Wanderer »  Fantasy for piano solo D. 760. The latter two are thematic elaborations of successful Lieder that he has written : « Sei mir gegrüsst » and « Der Wanderer ». I can’t help thinking that the latter’s title might be shaped by one of the most influential gothic novels of the time : Charles Robert Maturin‘s « Melmoth the Wanderer » (1820). It marked litterature from Goethe to Baudelaire and was probably the talk of town in the Viennese Cafés frequented by Schubert. In fact, il might have been the reason why Schubert changed the title of his 1816 song « Der Unglückliche » to « Der Wanderer » in his 1821 second version.« 

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    _ 4) « Is that what inspired the title for the C major – ut majeur – fantasy ?« 

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    « Well, Schubert himself never called it the « Wanderer » Fantasy. The earliest reference to the nickname was probably by Liszt, who performed it many times and referred to it as the « Wanderer – Dithyramb ». Schubert allegedly (yet famously) could not play the piece himself throwinh his hands up near the end and exclaiming « let the devil play this ! ». This was the dawn of a new Zeitgeist, intoxicated with the virtuosity of Liszt and Paganini. Yet the beating heart of the Fantasy is the Adagio, who’s dactylic « Wanderer » rhythm links the entire work. This foreshadows the Leitmotiv used by later composers, such as Liszt in his B minor – si mineur – Sonata and Dante Sonata, wich he described as a « Fantasia quasi sonata ». The idea of the Wanderer is at the core of Romantic Age. Existential alienation was something that Schubert himself understood all too well and he must have felt a deep rapport with Schmidt von Lübeck‘s poem : « I am a stranger everywhere »…

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    Et toutes ces réflexions-réponses que se propose alors en dialogue avec lui-même Ammiel Bushakevitz, en la rédaction de ces 3 pages pour le livret de son CD – c’était à Paris le 14 août 2024 ; l’enregistrement du CD avait eu lieu à Eppelheim du 8 au 11 janvier précédent – , sont de fait passionnantes quant à ces choix du qualificatif de « Fantaisie » pour ces diverses pièces de Schubert…

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    Comment alors ne pas réver d’un second CD de Fantaisies de Schubert par Ammiel Bushakevitz,

    avec, cette fois la participation d’un compère pianiste pour la Fantaisie à quatre mains, en fa mineur, D. 940, Op. posthume 103,

    et d’un compère violoniste pour la Fantaisie pour piano et violon, en ut mineur, D. 934, Op. posthume 159 ?

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    La boucle de pareilles magistrales interprétations de ces 4 Fantaisies de la maturité de Schubert, la D. 760,  la D. 894, la D. 940, et la D. 934, pourrait ainsi être bouclée…

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    Ce dimanche 13 avril 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le « Schubert au sommet », de paradis, « à un degré d’accomplissement rarissime », de Samuel Hasselhorn, baryton, et Ammiel Bushakevitz, pianiste : la perfection de leur CD « Franz Schubert – Licht und Schatten », avec aussi le miraculeux sublimissime « Franz Schubert – Fantasies » de ce même fabuleux musicien-pianiste qu’est AmmIel Bushakevitz : deux révélations musicales absolument bouleversantes…

    Il y a déjà quelques jours que je m’apprête à célébrer, ré-écoutes après ré-écoutes émerveillées – et même carrément stupéfaites d’un tel « degré d’accomplissement » poétique et musical constaté ! – , le CD HMM 902747 « Franz Schubert – Licht und Schatten » – enregistré à Berlin au mois de mars 2024 – du baryton – né à Göttingen le 15 mai 1990 – Samuel Hasselhorn, et du pianiste – né à Jérusalemle 9 avril 1986  – Ammiel Bushakevitz,

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    tant « l’écoute réitérée de ce disque nous laisse – nous aussi, comme Sylvain Fort à la page 91 du n° 743 du Diapason de ce mois d’avril, qui décerne à ce CD un Diapason d’or archi-mérité ! – sans mots » d’admiration suffisants, à la hauteur de la performance extraordinaire d’interprétation de ce chanteur et ce pianiste d’exception – écoutez donc ici ce degré inouï de perfection !!!

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    Et voici que deux articles viennent, coup sur coup, ce vendredi 11 et ce samedi 12 avril, en renfort de cette sidération admirative…

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    Hier vendredi, celui de Jean-Charles Hoffelé intitulé « Vers l’ombre« ,

    que voici :

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    VERS L’OMBRE

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    « Ombre et lumière » – « Licht und Schatten » – annonce la couverture, plus pourtant du côté ombre, la sélection – splendide de justesse – de grands lieder nocturnes ou tragiques l’atteste, le timbre même et où en est rendue la voix de Samuel Hasselhorn le confirment, baryton plus sombre – en effet – à mesure des albums – que je n’ai pas manqué de me procurer…

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    À cela s’ajoute que l’on chante ici moins qu’on ne dit, c’est le Schubert déclamatoire – voilà ! – qui pointe, manière de présenter quasiment l’envers d’une Schöne Müllerin (voir ici) où le chant était capiteux, ce qui permet à Samuel Hasselhorn de se faire diseur – magnifique ! – , ce qu’il faut pour le ton de ballade de Des Sängers Habe et Auf der Bruck, entre autres.

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    Dans ce voyage secret, Ammiel Bushakevitz ajoute – à son piano seul – Ländler et Deutsche Tänze, échappées tendres qui permettent de reprendre souffle avant de replonger dans les lieder, qui flirtent avec la ténèbre, où le pianiste nous guide – génialement ; je vais y revenir… – avec l’art qu’on lui connaît. Schubert est – en effet – son monde.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Schubert 200. Volume 2
    Licht und Schatten

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    Franz Schubert (1797-1828)

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    Die junge Nonne, D. 828
    Auflösung, D. 807
    Die Allmacht, D. 852
    17 Ländler, D. 366 (2 extraits : No. 3 en la mineur – No. 4 en la mineur – No. 3 en la mineur)
    Der Einsame, D. 800
    Abendstern, D. 806
    Normans Gesang, D. 846
    Das Heimweh, D. 851
    6 Deutsche Tänze, D. 820 (3 extraits : No. 1 en la bémol majeur – No. 2 en la bémol majeur – No. 1 en la bémol majeur – No. 3 en la bémol majeur – No. 1 en la bémol majeur)
    Fülle der Liebe, D. 854
    Des Sängers Habe, D. 832
    Auf der Bruck, D. 853
    Im Abendrot, D. 799
    18 Deutsche Tänze & Ecossaises, D. 783 (5 extraits : No. 2 en ré majeur – No. 4 en sol majeur – No. 5 en si mineur – No. 6 en si bémol majeur – No. 7 en si bémol majeur)
    Lied des gefangenen Jägers, D. 843
    An mein Herz, D. 860
    Wandrers Nachtlied II, D. 768
    Wiedersehn, D. 855

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    Samuel Hasselhorn, baryton
    Ammiel Bushakevitz, piano

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    Un album du label harmonia mundi HMM902747

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    Photo à la une : le baryton Samuel Hasselhorn – Photo : © Nikolaj Lund

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    Et aujourd’hui, ce samedi,

    cet autre article-ci, dans ResMusica, sous la plume de Matthieu Roc, intitulé « Samuel Hasselhorn et Ammiel Bushakevitz : Schubert au sommet » :

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    Samuel Hasselhorn et Ammiel Bushakewitz : Schubert au sommet

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    Il n’y a pas d’interprètes définitifs – certes ! – pour Schubert, et surtout pas dans le Lied, tant les potentialités d’interprétation sont variées – oui. Mais Schubert porté à un degré d’accomplissement pareil – voilà, voilà ! –  , c’est quand même bien rare – et cela bien sûr nous marque considérablement…

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    Tant en reconnaissant les talents et les très belles choses que peuvent faire ensemble ce baryton et ce pianiste, on avait formulé quelques réserves à propos du disque où ils donnaient La belle Meunière. Ici, toutes ces réserves tombent, et le bonheur est complet – voilà ! – d’entendre un Schubert aussi juste – oui, oui : c’est en effet cela ! – , aussi profond et aussi poétique – parfaitement ! Dès le premier Lied, Die Junge Nonne, on trouve la confirmation que nous sommes face à des interprètes d’exception – oui, oui. La violence des éléments déchaînés comme des émotions, l’épuisement de l’âme qui veut renoncer au monde (Wie das Grab allégé, blanchi jusqu’au murmure …), l’aspiration à l’union mystique, le bonheur du dernier Alleluja… Chaque mot, chaque inflexion, chaque nuance est délicate et porteuse du sens profond du texte – oui. Fera-t-on un jour à ces deux-là le reproche d’en faire trop, comme on l’a fait à Dietrich Fischer-Dieskau et Gerald Moore ? Ce n’est pas certain, car tout semble couler de source, comme une évidence d’authenticité – absolument : tant pour le chant que pour le piano. Il ne fait pourtant aucun doute que tout est extrêmement travaillé, mais cela ne se ressent absolument pas – non, en effet. Il n’y a que beauté, émotion et spontanéité qui apparaissent et nous submergent – voilà, voilà ! – , et ceci encore après une demi-douzaine d’écoutes – et je le confirme à mon modeste tour… Evidente, l’infinitude de ces roulements sur ätherischen Chöre dans Auflösung. Lumineux, le ciel scintillant d’étoiles évoqué dans Die Allmacht, et impressionnante, la posture de prophète adoptée sur les mots Gross ist Jéhovah. Tout est parfaitement réussi – tout simplement, c’est cela. Chaque Lied est un sommet – oui. Avouons une fascination toute particulière pour Im Abendrot, où les couleurs étirées jusqu’au bout du phrasé le plus long et le plus souple qui soient créent une prière d’une humilité totale. Redisons : un degré d’accomplissement pareil, c’est rarissime – je contresigne cette justissime impression ressentie.

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    Le programme compte quinze lieder qui sont entremêlés de pièces pour piano seul, comme on a pris l’habitude de le faire dans les concerts de Lieder de nos jours. Ce n’est pas en soi nécessaire dans un CD, mais il faut avouer que c’est très agréable. Cela permet de relâcher un peu – voilà – la tension de l’écoute, qui est forte – pour le cas de ces lider choisis ici – , et ce que fait Ammiel Bushakewitz de ces Ländler et Deutsche Tänze est délicieux de légèreté toujours dense de sens – c’est très exactement cela… La phraséologie éditoriale parle d’ombres et de lumière, « Licht und Schatten », ce qui est un peu passe-partout, mais c’est sans importance. Ce qui compte, c’est que ces deux artistes-là continuent – dorénavant – à nous graver des Lieder, et à un CD annoncé par année anniversaire de 1824 à 1828, cela nous amène à 2028. A défaut d’une intégrale Schubert, que mériterait un schubertien aussi remarquable que  (lauréat ICMA 2025), on est preneur !

    …

    …

    Voilà, voilà.

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    Il faut donc écouter et ré-écouter à ce degré de perfection de plaisir ce CD-ci…

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    Mais je dois ajouter qu’en demandant à mon ultra-compétent – quelle justissime oreille ! – disquaire préféré ce qu’il pensait de la performance musicale assez bouleversante du piano d’Ammiel Bushakevitz,

    il est allé tout de suite me rechercher le récent CD « Franz Schubert – Fantasies » d’Ammiel Bushakevitz, le CD Hänssler classic HC 24025 – enregistré à Eppelheim du 8 au 11 janvier 2024 – , dont l’écoute et les ré-écoutes, à leur tour, totalement me subjuguent ;

    …

    et je n’ai encore rien lu nulle part sur ce miracle d’interprétation de la Sonate pour piano Op. 78, D. 894 « Sonate-Fantaisie » et de la Fantaisie Op. 15, D. 760 « Wanderer-Fantaisie » par Ammiel Bushakevitz en ce CD du paradis !

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    …

    Mais écoutez donc ici :

    ce lumineux toucher schubertien d’Ammiel Bushakevitz est tout bonnement sublimissime !

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    Quel artiste !!!

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    Ce samedi 12 avril 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Cyrille Dubois (avec au piano Tristan Raës) une fois de plus admirable(s) interprète(s) des mélodies françaises : le magnifique CD Aparté « Gabriel Dupont (1878 – 1914) – The Complete Songs », ou une tendrissime délicatesse…

    Une fois encore et à nouveau,

    Cyrille Dubois, ténor, et son compère au piano Tristan Raës, sont les éblouissants délicats interprètes des tendres mélodies françaises :

    …

    cette fois-ci en le – vraiment parfait ! – CD Aparté AP377 « Gabriel Dupont – The Complete Songs » – enregistré du 12 au 14 juillet 2023, au Conservatoire de Caen : à écouter ici… – ,

    des Mélodies – tendrissimes de vraie délicatesse ! il me faut y insister… – de Gabriel Dupont (Caen, 1er mars 1878 – Le Vésinet, 2 août 1914),

    ce génie musical précocément emporté par la tuberculose à l’âge de 36 ans

    – le lendemain de son décès, l’Allemagne déclare la guerre à la France ; et le décès du compositeur, « l’un des plus grands espoirs de la musique française« , passe, à une unique exception près, quasiment inaperçu de la presse ; et «  »peu de gens se préoccuperont de son souvenir au cours des Années folles » : on aura alors changé d’époque, musicalement aussi, bien entendu…

    …

    …

    Avec un très beau texte – et excellemment documenté – intitulé « Crépuscule d’été » – et c’est aussi le titre de la merveilleuse (et emblématique) mélodie (composée par Gabriel Dupont en 1912, sur un poème de Cécile Périn), située à la plage 18 du CD ; l’écouter ici en cette vidéo de 2′ 47… – ,

    de la plume de l’ami Etienne Jardin, aux pages 16 à 19 du livret de ce CD :

    …

    Etienne Jardin remarque fort bien que Dupont « encre sa poétique dans le quotidien – voilà – , et utilise, au – pur et tout simple – hasard de ses lectures, des textes qui résonnent avec une douceur – voilà, voilà ! – ou une difficulté d’existence – en très discrète synergie, donc, avec les siennes…

    …

    Le traitement musical des mélodies trahit ainsi – à une écoute attentive un peu précise – deux préoccupations – siennes – : rendre parfaitement intelligible le propos – musical – par la clarté de la ligne vocale – voilà ! – , et installer, au piano, une atmosphère explicitant tout de suite – aussi, et sans lourdeur – l’état d’esprit – global – de la pièce.

    L’instrument raconte – discrètement, sans jamais rien de pesant – l’émoi intérieur – voilà ! – que le texte suggère. Dupont y pousse toujours plus loin le raffinement harmonique – oui – qui devient sa marque de fabrique.

    Usant de procédés qui offrent – ainsi – au chanteur la capacité de transmettre, à fleur de peau – en très délicate douceur… – , de subtiles – très fines – atmosphères sentimentales. Elles sont – ainsi aussi – autant de fragments de vie – du compositeur lui-même – détachés du long crépuscule – vital – que le musicien a connu alors qu’il était au sommet de son art« …

    …

    …

    Sur l’œuvre musical – magnifique et à redécouvrir… – de Gabriel Dupont accessible en CDs,

    cf par exemple mon article en date du 9 novembre 2018 : « A Arcachon : écouter Severin von Eckardstein interpréter « La Maison dans les dunes » de Gabriel Dupont (1907-1909)« , dans lequel, outre ce CD Artallina ATL-A020 « Gabriel Dupont – Claude Debussy » de Severin von Eckardstein, je citais aussi le beau CD Mirare 418 « Gabriel Dupont – Gustave Samazeuilh » de Marie Catherine Girod – deux CDs présents en ma discothèque personnelle – :

    au bon air d’Arcachon, Gabriel Dupont venait tenter de soigner cette tuberculose qui finira par l’emporter, chez lui, au Vésinet, le 2 août 1914…

    …

    …

    Immense merci, à nouveau,

    à ces merveilleux passeurs de l’art mélodique français, si délicat et doux, que sont les toujours parfaits Cyrille Dubois et Tristan Raës…

    …

    …

    Ce vendredi 11 avril 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa