Auteur/autrice : francislippa

  • L’œuvre majeur de George Benjamin (1960), avec aujourd’hui l’impressionnant CD « Palimpsests – A Mind of Winter – At fist Light – Canon and Fugue » de l’Ensemble Modern, sous la formidable direction de Sir George Benjamin lui-même : un CD enchanteur qui emporte…

    Sir George Benjamin (Londres, 31 janvier 1960) est un des plus marquants compositeurs contemporains – cf mon article « L’impression forte sur le spectateur du DVD de « Lessons in Love and Violence » de George Benjamin« , en date du 15 mai 2019, à propos du DVD consacré à son très brillant opéra « Lessons in Love and Violence« …

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    Aujourd’hui,

    c’est l’enthousiasmant CD « Palimpsests – A Mind of Winter – At fist Light – Canon and Fugue » de l’Ensemble Modern, qui très intensément m’impressionne,

    avec des œuvres de 1998-2002, « Palimpsests » ; 1981, « A Mind of Winter » ; « At first Light« , 1982 ; et « Canon & Fugue« , 2005 – enregistrées ici respectivement le 9 mars 2019 à Cologne ; le 10 septembre 2023 à Cologne ; le 8 septembre 2020 à Berlin ; et le 14 septembre 2023 à Cologne – ,

    constituant le programme admirablement composé de ce CD, par un incisif et splendide Ensemble Modern – avec l’Ensemble Modern Orchestra, et la soprano Anna Prohaska – sous la direction formidablement inspirée et lumineuse du compositeur lui-même, Sir George Benjamin …

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    Une musique contemporaine qui véritablement emporte et enchante !!!

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    Ce dimanche 6 avril 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une sublime paix de l’intimité par le luth magique de Jadran Duncumb : le volume II du l’œuvre pour luth de J.-S. Bach pour l’excellent label Audax…

    S’il m’est arrivé, à l’occasion de certaines écoutes de CDs, de faire un peu la fine bouche devant l’œuvre pour luth de Johann Sebastian Bach – qui semble ne pas avoir pratiqué lui-même le luth ; mais eut pour ami le merveilleux luthiste Sylvius Leopold Weiss… – ,

    il me faut bien rendre absolument les armes devant ce tout récent miraculeux CD – enregistré du 26 au 29 mars, et du 22 au 24 mai 2024, au studio de Rolf Lislevand, à Evje, en Norvège, pour le label décidément impeccable Audax de Johannes Pramsohler… – du luthiste Jadran Duncumb :

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    le CD Audax ADX 11214 « Jadran Duncumb – J.S. Bach – Works for lute – Vol. II« 

    – et alors que je m’aperçois avoir laissé passer (en 2021) le précédent CD ADX 13738 « Jadran Duncumb – J.S. Bach – Works for lute » de cet interprète vraiment superbe !, et que je suis pourtant bien attentif aux sorties des excellents CDs Audax..

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    Cette sublime musique de la paisible intimité me touche intensément…

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    Ce samedi 5 avril 2025 – Titus Curiosus – Francis Lippa

  • En hommage à l’immense chef berliozien John Nelson (1941 – 2025), qui vient de nous quitter ce 31 mars 2025, ce « Sanctus » de la « Grande Messe des Morts » d’Hector Berlioz, par le grand Michael Spyres, à la cathédrale Saint-Paul de Londres, le 8 mars 2019, pour le 150e anniversaire du décès de Berlioz…

    En tout simple hommage, et ému, à l’immense chef berliozien John Nelson (San Jose, Costa Rica, 6 décembre 1941 – 31 mars 2025), qui vient de nous quitter ce 31 mars 2025

    – j’ai appris la nouvelle ce petit matin du 4 avril, par ma lecture de l’hommage (« Décès du chef d’orchestre John Nelson« ) que vient de lui rendre, hier soir, la rédaction de ResMusica ; ainsi que par celui de Jean-Pierre Rousseau, sur son blog, « L’admirable John Nelson » : ces deux, précieux aussi par les riches liens musicaux qu’ils comportent ; connectez-vous y !.. – ,

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    voici le podcast de cet admirable « Sanctus » de la « Grande Messe des Morts » d’Hector Berlioz (La-Côte-Saint-André, 8 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), par le très grand Michael Spyres, à la cathédrale Saint-Paul de Londres, le 8 mars 2019, pour le 150e anniversaire du décès de Berlioz – regardez aussi la vidéo (de 2′ 06) du tout début de ce « Sanctus » par Michael Spyres ce jour-là à Saint Paul…

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    Voici aussi une brève très émouvante vidéo de cette présentation (de 4′ 21) de ce concert (et enregistrement live) par John Nelson lui-même, à Londres, ce 8 mars 2019… 

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    Et je me permets de renvoyer aussi ici à mon modeste article – emblématiquement admiratif – , « L’extraordinaire réussite du chef John Nelson en sa réalisation discographique berliozienne de ces chefs d’oeuvre que sont « Roméo et Juliette » et « Cléopatre » : un très réjouissant éblouissement… » en date du 15 avril 2023 ,

    que je redonne ici…

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    L’extraordinaire réussite du chef John Nelson en sa réalisation discographique berliozienne de ces chefs d’oeuvre que sont « Roméo et Juliette » et « Cléopatre » : un très réjouissant éblouissement…

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    — Ecrit le samedi 15 avril 2023 dans la rubrique “Musiques”.
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    Le degré éblouissant de réussite musicale du double CD Erato 5054197481383 de la magnifique _ et très originale _ symphonie dramatique « Roméo et Juliette » et de la percutante et frémissante scène lyrique « Cléopatre » d’Hector Berlioz, sous la direction électrisante de vie, en même temps qu’infiniment délicate, claire et juste, du chef d’orchestre John Nelson,

    a quelque chose de très surprenant et formidablement réjouissant à la fois,

    qui nous emporte…

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    Comme si nous redécouvrions en leur vérité musicale la plus intense et la plus profonde ces deux formidables chefs d’œuvre de Berlioz qui nous ont pourtant déjà enchantés…

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    Que l’on écoute ainsi le presque inaugural _ soit la plage 3 du premier CD de ce double album Erato _ sublime « Premiers transports que nul n’oublie » de Joyce DiDonato _ ici en sa prise en concert public à Strasbourg le 7 juin 2022 _ de « Roméo et Juliette« , pour un tout premier avant-goût de cette si merveilleusement  réussie interprétation collective de l’œuvre :

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    la direction dynamique, fluide, inspirée, claire, souple, tellement juste, de John Nelson _ idéal berliozien dans chacune de ses réalisations ! _,

    à la tête d’un hypersensible vivant et délicat à la fois Orchestre Philharmonique de Strasbourg,

    le Coro Gulbenkian et le Chœur de l’OnR _ au rôle si important dans cette œuvre (de « symphonie dramatique » riche et complexe (en même temps qu’évidente et si naturelle…), de Berlioz _,

    et bien sûr les superbes chanteurs solistes que sont la mezzo-soprano Joyce DiDonato, le ténor Cyrille Dubois _ qu’on écoute les 2′ 44 de son idéal (quel jeu ! quelle diction ! quel charme !) « Scherzetto de la reine Mab«  à la plage 5 du premier CD… _ et le baryton Christopher Maltman…

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    Ce dont rend très bien compte l’excellent détail de l’article de Charles Sigel, le 7 avril dernier, sur le site de ForumOpéra.com

    pour ce qui concerne la « Cléopatre » extraordinaire, elle aussi _ un must discographique ! _, du second CD de ce double album, dans l’interprétation-incarnation absolument superlative (!!!) _ au moins au niveau de celles de la merveilleuse Janet Baker _ de Joyce DiDonato…

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    Un généreux double album indispensable…

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    Ce samedi 15 avril 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Et,
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    pour conclure cet article-ci, ce vendredi 4 avril 2025 :
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    dix mille mercis aux enregistrements – à commencer par les discographiques : ma discothèque personnelle est riche de la plupart des enregistrements berlioziens de John Nelson… – qui nous permettent d’accéder instantanément à ces bijoux musicaux d’éternité – voilà ! – , dans de telles sublimes interprétations
    – via tout une bien précieuse chaîne (médiatique et technologique) de transmissions, diffusions et partages de la beauté musicale, un peu secourable, celle-ci, particulièrement ces derniers temps-ci du retour jusque chez nous de la barbarie, issue de la bêtise et la méchanceté étrangement (Freud, au secours !) contagieuses de quelques uns, monstrueux, qui ont accédé aux pouvoirs en quelques Etats, et à l’hubris impérialiste terriblement vorace : le sinistrissime bouffon Dr Folamour (de ce formidable visionnaire qu’a été Stanley Kubrick) pour notre malheur (mondial, planétaire même…) s’est, mais oui, incarné…

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    Vive – et que survive longtemps – musicalement – par les disques, les podcasts, les vidéos… – l’excellent passeur de musique qu’a été – et demeure à jamais, pour toujours, et pour nous tous qui aimons la belle musique… – John Nelson…

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    Ce vendredi 4 avril 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Elegance (suite) : le lumineux CD « Mozart – 1 – 2 – 3 – 4 – solo – duo – trio – quartet » de Julien Libeer et ses amis : une connivence de ressentis…

    En forme de reprise – en totale connivence… – à mon article enthousiaste « Mozart, ou la radicale innocence : en forme de suite à mon article récent sur ce qui lie Ravel à Mozart, l’élégance naturelle réjouissante du très beau lumineux CD « Mozart – 1 – 2 – 3 – 4 – solo – duo – trio – quartet » de Julien Libeer, Pierre Colombet, Máté Szücs et Eckart Runge… » du jeudi 27 avril dernier :

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    Mozart, ou la radicale innocence : en forme de suite à mon article récent sur ce qui lie Ravel à Mozart, l’élégance naturelle réjouissante du très beau lumineux CD « Mozart – 1 – 2 – 3 – 4 – solo – duo – trio – quartet » de Julien Libeer, Pierre Colombet, Máté Szücs et Eckart Runge…

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    — Ecrit le jeudi 27 mars 2025 dans la rubrique “Blogs, Musiques”.
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    Comme en forme de réponse bien concrète à l’approche de mon article « Ravel et Mozart, ce qui les lie, selon une lucide remarque un peu détaillée de l’excellent pianiste Julien Libeer (« Mozart, l’exemple absolu de Ravel »), au final d’un entretien de présentation de son présent CD « Mozart 1-2-3-4 – solo – duo -trio – quartet », à propos de ce qu’il qualifie d’ »une virée Ravel qui s’annonce pour l’automne »… » en date du 24 mars dernier, à propos des profondes intenses affinités mozartiennes de tout – ou presque tout, ou beaucoup de… – l’œuvre de Maurice Ravel, en leur semblable merveilleuse élégance absolument naturelle, et leur identique sublime sublimation – toujours impeccablement réussie, et sans nulle trace d’effort ! – du tragique de la vie en la profonde légéreté-fantaisie – ponctuée toujours  d’une très très fine touche, quasi imperceptible, sans le moindre appesantissement, de mélancolie… – de leur musique,

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    ce soir, à l’audition du CD Harmonia Mundi HMM 902699 « Mozart – 1 – 2 – 3 – 4 – solo – duo – trio – quartet« , de Julien Libeer, Pierre Colombet, Máté Szücs et Eckart Runge – enregistré en octobre 2024 à Schiedam (Pays-Bas) ; regarder ici cette vidéo (de 1′ 40) d’un extrait du Quatuor avec piano n°1 K. 498, pris en concert au Théâtre des Bouffes du Nord, à Paris, le 30 septembre 2024 ; et sur l’excellent Julien Libeer lui-même, cf mon article « Le Beethoven rayonnant et solaire de Lorenzo Gatto et Julien Libeer : les CDs Alpha 240, 407 et maintenant 565, des Sonates pour violon et piano de Ludwig van… » en date du 23 novembre 2019… –, c’est une très profonde lumineuse joie porteuse que je ressens…

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    Lire aussi les quelques très justes mots de présentation au dos de ce CD :

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    « C’est le sourire et la lumière – voilà ! – de Mozart que Julien Libeer et ses complices nous proposent dans ce programme très original : une sonate pour piano seul absolument solaire – oui – , une sonate pour violon et piano où la joie triomphe des inquiétudes – et les sublime ! – , un flamboyant – voilà ! – trio de l’époque des Noces, pour ne rien dire du – somptueux ! – quatuor avec piano K. 478, formation rare où le compositeur s’amuse aux frontières du concerto et de la musique de chambre… Le tout dans une progression dramaturgique surprenante !« …

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    Et encore ces simples mots de Julien Libeer, pour dire en quelques mots la double difficulté, et de bien saisir à l’interprétation la musique même de Mozart, et la difficulté aussi de bien parler d’elle, en un bref entretien avec Pierre-Jean Tribot pour le magazine Crescendo, à propos de ce très beau CD « Mozart – 1 – 2 – 3 – 4 – solo – duo – trio – quartet » :

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    JULIEN LIBEER, FACE À MOZART 

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    Notre compatriote Julien Libeer fait paraître un album un peu solo mais surtout chambriste – oui ! –  consacré à des partitions de Mozart (Harmonia Mundi). Le pianiste est en compagnie de  Pierre Colombet, violon ;  Eckart Runge, violoncelle et Máté Szücs à l’alto. Ce quatuor de brillants musiciens – que Julien Libeer a réuni tout spécialement pour cet enregistrement-ci – livre une prestation exceptionnelle, ce qui nous a donné envie d’en savoir plus et de poser quelques questions à  Julien Libeer.

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    Vous êtes le dénominateur commun d’un album chambriste consacré à des œuvres de Mozart. Pourquoi choisir Mozart à ce moment de votre carrière?

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    On ne m’attribuera aucun prix d’originalité si je vous dis que Mozart m’accompagne depuis ma tendre jeunesse, et que notamment ses opéras comptent parmi mes plus intenses souvenirs d’enfance. Ce n’en est pas moins la vérité pour autant, et il fallait bien un jour que je fasse quelque chose avec cette fibre qui est à la racine de mon chemin de musicien. J’ai attendu avant de lui consacrer une monographie entière, car je voulais le faire dans un programme pertinent, et surtout avec les bonnes personnes. Il se trouve que les étoiles se sont alignées à ce moment-ci !

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    Dans le booklet du disque, vous écrivez “demandez à un musicien de vous parler de Mozart, il y a fort à parier qu’il peinera à dire quelque chose”. Pourquoi Mozart semble si difficile à caractériser par des mots ?

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    Si j’avais une réponse claire à ça, je n’aurais pas écrit cette phrase !  Peut-être parce que toutes les choses dont il est facile de parler en musique ne s’appliquent pas directement à Mozart.

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    Son intelligence est aussi fulgurante mais moins ouvertement intellectuelle que Bach ; son évolution esthétique est plus subtile que celle de Beethoven ; à l’exception de Haydn aucun de ses contemporains ne lui arrive à la cheville, donc difficile de le comparer ou le mettre en contexte ; et puis sa musique n’a rien d’idéologique ou pamphlétaire : elle n’incarne aucune révolution tonitruante, elle n’est pas à l’origine d’une école quelconque.

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    Parler de Mozart signifie donc parler réellement, et uniquement, de musique. Est-ce vraiment possible?

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    On dit souvent que Mozart est un juge de paix pour les musiciens, un compositeur avec lequel il est impossible de tricher. Partagez-vous cet avis ?

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    Il a en effet rendu fou les plus grands… Perplexe, Richter se demandait pourquoi une gamme toute bête devenait si difficile dès qu’elle se trouvait dans une œuvre de Mozart… Rubinstein disait que quand on le joue, « soit c’est un miracle, soit ce n’est pas du Mozart» – ce qui met la barre un peu haute, mais n’est probablement pas faux…

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    On pourrait retourner le problème dans tous les sens pendant des pages entières, mais disons qu’il y a peu de compositeurs qui demandent à ce point de dépasser la matière – François Couperin, par exemple… En ce sens, Mozart n’est pas tant un style qu’un état d’esprit.

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    A écouter le disque, j’ai l’impression que vous défendez avec vos partenaires, une approche très dosée et réfléchie, qui refuse tout excès, à commencer par ces boosts énergiques auxquels de nombreux musiciens qui revendiquent une approche historiquement informée cèdent trop souvent ?

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    Il semblerait que nous nous soyons assez naturellement trouvés dans une esthétique qui ne sacrifie pas le chant – voilà ! Et c’est là un des traits essentiels de Mozart (et de Chopin, aussi) – sur l’autel de l’énergie. Il ne s’agit pas non plus de nier la vitalité permanente de la musique – voilà (comme pour  Schubert, le Wanderer…) ! – pour autant – c’est d’ailleurs une des grandes leçons sur Mozart que je retiens de Maria-João Pires : trouver le juste milieu entre effervescence et lyrisme – voilà ! S’il s’endort, ça devient une musique bourgeoise sans piment. S’il devient hystérique, tout le caractère est gommé – tout cela est parfaitement juste…

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    Aux musiciens de faire leur travail de funambule !

    – et c’est bien cela : sur une délicieuse et éminemment jouissive très délicate code raide…

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    Vous et vos partenaires, jouez des instruments modernes. Etes-vous tentés par la pratique d’instruments historiques ?

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    Je suppose que nous y avons tous un peu touchés, même si pour ma part jamais sur scène. L’instrument historique, c’est un métier à part entière. Mais même ceux qui, sur scène, s’en tiennent aux instruments modernes ont des choses à apprendre du contact avec les instruments anciens, et je connais peu de musiciens de ma génération qui s’en tiennent loin.

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    Est-ce que vous avez déjà un autre projet de disque en préparation ? – et c’est cet extrait que je me suis permis d’un peu commenter en mon article du 24 mars dernier : « Ravel et Mozart, ce qui les lie, selon une lucide remarque un peu détaillée de l’excellent pianiste Julien Libeer (« Mozart, l’exemple absolu de Ravel »), au final d’un entretien de présentation de son présent CD « Mozart 1-2-3-4 – solo – duo -trio – quartet », à propos de ce qu’il qualifie d’ »une virée Ravel qui s’annonce pour l’automne »…« …

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    Oui, il y a une virée Ravel qui s’annonce pour l’automne. Mozart ayant été l’exemple absolu de Ravel, il paraissait cohérent de travailler sur les deux simultanément : ce sont deux mondes aristocratiques, d’une invention mélodique intarissable, expressive mais jamais vulgaire, et dont l’absence de coutures visibles tient du miracle.

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    Au disque, il s’agira essentiellement d’œuvres pour piano seuls, mais mes vieux comparses Lorenzo Gatto et Bruno Philippe viendront en soutien pour quelques plages.

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    Le site de Julien Libeer : https://www.julienlibeer.net/

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    Crédits photographiques :  Diego Franssens

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    Propos recueillis par Pierre-Jean Tribot

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    Bravissimo, Messieurs ces magnifiques justissimes interprètes de Mozart – si difficile à si bien saisir en sa radicale radieuse innocence !..

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    Ce jeudi 27 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    voici ce jour un article intitulé « Dégressif« ,

    que je découvre à l’instant sous la plume de Jean-Charles Hoffelé sur son site Discophilia,

    consacré lui aussi à ce superbe travail musical et discographique – pour Harmonia Mundi – de Julien Libeer et ses amis Pierre Colombet, Máté Szücs et Eckart Runge ;

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    un article en assez belle connivence avec mon ressenti… :

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    DÉGRESSIF

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    Le titre de l’album annonce un ordre que le disque – en effet – inverse : on commencera par le Premier Quatuor avec piano, fait piquant et fluide à la fois, assez concerto au fond – oui – , Julien Libeer jouant en finesse et caprice, puis on ira au Trio, d’un giocoso très opéra, le piano restant l’acteur – oui ! – sans pour autant éloigner les cordes : le décor fait quand même – lui – aussi assez concerto – un genre de fait éminemment mozartien !..

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    Les choses changent avec la Sonate pour violon en fa majeur, Pierre Colombet sera le maître d’œuvre, son archet giocoso entraînant les fusées de l’Allegro, se régalant des merveilleuses variations, perle du disque – peut-être… – qui montre un duo parfait dans les émotions comme dans le brio : ces deux-là feraient bien – ô combien ! – de poursuivre « leur » Mozart.

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    La nuance de mélancolie absolue – présente presque toujours chez Mozart, comme chez Ravel, Karol Beffa le fait bien remarquer… – qui introduit la sublime Sonate en mi bémol majeur montre Julien Libeer seul. Cette élégance – voilà ! voilà ! – , cet air de ne pas y toucher – en totale innocence – , le piano doré qui s’amuse – oui ! – aux deux Menuets, le giocoso avec un peu d’ombres _ nécessaiement – de l’Allegro, font déjà regretter la fin du voyage – lumineux !

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Mozart
    1-2-3-4

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    Wolfgang Amadeus Mozart(1756-1791)

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    Quatuor pour piano, violon, alto et violoncelle No. 1 en sol mineur, K. 478
    Trio pour piano, violon et violoncelle No. 3 en si bémol majeur, K. 502
    Sonate pour piano et violon [No. 25] en fa majeur, K. 377/374e
    Sonata pour piano No. 4 en mi bémol majeur, K. 282/189g

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    Julien Libeer, piano
    Pierre Colombet, violon
    Máté Szücs, alto
    Eckart Runge, violoncelle

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    Un album du label harmonia mundi HMM902699

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    Photo à la une : © DR

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    Mozartiennement vôtres…

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    Ce jeudi 3 avril 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa