Auteur/autrice : francislippa

  • Bohuslav Martinů au pinacle : ses 6 symphonies sublimement interprétées par les Bamberger Symphoniker dirigés par un Jakub Hrůša en état de grâce…

    C’est un Bohuslav Martinů (Policka, 8 décembre 1890 – Liestal, 28 août 1959) porté au pinacle que viennent nous merveilleusement apporter ses 6 symphonies (H. 289, de 1942, H. 295, de 1943, H. 299, de 1944, H. 305, de 1946, H. 310, de 1946 et H.343, de 1951-53 – toutes composées aux États-Unis – ) telles qu’elles sont sublimement interprétées par les Bamberger Symphoniker dirigés par un Jakub Hrůša en état de grâce, en le coffret de 3 CDs Deutsche Grammophon 486 7810 « Bohuslav Martinů – The Symphonies – Bamberger Symphoniker -Jakub Hrůša » qui vient tout juste de paraître…

    …

    Cette sublime interprétation a été immédiatement saluée par la rédaction de l’excellent Crescendo Magazine le 15 mai dernier au sein de son article « 5 albums pour passer la semaine : García-Tomás, Martinů, Elgar — et deux escales argentine et française » :

    …

    « Voilà l’événement martinůien que l’on attendait – probablement – . Jakub Hrůša, l’un des grands chefs tchèques de sa génération – oui ! – , livre avec son fidèle Orchestre Symphonique de Bamberg une intégrale des six symphonies qui pourrait bien faire date– absolument ! – . On y retrouve la nervosité rythmique, les couleurs ambrées des cuivres, ce climat si singulier – mais oui ! – — entre mélancolie morave et fièvre américaine des années d’exil — qui fait toute la singularité – voilà : adorable… – de Martinů. Hrůša ne se contente pas de bien faire : il pense ce cycle dans sa continuité dramaturgique, d’une Première encore néoclassique à une Sixième fantasmagorique – somptueuse ! – . Une intégrale à placer aux côtés des grandes références« …

    …

    Et au sein de l’article « Music forever » de Jean-Pierre Rousseau, le 19 mai, cette rubrique très justement intitulée « Bain de jouvence » :

    …

     

    Quelle vraiment – mais oui ! – bonne idée – elles sont rares en ce moment chez les « majors » ! – que cette nouvelle intégrale des symphonies de Martinů proposée par Jakub Hrůša à la tête de son orchestre de Bamberg. A ajouter dans ma discothèque aux versions de Neeme Järvi (aussi avec Bamberg !) – je la possède aussi – , Václav Neumann (avec l’orchestre philharmonique tchèque) et Jiří Bělohlávek(avec le BBC Symphony), et à bon nombre de versions éparses (Karel Ančerl, Walter Weller, Martin Turnovský, Charles Munch et Wolfgang Sawallisch pour la 6e symphonie)« …

     

    …

    …

    Avec ici ce bien trop bref coup d’oreille à cette trop courte vidéo-ci, pour vous faire une toute petite idée…

    Ainsi que ce podcast-ci…

    …

    Un vrai bain de jouvence, en effet,

    et pour un compositeur, Bohuslav Martinů, que j’apprécie vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup…

    …

    Ce jeudi 21 mai 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La passion-combat vital d’éditer de Colette Lambrichs , en ses Editions du Canoë : un artisanat capital non capitalistique…

    Vendredi 15 mai dernier est paru, dans le Courrier de Gironde, un admirable entretien de l’éditrice des Éditions du Canoë Colette Lambrichs, avec Bernard Cattanéo, que, à l’occasion d’un échange amical de courriels, m’a très opportunément adressé, au passage – immense merci à lui pour ce royal cadeau ! – , l’ami René de Ceccatty, qui, en réponse à ma question concernant ses présentes activités, évoquait le pauvre sort de ses récentes publications, « Les Trois vies d’Hector Bianciotti » aux Éditions Séguier, et « Un Jeune homme étonné : critiques, entretiens et portraits« , un choix réalisé et préfacé par René de Ceccatty, aux Éditions Gallimard,

    un entretien magnifique de pertinence,

    dont je retiens surtout ces lucidissimes mots-ci, dont les enjeux éminemment concrets me paraîssent absolument essentiels pour nos vies mêmes, au quotidien :

    …

    C’est donc Colette Lambrichs qui parle d’or ici :

    …

    « Plus les années s’accumulent, plus je pense que l’art et la poésie sont ce qui compte vraiment – voilà ! – dans l’existence. Ils occupent donc une place – tout à fait – première dans mes choix – d’éditrice – de publication, mais comment parvenir à les faire exister – concrètement et avec le plus d’efficience possible – dans le monde mercantile – généralisé : voilà ! – où nous vivons ? » – la réponse est : sous forme de livres effectivement publiés pour être vraiment lus par des lecteurs vraiment attentifs, et passionnés à leur tour… Je pense ici au terrible mot de Nietzsche en son formidable chapitre « Lire et écrire«  d’ « Ainsi parlait Zarathoustra«  : « De tout ce qui est écrit, je ne lis que ce quelqu’un écrit avec son sang. Ecris avec ton sang, et tu verras que le sang est esprit. Il n’est guère facile de comprendre le sang d’autrui : je hais les oisifs qui lisent« …

    …

    « Je cherche à faire percevoir – très effectivement, donc – ce qui me touche et m’intéresse, et à quel moment – le plus opportun possible – publier le livre pour que celui-ci soit lu, entendu » – car c’est bien de la transmission d’une voix (d’un auteur), par l’écrire, le publier (un éditeur), puis le lire (un lecteur), qu’il s’agit en pareille entreprise éditoriale, telle que celle des Éditions du Canoë, sises, depuis le Covid, à Bourg-sur-Gironde…

    …

    « Le métier d’éditeur ne peut être qu’artisanal – voilà ! éminemment personnel… – et indépendant – des puissances d’argent et de pouvoir – pour être créateur, stimulant, dérangeant – non dérangeant, le livre sera vain… C’est un métier magnifique quand il aide – voilà – à donner une voix – un peu plus largement audible, et à distance géographique – , une visibilité – une lisibilité effective en l’occurrence, par le livre publié, donné ainsi à partager, à écouter un peu finement par l’oreille du lecteur éloigné… – à des talents qui sont ensevelis – noyés, aujourd’hui – sous les feux – aveuglants, éblouissant les yeux – de la propagande et de la publicité idéologique, politique, tendance que consolident tous ceux qui considèrent le livre, à petite ou grande échelle, comme un produit, un objet de consommation éphémère – promis la très grande majorité des temps à obsolescence rapide – qui ne laisse pas de traces dans les consciences » – scandaleusement superficialisées et abêties, totalement décérébrées qu’elles sont, par les rouleaux compresseurs massifs de la crétinisation omniprésente, des divers divertissements..

    …

    …

    J’y joins ici le bref mot de réception par courriel d’un confrère éditeur compétent, Jean-Paul Michel, en réception de mon envoi de cet entretien si lucide de Colette Lambrichs :

    « Un grand MERCI, Cher Francis, pour m’avoir transmis cet excellent entretien. Comment n’en approuver pas tous les termes ?« …

    …

    Ainsi que ce mot de réception de Colette Lambrichs elle-même à mon courriel la remerciant de son si beau constat de situation :

    …

    « Merci, cher Francis, de votre commentaire sur l’entretien donné à « Courrier de Gironde ».

    Merci aussi de le mettre sur votre blog.

    La littérature, la musique, la peinture, n’ont jamais intéressé les foules que longtemps après leur apparition dans le public. De ce point de vue, le monde n’a pas changé…

    comme dit notre ami René, « continuons le combat ».

    Amitiés
    Colette« …

    …

    Oui,

    nous avons plus que jamais aujourd’hui besoin de partager ce que nous livrent encore quelques vraies voix, en un monde qui court, tête baissée, à bride abattue, et panurgiquement – décérébré qu’il est par la très efficace crétinisation galopante des effarants divertissements d’infantilisation en tous genres – , à l’abîme de la catastrophe généralisée de la déshumanisation acculturée…

    …

    Ce mercredi 20 mai 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • De l’impact profond de suicides de proches (une mère, un frère…) dans l’oeuvre de cinéma de l’immense Marco Bellochio : « Fais de beau rêves », « Marx peut attendre », etc… Une sublime lucidissime sobriété..

    Ayant poursuivi mon visionnage – passionnément admiratif ! – de films de Marco Bellochio : après – et cliquez ici sur les liens pour les regarder à votre tour… – « L’enlèvement« , « Esterno notte« , « Marx peut attendre » et « Buongiorno, notte« , j’ai découvert hier l’impressionnant lui aussi et intensément bouleversant, en toute sobriété, « Fais de beaux rêves« , d’après le récit autobiographique de Massimo Gramellini « Fai bei sogni« , paru en 2010, chez Longanesi à Milan – « Fais de beaux rêves, mon enfant » est paru en 2013 chez Robert Laffont – ,

    et prends clairement conscience de l’importance et du profond impact de suicides de proches (la mère, Giuseppina Pastore, de Massimo Gramellini, qui s’est défenestrée, dans le superbe « Fais de beaux rêves » de Marco Bellochio, en 2016 ; son propre frère jumeau, Camillo Bellochio, qui s’est pendu, dans le bouleversant « Marx peut attendre » de son frère Marco, en 2021), dans l’œuvre de cinéma du très grand Marco Bellochio…

    …

    Marco Bellochio est un immense cinéaste, sobre, du tragique – avec cette plutôt intrigante question subsidiaire : pourquoi la critique ne le reconnait-elle pas vraiment, cela, ou du moins pas assez ?

    Bellochio dérange-t-il encore trop ?..

    …

    Re-Regarder aussi, à nouveau, son très riche entretien, perspicace et passionnant, à Paris en 2023, avec Olivier Père…

    …

    Ce mardi 19 mai 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Je me souviens… : je me souviens de Felicity Lott chantant sublimement le 20 mai 1992 dans les grandes caves du Château Mouton Rothschild…

    Apprenant avant-hier matin le décès de Dame Felicity Lott (Cheltenham, 8 mai 1847 – Cheltenham, 15 mai 2026) – par Jean-Pierre Rousseau, « Les bonheurs de Felicity Lott (1947-2026)« , par la rédaction de Crescendo-Magazine « Dame Felicity Lott (1947-2026) : une grande dame du chant s’en est allée« … – ,

    je me souviens avec la plus vive émotion – admiration ! – du sublime concert qu’elle avait donnée lors du Mai Musical de Bordeaux de 1992, c’était le 20 mai, dans les grandes caves du château Lafite-Rothschild, dans le Médoc : il y aura exactement 34 ans dans deux jours, c’était hier…

    …

    Une artiste et une personnalité rayonnante,

    qui parlait aussi ce merveilleux français qu’elle avait même un moment enseigné, comme le rappelle un opportun communiqué d’hommage de l’Opéra national de Paris :

    « La soprano britannique entretenait avec la France une relation profondément affective. Après des études de français – voilà – au Royal Holloway College de Londres, elle choisit de passer une année universitaire près de Grenoble comme assistante d’anglais dans un lycée – à Voiron. C’est là qu’elle s’inscrit au Conservatoire de Grenoble et rencontre la professeure Elisabeth Maximović, qui décèle chez elle un talent rare et l’encourage à devenir chanteuse » – voilà, voilà…

    Et « Dame Felicity Lott porta le répertoire français – oui – avec une diction incomparable, une sensibilité unique et un amour sincère de la culture française – oui, oui, oui – qui lui valurent, tout au long de sa carrière, l’admiration fidèle – et plus qu’amplement méritée ! – du public français« …

    …

    Ré-écoutons-la donc ici dans ce magnifique « Hôtel » de Poulenc et Apollinaire, avec le piano de Graham Johnson…

    …

    Ce lundi 18 mai 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa