Auteur/autrice : francislippa

  • Un tout premier regard, inaugural, sur « Un Soldat indien », troisième volet (aux Editions du Canoë) des essais de récits presque autobiographiques de René de Ceccatty ; au final de ma première lecture de cet opus…

    Après l’admirable « Enfance _ dernier chapitre » _ aux Éditions Gallimard en 2017 ; cf mon article du 12 décembre 2017 : « « … _,

    puis le passionnant « Mes Années japonaises«  _ au Mercure de France en 2019 ; cf mon article du 22 avril 2019 : « « … _,

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    paraîtra le vendredi 4 février prochain, aux Éditions du Canoë, le troisième volet de ce que je me permets de qualifier d’ « essais de récits presque autobiographiques de René de Ceccatty« ,

    intitulé « Le Soldat indien« ,

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    que très aimablement m’a adressé l’éditrice, Colette Lambrichs…

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    La cohérence du projet d’écriture

    _ mais il faudrait remonter beaucoup plus haut que 2017 : dès les tous premiers livres publiés par René de Ceccaty, aux Éditions de La Différence (dont Colette Lambrichs a été la directrice depuis 1976) : l’encore expérimental « Personnes et personnages« , en 1979 ; et l’extraordinaire chef d’œuvre qu’est « Jardins et rues des capitales« , en 1980, tous deux très justement qualifiés de « récits«  (et au pluriel, les deux fois : ce n’est pas anodin) _

    de René de Ceccatty est absolument patente,

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    ainsi que l’indique ce passage de l’Avant-Propos à ce « Soldat indien« , à la page 12,

    concernant la forme à donner, par l’auteur, à sa volonté claire et forte de « résurrection d’une figure _ certes tout à fait _ mineure du passé » _ tant historique que familial, c’est aussi à relever _ telle que celle de son lointain ancêtre (Quingey, 15 février 1724 – Salins-les-Bains, 3 février 1784), Léopold Pavans de Ceccaty _ accompagné des figures non moins négligeables de son épouse Marie-Jeanne Lenoir (Pondichéry, 2 décembre 1741 – Salins-les-Bains, 1835), et leurs enfants survivants : Jeanne, Marie-Anne (nées, toutes les deux, en Inde, en 1759 et 1764) et Julie-Dorothée et Alexandre-Louis (nés, eux à Salins-les Bains, Jura, en 1773 et 1778) Pavans de Ceccatty _ :

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    « Cette figure, je n’ai pas voulu, comme on aurait été en droit de s’y attendre de la part d’un écrivain, lui donner une forme biographique, ni une forme romanesque. J’ai voulu l’aridité _ voilà ; mais pas si aride que cela ; que l’on se rassure ! tant est riche de mille nuances de sensibilité comme d’intelligence l’écriture si vivante, en sa sobriété (et culture éclairante), de l’auteur… _ d’un récit qui ne cache ni ses manques ni ses difficultés à faire renaître un homme obscur« , lit-on page 12.

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    Et l’auteur de préciser à la page suivante :

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    « Faute d’archives plus directes, je me suis reporté sur l’Histoire de la Compagnie des Indes _ le soldat Léopold a en effet séjourné quatorze ans en Inde, du 8 septembre 1757, quand il débarque à Pondichéry, jusqu’en 1771, quand « Léopold et sa famille retournent en France« … _ et celle de Pondichéry, sur celle des guerres _ en Europe comme aux Indes _, sur celle du procès de Lally-Tollendal, et sur différentes œuvres littéraires (de Voltaire, de William Thacckeray _ « Mémoires de Barry Lyndon« , en 1843 _, de Bernardin de Saint-Pierre _ »Voyage à l’Île de France, à l’île Bourbon et au cap de Bonne-Espérance« , en 1773  _, de Judith Gautier _ « La Conquête du Paradis« , en 1887 -1890 _, que je cite çà et là dans une bibliographie finale).« 

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    Et René de Ceccaty d’ajouter aussitôt :

    « Comme cela m’est arrivé plusieurs fois dans d’autres livres, j’ai eu surtout recours à des œuvres picturales. Ici pour imaginer les derniers jours _ en France, et dans le Jura _ de Marie-Jeanne Lenoir, la veuve de Léopold, et de ses deux filles _ toutes les trois nées en Inde. Trois tableaux m’ont servi de fils conducteurs.

    Une œuvre de Johann Zoffany, Colonel Blair with his Family and an Indian Ayah. Johann Zoffany est célèbre pour ses conversation pieces, tableaux de famille dans un intérieur _ cf déjà la présence de Johann Zoffany dans le très beau roman « L’Hôte invisible« , en 2007. IL a vécu en Inde à la même époque que mon ancêtre et a donc représenté un militaire qui était le double parfait de Léopold, avec sa femme, ses deux filles et la petite servante indienne.

    La deuxième œuvre est celle de Nicolas-Bernard Lépicié, autre contemporain vivant dans le Jura, lui aussi auteur de conversation pieces _ cf le superbe film de Visconti, « Conversation piece« , en 1974 _, comme le Portrait de la famille Leroy.

    Enfin, la troisième est de Gustave Courbet qui vivait dans la même région que Léopold. Il s’agit du Ruisseau du Puits Noir dans la Vallée de la Loue.

    (…)

    La rêverie finale _ fictive _ sur le tableau qu’auraient fait ensemble Nicolas-Bernard Lépicié et Johann Zoffany, et sur la mort de Marie-Jeanne, et plus tard d’Anjali, l’ayah ramenée des Indes, est la seule partie imaginaire _ voilà _  de ce livre, qui ne se veut pas romanesque _ surtout pas _, car son sujet, loin d’être l’incarnation _ réalisée _ d’un passé qui a laissé peu de traces, est au contraire l’effacement _ rendu, avec une sobre piété filiale, manifeste _ de figures vouées à l’échec et à l’oubli.

    (…)

    Je n’ai _ ainsi _ pas voulu romancer une histoire à partir de traces si rares, tant dans des papiers familiaux que dans des registres d’état-civil conservés aux Archives d’Outremer, à Aix-en-Provence. L’hôtel familial acquis par Léopold à Salins-les-Bains à son retour, a été transformé en gîte de luxe, l’Aristoloche, nom dérisoire qui dit _ ironiquement _ tout.

    Ni éclat, ni silence, tel a été mon choix _ parfaitement assumé par le récit. Beaucoup de dates, beaucoup de noms, qui jalonnent cette promenade dans le passé et lui donnent une allure, sinon une garantie, d’objectivité.

    Les êtres qui vivent dans mon imagination _ au fil de ces pages _ sont ceux dont je ne sais rien d’autre que ce que ces artistes m’ont permis _ en figurant de fidèles analogues _ de connaître _ en leur fugace et tremblante vérité. Anjâli est le seul nom inventé, les autres désignant des personnages de l’Histoire et de la mienne« .

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    Le reste de mon aperçu de lecture-relecture est donc à suivre…

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    Ce lundi 24 janvier 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Se réjouir au « Miroir de peine » d’Hendrik Andriessen, sur des poèmes de Henri Gheon, par Roberta Alexander et David Porcelijn…

    Un double CD Brilliant Classics (96105), intitulé « Miroir de peine _ Orchestral Music & Concertos« ,

    donne à écouter un merveilleux « Miroir de peine« ,

    du compositeur Hendrik Andriessen (1892 – 1981), sur un poème de Henri Gheon (1875 – 1944),

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    par la _ magnifique ! _ soprano Roberta Alexander, et le Netherlands Radio Chamber Orchestra, sous la direction de David Porcelijn :

     

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    une splendeur d’œuvre

    comme d’interprétation !!!

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    Ce dimanche 23 janvier 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Première approche du « Qui t’aime ainsi » d’Edith Bruck (1959) : le terrible récit d’une assez effroyable survie, dans le Reich, en Hongrie, ainsi qu’ailleurs aussi ; juste avant son écriture, surtout en Italie…

    Ce matin, j’ai pu me procurer l’exemplaire du « Qui t’aime ainsi » d’Edith Bruck (Points, en une traduction de Patricia Amardeil), que j’avais pris soin de réserver avant sa parution.

    Le texte original de « Chi t’ama cosi » est paru aux Edizioni Lerici au tout début de 1959 ; et sa traduction en français _ reprise aujourd’hui en édition de poche en Points _ est parue en 2017 aux Éditions Kimé.

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    Avant de découvrir les 123 pages _ de la page 13 à la page 136 _ de ce récit-témoignage de 1959 _ et pas seulement, loin de là, sur la vie dans les camps de l’Allemagne nazie… _ ,

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    j’ai pris soin de lire les 4 pages de présentation de l’ouvrage, intitulées « À corps et âme perdus« , sous la plume de Philippe Mesnard ;

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    et les 20 pages de « Notice historique« de Jean-François Forges, qui concluent cette édition _ de 2017, reprise en 2022 _, en fournissant quelques utiles repères géographiques et historiques de ce parcours de difficile survie _ pas seulement au sein des lager nazis en 1944-1945 ; ni de son retour terriblement déceptif et amer en Hongrie en 1945… _ d’Edith Bruck, de sa naissance au village hongrois de Tiszabercel, le 3 mai 1931 _ et pas 1932, comme l’écrivait alors Edith Bruck : ses récits (et entretiens) ultérieurs ont, depuis, rétabli l’année exacte  de sa naissance  _, et son installation à Rome _ en 1954 _, où elle put terminer en 1958-1959 la rédaction, en italien, de ce récit de si difficile et amère survie…

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    Demain, je lirai le texte d’Edith Bruck, de 1959…

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    Ce samedi 22 décembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Edith Bruck : « Cara mamma, a 90 anni posso dire : ho dato un senso alla mia sopravvivenza »…

    À propos de mon dossier « Edith Bruck« ,

    cet article-ci dans le Corriere della Sera

    de ce 21 janvier 2022 :

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    Edith Bruck: « Cara mamma, a 90 anni posso dire : ho dato un senso alla mia sopravvivenza »

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    di Alessia Rastelli

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    In occasione del Giorno della memoria, 7 ha intervistato la scrittrice sopravvissuta, quand’era appena 14enne, a sei diversi lager nazisti _ Auschwitz, Dachau, Kaufering, Landsberg, Bergen-Belsen, Christianstadt, et Bergen-Belsen, à nouveau. La sua testimonianza e tutta la sua vita sono lo sforzo «di rendere rielaborabile ciò che non lo sarà mai». Il racconto dai giorni di morte al premio Strega Giovani e alla visita di Papa Bergoglio

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    La scrittrice Edith Bruck, 90 anni, nata a Tiszabercel, in Ungheria, e naturalizzata italiana, nel soggiorno della sua casa, a Roma (foto Ada Masella)

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    « Racconta. Non ci crederanno ma tu racconta, se sopravvivi racconta anche per noi ». È la fine di marzo del 1945 e una giovanissima Edith Bruck, non ancora quattordicenne, arrivata a Bergen-Belsen dopo una marcia disumana, si sente rivolgere questa preghiera da parte di altri prigionieri : compagni in fin di vita che lei stessa è costretta a trasferire nel Todzelt, la tenda della morte. Edith promette, e mantiene la parola. « Finché riuscirò, continuerò a testimoniare », assicura ancora oggi, novantenne, ricordando quel giorno a Bergen-Belsen, nel sesto lager in cui era stata trasferita dopo la deportazione ad Auschwitz. Nell’aprile del 1945, la liberazione. Ma tornare alla vita non è semplice. Si sposta tra l’Ungheria, dove è nata in una famiglia ebrea, la Cecoslovacchia, Israele, per poi stabilirsi in Italia nel 1954. Svolge diversi lavori, cameriera, ballerina, direttrice di un istituto di bellezza, fino a quando non diventa scrittrice, poi poetessa, traduttrice, autrice teatrale, sceneggiatrice, regista di film, e intanto moglie e zia amata. Eppure, dice, « non ero più quella di prima e non lo sono mai tornata ».

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    IL 27 GENNAIO 1945 L’ARMATA ROSSA LIBERA IL CAMPO NAZISTA DI AUSCHWITZ. DAL 2005, A LIVELLO MONDIALE, IL 27 GENNAIO SI CELEBRA IL GIORNO DELLA MEMORIA PER NON DIMENTICARE L’OLOCAUSTO E I MILIONI DI VITTIME CHE PRODUSSE

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    Per tutta la vita la sua opera è testimonianza, e in fondo lo sforzo estremo, disperato, per lei « gonfia di parole » di rendere rielaborabile ciò che non lo sarà mai. Edith Bruck parla con 7 dalla casa di Roma _ Via del Babuino, 72 _, in occasione del Giorno della Memoria, il 27 gennaio, mentre torna in libreria la Lettera alla madre scritta nel 1988 (una nuova edizione da La nave di Teseo, che pubblica anche gli altri titoli citati in questo testo).

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    Sua madre morì dopo l’arrivo ad Auschwitz. Vi separarono, e non la vide mai più.

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    La copertina di « Lettera alla madre » di Edith Bruck

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    « Ricordo che, scesa dal treno, ero letteralmente aggrappata alla sua carne. Un soldato mi sussurrò di spostarmi a destra, il che voleva dire una possibilità di sopravvivenza perché la fila di mia madre andava dritta alla camera a gas, ma noi non lo sapevamo. Insisteva, mamma si inginocchiò implorandolo di lasciarle almeno l’ultima dei sei figli. Furono colpi su colpi finché, ferita all’orecchio, mi ritrovai a destra ».

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    Visceralmente unite, ma diverse. Sua madre era molto religiosa, severa, lei era « la figlia più piccola che osava pensare, dubitare ». Nella nuova introduzione al libro, scrive: « Adesso sei tu che potresti essere mia figlia e potrei sgridarti io ». È stato possibile ricomporre nel tempo, dentro di sé, il rapporto con una madre persa ad Auschwitz ?

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    « Il libro è una sorta di dialogo postumo. Quando eravamo a Tiszabercel, il villaggio in cui sono cresciuta, mi sembrava che la mamma parlasse più con Dio che con noi figli. Non ci baciava, non ci coccolava. Io facevo qualsiasi cosa per una carezza. Oggi posso capirla. Lottava come una leonessa per vestirci, per sfamarci, e l’amore era l’ultima cosa. Eravamo poveri, e i poveri non hanno tempo. Divenne affettuosa quando ci portarono via ».

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    « SCESE DAL TRENO, ERO AGGRAPPATA ALLA CARNE DI MIA MADRE. UN SOLDATO MI SUSSURRÒ DI SPOSTARMI A DESTRA. LEI ANDAVA ALLA CAMERA A GAS »

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    Una foto della famiglia Bruck prima della deportazione nei lager : da sinistra il fratello Laci, la mamma Berta, le sorelle Adele e Magda, ed Edith

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    Il 20 febbraio del 2021 ha ricevuto la visita di Papa Francesco. E sempre nell’introduzione scrive a sua madre : « Se tu ci avessi visti, cos’avresti detto ? ».

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    « Quella visita è stata molto importante. Altri predecessori di Papa Francesco avevano chiesto perdono, ma lui è venuto a casa. Mi chiederò sempre cosa avrebbe pensato la mamma. Lei credeva profondamente nella religione ebraica. Io, invece, certo che sono vicina al popolo al quale appartengo, ma ho una mentalità più universale ».

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    Incontrò i pontefici Wojtyla e Ratzinger. Che ricordo ha ?

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    « Vidi Giovanni Paolo II il 13 aprile 1986 a Roma, quando per la prima volta un Papa entrò nella Sinagoga. Ero emozionatissima, mi aspettavo verità mai sentite. Mi strinse la mano, mi disse : “ Piacere di conoscerla ”. Restai un po’ delusa. Quando invece venne Benedetto XVI sembrava come congelato, probabilmente da tedesco era in imbarazzo ».

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    Edith Bruck con Papa Francesco durante la visita a casa del febbraio 2021

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    Lei conclude il romanzo autobiografico Il pane perduto, finalista allo Strega 2021, con una « Lettera a Dio ». « Io » dice « che ho sempre scritto d’un fiato giorno dopo giorno, ora improvvisamente mi fermo con la mano sospesa e lo sguardo fisso sul vuoto, è nel vuoto che Ti cerco ».

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    « Papa Francesco ha approvato quella “Lettera”, spiegando che Dio è una ricerca continua. Per me la fede è l’amore per il prossimo, chiunque sia. È condivisione, è accoglienza. Mia mamma diceva: se qualcuno bussa alla porta, aprila. Mio padre donò l’unico cappotto a un uomo più povero. Dal mio punto di vista, non vai in chiesa e poi dici che i migranti possono affogare ».

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    « PRIMO LEVI MI CHIAMÒ 4 GIORNI PRIMA DI MORIRE. “ ERA MEGLIO AD AUSCHWITZ ”, DISSE. FORSE PER LA PRIMA VOLTA FECE UN VOLO LIBERO »

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    Una giovanissima Edith Bruck. Nel 1944, a neppure 13 anni, viene deportata ad Auschwitz e poi in altri lager. Nell’aprile del 1945 viene liberata a Bergen-Belsen (foto Istituto Luce/Contrasto)

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    In Lettera alla madre cita un amico scrittore, « il testimone più ascoltato, amato stimato letto ».

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    « Primo Levi mi chiamò al telefono quattro giorni prima di morire. Era depresso, cercai di consolarlo. “Era meglio ad Auschwitz” mi disse “adesso non c’è più speranza”. Da qualche tempo si era operato, assisteva la madre cieca. E lo angosciava il negazionismo. “Ti rendi conto” esclamava “negano già ora che siamo in vita”. Io sono tra chi crede si sia suicidato. Quando seppi che era morto, mi arrabbiai. Come se non avesse avuto il diritto di togliersi la vita, perché apparteneva alla storia. Forse per la prima volta fece un volo libero ».

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    Come trasmettere la memoria ? Come diventare messaggeri ?

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    « A volte vado nelle scuole con il cuore pesante ma quando esco potrei volare, perché vedo che c’è risposta. Ai ragazzi servono difese per il futuro. Quando non ci saranno più i testimoni toccherà agli storici e agli insegnanti. Non sarà facile perché si stanno già allungando le ombre del fascismo, dell’antisemitismo, del razzismo ».

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    Che effetto le ha fatto vedere i no green pass a Novara vestiti da deportati ?

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    « È stato orribile, una coltellata. Episodi del genere dovrebbero preoccupare tutti, non solo i sopravvissuti. Così come altre cose che accadono : le manifestazioni di Forza Nuova, le bandiere con la croce uncinata, il negazionismo. Non sono frutto di improvvisazione, c’è la destra dietro, anche se si comporta come se non la riguardasse ».

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    « Mussolini ha ancora la cittadinanza e invece non viene concessa ad Adele Di Consiglio, scampata alla barbarie nazifascista ». Con questa motivazione lo scorso novembre lei ha rifiutato il Premio della Pace del comune di Anzio.
    « Se andassimo a scavare, troveremmo cittadinanze al Duce in tantissimi centri d’Italia. Dopo quel “no”, spesso ora mi chiedono lettere per denunciare casi simili. Ma di nuovo mi domando: perché non si mobilitano anche altri cittadini ? È importante che tutti facciano la loro parte ».

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    L’Italia non ha elaborato il suo passato ?

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    « Nessun Paese l’ha fatto. L’unica che ci ha provato è stata la Germania. Purtroppo le mostruosità stanno tornando. Pensiamo ai profughi lasciati morire al confine con la Polonia. O alla mia Ungheria, prima fascista, poi comunista, ora sotto Viktor Orbán. Spesso gli individui vanno dietro a chi domina in quel momento. Non sembrano avere imparato dagli errori, e io davanti a questo mi smarrisco ».

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    Edith Bruck nella sua casa romana (foto Ada Masella)

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    L’Unione europea nacque come sogno di pace dopo la Seconda guerra mondiale. Ci crede ancora ?

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    « Ahimè vedo molto nazionalismo. Perché, ad esempio, dire “prima gli italiani” ? Nessuno dovrebbe venire prima di un altro. E bisognerebbe amare il proprio Paese con lucidità, non ciecamente. In nome della patria sono morte milioni di persone. Io la parola “patria” neanche la userei. Si potrebbe dire semplicemente “amo il mio Paese”. Tutti i Paesi sono belli, invece si diffonde l’odio ».

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    Dilaga anche online. Tra chi ne è stato colpito c’è la senatrice a vita Liliana Segre, sopravvissuta ad Auschwitz, che a novant’anni ha voluto promuovere proprio una Commissione contro l’istigazione all’odio.

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    « Quando la insultano è come se insultassero me. Mi identifico. E non solo con lei. Mi identifico anche se l’odio si riversa contro qualcuno perché è straniero o fa parte di una minoranza. Conosco Liliana, ma noi sopravvissuti non parliamo tra noi di deportazione. Ognuno ha il suo vissuto, a seconda della propria sensibilità, persino della classe sociale ».

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    Lei scrive che essere nata povera l’aiutò a sopravvivere.

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    « La fame, il freddo, le malattie ci decimavano e l’avere già sperimentato una vita dura aiutava a resistere. Inoltre le donne si rivelarono più forti. Quando c’era la selezione, ad esempio, per mostrarsi più in salute si pizzicavano le gote o se le cospargevano di acqua e fango. Gli uomini furono meno in grado di gestirsi. La cultura che li aveva coccolati, con mogli e madri al loro servizio, li rese inermi ».

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    Fuori dal lager, tornare alla vita non fu facile.

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    « Dopo la guerra nessuno voleva ascoltare. Tutti dicevano che anche loro avevano sofferto. Ci sentimmo rifiutati, spazzatura ».

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    Lei provò a trasferirsi in Israele.

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    « Mia madre mi raccontava della Terra promessa, era la fiaba più bella. Arrivai in Israele, in uno Stato neonato, nel 1948. Neppure lì ascoltavano. Volevano una generazione forte, che non strisciasse contro i muri. Soldati, perché eravamo in guerra. Invece noi eravamo avanzi dei lager, inseguivamo un sogno ma la realtà come un colpo secco ci fece ritrovare nei campi di transito, in fila per il cibo. Io non ce l’ho fatta, anche se mi dispiace ».

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    Cosa pensa di Israele oggi ?

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    « Vorrei ci fosse la pace con i palestinesi. Vorrei che raggiungessero a tutti i costi la convivenza reciproca ».

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    « L’AMORE PER NELO NON È DIMINUITO. PER ME LUI C’È. LA COSA PEGGIORE FU QUANDO MI CHIESE : “CHI SEI ?”. L’HO CURATO PER 10 ANNI, È STATO BELLO »

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    Edith Bruck con il marito Nelo Risi, poeta e regista, scomparso nel 2015. Edith arrivò in Italia nel 1954, a 23 anni. A Roma, conobbe Nelo. Nel 1959 fece il suo esordio da scrittrice con « Chi ti ama così » (foto Giuliano Benvegnu)

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    Nel 1954 arrivò in Italia. Prima Napoli, poi Roma, dove incontrò il regista e poeta Nelo Risi.

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    « Mi innamorai subito. Era sensibile, con il mio stesso impegno civile : trovai una parte di me in lui. Ricostruii una famiglia, anche con sua madre, con il fratello Dino. Nelo aveva tanta pazienza ma forse gli ho detto troppo, troppe volte. Quando ci diedero lo sfratto, piansi per tre settimane. Mi rassicurava : “Vogliono solo aumentare l’affitto”, ma nemmeno lui poteva capire fino in fondo. Nella testa risentivo i gendarmi che in Ungheria gridavano “fuori”… ».

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    Nelo Risi è morto nel 2015. Era malato di Alzheimer. « Io sono io e te » gli ha scritto in Ti lascio dormire , una lettera postuma del 2019.

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    « Il mio amore non è mai diminuito. Per me lui c’è. La cosa peggiore fu quando mi chiese : “Chi sei ?”. Lì forse mi sono sentita di nuovo, per un attimo, un numero nei lager. L’ho curato da sola per oltre dieci anni. So che posso sembrare pazza, ma sono stati i più belli della mia vita. Non sono mai stata così necessaria, mi sentivo pienamente ripagata ».

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    Il ministro della Salute Roberto Speranza l’ha chiamata a far parte della Commissione per la riforma dell’assistenza agli anziani.

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    « Partecipo volentieri. Vorrei che da anziani si potesse restare nelle proprie case il più a lungo possibile. Altrimenti ci si spegne in fretta ».

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    Come vive la pandemia ?

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    « Ho pianto quando ho visto i camion con le bare. In quei giorni c’era un silenzio assoluto, che mi ha ispirato la raccolta di poesie Tempi . E tra gli aspetti di sofferenza di oggi, c’è anche il freddo elenco dei numeri. Ovviamente Auschwitz non è paragonabile, ma un essere umano non è un numero, è un mondo. Servirebbe parlare diversamente della morte ».

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    La scrittura, in italiano, l’accompagna da oltre sessant’anni. Come si svolgono adesso le sue giornate ?

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    « L’italiano mi ha difeso, mi ha tenuto un po’ a distanza, l’ungherese era troppo doloroso. Oggi riesco ancora a scrivere a mano ma, per alcuni problemi di vista, non posso battere a macchina né trascrivere sul pc. Mi aiutano Olga Ushchak, la donna ucraina che dopo la scomparsa di Nelo è rimasta con me come una sorella. E alcuni amici, come Michela Meschini, dell’Università di Macerata, alla quale il destino mi ha unito qualche anno fa ».

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    Il 2021 è stato il secondo anno del Covid ma anche quello in cui Sergio Mattarella l’ha nominata Cavaliere di Gran Croce, in cui è stata finalista allo Strega e ha vinto lo Strega Giovani e il Viareggio-Rèpaci per la narrativa.

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    « Sono contenta soprattutto che il libro sia stato letto. Elisabetta Sgarbi pubblicherà tutti i miei titoli, ed è questo che conta: che i volumi vivano ».

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    Da ragazzina avrebbe voluto « riparare il mondo ». Pensa di averlo fatto almeno un po’ ?

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    « Sicuramente ho compiuto il mio dovere e questo ha dato un senso alla mia sopravvivenza. Entro i miei limiti e possibilità, spero di avere contribuito a migliorare qualcosa. Da parte di tutti, ogni goccia di bene  è importante perché, come ci siamo detti con Papa Francesco, il mare immenso è fatto di tante infinite piccole gocce ».

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    À suivre…

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    Ce vendredi 21 janvier 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa