Auteur/autrice : francislippa

  • Comparer les Ensembles Voces Suaves et La Compagnia del Madrigale dans leurs interprétations, en 2021 et 2025, des sublimissimes Madrigaux de Giaches de Wert (1535 – 1596)…

    Comparer les Ensembles Voces Suaves (en 2021) et La Compagnia del Madrigale (en 2025) dans leurs interprétations respectives sur CDs – le CD Arcana A536 « Giaches de Wert – Versi d’Amore – Late Madrigals ans Canzonette » de Voces Suaves, enregistré Riehen du 2 au 6 juillet 2021, et le CD « Giaches de Wert – Nono Libro de Madrigali – 1588 » de la Compagnia del Madrigale, enregistré à Cumiana  du 30 juin au 3 juillet, puis le 3 octobre 2025 – des sublimes Madrigaux de Giaches de Wert (Wert-Bornem, 1535 – Mantoue, 6 mai 1596),

    voilà ce que m’a donné l’idée du ravissement profond pris à l’écoute enchantée – cf mon article du 26 avril dernier « Une nouvelle splendide et stupéfiante pépite de La Compagnia del Madrigale, le merveilleux CD « Giaches de Wert – il Nono Libro de Madrigali – 1588 » : une musique et une poésie célestes…« … – du sublimisime – mais oui !!! – CD Glossa GCD 922813 « Giaches de Wert – il Nono Libro de Madrigali – 1588« , sur des vers ici – en ce Nono Libro – de Pétrarque (1304 – 1374), par la toujours aussi merveilleuse (!!!) Compagnia del Madrigale, fondée en 2008 ;

    et qui m’a conduit à dénicher bien vite dans les rayons de mon disquaire préféré le CD Arcana A536 de Voces Suaves que je ne m’étais pas procuré à sa parution en 2022, en dépit de l’article pourtant élogieux « Madrigaux tardifs de Giaches de Wert, somptueusement sculptés par Voces Suaves » de Christophe Steyne, publié le 27 février 2023 sur l’excellent site du Magazine Crescendo…

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    Or, la comparaison à l’écoute de ces deux interprétations des Madrigaux de Giaches de Wert est cruellement sans appel !

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    Et, à défaut de pouvoir comparer ici les deux  interprétations du sublime « Mia benigna fortuna e ‘l viver lieto » (Nono Libro, VII, de 1588) présentes en ces 2 CDs – respectivement plage 5 du CD des Voces Suaves (6′ 27) , et plage 7 du CD de La Compagnia del Madrigale (6′ 01) – ,

    voici, d’une part, une vidéo (de 3′ 14) de la Canzonette (de 1589) « Voglia mi vien » par Voces Suaves ;

    et d’autre part, une vidéo (de 4′ 54) du Madrigal (de 1586) « Misera non creda« , par La Compagnia del Madrigale…

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    En cet incomparable merveilleux (!) répertoire des Madrigaux de la Renaissance italienne, il nous faut bien, à nouveau, faire le constat que les interprètes italiens, et tout spécialement les superlatifs (!) chanteurs de La Compagnia del Madrigale de Giuseppe Maletto, ne sont décidément pas surpassables…

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    Ce vendredi 1er avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La clarinette tendrement mélancolique de Nicolas Baldeyrou dans un Mozart doucement désolé : un CD proprement déchirant…

    C’est dans un Mozart doucement désolé que nous amène et promène la clarinette tendrement mélancolique de Nicolas Baldeyrou – né à Paris le 31 mai 1979 – en son assez singulier (!) CD Alpha 1243 « Mozart – Complete Works with clarinette vol. 2 on period instruments«  – enregistré à Wuppertal en février 2025 – , avec ses excellents compères Gabriel Pidoux, au hautbois, David Guerrier, au cor, et David Douçot, au basson, et avec le soutien de la Kölner Akademie dirigée par Michael Alexander Willens,

    dans la « Sinfonia Concertante » en mi bémol majeur KV. 297B (composée à Paris en 1778), et le « Concerto pour clarinette » en la majeur KV. 622 (composé en octobre 1791, quelques semaines seulement avant la mort du compositeur), de Mozart, avec de très prenants Adagios : proprement déchirants…

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    Pourquoi pas ?..

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    Écoutez donc ceci…

    Et puis cela…

    Et en contraste intéressant, cela…

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    Et je rappelle ici pour mémoire – et continuité – mon article en date du 15 mars 2025 consacré au précédent double CD Alpha 1040 « Mozart – Complete Works with Clarinet Vol.1 on period instruments » de Nicolas Baldeyrou : « Un nouveau splendide CD Mozart à la clarinette, après les récents CDs de Pierre Génisson et Patrick Messina : un magnifique double CD Alpha 1040 de Nicolas Baldeyrou, comportant tout spécialement la sublimissime « Gran Partita » KV. 361, intitulé « Mozart – Complete Works with Clarinet Vol.1 on period instruments », ou la proximité immédiate sensible du bonheur…« …

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    Ce jeudi 30 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une promesse magistralement tenue : la magique sensibilité de Ksenia Kouzmenko à son piano en son CD « Flowers We Are » pour honorer l’anniversaire des 100 ans de son ami György Kurtag…

    C’est une promesse magistralement tenue que celle de la sensibilité proprement magique, à son piano, de Ksenia Kouzmenko vient présentement nous offrir en son CD Cobra Records 0100 « Flowers We Are«  – enregistré à Schiedam du 20 au 22 octobre 2025  – , réalisé pour honorer en pure beauté l’anniversaire des 100 ans de son ami – depuis leur toute première rencontre l’été 1997 au Festival de Tanglewood où elle interpréta devant lui son « Grabstein für Stephan«  en tant que membre de l’Orchestre du Festival… – György Kurtag (né à Lugoj le 19 février 1926)…

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    Ce CD que, sur la foi du passionnant article du Magazine Crescendo, en date du 9 avril dernier, et sous la plume de Jean Lacroix, « Pour les 100 ans de György Kurtág, Ksenia Kouzmenko lui offre un bouquet multicolore« , j’avais très vite commandé à mon disquaire préféré, et qui vient de me parvenir : c’est un somptueux bouquet artistement composé de 38 petites merveilles savamment réunies et merveilleusement interprétées par Ksenia Kouzmenko, pour mettre en valeur 21 pièces très brèves portant toutes des noms de fleurs (dont 7 précisément intitulées « Flowers We Are« ) de György Kurtag, que voici :

    « All in a Garden Green » de Willial Byrd, « The Budding Lilies » et « The Reeds » (de 1722) de François Couperin, « Trockne Blumen » (de 1823) et « Heidenröslein » (de 1815) de Franz Schubert, « Fantasy on The Last Rose of Summer » (de 1827) de Felix Mendelssohn, « Why are the Roses so Pale ? » (de 1837) de Fanny Hensel, « The Silent Lotus Flower » (de 1843) de Clara Schumann, « Blumenstück » (de 1839) de Robert Schumann, « To a Violet » (de 1868) de Johannes Brahms, « Song of the Roses » (de 1896) d’Agathe Backer-Grondahl, « Bluebell » (de 1916) de Jean Sibelius, « Bluebells » (de 1908) de Selim Palmgren, « Narcissus » (de 1910) de Mel Bonis, « Lotus Land » (de 1905) de Cyril Scott, et « Daisies » (de 1916/1924) et « Lilacs » (de 1902/1914) de Sergei Rachmaninov… 

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    Pour les 100 ans de György Kurtág, Ksenia Kouzmenko lui offre un bouquet multicolore

    par Jean Lacroix
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    Flowers We Are… Œuvres pour piano de György Kurtág (°1926) et d’Agathe Backer Grøndhal (1847-1907), Mel Bonis (1858-1937), Johannes Brahms (1833-1897), William Byrd ((1540-1623), François Couperin (16668-1733), Fanny Hensel (1805-1847), Felix Mendelssohn (1809-1847), Selim Palmgren (1878-1951), Serge Rachmaninov (1873-1943), Franz Schubert (1797-1828), Cyril Scott (1879-1970), Clara Schumann (1819-1896), Robert Schumann (1810-1856) et Jean Sibelius (1865-1957).

    Ksenia Kouzmenko, piano. 2025. Notice en anglais. 75’ 36’’. Cobra Records 0100.

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    Le 19 février dernier, György Kurtág célébrait son siècle d’existence. Pour l’occasion, la pianiste Laurence Mekhitarian proposait un récital que nous avons chroniqué ce jour-là. Il consistait en une sélection des Játékok du Hongrois, entrelacée avec les neuf pièces des Waldszenen de Schumann et trois extraits du cycle Sur un sentier recouvert de Janáček. Cet hommage était original ; celui que propose la pianiste Ksenia Kouzmenko, née à Minsk en Biélorussie, l’est tout autant. Cette artiste, pour fêter elle aussi le centenaire, adopte une voie différente de celle empruntée par Laurence Mekhitarian : elle a choisi le langage des fleurs, chez Kurtág et chez quinze autres compositeurs/trices, selon le même principe de l’entrelacement – voilà ! – entre les divers morceaux choisis.

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    Ksenia Kouzmenko, formée au Conservatoire de sa ville natale – Minsk, en Biélorussie – , puis à celui de La Haye, a suivi plusieurs masterclasses, notamment d’Ivan Moravec, György Sándor, Earl Wild et… Kurtág. Elle est entrée dans la musique de ce dernier en 1997, au Festival de Tanglewood – voilà ! – , en participant, sous la direction de Reinbert de Leeuw, à une exécution de Grabstein für Stephan (1989). Elle a participé ensuite à une masterclass donnée à La Haye par le maître, accompagné de son épouse Márta, et a joué devant lui la Sonate n° 31 op. 110 de Beethoven. La rencontre, dit-elle dans une note, a été chaleureuse et riche en conseils sur l’essence de la musique et la richesse de la sonorité. Des retrouvailles ont eu lieu en 2000, toujours à La Haye, lorsque Ksenia Kouzmenko a joué la partie solo de « … quasi una fantasia… » op. 27 n° 1 (1987/88), toujours avec de Leeuw. Elle a reçu alors des leçons privées des Kurtág. Sur la recommandation du compositeur, elle a interprété cette même œuvre au Festival de Lugano en 2004. Elle précise que ces échanges l’ont marquée et l’ont décidée à rassembler un matériel musical autour du thème des fleurs, destiné au  présent récital, un travail de deux années, suivi d’un enregistrement dans un studio hollandais, à Schiedam, en octobre 2025. Le présent album est son cadeau au centenaire.

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    Un généreux bouquet de 38 pièces constitue ce programme, qui fait, en toute logique, la part belle à Kurtág, avec 21 extraits de ses compositions, toutes très brèves. L’album tire son nom de son recueil « Virág az ember… » (« Flowers We Are… »), inspiré par le sermons d’un poète et pasteur hongrois qui vécut au XVIe siècle et est considéré comme l’un des fondateurs de la littérature de son pays. Kurtág a utilisé ces textes pour la première fois dans son opus 7, The Sayings of Peter Bornemisza, un duo pour soprano et piano, créé en 1968. Ce même thème revient aussi dans le Livre I des Játékok, entamés en 1973. Ksenia Kouzmenko a choisi un florilège de pièces fugaces autour du thème des fleurs, plusieurs portant le titre Flowers We Are. L’une remonte à ses 21 ans, l’année du mariage avec Márta, pianiste disparue en 2019. D’autres sont des « in memoriam », par exemple pour Lutoslawski ou pour l’artiste Árpád Illés (1908-1980). Dans le bouquet rassemblé par la pianiste, ces moments allusifs apparaissent comme des pétales que l’on pourrait cueillir, avec les délicates précautions requises.

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    Pour agrémenter les couleurs de cet assemblage floral qui émet un parfum poétique, Ksenia Kouzmenko a choisi, comme le ferait un professionnel des jardins, un éventail de pièces d’autres compositeurs qu’elle a placées en alternance avec celles de Kurtág. Le parcours va de la Renaissance anglaise (All in a Garden Green de William Byrd) et du Grand Siècle français (Les Lys et les Roseaux de François Couperin) à Serge Rachmaninov (Marguerites op. 38/3 et Lilas op. 21/5), offrant à quinze compositeurs un voisinage proche du Hongrois, dans l’atmosphère ou l’émotion. Vu le nombre de plages, les pièces sont courtes, elles aussi – en effet. On citera notamment, parmi les petites merveilles – oui ! – choisies, les Jacinthes des bois de Sibelius op. 85/5 (1916) ou celles de Palmgren  op. 22/5 (1906), le Pays du lotus op. 47/1 de Cyril Scot (1905), une fleur que met aussi en valeur Clara Schumann  dans son opus 13/6 de 1843, arrangée par Kouzmenko, le Chant des roses op. 39/4  (1896) de la Norvégienne Agathe Grøndhal,  A la violette op. 49/2 (1868) de Brahms, arrangé par Reger, ou les Fleurs séchées (1823) et les Roses des bruyères (1815) de Schubert, revues par Liszt et Cortot. Deux pages plus étoffées, dépassant chacune les six minutes, ajoutent de la fragrance à l’ensemble : la Fantaisie sur une chanson irlandaise « La dernière rose de l’été » op. 15 (1827) de Mendelssohn, et les Blumenstück op. 19 (1839) de Schumann.

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    Le florilège est riche, plongé dans un climat lyrique touchant et spontané, et servi par le jeu fluide, pudique et engagé à la fois – oui, oui : magnifique ! – de la soliste, dont on découvre en même temps un autre talent, celui de photographe. Cet album, dont il faut souligner la jolie présentation, propose en effet un grand nombre de clichés, en couleurs, de fleurs, réalisés par Ksenia Kouzmenko. L’alliance du récital pianistique et de la représentation de la nature est une vraie réussite et représente un cadeau raffiné pour fêter György Kurtág.

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    Son : 8,5    Notice : 10    Répertoire : 10    Interprétation : 10

    Jean Lacroix

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    avec surtout la passionnante contribution de doublement expert – rhumatologue spécialiste des maux des musiciens, et musicien-mélomane – de mon ami Joël Dehais, en réponse à la réception de cet article et au visionnage – précieux ! – de la pourtant trop brève vidéo (de 1′ 33) qui y était insérée,
    avec ces mots si justes de Joël : « Quelle belle ergonomie à l’instrument et quelle sensibilité chez cette pianiste Ksenia Kouzmenko… et quel sens de la forme musicale chez György Kurtàg où tout est dit en si peu de temps !« …
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    Un florilège magnifique, donc, que ce CD « Flowers We Are » en lumineux hommage à György Kurtag pour ses 100 ans !
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    Et une musicienne, Ksenia Kouzmenko, qu’il va falloir très attentivement suivre…

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    Ce mercredi 29 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Disparition du violoniste Günter Pichler, fondateur en 1970, et primarius de 1970 à 2008, du Quatuor Alban Berg : hommage ému…

    La lecture ce matin du Briefing classique de la semaine (paru avant-hier 26 avril) du magazine Crescendo m’apprend le décès – à l’âge de 85 ans – en un accident de voiture survenu le 24 avril dernier dans les environs de Vienne, du violoniste Günter Pichler (Kufstein, 9 septembre 1940 – 24 avril 2026), fondateur en 1970 du magnifique Quatuor Alban Berg, et son primarius de 1970 jusqu’à sa dissolution en 2008…

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    Souvenir ému !

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    Écoutez ici (38′ 39) leur marquant Schubert « La Jeune fille et la mort » enregistré en décembre 1984…

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    Ce mardi 28 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa