Auteur/autrice : francislippa

  • Un remarquable article de Maïa Mazaurette : « Pourquoi les corps masculins sont-ils invisibles ? »

    Un très remarquable _ et passionnant _ article de Maïa Mazaurette

    dans le Magazine du Monde de ce dimanche 5 août :

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    Pourquoi les corps masculins sont-ils invisibles ?

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    Pourquoi les corps masculins sont-ils invisibles ?

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    L’été, les corps nus des hommes sont partout, mais personne ne les voit _ du moins en apparence ; on y fait silence !

    A contrario, celui des femmes est toujours objet de commentaires _ en effet ! _ même sous douze couches de vêtements, remarque Maïa Mazaurette,

    qui invite les hommes à réfléchir à leur propre érotisation _ voilà !

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    LE MONDE | 05.08.2018 à 06h28 |Par Maïa Mazaurette

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    Le corps des femmes avait bien mérité sa trêve estivale, mais manifestement, le sexisme ne prend pas de vacances, et profite du hashtag #jesuiscute pour se poser en terrasse.

    Rappel des faits : la modèle érotique Manny Koshka ironisait la semaine dernière sur la « police des mœurs Twitter » – désignant ces usagers s’improvisant père la morale devant le moindre selfie féminin vaguement dénudé, et dont les recommandations vont du paternalisme (« tu regretteras plus tard ») à la pruderie (« tu en montres trop ») en passant par la protection des mineurs (« des enfants pourraient voir tes seins »).

    Les propos de Manny Koshka ont été relayés par d’autres femmes, qui ont rappelé preuve à l’appui que leur corps leur appartenait et qu’elles ont le droit de le montrer.

    La police des mœurs en question n’a pas tardé à réagir : « rhabille-toi », « t’es une pute », et autres noms d’oiseaux…

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    Mais pendant que Twitter s’écharpe, les hommes exhibent _ oui _ leur torse sur la plage, au sport, dans la rue, au supermarché, lors des festivals, et même sur les réseaux sociaux. Ils montrent leurs fesses en public, pour provoquer ou rigoler. Ils dessinent des pénis sur les murs des bars. Grâce aux hormones/au surpoids/à la gonflette, certains de ces hommes ont des seins. Tous possèdent des tétons. Ces rhabilleurs de femmes ne sont pas les derniers à envoyer des photos de leur sexe à des inconnues (un quart des hommes millenials ont déjà envoyé une dick pic, et plus de la moitié des femmes de cette génération en ont reçu, selon l’institut Yougov en 2017).

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    Corps masculins exhibés mais invisibles

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    A quoi est dû cet aveuglement _ de silence / discours _ sélectif ? La première raison tient de l’homophobie intériorisée _ = inhibée. Nos codes contemporains _ = clichés encouragés et obligés : prescriptifs _ considèrent la séduction comme appartenant aux femmes, par droit naturel _ qui n’existe pas ailleurs que dans l’idéologie. L’art de plaire constitue leur production esthétique exclusive – leur peinture, leur cinéma, leur niche culturelle. Du coup, tout homme s’arrogeant ces compétences « féminines » prend le risque d’être assimilé à une femme, ce qui ferait de lui mathématiquement un homosexuel (si ce raccourci vous semble étrange, bienvenue au club).

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    Ce jugement s’applique avec la même sévérité aux hommes qui cherchent à séduire des femmes avec leur corps. On se moque des « beaux gosses » adeptes de codes ultravirils (gros muscles, gros tatouages), car comme chacun sait, le vrai mâle se contente de séduire par son glorieux intellect. On appelle « frivolité » les savoirs traditionnellement féminins, pour bien délimiter le champ des connaissances légitimes. La parade amoureuse est un truc de gonzesse _ à masquer.

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    Ne pas se soumettre au désir féminin

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    Ce constant rappel à l’ordre porte ses fruits : les hommes font implicitement le choix de se soumettre aux codes du masculin plutôt qu’au désir féminin, quitte à perdre des opportunités sentimentales et sexuelles. Faute de moyens physiques de se mettre en valeur, certains finissent par justifier le harcèlement (il n’y aurait pas d’autre moyen d’attirer l’attention des femmes). Et faute de combattants et de transmission, les compétences esthétiques masculines restent limitées : les rues sont grises, les tenues ternes. On n’essaie même pas.

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    Car dans cet imaginaire masculin curieusement passif, les beaux ont de la chance, les moches manquent de chance. C’est la nature. Y’a rien à faire. Les moins favorisés se moquent avec amertume des mieux lotis, comme ces « incels » (célibataires involontaires) qui appellent les beaux garçons des « Chads ». La tradition féminine, au contraire, considère la génétique comme le début de la conversation. Les femmes peuvent (doivent) toujours faire quelque chose pour s’améliorer (quitte à dépenser des fortunes pour passer sur le billard).

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    Cette attitude repose sur une autre construction intellectuelle : l’idée que la partie serait perdue d’avance parce que les femmes sont le beau sexe, tandis que les hommes seraient laids et/ou hilarants (quoi de plus rigolo que de montrer son pénis ?). En conséquence de quoi toute séduction physique est inutile. Le French lover est mort, s’il a jamais existé en dehors de la littérature. Le corps masculin serait d’ailleurs si peu érotique que les femmes, pas folles, se ficheraient des apparences masculines. Comme le démontre leur consommation de porno gay, de boy’s bands, ou de films avec Brad Pitt ?

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    Cette désincarnation des hommes ne relève pas du simple problème théorique : il s’agit d’une négation quotidienne, rabâchée, harassante, du désir féminin, considéré comme « mystérieux ». Le mystère a bon dos ! Cette indifférence à soi-même se retourne en outre contre ses instigateurs. Elle est au moins partiellement responsable des crashs de libido : en l’absence d’autoérotisation des maris, amants, petits amis, rien ne vient remplacer la passion sexuelle des débuts lorsqu’elle s’essouffle. Or on ne peut pas demander les résultats du désir sans susciter le désir, de même qu’on ne peut pas réclamer plus d’interactions charnelles sans considérer sa propre chair. Ces corps uniformes produisent des lassitudes logiques, des cercles vicieux destructeurs (pourquoi s’embêter quand son conjoint ne fait aucun effort ?).

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    Comble du paradoxe, on a entendu pendant les hautes heures du mouvement #metoo les hommes se plaindre… de ne pas être assez érotisés : « moi, j’adorerais qu’on me harcèle » (à ceux qui ont prononcé ou pensé cette phrase : je vous garantis que non). Du coup, les paresses masculines seraient en fait la faute des femmes (aaaah). Franchement ? Non. Même si les femmes pourraient effectivement investir plus sérieusement le champ de l’érotisation des hommes (par l’art, notamment), c’est aux hommes de faire exister leur corps dans l’espace public. C’est aux hommes de résister contre une forme de sexisme qui sabote leur confiance, leurs opportunités et leur libre individualité. Le moment est parfaitement choisi pour entamer cette révolution : il y a de la place aux côtés des défenseuses de #jesuiscute, et en plus, il fait beau.
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    Ce dimanche 5 août 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

  • Pour le plaisir : Purcell, « Sound the trumpet, sound »

    Ce matin, en route vers Le Pyla,

    sur mon autoradio et France-Musique ,

    Andreas Scholl chantant Purcell :

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    « Sound the trumpet, sound« ,

    de l’Ode pour l’anniversaire de la reine Mary « Come, ye Sons of Art« …

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    Donnée le 30 avril 1694 à Whitehall. 

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    Grande joie.

    Envol.

    Ravissement.

    Ciel bleu et bon matin avant la journée de canicule.

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    Henry Purcell (1659 1695) est du petit nombre des compositeurs vraiment parfaits !

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    Quelle grâce !

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    Ce samedi 4 août 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

  • Dans les Goldberg, et au piano, une très tonique et plus que plaisante Angela Hewitt

    Jusqu’à entendre par hasard _ sur mon autoradio (et France-Musique) en roulant vers Bayonne _ Angela Hewitt dérouler d’excellentes _ mais oui ! _ sonates de Domenico Scarlatti, au piano ;

    puis d’apprécier les deux CDs Scarlatti qu’Angela Hewitt a consacrés à quelques unes de ces sonates _ que j’adore ! _,

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    je n’avais nul tropisme m’incitant à chercher à écouter cette interprète

    _ que j’associais (par préjugé !) à son compatriote canadien Glenn Gould : le roi de l’imposture à mes yeux ; et tout spécialement dans les Goldberg, où il rivalise avec une machine à écrire ! _

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    je découvre le tout récent CD qu’Angela Hewitt vient de donner des Variations Goldberg, de Jean-Sébastien Bach, et toujours au piano ;

    et que je demande à écouter.

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    Et je trouve ça bien : ça chante et ça avance, dans l’élan !

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    Le disquaire propose de comparer cette version piano

    avec une version clavecin, qui paraît aussi cet été :

    celle de Diego Ares.

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    Certes le claveciniste respecte mieux le détail des appoggiatures de la partition.

    Mais sa version est plus lente, moins franche ; pas dans l’allant _ ni l’élan _ de cette sublime musique.

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    Cette version piano des Goldberg par Angela Hewitt n’est peut-être pas _ à la différence des deux versions clavecin de l’ami Pierre Hantaï _ un absolu indispensable !

    mais elle est très très plaisante ;

    et aussi agréable à écouter sur le lecteur CD de la voiture

    que ses deux précédents toniques CDs Scarlatti !

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    Ce vendredi 3 août 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le beau travail de Johannes Pramsohler _ et des disques Audax (suite…)

    Le 28 avril dernier, sur ce blog,

    et à propos du CD Audax German Cantates with Solo Violin (le CD Audax ADX 13715),

    je rendai déjà hommage au très beau travail _ de musicien comme d’éditeur _ de Johannes Pramsohler _ et les disques tout à fait passionnants ! de sa marque Audax _ :

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    La superbe entreprise du violoniste Johannes Pramsohler et des disques Audax

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    Aujourd’hui, 

    c’est au tour du site Res Musica,

    et sous la plume de l’excellent critique _ à l’ouïe très fine _ Maciej Chiżyński,

    de rendre à nouveau, trois mois plus tard, également hommage

    et à la firme de disques Audax _ que dirige ce remarquable musicien qu’est Johannes Pramsohler _,

    et très précisément à ce même CD German Cantates with Solo Violin (le CD Audax ADX 13715),

    par son article CANTATES ALLEMANDES D’AVANT BACH PAR JOHANNES PRAMSOHLER.

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    Voici d’abord quel était le samedi 28 avril dernier mon article La superbe entreprise du violoniste Johannes Pramsohler et des disques Audax

    sur mon blog _ toujours aussi discret sur la page d’accueil Mollat… _ En cherchant bien :

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    Ce n’est pas le premier CD de la marque Audax qui attire mon attention,

    et plus encore me séduit.

    Mais il me faut reconnaître qu’avec le CD German Cantates with Solo Violin (le CD Audax ADX 13715) un nouveau palier de perfection de réalisation vient d’être atteint.

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    Le passionnant programme de ce magnifique CD _ dans le registre de l’intimité d’une foi grave et profonde : voilà ! _ concerne des compositeurs _ décédés en 1697 (Nicolaus Bruhns), 1703 (Johann Christoph Bach I), 1704 (Heinrich Ignaz Franz Biber), 1706 (Johann Pachelbel) et vers 1715 (Daniel Eberlin) _ qui touchent de très près _ sauf peut-être l’autrichien Biber _ la très concrète formation musicale de Johann-Sebastian Bach, né le 21 mars 1685 à Eisenach ; et la ville même d’Eisenach.

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    Magnifique compositeur, Johann-Christoph Bach I (Arnstadt, 6-12-1642 – Eisenach, 31-3-1703) était le cousin germain de Johann-Ambrosius Bach (Erfurt, 22-1-1654 – Eisenach, 22-1-1695), le père de Johann Sebastian ; ainsi que l’oncle de Maria Barbara Bach (Gehren, 20-10-1684 – Köthen, 7-7-1720), la première épouse de Johann Sebastian.

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    Johnnn Pachelbel (Nuremberg, 1-9-1653 – Nuremberg, 3-3-1706) fut organiste une année à Eisenach, en 1677, où Daniel Eberlin dirige la musique de la cour du duc de Saxe ; et où il devient l’intime de Johann Ambrosius Bach ; Eisenach qu’il quitta le 18-5-1678, pour Erfurt _ où il va demeurer 12 ans _, et où il est logé par un autre cousin Bach, Johann Christian I (qui décédera en 1782). Le lien est fort entre Pachelbel et les Bach…

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    Daniel Eberlin (Nuremberg, 4-12-1647 – Kassel, ca 1715) est maître de chapelle à Eisenach de 1689 à 1692.

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    Quant à Nicolaus Bruhns (1665-1697), élève de Dietrich Buxtehude, sa musique fut très tôt connue et aimée et étudiée de Johann Sebastian Bach…

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    Seul le rapport entre Johann Sebastian Bach et Biber (1644-1704) demanderait à être davantage éclairci, dans la mesure où leurs chemins _ à la fois géographiques, si je puis dire, et familiaux… _ ne se sont pas croisés.

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    Bref, un programme aussi passionnant et merveilleux

    que magnifiquement interprété,

    avec une émotion intense somptueusement perceptible.

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    Ce samedi 28 avril 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Et voici quel est ce jeudi 2 août l’article de Maciej Chiżyński sur le site de Res Musica :

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    CANTATES ALLEMANDES D’AVANT BACH PAR JOHANNES PRAMSOHLER

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    CD, Musique d’ensemble

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    Œuvres de Heinrich Ignaz Franz Biber (1644-1704) ; Johann Christoph Bach (1642-1703) ; Johann Pachelbel (1653-1706) ; Nicolaus Bruhns (1665-1697) ; Daniel Eberlin (1647–vers 1715).

    Nahuel di Pierro, basse. Andrea Hill, mezzo-soprano. Jorge Navarro Colorado, ténor. Christopher Purves, basse. Johannes Pramsohler, violon solo et direction. Ensemble Diderot.

    1 CD Audax Records.

    Enregistré en mars 2017 à l’abbaye Notre-Dame de Fontevraud.

    Textes de la notice en anglais, allemand, français et japonais. Durée : 77:40

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    audaxJohannes Pramsohler, à la tête d’un quatuor de solistes et de l’Ensemble Diderot, rend hommage aux cantates allemandes sacrées pour une ou deux voix, violon et basse continue, écrites par des compositeurs nés avant Johann Sebastian Bach, celui qui perpétua le modèle du genre.

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    En parlant des enregistrements consacrés aux cantates allemandes élaborées avant que les premières écritures de Bach aient vu le jour, on pense tout de suite à des projets semblables entrepris jadis par les dignes prédécesseurs de Pramsohler : Reinhard Goebel (et à son disque intitulé De profundis, édité chez Archiv Produktion) et Philippe Herreweghe (Deutsche Kantaten, Harmonia Mundi). Si le fondateur et directeur du Musica Antiqua Köln nous fait percevoir une certaine austérité, voire une sècheresse sonore (pas émotive) des pages abordées, mais également l’une des voix de basse les plus envoûtantes de ce répertoire, le chef gantois offre une vision poétique et humaniste des œuvres interprétées en y apportant – par l’intermédiaire de son chœur – de la luminosité et de l’ardeur.

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    Johannes Pramsohler combine ces deux approches en les enrichissant d’éléments de brio (les nombreux passages pour violon seul) et de couleurs _ voilà. C’est de cette façon que dans les cantates proposées, il cherche (et trouve !) autant de lyrisme que de virtuosité _ oui _, de limpidité narrative que de l’intensité expressive _ absolument. Pour équilibrer ces paramètres, et afin de rendre ces prestations parfaitement cohérentes, il met en lumière la finesse _ oui _ des contours, la douceur _ oui _ des accents et des harmonies, la majesté _ certes _ vocale, de même qu’une bonne dose de ferveur _ oui _ et de tension _ oui _  dramatique, celles-ci résultant particulièrement de la lecture rhétorique du texte et de l’apport émotionnel assuré par les musiciens placés sous sa direction, également ceux du continuo.

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    En ce qui concerne les solistes, la voix de basse de Nahuel di Pierro, satinée et chaleureuse _ oui _, résonne comme une cloche, par la pureté du timbre et le raffinement des phrasés, et en révélant une profondeur _ absolument _ d’ordre spirituel. Celle d’Andrea Hillse fait remarquer par sa légèreté et la délicatesse _ voilà _ des teintes, celle de Jorge Navarro Colorado se caractérise par la netteté _ oui _ et la fermeté de sa ligne de chant, tandis que celle de Christopher Purves – qui n’apparaît que dans la cantate Laetatus sum pour deux basses, violon, trois altos et basse continue de Biber, pour laquelle il se joint à Nahuel di Pierro – déçoit par son manque de relief et d’engagement _ voir mon commentaire tout à fait concordant de cette remarque ci-dessous. Quand au violon solo (construit en 1713 par Pietro Giacomo Rogeri), Pramsohler fait vibrer ses cordes avec aisance, assurance et beaucoup de sentiment _ c’est décisif _, émerveillant par un jeu brillant et énergique _ oui _, au timbre clair et juteux _ c’est cela _, et orné de nombreuses colorations et humeurs _ parfaitement.

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    Voici un excitant voyage au cœur du baroque allemand, pour lequel Johannes Pramsohler et ses camarades nous font découvrir quelques raretés méconnues du répertoire. Le résultat est aussi fascinant qu’aiguisant notre appétit _ mais oui ! _ pour plus d’enregistrements, surtout que l’une des pièces présentées ici se voit immortalisée pour la première fois au disque : la cantate Ich will in aller Not de Daniel Eberlin, auteur oublié – officiellement nommé maître de chapelle de la cour ducale d’Eisenach en 1685, l’année de naissance de Bach –, dont on ne connaît même pas la date exacte du décès

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    Pour, de ma part, ce 2 août,

    cette remarque de détail _ tout à fait concordante avec celle de Maciej Chiżyński ! _

    à propos de la basse Christopher Purves _ interprète d’Arcangelo, que dirige l’excellent Jonathan Cohen _,

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    voir mon article tout récent (de samedi dernier, 28 juillet) :

    Arcangelo et son chef, Jonathan Cohen : suite…

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    Pour poursuivre mes éloges de l’Ensemble Arcangelo et de son chef Jonathan Cohen

    _ cf mes articles récents du 18 avril, 10 juin et 19 juin derniers :

    Un merveilleuxx Magnificat de Jean-Sébastien Bach, par Arcangelo et Jonathan Cohen

    Un chef baroque vraiment épatant : Jonathan Cohen à la tête d’Arcangelo

    et A nouveau Arcangelo et Jonathan Cohen dans de parfaites Leçons de Ténèbres de Marc-Antoine Charpentier… _,

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    je désire signaler

    que ma relative déception _ voilà ! _ à l’égard du CD tout récent Handel’s Finest Arias for Base Voice-2, de l’ensemble Arcangelo et la basse Christopher Purves (un CD Hyperion CDA 68152), enregistré en 2016 et 17, et paru en 2018,

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    est largement compensée par l’écoute _ bien plus satisfaisante _ du premier volume Handel’s Finest Arias for Base Voice par les mêmes interprètes (CD Hyperion CDA 67842),

    enregistré et paru en 2012.

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    Le contraste résulte

    et du vieillissement de la voix du chanteur _ la basse Christopher Purves _,

    mais aussi, probablement, du choix du répertoire interprété :

    une veine lyrique et tendre _ telle celle de Polyphème dans Acis & Galathée _

    lui convenant audiblement mieux qu’une veine un peu plus héroïque…

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    Ce samedi 28 juillet 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Voilà !

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    Ce jeudi 2 août 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa