Auteur/autrice : francislippa

  • Désir de se ressourcer à l’intense poésie sublime de Giovanni Girolamo Kapsberger (Venise, 1580 – Rome, 1651)…

    L’enchantement du CD ECM New Series 2848 487 8234« Libro primo « de Rolf Lislevand – enregistré à Evje, en Norvège, en 2022 et 2023  – , dont a témoigné mon article d’avant-hier 16 décembre « Perfection du CD « Libro primo » de Rolf Lislevand, autour de Kapsberger (Venise, 1560 – Rome, 1651), « Libro primo d’intavolatura di lauto » (Roma 1611) et « Libro primo d’intavolatura di chitarone (Venezia, 1604) : un CD enchanteur…« ,

    m’a très vite fait rechercher et retrouver mon article «Le Kapsberger hyper-intimiste de Jonas Nordberg «  en date du 26 août 2019, consacré au CD Bis 2417 SACD « Giovanni Girolamo Kapsberger – Intavolatura di chitarone «  de Jonas Nordberg – enregistré à l’église de Länne, en Suède, au mois de septembre 2018 – ,

    un CD enchanteur lui aussi…

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    Ma discothèque personnelle comporte pas mal de CDs consacrés à des œuvres de ce compositeur d’exception qu’est Johannes Hieronymus Kapsberger (Venise, 1580 – Rome, 1651), mais il serait bon que je m’enquière de la parution ces dernières années de nouveaux CDs le concernant… 

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    Ce jeudi 18 décembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Admirer le merveilleux « Sur la piste animale » de Baptiste Morizot pour ses analyses ultra-sagaces de la curiosité ardente en ses actes complexes, inventifs et féconds, en situations sur divers terrains de pistage très concrets : Alpes, Rocheuses, Himalaya…

    En son absolument magnifique « Sur la piste animale » paru chez Actes-Sud en 2018, Baptiste Morizot nous offre d’ultra-sagaces aperçus-analyses de la curiosité-pistage en actes – ultra-concrets et très détaillés en leur complexité ultra-nécessaire chaque fois – sur le terrain, et cela quel qu’il soit, ce terrain de recherche-pistage : de loups dans les Alpes, d’ours dans les Rocheuses, de panthères dans l’Himalaya, etc.

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    C’est la citation que le claveciniste magnifique Pierre Gallon a placée en exergue du livret – à la page 4 – de son merveilleux double album L’Encelade ECL 2103 « Bach – Suites françaises«  – cf l’admiration que j’y exprime pour ce CD en mon article « Découvrir et admirer le superlatif jeu de clavecin de Pierre Gallon, dans les Suites françaises de Bach, comme dans celles de Louis Couperin… » en date du 13 décembre dernier – qui m’a fait me précipiter vers ce livre du philosophe que je n’avais pas encore lu jusqu’ici, alors même que nous avions évoqué – je m’en souviens fort bien ! – de faire venir Baptiste Morizot à notre Société de Philosophie de Bordeaux une de ces dernières années – et je ne me rappelle pas, en revanche, pour quelles circonstances cela n’avait pas pu se réaliser…

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    La voici donc, cette incisive et marquante citation-indice : « Nul ne peut exister sans laisser de traces. (…) Le pistage n’est pas une science exacte : c’est une science-action où chaque hypothèse oriente le pas et le regard ailleurs – où elle aiguillonne le désir non de conclure, mais de chercher encore », que l’on trouve à la page 121, au chapitre « L’art discret du pistage« , de ce très riche « Sur la piste animale » de Baptiste Morizot.

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    Voici donc quelques autres passages de Baptiste Morizot que j’ai surlignés à ma première lecture :

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    _ « Vivre, c’est être généreux en signes. C’est donner des signes à tous, à son corps défendant, sans le désirer, sans qu’ils soient appropriables : c’est la définition phénoménologique d’un don pur. Donner et recevoir des signes, en échanger, c’est le fondement et la nature de la grande politique vitale qui tisse les vivants dans la communauté écologique. La pratique du pistage apparaît comme une pratique symétrique du point de vue géopolitique : ce n’est pas seulement lire les signes, mais tout à la fois être lu par d’autres », page 127.

    _ « Le point fixe du déplacement qui caractérise le pistage, c’est le corps : on ne voyage pas hors du corps, et il n’y a personne pour voyager hors de lui. Il n’y a que du corps. Mais ce n’est pas le même corps que celui des naturalistes : le corps-matière véhicule de l’esprit désincarné. (…) Dans la métamorphose du pisteur, ce sont les invites de l’animal dont on hérite, ce sont elles qui nous animent parfois, lorsqu’on s’est rendu assez disponible, lorsqu’on a suffisamment travaillé à sa propre disparition. (…) De telle sorte qu’en toute rigueur, il ne s’agit pas de se déplacer dans l’esprit d’un autre, mais dans son corps : c’est son corps avec ses puissances de voir et de faire propres qui fonde sa perspective sur le monde. (…) Il s’agit d’ »activer en soi les pouvoirs d’un corps différent ». (…) C’est la perspective sur le monde qui se métamorphose, en tant qu’elle est commandée par le corps lui-même, mais en un sens non naturaliste : le corps comme attracteur d’invites spécifiques. Il s’agit « d’activer en soi les pouvoirs d’un corps différent », c’est-à-dire d’accéder aux invites propres à un autre corps. (…) Dans la métamorphose du pisteur, ce sont les invites de l’autre qu’on va chercher. Lorsque parfois cela fonctionne, on voit pour un moment ce col comme le loup le voit, il nous invite en tant que loup, il invite le loup qu’un instant on est devenu. C’est peu spectaculaire, et à visée pratique, mais ça n’en est pas moins intrigant. (…) Le pistage revient à emprunter de temps en temps, et pas à volonté, le corps d’un autre animal qui est une perspective configurant le monde autour. C’est à cause, par, grâce, à partir de son corps qu’un animal (nous compris) déploie une perspective sur le monde qui l’entoure, c’est-à-dire qu’il isole des saillantes, des invites dans les espaces qu’il traverse », pages 130 à 134.

    _ « On pourrait appeler pistage écosensible toute attention d’un vivant aux signes des vivants, à tout indice des structures immatérielles qui les régissent, à toute trace qui les concerne, engage leur manière d’habiter et de cohabiter, et appelle l’enquête. (…) Par pistage, il faut entendre ici toute aptitude à accéder à l’immatériel et à l’invisible structurant des communautés de vie à partir d’éléments empiriques versatiles et invisibles pour d’autres. « Tu ne peux pas exister sans laisser de traces » est la formule magique du pisteur. Elle fait lever les signes. (…) Le pistage (…) transforme l’expérience de la nature () en une immersion avide de signes dans des habitats partagés et enchevêtrés. L’écosensibilité passe par des expériences qui consistent à repeupler des espaces vidés par les présences qui les constituent, les habitent, se lient les unes aux autres , et à soi. (…) L’art du pistage revient à faire lever les peuples invisibles qui habitent avec nous ce monde en décryptant les indices visibles. (…) Pister restitue ici cet état intérieur devenu rare : l’état d’alerte, d’attention flottante et amoureuse à l’égard de l’imprévu. À l’aube, partir juste pour rencontrer, sans savoir qui ni quoi. C’est un nom possible de la vie. », pages 138 à 142,

    tous extraits de ce même formidable chapitre « L’art discret du pistage« .

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    Et aussi :

    _  « La dopamine serait l’hormone, non du plaisir, mais de la quête. Le pistage comme ardente recherche, ce serait l’essence animale de la quête humaine. L’ensemble complexe des émotions d’intérêt, d’anticipation, de curiosité attentive, d’énergie inépuisable, de sensation de flow, serait une exaptation, donc un détournement, d’un circuit cérébral dont la fonction originelle était de nous intéresser immodérément à ce qui était important pour notre survie : suivre et trouver l’animal fuyant. « Nous restons vifs et alertes dans les forêts disparues du monde ». (…) « Être du bond. N’être pas du festin, son épilogue », écrit René Char dans les Feuillets d’Hypnos », pages 185-186, du chapitre final « L’Origine de l’enquête« .

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    Un admirable passionnant – et très poétique aussi – travail de Baptiste Morizot, philosophe dynamique de terrain, né à Draguignan le 26 septembre 1983,

    qui vient éclairer aussi au passage ce que j’ai nommé, d’après Marie-José Mondzain, « Imageance « …

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    Ce mercredi 17 décembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Perfection du CD « Libro primo » de Rolf Lislevand, autour de Kapsberger (Venise, 1560 – Rome, 1651), « Libro primo d’intavolatura di lauto » (Roma 1611) et « Libro primo d’intavolatura di chitarone (Venezia, 1604) : un CD enchanteur…

    C’est la perfection – prise de son comprise ! – du CD ECM New Series 2848 487 8234 « Libro primo » de Rolf Lislevand – enregistré à Evje, en Norvège, en 2022 et 2023 – , autour de Kapsberger (Venise, 1560 – Rome, 1651), « Libro primo d’intavolatura di lauto » (Roma 1611) et « Libro primo d’intavolatura di chitarone » (Venezia, 1604) – sur un archiluth d’Hendrik Hasenfuss, d’après Railich, de 2009, et un chitarrone de ce même Hendrik Hasenfuss, d’après Tieffenbrucker, de 2004… – ,

    qui me fait porter au pinacle cette merveille d’interprétation, enchanteresse, à nouveau – admirez ici ce podcast de 2’00 de la sublime « Toccata terza«  (de 1611, à Rome) qui ouvre le récital de ce CD ; ou bien cette vidéo (officielle) de  la « Passacaglia al modo mio«  de Rolf Lislevand lui-même, d’une durée de 6′ 21 ; ou encore ce podcast de 4′ 08 de la « Toccata prima«  (de 1611, à Rome) ; etc. – , de l’immense – et pas seulement par la taille ! par le talent, par le génie même d’incarnation de la musique à un tel degré enchanteur de perfection !.. – Rolf Lislevand – né à Oslo le 30 décembre 1961…

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    Autour d’œuvres d’une poésie enchanteresse, oui vraiment, de ce compositeur de génie qu’est Johann Hieronymus Kapsberger (Venise, ca. 1580 – Rome, 17 janvier 1651),

    Rolf Lislevand nous donne ici à apprécier aussi en ce récital intitulé « Libro primo« , outre sa propre composition « Passaglia al modo mio« , des pièces de Giovanni Paolo Foscarini (ca. 1600 – 1647), Bernardo Gianoncelli (premier 17e siècle), Diego Ortiz (Tolède, ca. 1510 – Naples, 1576) – extraites de son « Tratado de Glosas« , publié à Rome en 1553 ; écoutez ici le podcast de 1′ 53 de la très belle « Recercada sesta« , publiée à Rome en 1553… – , Alessandro Piccinini (1566 – 1638)… 

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    Un CD enchanteur !..

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    Ce mardi 16 décembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le passionnant CD « Stravagante pensiero – Gesualdo & Napoli » de Rinaldo Alessandrini et son Concerto italiano : enrichir la connaissance sensible du foisonnant contexte musical napolitain autour du génial et si singulier Carlo Gesualdo, prince de Venosa (1566-1613)…

    Le passionnant CD Naïve OP 8677 « Stravagante pensiero – Gesualdo & Napoli » de Rinaldo Alessandrini et son Concerto italiano – enregistré à Ferrare du 15 au 19 novembre 2924  – vient superbement enrichir la connaissance du très riche, foisonnant, contexte musical napolitain autour de Carlo Gesualdo, prince de Venosa (1566-1613), en nous offrant à découvrir une myriade de compositeurs actifs alors à Naples, dans l’entourage de l’immense et si singulier, et génial !, Carlo Gesualdo (Venosa, 8 mars 1566 – Gesualdo, 8 septembre 1613),

    et la plupart d’entre ceux-ci, sinon complètement inconnus, du moins très méconnus, et aux œuvres, pour un bon nombre d’entre elles, jamais enregistrées jusqu’ici  :

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    Scipione Lacorcia (fl. 1590 – 1620),

    Alfonso Fontanelli (Reggio Emilia, 1557 – Rome, 1622),

    Tommaso Pecci (Sienne, 1576 – 1604/1606),

    Vincenzo Macedonio (fl. 1603-1808),

    Ascanio Mayone (Naples, ca. 1565 – Naples, 1627),

    Bernardo Bolognini (Bologne, fl. 1570 – 1605),

    Francesco Genuino (ca. 1580/1585 – après 1633),

    Giovanni del Turco (Florence, 1577 – Florence, 1647),

    Scipione Dentice (Naples, 1560 – Naples, 1633),

    Francesco Lambardi (Naples, 1587 – 1642),

    Crescenzo Salzilli (? – ?),

    Giovanni Maria Trabaci (Montepeloso, ca. 1575 – Naples, 1647),

    Agostino Agresta (ca. 1575/1585 – 1617),

    Antonio Demetrio (16e – 17e siècle),

    Pomponio Nenna (Bari, 1556 – Rome, 1613),

    Ettore della Marra (ca. 1570 – 1634),

    Giuseppe Palazzotto e Tagliava (Castelvetrano, ca. 1583/1587 – avant 1653),

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    D’autres compositeurs présents en ce CD sont mieux connus, et pas nécessairement napolitains, tels

    Luzzasco Luzzaschi (Ferrare, ca. 1545 – Ferrare, 1607),

     Giovanni de Macque (Valenciennes, ca. 1575 – Naples, 1614),

    et Michelangelo Rossi (Gênes, ca. 1601/1602 – Rome, 1656)…

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    Un travail de recherche musicale de Rinaldo Alessandrini, et un CD de son Concerto italiano – constitué des excellents chanteurs Monica Piccinini et Sonia Tedla, sopranos, Maria Chiara Gallo, mezzo-soprano, Andres Montilla, alto, Raffaele Giordani et Roberto Rilievi, ténors, et Gabriele Lombardi, basse – , absolument passionnants, je le souligne,

    permettant de mieux appréhender à l’écoute – ici cet extrait du madrigal à 5 voix « Crudelissima donna«  de Vincenzo Macedonio, publié à Naples en 1603… – , et avec une très grande finesse, le très riche contexte musical, en majeure partie napolitain, de la création toujours si singulière à nos oreilles de l’astre génialissime qu’est à jamais dans l’histoire de la musique occidentale l’immense Carlo Gesualdo…

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    Un CD original et tout à fait important, par conséquent !

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    Ce lundi 15 décembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa