Catégorie : Arts plastiques

  • Recherches à mener sur l’ascension sociale des Bibal (et Gaudin) à Saint-Jean-de-Luz au XIXe siècle…

    Dans la continuité de mon article d’hier « « ,

    voici ces petites considérations-ci :

    …

    Je me suis procuré ce matin le très intéressant livre « Saint-Jean-de-Luz Architecture La ville-jardin d’Aïce Errota » de Françoise Vigier et Daniel Albizu,
    comportant divers plans datés indiquant, notammentent, des emplacements de maisons ou terrains ayant appartenu à divers membres des familles Bibal et Gaudin…
    …
    …
    Je vais tâcher de rechercher de plus amples renseignements (si possible datés) concernant ces propriétés et leurs propriétaires,
    afin d’en préciser l’historique…
    …
    Sachant que Pierre Bibal (né le 5 septembre 1806, et devenu maître au cabotage) a épousé Victoire Dupous le 26 avril 1843 ;
    et qu’ils ont eu 9 enfants Bibal : de Jean-Baptiste Bibal né le 7 février 1844 (et décédé à Rochefort le 18 février 1871) à Bernardine Bibal (la « Tante Bibi » de la correspondance de Maurice Ravel avec, surtout, sa chère et fidèle amie Marie Gaudin _ cf, parmi quelques autres articles consacrés à la recherche de l’identité de cette mystérieuse « Tante Bibi« , ceux du 10 juillet 2019 « « , ainsi que celui du 12 juillet suivant : « « … _), née, cette Bernardine Bibal, le 22 août 1855 _ soit trois semaines à peine avant le décès de son père, Pierre Bibal _(et qui décèdera, la dernière de la fratrie de ces 9 enfants Bibal, à Saint-Jean-de-Luz le 28 février 1943).
    …
    La mère d’Annette Bibal, Victoire Dupous (née le 9 juin 1822) est donc devenue veuve de Pierre Bibal le 12 septembre 1855 ;
    et est décédée le 16 juin 1903 au 41 rue Gambetta.
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    Mais, de 1855 à 1903, c’est elle, Victoire Dupous, veuve Bibal, qui a été la maîtresse de la maison du 20, puis 41 Grand Rue ; puis 41 rue Gambetta…
    …
    …
    Cependant, c’est dès avant septembre 1855, quand le 12 décède en cette maison son époux Pierre Bibal, comme venait d’y décéder aussi, trois jours auparavant le 9 septembre 1855 sa mère Françoise Benoît, boulangère, épouse de Baptiste Dupous, boulanger – qui, lui décèdera en cette méme maison, devenue toutefois, à son décès le 11 avril 1865, le 41 Grand-Rue – ,
    que la maison du 20 Grand-Rue est la propriété, non pas de la famille Bibal, mais bien de la famille Benoît-Dupous ; et c’est Victoire Dupous qui,  jusqu’à son propre décès – qui surviendra le 16 juin 1903 ; la maison a alors pour adresse 41 rue Gambetta – , est la maîtresse de la maison du 20, puis 41 Grand-Rue ;  puis 41 rue Gambetta
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    Puis, au décès de Victoire Dupous, veuve Bibal, le 14 juin 1903, la propriétaire-maîtresse de la maison Bibal-Gaudin du 41 rue Gambetta, devient sa fille Annette Bibal, épouse d’Edmond Gaudin (marineur) depuis le 27 janvier 1875 – et qui sera sa veuve depuis le 28 décembre 1920.
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    Et c’est toujours en cette même maison Dupous, qu’Annette Bibal et Edmond Gaudin auront, du 19 novembre 1875 au 23 février 1886,7 enfants Gaudin ; dont seuls Charles (19 novembre 1875 – 12 septembre 1910) et Jane (16 octobre 1880 – 28 mars 1979) auront une descendance, Gaudin pour Charles Gaudin, et Courteault pour Jane Gaudin, épouse, le 22 avril 1908, de Pierre Courteault.
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    Annette Bibal, veuve d’Edmond Gaudin le 28 décembre 1920, décèdera, elle, le 21 novembre 1936, en la Villa Mirentchu, rue du Midi. 
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    Ses petits-enfants étant, d’une part, le fils de Charles Gaudin et Magdeleine Hiriart (11 mars 1875 – 19 juin 1968), Edmond Gaudin (30 mai 1903 – 28 décembre 1988) ; et, d’autre part, les deux enfants de Jane Gaudin et Henri Courteault (26 août 1867 – 2 novembre 1937), Pierre Courteault (21 avril 1910 – 15 décembre 2006) et sa sœur Annie Courteault (26 septembre 1913 – 21 août 1994).
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    L’histoire des maisons et propriétés luziennes des Bibal et des Gaudin est, elle aussi, assurément intéressante.
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    Et bien du travail se profile à réaliser à la fois à partir des archives conservées, mais aussi des mémoires personnelles des descendants présents. Et c’est passionnant !
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    Et je comprends que l’importante ascension sociale des Bibal et des Gaudin, suscite la curiosité. 
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    J’ai bien sûr toujours la possibilité de faire un saut à Saint-Jean-de-Luz et Ascain.
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    Avec tous mes remerciements pour ce très bon moment passé hier dans la fraîche Thébaïde askandar,
    Francis Lippa
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    P. s. : 
    en ce moment, et jusqu’au 25 août, a lieu en divers lieux de Saint-Jean-de-Luz, à la Villa Ducontenia ainsi qu’à La Rotonde, une exposition intitulée « Portraits basques » ;
    mais j’ignore si elle comporte ou pas des œuvres de Pascal Bibal (12 juin 1847 – Bilbao, 12 avril 1898) et de son fils Paquito Bibal (Saint-Jean-de-Luz, 17 septembre 1878 – Saint-Jean-de-Luz, 26 mai 1944) _ sur eux et leurs œuvres superbes, cf mon article du 19 décembre 2019 : « « ……
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    Ce vendredi 5 août 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • De premières promesses tenues, en riche suite à « un inattendu coup de fil » reçu le 14 avril 2022 : une rencontre ce matin à Ascain…

    Un précédent article mien, sur mon blog « En cherchant bien« ,

    intitulé « « , en date du 17 avril 2022 _ le coup de fil reçu avait eu lieu le 14 avril précédent, autour de 13 heures _,

    entretenait un vif désir de ma part de rencontrer au pays basque chez lui l’émetteur de ce singulier très prometteur et chaleureux contact…

    …

    Cf aussi mes deux articles du 19 et du 21 avril suivants :

    « « 

    et « « …

    …

    …

    Et voilà qu’un bref séjour de deux jours _ hier mercredi 3 août et aujourd’hui jeudi 4 août _, pour raisons personnelles, à mon domicile de vacances à Saint-Jean-de-Luz,

    m’a donné le vif espoir de l’opportunité de rencontrer enfin, chez lui, en un de ses domiciles de vacances, l’émetteur de ce coup de fil si riche de promesses du 14 avril dernier…

    …

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    Hier donc, je me suis rendu à son domicile luzien,

    où mon correspondant ne se trouvait hélas pas ;

    …

    mais un rapide échange téléphonique avec lui nous a permis d’organiser une entrevue pour ce jeudi 4 août, en sa maison sise en dehors de Saint-Jean-de-Luz, à 10h 30.

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    Notre entretien, très riche et extrêmement sympathique, a alors duré deux pleines heures ;

    …

    et a permis à mon correspondant de me montrer aussi quelques très belles œuvres de son arrière grand-oncle le peintre Pascal Bibal (Saint-Jean-de-Luz, 12 juin 1847 – Bilbao, 2 avril 1898),

    ainsi que d’autres, très belles aussi, du fils de celui-ci, le peintre François-Ignace Bibal (Saint-Jean-de-Luz, 17 septembre 1878 – Saint-Jean-de-Luz, 26 mai 1944) ;

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    de même, aussi, que de très précieuses photos de famille, comportant divers membres des familles Bibal, Gaudin, Courteault,

    ainsi que Maurice Ravel lui-même…

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    Le principal axe de curiosité de mon corrrespondant

    se trouvant être l’histoire de la constitution, au XIX siècle, de la fortune de certains des membres de la famille des Bibal _ et secondairement des Gaudin _ de Saint-Jean-de-Luz…

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    D’où son vif intérêt pour les recherches que j’ai menées et mène sur les sédimentations de leur histoire familiale, et celle des Gaudin,

    où viennent interférer, aussi, divers membres de la famille Delouart, Billac, Hiriart

    ainsi que Maurice Ravel lui-même,

    grand ami de la luzienne Marie Gaudin…

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    Avec de formidables portraits sur le vif de sa part de certains des membres de sa famille,

    avec une très grande lucidité ainsi que franchise, qui me plaisent beaucoup,

     de même que sa très grande ouverture d’esprit, et son humour très fin.

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    Une personne très remarquable, donc…

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    Voilà déjà pour ce soir !

    Et à suivre, bien sûr…

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    Ce jeudi 4 août 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Quelques nouvelles des superbes miniatures italiennes de Bernard Plossu, en conversation discrète avec François-Marius Granet, cet été 2022 au Musée Granet, à Aix-en-Provence

    Très simplement ceci :

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    Les miniatures italiennes de Bernard Plossu

    Bernard Plossu
    …Bernard Plossu
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    Bernard Plossu, Villa Medicis, 2001, collection particulière. © Bernard Plossu.
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    « L’Italie des paysages est ancrée en moi. Depuis toujours, avec une loupe, je regarde les arrière-plans _ voilà ! _ des grands tableaux classiques, les villages, les châteaux, les collines surtout, souvent peintes dans des teintes brunes » écrit Bernard Plossu dans son ouvrage Voyages italiens publié en 2004. L’Italie pour ce photographe né à Đà Lạt, au Sud du Viêt Nam, c’est une histoire de famille qui remonte à loin, « je me sens très italien à cause de la couleur de ma peau et de mes cheveux. » Son arrière-grand-mère était d’Urbino, cette commune où dit-il dans un entretien réalisé par Bruno Ely et publié dans le livre de l’exposition « Plossu – Granet, Italia Discreta » : « je rêve toujours d’aller et ne suis toujours pas allé. »
    C’est en février 1970, à l’âge de vingt-cinq ans et en voiture que Bernard Plossu se rend pour la première fois en Italie. « C’était donc en hiver, il pleuvait à torrents et j’ai attrapé une grippe carabinée à Rome avant d’aller à Pompéi encore sous la pluie. C’était un Pompéi sombre. Il n’y avait personne, j’étais avec une petite amie à l’époque et on nous a ouvert Pompéi et là je me suis dit, là, il se passe quelque chose ! » Avant l’Italie, c’était un peu la famille, mais surtout le cinéma, comme beaucoup de jeunes Français de sa génération, il avait été marqué par les films de Don Camillo.
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    Bernard Plossu, Rome, 1980, collection particulière. © Bernard Plossu.
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    François-Marius Granet, Vue prise à la Villa Médicis, 1er tiers du XIXe siècle, musée Granet, Aix-en-Provence. © Claude Almodovar / Musée Granet, Ville d’Aix-en- Provence.
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    François-Marius Granet, Vue du monastère des Capucins et de l’arbre de San Felice à Tivoli, musée Granet, Aix-en-Provence. © Claude Almodovar / Musée Granet, Ville d’Aix-en-Provence.
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    Bernard Plossu, Florence, 1993, collection particulière. © Bernard Plossu.
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     « Je me souviens être arrivé de nuit à Gênes, et je n’en croyais pas mes yeux de voir sur le port tous les feux allumés – c’était en hiver, les prostituées du port se chauffaient avec des braseros, et tout… On s’est retrouvés là-dedans, j’étais avec ma copine, où dormir ? Je ne m’en souviens plus en fait. » De ce premier séjour, il a quelques images comme une photographie en noir et blanc de Pompéi sous la pluie. Il s’installe ensuite aux États-Unis, sur les hauts plateaux du Nouveau-Mexique pour « un long séjour américain » dont on peut retrouver des images dans l’ouvrage So Long. Vivre l’Ouest américain 1970/1985 publié par les éditions Yellow Now.
    « Je suis retourné à Rome en 1979 en provenance du Nouveau-Mexique. Puis, nouveau séjour romain en 1980. À partir de 1985, j’ai fait au moins une bonne quarantaine de petits séjours partout en Italie, en Toscane, en Ligurie particulièrement. Basé à La Ciotat, je pouvais y aller en voiture ou en train… » Le photographe se prend de passion pour l’Italie. Il se rend partout, « des paysages de montagne près de Cuneo, à la frontière du col de l’Arche, c’était à Chialvetta, jusqu’en Sicile ou en Sardaigne. » Ces séjours italiens, il ne les arrêtera jamais, sauf pendant la période du Covid.
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    François-Marius Granet, Intérieur d’une cour à Tivoli, musée Granet, Aix-en- Provence. © Claude Almodovar / Musée Granet, Ville d’Aix-en-Provence. / Bernard Plossu, Lucca, 2009, collection particulière. © Bernard Plossu.
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    Féru de littérature italienne, Bernard Plossu lit tout, du polar à la poésie, et principalement des auteurs contemporains où un certain « humour italien » lui plaît, « un humour qui touche au drame de la vie et qu’on peut résumer en une expression, quand tu lèves les sourcils : “Ecco !” C’est comme ça ! Et ça, c’est très italien, tu vois : il t’arrive un truc terrible, et tu arrives à le prendre ainsi. » La peinture italienne le captive également : Campigli, Sironi, De Chirico, Melli, de Pisis, Scipione. « Quand je suis en Italie, je vais dans les musées. Dans n’importe quelle ville, je trouve toujours un peintre que je ne connais pas, ou deux ou trois, avec souvent des catalogues à cinq euros parce qu’ils ne sont pas connus et que personne n’en veut. »
    Dans l’exposition « Plossu – Granet, Italia Discreta », les commissaires Bruno Ely et Pamela Grimaud créent des liens _ voilà _ entre les photographies de Bernard Plossu et les peintures de François-Marius Granet. « Deux siècles les séparent, mais deux amis s’étaient rencontrés. » écrit Pamela Grimaud. Peintre emblématique de la ville d’Aix, François-Marius Granet (1775-1849) fut lui aussi inspiré et fasciné par Rome et l’Italie. « L’un et l’autre ont parcouru la campagne romaine, poursuit-elle, happés par la lumière qui anime le paysage contemplé. La qualité de l’espace devant soi, les valeurs de clair-obscur, les rapports du plein et du vide, autant de critères que le peintre et le photographe ont souhaité donner à voir, appareil Nikkormat ou carnet de croquis à la main. »
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    Bernard Plossu, Rome, 1979, collection particulière. © Bernard Plossu.
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    François-Marius Granet, Ruines d’un arc du Colisée à Rome, musée Granet, Aix-en-Provence. © Claude Almodovar / Musée Granet, Ville d’Aix-en-Provence.
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    Bernard Plossu photographie l’Italie en 50mm, « ce qui est l’unité de ton de Corot et des œuvres italiennes de Granet (…) Au 50 mm, c’est impossible de faire de l’effet, il n’y a ni la distorsion du grand angle, ni l’aplatissement du téléobjectif, c’est l’objectif photographique au plus près de l’œil. » Ruelles chargées d’histoire, de culture, de mémoire, paysages suspendus dans le temps, Bernard Plossu travaille principalement en noir et blanc, mais expérimente parfois la couleur à travers le tirage Fresson qui donne un rendu délavé, granuleux, doux et presque poudré à ses images. Une soixantaine de lavis et d’aquarelles du peintre François-Marius Granet sont mises en regard au Musée Granet avec plus de cent photographies de Bernard Plossu, pour la plupart inédites, des petits tirages, « mes miniatures dit-il, (qui) sont sans doute miniatures pour respecter ce côté miniature des fonds de tableaux. Tout d’un coup, je suis en train d’y penser (…) En général, quand on fait quelque chose, pour que ce soit bien, il faut que ce soit plus fort que soi, c’est-à-dire complètement inconscient, et c’est exactement ce qui m’a fait photographier l’Italie. »
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    « Plossu – Granet, Italia Discreta » au Musée Granet, Pl. Saint-Jean de Malte, 13100 Aix-en-Provence, dans le cadre du Grand-Arles Express, jusqu’au 28 août 2022.
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    Plossu – Granet, Italia Discreta est publié par les Éditions Filigranes et le Musée Granet, 192 pages, 29€.
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    François-Marius Granet, Vue du torrent de Santa Scolastica sur le chemin de San Benedetto Subiaco, musée Granet, Aix-en-Provence © Claude Almodovar / Musée Granet, Ville d’Aix-en-Provence.
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    Bernard Plossu, Barga, Toscane, 2009, collection particulière. © Bernard Plossu.
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    Ce samedi 16 juillet 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’enchantement de l’évidence parfaite du « Plossu / Granet Italia discreta » du Musée Granet à Aix-en-Provence (29 avril – 28 août 2022) : un pur classicisme d’images cueillies au vol à la simple croisée de l’éternité…

    D’abord, ce tout simple petit courriel adressé hier samedi 21 mai, à 14 h 17, à l’ami Bernard Plossu :

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    Ce matin, j’ai enfin trouvé ton « Plossu/Granet Italia discreta » chez Mollat.

    Et j’achève à l’instant de le lire et regarder-contempler en entier :
    c’est un chef d’œuvre absolu ! de partaite humilité du regard, d’une tendre et éblouissante évidence sensible, à la fois.
    On dirait que vous vous êtes trouvés, Granet et toi, aux mêmes lieux, à Rome et ailleurs en Italie, et aux mêmes moments _ c’est déjà un peu plus extraordinaire ! _, avec de semblables regards : justissimes ! C’est stupéfiant !
    Mais c’est que tous deux êtes d’un parfait classicisme d’éternité !
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    Francis
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    J’aime beaucoup aussi la simplicité justissime, elle aussi, de l’entretien avec Bruno Ely.
    Bravo, bravo !
    Cette réalisation est splendide !

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    Ensuite, ce très bel article intitulé  » Rome, physica e metaphysica, par François-Marius Granet, peintre, et Bernard Plossu, photographe » _ et cliquer sur le lien précédent pour accéder aux superbes images ! _, de Fabien Ribéry, avec, en vert, de menues farcissures de ma part ;

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    et en parfaite connivence avec mon propre ressenti :

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    Rome, physica e metaphysica, par François Marius Granet, peintre, et Bernard Plossu, photographe

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     le 21 MAI 2022
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     ©Bernard Plossu
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    Il y a actuellement, au musée Granet de la cité romaine d’Aix-en-Provence, une des plus belles expositions qui soient, presque franciscaine dans son dépouillement et sa grâce, Italia discreta.
    Rien de spectaculaire ou de grandiloquent, mais une intimité de conversation et d’évidence _ les deux, en effet ! _ entre les œuvres d’artistes d’époques différentes, le peintre et dessinateur français François Marius Granet (1775-1849) et le photographe Bernard Plossu (né en 1945 à Dà Lat, Vietnam du Sud) passé par nombre de jardins de poussière et la totalité des îles italiennes.
    On a souvent pensé avec lui que Corot était son alter ego, mais Granet, dans ses tableaux de petits formats, est d’évidence de sa famille sensible _ excellente expression.
    La simplicité du principe de l’exposition en fait toute la saveur : faire dialoguer de façon dynamique une soixantaine d’aquarelles et lavis en clair-obscur du peintre aixois, réalisés à Rome et dans ses alentours, avec une centaine de photographies pour la plupart inédites du photographe globe-trotteur – l’empan chronique choisi allant du début des années 1970 à 2017 -, vues similaires ou très proches de celles de son devancier.
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     ©Bernard Plossu
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    La plupart des photographie sont en noir et blanc, mais il y a aussi _ pour mon bonheur ! _ des tirages Fresson – tirage mat au charbon au rendu granuleux très doux – qui sont d’une grande beauté (aucun effet facile de brillance).
    Les deux artistes regardent le paysage romain avec un même sens du silence intérieur, du mystère des petites formes, de la présence structurante du vide _ tout cela est magnifiquement juste..
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    Arts graphique 19è siècle – Collection du Musée Granet
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    Granet et Plossu, qui ont tous deux longuement séjourné en Italie, ne craignent pas la solitude, ni le jeu des ombres tombant sur des ruines, ni la puissance végétale ordonnant les apparences, ni les ciels gris, leurs travaux pouvant être considérés _ parfaitement ! _ comme des études d’après nature.   
    Quelques traits, des ifs, une colline, une villa patricienne ou une ferme, un escalier, une lumière spéciale, nul doute, l’Italie est là, dans sa plénitude, peinte par Granet comme on prend des notes, et photographiée au Nikkormat 50 mm par un artiste adepte des petits formats, des miniatures, lui rappelant, confie-t-il dans un entretien passionnant _ mais oui ! _ avec Bruno Ely, les fonds de tableaux qu’il aime regarder à la loupe.
    Granet et Plossu n’intellectualisent pas, sont simplement là, humblement _ oui, oui, oui ! _, sur le seuil des paysages qu’ils contemplent, comme pour ne pas déranger _ et simplement en passant là, mais sachant saisir d’un simple coup d’œil artisanal (et pudique), la grâce splendide alors croisée et offerte ; c’est tout à fait cela…
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     ©Bernard Plossu
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    « Le paysage italien de Plossu, analyse l’historien de l’art Guillaume Cassegrain, est fait de portes (Granet puise aussi dans cette iconographie de l’hospitalité) qui sont la promesse de choses à voir, « le portail secret de l’initié » [Walter Benjamin]. La porte San Paolo, qui ouvre au sud-est Rome à la mer, avec la pyramide de Cestius à sa marge, au-delà du témoignage d’un monument célèbre de la ville, vaut pour une iconographie de l’entrée et révèle au cœur du paysage sa propre structure d’accueil. Plossu y revient _ de même que Granet : sur les seuils… _ avec ses nombreuses vues à travers une arche, un portique, qui fonctionnent à la manière d’encadrements _ mais oui _ de perspectifs permettant de condenser les rayons du regard et d’intensifier le désir qu’il emporte dans son mouvement de saisie. »
    Passionné de littérature et de cinéma italiens, mais aussi par les peintres peu connus de la « Scuola romana », Bernard Plossu parvient à concilier sobriété et vivacité, culture et malice, mémoire visuelle et disponibilité absolue _ tout cela est parfaitement vu.
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     ©Bernard Plossu
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    « On dit toujours, explique-t-il, qu’il faut rester chez soi quand il fait chaud, moi ça ne me bloque pas. Au contraire, je trouve que ces ombres et ces lumières existent aussi. Dans certains paysages de notre exposition, on trouvera cette lumière crue du milieu de la journée qui n’est pas recommandée en photo mais qui ne me gêne pas, parce qu’elle existe autant que la belle lumière du matin ou du soir. D’ailleurs, je photographie même en dormant ! C’est-à-dire qu’il m’est souvent arrivé de me réveiller et de voir un truc à la fenêtre, une lumière. Je fais une photo et je me rendors. Finalement, mon truc, c’est que je ne peux plus ne pas voir. Donc, qu’il soit midi, avec plein de soleil, ou huit heures du matin, avec une douce clarté, s’il y a une photo, la lumière ne compte plus. Ce qui compte, c’est qu’il y ait une photos, mais pour moi, c’est impossible de dire POURQUOI il y a une photo. A mon avis, aucun photographe ne peut arriver à dire pourquoi il prend cette photo-là. Moi j’appelle ça le mystère de la photographie » _ une expression que pour ma part je prèfère à celle d’ « instinct » du photographe. Le déclic, bien sûr, n’ayant absolument rien d’instinctif…
    On entre en Italie par le Col d’Agnel ou le Col de Larche, on avance d’un pas ferme dans le paysage et pourtant tout est lent, comme suspendu, posé là sans drame.
    Un mot pour désigner Bernard Plossu et François Marius Granet ? La fraîcheur, l’intensité de l’immédiat, la présence comme absolu _ une disponibilité au merveilleux de ce qui se présente, Kairos aidant…
    Tous deux contemplent des paysages, mais ce sont ces mêmes paysages qui les désignent d’abord _ oui : eux se contententant d’y répondre par leur geste sûr d’artisan en toute simplicité.
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    Plossu / Granet, Italia discreta, textes de Sophie Joissains, Guillaume Cassegrain, Paméla Grimaud, entretien de Bernard Plossu avec Bruno Ely, tirages réalisés pour les noir et blanc par Françoise Nunez et Guillaume Geneste et la couleur par l’atelier Fresson, Filigranes Editions, 2022, 194 pages
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     ©Bernard Plossu
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    Catalogue publié à l’occasion de l’exposition éponyme présentée au musée Granet (Aix-en-Provence), du 29 avril au 28 août 2022 – commissariat général Bruno Ely et Paméla Grimaud
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    Arts graphique 19è siècle – Collection du Musée Granet
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    Ce dimanche 22 mai 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa