Catégorie : Blogs

  • La venue de Bertrand Chamayou à l’œuvre musical d’Erik Satie (1866 – 1925) via son affection pour l’œuvre musical de John Cage (1912 – 1992) : une filiation de poiesis musicale splendide… …

    Afin d’approfondir un peu mon article de très grande admiration discographique d’hier concernant l’absolument splendide CD « Letter(s) to Erik Satie » de Bertrand Chamayou, « La mirobolante poésie magnifique d’Erik Satie merveilleusement révélée par le magique « Letter(s) to Erik Satie » de Bertrand Chamayou, il y a un an déjà : Bertrand Chamayou, thaumaturge, révélateur de profonde poésie…« ,

    …

    je désire ce dimanche approfondir la relation d’intense filiation musicale, simplement relevée hier en mon article rapide entre les deux absolument stupéfiants CDs enregistrés au Domaine de Miraval au mois d’avril 2023 par Bertrand Chamayou, l’un à la suite de l’autre, dans la foulée l’un de l’autre : son « Letter(s) to Erik Satie » et son « Cage 2« …

    …

    …

    Car de fait, c’est à partir de sa passion pour l’œuvre musical _ et pas seulement théorique, sur lequel se focalisent presque toujours exclusivement et la critique discographique et l’analyse musicologique… _ de John Cage que Bertrand Chamayou en est venu, sans l’avoir prévu, par un concours heureux de circonstances, à s’intéresser vraiment et profondément musicalement, si je puis dire _ et c’est là son formidable apport ! _, à l’œuvre musical aussi _ et pas simplement anecdotique… _ d’Erik Satie.

    …

    …

    Et cela, pour ma part, en écoutant et ré-écoutant en profondeur, si je puis encore me permettre de si mal dire, les musiques véritablement stupéfiantes, totalement inouies à ce degré-ci de vérité (et éclatante beauté !), d’Erik Satie comme de John Cage aussi splendidement révélées ici en l’interprétation phénoménalement inspirée de  Bertrand Chamayou, à Miraval, ce mois d’avril 2023….

    …

    …

    A cette fin, je me permets de citer ici divers articles _ de Stéphane Friédérich, le 7 janvier 2024 ; de Pierre-Jean Tribot, le 15 janvier 2024 ; de Jean-Marc Petit, le 11 octobre 2024 ; et d’Anne Ibos-Augé, le 3 janvier 2025… _ qui ont déjà un peu balisé le chemin, à l’écoute de ces stupéfiants enregistrments discographiques Satie et Cage de Bertrand Chamayou…

    …

    …

    Et les voici donc, ces quelques articles dénichés, dans l’ordre chronologique de leur publication,

    de janvier 2024 à janvier 2025 :

    …

    …

    Satie et Cage : les descendances (presque) imaginaires de Bertrand Chamayou

    …
    …

    Voici un album imprévu, anachronique même, mais aussi particulièrement bien conçu _ et c’est parfaitement juste. A la question, « de quelle manière Satie influença-t-il les minimalistes américains et l’iconoclaste  ? », nous propose _ par son jeu même au piano _ quelques éléments de réponse.

     

    …

    …

    …Nous sommes habitués à son écriture. Pourtant, à bien y réfléchir, la musique d’ paraît toujours ainsi intemporelle. Humoristique par tempérament, doucement désespérée, nous la réécoutons après quelques temps de sevrage et nous nous interrogeons sur l’époque de sa composition, quelque part entre la Grèce Antique et le minimalisme américain d’aujourd’hui… On peut comprendre que l’œuvre en dérouta plus d’un, jusqu’à Prokofiev affirmant depuis une autre planète sonore, que Satie était un imposteur _ rien moins… Quant à Boulez, il jugea cette musique comme une succession de « pitreries maigrelettes »…

    …

    …

    L’enregistrement de ces pages tendres et religieusement jouées d’un dandy agnostique et pauvre ne peut surprendre venant de , artiste goûtant aussi bien le jeu sur pianoforte, que le décorum de Saint-Saëns, les œuvres de Boulez, Adès et Jarrell. Ces « Letter(s) to  » dont il reconnaît « ne pas avoir su avoir longtemps trop quoi penser de cette musique » s’éclairent _ mais oui : splendidement ! _ aux contacts des expérimentations de Cage qui, comme tout Américain bien élevé, trouva chez Satie, le charme d’un parisianisme délicieusement bohème et tranquillement révolutionnaire. Cage aima Dada et Mondrian, Satie et Joyce pour peu que toute agressivité en soit bannie. Est-ce la provocation si près du vide qui l’attira dans les mélopées des Gnossiennes et Gymnopédies ? Il affirma avec un humour moins pertinent, que « la musique de Beethoven était fondamentalement une erreur et celle de Satie, correcte », justifiant cette opinion par le fait que la musique du second était basée « sur un espace de temps vide dans lequel toute chose devait se produire ».

    …

    …

    remplit aisément ce “vide” et les pièces entrent en résonance dans un ordre d’une ferveur toute énigmatique _ oui, oui. Il faut saluer la continuité du récit, le soin apporté à une narration qui laisse toutefois douter que « Satie soit l’un des pères de l’art conceptuel » selon l’interprète. L’extrême précision du toucher d’un piano bien préparé fige ces morceaux qui (dés)organisent le temps comme l’étonnante Balançoire. Satie ne peut certes se résumer à des successions de facéties sérieuses, quand bien même l’interprète fasse en toute logique l’impasse sur les partitions caf’conc’ les plus montmartroises _ et alors ?… Ce qui interroge, c’est que Bertrand Chamayou ne suggère aucune échappatoire en dehors de la relation Satie-Cage, certes l’objet de l’album, mais ce qui a pour effet de fusionner les deux langages dans une même pâte sonore, comme s’ils devaient nécessairement perdre une partie de leur identité propre _ rien de cela ne me dérange, pour ma part… De fait, certaines pièces portent un costume bien sérieux (Véritables préludes flasques, Tango Perpétuel) quand d’autres tirent parfois vers la monochromie de certains Debussy (Sarabande n° 3). En écho, la musique de Cage semble en quête d’une éternelle jeunesse, soif d’une nouvelle avant-garde (après les avant-gardes de l’après 1945), aux frontières du pastiche satiesque et au prétexte de l’hommage (Dream, All Sides of the Small Stone).

    …

    …

    Les œuvres des deux compositeurs réunis auxquels il faut ajouter le bruitisme de – par ailleurs spécialiste de l’œuvre de Conlon Nancarrow – offrent, dans un voyage intimiste et original, la quête d’un temps suspendu _ oui. Voilà un album qui a le mérite d’élargir _ bien plus que cela : révéler en profonder ! _ notre vision de Satie et de compléter _ l’appréciation est bien chiche… _ la très riche discographie du “Maître d’Arcueil” depuis les témoignages de Francis Poulenc et Aldo Ciccolini, jusqu’à Denis Pascal et Anne Queffélec sans oublier les sommes de Pascal Rogé et Jean-Yves Thibaudet.

    …
    …

    John Cage (1912-1992) : All Sides of the Small Stone, for Erik Satie ; Prelude for Meditation ; A Room ; In a Landscape ; Swinging ; Perpetual Tango ; Dream. Erik Satie (1866-1925) : Gnossiennes n° 1 à n° 7 ; Gymnopédies n° 1 à n° 3 ; Rêverie de l’enfance de Pantagruel ; Véritables Préludes flasques (pour un chien) ; Le Bain de mer ; Nocturne n° 2 ; Sarabande n° 3 ; Songe-creux ; Prélude du premier acte : la vocation ; Le Tango perpétuel ; La Balançoire. James Tenney (1934-2006) : 3 Pages in the Shape of a Pear (in celebration of Erik Satie). Bertrand Chamayou, piano. 1 CD Erato. Enregistré aux studios Miraval à Correns, en avril 2023. Notice de présentation en français, anglais et allemand. Durée : 60:10

     

    …

    …

    Satie et Cage par Bertrand Chamayou

    …

    …
    LE 15 JANVIER 2024 par Pierre Jean Tribot
    …
    …
    …
    …

    …

    …

    Letter(s) to Erik Satie. Oeuvres de John Cage (1912-1992), Erik Satie (1866-1925), James Tenney (1934-2006). Bertrand Chamayou, piano. 2023. Livret en français, anglais et allemand.  70’43’’. Warner classics 505419769442.

    …

    …

    Bertrand Chamayou nous propose une confrontation entre deux compositeurs si proches : Erik Satie et John Cage. Deux compositeurs pour qui l’idée et le concept sont la fondation de l’acte créatif et deux compositeurs qui ont en commun d’être plus commentés _ en effet ! _ que foncièrement joués ou enregistrés tels des noms des Histoires de la musique devant lesquels on s’attarde avec révérence mais sans foncièrement se plonger dans leurs musiques _ oui.  Outre le lien dans la démarche créatrice, les frontières entre les deux musiciens s’imbriquent, ainsi John Cage vouait une immense admiration à Satie au point d’en transcrire pour deux pianos son Socrate.  Pourtant, au disque cette double proposition Satie / Cage reste rare, alors qu’elle est _ ici _ évidente.

    …

    …

    Dès lors, saluons cet album _ bien bas ! _ qui nous permet de suivre la filiation entre ces œuvres avec un programme parfaitement conçu _ oui, et c’est à saluer ! _ qui n’oublie pas les tubes de Satie comme les Gnossiennes et les Gymnopédies. En matière de Satie, il y a souvent deux écoles d’interprétations : les prudes et les entreprenants. Les premiers se réfugient derrière la pureté du concept pour livrer des lectures abstraites et détachées de toute narration, telle une mécanique froide _ oui _ ; les autres tentent de tirer ces partitions vers un monde imaginaire de saynètes plus ou moins inspirées des modèles plus ou moins romantiques _ anecdotiques… Dans les deux cas, c’est assez décevant ou moyennement satisfaisant, comme un verre à moitié vide… Bertrand Chamayou trouve le ton juste entre une retenue qui met en avant la modernité de l’écriture et une palette des couleurs qui suggère des mondes intérieurs _ oui. Une sorte de quadrature du cercle avec ce qu’il faut de subtilités, de parfums, de style ; c’est la simplicité de l’évidence ! _ c’est mieux. Satie est ici Satie : un musicien individuel et foncièrement original qui révèle la force _ et toute la poésie _ de son geste compositionnel.

    …

    …

    Dans Cage, le pianiste est également parfait _ oui _, et sa grande connaissance des répertoires lui permet de varier les touchers et les nuances pour fignoler ces pièces qui avec celles de Satie ont en commun des durées courtes _ oui.

    …

    …

    Les deux univers servent et communiquent dans un dialogue en miroir qui se prolonge avec l’intéressant 3 Pages in the Shape of a Pear de James Tenney, autre compositeur américain admirateur d’Erik Satie.

    …

    …

    Notons que cet album a été enregistré dans le cadre luxueux _ oui ! et cea s’entend magnifiquement  _ du studio d’enregistrement du Domaine de Miraval dans le sud de la France, propriété de l’acteur Brad Pitt. Ce clin d’œil aurait sans doute plus aux deux compositeurs.  Dans tous les cas, le son est fabuleux ! _ c’cst dit !

    …

    …

    Son : 10  Notice : 8  Répertoire : 10  Interprétation : 10

    …

    …

    Pierre-Jean Tribot

    …

    …

    Cage libéré et au carré avec Bertrand Chamayou

    …
    …

    consacre un deuxième album éblouissant _ oui !!! _ à . Une immersion fascinante _ absolument _ dans l’univers sonore _ oui _ du maître du « piano préparé ».

    …

    …

    Après un premier album Letter(s) to Erik Satie, où il faisait se côtoyer les univers iconoclastes du « maître d’Arcueil » et de John Cage,  revient au compositeur américain, avec ce Cage².

    …

    …

    Une immersion fascinante _ oui, oui… _ dans les univers sonores inouïs _ proprement, en effet _ créés par dans les années 1940-1945 avec ces fameux « pianos préparés ». Boulons, vis, morceaux de bois, de caoutchouc, pièces de monnaies, insérés entre les cordes du piano, transforment celui-ci en ensemble de percussions, en gamelan balinais, en balafon africain, voir en synthétiseur avant l’heure _ c’est stupéfiant !

    …

    …

    a sélectionné douze compositions, à l’origine d’un spectacle en compagnie de la danseuse Elodie Sicard, et nécessitant pas moins de quatre pianos préparés sur scène, d’où la signification du titre de l’album, « Cage au carré« . A ce titre, Bertrand Chamayou a respecté l’esprit originel de ces œuvres que a conçu pour des solos de danse, notamment pour Merce Cunningham. Comme expliqué dans l’excellent livret du disque, John Cage a eu l’idée géniale du piano préparé en partant d’une contrainte : ne pouvant installer sur une scène trop étroite l’ensemble de percussions du ballet Bacchanale, il décide de transformer son modeste piano quart de queue en véritable orchestre de percussions _ c’est cela.

    …

    …

    Enthousiasmé _ il y avait de quoi ! L’enregistrement du CD en fait imparablement foi ! _ par les sonorités inouïes _ oui _ qu’il pouvait tirer de ce « piano augmenté » avant l’heure, John Cage a écrit un grand nombre de partitions pour cet instrument aux multiples possibilités.

    …

    …

    Bien loin de l’image du compositeur hermétique, provocateur, conceptuel _ voilà  _ que l’on peut avoir de John Cage, les pièces pour piano préparé sont au contraire _ oui ! _ fascinantes de vie _ oui, oui _, de rythmes, de couleurs, autant de paysages sonores à la poésie irrésistible _ voilà ! _, les rendant très accessibles _ mieux extraordinairement jouissives…

    …

    …

    Bertrand Chamayou est, à ce titre, un fabuleux explorateur _ mais oui : jubilatoire ! _, défrichant et nous ouvrant avec finesse cette fabuleuse jungle sonore _ c’est tout à fait cela : nous nous en délectons avec lui.. Que ce soient les fascinants rythmes primitifs de Mysterious Adventure, la cérémonie Hindoue de The Unavailable Memory, la nuit totale et sans issue de In The Name of the Holocaust, l’horloge détraquée de Root of an Unfocus, la tendresse de A Valentine Out of Season, ou encore cette sensation incroyable d’entendre parler le piano dans Our Spring Will Come.

    …

    …

    Mais s’il ne devait y avoir qu’une seule pièce à découvrir pour le novice, c’est Daughters of the Lonesome Isle. Un prodige d’inventions sonores, où le piano se transforme en xylophone, en balafon, en jouet mécanique désarticulé, en piano bastringue, en orgue de train fantôme… Neuf minutes d’un voyage sonore hallucinant et d’une poésie folle _ absolument !
    Jamais Cage n’aura autant été synonyme de liberté _ et ivresse de beauté…

    …
    …

    John Cage (1912-1992) : Mysterious Adventure, The Unavailable Memory of, Primitive, In the Name of the Holocaust, The Perilous Night, Root of an Unfocus, Daughters of the Lonesome Isle, A Valentine Out of season, Tossed as it is Untroubled, Bacchanale, Our Spring Will Come, And the Earth Shall Bear Again. Bertrand Chamayou, piano préparé. 1 CD Erato. Enregistré le 6 avril 2023 aux Studios Miraval, France. Notice de présentation en français, anglais et allemand. Durée : 68:04

     

    …

    …

    Diapason d’or de l’année pour Bertrand Chamayou

    – Publié le 3 janvier 2025 à 08:00
    Avec pour fil rouge une impeccable poésie _ oui, c’est bien là le mot juste ! _, Bertrand Chamayou imagine une rencontre au sommet entre le maître d’Arcueil et le compositeur américain. Les œuvres de ce dernier font surgir de son piano tout un orchestre, précis, exotique et bigarré. Fabuleux !
    …
    …
    Diapason d’or de l’année pour Bertrand Chamayou

    …

    …

     

    …

    …

    Immense merci à la parfaite sensibilité jubilatoire de Bertrand Chamayou à ses pianos…

    …

    …

    Et en attendant, bien sûr, la prochaine réalisation discographique de Bertrand Chamayou…

    …

    …

    Ce dimanche 5 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une nouvelle amicale contribution, par courriel, d’Eric Rouyer pour faire découvrir et admirer l’œuvre de Valentin Silvestrov, par le témoignage de leur ami Boris Berman…

    En continuation de ma série d’articles de découverte intensément admirative de l’œuvre musical, intensément troublant en sa pudique brièveté des pièces, de Valentin Silvestrov, débutée le 27 décembre dernier,

    …

    voici, ce jeudi 2 janvier 2025, le significatif document « Variations on Nostalgia – Boris Berman plays Brahms and Silvestrov » publié par le Piano Street Magazine en date du 8 novembre 2022,

    que vient de très aimablement m’adresser Eric Rouyer ce matin même :

    …

    https://www.pianostreet.com/blog/albums/variations-on-nostalgia-boris-berman-plays-brahms-and-silvestrov-11940/

    …

    …

    Boris Berman y présente un intéressant panorama du parcours de création de son ami compositeur, entre ses œuvres des années 60, et celles, d’une très intense pudique infiniment touchante intimité _ dénuée du moindre pathos… _, de ses « Bagatelles » depuis le décès de son épouse Larissa Bondarenko, en 1996, en un temps comme suspendu, empreint de douce et réconfortante nostalgie… :

    …

    …

    Valentin Silvestrov: Piano Music

    Valentin Silvestrov was born in Kyiv, Ukraine, in 1937. His music has evolved from an assertive avant-garde – earning him the wrath of the Soviet regime – to a peaceful, intimate, melodic, and tonal style _ voilà. Since 2001, he has composed a multitude of short pieces, forming a “bagatelle epic”, which consists today of more than 300 opuses. When Russia started its invasion of Ukraine, the 85-year-old composer yielded to the pleas of friends and relatives and left Kyiv – where he had lived all his life – reaching Berlin after a perilous journey by car.

    Boris Berman is bound to Silvestrov by a friendship that started at the beginning of the 1960s, _ voilà ! _ when they were both Soviet citizens, and Berman performed the composer’s early Triade _ composée par Silvestrov en 1962… When embarking on an international career that has taken him to all continents, Berman continued to promote Silvestrov’s work. He is pleased that Silvestrov is now played more often, but would like to address the fact that people seem to turn almost exclusively to the late pieces. In order to present a more complete picture, Berman’s album _ le double album PDD030 « Valentin Silvestrov – Boris Berman« … _, due for release in November, offers a panorama of Silvestrov’s evolution during the past six decades, including the premiere recording of Three Pieces written in Berlin in March 2022.

    – You have known Silvestrov for 60 years and you obviously appreciate both his early and new styles. What actually happened when he abandoned his modernist way of composing?

    – This is true, I appreciate both his early and new styles. I feel that ignoring his earlier works makes him a much smaller figure, a mere ‘new age’ composer. Silvestrov himself sees a connection between his avant-garde works and the late ones. I wonder if Silvestrov himself realized that he was making a stylistic turn : let us not forget that after Kitsch Music written in 1977 in the “new” euphonic style, he wrote the modernist 3rd Sonata (1979). It seems that it started as another experimental foray into a new territory, which appeared to open new horizons for him. These are Silvestrov’s own words about the relationship between his avant-garde and latest works : “This was not a break but a transition. In pieces composed after the 1960s, the avant-garde did not disappear, but simply moved ‘backstage’ and permeated the musical texture from within like a grain of salt. The technique of the composer works in a hidden way in the realm of the unseen and unheard. This humility creates its own inner tension.”

    – How would you describe Silvestrov’s late style? What is it that he is trying to achieve through his endless stream of introverted “bagatelles”?

    – Silvestrov’s style of recent years is lyrical, intimate, and introverted _ voilà ; un style qui me touche personnellement très profondément. We can call it nostalgic insofar as it tries, somehow, to awaken his memory – that of his music, that of his life. It’s about the nostalgic attempt to unify life into a whole, which is of course impossible because life goes on and the past cannot return. It’s related to what Proust did in his colossal In Search of Lost Time, but Silvestrov tries to achieve the same thing through pieces lasting two to four minutes _ voilà ; et c’est admirable !

    – Recently, you have given several recitals playing Brahms and Silvestrov side by side. Do you see any connections between the two?

    – I do feel the affinity between Silvestrov and Brahms, both have this special quality of nostalgic introverted understated lyricism _ oui. Silvestrov himself pointed out to me the connection between the third piece of his Kitsch-Musik and Brahms’s E flat Major Intermezzo op. 117 No. 1. On the other hand, the robust impulsivity of the early works of Brahms on my program adds a welcome contrast.

    Boris Berman on Valentin (Valentyn) Silvestrov’s music

    …

    …

    Regardez aussi cette brève vidéo de présentation (de 1′ 31) par Boris Berman …

    …

    …

    Ainsi que cette autre vidéo-ci (d’une durée de 11′ 05) de Boris Berman interprétant « Triade » de Valentin Silvestrov, composée en 1962…

    …

    …

    Ce jeudi 2 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Les aventures d’une oreille (suite) : découvrir et admirer Valentin Silvestrov en 2024, comme avoir découvert et admiré Lucien Durosoir, en 2008 : une modeste contribution à un désembourbement des oreilles…

    Dans mes articles concernant Valentin Silvestrov (et ses splendides « Bagatelles », qui m’enchantent !), je n’avais pas, volontairement, cité Brahms, bien que pensant très fort à ses sublimes « Intermezzi » finaux, 
    alors que j’évoquais, dans mon article un peu de fond en date du 29 décembre «  », le sublime Federico Mompou de la sublimissime « Musica callada », Domenico Scarlatti, Johann-Jakob Froberger, Louis Couperin, et leurs amis luthistes, à diverses époques un peu discrètes et profondes, intensément intimes, de l’histoire de la musique…
    …
    Je n’avais pas non plus cité les merveilleux « Moments musicaux » de Schubert, que beaucoup peuvent relier eux aussi à ces miraculeuses « Bagatelles » de Silvestrov ;
    Brahms et Schubert venant bien sûr très vite ici à l’esprit de nombreux mélomanes ;
    mais probablement un peu moins Mompou, Domenico Scarlatti, Froberger, Louis Couperin, et leurs amis luthistes…
    …
    …
    Et je m’interroge encore :
    pourquoi m’a-t-il fallu attendre le présent saisissant CD « Shostakovich – Silvestrov – Ettore Causa – Boris Berman » pour ressentir cette éperdue admiration envers la musique de Valentin Silvestrov ?..
    Ettore Causa, altiste, est, bien sûr, avec Boris Berman, pianiste, lui aussi magnifique !
    Ce qui m’a permis au moins de revenir écouter, ré-écouter mieux, et admirer avec la justesse qui leur convient, les divers CDs Silvestrov de ma discothèque personnelle…
    …
    …
    Pourquoi Silvestrov n’est-il donc pas aujourd’hui qu’il est vivant et parmi nous, à l’âge de 85 ans, universellement reconnu comme son œuvre le mérite ?..
    …
    …
    En tout cas ces successifs CDs « Silvestrov » du Palais des Dégustateurs (du cher Eric Rouyer) font excellemment leur office pour désembourber quelques oreilles encore un peu trop paresseuses…
    …
    C’est aussi cette expérience-là de « désembourbement » des oreilles, que j’avais éprouvée à l’égard de la musique de Lucien Durosoir à l’écoute elle aussi subjuguée du CD Alpha 125 « Lucien Durosoir – Quatuors à Cordes – Quatuor Diotima », un véritable saisissement, elle aussi,
    comme en témoigne mon article du 4 juillet 2008 « Musique d’après la guerre » .
    …
    Un article qui m’a conduit quelques 30 mois plus tard à Venise au Palazzetto Bru Zane, le 21 février 2011, pour donner deux contributions au beau colloque «Lucien Durosoir, un compositeur moderne né romantique » :
    …
    …
    …
    …
    Ces aventures de l’oreille, une autre expression tombée sous ma plume, assez fantastiques à vrai dire, sont absolument merveilleuses !
    Quelle chance nous avons !
    …
    Et de pouvoir aussi, si peu que ce soit, la partager, cette chance…
    …
    …
    Ce mercredi 1er janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Un cadeau d’Eric Rouyer : une vidéo de Boris Berman présentant, au piano, des extraits de son splendide double CD PDD030 « Valentin Silvestrov – Boris Berman » : l’alchimie étrange des rencontres, au passage toujours furtif de Kairos…

    Voici un lien à cette passionnante vidéo (de 11′ 56) de Boris Berman présentant, au piano, des pièces présentes en le double CD PDD030 du Palais des Dégustateurs intitulé « Valentin Silvestrov – Boris Berman« ,

    enregistré au Couvent des Jacobins, Maison Louis Jadot, à Beaune du 6 au 9 juin 2022 :

    …

    …

    Au plaisir de partager un tel plaisir musical,

    en forme de ponctuation-respiration musicale à mes 4 articles de ces jours-ci, 27, 28, 29 et 30 décembre derniers, consacrés à l’enchantement de ma découverte de la musique de Valentin Silvestrov :

    …

    _ « La magie de l’œuvre pour alto et piano de Valentin Silvestrov sublimement servie par l’alto d’Ettore Causa et le piano de Boris Berman, en un somptueux mélancolique CD « Shostakovich – Silvestrov » du toujours exigeant Palais des Dégustateurs, d’Eric Rouyer : une méditation intense aux franges du silence… » ;

    _ « Avancer dans la connaissance (et la jouissance) de l’œuvre, au moins discographique, de Valentin Silvestrov : une sidération !.. » ;

    _ « Ce que m’apporte la méditation sur les « Bagatelles » (ou « Moments musicaux ») de Valentin Silvestrov dans la préparation de mon entretien à venir mardi 14 janvier prochain, à la Station Ausone, avec l’ami philosophe Bernard Sève à propos de son magistral « Les Matériaux de l’art »… » ;

    _ « Poursuite de mon exploration-découverte des réalisations discographiques d’œuvres de Valentin Silvestrov : le CD Challenge Classics « Valentyn Silvestrov – The Messenger », d’œuvres pour violon et piano, interprétées par Daniel Rowland, violon, et Borys Fedorov, piano…« .

    …

    …

    La question étant :

    pourquoi cet enchantement absolument subjuguant s’est-il produit seulement à la réception et écoute _ sidérée ! _ du CD PDD041 « Shostakovich – Silvestrov » d’Ettore Causa, à l’alto, et Boris Berman, au piano, enregistré au Couvent des Jacobins, à Beaune, du 7 au 9 juin 2024 ?

    …

    Et pas précédemment, comme à l’écoute, aussi, du somptueux magique double CD ECM New Series 1988 « Valentin Silvestrov – Bagatellen und Serenaden« ,

    avec tout spécialement Valentin Silvestrov interprétant lui-même à son piano ses « Bagatellen » (de 2005) à Munich en février 2006 ?..

    …

    Je l’ignore encore…

    Qu’est-ce donc qui vient favoriser, ou pas _ inhiber… _, notre réception d’une œuvre, ou d’une performance ?..

    …

    …

    Une affaire de « moment« ,

    Kairos étant croisé, ou bien retenu, ou bien laissé passer et manquer…

    …

    …

    Rencontrer (ou pas : manquer !) est toujours une alchimie étrange…

    …

    …

    Mais l’avantage d’un enregistrement sur disque, est qu’il demeure disponible, à portée de la main

    et d’une ré-écoute mieux réceptive…

    …

    …

    Ce mardi 31 décembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa