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  • Ecouter l’interprétation des « Miroirs » de Maurice Ravel par Christian Sandrin en son CD « Correspondances »…

    C’est l’article « Nocturnes » que Jean-Charles Hoffelé a consacré, sur son site Discophilia, le 1er août dernier, au CD « Correspondances – Enescu – Ravel – Scott » du pianiste Christian Sandrin, le CD antartica AR043,

    qui a déclenché ma curiosité pour ce CD au point d’en passer commande à mon disquaire préféré…

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    Voici donc cet article :

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    NOCTURNES

    Un lautari mélancolique emplit les premières pages de l’Allegro molto, avant qu’Enesco ne déploie un orage dans la feuillée, puis un oiseau triste viendra chanter, seul dans le jour qui tombe où menace un autre orage.

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    Tout Enesco pourrait être résumé dans ces onze minutes, le ton sombre de sa Première Sonate rappelle qu’il travaillait alors à une partie de l’orchestration de son Œdipe. _ un chef d’œuvre majeur ! Suivra une danse ivre que Cristian Sandrin envole, avant qu’un des nombreux jeux de cloches n’ouvre la divagation d’un Finale où s’infusent les souvenirs sonores d’une enfance entre villages et vallons.

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    Cette cloche obstinée fait un préécho à celle qui résonne aux premières mesure d’Oiseaux tristes, dont Cristian Sandrin, dans un clavier immatériel, augmente les mystères. Belle idée de faire succéder ces Miroirs antérieurs de dix ans à l’opus d’Enesco, qui les a entendus à Paris et les révérait. Sous les doigts de ce jeune pianiste roumain, les Noctuelles sont idéalement spectrales, La Barque sur l’océan sur le fil d’écume, et pour l’Alborada il se souvient du geste impeccable et du tempo fixe choisi par Dinu Lipatti : son phrasé, sans chercher à le cacher, s’inspire de ce disque justement légendaire. Jeux de timbres à nouveau pour introduire au mirage de La Vallée des cloches.

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    Secret de ce beau pianiste, en plus d’un touché magique, le nuancier raffiné d’une palette de peintre qu’il déploie pour les irisations des Five Poems de Cyril Scott. Quelle belle idée d’adjoindre à Enesco et à Ravel un peu du continent pianistique Scott, si oublié aujourd’hui et qui prolonge les univers de Debussy et de Ravel avec un art inventif, un sens visuel des notes.

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    Magique premier album d’un jeune homme à suivre.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Georges Enesco (1881-1955)

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    Sonate pour piano No. 1 en
    fa dièse mineur, Op. 24

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    Maurice Ravel (1875-1937)

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    Miroirs, M. 43

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    Cyril Scott (1879-1970)

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    Poems

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    Cristian Sandrin, piano

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    Un album du label Antartica Records AR043
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    Photo à la une : le pianiste Cristian Sandrin – Photo : © Yvonne Hartmann

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    Ce mercredi 4 octobre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le bouleversant « Je te laisse dormir » d’Edith Bruck, ou la somptueuse conversation poursuivie – continuée avec Nelo Risi (1920 – 2015), le compagnon de sa vie…

    Ce lundi 2 octobre,

    achèvement de ma deuxième lecture bien attentive du « Je te laisse dormir » (2017-2018) d’Édith Bruck, le troisième volet (aux pages 195 à 318) du volume intitulé « Je te laisse dormir » ;

    en complément de son « L’Hirondelle sur le radiateur » (2014-2015 ; aux pages 9 à 184), premier volet de ce volume, et de « L’Homme Nelo Risi » (un discours prononcé par Edith le 13 octobre 2016 ; et retranscrit ici aux pages 187 à 191), deuxième volet : 

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    un volume de 320 pages qui paraît jeudi prochain 6 octobre, en une traduction de René de Ceccatty, aux Éditions du sous-sol…

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    J’ai accédé à quelques uns des divers récits de survie et vie d’Édith Bruck _ parmi ceux qui  ont été traduits en français _ par ma  lecture, en janvier 2022, tout d’abord, de son stupéfiant « Le Pain perdu«  _ paru, aux Éditions du sous-sol, en une traduction de René de Ceccaty, le 7 janvier 2022 _ (« Il Pane perduto » avait paru en 2021 aux Éditions La Nave di Teseo),

    bientôt, très vite, suivie de ma lecture de son « Qui t’aime ainsi » _ paru le 21 janvier 2022, en Points-Seuil, en une traduction de Patricia Amardeil, datant d’avril 2017… _ :

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    cf la succession de cette sélection de 9 articles miens de janvier et février 2022 :

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    _ «  » (7 janvier 2022)

    _ «  » (8 janvier)

    _ «  » (10 janvier)

    _ «  » (11 janvier)

    _ «  » (12 janvier)

    _ «  » (13 janvier)

    _ «  » (22 janvier)

    _ «  » (10 février)

    _ «  » (11 février 2022)

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    puis ces 3 articles récents de septembre et octobre 2023 :

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    _ «  » (18 septembre 2023)

    _ «  » (28 septembre)

    _ «  » (1er octobre 2023)

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    Et maintenant,

    le somptueux récit « Je te laisse dormir«  _ « Ti lascio dormire«  est paru en 2019 aux Éditions La Nave di Teseo _ est une longue bouleversante lettre de 122 pages qu’Édith Bruck adresse à son compagnon de 58 ans de vie (rencontré, à Rome, au Palazzo Marignoli, Via del Corso (in « Je te laisse dormir » page 187), ou bien/et au restaurant Otello, via della Croce (in « Le Pain perdu« , page 152) le 9 décembre 1957, puis épousé le 17 mars 1966 au Capitole de Rome _ cf la rapide mention de cet événement à la page 154 du « Pain perdu« … _, Nelo Risi (Milan, 21 avril 1920, Rome, 17 septembre 2015), décédé en leur domicile du 72 Via del Babuino, à Rome, ce 17 septembre 2015 :

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    Page 197 :

    « Cette nuit _ la date précise n’est pas indiquée : au cours de l’été 2017… _, comme souvent dans le demi-sommeil, l’esprit occupé par toi _ voilà _,  j’ai pensé t’écrire _ un medium absolument capital pour Édith Bruck, si fondamentalement, consubstantiellement, écrivain, depuis ses premiers écrits, en 1945... J’ai carrément pris cette décision. Sans bien encore savoir quoi te dire, mais ça ne m’inquiète pas. Je sais, d’expérience _ de toute sa vie d’écriture, dès 1945, donc… _ que l’idée me suffit, que c’est une nécessité _ de révélation de et à soi-même, d’abord. Les mots se multiplieront tout seuls et d’un mot en naîtra un autre emportant avec lui _ en sa formidable dynamique révélatrice _ quelque chose de déjà mûr _ voilà… _, prêt à voir le jour sur la page _ voilà, voilà.

    Tout doucement je me suis levée pour ne pas te réveiller _ « Ti lascio dormire«  ; l’expression apparaîtra un peu plus loin, à la page 204… _, comme si tu étais encore près de moi et comme si je n’avais pas compté, il y a près de deux ans _ c’était le 17 septembre 2015 ; nous sommes donc ici l’été 2017… _, l’effroi dans mon regard, tes quatre derniers souffles brefs. ensuite plus rien, rien que les cris d’Olga (notre aide à domicile dans la dernière période de ta longue maladie _ d’Alzheimer, apparue lors du premier malaise à Assise, l’été 2004 _), « C’est fini ! C’est fini ! » et mes cris inarticulés « Non non non ! », avant que je ne me jette sur le divan du salon où recroquevillée comme un fœtus je me suis détachée du réel« …

    …
    Et pages 203 – 204 :

    « Je ne sais pas pourquoi, mais pour la première fois _ depuis presque deux ans _ je m’assois devant ma vieille Olivetti pour t’écrire. Que de choses il nous restait à nous dire et combien il en restera ! _ en cette conversation déjà perpétuelle et ainsi perpétuée. Une énormité, malgré les soixante années _ du 9 décembre 1957 de leur rencontre romaine, au 17 septembre 2015 des derniers souffles de Nelo, à leur domicile du 72 Via del Babuino… _ l’un près de l’autre, qui n’ont pas suffi, pas à moi en tout cas, pour avoir la liberté _ totale et absolue _ de nous parler. La liberté, avec toutes ses limites, tu l’as vécue, en bien ou en mal ; moi _ asymétriquement en leur couple _, je l’ai subie, du fait de « mon amour indulgent », comme une de mes amies l’a défini _ en une relation aimante réciproque et mutuelle, oui, mais pas tout à fait symétrique…

    Tu étais et tu es _ toujours _ tout pour moi : langue, patrie, famille, père et mère. L’homme le meilleur que j’aie jamais rencontré, et pourtant j’en ai tellement rencontré, de passage dans ma vie errante, et même les meilleurs, les plus cultivés, valaient moins que toi. Personne ne t’est comparable, à toi qui te sous-estimais dans le souci obsessionnel de défendre ta dignité, ta liberté et ton honnêteté. Tu n’étais pas en mesure de faire quelque chose pour de simples raisons de survie. L’argent, pour toi, laïque, non baptisé, c’était vraiment les excréments du Diable. Tu ne savais même pas ce qu’était une facture ! Et je t’aimais pour cela aussi ; le pouvoir, l’argent sont la ruine du monde, répétais-tu« …

    …

    …

    Et page 204, 12 lignes plus bas :

    « Quand je me réveille, le matin, souvent, en me levant, je tourne la tête vers ta place et une phrase tant de fois répétée échappe toute seule à mes lèvres :

    _ Je te laisse dormir.« 

    …

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    Puis, page 205 – 206 :

    « Depuis ce soir-là _ du jour de tes derniers souffles, le 17 septembre 2015 _, je n’ai plus touché mon stylo : tu te souviens que tu ne le supportais plus dans ma main, quand, dans les derniers temps _ en 2014-2015… _ de ta maladie _ d’Alzheimer _, je prenais ces rares notes qui sont par hasard devenues un livre _ le terrifiant et sublime « L’Hirondelle sur le radiateur« … _ ? Après ta disparition, je me suis dit que je n’écrirais plus jamais ; et puis, il y a quelques jours _ cet été 2017 _, en pleine nuit, j’ai décidé de le faire pour te raconter _ à toi, Nelo, sur le déroulé du papier… _ des choses sur moi, sur nous après toi _ « On se marie pour poursuivre la conversation » (Ford Maddox Ford) et « Pourquoi permettre à la mort de l’interrompre ? » (Julian Barnes) sont les deux parfaits exergues de cette formidable conversation reprise et poursuivie (dès lors aussi sur le papier…) de ce superbe « Je te laisse dormir« … _, parce que, dans la vie, il y a toujours un avant et un après, et quand le vide paraît me suffoquer et pèse trop, il est temps d’écrire, mon unique liberté _ voilà ! et revoici ce capital « Écrire pour respirer ! » si consubstantiel à l’écrivain qu’est fondamentalement Édith Bruck, au-delà de la personne d’Édith Steinschreiber (née à Tiszabercel le 3 mai 1931, et passée par Auschwitz en 1944 ; et bien d’autres épreuves ensuite…) : il faut y insister... ; cf mon article du 11 février 2022 : « « … _ Quand, la nuit, mes bras s’allongent vers ta place déserte et que mon corps se retrouve dans l’espace qui t’était réservé au risque de tomber, il est temps d’écrire.

    Mes jours ne sont plus inutiles, durant les nuits, je ne sens plus aussi souvent ta main, mais je sais que tu es là et que tu m’effleures le dos. (…)

    L’écriture est oxygène _ voilà, voilà ! _, elle purifie _ en décantant vraiment et démêlant, pour commencer, les situations enchevêtrées et difficiles… En te parlant, en t’écrivant, j’ai l’impression d’émerger du puits obscur où je suis tombée _ à ton décès _ et de remonter vers la lumière, vers la blancheur _ lumineuse, éclairante et illuminatrice _ de la page que je remplis pour toi » _ pour reprendre et continuer – poursuivre l’indispensable aimante conversation (asymétrique, aussi ; mais c’était mutuellement accepté ainsi, en l’état de leurs tempéraments de fond si contrastés…) interrompue un moment de presque deux ans : entre nous deux.

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    Ce lundi 2 octobre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ce que j’apprends de plus du parcours de vie assez bousculé d’Edith Bruck (et de ses proches) à la lecture de « L’hirondelle dans le radiateur » (de 2014-2015) par rapport à mes lectures de « Qui t’aime ainsi » (de 1959) et « Le Pain perdu » (de 2021)…

    En la synthèse _ riche et pointue ; et je n’ai rien lu jusqu’ici d’un peu équivalent… _ de mon article du 10  février 2022 « « , et en l’absence d’auto-biographie, ainsi que de biographie, jusqu’ici, d’Édith Bruck,

    j’avais pas mal appris de ma comparaison minutieuse des récits de sa vie qu’avait réalisés Édith Bruck en 1959, avec « Qui t’aime ainsi« , et en 2021, avec « Le Pain perdu » _ avec beaucoup de noms cryptés, qu’il fallait retrouver : ceux des prénoms de ses frères et sœurs et des autres membres de sa famille, pour commencer (variant d’un récit à l’autre…), de ses maris successifs, et de pas mal de personnes rencontrées, ici où là, en ses pérégrinations compliquées de Tiszabercel jusqu’à Rome, etc. ; là-dessus, cf le décryptage de mon article du 10  février 2022 : « « …

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    Venant de relire ce dimanche 1er octobre son récit « L’Hirondelle sur le radiateur » de 2014-2015, publié, conjointement avec « Je te laisse dormir » de 2017, en traduction française par René de Ceccatty, aux Éditions du sous-sol _ le volume est à paraitre vendredi 6 octobre prochain aux Éditions du sous-sol _,

    je ne peux manquer de m’interroger :

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    d’une part sur la différence des récits que la narratrice, Édith Bruck elle-même,  donne de sa première rencontre, le 9 décembre 1957, à Rome, avec celui qui devient très vite le compagnon de sa vie, et qu’elle épousera, au Capitole de Rome, le 17 mars 1966, Nelo Risi, et dont elle recueillera le dernier souffle, en leur domicile du 72 Via del Babuino, à Rome, le 17 septembre 2015 ;

    …

    et d’autre part de ce que, après quelques petites recherches à partir des apports de la lecture attentive de ce nouveau texte qu’est « L’Hirondelle sur le radiateur« , je découvre concernant quelques données nouvelles de certaines des personnes abordées dans « Le Pain perdu » :

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    par exemple,

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    _ la sœur bien-aimée Adel Steinschreiber Taub (nommée Judit dans « Le Pain perdu » et Eliz dans « Qui t’aime ainsi« ) : née à Tiszakarad, le 12 mars 1927, et décédée à Tel-Aviv le 23 juin 2010, la très attentive protectrice d’Édith en 1944-45, à Auschwitz, Bergen-Belsen, etc. (cf les terribles récits de « Qui t’aime ainsi » et « Le Pain perdu« ),

    Adel avait eu deux maris, en 1946 et en 1982, tous les deux nommés Taub :

    _ Karoly Taub (Tiszadob, 28 octobre 1922 – Merlo (Buenos-Aires), 9 mars 1974), épousé à Chypre, en 1946, et dont Adel a eu deux enfants, Haïm Taub, en 1947 _ lui-même, en 2014, père de 3 fils, et grand-père de 2 petits-enfants, et psychologue social en Israël _, et Deborah Taub Damascelli, née en 1956, la très proche nièce « romaine » d’Édith _ épouse du romain Lucio Damascelli, et mère de leurs 3 enfants : Ariel, Daniel et Lisa Damascelli… _ ;

    _ puis Alex Taub (Szamossalyi, 19 février 1923 – ?), qu’Adel, devenue Zahava en Israël, a épousé le 22 août 1982, à New-York, quartier de Queens ;

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    ou bien

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    _ celle qui fut la première épouse (australienne) de Nelo Risi, jusqu’ici nommée seulement, et sans davantage de précision, « Mitty« , Mitty Risi :

    _ Juanita Lee-Brown (San Francisco, 22 octobre 1922 – Trinco – Sri Lanka -, 3 juin 2012), célèbre peintre australienne, avec laquelle Nelo Risi a vécu plusieurs années à Paris ;

    et dont Nelo Risi n’a pu divorcer _ à cause des lois italiennes d’alors _ que bien après sa rencontre à Rome, le 9 décembre 1957 avec Édith, que Nelo n’a pu épouser au Capitole de Rome que seulement huit années plus tard, en 1966, le 17 mars _ pour être un peu précis _, alors qu’ils vivaient ensemble _ Édith ayant enfin quitté la chambre très obscure et exigüe où elle vivait jusqu’alors, chez Madame Ida, dans le même quartier, non loin de la Piazza di Spagna _ depuis plusieurs années déjà, dans le petit studio de Nelo, Piazza Mignanelli, non loin des grands escaliers de la Piazza di Spagna…

    …

    …

    Mais c’est surtout la comparaison des récits de sa première rencontre avec Nelo Risi, aux pages 150 à 152 du « Pain perdu » _ lu en janvier-février 2022 _,

    et aux pages 187 à 188 du récit « L’Homme Nelo Risi »,

    intercalé entre « L’Hirondelle sur le radiateur » et « Je te laisse dormir » _ lu depuis le 18 septembre dernier _, au milieu du volume « Je te laisse dormir » à paraître jeudi 6 octobre prochain aux Éditions du sous-sol,

    qui m’a assez intrigué :

    …

    …

    « Parfois j’allais manger chez Otello _ Via della Croce, 81, proche de la Via del Babuino (du futur domicile, au 72, de Nelo et Édith) et de la Via Condotti, où travaillait alors Édith, dans la boutique de luxe de Gian-Carla Mandelli (« Nadia« , ou encore « Madame G.« ), où officiait le fameux coiffeur des stars « aux mains d’or« , Filippo (cf les pages 148 à 154 du « Pain perdu« )… _ pour mille lires, comme en famille, car j’avais sympathisé avec la femme  _ Nora Geronzi _ et les filles _ Maria-Pia, Franca, Gabriella _ du restaurateur _ Giuseppe Caporicci, dit Otello ; cf cet intéressant et significatif article en date du 15 mars 2023 : « A tavola… da Otello alla Concordia« … _ « ,

    page 150 du « Pain perdu« .

    (…)

    « Chez Otello, j’avais rencontré, il y avait déjà longtemps, un émigré arménien _ qui ? _ qui était critique littéraire, et c’était la première fois que je le voyais _ ce très mémorable 9 décembre 1957 _ avec un homme qu’il me présenta comme poète et cinéaste _ sans que j’identifie alors son nom… Cet inconnu m’interrogea aussitôt sur le livre que j’étais en train d’écrire _ le crucial « Qui t’aime ainsi« , qui, une fois achevé, paraîtra un peu plus tard, en 1959, aux Éditions Lerici… Je me plongeai dans son visage, dans ses yeux érudits, je fixai sa bouche charnue, je bus ses paroles avec son « r » aristocratique que j’aurais toujours voulu toujours entendre, ses mains agitées à la paume tendre, délicate, que j’aurais voulu toujours sentir entre les miennes, son beau visage marqué et fragile, que je ne pourrais oublier, un homme qui est entré aussitôt dans mon âme, qui m’a vidée de toute mon énergie, en faisant trembler mes genoux. Une impression si immédiate, irrationnelle, totale me fit peur, surtout à l’égard d’un inconnu dont je ne connaissais _ à cet instant-ci même pas le nom, qui m’avait échappé, car son être m’avait comme étourdie, et je compris _ sur le champ _ que je m’enfonçais dans quelque chose d’inexplicable dont je ne remonterais plus.

    Nelo, l’homme élu  parmi des millions d’hommes, se donnait à moi et disparaissait, Me cherchait et M’abandonnait. Me voilait et ne me voulait pas« ,

    page 152 du « Pain perdu« .

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    …

    Et :

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    …

    « J’ai fait sa connaissance le 9 décembre 1957 à Rome, dans le Palazzo Marignoli _ sur le Corso, où se tenaient des réceptions et des conférences _ où cinq personnalités de retour de la Chine de Mao vont raconter leur expérience.

    Ugo Casiraghi, critique de cinéma _ (Milan, 25 février 1921 – Gorizia, 7 janvier 2016) triestin, sans ascendance arménienne _, me demande lequel de ses compagnons de voyage me plaît le plus et je lui indique Risi.

    _ Non, non, me dit-il, c’est le meilleur d’entre nous, mais c’est le plus compliqué _ voilà ! _, j’ai partagé sa chambre en Chine, choisis-en un autre.

    _ Non, lui, ai-je insisté avant de savoir qui c’est, comment il s’appelle.
    C’est l’élu de mon cœur, à en juger mes battements accélérés, rien qu’à le voir, dès lors pour le restant de mes jours.

    Le soir même à dîner _ où ? chez Otello, via della Croce, 81 ? _ je suis assise face à lui, il me propose de goûter le jambon, que je n’ai jamais mangé, et je lui dis aussitôt que je suis juive, une survivante des camps de concentration nazis.

    Le jambon au bout de la fourchette dans sa main reste suspendu en l’air, son regard clair s’assombrit et, presque rapetissé d’un coup, il me demande pardon comme s’il était coupable de la terrible épreuve que j’avais endurée _ en 1944- 1945.

    À partir de ce 9 décembre, notre destin – moi, dernier enfant de l’obscurantisme, née dans une pauvre famille hongroise, lui descendant des Lumières, dans une famille bourgeoise de Milan – se tisse de manière indéfectible _ voilà.

    Après une longue et pénible attente _ voilà _ d’un « oui » de sa part, je déménage de ma _ très sombre et très exigüe_ chambre meublée dans son studio solitaire _ de la Piazza Mignanelli, non loin des escaliers de la Piazza di Spagna.

    pages 187-188 du volume « Je te laisse dormir » qui paraît vendredi prochain 6 octobre. 

    (…)

    Ainsi commence notre cohabitation dans la différence _ oui _ qui nous enrichit réciproquement et sans être conditionnée par l’amour pour lui, avec la lumière _ sereine et lucide, distanciée _ de la raison, je peux dire que vivre avec un homme rare, exceptionnel, est une grâce« ,

    page 189 du « Je te laisse dormir » qui paraît vendredi.

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    À suivre…

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    Ce dimanche 1er octobre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Pour approcher d’encore plus près à la vérité de Ravel en son plus intime, le stupéfiant « Ravel – L’OEuvre pour le Piano » du magnifique Philippe Bianconi (suite)…

    Plus j’écoute _ quasiment en continu, quand je suis à ma table de travail _ le double CD la dolce volta LDV 109.0 de Philippe Bianconi « Ravel – L’Œuvre pour le Piano« ,

    et après le témoignage déjà émerveillé de mon article d’avant-hier 27 septembre « « ,

    …

    plus je pense

    que la formidable maîtrise, si pleine _ avec une formidable prise de son, aussi, il faut le préciser, de François Eckert ! _ en son extrême délicatesse (et parfaite naturelle fluidité) de jeu des diverses micro-inflexions si expressives en leur finesse et ultra-délicatesse, dénuées de la moindre volonté _ à l’égard de quelque public que ce soit… _ d’exhibition de virtuosité, du piano de Ravel,

    que parvient ici à nous donner avec tellement de toute simple naturelle évidence Philippe Bianconi,

    nous offre là un inestimable cadeau _ de grâce ! _ qui approche au plus près la vérité même de Ravel en son plus intime, à son solitaire piano, pour lui seul…

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    Et c’est bien là aussi le sentiment qu’éprouve, et à son tour, en un justissime article intitulé « Nocturne« , sur son site Discophilia, le bon Jean-Charles Hoffelé, ce vendredi 29 septembre,

    je le découvre en ce petit matin du vendredi 29 septembre :

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    NOCTURNE

    Philippe Bianconi revient à son cher Ravel dont il avait déjà gravé l’intégrale de l’œuvre pour piano seul sous l’écoute bienveillante de Suzanne et René Gambini voici bien trente ans _ pour le label Lyrinx, en 1993. Un vaste soleil illuminait alors son jeu, Ravel en lumière, joué assez dandy _ et dandy, Ravel le fut aussi, en sa première jeunesse… _, alliant à une beauté toute classique quelques traits proustiens : on croyait voir le compositeur tiré à quatre épingles _ ainsi qu’en témoignent visuellement quelques photos du jeune Ravel… _ dans chaque note de sa musique.

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    Il ajoute aujourd’hui, en accord avec _ l’excellent ravélien qu’est lui aussi _ Clément Lefebvre, la suite de Ma mère l’Oye qui manquait à son album Lyrinx. Le dialogue très sombre de La Belle et la Bête signale illico que les portes d’un autre univers se sont ouvertes : ce Ravel-là sera d’abord celui du Gibet, de Scarbo, d’Ondine _ de Gaspard de la nuit, en 1908 _, l’envers _ ou le revers, voilà… _ teinté d’un brin de fantasque du rayonnement solaire que le pianiste y avait jadis entendu.

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    Les Miroirs _ de 1904-1905 _ sont tendus, sombres, presqu’amers _ mais jamais tout à fait, surtout pas… _ (Une barque sur l’océan avec cette main gauche obstinée avant le retour du ressac), étranges d’atmosphères non seulement pour Oiseaux tristes, pour la fantasmagorie de Noctuelles, pour l’Alborada _ formidable de présence _ mêlant l’ironie à une certaine _ pointe très fine, un soupçon effleurée, de _ tristesse, pour La Vallée des cloches aussi, si nostalgique _ Ravel aimait les reflets des miroirs…

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    Et si le vrai visage _ voilà ! voilà ! _ de Ravel paraissait dans ce piano qui fut l’instrument _ oui, aux harmoniques orchestrales aussi… _ de son _ solitaire et méditatif _ quotidien ? Inquiet, intranquille _ oui _, splénétique _ oui _ tout au long d’un Gaspard de la nuit _ en 1908 _ où même Ondine a un côté Loreley. Jusqu’au Tombeau de Couperin _ de 1914-1917 _ qui ne renonce pas à l’espressivo, voyant derrière les danses, au travers de l’esseulement de la Fugue les visages des disparus, jusqu’aux Valses nobles et sentimentales _ de 1911 _,vénéneuses, emplies de parfums de tubéreuse : dans l’ultime page, un opium semble rendre immatériels et la musique de Ravel et le jeu du pianiste – onirisme trouble au possible.

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    Les petites pièces tardives ou pas, Menuets _ de 1895 et 1909 _, Pavane _ de 1899 _, et hommages « dans le style de », le bref Prélude  _ de 1913 _ troublant comme un regret, sont jouées avec un sens de la nuance, du phrasé juste _ oui, oui, oui _ qui les hissent au rang de chefs-d’œuvre. Sommet _ probable, oui… _ de l’ensemble _ ainsi sublimement interprété par un Philippe Bianconi en un (paradoxalement sérénissime de maîtrise !) état de grâce de gravité… _, si je ne devais en choisir qu’un : la _ confondante _  Sonatine _ de 1903-1905 : oui, ainsi insidieusement glaçante, mine de rien en sa terrifiante douceur, elle est proprement sidérante ! Écoutez comment Philippe Bianconi fait sourdre les ombres, ose le cri  _ munchien, en 1893 _ qui saisit soudain au centre du Modéré.

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    Et maintenant, il faut _ oui ! _ que La Dolce Volta lui offre l’occasion d’enregistrer les deux Concertos.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Maurice Ravel (1875-1937)

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    L’Œuvre pour piano (Intégrale)

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    Philippe Bianconi, piano
    Clément Lefebvre, piano
    (Ma mère l’Oye, version à quatre mains)

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    Un album de 2 CD du label La Dolce Volta LDV 109.0
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    Photo à la une : le pianiste Philippe Bianconi –
    Photo : © William Beaucardet

     

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    Ce merveilleux transcendant double CD Ravel de Philippe Bianconi

    est tout simplement un tranquille _ mais tout sauf placide, cependant… _ sommet _ sans jamais, ni en rien, se pousser si peu que ce soit du col _ de la discographie du singulier _ oxymorique _ et si magnifique Maurice Ravel…

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    Ce vendredi 29 septembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa