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  • Elargir la focale sur la création de parfaits Madrigaux à la très raffinée cour des Este à Ferrare à la Renaissance : découvrir le « Quinto Libro » de « Madrigali a cinque voci » (Milan 1572) de Nicola Vicentino (1511 – 1577), interprété par l’Ensemble del Dipartimento di Musica Antica del Conservatorio di Vicenza, dirigé par Stefano Lorenzetti…

    C’est un vraiment passionnant CD Dynamic 8064 « Nicola Vicentino – Madrigali a cinque voci – Libro Quinto » – enregistré à Vicence en mai 2013 (et en mai 2024 pour cinq pièces instrumentales interprétées au clavecin : on remarquera les 11 années écoulées pour que puisse paraître enfin ce magnifique CD… – que vient nous offrir Stefano Lorenzetti, dirigeant l’Ensemble del Dipartimento di Musica Antica del Conservatorio di Vicenza, et présent aussi au clavecin, venant compléter très heureusement notre connaissance de la magnifique collection de sublimes Madrigaux ayant éclos à la Cour très raffinée des Este – dont le flamboyant duc Alfonso II d’Este (Ferrare, 1533 – Ferrare, 1597) – à Ferrare, à la Renaissance,

    avec cette superbe interprétation des 12 « Madrigali » du « Quinto Libro a cinque voci » – publié à Milan en 1572 – de Nicola Vicentino (Vicence, 1511 – Milan, 1576), élève d’Adrien Willaert (Rumbeke, ca 1470 – Venise, 1562), et actif à la cour des Este à Ferrare, où il influença Luzzasco Luzzaschi (Ferrare, ca 1545) – Ferrare, 1607) et Carlo Gesualdo (Venosa, 1566 – Gesualdo, 1613).

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    Nicola Vicentino étant plus célèbre jusqu’ici dans l »histoire de la musique pour son traité « L’antica musica ridotta alla moderne prattica » (Rome, 1555), ainsi que son invention d’un instrument, l’archicembalo, que pour son œuvre musicale elle-même, dont ne demeurent que ses Livres I (1546) et V (1572) de Madrigaux,

    comme le souligne l’excellent article de Denis Morrier à la page 93 du numéro n°752 du mois de février du magazine Diapason : « Grâce à sa diversité d’approches, cette réalisation trouve une place de choix dans une discographie par trop lacunaire » jusqu’ici…

    D’où l’incontestable très grand intérêt de ce CD qui nous permet d’accéder à l’écoute – très savoureuse – de la musique importante de ce compositeur crucial dans l’histoire de la musique si magnifique de la Renaissance, Nicola Vicentino.

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    Cf aussi les presque top riches ressources mentionnées dans mes articles « Ferrare, quand tu nous tiens… : Italo Calvino, Giorgio Bassani, Michelangelo Antonioni et l’ultra-raffinée civilisation ferraraise des Este : affinités et philiations… » du 16 décembre 2023 ; et « Une nouvelle merveille du Dionysos Now ! de Tore Tom Denys : le CD « Adriano 5 In memoriam Adriaen Willaert »… » du 29 juin 2024, issus de mon essai fouillé sur le chef d’œuvre ultime du ferrarais Michelangelo Antonioni (Ferrare, 1912 – Rome, 2007), le bouleversant « Al di là delle nuvole » (1995), mon « Cinéma de la rencontre : à la ferraraise _ ou un jeu de halo et focales sur fond de brouillard(s) : à la Antonioni« , rédigé en 2007, dont l’ouverture est accessible en mon article «  » du 26 octobre 2016…

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    Mais regardez ici cette trop brève vidéo de présentation (de 4’28) du CD « Nicola Vicentino – Madrigali a cinque voci – Libro Quinto« …

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    Une musique envoûtante…

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    Ce samedi 21 février 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Aujourd’hui 19 février 2026, le magnifique György Kurtag fête ses 100 ans en préparant la création à Budapest dans quelques jours de son second opéra « Die Stechardin »….

    Le Figaro de ce matin m’apprend ceci de passionnant et merveilleux concernant le magnifique György Kurtag (né à Lugoj le 19 février 1926) :

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    Pour ses 100 ans, le Hongrois György Kurtag compose un nouvel opéra, Die Stechardin

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    « La musique de Kurtag rayonne d’intensité », à 100 ans le compositeur hongrois György Kurtag à repris l’écriture de pièces et l’enseignement.

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    Le compositeur hongrois György Kurtag, figure aussi majeure que farouchement discrète de la musique contemporaine, fête ses 100 ans ce jeudi et offre, pour l’occasion, un – merveilleux – cadeau aux mélomanes : son deuxième opéra, qui sera créé à la fin du mois à Budapest.

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    Kurtag, qui se déplace aujourd’hui en fauteuil roulant, confiait dans une rare interview à un hebdomadaire hongrois en 2017 que le travail de composition pouvait s’avérer « pénible ». Mais il n’a rien perdu de sa vivacité d’esprit ni de sa passion pour la musique, selon son entourage. « Il n’entend plus très bien. Mais en contrepartie, il ressent encore davantage, il perçoit encore plus le monde et la musique », s’émerveille Andras Keller, chef d’orchestre et directeur de Concerto Budapest, lors d’une répétition début février du nouvel opéra en un acte de Kurtag, Die Stechardin. Le livret, inspiré par les écrits et la correspondance du philosophe et physicien allemand Georg Christoph Lichtenberg (1742-1799) – lire ses extraordinaires « Brouillons« , parus en traduction française en avril 2025… – , raconte comment le penseur s’est épris d’une jeune marchande de fleurs de 12 ans, qu’il a d’abord éduquée avant que leur relation ne devienne intime. Maria Dorothea Stechard meurt à 17 ans en 1782, marquant profondément Lichtenberg. Autour de cette histoire véridique Kurtag a composé un opéra-monologue en quatre parties dans lequel l’héroïne retrace son amour, son bonheur et sa fin tragique.

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    Après la mort en 2019 de la pianiste Marta Kurtag, son épouse depuis 1947 et interprète-clé de son œuvre, certains proches de Kurtag ont craint pour lui, explique Laszló Göz, tromboniste et directeur du Budapest Music Center, où réside désormais György Kurtag. Mais il s’est remis à composer, « écrivant des pièces de plus en plus vastes et complexes ; il a repris l’enseignement, et aujourd’hui, à 99 ans, il a écrit son deuxième opéra, qui est une sorte de message à Marta » – voilà ! – , ajoute Göz.

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    À lire aussi Avec György Kurtag, Fin de partie de Beckett s’essaie à l’opéra

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    « Maître des formes miniatures »

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    Né le 19 février 1926 à Lugoj – aujourd’hui – en Roumanie, Kurtag, magyarophone – voilà – , s’est illustré par ses compositions de forme brève et fragmentée, et son goût pour les mélodies populaires – oui, comme Bartok, Kodaly, et aussi Ligeti… Il a commencé à apprendre le piano enfant, et étudié à Timisoara, avant de rejoindre Budapest après la guerre, où il est admis à l’Académie Franz-Liszt (Zeneakadémia) en 1946. Il y suit des cours de piano, notamment avec Pal Kadosa, de composition avec Sandor Veress et Ferenc Farkas et de musique de chambre avec Leo Weiner.

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    Diplômé en piano et musique de chambre en 1951, puis en composition, il reçoit rapidement des distinctions nationales, avant un séjour déterminant à Paris en 1957-1958, où il travaille avec Marianne Stein et fréquente les classes de Darius Milhaud et Olivier Messiaen. De retour en Hongrie, il est répétiteur de la Société philharmonique de Budapest à partir de 1960, puis enseigne à la Zeneakadémia le piano et la musique de chambre. Parmi ses élèves figurent plusieurs interprètes devenus incontournables, dont – les merveilleux pianistes –  Andras Schiff et Zoltan Kocsis.
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    Héritier d’un autre Hongrois, Béla Bartók – oui ! bien sûr... – , proche par certains aspects de l’austérité et de la tension de l’Autrichien Anton Webern, il a fait de la miniature un territoire majeur, notamment avec la série – extraordinaire ! – Jatekok (Jeux) pour piano, à la fois laboratoire, carnet intime et matériau pédagogique – absolument ; là-dessus cf mes propres articles enthousiastes « Du CD « Ligeti – Violin, Piano and Romanesc Concertos » au double CD « Kurtag – Jatekok – Pierre-Laurent Aimard : la présence commune de « Aus der Ferne – hommage à Alfred Schlee » de György Kurtag…« , du 12 juin 2025 ; « L’extraordinaire d’intimité bouleversante « Lines of lines – Schubert – Kurtág » de Benjamin Appl et György Kurtag : un sublime bijou tout de sobriété, pour nous accompagner à aller à l’essentiel, nous aussi, de nos vies…« , du 22 mars 2025 ; et « Retour sur le marquant CD « Lines of life – Schubert and Kurtag », de Benjamin Appl, György Kurtag, Pierre-Laurent Aimart et James Baillieu…« , du 27 avril 2025, pour de magnifiques CDs auxquels a tenu à participer György Kurtag… Son univers est aussi profondément littéraire : il met en musique poètes et écrivains (Janos Pilinszky, Jozsef Attila, Franz Kafka, Samuel Beckett…), et devient célèbre à l’international avec des œuvres vocales et chambristes, dont Les Messages de feu la demoiselle R. V. Troussova, créés en 1981. Installé près de Bordeaux – mais oui – , en France, à partir de 1993 – où vit son fils – , il revient en Hongrie en 2015.

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    « La musique de Kurtag rayonne d’intensité, même dans ses moments les plus silencieux et raffinés », explique à l’AFP Gergely Fazeakas, historien de la musique. « György Kurtag est souvent qualifié de maître des formes miniatures. Il est vrai que nombre de ses pièces ne saisissent que quelques minutes, voire moins, d’un fragment d’éternité », dit-il encore lors d’une cérémonie début février à l’Académie Liszt, où Kurtag a reçu un doctorat honorifique avant de diriger une répétition publique de Die Stechardin. Pour rendre hommage au centenaire, qui a un fils également compositeur, György Kurtag Jr. – qui vit, donc, à Bordeaux… – , Budapest accueille une série de célébrations – concerts, projection de documentaires, création audiovisuelle – qui entendent dessiner le portrait d’un artiste dont l’œuvre exigeante a – considérablement – marqué la musique européenne des dernières décennies – absolument !

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    Et regardez cette vidéo d’une répétition de ce opéra « Die Stechardin » en date du 7 février dernier, en présence ultra-attentive de György Kurtag…

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    Et encore lire le bel hommage que rend ce jour d’anniversaire à Kurtag Dominique Adrian sur le site de ResMusica,

    intitulé « Kurtág, cent ans de musique jusqu’au cœur de la note » :

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    Kurtág, cent ans de musique jusqu’au cœur de la note

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    Le monde de la musique célèbre un anniversaire hors du commun, pour un parcours de vie, marqué par la Shoah et la dictature, qui ne l’est pas moins.

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    a cent ans ! Et sa créativité reste intacte, même s’il est désormais privé du soutien précieux de son épouse Márta, décédée en 2019 après presque soixante-dix ans de vie commune. Pendant longtemps, la musique – beaucoup d’intimité – de Kurtág n’était qu’un secret d’initiés ; s’il est devenu aujourd’hui le plus prestigieux des compositeurs, c’est un peu le privilège du grand âge qui en fait le seul survivant de cette génération d’exception qui a bouleversé la vie musicale européenne après 1945 – certes – , mais c’est d’abord parce que sa musique nous parle – oui ! – , ses pièces les plus récentes comme celles qu’il a composées pendant des décennies dans l’anonymat, n’intéressant ni les autorités communistes hongroises, ni l’Europe occidentale qui n’avait guère les moyens de découvrir sa musique, ni beaucoup d’intérêt pour son artisanat modeste et radical – voilà, voilà : tout ce que personnellement j’aime : sans esbroufe d’estrade…

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    Kurtág a toujours écrit lentement, dans la douleur. Mais son vaste – oui – catalogue le prouve, il n’a jamais cessé d’écrire, jour après jour – au quotidien des jours, en effet ; et sans rechercher l’approbation des foules… – , loin des modes, loin des ivresses théoriques de l’après-guerre, mais encore plus loin des complaisances éclectiques d’aujourd’hui. Les Játékok (Jeux), courtes pièces pour piano constituant un work in progress depuis des décennies, sont une image de cette écriture au jour le jour – oui ! – , qui prend son sens par la continuité d’un parcours : ce qui affleure dans ces courtes pièces n’est pas étranger à ce que font voir les formes plus grandes, des Kafka-Fragmente (1987) à cet aboutissement de toute une vie qu’est son opéra Fin de Partie (2018).

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    On pourra trouver des évolutions, des périodes dans sa production, ne serait-ce que parce que sa célébrité tardive lui ouvre la voie à des moyens, grand orchestre ou opéra, que des décennies de marginalité lui interdisaient. Mais Stele, sa première pièce pour grand orchestre, composée au début des années 1990 avec le luxe que lui offrait le Philharmonique de Berlin, montre bien que l’essence de sa musique ne s’en est pas trouvée changée, toujours tournée vers l’intime – voilà – , vers la réduction à l’essentiel – voilà, voilà – , quand bien même elle prend des dimensions presque cosmiques.

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    Solitaire, discret, peu soucieux de placer sa personne au cœur de l’attention médiatique – que de vertus humaines trop rares – , Kurtág n’en est pas moins au carrefour de réseaux d’influences et d’amitiés qui dépassent toutes les frontières. Si sa carrière d’interprète est restée confinée à l’interprétation au piano de ses Játékok et de quelques transcriptions de Bach – aussi, en effet – , son art de l’interprétation a essaimé par son enseignement, de ses élèves de Budapest (András Schiff, Zoltán Kocsis, Miklós Perényi…) aux jeunes musiciens qui continuent à venir travailler avec lui (Benjamin Appl, Anna Prohaska…). Ses amitiés avec les grands compositeurs de son temps, Holliger ou Ligeti, sont une chose, les dizaines d’Hommage à Kurtág que lui ont dédiés des compositeurs de toutes les générations après lui témoignent de la fécondité de son œuvre.

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    Commençant son œuvre à un moment où la tentation de la tabula rasa était forte, Kurtág n’a jamais vu sa pratique artistique autrement que dans la continuité de toute la tradition musicale, Webern, Bartók, Bach, mais peut-être plus que tout Beethoven. Lui qui, né en Roumanie dans une famille juive de culture hongroise – comme Bartok ou Ligeti… – , a passé l’essentiel de sa vie en Hongrie – sauf un passage en France, à Bordeaux, auprès de son fils, György Kurtag Junior – , où il est aujourd’hui logé dans les locaux mêmes de l’Académie Liszt, mais en plus du hongrois et du roumain, il a aussi mis en musique des textes en français, allemand, russe, latin et anglais. Sans être pour autant un artiste cosmopolite, il incarne sans doute plus que personne un certain esprit d’Europe centrale – oui – , et même d’Europe tout court – oui, oui – , sans se laisser arrêter par les frontières que notre monde semble si désireux de reconstruire.

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    Crédits photographiques : © Szerzői jogok Huszti István / BMC

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    György Kurtag : un musicien vivant considérable !!!

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    Et on rêve à ce qu’auraient pu donner Mozart et Schubert et Mendelssohn et Bartok, s’ils avaient pu vivre eux aussi jusqu’à ces 100 ans...

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    Ce jeudi 19 février 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le nouveau somptueux double CD Bach de Lillian Gordis, au très rare talent absolument transcendant…

    À nouveau, le talent rare et éclatant de Lillian Gordis vient nous proposer un magnifique double CD Bach ATL – A045, cette fois pour le label Artalinna,

    comportant la « Suite anglaise  n°6 » BWV 811 et la « Partita n°6 » BWV 830, ainsi que 6 « Préludes et fugues n°2, 9, 11, 17, 18 et 23 » extraits de la deuxième partie du « Clavier bien tempéré » – enregistré à Haarlem du 8 au 12 janvier 2024… – ,

    sur un superbe clavecin Philippe Humeau d’après des modèles allemands (Barbaste, 1999)… 

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    J’avais consacré 2 articles enthousiastes à son tout premier CD, le CD Paraty PTY 919 180 « Zones » – enregistré à Paris au mois de juillet 2018 – , consacré à Domenico Scarlatti – que je vénère ! – :

    _ « Le superbe premier CD Domenico Scarlatti, « Zones », de la jeune Lillian Gordis« , en date du 15 juin 2019

    et

    _ « Interpréter Domenico Scarlatti : Pierre Hantai et Lilian Gordis…« , en date du 6 janvier 2020…

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    En revanche, j’ai incompréhensiblement laisssé passer son second CD, le double CD Paraty PTY 1521 280 « Bach – Lillian Gordis – harpsichord » – enregistré à Haarlem au mois de novembre 2020 – ,

    sur lequel Christophe Steyne avait pourtant rédigé un article très élogieux pour Crescendo Magazine, « Bach, Partitas et Suites anglaises, trois nouvelles parutions« , en date du 14 décembre 2022.

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    Mais je me suis bien sûr empressé de commander ce double album Paraty PTY 1521 280 à mon disquaire préféré – qui a si bonne oreille…

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    Et pour le moment je m’enchante à écouter et ré-écouter en boucle ce tout nouveau magnifique et presque impérieux – quel talent ! – CD Artalinna « J. S. Bach – Partita N°6 – English Suite N°6 – 6 Préludes and Fugues » :

    Pierre Hantaï ne s’est pas trompé quand il l’a entendu pour la première fois en Californie, et fait venir travailler et s’installer à Paris …

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    Et quant à ce tout nouveau CD Bach ATL – A045 « J. S. Bach – Partita N°6 – English Suite N°6 – 6 préludes and Fugues « ,

    l’excellente oreille du bon Jean-Charles Hoffelé lui a permis de nous adresser ce bel et très juste article « Second arrêt« , en date du 31 janvier dernier, que voici :

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    SECOND ARRÊT

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    Un album pour Paraty (voir ici) montrait Lillian Gordis mettant en regard deux Partitas et deux Suites anglaises. Elle les paysageait déjà avec quatre Préludes et Fugues du Deuxième Livre du Clavier bien tempéré, mais l’aboutissement de ce voyage en Bach en est l’alpha pour Lillian Gordis. La Sixième Partita l’aura fasciné – on le comprend !!! – dès son adolescence, elle en explore le langage savant, les polyphonies roides jusque dans l’enchevêtrement vertigineux – oui – de la Gigue finale, cette fugue aussi folle que magistrale qui déploie une arborescence infinie.

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    Le grand caractère de son jeu, son âpreté verticale, rappellent le vaste geste qu’y imprimait – mais oui ! – Gustav Leonhardt, dont l’ombre rode toujours dans la Doopsgezinde Kerk d’Haarlem où s’est tenu – en effet – l’enregistrement. Cette Gigue qui ne danse pas est comme un autre monde après le Tempo di Gavotta, mais déjà Lillian Gordis y osait ce même ton hautain – oui : elle na pas froid aux yeux… – carrant le mètre à danser. Pourtant le plus beau de cette Sixième Partita reste la Sarabande, laboratoire où Bach fait rendre gorge à la mélodie, Lillian Gordis lui donnant le ton d’un récitatif impérieux – oui, oui.

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    Admirable – oui !!! – par l’aplomb du discours, cet art de faire parler le clavier invite dans les Préludes du Second Livre du Clavier bien tempéré quantité de phrasés inattendus qui n’oublient pas de chanter, et irradie d’une lumière intense – oui – les lacis des Fugues.

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    L’album, dont le livret montre quelques photographies de paysages nord-américains vidés de toute présence humaine capturés par la claveciniste, s’ouvre par la Sixième Suite anglaise, le plus français – oui – des ensembles que Bach composa pour la grande caisse.

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    Est-ce la mise en regard avec le sévère intellect de la Sixième Partita, Lillian Gordis ne sacrifie pas la complexité du discours de la Sixième Suite au seul brio des danses – ses Gavottes font d’abord entendre la singularité du jeu polyphonique, la musette elle-même évoque un mécanisme, la Gigue prise de si haut, avec son trille impératif – oui : quelle présence ! – est soudain sœur de celle de la Sixième Partita – manière de souligner l’ambivalence de l’œuvre, et de nous faire voir Bach, maître des formes, forgeant un modèle à sa propre dialectique qui vise cet improbable : la musique abstraite – et combien charnelle aussi, cependant.

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    Il manque encore – et c’est avec une vive impatience que nous les attendrons… –  au voyage – c’est un ! – les Suites anglaises Nos. 1, 2 et 4, et les Partitas Nos. 2, 3 et 5…

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Johann Sebastian Bach(1685-1750)

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    Suite anglaise No. 6 en ré mineur, BWV 811
    Le Clavier bien tempéré, Livre II (6 Préludes & Fugues : No. 11 en fa majeur, BWV 880 ; No. 17 en la bémol majeur, BWV 886 ; No. 2 en ut mineur, BWV 871 ; No. 9 en mi majeur, BWV 878 ; No. 18 en sol dièse mineur, BWV 887 ; No. 23 en si majeur, BWV 892)
    Partita No. 6 en mineur BWV 830

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    Lillian Gordis, clavecin

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    Un album assorti d’un beau livret du label Artalinna ATL-A045

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    Photo à la une : la claveciniste Lillian Gordis – Photo : © Anatole Diethardt

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    Auquel j’ajoute ici, en addendum et fort bienvenu complément à méditer,
    ce très intéressant bien détaillé article-ci « Second album Bach de Lillian Gordis : perfectionnisme et hédonisme » de Christophe Steyne,
    paru le lendemain, mercredi 18 février, sur Crescendo Magazine  :
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    Second album Bach de Lillian Gordis : perfectionnisme et hédonisme

    par Christophe Steyne
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    Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Partita no 6 en mi mineur BWV 830. Suite anglaise no 6 en ré mineur BWV 811. Préludes et Fugues en ut mineur, mi majeur, fa majeur, la bémol majeur, sol dièse mineur, si majeur BWV 871, 878, 880, 886, 887, 892 [Clavier bien Tempéré, Livre II]. Lillian Gordis, clavecin. Livret en français, anglais. Janvier 2024. Coffret deux CDs 50’59’’ + 64’03’’. Artalinna

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    Nous avions apprécié le précédent album de Lillian Gordis, que d’évidence prolonge – en effet – celui-ci, désormais – pour quelles raisons ?.. – sous label Artalinna. Encore dans Bach, sur le même instrument – oui ! – de Philippe Humeau (1999), toujours capté – aussi – par les micros d’Aline Blondiau dans l’acoustique réverbérée de la Doopsgezinde Kerk de Haarlem. On y retrouve un récital constitué en parallélisme et symétrie, sous la symbolique du chiffre six : rang de la Suite anglaise BWV 811 et de la Partita BWV 830 qui closent chacun de ces recueils, et que dans le programme séparent trois paires de Préludes et Fugues tirés du Wohltempiertes Klavier.

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    Entre interview et dossier de presse, alimentée par maintes citations de la claveciniste franco-américaine, la notice nous rappelle combien celle-ci s’adonna précocement – en son enfance et prime jeunesse en Californie, avant de venir s’installer à Paris – au Cantor, –un répertoire qu’elle joue depuis l’enfance, férue de ses complexes polyphonies. Tôt confrontée « ad nauseam » avec cette ultime Partita, au point de la remiser pendant quinze ans puis, le désir d’en chevir couvant souterrain, d’en faire le déclencheur – voilà – du présent enregistrement.

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    La préface du livret confirme ce dont on se douterait : au gré de voyages, des risques du concert, et d’une naissante activité d’enseignement, l’artiste a mûri. Impliquant, depuis son premier album – Scarlatti, intitulé « Zones« , enregistré pour Paraty au mois de juillet 2018 – , une esthétique entre continuité et rupture, à valeur d’avènement. La poignée d’ans n’a pas compromis cette souveraine ampleur de la sonorité – oui ! – , cette clarté solaire – oui, oui ! – , cette nette articulation. En bénéfice, les passagères raideurs qui amidonnaient le discours se sont assouplies, les audaces parfois alambiquées par des doigts impétueux se sont assagies. Quitte à ce que les Gavottes de la Suite, inhabituellement réfrénées, interpellent par leur retenue ! Quitte à ce que la consécutive Gigue, une des pages les plus tortueuses de Bach, y édulcore son vertige ?

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    Subsistent certes une dose de rubato qui interroge le phrasé (Praeludium BWV 887), cette intelligente urgence de main gauche qui rappelle le mentor Pierre Hantaï – oui : c’est lui qui l’a découverte en Californie et incitée à venir s’installer à Paris. Des vertus se sont parachevées : aisance, rayonnement, équilibre structurel – tout cela est parfaitement juste... On citera ainsi la lucidité architecturale accordée à la Toccata du BWV 830, qui se construit sans hâte, illuminée de l’intérieur, dans le sillage de quelques glorieux aînés (on pense ici à Helmut Walcha). Du drame on entendra certes, comme dans cette Sarabande de la Partita, mais cadré par une supérieure discipline. Même recette pour la Gigue conclusive, dont les obstinations s’éperdent dans une cage dorée.

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    Car l’autorité de – novembre – 2020 – de son précédent double album Bach – demeure mais semble moins spontanée. Engagée sur des rails sûrs, ceux d’une maturité expressive que d’autres atteindraient à carrière révolue. Un patient montage, peaufiné par l’interprète elle-même, contribue à nous laisser admiratif – oui ! – de cet objet perfectionniste – qu’est ce second double album Bach, cette fois-ci pour Artalinna... Inclinant vers un patent hédonisme – mais qui enchante – , même dans la Fugue BWV 892. Que dira-t-on alors de cette jouissive Corrente, qui darde ses moulinets, calcule ses syncopes, dans un luxe expansif ?

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    Non point un Bach vainement décoratif, mais contemplatif, enivré de ses propres beautés – voilà, voilà… Servitude volontaire. Dominées en des palais de plaisir, mais impérieuses : technique et éthique de Lillian Gordis tiennent d’Hercule chez Omphale. Autant dire qu’on en sort captif et captivé – oui ! – , impatient – sans nul doute ! – de l’entendre dompter les sept Toccatas ou par avance gourmand de voluptueuses Goldberg qu’elle pourrait nous offrir.

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    Christophe Steyne

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    Son : 9,5 – Livret : 9 – Répertoire : 10 – Interprétation : 10

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    Et maintenant enchantez vous, vous aussi, à votre tour, à savourer cette merveille-ci,

    chef d’œuvre de Bach

    et somptuosité d’interprétation de cette lumineuse et puissante, tout à fait singulière, Lillian Gordis…

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    Un double CD Artalinna ATL A-045 absolument immanquable !!!

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    Ce mardi 17 février 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un revival Rameau (suite) : ré-écouter la tragédie en musique « Castor et Pollux » version 1737 de Jean-Philippe Rameau, magnifiquement servie par György Vashegy et ses troupes…

    En forme de reprise rectifiée à mon vraiment trop bref – escamoté ! incompréhensiblement laissé alors en jachère… – article « Un superbe « Castor et Pollux « version 1737, de Jean-Philippe Rameau, de Gyorgy Vashegyi… » en date du 6 septembre 2025, consacré au superbe double CD Alpha 1148 « Rameau – Castor et Pollux – version 1737 » de György Vashegi – enregistré à Budapest du 27 février au 2 mars 1023 – ,

    voici cette reprise améliorée-ci, à l’occasion de l’article de ce jour, 16 février 2026, « Très bon Castor et Pollux par György Vashegy« , sous la plume de Matthieu Roc, sur le site de ResMusica :

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    Très bon Castor et Pollux par György Vashegy

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    Après Dardanus, Les Boréades, Naïs, Les fêtes de Polymnie et d’Hébé, c’est encore un excellent Rameau – mais oui ! – qui nous vient de Hongrie, grâce au dynamique .

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    Il y a bien deux versions du Castor et Pollux de Rameau, celle de 1737 et celle de 1754. La première est plus « lullyste », plus traditionnelle avec un long prologue qui n’avait de circonstance politique valable – encore – qu’en 1737, et la seconde est plus « gluckiste », davantage centrée sur le drame et moins sur les divertissements. Il s’agit ici de la version première, structurée façon Hippolyte et Aricie avec force jeux, troupes légères, interventions surnaturelles, descente aux enfers, deus ex machina etc. Moins enregistrée que celle de 1754, la version de 1737 comptait deux gravures : celle de Harnoncourt en 1972, qu’on qualifiera de pionnière pour pouvoir l’oublier avec respect, et la version de William Christie datée de 1992, qui ne s’oubliera pas vite et que ce nouvel enregistrement de vient concurrencer directement. La notice de présentation fait état des progrès de la recherche musicologique depuis trente ans, mais ce seront bien les qualités d’interprétation – certes – qui feront pencher la balance du mélomane du côté de Christie ou du côté de Vashegyi.

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    Ce qui frappe dès le prologue, c’est la justesse du tempo énergique choisi par le chef hongrois. Ni frénésie, ni alanguissement, mais une joie de vivre et de chanter – fondamentalement racistes, les deux – qui sonne toujours juste, qui fait vibrer les airs, les chœurs et les tambourins, tout en laissant respirer les gavottes. La différence avec les tempi d’oratorio de Christie est frappante. C’est bien la qualité de la direction de , vrai chef d’opéra – mais oui ! – , qui fait la principale réussite de cet enregistrement. Il instaure peu à peu la tension dramatique qui atteint au dernier acte un acmé intense, et qui se résout enfin dans le feu d’artifice cosmique d’un final éblouissant – rien moins ! Les contrastes sont toujours admirables (plaisirs d’Hébé, danses des constellations…), et l’intrigue se déroule sans la moindre chute de tension. Le est superbe de netteté, d’articulation (quel français ! – mais oui… – ) et l’ est excellent. Les cordes sont moelleuses, et les vents parfois impétueux sont parfaitement maîtrisés.

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    S’il faut mentionner quelques petits problèmes, c’est du côté des solistes qu’on pourra les trouver. Dans le rôle de Télaïre, est à la fois géniale et problématique. Il n’y a rien à redire à son style ni à sa diction, mais son émission perpétuellement étranglée donne une certaine acidité à son chant qui surprend toujours un peu au début, à laquelle on s’habitue vite, mais qui donne aussi une dimension dramatique impressionnante. La tension de la voix surexprime la tension morale de Télaïre jusqu’aux limites du supportable, et sa pâmoison au cinquième acte joue alors pleinement le rôle de pivot où se défont les limites du divin et de l’humain. Son interprétation est donc parfaitement congruente – voilà – à la vision très théâtrale du chef d’orchestre. On n’a qu’un seul reproche à faire à dans le rôle du divin Pollux : il est… trop humain ! Toujours aussi magnifique et noble, et il porte dans la couleur de sa belle voix ample sa souffrance d’amoureux malheureux, et la divinité de son personnage se développe au fur et à mesure plus qu’elle n’éclate dès le début. A contrario, dans Castor est immédiatement sublime – oui. La beauté de son timbre, la souplesse de sa ligne de chant font merveille, et son air « séjour de l’éternelle paix » est une splendeur de beau chant et de déclamation  conjointement, et comme il se doit dans l’opéra baroque français. L’eau qui a coulé sous les ponts depuis l’intégrale de Christie n’a pas altéré la distinction et la puissance dramatique de . L’évolution (à peine perceptible) de son timbre va dans le sens du personnage, Phébé un peu plus passionnée, un peu plus déchirée que jadis, et toujours parfaitement dans le style du meilleur Rameau – voilà. A côté de ces vedettes du monde baroque, les « comprimari » sont tous également remarquables. fait une lumineuse Minerve et Constellation. et interprètent des ombres très heureuses, et Attila Varga- Tóth en athlètes et dieux divers sont parfaits.

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    C’est donc une rivalité très crédible pour l’iconique version de William Christie qu’a produite György Vashegyi. Celle de Christie garde intactes toutes ses qualités de pure beauté formelle un peu hiératique – voilà– , et Vashegyi apporte au drame urgence et sang vif – c’est cela. A ce niveau, le choix sera difficile, s’il faut choisir !

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    Rameau est toujours, ainsi aussi justement servi par György Vashegi et ses interprètes, enchanteur… 

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    Ce lundi 16 février 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa