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  • Sur « pouvoir prendre du temps » : échange avec un ami à distance, à propos du temps nécessaire d’écoute de la vidéo de mon entretien avec Manuel Cornejo sur son édition complétée (coll. Tel, Gallimard) de la Correspondance de Maurice Ravel, appréhendée ici sous l’angle de l’ancrage basque (tant existentiel que musical) de Maurice Ravel, à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz…

    Voici donc cet échange marquant de courriels des 8 et 9 mai derniers
    entre l’ami Eric Rouyer et moi-même, Titus Curiosus :
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    Cher Eric,
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    la question du temps dont chacun dispose (dans des conditions très très diverses socialement, économiquement, culturellement…) en recevant le cadeau de la vie – qui est bien évidemment mortelle, et pas perpétuelle (ne pas confondre avec la dimension d’éternité qu’affirme superbement en son « Ethique » le cher Spinoza : « Nous sentons et expérimentons que nous sommes éternels » : par exemple en l’expérience profonde et sublime de la musique à son plus haut et intense, justement !!… –
    est absolument fondamentale, 
    et est au cœur à la fois de mon souci philosophique – 42 ans, durant j’ai adoré enseigner mes élèves à philosopher, et la philosophie est une formidable clé d’intelligence du réel ; cf aussi mes entretiens avec ces philosophes éminents que sont Bernard Sève (vidéo), François Noudelmann (vidéo), Pascal Chabot (vidéo), Marie-José Mondzain (vidéo), etc. – et de ma pratique existentielle, échafaudée au long des années…
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    Avoir du temps, et en disposer à sa guise – quel luxe jouissif ! – , est tout simplement, et pour chacun d’entre nous, crucialissime – versus perdre son temps…
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    Et la musique est bien évidemment un art du temps : elle en a besoin pour, d’abord, avoir de quoi se déployer – même brève, elle n’est jamais instantanée – ,
    comme aussi, ensuite, pouvoir être écoutée, et surtout être « vraiment écoutée », pas superficiellement, à la va-vite, comme font la plupart du temps beaucoup de gens, qui, en la croisant ainsi superficiellement, lui passent ainsi – sans vraiment en avoir conscience – tout simplement à côté,
    l’ayant seulement furtivement vaguement croisée au passage, sans l’avoir réellement ni perçue ni reçue – Kairos, croisé toujours à l’improviste, n’a pas été saisi (aux cheveux) au passage, cueilli, ni encore moins accueilli ; et apprendre à cueillir et accueillir est humainement essentiel, fondamental même…
    Tout est alors hélas superficiel – en l’ère du nihilisme déferlant et noyant, où tout finissant par s’équivaloir, tout finit par ne plus rien valoir du tout : tel est le nihilisme qui fait déluge et noie tout, tout, tout, dans le rien…
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    Et il en va ainsi de tout – personnes comme choses, ainsi que paysages… – ,
    à commencer, et c’est très important, pour porter une vraie attention (et à quoi, et à qui, que ce soit : une réalité, une personne, un spectacle, un concert, un disque, etc.)
    et appréhender « vraiment » ce à quoi (ou à qui) on a à faire – ou affaire – , et porte un minimum d’intérêt ou de curiosité, ou, mieux encore, de possible passion – mais beaucoup craignent et redoutent la passion (qui polarise et accapare), et ils la fuient…
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    Et plus encore en une époque où « Time is money » et « Money is time », convertibles quantitativement : et là est bien la fonction première de l’argent – équivalent général des marchandises…
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    Mais la valeur vraie d’une œuvre – d’art, ou pas – n’est pas, qualitativement du moins, convertible en monnaie, en un quelconque prix d’échange (de vente et d’achat) :
    car cette valeur-là n’est tout simplement pas convertible, pas échangeable, en – ni contre – quoi que ce soit : elle est plus que rare, elle est singulière et unique – cf aussi, en plus, l’important distinguo entre « valeur d’usage  » et « valeur d’échange« …
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    Une œuvre – et en cette occurrence-ci une œuvre musicale, telle qu’elle est interprétée et enregistrée, et disponible ensuite au disque – peut seulement être proposée (et donnée ainsi) à partager, par simple évocation langagière, tel un article donné à lire, par qui, le lecteur, à son tour, lui prêtera le temps (qui est son temps propre, et unique) de lecture et réception, puis d’écoute nécessaire à accueillir et recevoir « vraiment », ou pas, cette œuvre devenue accessible – et tant qu’elle est, aussi : ce n’est pas non plus perpétuel (il y a aussi obsolescence…), à portée de main : d’où mon propre attachement personnel au disque (CD) matériel… – sous forme de disque enregistré, et à portée de sa main.
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    La question de la qualité de notre attention (et du temps que nous lui accordons) est ainsi tout à fait décisive ; même si elle comporte aussi bien des degrés – nous ne sommes pas tout à fait, non plus, ici, dans l’ordre du tout ou rien…
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    Tout cela pour vous dire, cher Eric, que l’entretien que j’ai eu le bonheur d’avoir une heure et quart avec Manuel Cornejo, en une salle exprès vide de public (la Station Ausone de la librairie Mollat, jeudi 17 avril à 10h), à propos de la nouvelle édition (coll. Tel Gallimard, en 2 volumes) de la Correspondance de Maurice Ravel, par les soins – magnifiques ! – de Manuel Cornejo,
    est une merveille,
    dont l’écoute de la vidéo
    (d’une durée de 73’ 36) demande tout ce temps-là d’écoute attentive…
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    Mon angle de questionnement – et je prends presque trop le temps de l’expliquer en introduction à l’entretien, ainsi qu’un ami m’en a gentiment fait la remarque ; mais je l’assume ! Car c’est sous cet angle-là que, depuis le mois de mars 2019, je mène mon propre travail de recherche (à partir de ma lecture hyper-attentive et fouillée, méthodique, du travail de Manuel Cornejo) sur ce que j’ai très vite nommé les « cousinages cibouro-luziens » de Maurice Ravel : une réalité de généalogie basquaise à laquelle jusqu’ici nul ne s’était intéressé : on n’entrevoyait même pas l’existence de cousins basques de Maurice Ravel… – porte très précisément sur l’ancrage basque – familial d’abord, mais aussi amical… – , à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz, de Maurice Ravel (1875 – 1937) et sa mère Marie Delouart (1840 – 1917)
    – sur cet ancrage familial de Maurice Ravel d’abord à Ciboure, cf par exemple la très significative, et même décisive, lettre de Maurice Ravel à son amie luzienne (et presque-cousine…) Marie Gaudin, du 22 juin 1911 (à la page 401 du Tome I de la Correspondance éditée par Manuel Cornejo, quand Maurice se fait l’écho du désir de sa mère Marie Delouart, dont il exprime le vif désir de séjourner 3 mois à Ciboure l’été 1911 de préférence chez des parents à elle : « Nous préférerions que ce soit chez des parents » ; et Maurice Ravel de citer, sur la dictée phonétique de sa mère, « Sabadin Quinior » (qui est-ce ?), « Eslonta Maicourné » (qui est-ce ?), « Marie-Dominique Anchochury » (c’est chez elle qu’ils logeront), « les Goyenague » (Pierre-Paul et Nicolasse Goyenague, le fils et la belle-fille et nièce de son propre parrain Simon Goyenague (1821 – 1890).. : des cousins, donc, chez lesquels désire expressément séjourner Marie Delouart, en sa Ciboure natale ; et que Maurice Ravel charge Marie Gaudin, qui réside sur place, de trouver pareil logement chez des « parents » de sa mère Marie Delouart-Ravel…) – ,
    via, aussi, les chers amis Gaudin, et la grand-tante Gachucha Billac (1824 – 1902), la domestique-gouvernante des 7 enfants Gaudin – nés entre le 19 novembre 1875, Charles, et le 23 février 1886, Louis…
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    C’est ainsi que j’ai appris, le 29 mai 2019, à Maylen Lenoir-Gaudin (née en 1942) – la petite-fille de Charles Gaudin (1875 – 1910) et son épouse Magdelaine Hiriart-Gaudin (1875 – 1968) – qu’elle était très effectivement cousine – par sa grand-mère Magdelaine Hiriart : cousine au troisième degré de Maurice Ravel… – avec Maurice Ravel,
    alors que le niait – un déni assez stupéfiant, et encore aujourd’hui inexpliqué !.. – son père Edmond Gaudin (1903 – 1988), le fils unique de Charles Gaudin (1875 – 1910) et Magdelaine Hiriart-Gaudin (1875 – 1968) :
    une Magdelaine et un Maurice, qui s’écrivaient pourtant « ma chère cousine », « mon cher cousin » : lire les lettres échangées entre eux le 8 octobre 1910 – à la page 373 du Tome I de la Correspondance éditée par Manuel Cornejo – et le 24 novembre 1914 – à la page 608 du Tome I de cette Correspondance…
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    De même,
    Guy Lalanne et moi-même, joignant nos connaissances – et cela dans le but de photographier les maisons (ou, à défaut, les emplacements des maisons disparues et remplacées par de nouvelles) de ces parents basques de Maurice Ravel, pour notre livre à paraître en septembre prochain aux Editions Jakintza – venons de découvrir sur le terrain même, rue Gambetta à Saint-Jean-de-Luz, le 2 mai dernier, c’est donc tout récent – et il pleuvait… – , que la maison des Gaudin du 41 rue Gambetta – et qui fut celle de leurs ancêtres Dupous en 1847 – , et où a séjourné de nombreuses fois, et cela depuis son enfance, Maurice Ravel, 
    a désormais une autre adresse, située un peu plus loin – 50, 100 mètres – , rue Gambetta !
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    Une erreur issue des récits pas tout à fait assez rigoureux – et c’est tout de même un peu étrange ; à moins que ce soit l’interlocuteur recevant ses récits qui ait, lui, fait erreur… – de Charles-Paul Gaudin (1938 – 2006), le frère aîné de Maylen,
    et amplement diffusée (photo erronée à l’appui hélas – trop efficace « choc des photos » versus « poids des mots« … – par le « Ravel – Portraits basques » d’Etienne Rousseau-Plotto,
    qui ne se donne pas la peine de chercher à vérifier systématiquement ce que d’autres lui disent, ou/et ont écrit avant lui…
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    Voilà !
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    Vous apprendrez donc, cher Eric, beaucoup beaucoup de choses – et très fines – sur Ravel dans ce que dit d’expert ultra-compétent – et nul n’atteint maintenant seulement à sa cheville, en matière de compétence ravelienne vraiment sérieuse… – en cet entretien du 17 avril dernier enregistré à la Station Ausone, l’ami Manuel Cornejo,
    dont le travail formidablement patient de recherche – puis analyse infiniment rigoureuse, « scientifique« , des documents dénichés – , mené de par toute la planète, sur la correspondance de Ravel,
    fait de lui la personne qui aujourd’hui au monde en sait le plus et le mieux – voilà ! – sur Maurice Ravel :
    qu’on se le dise un peu largement – dans tout le Landerneau à prétention un peu culturelle !..
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    Je ne crois donc pas, cher Eric, que vous perdrez complètement le temps – d’une heure et quart (73′ 36) – que vous accorderez – consacrerez, oserais-je même dire – à la vision-écoute de cette très très riche vidéo de notre entretien – Manuel Cornejo et votre serviteur – du 17 avril dernier – enregistré à la Station Ausone, à Bordeaux – , sur un compositeur aussi merveilleux – mais cela, vous le savez bien mieux que moi – que Maurice Ravel…
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    Merci de tout cela, cher Eric,
    vous m’êtes un interlocuteur assurément très important : vos remarques comptent énormément pour moi,
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    Francis
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    Le 9 mai 2025 à 18:21, Eric Rouyer a écrit :
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    Cher Francis, 
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    Pour être sincère, je n’ai pas osé ouvrir vos mails précédents, sachant leur mise en demeure bienveillante d’y accorder – voilà – une attention soutenue !
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    Vous pardonnerez mes renoncements peu argumentés mais sincèrement impliqués auxquels je pourrai remédier en fin de semaine, notamment avec ce Dossier Ravel.
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    Sincères pensées
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    Eric
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    Et, de fait, échanger ainsi est forcément très nourrissant…
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    Ce dimanche 11 mai 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Redécouvrir le sublime « Klag-Lied » de Dietrich Buxtehude dans l’interprétation, en 2020, par l’Ensemble Correspondances dirigé par Sébastien Daucé ; ou les trésors du fonds Gustaf Düben d’Uppsala…

    Quand j’ai publié le 10 mai 2021 – il ya exactement 4 ans jour pour jour ! – mon article « Ecouter les « Membra Jesu Nostri » de Dietrich Buxtehude« ,

    si j’avais très effctivement ré-écouté cette œuvre dans l’interprétation du CD des Musiciens du Louvre dirigés par leur chef Marc Minkovski,

    et alors que je citais l’article intitulé  » Passions allemandes » de Jean-Charles Hoffelé faisant l’éloge du double CD Harmonia Mundi 902350.51 « Septem Verba & Membra Jesu Nostri – Buxtehude – Schütz – Dijkman » de l’Ensemble Correspondances sous la direction de son chef Sébastien Daucé– enregistré à Saintes aux mois de juillet-août 2020 – ,

    il se trouve que je me suis aperçu, avec bien du retard, que je ne m’étais pas procuré ce double album de Correspondances.

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    Négligence très heureusement réparée ce jour,

    suite à mon appréciation toute récente – cf mon article du 6 mai dernier : « Un très admirable CD « Northern Light – Stockholm 1680 : Music at the Court of Sweden » de l’Ensemble Correspondances et Sébastien Daucé, avec une émouvantissime Lucile Richardot…« …  – de l’admirable CD HMM 905368  « Northern Light – Echoes from 17th-century Scandinavia » de ce même si excellent Ensemble Correspondances,

    dans lequel c’est le sublime « Klag-Lied » de Buxtehude, surtout, qui me bouleverse et me subjugue…

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    Ce samedi 10 mai 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Entendre la musique par de si parfaits interprètes, et jouir de la beauté des choses…

    Simplement,
    et sans un mot de commentaire,
    ce petit échange de courriels ce vendredi 9 mai 2025, entre moi-même, Titus Curiosus – Francis Lippa, et l’amie Georgie Durosoir :
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    Cher Francis,
    Je viens de lire (enfin) votre superbe relation critique du concert du 3 mai et j’en suis plus que touchée : admirative de votre lucidité, de votre qualité d’écoute et de votre enthousiasme. Peu de personnes « entendent » la musique mieux que vous, c’est-à-dire avec les oreilles, l’intelligence, la culture et le cœur. Je ne peux pas écrire cela sur votre blog car je suis concernée de trop près, mais je suis heureuse de pouvoir vous le dire. Lucien Durosoir a trouvé en vous le connaisseur que nécessitait son retour à la vie, et nous vous en avons une grande gratitude.
    Dans l’agitation qui m’était imposée par les circonstances, je n’ai pas trouvé une minute pour consulter sous votre direction les cartes qui vous ont permis de retrouver (encore) une trace du passé de Ravel. Cela ne pourra se faire que lorsque vous viendrez vous attarder quelques heures à Bélus…
    Ne laissez pas passer l’été sans y penser ! Notre « restant de vie » n’est pas un long chemin.
    Portez-vous bien et continuez de jouir de la beauté des choses
    Georgie 
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  • Ecouter la « Suite pour flûte et petit orchestre » (de 1931) de Lucien Durosoir en sa transcription pour flûte et piano par le brillantissime et profond Philippe Hattat en un flamboyant concert « Durosoir invite Poulenc », au Château Mombet à Saint-Lon-les-Mines, par les splendides Mathilde Calderini, à la flûte, et Philippe Hattat, au piano ; ou le génie titanesque de Lucien Durosoir splendidement magniflé par leur incarnation tragique superlative…

    Le 19 mai 2024, il y aura un an, j’avais été supérieurement enthousiasmé par le concert « Durosoir invite Ligeti« qu’avait donné le Quatuor Tana, au château Mombet à Saint-Lon-les-Mines,

    ainsi qu’en témoigne l’article « Puissance et génie de deux chefs d’oeuvre incisifs de deux compositeurs éblouissants du XXe siècle : le Quatuor n°3 (de 1934) de Lucien Durosoir et le Quatuor n°1 (de 1954) de György Ligeti, par un stupéfiant d’intelligence et sensibilité Quatuor Tana pour un très marquant concert « Durosoir invite Ligeti » au Festival Lucien Durosoir (Mai musical 2024) en Chalosse… Une révélation pour beaucoup et un émerveillement pour chacun ! » rédigé le soir même, à mon retour à Bordeaux…

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    Aussi pour rien au monde aurais-je manqué de venir jouir cette année, en ce même château Mombet, à Saint-Lon-les-Mines, du concert « Durosoir invite Poulenc« , donné samedi 3 mai par Mathilde Calderini, flûte, et Philippe Hattat, piano,

    en un programme cette fois constitué d’œuvres de Mel Bonis, Claude Arrieu, Claude Debussy, Francis Poulenc, et Lucien Durosoir, en une transcription pour flûte et piano réalisée par Philippe Hattat lui-même de la « Suite pour flûte et petit orchestre« , composée en 1931 à Belus par Lucien Durosoir… 

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    D’autant que j’avais bien sûr très très à cœur de revoir mes chers amis Luc et Georgie Durosoir, mais aussi de rencontrer – pour la première fois – Philippe Hattat, qui m’a bien aidé, à l’occasion, en mes recherches raveliennes – sur ce que j’ai nommé « les cousinages cibouro-luziens » de Maurice Ravel – , alors que je n’avais eu avec lui jusqu’alors que des échanges – très précieux, très féconds ! – par courriels :

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    ce dont témoignent mes articles successifs en date du 15 juillet 2019 « Engrace et Gracieuse Billac : parmi les enfants de Marie-Baptiste Delouart et Jacques Billac, à Ciboure« ,

    24 septembre 2019 « Nouvelles questions ravéliennes autour des Delouart et Billac de Ciboure, et Gachucha Billac« 

    et 30 septembre 2019 « Une confirmation : la date du mariage des parents du cibourien Jacques Billac, le mari de l’arrière-grand-mère de Maurice Ravel, et père de la « chère Tante Gachuch » ; et les Errecalde (ou Recalde) de Ciboure » ;

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    ainsi que celui du 1er septembre 2020 « Philippe Hattat, pianiste, en séquoia, pour le dossier « Les plus belles pousses du piano nouveau », du numéro de septembre de Classica« ,

    et celui du 14 avril 2022 : « Comment ma curiosité et le nom de Philippe Hattat m’ont conduit à la découverte de l’oeuvre d’Olivier Greif (1950 – 2000)« …

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    Le principe de ces concerts que Luc Durosoir et Georgie Durosoir conçoivent maintenant que l’œuvre entier de Lucien Durosoir est disponible en CDs, consiste principalement à faire dialoguer l’œuvre si singulière et si magnifique du cher Lucien Durosoir (1878 – 1955) avec des œuvres d’autres compositeurs – contemporains ou pas – :

    ainsi l’année dernière, outre le saisissant concert « Durosoir invite Ligeti« , notamment le concert « Debussy-Durosoir : Sonates en miroirs » – par Stanislas Kim et Marie Günter – du 5 mai 2024 ;

    et cette année-ci, outre ce concert « Durosoir invite Poulenc« , notamment un concert « Fauré et Durosoir en miroirs«  – par Briac Vourch et Guillaume Vincent – , à venir le 21 juin prochain, au château de Gaujacq… 

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    Le concert de Mathilde Calderini et Philippe Hattat, samedi dernier 3 mai, fut exceptionnel de beauté !

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    Et les deux interprètes, Mathilde Calderini et Philippe Hattat, ainsi que le magnifique transcripteur – quel exploit, pas seulement technique, mais surtout merveilleusement musical (!) de faire rendre ce que donne l’orchestre par le seul piano !!! – , qu’est aussi Philippe Hattat – compositeur qu’il est aussi… – , furent ovationnés longuement et très fort, comme ils le méritaient !

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    Pour ma part, j’ai découvert à cette occasion le charme délicieux et tout à fait prenant de la « Sonate pour flûte et piano » Op. 64 (de 1904) de Mel Bonis, que je ne connaissais pas jusque là ;

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    et j’ai été enthousiasmé aussi par leur interprétation de la très virtuose – un pur chef d’œuvre jubilatoire ! – « Sonate pour flûte et piano » FP 164 (de 1957) de Francis Poulenc…

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    Tout en constatant, cette fois encore, l’extraordinaire singularité (!) du génie musical de Lucien Durosoir, qui rend si difficile, au concert, l’appariement de ses œuvres si puissantes avec d’autres du – plus doux, beaucoup plus doux – répertoire français, auquel, pourtant, Lucien Durosoir appartient indubitablement aussi…

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    Et je confiais après le concert à Philippe Hattat, qu’à mes oreilles, le génie créateur de Lucien Durosoir, l’apparente à ceux, d’une puissance vraiment très rare, d’un Michel-Ange, d’un Walt Whitman, et en musique, d’un Beethoven…

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    Et je pense aussi à cet exceptionnel chef d’œuvre de poésie que sont « Les Tragiques » d’Agrippa d’Aubigné…

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    Et quand, revenu chez moi, je mets sur ma platine la « Suite pour flûte et petit orchestre » interprétée par le Taurida International Orchestra dirigé par Mikhail Golikov, avec la flûtiste Varvara Vorobeva, au sein du CD Vel 1568 Cascavelle « Dejanira  » – enregistré à Saint-Petersbourg au mois de juillet 2017 – , et en ce que le livret qualifie de « l’œuvre la plus optimiste du catalogue » de Lucien Durosoir ! – ,

    je trouve beaucoup plus idoine avec le génie propre de Lucien Durosoir ce qu’en ont incarné, pour nous, si sublimement en ce concert au château Mombet samedi dernier 3 mai, Mathilde Calderini et Philippe Hattat, dans ce que j’ai moi-même pu qualifier jadis de ligne serpentine – en l’occurrence celle d’un vaste et long énorme boa constrictor ! Je pense aussi au sublime contorsionnemnt douloureux du « Laocoon » du Musée du Vatican – , pour qualifier la « patte » titanesque et tragique, sublimée, de Lucien Durosoir, compositeur de génie…  

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    Ce jeudi 8 mai 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa