Catégorie : Histoire

  • Quelques réactions mieux venues à la disparition de Bernard Stiegler, penseur singulier décidément inclassable

    Bernard Stiegler

    (Villebon-sur-Yvette, 1er avril 1952 – Epineuil-le-Fleuriel, 6 août 2020)

    est décidément un penseur singulier, inclassable

    _ du moins au regard de la plupart des membres de la communauté universitaire,

    dont il n’était pas.

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    Voici trois nouveaux articles _ un peu plus consistants, cette fois _ de réception de la nouvelle du décès de Bernard Stiegler :

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    dans Libération (sous la plume de Valentin Denis et Marie Loslier : Bernard Stiegler, penseur de la génération «Thunberg»),

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    Marianne (sous la plume de Philippe Petit : Mais au fait, c’était quoi la pensée de Bernard Stiegler ?)

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    et La Croix (sous la plume d’Elodie Maurot : Le philosophe Bernard Stiegler est mort).

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    TRIBUNE
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    Bernard Stiegler, penseur de la génération «Thunberg»

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    Par Valentin Denis, étudiant à l’Ecole Normale Supérieure de Paris et Marie Loslier, diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris et diplômée en philosophie
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    — 10 août 2020 à 18:05
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    Bernard Stiegler à Paris, le 24 août 2005.
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    Bernard Stiegler à Paris, le 24 août 2005. Photo Ulf Andersen. Getty Images. AFP

    Le philosophe des techniques, mort jeudi, avait à cœur de transmettre sa philosophie à la jeunesse. Refusant de s’enfermer dans une tour d’ivoire, il n’avait de cesse de penser le réel comme on panserait un monde malade.

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    Tribune.

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    Depuis l’annonce de la mort de Bernard Stiegler, le monde a perdu pour nous encore un peu plus de son sens. Dans l’épais brouillard que constitue notre réalité contemporaine, il était bel et bien de ces penseurs lumineux qui contribuent à rendre le monde plus habitable _ oui.

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    La conjonction de son imagination théorique et de ses engagements pratiques, sa lutte contre l’abêtissement généralisé provoqué par la séparation du «penser» et du «panser», inspirait quotidiennement nos travaux de recherches, mais aussi nos combats.

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    Perdre Bernard Stiegler, à l’acmé de sa force, laisse un trou béant d’où nulle consolation ne peut émerger.

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    Nous ne l’avions rencontré en personne qu’à quelques rares occasions, comme ce soir de novembre à la Sorbonne, lors d’une conférence sur le lien entre objets numériques et objets du désir. Après une brève présentation des organisateurs, il avait d’abord remercié les étudiants qui l’avaient invité et les participants qui étaient venus le voir en cette soirée hivernale ; puis il avait commencé sa conférence : sur l’écran était apparue la tribune du Giec qui nous alertait en 2017 sur la situation dramatique de notre planète. Débuter par ce texte, c’était rappeler que toute pensée digne de ce nom doit se confronter au réel et à son urgence _ voilà. Le reste est vain. Son projet théorique ne se séparait pas d’une attention constante _ oui _ à l’état de la société.

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    Philosophe critique

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    Apprendre sa mort, c’est pour nous dire adieu à une voix inoubliable, qui savait porter au langage les pires maux affrontés par nos sociétés tout en constituant un abri paradoxal : la sagesse de cet homme qui semblait voir clair dans le péril avait quelque chose de réconfortant. C’est dire adieu à un enfant des Trente Glorieuses qui se montrait pourtant si soucieux de laisser aux jeunes générations une Terre habitable ; à un de ceux qui avaient compris que le souci de la transmission, du passage entre les générations, doit être réinvesti par la pensée critique _ oui _ plutôt que d’être jeté en pâture aux forces de la régression nationaliste.

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    À une époque où la jeunesse se sent de plus en plus abandonnée, Bernard Stiegler était de ceux qui lui donnaient des raisons d’espérer.

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    En un sens, son attitude évoquait ce que Theodor W. Adorno et Max Horkheimer, entourés aussi de Herbert Marcuse ou Walter Benjamin, avaient appelé dans les années 1930 la « Théorie critique » – projet interdisciplinaire visant à faire enfin travailler de concert les différentes sciences sociales en vue de produire une critique immanente des sociétés capitalistes. Plutôt que d’enfermer la philosophie dans sa cage de fer, dans ses systèmes clos et ses concepts figés, il fallait partir de notre réalité brisée, décrite par des savoirs empiriques, pour rendre la société adéquate à ses propres désirs d’émancipation. Ces théoriciens œuvraient dans ce qui s’appelle encore, à Francfort, un Institut de recherche sociale – nom que celui de l’Institut de recherche et d’innovation, fondé par Stiegler en 2006, n’est pas sans évoquer. Avec lui, la philosophie recherchait une véritable actualité, au sens où l’entendait Adorno dans sa leçon inaugurale à Francfort en 1931.

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    Encore aujourd’hui, ce n’est plus à la philosophie de nous apprendre, de l’extérieur, quelque chose sur le réel : c’est le réel qui s’impose à la philosophie, laquelle doit s’y mesurer _ voilà _ si elle veut pouvoir en dire quelque chose de vrai _ oui.

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    Figure de la jeunesse écologiste et militante

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    Chez Stiegler, le travail incessant de mise en relation des savoirs _ oui _, à la croisée de la philosophie, de l’anthropologie, de la psychologie, de la sociologie, de l’économie mais aussi de la physique et de la biologie, montrait aux étudiants en philosophie d’aujourd’hui qu’il ne saurait y avoir de salut pour leur discipline dans une tour d’ivoire ; à tous ceux qui croient que les sciences humaines peuvent quelque chose contre l’époque de crises dans laquelle nous entrons, il affirmait la nécessité d’un dialogue permanent _ oui _ entre elles, comme en témoignait la formation récente du collectif Internation, rassemblant des chercheurs et des chercheuses de toutes disciplines et de tous pays.

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    Mais Bernard Stiegler n’était pas qu’un intellectuel pour spécialistes. Son parcours hors normes continue d’impressionner tous ceux qui le découvrent, aussi bien pour sa puissance romanesque que pour la force d’âme qu’il manifeste. Soucieux de la diffusion de sa pensée, il fut aussi un homme de parole, de conférences et de radio, plus hostile à la télévision dont il dénonçait bien souvent la toxicité.

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    Ses récents entretiens pour Thinkerview l’ont amené à rencontrer des jeunes issus de ce qu’il appelait la «génération Thunberg» depuis son dernier ouvrage, le second volume d’une série intitulée Qu’appelle-t-on panser ? – titre qui rend hommage aussi bien à Heidegger qu’à Derrida, maîtres qu’il n’aura eu de cesse de citer, mais aussi de critiquer _ c’est-à-dire continuer à penser, à partir d’eux _, puisque c’était pour lui la seule manière de se rendre digne de leur héritage. Il devenait une des figures intellectuelles tutélaires de la jeunesse écologiste militante, qui trouvait enfin une voix contrebalançant celles des éditocrates de plateaux télévisés l’invitant à retourner en classe pour apprendre sagement les lois inéluctables du marché.

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    Panseur des maux

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    Oui, ses concepts étaient exigeants ; mais comme il le soulignait lui-même, la véritable réflexion ne peut se développer dans le langage de la communication. Pour lui comme pour Derrida, toute pensée était d’abord une expérimentation dans l’écriture _ oui. Et c’est grâce à ce langage proprement philosophique qu’il parvenait à mettre le doigt sur les maux les plus cruciaux de nos sociétés.

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    Médecin de la civilisation, il aimait rappeler, après Nietzsche, que la pensée ne commence pas tant par l’étonnement que par l’effroi _ voilà. Face à cette société malade, qui reproduit aveuglément les conditions de sa propre destruction, Stiegler a réussi à dévoiler pour nous l’ambivalence _ oui _ des techniques en tant qu’elles sont profondément liées au destin de l’humanité.

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    Sans doute n’y a-t-il qu’une manière de rendre hommage au «panseur» qu’il fut : continuer à penser pour soigner le monde malade qui est le nôtre, en développant les organes qu’il avait lui-même élaborés dans cette optique.

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    A nous de le lire, de l’écouter. A nous d’écrire. A nous, encore, de nous battre pour enfin «bifurquer» face aux catastrophes qui viennent. S’il est vrai, comme l’écrivait Walter Benjamin en 1940 peu de temps avant sa mort, qu’une révolution contre le capitalisme et son avorton fasciste rachèterait du même coup tous ceux qui, dans le passé, luttèrent pour une société émancipée, alors peut-être Bernard Stiegler pourra-t-il savourer, lui aussi, cette échappée belle pour laquelle il a tant œuvré.

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    Sa mort nous laisse un monde un peu plus sombre ; mais c’est aussi grâce à sa lumière que nous pouvons continuer à l’éclairer.

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    En attendant ces jours meilleurs, le phare qu’il était continuera de nous guider, vulnérables esquifs tentant de rejoindre la terre ferme par gros temps.

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    Valentin Denis étudiant à l’Ecole Normale Supérieure de Paris , Marie Loslier diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris et diplômée en philosophie

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    – Patxi Beltzaiz / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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    Nécrologie
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    Mais au fait, c’était quoi la pensée de Bernard Stiegler ?

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    Le philosophe Bernard Stiegler est mort

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    Le Collège international de philosophie a annoncé jeudi 6 août le décès de Bernard Stiegler, à l’âge de 68 ans. « La Croix » avait rencontré en 2017 ce penseur. L’occasion d’entamer une méditation sur l’art d’habiter et approfondir sa réflexion sur les territoires et leur mise en réseau.

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    • Élodie Maurot,
    • le 11/08/2017 à 06:55
    • Modifié le 07/08/2020 à 11:54

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    Lecture en 6 min.

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    Le philosophe Bernard Stiegler est mort

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    Bernard Stiegler, philosophe français, est décédé le 6 août 2020.JOSEPH MELIN POUR LA CROIX

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    « Le Collège international de philosophie a la tristesse de faire part de la disparition du philosophe Bernard Stiegler. Un contemporain hors du commun, qui a cherché à inventer une nouvelle langue et de nouvelles subversions. », c’est ainsi que l’on apprenait le décès de l’intellectuel Bernard Stiegler, jeudi 6 août.

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    [ARCHIVE] Article paru le 11 août 2017

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    Difficile d’imaginer environnement plus paisible. L’extérieur, une mare ourlée de verdure, où glissent un majestueux cygne blanc et quelques canards… L’intérieur, un ancien moulin du XXe siècle, grand cube percé de baies vitrées, où le philosophe Bernard Stiegler a aménagé un loft lumineux aux tons crème, dans l’esprit de l’architecture industrielle d’un Mallet-Stevens. Belles hauteurs sous plafond, escaliers métalliques minimalistes qui laissent les perspectives ouvertes, hautes portes coulissantes en bois et en verre rappelant les intérieurs japonais…

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    Un lieu pour vivre et penser

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    À Epineuil-le-Fleuriel, petit village du Cher et patrie du Grand Meaulnes, Bernard Stiegler a aménagé, avec son épouse Caroline, ce lieu pour vivre et penser. « J’aime la nature et les paysans. J’ai absolument besoin de voir les arbres et le ciel, mais je suis un moderniste, raconte-t-il. Je n’avais pas envie de vivre dans une maison rurale pittoresque avec une grande cheminée… Là, ça a été un compromis. »

    Digne d’une revue d’architecture, la maison bénéficie d’une décoration soignée, mais sans ostentation. Peintures abstraites, sculptures, dessins dialoguent avec les livres, offrant un refuge de culture. D’autres objets plus énigmatiques, comme ces algues et fleurs de cocotiers séchées dont les lignes brunes dessinent des sculptures très graphiques, invitent à une évasion poétique. On s’y sent ici et ailleurs.

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    Le moulin, qui appartenait à la famille de sa femme, était à l’abandon depuis les années 1970 « lorsque les grands moulins ont décidé de tuer les petits et de prendre le monopole de la farine boulangère », précise-t-il. Les arbres avaient envahi le bief, les ronces la maison. Tout était à imaginer et à créer. Comme une métaphore du travail du philosophe.

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    Dans ce berceau paisible, loin du tumulte des grandes métropoles mondiales où il se rend régulièrement, Bernard Stiegler peut penser la crise totale que traversent les sociétés occidentales, et ce qu’il appelle la « disruption », ce phénomène d’accélération de l’innovation technologique qui les conduit au point de rupture.

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    Dans son dernier livre (1), il en a donné une description impressionnante, mettant en lien les effets des industries culturelles et des médias de masse, mortifères par leur manière de capter l’attention, d’appauvrir la culture, de formater _ voilà _ les désirs et de libérer le pulsionnel dans un « processus de désinhibition », et ceux de la révolution numérique, qui provoque une synchronisation, une standardisation _ uniformisante _ et un contrôle sans précédent des comportements.

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    Savoir-faire qui se perdent, liens sociaux qui se délitent, transmission entre générations qui ne se fait plus : les symptômes de la crise sont nombreux _ en effet. Pour Stiegler, ce véritable burn-out collectif explique la prolifération des comportements barbares ou auto-destructifs (et notamment la violence djihadiste), « passages à l’acte d’individus devenus littéralement fous ».

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    Le diagnostic est lourd, le « malade » possiblement incurable, mais le philosophe s’est engagé dans l’élaboration d’une thérapeutique, à même de lutter contre cette « nouvelle forme de barbarie comme consumérisme et vénalité généralisée ». « L’optimisme et le pessimisme, dans de telles circonstances, sont indignes, indécents et lâches », juge-t-il. L’impératif est « d’être courageux ».

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    Or il se trouve que pour Bernard Stiegler, le courage est aussi une affaire de lieux _ oui ; et de leur génie… « Il est des lieux qui rendent courageux, comme les lieux de culte, qui sont là pour donner de la force, ou l’architecture de la Grèce ancienne. Heidegger les désigne par le terme de Lichtung : ce sont des clairières. » Des clairières dans l’obscurité et la dureté des temps. « Ils vous donnent le sentiment que l’absolument improbable devient possible. »

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    « J’ai beaucoup réfléchi à ce que veut dire habiter, insiste le philosophe, qui a vécu enfant en milieu rural, sur le plateau de Villebon, avant de rejoindre les tours du grand ensemble de Sarcelles. Je suis réputé pour travailler sur la technique et le temps, mais en réalité mon travail part de la mémoire et du lieu. » _ affirmation cruciale. Nul besoin d’évoquer trop longuement son parcours atypique et son virage tardif vers la philosophie, aidé par les philosophes Gérard Granel et Jacques Derrida, après cinq années de prison pour braquage de banques dans les années 1970. « Je me suis toujours dit qu’après ces cinq années de non-habitat, de non-habitable, j’aurais un habitat », glisse-t-il.

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    L’esthétique ne fait pas tout.

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    À Epineuil-le-Fleuriel, le philosophe, qui ne cache pas être régulièrement victime d’épisodes dépressifs, parvient à surmonter l’angoisse. « Le lieu est beau et réconforte à soi seul », glisse-t-il. Mais l’esthétique ne fait pas tout. Le bon lieu est surtout celui qui permet de retrouver des « capacités », de « déployer une manière de se projeter » _ et s’épanouir vraiment : à la Spinoza. « Pour produire du courage, il faut des lieux encourageants, des communautés encourageantes. À partir de là, tout lieu, même lorsque c’est un non-lieu comme la prison, peut avoir une vertu : la vertu de projeter dans ce qui n’existe pas encore. » _ par imageance féconde.

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    Cette projection dans l’avenir, cette créativité, Bernard Stiegler s’y oblige car les temps l’exigent. En 2005, il a créé l’association Ars Industrialis pour imaginer des réponses concrètes au mal du siècle, une « économie contributive » qui utiliserait à bon escient les nouvelles technologies, dans un esprit démocratique _ oui _, tout autre que celui des princes de la nouvelle économique numérique.

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    Une académie d’été pour chercheurs venus du monde entier

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    Pendant quelques années, Epineuil fut son terrain d’expérimentation. En 2010, il s’y installe à temps plein, accompagné de sa femme et de ses deux plus jeunes enfants, « avec la résolution très ferme de m’impliquer sur ce territoire, de construire un nouveau rapport à la localité ». Pour aider les jeunes du coin, il pense d’abord à créer un collège, mais abandonne devant la complexité de la mise en œuvre.

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    Son projet se transforme en un cours de philosophie sur Platon, qu’il déploie en même temps sur Internet. Il développe aussi un séminaire de recherche et une académie d’été pour chercheurs venus du monde entier.

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    Après cinq années au village, la famille est pourtant rentrée à Paris. « J’ai dû renoncer à vivre ici à cause de nos enfants. Ils étaient en train de s’enliser dans un système scolaire défaillant, pas du fait des personnes, mais d’un ensemble de causes _ instituionnelles _, confie le philosophe. Et pourtant, je ne suis pas du genre à renoncer. »

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    La tragédie de la « diagonale du vide » française

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    Cet « ensemble de causes », dont le philosophe n’a pas fini de tirer les enseignements, c’est la tragédie de la « diagonale du vide » française : le chômage massif qui frappe la région, l’absence d’avenir qui plongent familles et territoires dans la dépression. « Dans la classe de ma fille, qui était au collège à Montluçon, trois jeunes ont fait des tentatives de suicide en une année », alerte-t-il.

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    Le philosophe a le souci de ne blesser personne, mais pense qu’il est aussi temps de témoigner de la désespérance qu’il a rencontrée. « Beaucoup de Montluçonnais se battent pour inverser la tendance, mais ce n’est pas un problème individuel. C’est un problème de portance _ oui. Ici, on n’atteint pas le seuil critique qui fait que l’on se dit qu’on peut élever ses enfants et leur donner un avenir. »

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    Le philosophe Bernard Stiegler est mort

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    Cette expérience ratée l’a toutefois encouragé dans une piste philosophique. Bernard Stiegler a renoué avec la réflexion sur la cosmologie, qui fut chez les anciens « une pensée des échelles », recherchant la bonne articulation entre microcosme et macrocosme. Plus que jamais, il est convaincu qu’il faut repenser l’agencement du local, du régional, du national et de l’Europe, « et que l’on peut utiliser intelligemment le réseau pour cela ».

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    À Epineuil comme en Seine-Saint-Denis – où il est engagé dans un projet d’expérimentation autour de l’économie contributive –, Bernard Stiegler plaide pour l’invention d’une politique territoriale audacieuse. « Les urbanistes prédisent que les villes vont devenir de plus en plus grosses, mais ce n’est pas soutenable, prévient-il. Il faut réinvestir les territoires inoccupés et mettre les lieux en réseau. » _ oui.

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    Reconstruire un monde commun

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    1952. Naissance à Villebon-sur-Yvette (Essonne).

    Dans les années 1970, il exerce différents métiers (ouvrier agricole, manœuvre…), puis ouvre un bistrot musical à Toulouse, où il invite des musiciens de jazz. Parmi ses clients, le philosophe Gérard Granel, professeur à l’université de Toulouse.

    1978-1983. Incarcération à la prison Saint-Michel de Toulouse, puis au centre de détention de Muret, pour braquage de quatre banques. Gérard Granel obtient d’avoir des livres en prison. Bernard Stiegler reprend des études, en philosophie.

    1984. Directeur de programme de recherche au Collège international de philosophie.

    1988. Enseignant à l’Université de technologie de Compiègne.

    1993. Thèse sous la direction de Jacques Derrida.

    1994. Publie son premier livre La Technique et le Temps. La Faute d’Epiméthée (Galilée).

    1996. Directeur général adjoint de l’Institut national de l’audiovisuel (INA). En 2002, il devient directeur de l’Ircam.

    2003. Aimer, s’aimer, nous aimer : du 11 septembre au 21 avril (Galilée). Puis en 2004, Mécréance et discrédit (Galilée) et De la misère symbolique (Flammarion).

    2005. Cofonde l’association Ars Industrialis.

    2006. Fonde l’Institut de recherche et d’innovation (IRI) du Centre Pompidou. Publie La Télécratie contre la démocratie (Flammarion).

    2008. Prendre soin. De la jeunesse et des générations (Flammarion). Puis en 2010, Ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue (Flammarion).

    2013. Pharmacologie du Front national (Flammarion).

    2015. La Société automatique (Fayard).

    (1) Dans la disruption. Comment ne pas devenir fou ? Les Liens qui libèrent, 470 p., 24 €.

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    Voilà.

     

     

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    Une singularité rare.

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    Ce mardi 11 août 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Daniel Cordier a 100 ans aujourd’hui

    L’anniversaire des 100 ans de Daniel Cordier

    (né à Bordeaux le 10 août 1920)

    _ que quelques uns célèbrent : cf l’article du Figaro Castex célèbre les 100 ans du résistant Daniel Cordier _

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    est une bonne occasion de rappeler l’étonnant parcours de cet homme,

    tout particulièrement en 1940, et ce qui s’ensuivit ;

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    ainsi que les passionnants témoignages de souvenirs que Daniel Cordier nous en a donnés :

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    Merci !

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    Ce lundi 10 août 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le grand et beau Ramiro Arrue du Trinquet Maitena à Saint-Jean-de-Luz, vendu aux enchères le 8 août dernier…

    Hier samedi 8 août 2020,

    a été vendu aux enchères par l’Étude luzienne Lelièvre-Cabarrouy

    un tableau de grande dimension (de 3 mètres de long) de Ramiro Arrue

    (Bilbao, 20 mai 1892 – Saint-Jean-de-Luz, 1er avril 1971),

    « Fête au Pays basque avec danseur au gilet rouge« ,

    réalisé tout spécialement, en 1934, pour le Trinquet Maitena à Saint-Jean-de-Luz.

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    Saint Jean-de-Luz, où Ramiro Arrue s’est installé en 1917,

    et a vécu le reste de sa vie.

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    Et où une place, proche de ce Trinquet Maitena _ par la très tranquille rue du Midi _ porte désormais son nom.

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    Par la plume d’Olivier Darrioumerle,

    le journal Sud-Ouest nous fait part de cet événement luzien

    en l’assortissant d’une vidéo de 5′ 12…

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    Une belle œuvre, marquante,

    de ce peintre important du pays basque. 

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    Ce dimanche 9 août 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Camilo Goya, le petit frère de Francisco, « capellan » à Chinchon

    Sur El Mundo, le 3 août dernier,

    je remarque un article _ signé JAVIER BLÁNQUEZ _ consacré au petit frère de Francisco Goya, Camilo Goya :

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    El hermano capellán de Goya que acabó en Chinchón por los tejemanejes del pintor con las altas esferas

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    El hermano capellán de Goya que acabó en Chinchón por los tejemanejes del pintor con las altas esferas

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    Lunes, 3 agosto 2020 – 02:45
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    Camilo Sesto (según algunos historiadores), pintado por su hermano...

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    Camilo Sesto (según algunos historiadores), pintado por su hermano Goya, obra que se encuentra en el Museo Zuloaga.

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    Cuando Francisco de Goya fue llamado a Madrid por Raphael Mengs para trabajar al servicio de la corte, al pintor le sobrevinieron dos preocupaciones, una de tipo profesional y la otra en el ámbito familiar. La primera, lógicamente, tenía que ver con sus cualidades : era un joven artista de provincias, con un talento superior al de sus contemporáneos, que tenía la posibilidad de prosperar, ganarse el favor de sus patronos y consolidar su carrera, algo que consiguió con honores de genio y con el premio de la inmortalidad. Pero también tenía Goya una cuita de tipo personal, mucho más íntima y que habría permanecido prácticamente desconocida si no fuera porque la expresó por escrito en sus cartas dirigidas a su buen amigo Martín Zapater, felizmente conservadas y que han permitido obtener, a posteriori, un retrato humano más completo del pintor.

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    Esa preocupación consistía en el bienestar de su madre, Gracia Lucientes, a la que había dejado en Zaragoza, y también el de su hermano Camilo, al que tenía por el más querido de entre los cinco que tuvo _ c’est à relever. Camilo había nacido en 1752, y era el más joven ; había sobrevivido a Mariano, el hermano nacido justamente después de Francisco de Goya, y que murió siendo niño. Ese vacío fraternal entre Francisco y Camilo hizo que el hermano mayor le cobrara un afecto particular al benjamín de la familia, que siendo muy joven decidió llevar una vida religiosa e iniciar los estudios en el seminario para ordenarse sacerdote.

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    Autorretrato de Goya, expuesto en el Museo del Prado.

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    Autorretrato de Goya, expuesto en el Museo del Prado.

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    Goya viajó a Madrid en 1775, cuando tenía 29 años y su hermano Camilo, que ya había comenzado sus estudios de teología en la Universidad de Zaragoza, 23. Recibiría la tonsura – el primer paso previo a los estudios sacerdotales, que siguió cursando – un año después, y esa divergencia de caminos, por lo que se desprende de su correspondencia, entristeció mucho a Goya. Sus ocupaciones en la corte le impedían regresar a Zaragoza con regularidad, así que tan pronto como comenzó a ganarse el favor de algunos nobles y políticos de la corte hizo lo posible _ voilà _ para conseguir el traslado de Camilo a Madrid y, a poder ser, también el de su madre, a la que echaba de menos.

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    El talento artístico y la capacidad diplomática de Goya tuvieron su recompensa, al menos en lo que se refiere a Camilo. Hizo amistad con el conde de Floridablanca, al que pintó su retrato cuando era secretario de estado de Carlos III, y también con el infante Luis de Borbón, que finalmente sería el intercesor a favor de Goya y su reclamación a partir de 1783, cuando ya era uno de los artistas más preciados de Madrid. Por entonces, Camilo Goya tenía la aspiración de completar sus estudios en Toledo, aunque su proceso de ordenación como sacerdote discurrió por un cauce más rápido. A partir de esa fecha se trasladó a la capital _ voilà _ y convivió durante un tiempo con su hermano, y en el plazo de unos pocos meses obtuvo toda la titulación necesaria para ser ordenado. En 1784 había pasado todos los exámenes, culminó sus ejercicios espirituales y rápidamente ascendió de subdiácono a diácono, y de ahí a presbítero.

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    La plaza Mayor de Chinchón. Al fondo, la iglesia parroquial de Nuestra Señora de la Asunción, donde estuvo Camilo.
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    La plaza Mayor de Chinchón. Al fondo, la iglesia parroquial de Nuestra Señora de la Asunción, donde estuvo Camilo.EL MUNDO

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    A sus 30 años, a una edad en la que la mayoría de aspirantes a religioso aún no habían completado su ciclo formativo, Camilo ya había terminado todos los estudios necesarios para ingresar en una parroquia y ejercer como capellán ; por supuesto, la sospecha de que hubo trato de favor es evidente _ oui. Lo hizo en Chinchón, relativamente cerca de Madrid, lo que le permitió a Francisco de Goya mantener el contacto con su hermano y visitarlo a menudo _ voilà. Llegó a tener casa en esa localidad, y también trabajó en obras pictóricas, una de las cuales se conserva en la iglesia parroquial de Nuestra Señora de la Asunción de Chinchón, de ahí que la magnífica obra que figura tras el altar se conozca como La Asunción de Nuestra Señora, o La Asunción de la Virgen, completada en 1812.

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    La vida de Camilo fue plácida, discreta y religiosa. Obtuvo el beneficio de poder desplazarse fuera de la parroquia con regularidad, y pudo mantener el contacto con su hermano ; esos son todos sus hechos notables. Murió en 1828, a los 66 años, apenas cinco meses después de que falleciera Francisco de Goya _ et c’est aussi à relever. La unión fue estrecha hasta el final, y en su testamento, escrito pocos años antes de su final, había decidido legar sus pocos bienes – una cantidad modesta de dinero y objetos de la iglesia – a su sobrino Francisco Javier, el hijo menor de Goya.

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    Merci de cet article.

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    Ce vendredi 7 août 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa