Catégorie : Histoire

  • Une splendide redécouverte de Marco Horvat (et Faenza) : Charles Coypeau Dassoucy (1605 – 1677)

    Les Éditions Hortus nous font un splendide cadeau musical

    avec le merveilleux CD Hortus 169 des Airs à 4 Parties du Sieur Dassoucy,

    de l’Ensemble Faenza

    et son directeur Marco Horvat.

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    Airs à quatre parties du Sieur Dassoucy

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    Jusqu’ici,

    Charles Coypeau Dassoucy (Paris, 16 octobre 1605 – Paris, 29 octobre 1677)

    demeurait un nom

     à peine entr’aperçu en quelques textes

    _ divers,

    y compris autobiographiques ! : Les Aventures, Les Aventures d’Italie, Les Pensées, La Prison de Dassoucy… ;

    ou de recueils poétiques siens : L’Ovide en belle humeur, Les Rimes redoublées…  _

    du XVIIe siècle ;

    …

    ou l’image d’un musicien itinérant, accompagnant quelque temps _ en Languedoc _,

    « un luth sur l’épaule et un sourire aux lèvres« , la troupe de L’Illustre Théâtre

    dans le _ marquant ! _ film Molière (en 1978) d’Ariane Mnouchkine…

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    Et voici que,

    grâce à Marco Horvat,

    la musique Dassoucy nous parvient enfin !

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    Ce qui me rappelle, très personnellement,

    ma propre joie _ alors que je ne suis même pas musicien ! _ d’avoir participé _ par mon travail de recherche, en 1994-95, pour La Simphonie du Marais _ à donner à entendre _ au CD, en 1996 _

    l’unique œuvre parvenue jusqu’ici _ un hapax donc ! _ d’un musicien contemporain de Dassoucy,

    et mieux encore, et surtout, ami de lui :

     

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    le luthiste et chanteur Pierre de Nyert !

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    Et ayant accompli, comme Dassoucy, le voyage d’Italie !

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    Et pour des raisons totalement musicales :

    y parfaire son art…

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    Pierre de Nyert fut aussi le maître de chant du grand Michel Lambert (1610 – 1696) _ le futur beau-père de Lully…

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    Ainsi que de la plupart des chanteurs de la cour…

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    Du bayonnais Pierre de Nyert

    (Bayonne, 1597 – Paris, 1682, premier valet de chambre des rois Louis XIII et Louis XIV,

    et choisi à ce poste par Louis XIII pour ses talents de luthiste et chanteur ! dont celui-ci désirait jouir en permanence auprès de lui),

    …

    il s’agissait

    de l’air Si vous voulez que je cache ma flamme,

    interprété par Bernard Deletré et La Simphonie du Marais, direction Hugo Reyne,

    en le CD EMI Virgin Un Portrait musical de Jean de La Fontaine, en 1996

    _ dont je suis pour une très large part, par mes recherches, l’auteur du programme…

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    « Une redécouverte » :

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    ainsi intitule son texte de présentation dans le livret du CD Dassoucy

    Marco Horvat :

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    « Si nous avons bien vocation _ oui ! _, en tant qu’interprètes de musique ancienne, à redonner vie _ voilà ! _ à des musiques oubliées, il est bien rare que nous ayons le plaisir d’accéder à des corpus jamais étudiés ni interprétés. (… Et)

    la découverte d’œuvres non répertoriées est devenue rarissime. Quand cette découverte répond, de surcroît, à une attente de plusieurs décennies, l’émotion est alors à son comble.

    C’est pourquoi le jour où Frédéric Michel _ claveciniste, pédagogue et chercheur infatigable _ m’envoya une copie numérique du dessus manquant des Airs à 4 Parties du Sieur Dassoucy _ partie de dessus offerte en 2015 à la Bibliothèque de l’Arsenal par Jean-Robert Henry ; ce livre d’Airs était paru chez l’imprimeur Ballard, en 1653 _, mon sang ne fit qu’un tour et je sus immédiatement qu’à moins d’une mauvaise surprise sur la qualité de cette musique, je me devais, avec Faenza, d’en réaliser l’enregistrement.

    Le personnage de Dassoucy a _ en effet _marqué mon imaginaire d’adolescent, lorsque je l’ai « croisé » pour la première fois _ en 1978 _ dans le film Molière  d’Ariane Mnouchkine où on le voit accompagner quelque temps _ en 1655 _ la troupe de L’Illustre Théâtre, un luth sur l’épaule et un sourire aux lèvres« . (…)

    Il est bien difficile _ faute de documents autobiographiques _ de se faire une idée _ un peu précise et riche de détails _ du vécu d’un musicien de l’Ancien Régime. (…) Les données biographiques sont rarement suffisantes _ en effet _ pour nous ouvrir une fenêtre sur leur intimité _ voilà. S’il n’est pas indispensable de connaître la vie d’un compositeur pour comprendre sa musique, il n’est pas indifférent de savoir qui il était, comme c’est le cas pour Dassoucy, bon vivant, joueur, colérique, moqueur, froussard ou fidèle à ses amis.

    Il est _ ainsi _ plaisant de voyager avec lui _ en Languedoc, en Savoie, en Italie (Turin, Mantoue), à Rome _ d’auberges en demeures aristocratiques, passionnant de connaître _ aussi _ son avis sur d’autres compositeurs, ou son goût _ affirmé _ pour la musique populaire. (…)

    Dans de nombreux extraits de son autobiographie, en plus de nous amuser par des descriptions cocasses, Dassoucy nous renseigne sur les conditions d’interprétation _ voilà _ de la musique de son époque. Mais là où son apport littéraire devient particulièrement touchant, c’est lorsque, tel un compositeur romantique avant la lettre _ en effet _, il entrouvre _ aussi _ pour nous les arcanes de la création artistique et nous en révèle les affres. (…)

    Travailler sur les airs de Dassoucy tout en relisant ses mémoires m’a donné pendant quelques semaines l’illusion d’être plus proche de lui et a constitué un antidote au doute que je ressens bien souvent quant à la légitimité de nos interprétations, à nous musiciens du XXIe siècle qui ne pouvons (…) faire aux compositeurs du XVIIe siècle « l’honneur de les venir voir » » _ pour nous entretenir très pragmatiquement avec eux.

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    Les 7 pages _ pages 7 à 13 du livret _ du texte « Charles Coypeau Dassoucy » de Nathalie Berton-Blivet

    sont bien sûr passionnantes

    par leur irremplaçables précisions musicales !

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    On y découvre comment l’œuvre de Charles Coypeau Dassoucy (1605 – 1677)

    se situe entre celles de ses prédécesseurs

    que sont Pierre Guédron (1570 – 1620) et Antoine Boesset (1587 – 1643),

    ou contemporains, tel Étienne Moulinié (1599 – 1676),

    …

    et la musique qui va naître sous le règne de Louis XIV… 

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    « L’enregistrement des Airs à quatre parties de Dassoucy que propose l’ensemble Faenza permet _ enfin _ de redécouvrir les talents d’un compositeur dont toutes les autres œuvres musicales sont aujourd’hui _ pour le moment _ perdues. Les Airs de 1653 virent le jour à une époque charnière _ voilà ! _, au cours de laquelle se généralisa la pratique de la basse continue _ c’est très important. Héritiers _ oui _ de la longue tradition de l’air de cour polyphonique, illustrée par des compositeurs tels que Pierre Guédron ou Antoine Boësset, certains airs comme Doux objets de mes sens ou le magnifique C’est trop délibérer, se caractérisent encore par une pensée contrapuntique. D’autres airs révèlent une pensée déjà plus harmonique, comme Vous m’ordonnez, belle Sylvie, une composition où les différentes voix évoluent de manière homophonique. Dassoucy, en musicien attentif au texte qu’il mettait en musique, veillait à ménager certains effets et savait particulièrement bien tirer parti de ces deux types d’écriture qui ne s’excluaient nullement. En témoigne l’air Il s’en va, l’amant infidèle, où la fuite est évoquée systématiquemùent dans la première partie par une écriture fortement contrapuntique, où les voix sont en décalage (Il s’en va, l’amant infidèle / Il fuit et sa rigueur cruelle), en fort contraste avec les affirmations Et vainement je suis ses pas / Refuse de voir mon trépas, lesquelles reposent sur une écriture plus harmonique. »

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    Cela s’entend fort bien.

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    Et nous avons bien dans l’oreille diverses interprétations de ces compositeurs du premier dix-septième siècle ;

    ainsi, bien sûr, que de celles qui apparaissent en ce milieu du siècle en France,

    notamment à la Cour du jeune Louis XIV… 

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    Un CD magnifique à tous égards

    que ce CD Dassoucy !

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    Ce mercredi 13 mars 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’événement de la publication de l’Intégrale de la Correspondance (1895-1937), écrits et entretiens de Maurice Ravel, aux Editions Le Passeur : à marquer d’une pierre blanche !

    L’intégrale de la Correspondance (1895-1937), écrits et entretiens de Maurice Ravel

    _ un ouvrage de 1770 pages _,

    par Manuel Cornejo, chez Le Passeur Éditeur,

    vient de remporter le Prix du Jury

    du Prix France Musique des Muses.

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    C’est là, en effet, une publication d’une importance majeure !

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    En voici la quatrième de couverture :

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    Maurice Ravel (1875-1937) est le compositeur français le plus joué _ voilà ! _ et apprécié dans le monde _ rien moins ! Son Bolero l’a élevé au statut de véritable mythe. Publier sa correspondance, dont la plus grande partie est inédite _ en effet : le travail de recherche de Manuel Cornejo a été considérable : la Préface en fait une rapide narration _, est un événement _ oui ! _ qui dépasse le seul cadre de l’histoire de la musique française _ et concerne l’universel… Il touche l’ensemble du patrimoine culturel. Cet ouvrage offre pour la première fois l’ensemble le plus complet jamais réalisé des écrits publics et privés de Maurice Ravel : 2539 lettres et 148 écrits et entretiens, dont certains traduits de diverses langues étrangères. L’édition scientifique exceptionnelle _ oui ! _, réalisée par Manuel Cornejo au long de deux décennies, éclaire de manière particulièrement vivante _ oui _ la vie _ extrêmement discrète _ et la personnalité _ pudique et quasi secrète, énigmatique… _ du musicien. Le lecteur pourra apprécier l’esprit étonnant de Ravel, la concision de son écriture _ oui ! _, sa générosité, ses doutes, et bien d’autres découvertes encore. L’ouvrage est enrichi de nombreuses annexes, d’une chronologie détaillée qui est un véritable apport à la biographie _ sans filtres s’interposant _ de Maurice Ravel _ voilà ! _, et d’une vingtaine de fac-similés.

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    Un travail de très grande envergure

    _ et absolument passionnant !!! _

    pour un génie créateur tout à fait singulier

    _ et une création musicale éclatante de charmes…

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    Ce mardi 12 mars 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La très belle Missa Sancti Pauli de Francesco Bartolomeo Conti, à Vienne (1715)

    Francesco Bartolomeo Conti (Florence, ca. 1681 – Vienne, 1732)

    est un compositeur italien de l’époque baroque,

    dont l’œuvre vaut plus qu’assurément le détour…
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    Outre la Missa Sancti Pauli

    _ peut-être de mars 1715, à la Schottenkirche à Vienne… _,

    dont paraît, chez Glossa

    _ le CD Glossa GCD 924004 _

    une très belle interprétation

    par le Purcell Choir et l’Orfeo Orchestra

    sous la direction du très bon chef hongrois György Vashegyi,

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    il faut remarquer aussi

    le double CD _ paru chez Virgin Classics, en 2007 _ de son opéra David,

    par Il Complesso barocco sous la direction d’Alan Curtis

    _ avec la participation de Simone Kermes _ ;

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    ainsi que, en 2009, chez Arcana,

    leCD du très beau récital de Cantate con istromenti

    par Bernarda Fink et Ars Antiqua Austria

    sous la direction de Gunar Letzbor.

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    Dès le début du XVIIIème siècle,

    de nombreux musiciens (et compositeurs) italiens

    franchirent les Alpes

    pour aller occuper divers postes,

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    notamment auprès des empereurs Habsbourg à Vienne.

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    Francesco Barolomeo Conti fut l’un d’eux _ en 1701 :

    il accepta alors « le poste de théorbiste que lui offrit la cour des Habsbourg » ;

    et il reçut « le titre de compositeur de la cour en 1713« . 

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    Anna Scholz conclut son texte du livret de présentation, page 17, de ce CD de la Missa Sancti Pauli,

    par ces expressions,

    que je valide totalement :

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    « Après avoir découvert, interprété et enregistré les œuvres de Francesco Bartolomeo Conti,

    nous sommes de plus en plus persuadés que cette musique sublime _ parfaitement, oui _

    et expressive, pleine d’idées originales,

    et tant estimée au XVIIIème siècle _ par Zelenka, Handel et Bach ! _,

    stimulera, captivera et charmera _ voilà ! _

    avec autant d’intensité les publics du XXIéme siècle. » 

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    Ce lundi 11 mars 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’hommage à Berlioz, décédé il y a 150 ans ce 8 mars : l’Intégrale Warner Classics de sa musique en 27 CDs

    En hommage au grand Hector Berlioz,

    décédé le 8 mars 1869,

    ce superbe coffret Warner Classics

    de cette (presque) intégrale de son œuvre,

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    dont rend très bien compte cet article fouillé de Christophe Le Toquin

    La Première Intégrale Berlioz, enfin !

    qui lui rend hommage,

    sur le site de Res Musica :

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    LA PREMIÈRE INTÉGRALE BERLIOZ, ENFIN !

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    Hector Berlioz (1803-1969) : The Complete Works.…
    CD 1 à 5 – Œuvres orchestrales et instrumentales :

    Symphonie fantastique ; Lélio, ou le Retour à la vie ; Roméo et Juliette ; Harold en Italie ; Grande symphonie funèbre et triomphale ; Le Carnaval romain ; Le Corsaire ; Le Roi Lear ; Les Francs-Juges ; Marche troyenne ; Rêverie et caprice ; Rob-Roy, intrata di Rob-Roy MacGregor ; Waverley ; 2 Fugues ; Trois morceaux pour l’orgue mélodium d’Alexandre

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    CD 6 à 12 – Œuvres vocales et chorales :

    La Damnation de Faust ; Amitié, reprends ton empire ; Aubade ; Canon libre à la quinte ; Chansonnette de Mr Léon de Wailly ; Chant des chemins de fer ; Cléopâtre ; Herminie ; Huit scènes de Faust ; Irlande (Neuf mélodies) ; Je crois en vous ; Je vais donc quitter pour jamais ; La belle Isabeau ; La Captive ; La Mort d’Orphée ; La Mort d’Ophélie ; Le Ballet des ombres ; Le Chant des Bretons ; Le Chasseur danois ; Le Cinq mai ; Le Dépit de la bergère ; Le jeune pâtre breton ; Le Maure jaloux ; Le Montagnard exilé ; Le Temple universel ; Le Trébuchet ; Les Champs ; Les Nuits d’été (2 versions) ; L’Impériale ; Marche funèbre pour la dernière scène d’Hamlet ; Méditation religieuse ; Nocturne à deux voix ; Pleure, pauvre Colette ; Prière du matin ; Sara la baigneuse ; Sardanapale ; Scène héroïque (La Révolution grecque) ; Toi qui l’aimas, verse des pleurs ; Vox populi ; Zaïde

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    CD 13 à 17 – Musique sacrée :

    Grande Messe des morts ; L’Enfance du Christ ; Te Deum ; Hymne pour la consécration du nouveau tabernacle ; Messe solennelle ; Quartetto e coro dei maggi ; Tantum ergo sacramentum ; Veni Creator Spiritus

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    CD 18 à 26 – Œuvres de scène :

    Béatrice et Bénédict ; Benvenuto Cellini ; La Nonne sanglante (fragments) ; Les Troyens

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    CD 26 : Arrangements et orchestrations :

    Claude Joseph Rouget de Lisle : Chant du Neuf Thermidor , Hymne des Marseillais (La Marseillaise) ;

    Carl Maria von Weber : L’Invitation à la valse ;

    Jean-Paul-Égide Martini : Plaisir d’amour ;

    Franz Schubert : Erlkönig (version pour orchestre)

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    CD 27 : Enregistrements pionniers :

    Air de Méphistophélès « Voici des roses » et Sérénade de Méphistophélès « Devant la maison », Maurice Renaud baryton.

    Air de Didon : « Chers Tyriens, tant de nobles travaux », Marie Delna, soprano.

    Air de Didon : « Adieu, fière cité », Félia Litvinne soprano
    Symphonie Fantastique : Orchestre des Concerts Pasdeloup, direction Rhené-Baton

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    Interprètes :

    Bruno Messina, Colin Davis, Véronique Gens, Alexandre Tharaud, Anna Caterina Antonacci, Charles Munch, City of Birmingham Symphony Orchestra, Daniel Kawka, Désiré Dondeyne, Donald McInnes, Elsa Dreisig, François-Xavier Roth, Janet Baker, Jean Martinon, Jeff Cohen, John Eliot Gardiner, John Nelson, John Osborn, Josephine Veasey, Joyce DiDonato, Leonard Bernstein, Les Éléments, Louis Frémaux, Mark Van Arsdale, Michael Spyres, Nicolai Gedda, Orchestre de Paris, Orchestre national de France, Orchestre national de l’ORTF, Roberto Alagna, Sabine Devieilhe, Stanislas de Barbeyrac, Stéphanie d’Oustrac, Terry Gilliam, Thomas Hampson, Vincent Le Texier, Yves Chauris, Jon Vickers

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    1 coffret Warner Classics de 27 CDs, enregistrés entre 1901 et 2018. Durée : 31 h 20

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    Warner Classics met un terme à une trop longue attente en éditant la première intégrale Berlioz (du moins de ses œuvres musicales _ ses écrits ont eux aussi un très grand intérêt ! _), pour les 150 ans de la disparition du compositeur, le 8 mars 1869. Et c’est une grande réussite, avec des inédits et à prix très doux.

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    Commençons par ce qui peut paraître accessoire mais qui à notre sens signifie beaucoup. Ce coffret édité par une major prend le soin de remercier des figures qui pour être non musicales contribuent à la légende berliozienne, et en premier lieu Michel Austin et Monir Tayeb, animateurs infatigables du site quasi-encyclopédique hberlioz.com et grands défenseurs du compositeur devant l’Éternel. Également dans la liste des premiers remerciés, on notera avec approbation la mention d’Antoine Troncy qui au Musée Hector-Berlioz conserve de précieuses archives sur le compositeur et réalise année après année des expositions au goût parfait.

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    En remerciant également de manière appuyée le Festival Berlioz et Véronique Gens pour avoir accepté que leur premier enregistrement mondial des extraits de la Nonne sanglante (35 minutes de musique) soit édité dans ce coffret, l’éditeur met en lumière que non, enfin, Berlioz n’est plus un réprouvé en son propre pays _ la France. Le Festival Berlioz à La Côte Saint-André animé par Bruno Messina est aujourd’hui le plus couru des festivals d’orchestre en France, l’Opéra de Paris programme Berlioz consciencieusement – certes avec des fortunes diverses – et sa musique est actuellement brillamment défendue par plusieurs générations d’interprètes qui ne cèdent en rien aux grands disparus, les Charles Munch, Colin Davis, Josephine Veasey, Nicolai Gedda… Berlioz s’exclamait auprès de sa sœur Adèle en 1858 qu’il fallait « donc vivre deux cents ans pour pouvoir se faire connaître en France, quand on est compositeur ». Là aussi, il était visionnaire. Même sa panthéonisation est officiellement défendue par ses pairs de l’Académie  auprès du Président de la République.

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    Sur le plan du choix des interprètes et des versions, Warner a la main heureuse en héritant des fonds Erato, EMI et Virgin Classics et arrive ainsi à créer une intégrale de grande qualité, riche en musiciens français _ nous le notons _, que ce soit sur le plan orchestral et vocal, à la direction comme à l’interprétation. Si on a pu souvent et à juste titre déplorer l’internationalisation des labels et des équipes amenant une perte d’identité, ce coffret apporte un beau démenti aux déclinistes. Produit par un label mondial, il met en valeur les talents d’hier et d’aujourd’hui et offre un panorama passionnant _ dont acte _ de l’interprétation berliozienne des cinquante dernières années.

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    Dans les must de cette intégrale, on peut ranger les trois opéras, tous signés John Nelson ainsi que l’Enfance du Christ et la Messe Solennelle signés John Eliot Gardiner. Les Benvenuto Cellini  (Clef ResMusica, Virgin) et Béatrice et Benedict (Erato) sont les meilleures versions au disque _ dont acte _, plus vivantes et naturelles que les versions pionnières de Colin Davis qui ont longtemps tenu le haut du pavé (Philips). S’il y a concurrence, c’est en DVD qu’on la trouvera, pour la Béatrice de référence de Stéphanie d’Oustrac à Glyndebourne (Opus Arte) et la mise en scène survitaminée du Benvenuto Cellini de Terry Gilliam avec l’excellent John Osborn en Benvenuto (Naxos).
    Pour Les Troyens, le coffret intègre la version toute récente et multi-récompensée  de John Nelson avec Joyce DiDonato et Michael Spyres (Clef d’Or ResMusica, Erato). Une version superbe d’engagement _ voilà ! _ à ranger à côté des deux gravures de Sir Colin Davis, celle de 1969 pour Philips pour le duo de Josephine Veasey et Jon Vickers, et celle enregistrée sur le vif en 2000 pour son urgence dramatique et son feu orchestral. En DVD, la concurrence vient de la Cassandre incandescente d’Anna Caterina Antonacci (Opus Arte) en 2003 au Châtelet.

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    Un mérite essentiel de ce coffret est d’offrir plusieurs enregistrements en première mondiale dont la plus importante est celle de la Nonne sanglante captée l’été dernier avec Véronique Gens, Mark van Arsdale et Vincent Le Texier, avec l’orchestre OSE ! dirigé par Daniel Kawka. On se demande comment on a pu attendre aussi longtemps pour disposer d’un enregistrement, alors que l’œuvre a toujours été connue et avait été conservée par Berlioz qui avait noté de la brûler après sa mort (une coquetterie dont il était coutumier, il s’était bien gardé de la brûler lui-même). Créée probablement dans les années 1960 en Angleterre selon Michel Austin et Monir Tayeb, elle dut attendre 2007 pour sa création française au Festival de Radio France à Montpellier. On y découvre un Berlioz qui tente d’amadouer le public et l’Opéra de Paris en travaillant avec le librettiste à succès Eugène Scribe et en composant dans un style très bel canto, dont l’intensité dramatique culmine dans les duos et l’air d’Agnès. Mais Berlioz n’est jamais aussi bon que lorsqu’il laisse libre court à sa fantaisie _ voilà _, et là on le sent contraint par le goût lyrique de l’époque. La partition de la fin du second duo d’Agnès a été arrachée par Berlioz et le musicologue Hugh MacDonald a pu démontrer que la conclusion avait été reprise dans le duo où Cassandre conjure Chorèbe « Pars ce soir ! », qui est la culmination et le moment de génie de ce fragment. Cette Nonne sanglante est mieux qu’un projet inabouti, elle révèle les tourments d’un artiste _ libre et courageux _ qui réalise qu’il fait fausse route en se conformant aux attentes dominantes de son époque.

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    Autre première mondiale, Le Dépit de la bergère par Elsa Dreisig et Jeff Cohen au piano est une charmante romance qui est émouvante à double titre, parce qu’elle a été écrite par un compositeur de 16 ans et qu’on reconnaîtra une signature dans la sicilienne de Béatrice et Benedict, sa dernière œuvre d’importance. Comme un hommage du vieil homme fidèle à la fièvre du jeune homme.

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    Si les deux fugues pour orgue composées pour le Prix de Rome n’ont d’intérêt que documentaire, l’orchestration du Temple universel (1861) par Yves Chauris est une heureuse initiative de François-Xavier Roth, car c’était un projet auquel Berlioz tenait sans avoir trouvé l’énergie de l’accomplir. Avec le Chant des chemins de fer de 1846, ces pièces méconnues montrent un Berlioz apôtre qui rêve d’un monde meilleur avec cet appel visionnaire et qui devra peut-être attendre encore longtemps : « Embrassons-nous par-dessus les frontières, L’Europe un jour n’aura qu’un étendard ». Dix ans plus tard, Napoléon III déclenchait une guerre catastrophique contre l’Allemagne…

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    Si les opéras et ces nouveautés ne suffisent pas _ à susciter la démarche d’achat _, il y a encore une excellente raison d’acquérir ce coffret, qui est la possibilité de pouvoir embrasser d’un geste _ c’est judicieux _ les œuvres méconnues, cantates du Prix de Rome, mélodies et romances, ouvertures, œuvres de jeunesse rejetées parce que fécondantes d’œuvres de maturité (Huit scènes de Faust, Messe Solennelle, Scène héroïque qui préfigure Les Troyens). David Cairns, auteur de la notice du livret de 164 pages, ouvre son propos sur le corpus des mélodies, et il a bien raison. Ce n’est certainement pas le volet le mieux connu de Berlioz, et cette musique sera une découverte passionnante _ tant mieux ! _ pour les mélomanes. Pour aider à mieux goûter ces pièces variées, on ne saurait trop recommander de se procurer le guide Berlioz de B à Z de Pierre-René Serna (Van de Velde, Clef ResMusica), qui analyse chaque œuvre avec beaucoup de finesse et dans une écriture accessible.

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    Pas de vraie faiblesse dans ce coffret hormis peut-être les Nuits d’été par Gardiner/Orchestre de l’Opéra de Lyon (Apex) avec différents interprètes, mais la version de Janet Baker et Barbirolli (EMI) est également proposée, et elle est un classique _ oui ! La Damnation de Faust de la version Nagano (Erato) disposait d’un superbe casting, mais elle est moins incarnée et flamboyante que par Munch, Markevitch ou Colin Davis _ dont acte. Roméo et Juliette par Muti (EMI) sonne magnifiquement, mais cela ne suffit pas, et Colin Davis, Ozawa et tout dernièrement Tilson Thomas (SFS Media, Clef ResMusica) dominent _ nous le notons. Le Te Deum par John Nelson et l’Orchestre de Paris, la Symphonie Fantastique et Lélio par Jean Martinon et l’Orchestre national de l’ORTF, Harold en Italie par Leonard Bernstein avec l’Orchestre national de France et l’altiste Donald McInnes (rééditée récemment dans un coffret Warner Berstein/ONF) ne comptent pas parmi les références, mais elles offrent un aperçu intéressant des orchestres français.

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    Quelques regrets _ nous y voilà _ :

    La Belle voyageuse n’est proposée qu’en version pour piano (certes par Thomas Hampson, mais on est loin des sortilèges de la version orchestrée) et la Grande symphonie funèbre et triomphale n’est proposée que dans la version initiale pour instruments d’harmonie (certes dans la version historique et savoureuse de la Musique des Gardiens de la paix dirigée par Désiré Dondeyne).

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    Le dernier disque est consacré aux stars de l’époque, ainsi du baryton Maurice Renaud, né à Bordeaux en 1861 et enregistré en 1901 dans deux airs de La Damnation, au sommet de ses moyens. Les voix de femmes sont plus difficiles à nos oreilles contemporaines, et c’est curieusement Didon qui retenait l’attention à l’époque. Quoique, cela peut s’expliquer car Marie Delna avait été découverte en 1892 dans le rôle de Didon donné à l’Opéra Comique, elle n’avait alors que 17 ans (!) et avait stupéfié le tout Paris. On l’entend en 1903 dans « Chers Tyriens, tant de nobles travaux« . La gravure de Félia Litvinne en 1904 dans « Adieu, fière cité » pose une énigme sur le plaisir que pouvaient retirer les mélomanes de l’époque. L’honneur du tout premier enregistrement de la Fantastique revient à l’Orchestre des Concerts Pasdeloup dirigé par Rhené-Baton dans une instrumentation corrigée (réduction des percussions et en particulier des cymbales), et il bénéficie des bons soins du Studio Art & Son d’Annecy. Berlioz, si attentif au son et aux progrès techniques, aurait été émerveillé et impatient des compromissions imposées par la technique.

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    Finissons par les coups de cœur _ c’est toujours intéressant ! _, choix forcément subjectifs.

    Pour les voix, tout Véronique Gens (, La Captive, Zaïde _ oui ! _), Sabine Devieilhe accompagnée par Alexandre Tharaud (La Mort d’Ophélie, d’un impact supérieur à la version pour chœur qui n’est d’ailleurs pas proposée _ c’est dommage… _ dans le coffret), Roberto Alagna dans le Te ergo quaesumus du Te Deum, Janet Baker _ magnifique _  en Herminie (avec Colin Davis, issue de son fameux cycle Berlioz chez Philips) et Stanislas de Barbeyrac dans le Roi des Aulnes en version orchestrée. Pour les chœurs, le Requiem par Louis Frémaux et les forces du City of Birmingham Symphony Orchestra sera une vraie découverte pour beaucoup, dont l’importance avait à juste titre été soulignée par Michel Tibbaut à l’occasion du coffret Warner consacré au chef _ Louis Frémaux _ et à l’orchestre _ de Birmingham. On ne voudra pas non plus passer à côté du court Ballet des ombres avec le Chœur Les Éléments, que Berlioz réutilisera dans Benvenuto et Roméo et Juliette…

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    Un coffret à la hauteur des espérances _ fort bien !!! _ nées d’une si longue attente.

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    Un événement discographique d’importance, par conséquent !

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    Ce vendredi 8 mars 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa